CHAPITRE XV
Des Vins artificiels , ou Liqueurs fermentées qui remplacent le vin,
Quoique la nature paraisse nous indicpicr l’eau comme la boisson la plus salubre ; la préférence que les hommes de tous les pays donnent aux liqueurs fermentées , et l’empressement qu’ils ont mis à s’en procurer avec les produits de leur sol, permettent de penser que ce goût n’est le fruit ni de la civilisation , ni de la corruption des mœurs , mais qu’il est inné dans l’homme. En effet , il existe à peine quelques sauvages sur le globe qui ne sachent pas préparer des boissons tirées du règne végétal ; et ceux qui sont le moins à portée d’en obtenir de spiritueuses , n’en deviennent que plus passionnés pour ces breuvages lorsqu’ils parviennent à s’en procurer.
L’amour des liqueurs fortes ne connaît pas de bornes chez les peuples qui ne sont pas toujours à portée d’en avoir ; ils font moins de cas du bon goût et du parfum cpiî