‹ Manuel du tapissier, décorateur, et marchand de meublesChapitre 10 sur 47 · FES · texte numérisé non relu

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plus aux petits fonds, et lorsque les impériales sont tombées, on en emploie deux ou trois pouces de plus. Comme les deux lés d’étoffe ne suffisent pas pour remplir les deux mansardes de travers, on ajoute à chacune un morceau assorti.

Après que les coutures sont faites à points-ar® rière bien repassés, on attache avec des broquettes les quatre coins haut et bas, ainsi que les milieux, à égale distance, en ayant soin que l’étoffe tombe bien droit; ensuite on met des broquettes assez près l’une de l’autre sur le châssis qui forme l'impériale , et en dedans du contour où se place la plate-bande.

La plate-bande de l’impériale se coud à surjet en dessus de l'étoffe, et il faut que les points soient bien égaux et assez serrés. On doit l’amener un peu roide dans les endroits où l’impériale est en rond, mais on la laisse lâche dans les creux.

En rabattant la plate-bande par-dessus l’impériale , on l’attache aux quatre coins età ses milieux, pour la faire tomber également tout autour, après avoir donné des coups de ciseaux dans les creux de l’impériale. On pose ensuite aux bords de l'impérialeeten dessus , un tire-botte éloigné d’un quart de pouce qui se coud À fil double et à points pressés.

Le tire-boite qu'on met au bord du chàssis

de l'impériale par en bas, se coud en dehors sur le bois même, et au-dessus on met huit pointes de fer, deux à chaque coin; ce qui ne se fait cependant qu'après avoir posé les pointes du haut de l’impériale aux différens milieux du premier tire - botte, en commençant par les creux du pourtour et en posant les autres pointes à trois doigts de distance. Ces huit pointes de fer servent pour arrêter et fixer l’étoffe par en bas , après quoi on marque les œillets à 3 pouces de distance.

Quand l’impériale est montée on fait un glacis dans les milieux des quatre coins des mansardes et sur les coutures. L’étoffe du petit fond s’attache avec quatre broquettes, et afin qu'il soit juste, on met une ficelle en croix dans le milieu de l’impériale, qui sert de règle pour poser l'étoffe également en tous sens. On a soin de bien étendre son étoffe tout en laissant la toile aisée; ensuite , on pose dans le milieu des fiches, un tire-botte que l'on bâtit avec un fil sur le petit fond ; on en marque les œillets en laissant déborder la toile tout autour.

En prenant la mesure du dossier , on laisse passer la toile de 4 à 5 pouces par le haut; l'étoffe doit être aussi plus bas que le chantourné de 4 à 5 pouces , au bout duquel on laisse passer autant de toile. Au haut et au bas de cette toile

on met un tire-botte. Il est nécessaire que le dossier soit de 4 pouces plus large que le châssis, afin qu'il joigne bien avec les rideaux de côté, qu'on nomme bonnes-grâces , ou même avec la housse ou rideaux du lit. Remarquez que l'étoffe se coud , haut et bas, en points de dessus ou en points de côté. Les côtés du dossier sont en couture feuilletée.

Les bonnes-grâces doivent descendre aussi bas que la housse, qui est d'une étoffe inférieure en toile ou en coton, pour la bien cacher ou envelopper. Ces bonnes-grâces mêmes se font de deux lés bien assortis; pour les assembler, on fait une couture rabattue aussi petite que possible , et on applique un galon de soie à l'envers et à plat pour maintenir les côtés; on en fait autant par le bas. Quant au haut, si l’on veut ménager l’étoffe, on ajoute une bande de toile d'environ 4 pouces et un tire-botte pour les plisser, sur lequel on met les anneaux s’il y a des tringles. Le plissé se fait du tiers de la ‘largeur des dés, et les bonnes-grâces ont alors ,environ 27 pouces de plissé.

