E CINQUIÈME JOUR
I" Noter exactement, d'après son expérience,
les obstacle* I la persévérance , les I
contre lesquels les résolutions sonl rennes échouer après les précédentes retraites.
2° Ne pas manquer dose présenter «forant
l'Evcque, si on ne l'avait encore fait. 3° Réciter arec un redoublement de fcnrenr le Vemi Creator et le Sub tests pour In prêtres les plus nécessiteux.
, ) Passio Chrisli , apud Joan. c. 18, 19.
J.?»TiRt*: -^ ]mital Ljb u c u]2
Les Litanies du saint Nom de Jésns mIm
TiiiàriEs: ^ la première méiliode de prier.
VAve Maria selon la deuxième m I
-OOO
Autrcs régîtes
poumsj discernement plus exnct dcscspiit*
qui conviennent surtocit aux pins
avancis.
\° Le propre de Dieu cl des bons ançcs csl de répandre la vraie joie spirituelle dans l'âme
— 0^ — où ils agissent, en chassant la tristesse et le trouble que le démon y avait introduit. Celui-ci, au contraire, travaille à détruire cette joie et cette consolation par mille raisonnements faux, subtils et captieux.
-° Le Créateur seul peut pénétrer intérieurement sa créature, entrer et sortir à son gré , la transformer et l'embraser tout entière de son amour, sans cau-e précédente. Lors donc que rien ne s'est présenté aux sens, à l'intellect et à la volonté, qui soit de nature, par l'impres- . le sentiment ou la réflexion , à produire cale consolation , elle vient du Seigneur Dieu. 3° Quand il y a eu cause antécédente , la eonsoialion peut venir du bon ou du mauvais ange ; mais alors les vues et les suites sont différentes, le bon tendant toujours à faire avancer, croître et monter lame du bien au mieux, l'autre cherchant à L'amoindrir, à la faire reculer et descendre, jusqu'à ce qu'il assouvisse sur elle sa malice.
i° Ces! un artifice de l'esprit qui se Irans-
(igurc en ange de lumière, d'entrer d'abord
notre porlc pour nous faire ensuite sortir
: .-ii nue. Vous diriez qu'il seconde nos dé-
iub cl les plus pieux , mais ce
- fâ nfesl que pour nous donner le change ei attirer insensiblement par des voies coir • <Uns ses funestes réseaux.
;j° Donc examiner soigneusement si dans nos pensées et nos projets tout est bon, le commencement, le milieu, la fin, cl tend à tout te qui est bon; dans ce cas, c'est l'ange de Dieu qui nous les suggère. Mais découvronsnous , à force Je réflexions, quelque chose d'intrinsèquement mal, ou qui détourne du bien, ou qui pousse à un bien moindre que celui d'abord résolu , ou quelque chose qui débilite ? inquiète et trouble l'âme , enlevant la paix et la sérénité dont elle jouissait, c'est un signe comme évident que l'esprit mauvais , toujours ennemi de notre avancement et de noire salut, s'y est mêlé.
G0 Lorsqu'à sa queue tortueuse on a reconnu le serpent infernal, c'est-à-dire , son dessein pervers au dénoûment , il est utile de remarquer le principe, le progrès et le résultat de son stratagème , par quels sophismes et sous quels prétextes plausibles il a réussi à altérer peu à peu cette suavité et cette joie toute spirituelle, comment il a essayé de nous infiltre! venin. Cette étude cl cette expérience nous met-
Iront à même dans la suite d'échopper à ses pièges en les démasquant.
7° L'un et l'autre esprit s'approche des âmes qui progressent dans la vertu, mais d'une façon tout à fait opposée. Le bon s'y insinue avec paix et douceur, comme la goutte d'eau qui pénètre une éponge en la louchant à peine ; le mauvais se jette sur elles avec fracas et violence, comme une pluie d'orage qui tombe sur le roc. C'est le contraire dans les âmes qui s'enfoncent toujours plus avant dans le vice. La raison de celle différence est dans la proportion ou la disproportion de ces âmes avec l'esprit qui les sollicite : car si l'esprit rencontre dissemblance , antipathie, sa tentative est brusque , rude , bruyante , et il est aisé de U constater ; mais s'il trouve sympathie, conformité, son entrée est paisible et inaperçue comme celle du maître dans une maison qui lui appartient et lui est toujours ouverte.
