DE LA DÉCORATION ET DE L'AMEUBLEMENT DES APPARTEMENS EN GÉNÉRAL
IL ne suffit point d’être habile ouvrier pour exceller dans l’art du tapissier; il faut encore avoir du goût, et même une certaine connaissance de la société, pour réunir dans l’ensemble d'un ameublement tout ce qui, par le choix des formes, des couleurs et des matériaux des différens objets qui le composent et par l’utilité de leur destination, puisse plaire et convenir au goût et aux usages du jour. Ce n’est plus comme autrefois, où le nombre et le genre des meubles était déterminé par des règles invariablement adoptées : on exige maintenant davantage; on veut que chaque objet joigne à un extérieur agréable, l'utilité et la commodité ; enfin, on exige que l'ensemble allie l'élégance à cette utile et douce commodité que les Anglais appelle comfortable.
Ce n’est pas une chose facile que décorer un appartement dans Île genre somptueux sans sacrifier le bon goût; car trop souvent le faste, qui exige une accumulation de richesses , écrase, ou,
DU TAPISSIER. 93 pour mieux dire, force à sacrifier l'élégance et la grâce. Le somptueux de bon goût ne peut donc se rencontrer que dans une riche simplicité, et malheureusement celle-ci n’est pas toujours sentie et recherchée par les personnes riches.
Le véritable bon goût consiste à choisir les choses utiles, commodes, durables, et qui par leurs formes et leurs couleurs ont entre elles un rapport bien établi; cette harmonie se trouve aussi bien dans un mobilier d’un prix médiocre que dans le plus riche et le plus somptueux ameublement.
Si l'assortiment bien entendu des étoffes, des bois et des peintures, est une des choses les plus nécessaires pour la décoration d'un appartement, on se tromperait toutefois si on se bornait à cela pour satisfaire à toutes les persécutions d’un goût recherché et éclairé. Souvent on tombe dans de graves méprises faute d'attention, ou en négligeant certains petits détails dont on laisse la direction à des personnes qui ignorent, ou ne comprennent pas l'importance de l’ensemble qui doit régner dans un plan de décoration. En effet, tout doit nécessairement y être conforme aux localités et à la destination de l'appartement, ainsi qu'au rang et à la situation que le propriétaire occupe dans le monde. Que dirait-on, par
exemple, si on trouvait chez un évêque dans les ornemens peints, ou dans les dessins des ouvrages de passementerie, des emblèmes de l'amour , de la guerre, de la marine ? Ou, chez un militaire, des mitres et des crosses? Ou dans un boudoir d’une petite-maîtresse, des trophées de la chasse, du commerce, etc. , etc. ?
Quand on n’a pas fait des études particulières sur le dessin et l'architecture, il est difficile d’ordonner la décoration entière d’un appartement, sans avoir recours à un architecte et à un dessinateur. Il y a des règles dans l'architecture surtout, contre lesquelles on ne doit pas pécher, et auxquelles Île goût ordonne de se conformer. A Paris , les artistes se trouvent facilement, mais il n'en est pas de même en province ou à l’étranger , et alors le décorateur est abandonné à ses seuls moyens. Il faut donc qu’il supplée aux connaissances acquises en se procurant quelques bons ouvrages sur l'architecture avec des gravures : celui que MM. Percier et Fontaine ont publié sur la décoration intérieure des maisons (un volume in-folio ), est surtout indispensable ; c'est une inépuisable mine d’or pour tous ceux qui sont chargés d’orner les habitations des gens ou riches, ou de bon goût.
Un autre moyen de se trouver toujours au niveau des connaissances et des caprices du mo-
ment, est offert à tout homme intelligent par la publication des collections périodiques des gravures coloriées qui représentent des meubles, des rideaux et des draperies à la mode; la dépense en est presque insignifiante, et il est fort important.de ne pas rester en arrière des progrès que l’art du tapissier et du décorateur fait à Paris et à Londres.