Pour faire le chantourné , on assujettit bien le dessin de l’étoffe , et l’on met une plate-bande assez large qu’on attache derrière le bois; il vaut mieux néanmoins y meitre une toile en forme de fourreau , afin de pouvoir ôler et re-

DU TAPISSIER. A7 mettre le chantourné pour le nettoyer. Cette toile se coud à surjet avec la plate-bande , et le chantourné se borde par - devant, quelquefois aussi des deux côtés. Il y a des personnes qui préfèrent un surjet proprement fait à l'endroit de l’étoffe. Il faut découper le chantourné sur le bois même, et prendre garde de ne laisser passer l'étoffe qu’à la largeur de la moitié du galon ; la même chose s’observe à la plate-bande. L’étoffe derrière le traversin doit descendre d'environ 4 pouces et la toile qui la double de 6 pouces plus bas.

Pour faire les fourreaux des soubassemens , on borde le haut de chaque soubassement , en ayant soin que le bord du fourreau se trouve sous le bordé même; on pose le bâton, qui est droit, on découpe, suivant la forme du haut, dans le sens qu'il doit avoir. On marque son épaisseur au crayon, on rabat la toile du fourreau pardessus le bâton et on la marque de même à côté du bâton; ces deux traits de ligne se cousent l’un sur l’autre. On laisse une ouverture à chaque bout afin de l’accrocher aux clous posés pour tenir les soubassemens, et on les place à 3 ou 6 lignes de terre.

Les instructions que nous venons,de donner pour la confection d'un lit à la duchesse, suffisent pour qu'on puisse établir tout autre lit sans dif-

ficultés, et quand on aura choisi l'emplacement de la couchette on n’éprouvera aucun embarras soit pour la surmonter d'un dais, d’un baldaquin ou d'une couronne, soit pour disposer des flèches, soit enfin pour exécuter avec goût tel ornement et telle disposition commandée ou par la mode, ou par la volonté de l'acheteur. La pose des rideaux et des draperies, dont nous parlerons plus loin, reste abandonnée à l'intelligence et au talent de l'ouvrier.

Garniture de lit.

Sous cette dénomination sont comprises toutes les parties qui composent un coucher ; savoir, le fond sanglé, la paillasse, le sommier , le lit de plumes, les matelas, le traversin, l'oreiller, les couvertures , la courtepointe et l'édredon. Nous donnerons ci-après les détails de chacun de ces objets ; il est, au reste, un principe constant et utile à suivre, c’est qu'un coucher, établi tout à neuf et en bonne marchandise, peut durer la vie d’un homme quand il est tenu propre et quand on a soin , chaque année, d'en faire rebattre ou recarder un matelas à tour de rôle.

Fond sangle.

Il faut avoir grand soin de poser les sangles très près l’une de l’autre sur le châssis, et de les

tendre moyennant les grandes tenailles autant que possible, sans cela le lit creusera, ce qui n’est ni beau à la vue, ni agréable pour celui qui y couche. Il est prudent, avant de commencer à clouer les sangles, d'examiner le châssis pour voir s'il n’y a pas de nœuds ou autre défaut, qui ferait qu'il casse par la force des sangles tendues.

Paillasse.

C'est une espèce de matelas, ou plutôt un sac en grosse toile et rempli de paille, que l'on met sur le fond sanglé dans le bois de lit et sous les matelas. Ordinairement elle est fendue au milieu pour pouvoir y remuer et retourner la paille ; quelquefois aussi on en fait une sorte de matelas largement piqué , mais alors il y faut la meilleure qualité de paille brisée, que l’on renouvelle lorsqu'il devient nécessaire.

Sommier.

Les sommiers ne sont autre chose que des matelas garnis de crin au lieu de laine; aussi leur facon est la même ainsi que le poids du crin qui y est employé. Lorsque l'on met dans un litun sommier, il remplace la paillasse; cependant il y a des personnes qui préfèrent se coucher sur un sommier au lieu d’un matelas de laine.

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MANUEL, Matelas.

Il faut carder trois fois la laine neuve, et la retourner deux fois sur la carde ; la vieille laine se carde à deux reprises seulement , et ne se retourne qu’une fois.

