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MANUEL autres fauteuils dont les bras ne sont pas à jour. L'étoffe du dossier descend de trois pouces audessus du fond , et pour supplément, on y ajoute une bande de toile.
Le fond est sanglé et a une plate-forme pareille à celle du canapé, seulement la garniture du bourrelet du devant est plus légère.
Si le carreau du fond, garni de plumes, est de peau , il faut le couper juste au trait de ligne du crayon ; il se coud à surjet à l'endroit. S'il est en toile, on laisse un quart de pouce pour la couture, et autant à la plate-bande.
Fauteuil de bureau.
Ces fauteuils se couvrent toujours en maroquin , ou plutôt en belle basane. La garniture du fond se fait carrée, celle du pourtour intérieur du dossier et des bras se fait plate, et comme le derrière de ce genre de siége est plus en vue que tout autre, on Île double également de maroquin où basane, cloué à clous dorés.
Tabouret.
Ce meuble, anciennement appelé placet , n’est autre chose que le fond d’une chaise carrée, sans bras ni dossier ; sa confection n’en diffère aussi en rien. On n’en voit que très rarement dans les ameublemens mcdernes.
Tabouret de pieds.
Il ne diffère pas en la moindre chose du tabouret précédent, excepté que les pieds ne sont guère plus haut que de deux pouces, et que l’on emploie pour la garniture du déchet de crin ou même de la bourre rouge.
Carreau de pieds.
C’est une espèce de tabouret en forme de carreau à plates-bandes , sans bois. La hauteur est ordinairement de 3 à 4 pouces, et on le garnit en mauvaise bourre ; même quelquefois en paille où foin pour lui donner plus de légèreté. Le dessous se couvre d’une très forte toile.
Prie- Dieu.
C'est une chaise très basse avec un dossier très élevé , sur lequel on applique un appui garni de crin et couvert d'étoffe.
Banquette.
Les banquettes se garnissent tout-h-fait comme les fonds de chaise ; on les couvre, suivant l’usage auquel elles sont destinées, de velours d'Utrecht, de moquette, de crin, de basane, etc.
Les banquettes à coffre pour antichambres
72 MANUEL ne se garnissent qu'à plat sur le dessus du cou-
vercle : on se sert de bourre ordinaire.
Housse.
Pour préserver de la poussière et des souillures de mouches, les siéges, les rideaux, les lustres, etc., on fait des enveloppes, appelées housses , qui les couvrent. Pour les chaises, fauteuils et sophas, on en fait de deux différens genres : des housses pleines ou en fourreau, qui couvrent un siége en entier, et des housses ajustées, qui ne couvrent que l'étoffe et laissent le bois libre.
Celles pour les siéges se font en toile forte de coton, en toile écrue, en basin, calicot, nankin, bordés d’un galon étroit et convenable, en fil ou coton. Celles pour les lustres , candeläbres, statues, etc., sont en gaze, er mousseline, en taffetas ou autre étoffe très légère, pour ne pas cacher tout-à-fait l’objet qu'elles couvrent.
Une housse ordinaire d’un fauteuil est pleine ou en fourreau : elle se coupe à 2 ou 3 pouces de distance de la terre. On coupe d’abord les lés du corps qui couvre le fond, le dossier et le derrière du fauteuil, et on y ajoute les élargissures si elles sont nécessaires.
Pour les bras, on met le lé au-dessus du fond, près de l’'échancrure de derrière, en repassant
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lartoile juste par-dessus le bras et la faisant tom ber au niveau de celle du corps; la lisière se met sur le côté et par-devant. On marque ayec un crayon ou avec des épingles par-devant le contour de la console du bras, et on la coupe, en laissant de quoi faire la couture rabattue jusque sur le bras. Un moyen qui est plus long, mais plus sûr, c'est de bâtir la housse sur le siége même et de ne couper que ce qui dépasse le bâtis.
Quand les lés du corps de la housse sont appointés également et bien d’aplomb, on fait des pinces là où la forme du siége les rend nécessaires. On assemble les côtés de la housse par en bas, en commençant à la pointe et dans l’angle qui sépare le fond du dossier près de l’échancrure ; ensuite on attache avec des épingles les côtés, le fond et le dossier , d’abord en dedans, puis en dehors, en faisant toujours tomber la toile bien droit et égale.
