‹ Manuel du prêtre en retraiteChapitre 5 sur 37 · LE QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME JOUR

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LECTl'ftF.9

Prières

4° Se demander a Mi-même si l'on veut >-•livrer entièrement a la fjràce , s'exercera la pratique du plus parfait ei pour sa sanctification personnelle et pour la sanctification des âmes.

2° Mettre la dernière main aux résolutions ébauchées la veille : nécessité , avantages, movens.

3° S'observer dans les conversations pour ne point blesser la réputation des Confrère».

Sermo post cœnam , apud Joan c. 43,14,

Vô , 10 . 17.

Imitât. Lib. I.e. H, 18,19.

Le De profundis selon la première méthode de prier.

Le Salve Regina selon la deuxième méthode-

Le Confesseur de certains Prêtres

fn excifriendii sacerdotum eon/essionibut , dit saint Ligaori, tUiWtvit atqui urbanus Cnn-

fessarius. (!Iom. A post. A pp. 4. § IX.)

Si vous eussiez rencontré Jésus-Christ sur le chemin du Calvaire, le visage couvert de poussière, tombant presque à chaque pas, avec quel empressement et quelle délicatesse de charité eussiez-vous voulu le relever , essuyer sa face adorable, consoler sa douleur ! Le voilà, dans la personne de son prêtre , étendu peutêtre dans la bouc, souillé, indignement maltraité par le démon : quelle joie pour vous, quelle gloire et quel mérite de volera son secours , de loi tendre la main , de l'cssuvcr. de le consoler !

Sed contra, ajoute snint Liguori, sit fortis in correclionibus debilis adhibendis , aut in denegandà absolution? , cùm judicii ralio sie ejcigit, Polissimùmhàc fortitudine agemlum est cum sacerdotibus qui in gravia percatarelapsî , quiu se unquàm emendaverint , ausi snnt (amen celebrare, aucupando absohdionem ab aliquo Confessariorum gui ftoc funguntur officio, et laborani ut damnentur... Sit constat, s Confessavins cum liujusmodi sucrilegis in differendâ absulutionc , eos adstringat ad repetendas confessioncs tanquàm irritas, et ad vunfilaulum de omnibus'sacrificiis celebralis ; et intérim ad abttincndum à edebratione , usqttedùm suœ

cmendationis perspicua indicia prœbebunt. Q"n<l si qui* dieeret ok sr<nrl<dmn à celebrand i tinere non passe, re*pondeat quint déesse non posswu justi prœtextus , si vellet desislerc à celebramlo ; cœterùm si ipse id facere renuit , dicat quod célébra re putest , si est eerl> habere contritioncm, sed quùd ipse pro lune non potest eum absolvere , dùm cerlus non est, ut oportet , de ejus dispositions ; imà juslum i motivum credendi opposilmn , cùm observet toi relapsus sine emendationc. Et hoc modo cocudo potest sperari fore ut resipiscat , et tmêtrelw Ule miser sacerdos ; secùs ambo damnabttnlur.

Le saint ne prétend pas sans doute refuser l'absolution à celui qui donnerait des signes extraordinaires de repentir, ce qui ne manque jamais d'avoir lieu dans le cours d'une retraite bien faite.

Eadem sunt principia pro laicis et sacerdoli* bus in occasione peecati versantibus.

Nonne deneganda est absolulio ei qui, sœ~ piùs monilus , nec theologiœ moralis studio , nec orationi mentait vacat? Siquidem . ait S. Liij. « Affirma in statu damnalionis esse eum Confissurium qui sine suffieienti scienliù ad eonfessiones excipiendas se exponit. » (Hom. Apost.

- 5 G - Tract. 1G. n. 100.) Et alibi : « Est moralité} impossibile, nempc difficillimum , ne quis in gratta peccata labatur , sine méditation*. » (Ilom. Apost. App. 4. g 5.)

Porrù sacerdos cui dmegata fuit absolulio celebrare non prcesumat nisi 1° nécessitas urgeat, v. g. ob periculum scandali aut infamiœ , vd ad satisfaciendum muneri pastorali. 2° Certns sit sehabere conlritioncm perfeclam; nulla enim esse potest ratio celebrandi cum contcientià indigna.

Item m eo qui 7wn habct eopiam Confessariii si contenu sit peccati morlalis et velit celebrare, requiritur nécessitas , contritio perfecla et propositum confitendi quamprimùm. Censetur verà déesse Confessariicopia, [°sinullus sitprœsens, et aliquis absens sine magnâ di/fîcullate adiri nequeat , speclatis circumstantiis ; 2° si non adsit aliquis nisi iynarus idiomatis, aut tarent jurisdiciione , vel cui non possis confiteri sine gravi damno tuo vel alieno. Non autem censetur déesse copia Confessarii , si absit is cui soles confiteri , sed débet déesse quilibet approbatus. Sed caveas, ne vano prœlcxtu aut pudore deterritus ehiniericam tibi ftngas impossibilitatem. (lia f.ury. De Euch. c. 4. art. 2.)