On la pose de trois manières différentes sur la première toile ou futaine qui s'accroche au métier, savoir : 1°. de l’étaler telle qu'elle ; 2°. de la poser sur le côté; 3°. de la mettre debout, et on prétend que la dernière facon est la meilleure ; mais l'essentiel est de la poser bien également dans toute l'étendue du matelas, quard il est grand ; si, au contraire, il ne doit servir que pour coucher une personne, on le fait plus fort au milieu, toutefois il faut que les quatre bords soient suflisamment et bien carrément garnis, sans quoi le lit aurait une mauvaise apparence, et on y serait mal couché.

On pose ensuite la seconde toile et les quatre plate-bandes, dont on arrête les coutures avec des broches ou grandes épingles, et on pique le matelas à autant de piqûres que son étendue l'exige. Les quatre premières piqûres se font aux quatre coins, à la distance d'environ un pied des bords; la cinquième au milieu, et les autres à

proportion et à égale distance entre elles.

Pour faire la piqûre, on commence par faire

DU TAPISSIER. Br

un nœud au bout de la ficelle, ensuite nn nœud coulant dans lequel on pose une bouffette de laine assez forte ; on perce ensuite avec l'aiguille à travers le matelas, on appuie sur la laine, et on pose en dessus une autre bouffette de laine en serrant et fermant le nœud.

Avant de coudre les côtés (ce qui se fait à points de surjet), on les garnit de laine pour qu'ils soient bien carrés, et si le matelas est en futaine, on le borde de galon de soie à chaînette; s'il est au contraire en toile, on emploie du galon de fil.

Pour un matelas ou sommier sans plates-bandes, mais bordé seulement, on gagne bien quelque peu de chose sur l'aunage de la futaine ou toile et du galon, mais cette économie est si mince qu'elle n'est pas en proportion avec le bon effet d'un lit garni de matelas à plates-bandes lorsqu'il est couvert de sa courtepointe.

Pour un matelas de 5 pieds, à plates-bandes, il faut :

5 aunes + de futaine de ?.

4o livres de laine ou de crin.

12 aunes de galon de soie à chaïnette.

Pour un matelas de 3 pieds, à plates-bandes, il faut :

4 aunes ÿ de futaine ?,

24 livres de laine ou de crin.

8 aunes de galon de soie à chaïînette.

Lit de plumes, Traversin, Oreiller.

On ne peut employer à ces objets que du basin ou du coutil, dont le côté intérieur est gommé de cire jaune; le coutil garni de duvet n’a pas besoin de cette précaution. Les coutures doivent être faites avec soin, et à points-arrière bien drus. On remplie les coins des lits de plumes pour les rendre bien carrés; on met des ronds aux traversins, et on laisse les pointes aux oreillers.

Aux lits de plumes on donne 6 pouces d’emplissage sur la longueur, et autant sur la largeur; les ronds des traversins tiennent lieu d'emplissage, et les orcillers n’en ont point du tout, étant carrés en tous sens.

La grandeur des lits se règle sur les matelas, celle des traversins sur la largeur des matelas, et la mesure ordinaire d’un oreiller est de 28 à 50 pouces. (1)

(1) Les personnes sujettes aux maux de dents les augmentent beaucoup (si ces maux proviennent du sang ou des nerfs) en couchant sur des oreillers de duvet ou plumes, que l’on peat alors remplacer par des coussins en peau fine, gonflés d'air moyennant une

L'expérience a démontré que le meilleur lit de plumes est celui qui est garni de moitié duvet et moitié plumes , car le duvet seul se tasse et se pelotonne.

Pour un lit de plumes de 5 pieds, il faut :

15 aunes de basin de coton, ou 3 aunes : de coutil blanc 3 plombs.

22 livres de duvet de Hollande, ou 3o livres de plumes d'Alençon.

6 aunes de galon de soie à chaînette, ou 6 aunes de ruban de Hollande.

Le premier reviendra à 300 ou 320 francs, le

second à 200 ou 210 francs.

Pour un lit de plumes de 3 pieds, il faut :

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8 aunes : de basin de coton, ou 3 aunes coutil blanc 3 plombs.

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12 livres de duvet de Hollande, ou 19 livres de plumes d'Alençon.