La hauteur proportionnée à l'étendue des pièces facilite beaucoup leur décoration, surtout dans ce qui concerne les rideaux et les draperies ; mais ces deux conditions réunies sont rares, un bon tapissier doit donc savoir déguiser ces défauts, qui, dans une petite pièce à plafond trop bas, offrent surtout de grands obstacles à l'harmonie de l’ensemble.
Il en est de l’ameublement et de la décoration d’un appartement comme de la préparation des mets : nous avons indiqué dans ce chapitre tout ce qui peut , et non tout ce qui doit nécessairement garnir les différentes pièces d’un logement; mais de même que l'on peut faire un très bon plat dans une cuisine bourgeoise, en supprimant certains ingrédiens recherchés, on peut aussi réduire le nombre , les dimensions et la qualité des divers objets d'un ameublement suivant les localités et la fortune de celui qui l'habite, poürv& que la propreté et le goût ne soient pas
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négligés. Nous insistons singulièrement sur ces deux dernières conditions , car si les soins et le goût dans le choix et dans la confection d’un mobilier, ne sont pas secondés par l'ordre et la propreté, le tapissier n’acquiert pas le même honneur qu'il obtient par l'aspect d’un mobilier, füt-il inférieur en beauté , pourvu qu'il soit bien tenu et rangé avec ordre : dans un salon une chaise négligemment placée, une draperie dérangée, un Cadre placé de travers, suffisent pour donner à l’ensemble un air de malpropreté dont on accusera souvent à tort, mais bien naturellement , celui qui a présidé à l'arrangement primitif.
Ameublement d'hiver.
Ce n'est guère que dans les palais et chez les plus grands personnages que l’on a mobilier d'été et mobilier d'hiver; cependant il arrive fréquemment que les gens qui habitent ordinairement leur château , choisissent les pièces qui sont exposées au midi et bien abritées pour s’y tenir de préférence pendant la froide saison. Alors, pour éviter un déménagement qui se répéterait à Paques et à la Toussaint , on a ce qu'on nomme un ameublement d'hiver.
Cet ameublement ne diffère des autres que par la qualité des étofles : ainsi rideaux et moubles
doivent être en velours, damas, satin ou drap ; des tapis couvrent les parquets ; les cheminées sont munies de chenets, garde-cendres, écrans etautres accessoires. Un tapissier intelligent pourrait, en faisant faire les bois d’un ameublement d'hiver , exiger plus d'ampleur dans les dossiers et autres parties , afin d'obtenir toutes les condisions favorables à la chaleur.
Ameublementd ‘été.
La différence entre un mobilier d'été et celui d'hiver consiste dans le remplacement des étoffes épaisses et chaudes, par des taffetas, des toiles imprimées ou blanches, des mousselines, etc. On Ôte les tapis, on couvre les lustres de leurs housses, on pose les devans de cheminée, on place la jardinière et on fait disparaître tout ce qui rappelle la saison froide.
Pour les ameublemens des maisons de campagne, on emploie toujours des étoffes légères et moins chères que dans les appartemens de ville, parce que les meubles ne servent qu'une partie de l’année et parce que, pendant la belle saison, on habite plus au grand air que dans les appartemens.
VWestibule.
Un grand paillasson au bas de l'escalier, et un ou deux décrottoirs.
Une statue, dont le piédestal peut être un poêle.
Des orangers, ou autres grandes plantes en caisse.
Une grande lanterne.
Des banquettes.
F'scalier.
Un tapis sur les marches : il faut le bien fixer pour que l'on ne tombe pas.
Des statues, bustes ou vases sur les palliers.
Des paillassons qui couvrent les palliers en entier , surtout le dernier devant la porte d'entrée de l’antichambre.
Antichambre.
Une porte-battante.
Les murs peints à l’huile ou couverts d'un papier marbré ou à brique et verni; des patères au pourtour pour les manteaux, plisses, chapeaux, etc.