8° Quand la consolation n'a point eu de cause naturelle , quoiqu'alors elle vienne de Dieu et ne puisse être sujette à l'illusion , ainsi qu'il a élé dit , il faut pourtant distinguer cl séparer avec une particulière attention le premier moment, celui de la consolation, des moments
qni suivent et où L'ànic est encore dans l'ardeur
prolongée et l'expérience sentimentale de faveurs célestes qui déjà ont cessé ; car , dans ce second temps, il nous arrive souvent , soit habitude, soit manière personnelle de penser et déjuger, soit inspiration du bon ou du mauvais génie , de former des résolutions cl des desseins qui , ne venant pas immédiatement de Dieu , ont besoin de beaucoup d'examens avant d'obtenir notre assentiment et d'être mis à exécution.
Ajoutons encore ici , comme explication et comme commentaire, quelques règles tirées du P. Achille Gagliardi et du Cardinal Bona.
4° 11 y a trois sortes de consolations : la première, appelée ferveur de charité, est cette douceur, ce goût et celte délectation qui suivent l'acte du divin amour; elle va souvent jusqu'aux sens , et peut venir de Dieu , du démon ou de la nature : on discerne son origine par ses effets. La seconde, qui accompagne l'acte même de la vertu, est cet accroissement de vertu et de force que l'Ame reçoit et sent au dedans d'elle-même; elle est toute spirituelle et gon principe c>l toujours divin. La troisième ,
qui est la plus excellente , est, la paix cl le repos de l'âme dans le bon plaisir de Dieu j elle réside dans la partie supérieure et son origine est infailliblement céleste. La seconde peut être sans la première , et même avec la désolation qui lui est opposée. La troisième peut être sans les deux autres. Les deux dernières sont ordinairement le partage des parfaits et de ceux qui profitent ; Dieu se sert de la première pour dégoûter les imparfaits des consolations terrestres.
2° Il y a aussi trois sortes de désolations opposées aux trois sortes de consolations : la tristesse d'âme et les divers mouvements qui en résultent , la diminution de vertu et de force qui se fait sentir à la volonté par la langueur et d'autres impressions pénibles, enfin l'inquiétude et l'inconstance de la volonté et de l'âme. Les deux dernières sont toujours l'opération de l'esprit mauvais. La première vient quelquefois du démon , et alors elle obscurcit l'intelligence, endurcit la volonté , jette dans l'impatience , l'irrésolution, et, à moins d'une résistance extrême , pervertit les notions pratiques du bien et pousse au désespoir; quelquefois aussi elle vient de Dieu par soustraction et
d'unc manière permissive s cl alors, sans troubler les lumières de la raison ni frapper la volonté d'impuissance , laissant l'âme docile à la direction et ouverte aux bons conseils, elle ne fait que diminuer les forces communiquées par la ferveur sensible et se termine toujours par quelque consolation et le retour de la paix.
5° La consolation qui a le démon pour auteur rend superbe , arrogant , présomptueux , indocile i opiniâtre, impatient, faux et double; elle attacbe aux intérêts particuliers , fait rcchcrchcr la consolation par une sorte de scn« sualismc et engage insensiblement dans les délices cbarnellcs; elle dégoûte de la vocation, éloigne des vertus de Jésus-Cbrist , de la doctrine et des pratiques de l'Eglise catholique. La consolation divine , au contraire, rend humble , modeste, souple, patient, pacifique, simple et droit; elle substitue à l'égoïsmc l'esprit d'abnégation et de mortification , la charité, le zèle , le dévoûment au bien commun ; elle affectionne à la vocation, fait imiter Jésus-Christ et embrasser de cœur tout ce qu'enseigne el recommande son Eglise : on ne veut que le bon plaisir de Dieu : c'est moins à la consolation qu'au Dieu qui la donne qu'on est attaché : on
rraint de se tromper cl de faillir, on consulte, on prie, plein de confiance en Dieu et toujours disposée soumettre son jugement à celui des supérieurs.
4° Il y a des larmes excitées par l'Esprit- Saint; il faut recevoir ce don avec reconnaissance, humilité, détachement, se souvenant que l'abondance des larmes ne rend personne juste , et que le défaut de larmes ne rend personne pécheur. D'autres sont excitées par l'esprit mauvais; elles inspirent l'orgueil, l'hypocrisie, et font tirer aux pécheurs celte conclusion, que la contrition ne leur manquera pas au dernier moment. Quelques-unes sont l'effet d'un naturel doux et tendre; elles sont stériles et tarissent aussitôt.