4 aunes , de galon de soie à chaînette, ou 4 aunes + de ruban de Hollande.

Pour un traversin de 5 pieds, il faut :

3 aunes : de basin de coton, ou + d’aune de

coutil blanc 3 plombs.

machine pneumatique. Si, au contraire, les maux de dents ont une fluxion pour cause, ils diminuent dans la chaleur du duvet.

MANUEL 5 livres de duvet de Hollande, ou 3 livres de plumes d’Alencon.

1 aune ; de galon de soie à chaînette, ou x aune + de ruban de Hollande.

Pour un traversin de 3 pieds, il faut :

2 aunes = de basin de coton, ou ? d’aune de ; coutil blanc 3 plombs.

3 livres de duvet de Hollande, ou 4 livres de plumes d’Alencon.

1 aune : de galon de soie à chaïnette, ou 1 aune ; de ruban de Hollande.

Pour un oreiller de 30 pouces, il faut :

2 aunes + de basin de coton, ou * d’aune de coutil blanc 3 plombs.

à 4 livres de duvet de Hoiïlande , ou 5 livres de plumes d'Alencon.

La différence du prix entre ces deux devis sera , comme pour le lit de plumes, d’un tiers. EL: Il est au reste facile à comprendre qu'on peut en 1 établir encore à meilleur marché, en yemployant î de la toile, du duvet et de la plume de qualités 1 inférieures ; mais la facon est la même, et l'usage LL est beaucoup plus avantageux.

É Couvertures.

Quoiïqu’elles fassent essentiellement partie de la garniture d’un coucher, le tapissier ne fait pourtant que les fournir seulement, sans y

DU TAPISSIER. 55 ajouter la moindre main-d'œuvre, Nous renvoyons donc pour les détails sur cet article au chapitre VI. Pour un lit complet, il faut une

couverture en laine et une en coton.

Courtepointe.

Couverture qui couvre la garniture d’un lit depuis le chevet jusqu'aux pieds, et qui descend plus bas que le devant du bois de lit. Elle se fait avec les étoffes les plus riches ainsi qu'avec les plus ordinaires, mais toujours semblables aux rideaux des croisées. Il y en a d’hiver et d'été, de légères et de chaudes, d'ornées, piquées ou simples ; le genre le plus habituellement adopté est en quinze-seize,

Une courtepointe en soie grande largeur, a trois lés qui sont toujours posés en travers, et jamais en long ; les coutures se font à surjet, et sont , ainsi que celles des ronds des traversins, couvertes d’un galon de soie pareil à celui des rideaux. Les bords étant toujours enfoncés entre la garniture et la couchette, on n’y met que pour la solidité un tire-botte à plat, Pour qu’une courtepointe fasse bien, il faut la doubler en entier de calicot fin que l’on glace sous les coutures; la grande difficulté dans sa confection consiste à lui faire bien emboîter les traversins,

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Won.

et d'éviter le moindre pli quand elle est posée sur le lit.

Couvre-pieds dit E'dredon.

C'est ainsi que l'on nomme une espèce de grand oreiller carré d’une aune ou cinq quarts d’aune, garni de duvet du Nord (édredon), et que l’on met pendant l'hiver sur les pieds, pardessus les couvertures. On fait ordinairement ces couvre-pieds en marceline verte, cousue avec beaucoup de soin à points-arrière ; une ganse se pose sur les coutures du pourtour, et des glans aux quatre coins.

On emploie 2 livres ou 2 livres = d’édredon, selon la grandeur du couvre-pieds. Ce duvet nous est envoyé dans des petits sacs où on le comprime fortement; il doit en conséquence subir l'opération suivante avant d’être employé, atin qu'il reprenne toute son élasticité : on prend un grand chaudron bien propre et sec dans lequel on met le duvet; on couvre le chaudron,

,et on le met sur un feu que l’on augmente graduellement ; l'édredon se développe alors par la ‘chaleur, et gonfle d'une manière étonnante.

Quand il est refroidi, on le met dans son sac de taffetas que l'on ferme soigneusement par une couture à surjet.

Lit de sangles.