En bâtissant les housses, il ne faut pas trop éloigner les points l’un de l’autre, et avoir soin qu'ils se suivent bien. Les échancrures doivent être bâties très régulièrement, afin que le pourtour soit exactement pris : toutes les coutures doivent être rabattues.
En général la confection des housses n’est pas
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7h MANUEL
trop facile , car elles doivent être aisées à ôter et à mettre, sans néanmoins être trop larges.
Le bas se borde ordinairement avec un ruban ou galon blanc de fil ou de coton ; quelquefois aussi on en emploie de couleur, surtout sur les toiles écrues.
La housse dont nous venons de donner la
description , peut servir de règle pour toutes autres , soit de chaises, sophas, ottomanes , etc.
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Rideaux et Draperies.
Jadis les rideaux exigeaient par leur ampleur
démesurée, et à cause de leurs accessoires, un travail excessivement compliqué; on les dou-
blait, on les ornait de doubles et triples bor-
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dures , de pentes , de falbalas ; on en faisait même souvent deux paires au lieu d’une, ayant soin que l’une des deux fût en étoffe et de qualité inférieure à celle en dessous. Maintenant la confection des rideaux s’est beaucoup simplifiée, et n'exige de l'habileté que pour les draperies, dont la forme change continuellement.
Les rideaux de croisées se font en toutes Î espèces d’étoffes , mais ordinairement on cherche à les choisir en harmonie avec l’ameublement de la pièce ; on les croise presque toujours, c’est-àdire qu'un des rideaux qui est en mousseline rasse sous l’autre qui est en étoffe de couleur.
DU TAPISSIER. nb
Souvent aussi on fait les deux rideaux en mousseline et la draperie seulement en étoffe de couleur; enfin, on confectionne même quelquefois le tout en mousseline, c'est ce qu'on regarde comme ce qu'il y a de plus simple, car ce n’est que dans les appartemens riches que le tout est en soie.
Lorsque les croisées sont petites et le plafond bas, on se contente de mettre un seul rideau, pourvu qu'il soit ample.
Si un meuble n’est pas couvert de velours ou d'étoffe de soie, les rideaux de couleur ne doivent jamais être en soie, mais en percale fabriquée pour cet usage (1) avec une telle perfection, que la soie n'a pas plus d'éclat.
Pour les faire, on assemble bien carrément et à surjet autant de lés qu’il est nécessaire pour la largeur voulue; s'ils doivent être doublés, on fait une couture plate. On encadre ensuite tout le rideau avec une bordure ou galon , et on pose au bord du bas et des deux côtés une frange ; toutefois, il arrive que la mode fait abandonner les franges. En haut , on coud en dedans un galon
(x) Les dépôts des percales de ce genre, à Paris, éont chez M M. Oberkampf et Mallet, rue et-au Roï de Perse, rue Saint-Denis; cest là où l’on
trouvera le plus grand choix et les meilleures qualités.
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76 MANUEL de fil (dit &re-botte), sur lequel on fixe les anneaux de cuivre qu’on enfile sur le bâton ou la tringle. Comme on fait toujours les rideaux plus larges que l’embrasure des croisées, on coud quelquefois les plis à demeure sur le tire-botte ; qui n'a alors que la longueur nécessaire et juste. Les rideaux des croisées, aussi-bien que ceux des lits, ne doivent étre éloignés du plancher que tout au plus de 3 pouces; et quand ils sont d’une étcffe très forte, pour les faire tomber bien, on cache sous la bordure du bas quelques petits plombs d’un poids proportionné à la roideur de l’étoffe. Quand les rideaux sont totalement montés, on les pose sur tringle ou bâton
doré, qui sont supportés par des crochets à doubles gonds et poulies. Le rideau de couleur, qui est toujours sur bâton doré, est placé en dedans de l'appartement; on attache ensuite les cordons de tirage, et on pose enfin les patères auxquelles on attache les embrasses qui servent à relever les rideaux quand on ne veut pas les läisser fermés. En posant les gonds, tringles et bâtons, il faut avoir soin qu'ils ne gênent pas les ventaux et les espagnolettes des croisées.