Des banquettes à coffre, dont les couvercles sont rembourrés et recouverts en velours d'U-
DU TAPISSIER. 99 trecht commun ou d’étoffe de crin. Ces coffres sont très commodes pour serrer le bois pour la consommation du jour , les brosses, etc.
Une armoire pour les balais , etc.
Une armoire formant lit pour domestique au besoin.
Un quinquet suspendu ou attaché au mur.
Une fontaine filtrante , ou une petite fontaine suspendue en tôle vernie.
Un porte-parapluie.
Jardinière.
Quelques chaises en paille.
Rideaux de croisées et de vitrages en calicot.
Dans l'armoire et dans les coffres des banquettes : balai en crin noir ou gris; bâton à cirer le parquet ; brosses à frotter, à laver et à balayer les tapis; plumeau; éponge jaune ou noire; seau en tôle peint à l'huile ; panier pour le bois ; bougeoir et mouchettes.
Une table en noyer.
Une glace.
Salle à manger.
Tenture simple et claire, ordinairement de papier marbré ou à brique et verni; boiserie peinte en gris.
Au plafond suspendre une lampe d’un ou d'autant de becs que la grandeur de la salle
l'exige. Des lampes posées sur la table tiennent } beaucoup de place , dérangent l’ordre du service et la moindre maladresse peut les renverser.
»: Un poêle en faïence et à bouches de chaleur. Des rideaux de croisées et de vitrages à volonté, en belles étoffes, ou ordinaires comme ceux de l’antichambre.
Des chaises en paille ou couvertes de basane ou étoile de crin : point de fauteuils.
Des petits tapis, des carreaux de pieds, ou des paillassons de bruyère, pour mettre sous les '} pieds , surtout pour les dames.
4 Une table ronde à abattans ou à coulisses et allonges en noyer ou en acajou ordinaire; il y 1 4 en a de ces dernières de huit jusqu'à vingt cou- LA verts.
| Un tapis en toile cirée, en drap peint et verni, ou en drap imprimé, pour mettre sur la table lorsqu'elle est fermée.
Des servantes, ou petites tables à plusieurs étages.
Un buffet.
ï Une fontaine filtrante.
Üne jardinière.
| Une pendule ou un grand placard de montre.
Des seaux à glace.
Lu Une sonnette de table.
Les tablettes des armoires, les dessus du buf-
DU TAPISSIER. 101 fet, etc.,en marbre blanc, ou peints à l'huile, trois couches , ou bien encore couverts en toile cirée, pour pouvoir facilement les laver et tenir en
grande propreté.
Salon.
Le salon est la pièce où l'on met la tenture et les meubles les plus riches d’un appartement.
Au plafond un lustre, de préférence en cristal et à bougies. En général l'éclairage tout en bougies est le plus riche et le plus distingué pour un appartement somptueux. La mode du jour permet cependant sur la cheminée et sur les consoles d'allumer, outre les bougies, des lampes décorées de dorures ou cristaux.
Une grande glace au-dessus de la cheminée et une semblable, en face de celle-ci, au-dessus du sopha ou du piano ; une étroite à l’entre-deux.
Des rideaux de croisées en mousseline brodée et en étoffe de couleur ; des draperies pareilles au rideau de couleur. Les rideaux de vitrage en mousseline brodée à petit dessin.
Un salon de moyenne grandeur est assez meublé avec un sopha de trois places, deux bergères , six fauteuils, six chaises ( on peut y ajouter des chaises de paille ) et quelques tabourets de pieds ou des carreaux.
Le sopha doit être en face de la cheminée; si
on met un piano dans le salon , il prend la place du sopha , et celui-ci est placé en face des croisées. On peut aussi le remplacer par deux causeuses , une de chaque côté du piano.
Un guéridon, avec un cabaret de porcelaine, au milieu de la pièce.