C'est le coucher le plus modeste , large de 5 pieds, et long de 6. La garniture se borne ordinairement à deux matelas en toile, une ou deux couvertures > Un traversin et un petit oreiller.

Le bois d’un lit de sangles doit être en hêtre, sain, droit , et sans nœuds; les boulons doivent être sans paille, et percés de manière que le lit soit bien d’aplomb, sans cela il casse facilement.

Sieges.

La confection de tout ce qui est siége trouve ses principes dans la fabrication du fauteuil, et l'établissement de ce meuble peut servir de règle pour toutes les parties des chaises, bergères, sophas ; canapés , tabourets » etc., etc.

Fauteuil.

On commence per couper la toile qui forme le derrière du dossier et ensuite les trois bandes qui doivent l’encadrer ; celle du ceintre se prend sur la largeur de la toile et les deux qui servent aux deux côtés se prennent sur la longueur. On appointe ces trois bandes avec quelques broqueties pour faire tomber droit les rayures, on

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les échancre à chaque encoignure et on les cloue par-devant; ensuite on pose la toile du corps du dossier et on la fait passer par-dessus une barre d’en bas, ou aussi, on enveloppe la barre d'une bande de toile séparée mais assortie. Il faut que toutes les parties de la toile tombent droit et carrément. On met par-dessus une contre - toile et ensuite une sangle en croix.

On a soin de poser bien près l’une de l’autre les sangles du fond , tant celles qui sont en long que celles qui sont en travers, en commençant par attacher en travers les deux premières sur le devant et en rempliant la première par les deux bouts sur les deux côtés, pour la faire approcher et remplir le milieu du bombage. Celles de iongueur s'attachent par - derrière et on les arrête par devant ; il faut les approcher l’une de l’autre de façon qu'il n'y ait point de jour entre. On attache ensuite celles qui restent à poser sur les côtés, entrelacées l’une dans l’autre, ce qui forme une espèce de quadrille.

Pour garnir les bras , on attache les toiles en dedans avec deux broquettes; on pose le crin dessus et on l’arrête avec trois broquettes. En dehors , on arrête la toile avec une broquette à chaque bout, une par-dessus aux deux bouts, après quoi on abat la toile par les quatre coins et on l'attache avec quatre broquettes ; cela fait

où met dans le milieu du bras une broquette en dedans et une en dehors.

Il faut finir le dedans avant le dehors , de la manière suivante : après la broquette du milieu, on en met sur les côtés toujours en abattant, sans trop écraser les extrémités des bras. La piqûre se fait en entrelacant la ficelle dans le crin; on prend garde qu’elle ne paraisse sur la toile et il faut qu'il n'y ait ni crin ni bouras. L'étoffe des bras se pose de la même facon que la toile.

Il est nécessaire qu’il y ait un bourrelet sur le devant du fauteuil, sans quoi le fond ne peut se soutenir. Il faut en attacher la toile aux deux bouts et près du bas de la console, en tirant la toile sur le devant et en l’arrêtant avec une broquette au milieu pour lui faire prendre la forme du bombage. On la coud à fil double ou avec de la ficelle.

Pour poser le crin du bourrelet, il faut en mettre plus dans le milieu afin qu'il soit un peu plus ferme dans cet endroit; on met une broquette à chaque bout de la toile en soutenant le crin; on en met aussi une autre dans chaque creux du bombage. Cela fait, on abat les deux bouts du bourrelet et on met deux autres broquettes à peu de distance du milieu que l’on fixe par une autre, d’où l'on part pour finir le devant

du bourrelet. Quand on est près des deux bouts, on abat la toile pour la dernière fois , et on finit le bourreletà ces deux extrémités par-devant et sur les deux bouts.

Il faut avoir soin que la broquette soit bien posée sur la vive-arête du bois, pour éviter toute inutile épaisseur , et on ne doit pas laisser passer le crin autour ‘de la toile d’embourrure. Pour bien soutenir le devant du bourrelet, il faut le piquer en dedans avec une ficelle qui s'arrête sur le devant avec quelques broquettes ; il faut aussi le piquer en dehors aux creux du bombage pour le faire rentrer à cet endroit.