Les draperies de croisées ou de lits varientde essins et de formes, mais elles sont toujours de la même étoffe que le rideau de couleur, et encadrées ou ornées de même, Ces draperies ne con-
qe viennent qu'à des appartemens très élevés, car dans nne pièce basse elles ne sont bonnes qu’à procurer de l'obscurité, et à empêcher l'air de circuler; de plus, elles y paraissent lourdes. Quant à celles qu'on fait trop amples ou en plis horizontaux, elles ont l'inconvénient d'être de vrais nids à poussière.
Une draperie très simple et jolie est celle que l'on. fait d’une seule et large pente, encadrée ou ornée comme le rideau , et plissée en gros tuyaux perpendiculaires ; on arrête ces plis par des gros anneaux sur un bâton doré, ou par des patères à demeure.
Les rideaux de vitrages doivent être d’une étoffe extrêmement claire, afin de laisser pénétrer le jour autant que possible. Souvent ils sont mal faits, parce que, vu leur simplicité, on abandonne ordinairement leur confection aux apprentiés couturières, qui ne calculent pas l'effet du blanchissage ; il en résulte que, lorsque l’eau a resserré l’étoffe, l’effilé et le ruban des têtes , le rideau gauchit ou poche. Ainsi, quoique l'excès ne vaut jamais rien, dans ce cas-ci on risque rarement de donner trop d’ampleur.
Ces rideaux se fixent, au moyen de petites
tringles , sur les ventaux des croisées mêmes. Les rideaux de lits ne se composent aujourd'hui que de deux rideaux d'une ampleur qui
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leur permet de se joindre sur le devant et ke derrière du lit, sans être tout-à-fait tendus. Ils se font comme ceux des croisées, excepté que les plis sont fixés sur un ruban fort qui est attaché autour de la couronne ou aux flèches , et qu'ordinairement ils sont, à cause de la forme des lits, plus courts sur les deux côtés qu'au chevet et aux pieds. Pour qu’ils aient bonne grâce, il faut qu'ils soient bien amples. Quant à la dra-
perie, elle doit en tout correspondre avec celle des croisées.
Store.
On prend un rouleau ou bâton en bois, long de la largeur juste de la croisée, et à un des bouts on applique une poulie pour le cordon de rage; à l’autre bout est un boulon pour être passé dans un piton. Sur ce rouleau on cloue un galon de fil auquel on coud' à surjet et bien tendu un lé d’étoffe transparente, juste de la grandeur voulue ; au bas de ce lé est une coulisse dans laquelle est passée une tringle qui le fait
, tomber d’aplomb. Il faut avoir soin que l’étoffe
soit cousue bien droit et sans le moindre pli,
: afin que, lorsque l’on monte le store, il se roule
sans biaïiser.
Tenture d'étoffes.
Depuis que la fabrication des papiers peints a atteint le haut degré de perfection où elle se trouve aujourd’hui, l'emploi des étoffes pour tentures n'est d'usage que dans les appartemens de la plus grande richesse, et alors on se sert principalement de velours, de satin ou autres fortes étoffes de soie.
On ne les applique jamais sur place, mais toujours par panneaux sur des châssis que l’on ajuste ensuite sur les murs. La boiserie , les lambris et les corniches, pour bien accompagner une ielle tenture , doivent être vernis et avoir des filets et ornemens dorés.
Ces tentures , si elles sont en étoffes à dessins ou très lourdes , sont doublées et tendues ; mais si elles sont en étoffes unies et légères, comme dans Îles chambres à coucher et boudoirs , on les plisse ou tuyotte ; quelquefois même on les drape sur des patères et rosettes dorés.
Dans l'emploi des étoffes à dessins il faut faire grande attention à la disposition des dessins, à l'encadrement régulier par les bordures et cablés, à la doublure, aux coutures ete
MANUEËX Ecran à pieds.
Avant de commencer l'écran, on doit examiner le travail de l’ébéniste et se convaincre si le châssis joue assez facilement , afin que l’étoffe et les clous y puissent être ajoutés sans gêne.
On couvre les écrans de toutes espèces d’étoffes, de soierie brodée, de tapisserie, de drap ou velours peints ou de la couleur du meuble, etc., mais le plus souvent on emploie du taffetas vert plissé ou tuyoté. L’étoffe se pose des deux côtés du châssis , sur l’arête duquel on l’attache avec les plus petites pointes dorées ou en fer. En l’attachant , on doit prendre garde de ne pas trop la tendre, parce que cela ferait gauchir le châssis et l'empêcherait de couler facilement dans les coulisses.