Des tables de jeu, avec les flambeaux voulus.
Une jardinière.
Un ou deux écrans à pieds, montés en taffetas
vert ou brodé, et quatre ou six écrans à manches.
Une console à l’entre-deux des croisées; un vase , ou une lampe, ou corbeille dessus.
Sur la cheminée une pendule, deux candelabres ou lampes à colonne et à globe; des girandoles aux côtés des glaces.
Un foyer en fer poli ou en bronze, avec galerie , pelle, pincettes , etc., etc.
Petit salon.
Mêmes dispositions que pour le grand salon, seulement les meubles doivent être moins grands et moins riches; on supprime aussi quelques pièces du mobilier : le lustre surtout devient hors de place.
DU
Chambre à coucher.
Une chambre à coucher ne peut être disposée assez chaudement et trop préservée de tout courant d'air; on garnit donc de bourrelets les portes, fenêtres et même quelquefois les portes des grandes armoires qui sont pratiquées dans les murs; au reste, il ne peut y avoir trop de ces armoires pour y serrer le linge de corps , les robes , les cartons, etc., etc.
La tenture en étoffe ou en papier ne doit pas être trop claire, parce qu'il y a des personnes qui n'aiment pas coucher dans une pièce claire.
Une glace au-dessus de la cheminée, une pareille en face au-dessus de la commode et une étroite entre les croisées.
Un tapis doux et épais, et des devans de lit et de foyer par-dessus.
Un lit ou deux lits jumeaux.
Des rideaux de lit, de croisées et de vitrages en harmonie avec le reste du mobilier.
Une commode ou un chiffonnier, surtout lorsqu'une dame occupe la chambre; on place l’un ou l’autre en face de la cheminée ou entre les croisées.
Ün secrétaire.
Une causeuse ou deux bergères ; deux fauteuils et six chaises.
Deux tabourets de pieds ou des carreaux.
Une table de nuit, garnie du vase de nuit, caraffe d'eau et gobelet, et posée, pendant le jour, dans l'endroit le moins visible de la chambre.
Une psyché.
Une toilette.
Une table à ouvrage.
Des encoignures en cuivre ou en tôle vernie, dans les coins près de la cheminée.
Une garniture sur la cheminée.
Une idem sur la commode.
Foyer et galerie de cheminée avec tous les accessoires.
Des cordons de sonnette à côté de la chemi-
née , ainsi que près du lit.
Lavabo, veilleuse, bougeoir, etc.
Quelques gravures encadrées, attachées aux murs.
Si une chambre à coucher doit servir en même temps de salon, il est de mauvais genre, et même contre la décence, de vouloir l'orner de
, meubles qui ne sont qu'à l'usage de la nuit ou ‘A de la toilette : on fait donc disparaître , pendant | -%e jour, la table de nuit, la veilleuse, les oreillers, le lavabo, etc. , et on ajoute un peu plus d'élégance à l’ensemble.
Boudotir.
Dans un appartement bien distribué, le boudoir doit être à côté de la chambre à coucher. Sa décoration est soumise au goût et à la fortune de la maîtresse de la maison , ainsi qu'aux localités. Chez les uns, c’est un réduit où tout est luxe et mollesse; chez d’autres , c’est un cabinet modeste, destiné au travail et au recueillement. Dans le dernier cas, qui est le plus fréquent, il y faut une tenture en papier ou en étoffe claire et d’un goût élégant, mais simple; le gris pale, le bleu ou le vert tendre, avec un dessin blane, conviennent, surtout avec des boiseries vernies.
Rideaux blanes de mousseline, ainsi que ceux des vitrages.
Une causeuse bien commode, un fauteuil, et, au plus, deux ou trois chaises ou tabourets à X.
Untapis fin et doux ; des devans de cheminée et de sopha par-dessus.
Une ou deux glaces.
Des carreaux de pieds.
Des petits meubles de fantaisie en bois exotiques , tels que petite table ronde à trépied , coffret , nécessaire, etc.