5° Les consolations qui vont jusqu'aux sens , et que Dieu accorde quelquefois, sont sujettes aux illusions et aux séductions de Satan. Les personnes accoutumées à la sensualité doivent extrêmement prendre garde que ces consolations n'aboutissent à des mouvements charnels qu'elles seraient peut-être tentées de rapporter à Xotrc-Seigneur ou à la sainte Vierge, ce que saint Bonavcnlurc dit être un affreux blasphème. Au reste , les consolations qui s'arrê-
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lenl à lïime sont toujours plus solides, accompagnent la vertu déjà exercée et font croître la charité. Toutes celles qui ne font pas avancer, surtout dans l'humilité et la défiance de soimême, doivent êlre suspectes.
G0 Le démon jette quelquefois dans l'âme, pendant les exercices de piété, des consolations trompeuses , afin qu'elle y contente son amourpropre, qu'elle s'en vante avec orgueil, quelle se repose dans sa tiédeur ou ses vices , abusée par cette apparence de sainteté, ou bien que, ces consolations lui étant enlevées, elle trouve de plus grandes difficultés au service de Dieu et finisse par tout quitter.
7° H peut arriver, quoique rarement, que le 'démon envoie des désolations aux méchants, et le bon esprit aux justes , et que le bon esprit envoie des consolations aux méchants , et le démon aux justes ; mais alors la désolation du bon esprit a toujours pour terme le repos , 1j consolation intérieure, la sanctification, et celle du démon l'angoisse, l'inconstance, une diminution de vertu. De même pour la consolalion : celle du bon esprit tend au bien, celle du démon au mal,
8a Les opérations de Dion dans les âme* et In poix intérieure qui en procède, ne sont pas de longue durée; on doit donc tenir pour suspect l'esprit de ceux qui se glorifient de jouir sans interruption de ces faveurs.
(> La marche du bon esprit est droite et simple ; il procède avec discrétion et mesure, s'accommode à l'âge, à la condition, au caractère, Tait monter par dégrés l'échelle de la perfection, pousse du bien au mieux et du mieux au plus excellent. 11 faut donc confronter les pensées et les mouvements d'une âme avec la conduite habituelle de l'Es prît* Sa i fît sur elle, avec la vocation qu'il lui a faite, la voie par où il la mène, la grâce, la lumière , les impressions par lesquelles il l'attire et la fait agir; car, constant et fidèle dans ses desseins , il y adapte et subordonne toutes ses opérations. '"
10° La marche du démon est cachée et tortueuse; il ne garde ni ordre ni gradation; il persuade de négliger les petites choses, afin d« faire dechcoirpeu à peu; il donne des ferveurs inconsidérées, véhémentes et à conlrc-temps , afin que l'âme , les voyant bientôt s'évanouir , s'attriste et se décourage; il pousseà des abstinences et à des veilles excessives, à des oraisons
tublimes , à de hautes mais stériles considérations, avant qu'on ait déracine les mauvaises habitudes, aiin qu'on y fas>e consister toute la sainteté et qu'au moindre choc tout ce fragile échafaudage se démente et s'écroule.
4i° L'Esprit de Dieu opère d'abord à l'intérieur, et n'opère plus tard à l'extérieur, pour l'édification du prochain, qu'après avoir posé le fondement d'une solide humilité. Sa Un, au contraire , débute par l'extérieur , pressé d'en venir à ce qui fait du bruit et jette de l'éclat ; il fomente le zèle pour des individus fort éloignés , il fait courir en imagination après les infidèles, afin que l'une perde la paix, s'oublie elle -même et glisse dans le piége.
12° Les mouvements qui poussent à une vie singulière, à des actions moins conformes à la condition, doivent être suspects. Ceux qui poussent à des choses grandes et merveilleuses, viennent de Dieu, si la personne a une éminenlc sainteté, si l'impulsion est forte et efficace , si l'exécution exige la pratique de la vertu dans un degré héroïque. Parfois Dieu met dans une âme de saints désirs , de pieux projets, sans vouloir qu'elle y donne suite, uniquement dans le but de la dégoûter du monde et d'à*
— ri — Tancer le travail de sn perfection. Parfois ausri il porte deux âmes à des manières d'être ou d'agir entièrement opposées, par des motifs différents ; on ne doit donc ni louer ni blâmer les actes ou les états en eux-mêmes, mais les considérer dans leur principe.