Le fond du fauteuil se fait par-devant de même que le bourrelet. Quand on pose le crin sur la sangle, on le met plus faible sur le derrière et plus fort sur le devant et dans le milieu, que sur les côtés, qui doivent surtout être bien égaux. Après avoir attaché le derrière de la toile d'embourrure avec deux broquettes, on attache le devant avec une broquette sur chaque bout , et on arrange le crin du fond comme du dossier , en fourrant les deux mains sous la toile et en écartant les doigts afin-de donner au crin,

en l’arrangeant, la forme qui convient ; ensuite on attache la toile avec deux broqueties à la distance qui est. du milieu aux coins (ce qui fait quatre broquettes) ; on en met une par-derrière

DU TAPISSIER. 6x

à chaque console pour fixer le crin, on abat ensuite les deux coins du devant, qui se finissent de même que le bourrelet. On échanere ensuite la toile près de la console et du dossier, et on finit les deux côtés et le derrière. Le fond ne doit pas être trop mince sur les côtés et il faut qu'il soit un peu soutenu par-derrière.

En piquant le fond en demi-cercle, il faut soutenir le crin dans le milieu. On fait deux piqûres en travers, l’une au-dessus, l’autre par le devant et à 2 ou 3 doigts de distance, en partant du bord du bois à la première piqüre, et toujours à même distance de la première à la seconde.

Le crin de la piqüre doit être arrangé également sans qu'il y ait aucun creux, ce qui contribue beaucoup à la bonne facon d’un siége. Au-dessus de cette piqûre et dans toute l'étendue de la toile d'embourrure, on pose une toile qui est faite pour conserver l’étoffe. Elle s'attache par-devant avec deux broquettes, on la tire ensuite parderrière, ou on l’attache de même; puis on l'abat par-devant et on la fixe avec des broquettes aux deux coins, au milieu et aux creux du bomhage.

En tirant bien ferme la toile par-derrière , on l'attache avec des broquettes à distances égales, après quoi on l'échancre au bas de la console et tout près du bas du dossier qui fait le derrière

au fond , et on finit le devant, les côtés et le derrière. Qu'on ait surtout soin que le devant soit bien uni, {a toile bien abattue et que la piqüre ne souffre ni creux ni épaisseur.

‘étoile doit être attachée juste dans le milieu par-devant, avec une broquette , et une de chaque côté à peu de distance des coins , après quoi, on la tire par-derrière et on l’attache avec deux broquettes près des échancrures et avec une dans le milieu. On a grand soin de tirer bien également l'étoffe devant et derrière ; et, quand le dessin est bien correctement posé en tout sens, et l'étoffe bien abattue, on fait les échancrures, ‘# d'abord celles du bas des consoles qui soutiennent

les bras, et ensuite celles du derrière du fauteuil.

La toile du dossier doit s'attacher avec deux broquettes par le bas, on met ensuite le crin plus épais dans le milieu et plus par le haut que par le bas, en relevant et attachant la toile par

1 le haut. — Le coin et le cintre doivent être plus forts de crin , si le fauteuil est couvert de tapisserie, maroquin ou autre étoffe dure ; on l’attache avec des broquettes, une dans chaque creux du cintre. On en met ensuite une à chaque côté proche les bras; on détache ensuite celles qui sont au haut des coins et on les rattache en tirant un peu la toile et la faisant tomber droit.

DU TAPISSIER. 63 Les deux côtés se finissent après, et le haut et le bas en dernier lieu, Il faut que le haut du fauteuil soit bien rond et bien soutenu; on le finit comme le devant du bourrelet du fond.

Pour mettre les clous dorés autour du dossier, il faut laisser un demi-pouce de distance, et si les menuisiers ne laissent pas assez de bois, il faut en laisser le plus possible La piqüre se fait à trois points en relevant le haut.

Quant au corps du dossier , la piqure se fait en demi-cercle, ou bien en marquant les côtés du dossier avec la ficelle comme le haut, et en forme de bourrelet , ce qui fait le dossier bien carré. On met ensuite sur le crin de la piqüre une toile qui s'attache avec des broquettes, d'abord par le haut et après par le bas, et on finit successivement le haut du dossier , les côtés et le bas.