Une table à ouvrage et à pupitre.
Garniture de cheminée en albätre.
Un écran de cheminée à pieds.
Une petite bibliothéque vitrée.
Des dessins ou gravures encadrés.
Pour décorer le boudoir d'une petite-maftresse ou d’une élégante, il faut avoir recours aux ressources d’une imagination féconde; la localité doit aussi favoriser les projets de l'artiste, qui surtout ne doit être nullement gèné par les considérations pécuniaires.
On couvre les murs d’une tenture , en quinzeseize ou en taffetas fort, plissée perpendiculairement; la boiserie en bois de fantaisie, ou peinte et vernie. Si la pièce est assez grande pour qu'on puisse perdre tout autour dix-huit pouces, on peut, par le moyen de grands châssis ouvrans 2 sur lesquels on tend de la soie aurore , rose ou blanche, établir une espèce de mur intérieur et transparent, pour éclairer la pièce le soir, sans que l’on voie les quinquets.
Les rideaux de croisées en mousseline fine et en soie; les rideaux de vitrages en mousseline des Indes.
Un divan ou une ottomane > presque point d’autres siéges que des tabourets à X; le tout couvert en satin ou levantine, ou d’étoffe de fantaisie.
Plusieurs glaces.
Un tapis très épais et moelleux; des devans de cheminée et de sopha, et plusieurs carreaux de pieds.
La cheminée en marbre blanc et des conduits et bouches de chaleur. La garniture de la cheminée très recherchée et composée de colifichets de la mode du jour.
Tous les meubles en bois exotiques ou de fantaisie; une petite table ronde à trépied; deux guéridons , une table à ouvrage.
Deux grands vases en albâtre sur piédestaux, pour y mettre au soir des bougies allumées.
Une cassolette en bronze pour y brüler des parfums.
Un petit buffet caché dans la tenture, idem, une armoire pour flacons , pot à eau, etc.
Cabinet de toilette.
Depuis que l'usage de mettre de la poudre dans les cheveux a cessé, ces cabinets ont perdu leur premier but, celui d'éloigner cette poussière farineuse des autres pièces d’un appartement. Ils ne servent aujourd’hui guère à autre chose qu'à certains soins de propreté du corps, et à serrer ce qui est relatif la toilette, et ce qui ne doit pas rester pendant le jour dans la chambre à coucher , qui remplace maintenant le cabinet de toilette d'autrefois.
Cabinet de travail.
Les travaux et occupations d'un homme différant essentiellement de ceux d’une femme, le cabinet de travail du maître de la maison doit avoir dans sa décoration et dans ses meubles, quelque chose de plus sérieux et de plus sévère que le boudoir d’une dame. On ne doit y trouver que des choses nécessaires et point de colifichets en aucun genre.
La tenture en papier peint d'une couleur ou d'un dessin assez riche. Des armoires dans les murs.
Rideaux en ‘percale de couleur, et ceux des vitrages en mousseline.
Une grande glace au-dessus de la cheminée.
Un bureau avec tous les objets nécessaires pour écrire.
Un secrétaire.
Une table à la Tronchin.
Une bibliothéque, et un cartonnier.
Ure commode.
Un fauteuil de bureau, deux fauteuils, six
chaises ; le tout couvert de basane ou de drap; quelquefois aussi une causeuse.
La garniture de cheminée en bronze non doré; l’intérieur de la cheminée garni de chenets, garde-cendres , pelle, pincettes , etc.
DU TAPISSIECR.
Une lampe astrale pour écrire.
Carafe d’eau , gobelet et sucrier.
Bougeoir.
Des tableaux ou gravures encadrées.
Bureaux.
Tables en chêne bien solides, peintes en noir, surmontées de pupîtres simples ou doubles, et entourées de treillages et rideaux en taffetas vert.
Rideaux de vitrages seulement.