13° En inspirant des choses difficiles et hautes . Dieu communique à l'âme une confiance qui croit avec les difficultés, et comme une expérience anticipée de sa providence sur elle. Que s'il lui envoie quelques secrètes terreurs , ce n'est qu'afin de lui rappeler sa faiblesse, et il ne tarde pas à lui restituer la paix. Quand le démon inspire ces mêmes choses , ou il ne fait pas sentir cette confiance , ou il la relire bientôt , exagérant les obstacles et s'efforçant de tenir Pâme dans l'inutilité , l'irrésolution et la défiance.
H° C'est le propre de l'esprit malin d'exciter vivement à une vertu , puis d'en donner une aversion profonde; de seconder son acquisition, mais en faisant négliger toutes les autres; de mettre un des côtés de la vertu dans tout son jour, et de laisser dans l'ombre les autres côtés qui ne lui sont pas moins essentiels.
Election.
Qu'est-ce que Dieu demande actuellement de moi? Quelles résolutions, relatives à ma sanctification personnelle et à la réforme de ma paroisse, dois-jc prendre?
Tel est le point essentiel et pour ainsi dire le nœud des Exercices , dont la fin n'est pas seulement de réparer le passé , mais encore et surtout de préparer l'avenir.
Il y i trois temps propres à faire un bon choix.
Le premier, quand Dieu touche tellement le cœur qu'il ne reste pas le moindre doute que ce ne soit une impulsion divine.
Le second, quand l'impression de la grâce , sans être aussi forte, l'est néanmoins assez pour donner une espèce d'assurance que c'est l'Esprit-Saint qui nous parle.
Le troisième, quand l'âme , éclairée des lumières de la foi et exempte des troubles qui peuvent pervertir ses jugements , est en étal de bien délibérer et de bien résoudre. Alors Ton emploie l'une de ces deux méthodes.
Première méthode.
i° Proposez-vous le sujet dont il s'agit.
2° Envisageant la fin de la création et du sacerdoce , qui est la gloire de Dieu et le salut des âmes, tenez-vous dans uu parfait équilibre louchant l'objet en question , ne penchant ni i'un côté ni de l'autre, et prêt à vous porter pleinement et sans délai du côté où vous reconnaîtrez le plus grand intérêt de la gloire de Dieu , de votre salut ou du salut des âmes qui fous sont confiées.
ô° Suppliez la bonté divine d'éclairer votre esprit, et d'incliner votre volonté vers h parti qu'il convient de choisir, et néanmoins cherchez, a l'aide du raisonnement, quel est ce parti.
4° Pesez exactement et tour-à-tour, dans une sorte de plaidoyer, le pour et le contre de chaque détermination, les avantages et les dangers, les moyens et les obstacles, les ressourt les difficultés , le tout relativement à votre fin.
b° L'examen fini, comparez l'un cl l'autre parti , et , sans écouter les suggestions de la
— /a — chair, adoptez celui qui vous parait le plus raisonnable.
G° Recourez aussitôt à la prière et offrez à Dieu voire résolution, décidé à la suivre, s'il l'a pour agréable.
Pour employer celle méthode cl la suivante avec succès , il Tant : \° purifier sa conscience, cir le péché, surtout le péché mortel , obscurcit la raison cl éloigne la grâce ; 2° choisir un moment de calrnc et de tranquillité où l'âme n'étant ni aballue par quelque adversité, ni enivrée par un excès de plaisir, ni agitée par différents esprits, mais laissée à elle-même, exerce librement ses forces naturelles; 5° s'établir dans l'indifférence, retranchant toute inclination qui solliciterait la volonté , loule décision prématurée, tout préjugé, et se tenir prêt à suivre la volonté de Dieu. Surtout, il faut imposer silence aux passions; car, par leurinfluenec sur le cœur et par l'iiillucncc du cœur sur l'esprit, elles plaideraient , non en faveur de la vérité et de la justice , mais en fateur de la cupidilé et de la convoitise ; 4° se retirer loin du bruit et des affaires , pour être seul avec Dieu, dans le recueillement et la solitude.
Deuxième méthode.
\° Comme l'attrait ou l'inclination qui nmis détermine doit venir de Dieu , assurez-vous si tout ce que vous sentez d'attrait ou d'inclination, soit peu, soit beaucoup, à l'égard de la chose soumise à la délibération , vient réellement de Dieu seul.