Interrogé par l'auteur du Manuel sur le sens de ecs dernières paroles , le P. Gury a répondu qu'il avait principalement en vue ceux qui prenaient pour prétexte la crainte de scandaliser un jeune Confesseur ou la nécessité de conserver l'estime et la conlianee d'un Collaborateur ou d'un Confrère. Est-il croyable que l'illusion puisse aller jusque-là?

Les (rois classes.

Vers le milieu de la retraite , chacun doit interroger ses dispositions intérieures , s'avouer franchement à soi-même quels sont ses projets de réforme, dans quelle mesure il se propose d'accepter la grâce oiïerle ; car déjà la nature tire secrètement ses plans, fait ses calculs intéressés , marque le degré de vertu auquel elle consent à se porter.

Représentez-vous trois hommes gravement malades et désireux de guérir, dont l'un repousse toute espèce de remèdes, l'autre n'accepte que ceux de son choix , le troisième s'abandonne sans réserve au médecin. Le pre-

niicr guci ira-t-il? Non. Le second? Peut-è(rc. Le troisième? Oui , certainement.

Les prêtres en retraite peinent se partage* en trois classes qui réponde ut à ces trois malades.

La première classe est de ceux qui veulent se renouveler, mais qui repoussent toute espèce de moyens. Pénétrés jusqu'à un certain point de la sublimité de leur vocation , de l'énormilé du péché mortel, des désastres qu'entraîne la tiédeur, de l'effrayante responsabilité d'un ur des âmes, ils sentent l'obligation, le désir , la facilite même de se reformer. On leur montre, et ils conviennent qu'ils doivent 01 i : l cette rupture, fuir celle maison, s'interdire la réception de cette personne, garder la résidence, se livrer à l'élude, etc.; et cependant ils s'arrêtent à une volonté stérile et inefficace, ils aspirent à la sainteté cl refusent de prendre la roule qui y conduit , d'autant plus coupables que, par l'abus des lumières et des inspirations de l'Esprit-Saint , ils se mettent eux-mêmes le coup de ces paroles : NoliU errurc. Deu 'dur. <juœ enim seminaverii ho-

îho, hcçc r-t. metei [jfial. c. G.) Aon orouw qui dicit ntihi : Domine* Domine , inlrubU fi

muh calurum . sed qui facit v&unlalem lattis met... (Maltli. c. 7).

La seconde classe est de ceux qui veulent se renouveler, mais qui n'acceptent que de* moyens de leur choix. Plus fortement pressés par In grâce , plus constamment harcelés par l'aiguillon du remords que les autres, ils seraient enfin décidés à mettre la main à l'œuvre; mais ils n'entendent prendre ni les moyens les plus sûrs, ni tous les moyens d'amendement et de Modification; ils feront quelque chose, mais pas tout; c'est à leurs caprices, non à leurs besoins, que devra s'adapler le traitement. La maladie dont ils sont atteints demande l'application périodique et constante d'un remède chaque malin, l'oraison; d'un autre remède tous les quinze jours, la confession ; d'un troisième remède chaque année, la. retraite. là eux, soit paresse, soit répugnance, se proposent de déguster à j einc de loin en loin le premier remède, renvoient à six semaines Tu-

du second et trouvent que c'est bien a de prendre tous les trois ans celui quèic decin juge nécessaire chaque année. Evidemment ils sV\ju»ent aux plus grands dangers.

La troisième classe est de ceux qui veulent

— GO se renouveler et qui s'abandonnent sans réserva aux ordres et même aux conseils du Directeur. Dans leur vie privée et dans leur vie publique, à tout prix ils sont résolus d'acquérir la sainteté sacerdotale, par les moyens les plus efficaces et par tous les moyens. A tout ce que prescrit ou insinue la voix de Dieu, ils répondent Amen. Qui veut la fin doit vouloir les moyens. Je veux devenir un saint prêtre, un prêtre apôtre, selon toute la mesure des grâces qui me sont départies , ouvrez devant moi les roules de la sainteté , montrez-les-moi , à l'instant j'y entre, j'y cours de toutes mes forces. Le plus parfait en tout, voilà ma devise , qui a été celle de Jésus-Christ, de Marie et des Saints. Le plus parfait, pour glorifier Dieu autant qu'il sera en moi; le plus parfait, pour conquérir le plus d'âmes qu'il me sera possible; le plus parfait, pour ne rien laisser perdre de tout ce qu'il me sera donné d'acquérir de grâces et de mérites. Heureux et seulement heureux les prclrci qui appartiennent à cette troisième classe \

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