Au bas du châssis on fixe un ruban de soie qui monte jusqu'en haut et qui sert pour hausser où baisser l’écran à volonté; on garnit le bout de ce ruban d’une houppe plate, ou d'une poignée dorée.
Sonnettes.
La pose des mouvemens de sonnettes et le percement des trous dans les murs, est l'ouvrage du serrurier ; le tapissier n’a donc qu'à placer les cordons qui descendent à la portée de la maïn et
DU TAPISSIER. 8x qui se trouvent aux côtés des cheminées, aux portes d'entrée, près des lits, etc. Ces cordons sont attachés à un mouvement cloué toujours près du plafond.
Les cordons mêmes sont habituellement faits avec du ruban large en soie, de la couleur des rideaux ou du meuble; ils passent dans un coulisseau doré , qui est fixé au mur, et ont une poignée ou un anneau doré.
Tapis de pieds.
Quand un tapis ne sort pas tout assemblé de la fabrique, le tapissier est chargé de sa confection : il coupe d’abord les lés et la bordure de la grandeur nécessaire et les assemble par une couture à points lacés fortement serrés.
Il faut éviter d’entailler les places des cheminées , etc. ; le mieux est d'établir le tapis le plus carrément possible et d'ajouter aux bords des bistres, ou morceaux assortis, qui ordinairement sont plus ou moins cachés par les meubles placés au pourtour d'une pièce.
On a le tort de doubler les tapis en thibaude ou autre étoffe ; cette doublure ne sert qu'à loger la poussière qui s’amasse entre elle et le tapis, elle s'oppose en outre à la destruction des vers et de leurs œufs. On doit se borner à doubler avec de la toile grise très forte et seulement aux
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coins et sur les coutures ; on peut cependant garantir les tapis précieux de l'usure rapide, causée par les inégalités du plancher, en mettant en dessous un tapis en thibaude, mais on ne le fixe pas à celui auquel il sert de doublure.
Les tapis que leur grandeur permet de secouer à bras, tels que les devans de lits, foyers, etc., doivent être doublés avec un morceau de forte toile grise ( d'environ 12 pouces carrés) aux quatre coins seulement , parce que c’est là qu'ils souffrent le plus et risquent de se déchirer.
Billard.
De même que le collage du papier de tenture et la miroiterie sont à Paris, et dans quelques autres grandes villes, des états particuliers, la confection des billards y est un genre d'industrie exercé par des personnes qui ne font absolument que cela et qui naturellement y excellent. En province et à l'étranger ce n'est point de même, c'est le tapissier qui les couvre et les prépare.
Un billard de grandeur ordinaire a 11 pieds de long sur 5 pieds 6 pouces de large. Il est couvert de drap vert; Elbeuf fournit ce qu'il y a de mieux pour cet usage. Il faut faire attention qu'il ne s’y trouve aucun défaut, surtout celui que les marchands appellent pas du chat.
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On étend le drap (dit tapis ) sur la table avec force, et on l’arrête en dessous de la table avec des clous à tête plate; ensuite on fait les échancrures nécessaires pour les six blouses et on finit par fixer le drap tout autour.
Les bandes contribuent essentiellement à la bonté d'un billard ; avant de les couvrir il faut qu'elles soient rembourrées avec le plus grand soin, et on doit faire attention à ce qu’elles soient bien égales, surtout qu’elles aient l’élasticité requise pour le renvoi régulier des billes.
En couvrant la table, en rembourrant les bandes, enfin en garnissant le plus petit détail d’un billard , il faut conserver le plus exactement toutes les lignes du travail de l’ébéniste , Car c'est à ce qui fait le grand mérite d’un billard.
La pose des clous dorés ne doit pas être faite au hasard; il faut qu'ils soient posés à distances égales et marquées au compas. Sur la bande de côté et au-dessus du centre de la blouse du milieu , ainsi qu'à la hauteur juste de la mouche de la carambole et du bas, on pose deux clous l’un derrière l’autre.
Porte battante.
Il y ena à un et à deux ventaux, suivant la grandeur de la porte, sur le chambranle de la-
quelle elles sont bâties. Pour qu'un châssis de porte battante soit bon, ii faut quil soit en hêtre, et d’une force proportionnée à sa hauteur et largeur.