2" Si un prêtre inconnu , a la perfection duquel néanmoins vous vous intéresseriez , se trouvait dans la situation où vous êtes , et vous exposait son doute , quel conseil lui donneriezvous pour son plus grand bien spirituel cl celui de sa paroisse? Ce conseil est précisément celui qu'il faut suivre vous-même.
5° Au moment de la mort , de quelle manière voudriez-vous avoir agi dans le cas présent? Ne balancez pas à prendre la réponse pour règle de votre conduite.
4* Cité au tribunal de Dieu , quel eboix voudriez-vous avoir fait? C'est ce choix , seul propre à vous rassurer alors, que vous devez faire maintenant.
j« Votre résolution prise, mettez-vous en
prière et offrez- la à Dieu, pour qu'il daigne l'agréer et la bénir.
Cette méthode consiste à se placer sous les yeux de Dieu , comme un enfant sous les yeux de son père , lui présentant avec un filial abandon et un désir sincère de lui plaire, tantôt un parti, tantôt un autre, le priant d'éclairer notre esprit et d'incliner notre volonté vers ce qu'il désire, et cherchant à découvrir, par ce qu'on éprouve , ce qui lui serait le plus agréable.
Pendant que vous vous tiendrez sous les yeux de Dieu, le consultant et le priant, peut-être agira-t-il sur vous par un mouvement intérieur qui éclairera votre esprit et inclinera votre volonté. Si ce mouvement intérieur qui vous porte vers un parti plutôt que vers un autre, est reconnu bon dans son principe, ses progrès et ses résultats; s'il est pur et surnaturel dans son motif; s'il s'annonce par le calme et s'il laisse le calme après lui; s'il fait /prouver à votre âme je ne sais quelle confiance surnaturelle qu'elle surmontera tous les obstacles , se sanctifiera et glorifiera Dieu en suivant ce parti; s'il se fait sentir alors que vous
— /s — été- plus uni à Dieu e. puis tmeic à la g*Ae0a ou si, interrompu clans un temps de péché ou de tiédeur, il revit avec la ferveur et la grâce : les garanties sont presque arrivées au plus haut degré de certitude; vous pouvez sans crainte vous abandonner à cet attrait , Dieu en est l'auteur. Il serait suspect, si quelques-unes de ces conditions manquaient.
Cette méthode est plus noble, mais moins sûre que la première; elle procède par la volonté, tandis que l'autre procède par l'intellect. 11 est bon de confirmer l'élection faite selon la première méthode, en la soumettant encore à la seconde. Si la seconde confirme la première , les garanties sont complètes. Si la première combat la seconde par des raisons fortes et claires, la seconde cède à la première. Mais si les raisons de la première contre la seconde sont faibles, tandis que tout semblait garantir la seconde, la première méthode cède a la seconde. Votre attrait se dirige-t-il tantôt avec une impétuosité toute naturelle vers un parti qui n'est pas sans dangers , tantôt avec moins de force , mais avec des motifs plus raisonnables , vers un parti moins périlleux , choisissez ce dernier parti où il y a moins de risques.
Vo Ire altrait est-il faible, et le motif tire do la loi et de ia raison très-fort , avancez sans
crainte, et comptez sur la grâce.
Saint Ignace, à qui nous devons ces règles , disait, au sujet de la vocation : Majora utique ligna rcquirunlur ad slaluciiduni , quôd ea sit voluntas Dei, ut quis in co slalu maneat , inquo salis sit servare prœccpla , quàm ut viam consiliorum iucjrediatur. 11 en donne deux raisons péremptoires, la première '• Quia Doniinustam aperlè ad consilia exhoytatus est: la seconde : Quia m Mo statu prœceplorum magna oslendit esse pcvicula.
Oh ! si cette parole était méditeeet comprise, somme elle peuplerait les communautés et le Ciel!
— so — LE SIXIÈME JOUR.
1° Dresser le mémorial de la retraite, mettant dans une première partie quelques fortes pensées, dans une seconde partie les résolutions et dans une troisième Ici I quatre sanctions.
2° Offrir à Notre-Sei^neur et h la Sainte Vierpe chaque article du mémorial, 1rs suppliant de le bénir.
5° Le soir, faire l'exercice de la préparation a la mort.
iChriili rtsurreclio tt apparitions , apud Joan. C. 20, 21.
Imitât. Lib. III. C. 47, 48, 49.
!Le Te Deum selon la première méthode de prier.
Le Magnificat selon la deuxième méthode.
Plan de mémorial de retraite.