TIRAGE DES TROIS PREMIERS TRIMESTRES
(22 mars, 22 juin, 22 septembre.)
lw numéro 100,000 fr.
Total par trimestre 170,000
Pour le» 3 trimestres .... 510,000 ci. 5t0,000 fr.
TIRAGE DU QUATRIÈME TRIMESTRE (22 décembre.)
1" numéro 100,000
Les 8 suivants, chacun 5,000 40,000
Total du 4e trimestre. .... 290,000 ci. 290,000
Total pour Tannée. .... 800,000
Les lots s'élèveront pour les 50 années à 40,800,000 fr. Les 200 fr. de prime alloués à chaque section représentent en outre • . 40,000,000 fr.
Les obligations percevron t donc en 50 ans, en sus de l'intérêt à 3 0/0, un bénéfice exceptionnel de 80,800,000 fr.
Ce qui porte leur intérêt total à 3 fr. 80 c. 8 milliènles.
L'intérêt ayant été calculé, comme il a été dit, à 3 fr. 65 c, c'est un sacrifice de 13 c. 8* plus 2 c. pour frais de tirage, ensemble 15 c* 8 par chaque 100 fr. d'emprunt et par an, que la Société, d'après ses statuts, s'impose, pouf attirer les capitalistes et gagner le large. Ce sacrifice devant être pris sur les frais d'administration, évalués à 60 c, lesdits frais, qui constituent le produit brut de l'entreprise, se trouvent ainsi ramenés à 45 c. , ce qui , pour 50 ans et pour 200 millions de prêts, fait juste la somme de 45 millions, pour couverture des débours de la Compagnie et appointements de ses employés.
Le nombre des obligations émises ou à émettre de la première série est de 200,000, remboursables en 50 ans; elles sont de 1,000 fr. au pair, avec coupures de 100,200,500 fr., ayant droit à 1/10«, 1/5% 1/2 lot, si elles sont dans les* deux premières catégories. — Les intérêts se payent le l«r mai et le 1er novembre; les coupures de 100 fr. se règlent seulement à cette dernière époque.
Au 31 décembre 1855, la circulation de ces valeurs était, d'après le Rapport, de 210,473 titres , auxquels la société devait 61,148,250 fr.; les emprunteurs devaient à la Compagnie, à la même époque, 62,218,931 fr. 65 c.
La Société a annoncé, dans le courant de juin 1856, qu'elle recevrait en compte courant les sommes qu'on voudrait lui confier, et qu'elle en payerait l'intérêt. On croit qu'elle veut, avec ces capitaux, soutenir par des reports le cours de ses obligations.
Toutes ces loteries, cet agiotage, ces variations de l'intérêt et de l'annuité nous semblent produire le plus mauvais effet dans un établissement de Crédit foncier. Mieux vaudrait pour lui se résigner à l'inaction , attendre que les circonstances ramènent la confiance, et avec la confiance les capitaux, que de se livrer à ces opérations de Bourse, qui ne peuvent que le déshonorer , sans lui valoir le moindre crédit.
Les fondateurs du Crédit foncier, disions-nous, se sont
prêtés à son organisation moins par conviction que par déférence. Il ne faudrait pas croiré qu'ils eussent pour cela consenti à un sacrifice. Les actions, de 600 fr. au pair, ont monté > sous l'influence des notabilités mises en avant , à 1,275 en 1852, pour retomber ensuite à 535; elles ont repris en 1853 jusqu'à 1,220. Le plus bas cours a été de 440,, en 1854. Depuis 1855, elles ont pivoté autour du pair et ont môme fait jusqu'à 150 fr. de prime.
S'il est une Société qui, par la nature de ses transactions , ait chance d'offrir , comme la Rente, des conditions d'intérêt à peu près invariables, c'est sans contredit le Crédit foncier. Que signifient alors ces oscillations? Que ni acheteurs ni vendeurs n'entendent faire de placements sérieux. Dans ce cas, qu'on liquide la Compagnie et qu'on nous fasse grâce de tout le verbiage philanthropique qui se débite dans les journaux, dans les comices , après-boire, dans les circulaires du gouvernement et les discours académiques sur les encouragements à l'agriculture.