On commence par attacher la toile qui fait l'encadrement ; on la rabat et on la cloue pardessus de l’autre part. On y met ensuite une toile en plein , que l’on couvre en drap, en moquette ou en panne verte, ce qui fait le côté du dehors, sur lequel on laisse déborder l’étoffe tout autour afin de parer le vent. Du côté des gonds, surtout par en bas, on laisse déborder davantage, à cause de l'écart que fait la porte étant ouverte.
On encadre l’étoffe sur la porte de clous dorés, sur un galon or faux. S'il y a un chambranle à la porte, on le garnit de même.
Quelquefois on garnit ces portes de bourre ou seulement de paille; alors on met de la toile des deux côtés, que l’on pique et couvre d’étoffe.
On fait bien de poser un bourrelet en dedans du chambranle pour que la porte batte dessus ; ce qui empêche tout courant d'air.
Pourrelets pour les portes et fenêtres.
On les fait en toile blanche, verte ou grise, en différentes grosseurs, suivant les fentes qu'elles
doivent boucher. ls se bourrent ou de déchets de laine , ou d'étoupe, ou de bourre rouge.
On les cloue sur les chambranles des portes et fenêtres , et tout au bord , afin que les ventaux passent bien contre et pour que l’air ne siffle pas par la feuillure des portes ou fenêtres.
Collage du papier de tenture.
C'est un de ces travaux qui, à Paris et dans quelques autres grandes villes, ne sont exécutés que par les peintres en bâtimens et les vitriers, ou par des personnes dont c’est l’unique profession ; mais, partout ailleurs, ce sont les tapissiers qui s'en chargent.
Pour connaître la quantité de rouleaux dont on a besoin pour la tenture d’une pièce, on doit chercher à savoir quelle est l'étendue en pieds carrés de la surface des murs. On emploie à cet effet une méthode très simple, que nous indiquerons au chapitre VI, pour le mesurage des tapis de pieds; on n'a qu'à additionner le résultat de chacune des faces des murs, pour savoir combien de rouleaux de papier il faut pour l'ensemble. Ce résultat est d'autant plus facile à obtenir, que les rouleaux ont des largeurs et longueurs fixes.
L’assemblage et raccordement parfait des lés à
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dessin est un travail très difficile et demande beaucoup d'attention , car on peut gâter, par une seule erreur, une tenture entière.
Quand on doit couvrir un mur de papier de tenture , on ne peut le coller sur le mur nu sans qu'il s’en détache ou qu'il moisisse et se tache, si le mur n'est pas très sec. Il faut donc, pour prévenir cet inconvénient, d'abord tendre avec des clous à tête plate, sur les tringles de bois (fixées au pourtour du mur), de la toile à coller, dite d'embourrure, sur laquelle on colle du papier gris mince avant d'y poser le papier de tenture. On emploie le même moyen pour les plafonds creux. Dans le cas où l’on voudrait économiser la dépense de la toile, on peut coller le papier gris sur le mur même, auquel il s’attache mieux que tout autre papier, mais il ne préserve pas assez de l'humidité : ce mode n’est donc applicable qu'aux murs bien secs. En tout cas , il ne faut jamais coller le papier de tenture tant que le papier gris n'est pas tout-à-fait séché et que les peintures ne sont pas terminées.
Lorsque l'on a la quantité nécessaire de papier et de bordure, on commence par ébarber tous les rouleaux d’un côté, et ensuite on les coupe en lés de la hauteur des murs, non compris les lambris. On couche ces lés les uns sur les autres (la peinture en dessous), sur une grande
table ; on y étend ensuite un enduit de colle (x) d'une manière bien égale, sur l'envers de ces lés, surtout sur les bords, et on les applique sur le mur.
En posant les lés sur le mur, il faut avoir soin de placer le premier bien perpendiculairement, en se servant d’un aplomb , parce que de la bonne pose de celui-ci dépend celle de l’ensemble. On doit toujours commencer par poser, dans un appartement, les premiers lés du côté du jour, afin que la tranche non ébarbée se trouve couverte par les suivans, et les rende moins visibles. En suivant une marche contraire, l'épaisseur du papier produit une ombre qui force l'œil à s'arrêter à la jonction de tous les lés, qui finissent, en partant du côté des croisées, par se rejoindre, s’il est possible, au-dessus de la porte ou dans un coin éloigné du grand jour.