Il ne faut pas négliger de marquer les milieux du bois, haut et bas, lorsqu'il n’y a rien qui les désigne.

Le bas de l’étoffe qui couvre le dossier s'attache avec trois broquettes, une dans le milieu et une à chaque coin; le haut se fixe de même aux deux coins, au milieu et dans les creux, s’il y en a. On détache ensuite les broquettes de chaque coin par le bas, et on abat l'étoffe que l'on rattache après. On met quelques broquettes sur les côtés, en commencant à la naissance des

bras haut et bas, ce qui fait une espèce de bâtis, après lequel on finit le haut, les côtés et le bas. Si le dessin exige d’être échancré , on ne le fait qu'après que l’étoffe est bien tirée et égalisée en tout sens ; surtout il faut éviter les plis et les rides.

Avant de commencer à garnir le fond, il faut, pour plus grande facilité, mettre les clous dorés au dossier.

L'étoffe des bras se pose de la même facon que la toile.

Dans le pourtour du dossier, du fond et des bras, on pose des clous dorés ou bien une crête.

Lorsqu'une tapisserie ou un maroquin donne de la peine pour le tirer , parce qu’il ne tombe pas droit, on l'attache par-devant et par-derrière ; et en tirant à force les endroits qui résistent , on laisse les autres côtés aisés. -— Si on n'est pas bien attentif aux échancrures du maroquin , il sera gâté sans ressource.

Quoique les autres étoffes soient moins difficultueuses pour les échancrures , il faut néanmoins y apporter de l'attention et ne point finir ni les fonds ni les dossiers, sans que l’on n'ait auparavant fait passer les plis et rides, et que l'étoffe ne tombe bien droit au pourtour des uns et des autres ; ce qui se fait par le moyen d’un bâtis de broquettes, après quoi l’on coupe le

DU TAPISSIER. 65 surplus de l'étoffe , en laissant seulement de quoi faire le rempli. Quand on attache l’étoffe du dossier à demeure , il faut avec le bout des doigts repousser la garniture , afin de faire la place pour le clou doré. Si l’étoffe est unie, on figure un panneau. sur le fond et sur le dossier , moyennant un galon assorti, cousu dessus à points de côté.

Chaise.

La facon de la chaise ne diffère en rien du fauteuil , tant pour le fond que pour le dossier ; il n’y a que les bras et l’échancrure du bas des consoles à supprimer. Beaucoup de chaises se font actuellement à dossier à jour , ou en acajou plaqué ; il n'y a donc que le fond à faire.

Sopha.

La facon du sopha est tout-à-fait pareille à celle du fauteuil, excepté que le fond et le dessin sont beaucoup plus larges. En garnissant un dossier, quel qu'il soit, surtout quand il est à bois apparent, il faut avoir soin de laisser une distance d'un demi-pouce, ou environ, de la moulure ou baguette du dossier à la garniture, afin de pouvoir placer les clous dorés.

Le hautet le bas d’un sopha se piquent dela même facon, c'est-à-dire que la ficelle, avec laquelle

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on pique le dossier, s'attache au haut en relevant le crin du milieu, moyennant deux piqüres : la première sert à relever le crin du milieu, la seconde forme une espèce de bourrelet sur le haut et sur les côtés. Il faut bien observer que le haut doit être bien rond et ferme : quant à l'épaisseur, elle est relative à la grandeur du sopha.

Pour la pose de l’étoffe on commence par les bras , ensuite on couvre le dossier et enfin le fond ; mais si le sopha est fermé par en bas, le fond se fait ayant de finir le dossier par le bas, Le milieu de l’étoffe se met exactement au milieu du bois du fond ; et avant d’échancrer l'étoffe : elle doit être bien tirée et abattue , tant sur le derrière que sur le devant ; ensuite on échancre l'étoffe comme celle du‘fauteuil , comme nous avons dit plus haut. Le tout demande beaucoup de soin pour la coupe de l’étoffe , afin qu'elle tombe bien droit et que le dessin fasse un bon effet.

