CHAPITRE XXIII
Canneîle-aérifère double , Siphon aérijere et Bouchon aérijere pour décanter lesfluides éthérés , fétides ou gazeux.
Ces instrumens , n’étant pas destinés à la manutention des vins , sont étrangers à cet ouvrage 5 mais comme i!s sont construits d’après le même principe que les précédens, je crois devoir en donner la description.
§ I. De la Cannelle aérijere double.
La cannelle aérifère double est destinée à décanter les fluides éthérés ou fétides sans dégagement d’odeur , et les fluides gazeux sans dilatation du gaz. Cette cannelle est munie d’un ajustage correspondant, qui bouche le vase récipient , y conduit la liqueur , et porte l’air de ce dernier dans le vase supérieur. Les deux parties se réunissent pour ne former qu’un seul instrument. La cannelle aérifère , qui compose la partie supérieure ,
diffère de colle représentée (pl. II, Cg. 5), i®en ce qu’elle n’est pas garnie d’un bouchon conique j 2® en ce que le tube aérifère est en fer poli et terminé en h par une pointe d’acier,sous laquelle sont pratiqués de petits trous qui donnent issue à l’air ; 3® en ce ^{ue la cannelle qui ferme ce tube, est garnie d’un robinet , qui , outre son ouverture transvei’sale , est percé verticalement , et a pour manche un tube recourbé , au moyen duquel on introduit , à volonté , une portion d’air extérieur ; 4° ce que ce tube est terminé , à sa partie supérieure , par un ajustage en cuivre fermant à frottement dans sa contrepartie , soudée au tube aérifère inférieur 5 5° enfin , en ce que le bec i de la cannelle est soudé sur le chapiteau d’un petit entonnoir semblable à eelui E ( pl. ii , fig 6).
La partie inférieure de la cannelle aérifère double se compose : 1° d’un petit entonnoir , dans lequel le chapiteau ci-dessus s’emboîte à frottement , au moyen d’une garniture en peau 5 2° d’un tube aérifère surmonté de la contre-partie de l’ajustage en cuivre , soud,é au tube supérieur , auquel il se réunit à frottement 3 3° d’un bouchon conique que la
douille de l’entonnoir et le tube aérîfère traversent conjointement. Le tube aérifère sc termine immédiatement après le bouchon ; la douille est prolongée d’environ un pouce , et son extrémité est recourbée pour rejeter le liquide contre la paroi du vase récipient.
Pour employer cet instrument , la bouteille doit être placée sur un porte -bouteille, qui diffère de celui représenté (pl. n, fig. 3 et 4), 1° en ce que la planchette supérieure s’incline au moyen d’une vis de pression et de rappel , garnie d’un prisonnier qui parcourt une moise formée dans une bande de fer fixée sur la partie postérieure et arrrondie de cette planchette 5 2° en ce que deux branches fixées latéralement à cette planchette et prolongées en avant , portent un étrier sur lequel on place la bouteille à remplir. Le plateau de cet étrier est mobile et s’élève ou s’abaisse à volonté , au moyen d’un double ressort qui engrène deux crémaillères fixées sur les deux branches de l’étrier.
On ne débouche pas la bouteille , mais on perce le bouchon avec un emporte-pièce fait exprès. On introduit , par cet orifice , la partie supérieure de la cannelle double jusqu’à
ce que la pointe du tube louche à la paroi supérieure du ventre de la bouteille ; on place celle à remplir sur le plateau en y introduisant la douille de l’entonnoir , et on remonte le plateau jusqu’à ce que le bouehon conique ferme bien l’orifice de la bouteille 5 ouvrant alors les robinets , te liquide coule par la cannelle , et l’air renfermé dans la bouteille qu’on remplit , remonte par le tube aérifère 5 de sorte que les deux vases font échange de leur contenu sans communication avec l’air extérieur.
i§ II. Du Siphon aérifère.
Le siphon aérifère sert à décanter les fluides élhérés ou fétides , sans répandre d’odeur dans l’atmosphère 5 suivant sa dimension , il peut être employé sur des bouteilles, bocaux et tonneaux de toute espèce. Il est composé du siphon ordinaire (pl. i,fig. 18), auquel j’ai adapté un tube aérifère, qui prend naissance à l’extrémité inférieure a de la branche déférente z , traverse avec elle un bouchon conique destiné à boucher le vase récipient , et suit le corps du siphon jusqu’au haut de la branche prolongeante en où il
se termine , après avoir traversé , conjointement avec elle , un second bouchon conique servant à boucher le vase qu’on vide. Un robinet placé au bas de la branche déférente r, suspend à volonté l’écoulement du liquide; un autre robinet ferme le tube aérifère. J’ai substitué au tube d’aspiration ^ une pompe, dont le piston se meut à l’aide d’une manivelle passant par l’axe d’une roue dentée qui engrène une crémaillère.
Pour faire usage de ce siphon , on introduit la branche plongeante y dans le vase qu’on veut vider , jusqu’à ce que le bouchon conique , qui est adapté au haut de cette branche , eu ferme exactement l’orifice. Le vase récipient se met sous la branche déférente z; il est également bouché par le bouchon conique placé au bas de celte branche. Le robinet du siphon étant alors fermé et celui du tube aérifère ouvert , on fait l’aspiration à l’aide de la pompe ; puis ouvrant le robinet du siphon , le liquide passe d’un vase dans l’autre par le siphon , et l’air contenu dans celui qu’on remplit, monte par le tube aérifère. Il est évident que , par ce moyen , les deux vases font échange de leur contenu j sans
communication avec l’air extérieur , et par conséquent sans évaporation. Comme aussi lorsque le vase récipient est rempli , l’écoulement cesse , et l’on n’a pas à craindre l’expansion du liquide.
Le piston de la pompe peut être mu à l’aide d’une lige de fer surmontée d’une poignée , ce qui est moins dispendieux que la crémaillère. J’adapte cette même pompe à des siphons simples. Ceux destinés pour l’acide sulfurique sont en plomb. On pourrait en faire en verre pour les autres acides.
5 III. Bouchon aêrijere propre à boucher des bouteilles ou des bocaux^ et à décanter tout ou partie de leur contenu dans d'autres vases , sans évaporation.
Il se compose d’un robinet à deux orifices , portant deux douilles opposées qui traversent chacune un bouchon conique, et contiennent, l’une et l’autre , deux tubes correspondant aux orifices du robinet. L’un de ces tubes sert à l’écoulement du liquide , et l’autre au passage de l’air contenu dans le vase qu’on remplit.
A Taide de cet instniracnt, les personnes qui fabriquent ou vendent les fluides les plus volatils , tels que l’éther et autres essences , peuvent vider un grand bocal dans plusieurs petits, sans que la liqueur soit mise en contact avec l’air atmosphérique j et , par conséquent , sans autre évaporation que celle des parties que peut absorber l’air contenu dans le récipient, évaporation- qui se réduira à zéro quand on remplira des vases ayant déjà contenu le même liquide, attendu que l’air qui en occupera le vide , étant déjà saturé de parties volatiles , ne pourra plus en absorber de nouvelles.
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