Les lés étant ébarbés d’un côté seulement jusqu’au bord du dessin , ilarrive, qu'en posant les lés les uns sur les autres, le dessin se trouve bien réuni dans son ensemble. On a soin en posant ces lés, de les étendre autant que possible, toutesfois pas au point qu'en séchant, le papier se fende. Pour que cette opération réussisse bien .
(1) La recette de la colle que l’on emploie pour ce collage, se trouve à la fin du chapitre VIT.
on se sert d'une brosse faite avec de longues soies de porc ou avec du crin; on la passe une fois au milieu du haut, en bas du lé, et ensuite vers les deux bords, toujours en partant du milieu. Il en est , au reste, de ce travail comme de tant d’autres : il ne s'apprend bien que par l'expérience.
Les papiers unis exigent la plus grande propreté; la moindre tache, ou le plus petit pli ou défaut qui se perdent dans les papiers à dessin, sont visibles et déparent ceux-ci.
Le papier granit ou de lambris se colle, en place de lambris peints, après que la tenture est terminée et au-dessus des plinthes ou au ras du plancher.
Les bordures se posent en dernier lieu, et on a soin qu'elles soient collées bien au niveau et d'aplomb. Il faut faire attention que le dessin se joigne bien dans les coins ; souvent il vaut mieux perdre ; ou + aune que de rompre le dessin d'une manière visible. On découpe, on ébarbe les bordures des deux côtés et au bord du dessin; il y a toujours plusieurs bandes sur un rouleau.
Le dedans et les tablettes des armoires se couvrent en papier bleu-pâte, en feuilles.
Devant de cheminee.
Le châssis doit bien se joindre au chambranle de la cheminée pour empêcher les courans d'air, et, si le devant de cheminée est très grand, il doit être consolidé par une traverse de plus. On cloue sur le côté extérieur de la toile à coller, que l’on couvre de papier gris, sur lequel on colle ensuite le papier et la bordure. Un bouton tournant ou bec-de-cane, posé au milieu du bord supérieur, sert de fermeture.
Paravent.
On lés fait de plusieurs feuilles ou châssis, faits en bois léger, mais bien sain et sec, hauts de 6 à 8 pieds , larges de 2 pieds, construits dé deux montans et de deux traverses haut et bas, d'uné forcè proportionnée , et consolidés par né troisièmé travérse posée au milieu de la hauteur des deux montans : il faut que ces feuilles soïént très égales, pour que le paravent soit, en l’ouvrant, bien d’aplomb. On les couvre de toile et de papier qu'on encadre d’une bordure comme les devans dé cheminées, maïs on garnit le derrière d’un papier ordinaire à petits dessins. On unit ces feuilles non avéc des charnières mais avec de larges bardes de toile forte, Ais-
posées sans intervalles et de manière que l’une étant clouée d’abord sur le côté extérieur de la feuille , passe ensuite dérrière la feuille suivante sur le côté postérieur de laquelle elle est clouée : la seconde bande va du côté extérieur de Îa première. Il faut, suivant la hauteur, 4 à 6 de ces bandes pour unir deux feuilles.
En collant le papier il faut avoir soin que le dessin se suive bien sur toutes les feuilles.
Les paravens de bureaux n’ont pas plus de hauteur que 24 à 3o pouces, mais ils sont pour le reste établis comme les autres.
Direction des travaux dans les ateliers.
Il serait difficile de donner des préceptes pour la direction des travaux dans les ateliers de tapissier , parce qu'ils sont soumis à une infinité de circonstances locales. Cependant l'usage est que le maître ou le premier garcon coupe et prépare tous les ouvrages qu’on distribue ensuite aux diverses personnes de l'atelier.
Les ouvriers hommes sont toujours employés à confectionner les siéges et à poser les étoffes des draperies , rideaux , etc.
Les femmes font l'assemblage des étoffes des siéges, confectionnent les rideaux, excepté les
galons des siéges, qui sont du ressort des hommes.
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I] ne faut jamais perdre de vue > Que la bonne main-d'œuvre réunie au goût offrent de grands
avantages : l’un et l’autre ne sont Pas toujours le résultat de l'expérience, et dépendent des dispositions qu'un ouvrier a pour son état : il est donc dans l'intérêt d’un maître d'employer chacun au travail pour lequel il montre le plus de talent.
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