Canapé.

Il se fait de même que le sopha, excepté son carreau et la plate-forme du fond. Quand celuiei est sanglé on en prend le patron pour faire le carreau ou matelas.

La console qui soutient le bras oblige de reculer l'échancrure de l'étoile, parce qu'afin de

donner à cette console la grâce nécessaire, elle recule la partie du haut sur lequel le bras est porté. On observe la même chose aux autres siéges.

Er coupant la toile pour le carreau on laisse quatre pouces de plus en long et deux pouces en large , parce que la piqûre emporte cet excédant. Cela produit le même effet à la piqûre à l’anglaise. Il faut que la plate-bande ait jusqu'à dix pouces de hauteur par-devant, car elle se diminue de trois pouces, en commençant par-derrière de la console qui soutient le bras; ce qui fait que cette plate-bande a trois pouces de moins parderrière que par-devant.

On peut faire le carreau sur un métier à matelas, ou bien sur une table, en le bâtissant avec des broquettes. Il en est de ces carreaux comme de ceux des fauteuils et chaises , qui doivent être garnis bien fort en crin sur le devant, attendu qu'ils sont la partie qui fatigue le plus. Surtout il faut éviter les bourras , en égalisant le crin avec la main ou avec une petite règle, selon que cela est plus commode à ceux qui les font.

La plate-bande se coud par le bas avant que de garnir le carreau de crin ou de laine: on met ensuite la toile de dessus, que l’on appointe de distance en distance.

Le carreau se pique comme le matelas , Mais avec plus de piqûres; le mieux est de le piquer

à l'anglaise, c'est-à-dire avec une ficelle entrelacée de la plate-bande au bord du dessus et du dessous.

Tout le reste de la partie du carreau se pique avec la ficelle également entrelacée du dessus et du dessous et alternativement. On la couvre de laine pour remplir la piqûre avant de poser l'étoffe.

Lorsque le carreau est piqué à l’anglaise, on coupe l’étoffe juste au patron, afin qu’elle soit bien étendue; s’il est piqué à l'ordinaire, on la coupe plus long de quatre pouces et plus large de deux. On répartit alors le surplus de la longueur dans l'étendue proportionnée à la longueur du carreau, afin qu’il se trouve juste aux échancrures et aux autres parties du siége.

Quand on est un peu trop juste d'étoffe, on ne la fait pas tomber jusqu'au bas des plates-bandes, soit sur le côté soit sur le derrière, mais seulement à un pouce plus bas que le dessus du carreau.

On peut en laisser manquer six pouces au bas du dossier , que l’on remplace par de la toile.

Pour la plate-forme, on fait un bourrelet d’une moyenne grosseur sur le devant; la plate-forme se garnit de crin plus fortement que la bergère ; on la couvre de toile dans toute son étendue.

On marque la forme d’un bourrelet par une piqûre qui se fait avec une ficelle tout autour en

dedans et à petits points, que l’on couvre avec une bande d’étoffe.

Divan ou Ottomane.

Ce meuble ne présente que deux grands carreaux ou matelas, mis l’un sur l’autre. Le bois ne consiste qu'en une espèce de coffre ouvert, sans dossier ni bras, dont le dessus est sanglé et couvert d'une toile, et le devant est ou garni d'un bourrelet représentant un ou deux matelas postiches , ou plaqué en acajou. Le matelas de dessus est piqué comme tout autre grand carreau, et couvert de l'étoffe du meuble. En place du dossier on appuie autant d'oreillers ou coussins que la longueur du divan permet; on les encadre, ainsi que le carreau du fond, de galons

assortis.

Causeuse ou Duchesse.

Ce n'est qu'un petit canapé à deux places seulement ; on les place volontiers dans les boudoirs et chambres à coucher.

Bergère.

Il faut tenir cette espèce de fauteuil plus étroit .

sur les côtés, et on observe la même chose pour le reculé de l’échancrure que pour le canapé. Le dossier et les bras se garnissent comme les

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