Tabourets garnis, et couverts de basane:
Divers casiers pour les registres et cartons de correspondance, etc.
Un balancier de timbre sec.
Salle des bains.
Si on n’a pas la facilité de faire chauffer l’eau nécessaire pour les bains dans une chaudière placée près de la salle même, on se sert d'un cylindre ou de baignoires à fourneau. À défaut de baignoires en cuivre étamé, on peut les remplacer par des baignoires en bois blanc, dit bois de cuvier; il faut que celles-ci soient bien cerclées en fer.
La tenture en toile cirée, ou en étaffe de coton. En général l'humidité inévitable dans une salle de bain ne permet pas d'employer plusieurs
objets, comme dans les autres appartemens, tels que soieries , pendules, tapis, meubles plaqués , etc.
Les rideaux de croisées et de vitrages en percale ou mousseline.
Une glace et tous les objets d’une toilette.
Un poêle ou une cheminée construits avec soin pour bien chauffer la pièce; pelle, pincettes , etc.
Une table et deux chaises.
Une causeuse, ou un petit divan.
Un tabouret de pieds.
Un devant de sopha.
Une estrade devant la baignoire; on peut la couvrir avec de la moquette bien douce.
Des sandales de liége.
Un mannequin en osier, et un réchaud pour
chauffer le linge.
Salle de billard.
Une tenture d’une couleur claire en papier verni.
Les rideaux de croisées et de vitrages en étoffe commune , parce que la fumée des quinquets les norcit et exige qu'ils soient souvent blanchis.
Des stores si le soleil donne sur les croisées. Un poêle de fayence.
Des banquettes au pourtour, en bois peint et couvertes de velours d’Utrecht ou de basane ; point de fauteuils ou chaises, car ils sont toujours changés de place ou dérangés, et gênent alors les joueurs.
Une glace garantie par un treillage en fil de fer
ou cuivre; les carreaux des croisées aussi garnis :
de treillage.
Un billard (dont la grandeur ordinaire est de
11 pieds de long sur 5 pieds 6 pouces de large), au milieu de la salle.
Pour conserver un billard , on le couvre d’une toile verte bien serrée et forte, qui dépasse tout autour au moins de À aune; si l’on y joue rarement, il faut souvent battre le drap et le brosser avec grand soin.
Assortiment de queues et de billes.
Une planche à marquer, et les règles du jeu encadrées.
Un porte-queue.
Au moins quatre , et ordinairement six becs de
quinquets , suspendus au plafond au-dessus du billard.
Une petite fontaine en tôle vernie avec cuvette en dessous , appliquées au mur.
Si la grandeur de la salle le permet, on peut y placer encore des tables de jeux de cartes, damier , trictrac, échecs, etc.
Salle ou Galerie de tableaux.
La tenture d’un brun clair ; c’est la couleur qui convient le mieux aux tableaux et aux dorures des cadres. La bordure de couleur conve-
nable, sans or ni jaune.
La boiserie peinte à l'huile en gris deux tons.
Point de rideaux , mais des stores très clairs pour briser les rayons du soleil.
Si les croisées ne sont pas construites exprès au plafond , ou très élevées , il faut tâcher d'en masquer les carreaux inférieurs pour que le jour tombe autant que possible d’en haut.
Peu ou point de meubles, tout au plus des causeuses ou petits divans dans les embrasures des croisées ou quelques tabourets pour les da-
mes en cas de fatigue.
tes, vases , etc.
Entre les croisées et dans les coins, des piédestaux ou colonnes surmontés de statues , bus-
Un ou deux chevalets.
On tâche autant que possible de ne pas faire de feu dans une telle salle, parce que les tableaux en souffrent toujours par le changement subit de température et par la fumée.
Chambre de domestique.
Tenture en papier ordinaire.
Rideaux de vitrage en calicot.
Une table et commode en noyer, et deux ou trois chaises de paille.
Un coucher simple ou lit de sangle.
Pot à eau et cuvette, gobelet, bougeoir, etc.
Cuisine.
Une grande et forte table.
Quelques chaises de paille ordinaires.
Des planches sur tasseaux contre les murs.
Un billot.
Une grande fontaine filtrante.
Ustensiles et batterie de cuisine.
Un étouffoir en tôle pour les cheminées des
appartemens.
Balais de bouleau et de crin gris.
Une bassinoire pour Îes chambres à coucher.
Des flambeaux et bougeoirs des domesti-
ques , etc., etc.
Lieux d'aisances.
Un placard dans lequel se place un pot à eau, cuvette , etc.
Un crochet et pelote pour porter les montres.
Un ou deux porte-manteaux.
Un paquet ou des sachets de lavande.
Salles pour grandes réunions.
La chose la plus essentielle en disposant une salle destinée à recevoir une assemblée nombreuse , c’est de donner à l’ensemble un air de fête et de solennité, et quelque chose d’éclatant et de splendide.
Les couleurs de la tenture doivent être éclatantes , et les draperies exigent une garniture de galons, franges, câblés , guirlandes , houppes, etc.; il faut éviter que le vert domine, parce qu'il nuit à l’effet de la toilette des dames.
Le plancher , ainsi que les estrades, s’il en faut, peuvent être couverts de tapis, excepté si on danse.
Des statues et bustes convenablement choisis et placés font ordinairement un bon effet.
L'éclairage , qui contribue essentiellement à l'éclat d'une fête, doit être riche et distribué d'une manière bien égale dans toute la salle ; s’il peut être fait en bougies il n’en sera que plus beau.
Les vestibules , escaliers et antichambres, peuvent, dans une pareille occasion , être ornés de tapis , draperies , guirlandes , fleurs et plantes en caisse , etc.
L'orchestre, s’il y en a, doit être exhaussé et entouré de draperies.
Eglise, Chapelle, Oratoire.
On y emploie les étoffes Les plus riches, telles que brocard, velours, damas et satin ; et si les i murs ne sont pas en marbre, en stuc, ou du moins À assez bien faits pour être peints, on les couvre
de tentures drapées.
Le sanctuaire, l'autel et le chœur doivent se distinguer par une riche simplicité ; une balus- 1 trade établit leurs limites, et la partie destinée | aux fidèles doit être garnie de banquettes et de prie-dieu.
Des tableaux représentant des sujets religieux sont le plus bel ornement de ces sortes de lieux.
Une porte-battante à l'entrée.
Loge franc-maconnique.
Tenture bleue d'azur et ornemens en or.
Il ne doit y avoir aucune fenêtre ni autre ouverture qu'une seule porte. (M
À un bout de la salle, et en face de la porte, est un trône avec dais, élevé sur une estrade de 3 ou 7 marches, ni plus ni moins ; une table ou 1 un autel devant le trône. | Si la porte ne se trouve pas en face, on fait. l
116 MANUEL une cloison dans laquelle on pratique une porte de la manière convenable.
Aux côtés du trône, et en demi-cercle, quelques fauteuils.
À chacun des deux bouts de cette rangée de fauteuils , un tabouret à X avec une petite table devant ; ensuite, le long des deux côtés des murs un ou plusieurs rangs de banquettes.
Au bout de chacun de ces rangs de banquettes, un fauteuil avec une petite table , tournés vers le trône.
Les autres objets du mobilier, qui tiennent particulièrement aux cérémonies maconniques, sont fournis par la loge même.
Décoration funéraire et de deuil.
L'ancienne étiquette voulait que dans les familles de haut parage le deuil s’éténdit jusqu'aux meubles ; cet usage n’est guère consacré que pour la famille royale : on substitue dans ce cas aux étoffes de couleur , le velours et la cannetille noirs ornés d'argent.
Les seuls appartemens du Roi sont, pendant le deuil , décorés en violet.
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