‹ Manuel du tapissier, décorateur, et marchand de meublesChapitre 13 sur 47 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DES OBJETS ÉTRANGERS À L'ART DU TAPISSIER, ET QUI FONT PARTIE D'UN AMEUBLEMENT COMPLET EN GÉNÉRAL.

Si les travaux des tapissiers d'aujourd'hui ne ressemblent guère à ceux d'autrefois , leur genre de commerce a changé bien davantage ; car, au lieu de se borner à faire des siéges et des couchers , à couper, assembler et poser des étoffes, ils se chargent maintenant de tout, depuis la batterie de cuisine jusqu’à l'horlogerie.

Un tapissier doit donc avoir quelques notions sur la composition, la forme et la qualité d'une infinité d'articles qu'il ne fait que fournir, et nous allons donner dans ce chapitre les rensei-

chand de meubles.

Des Bois dont on fabrique les meubles.

Quoique le tapissier, comme nous venons de le dire, ne se serve jamais de bois dans les travaux qui lui sont personnels, il est pourtant nécessaire qu'il connaisse la nature et les qualités des

gnemens les plus nécessaires au tapissier mar-.

différentes sortes de bois que les menuisiers et ébénistes emploient dans la confection des meubles ; il s'exposerait sans cela à être continuellement trompé et à faire des méprises dans les fournitures dont il est constamment chargé.

La valeur des meubles en acajou, dans les grands ameublemens surtout, consiste moins dans le bois que dans la richesse des ornemens. Il n'en est pas de même des meubles en bois exotiques ou de fantaisie, dont la rareté ou le travail et les incrustations augmentent les prix.

L' Acacia.

Ce bois, très élastique et d’un jaune agréable q , . , ET à la vue, est d’un grain dur, bien veiné, et susceptible d'un poli parfait. Il convient surtout pour les chaises, car il est plus solide que le merisier, et serait probablement aussi beau, si on s’appliquait à le teindre et à le travailler au moyen des acides.

L’ Acajou.

C'est l’acajou ( le nom propre en est mahagon) qui est le bois dont on établit les plus beaux meubles. Sa patrie est l'Amérique méridionale : la qualité s’en reconnaît aux veines , surtout à la finesse et compacité du grain. Celui qui est veiné

est le plus recherché par la mode ; sans doute il flatte l’œil par ses accidens , qui présentent les dessins les plus variés ; mais le temps charge ces accidens d’aspérités et de gercures , tandis qu'il ne fait qu'ajouter à la beauté de l’acajou moucheté ou moiré. Comme l’un et l’autre se rembrunissent avec les années, le veiné finit par ‘laisser à peine apercevoir les dessins qui flattaient dans sa nouveauté , tandis que le moiré conserve toujours ses avantages.

En France, tous les meubles en acajou ne sont que plaqués sur du chêne ou sur du peuplier d'Italie. Les grandes tables à manger seules se font en acajou plein, mais de qualité inférieure. En Angleterre, en Hollande, et dans beaucoup de ports de mer dans le Nord, où le prix de ce bois est très modique, on emploie le placage beaucoup moins, et on fabrique le plus grand nombre de meubles d’acajou en bois plein.

Ce bois se divise en quatre qualités ; savoir :

1°. Celui de Saint-Domingue , ou flambé-moiré et moucheté; 2°. Celui de bois ferme et veiné:

3°. Celui de bois mou ou femelle ; 4°. Celui de bois bâtard , d’une couleur jaune.

L'Amaranthe.

Ce bois est d’un grain assez dur; sa couleur est d’un violet brun ou amaranthe, et il vient de la Guyane. On ne s'en sert, pour les meubles, que pour des incrustations sur des bois d’une couleur claire, principalement sur le ci-

tronnier et le chêne.

L' Aune.

Les ébénistes le teignent en noir, et s'en servent en place de l’ébène; on en fait aussi des

chaises communes.

Le Cèdre rouge.

On le tire de la Virginie; sa couleur rouge , son odeur de résine, qui écartent les insectes , le rendent précieux pour l’ébénisterie soignée. On en fait de très jolis secrétaires pour les pays chauds, où ils sont très utiles pour conserver les papiers qui, sans cela, dans ces parties du monde, seraient bientôt détruits par les vers.

Le Chêne.

Si ce bois flattait davantage la vue, il serait

certainement excellent pour en faire des meu-

DU TAPISSIER. 121 bles, et, surtout, il serait supérieur en solidité aux autres bois; mais sa couleur pâle et le peu d'éclat de son tissu ne s’allient nullement aussi bien avec les ornemens et dorures que fait l’acajou.

On se borne à l’employer aux armoires Die bliothéques, bureaux, buffets et autres grosses pièces; on y met alors un encaustique d'ocre. Le bois de chêne est en outre celui qui convient le mieux aux bâtis des meubles qui sont pour être plaqués , car il est solide, travaille peu ou pas du tout, s’il est bien sec; et, comme ses pores sont très apparens, il prend fortement la colle

du placage.

Le Citronnier.

Ce bois, d’un beau jaune, est, à cause de la petite taille de l'arbre, d'une plus grande rareté et en plus petites masses que les autres bois exotiques : le plus beau vient des Antilles.

Il ne s'emploie guère que pour des petits meubles, tels que tables à ouvrage, toilettes , nécessaires, etc. , et encore on y ajoute des incrustations et filets ou encadremens en bois d'amaranthe. Ilest très compacte, et acquiertavec le temps une dureté que n’obtiennent peu des autres espèces , et qui le rend susceptible d'un poli de glace.

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Er

Il y a une espèce de bois de citronnier, nommée moirée, qui produit le plus bel effet et qui augmente même en beauté avec le temps.

L'Ebène.

Il est d’une grande dureté et susceptible d’un beau poli. On ne s'en sert pour les meubles que pour incrustations sur des bois d’une couleur claire.

La qualité que l'on appelle plaqueminier, et qui croît à Madagascar, en est la plus belle et la plus dure.

L Erable.

Ce bois est d’un jaune pâle et compacte, souple, liant et fin de grain. Lorsqu'il est teint avec soin et quand il a beaucoup de nœuds, il est recherché pour le placage ; le broussin surtout, s’il est bien traité, fait un aussi bel effet que les plus beaux bois exotiques.

Le Bois de fer.

Il vient de la Martinique sous le nom de Siderodendre. Il est le plus dur de tous les bois ; quand il est sec, les meilleures haches et outils s'y brisent, et cette dureté même est la cause que l’on ne l’emploie que rarement et seulement

pour des meubles de prix, d'autant plus que sa couleur brune foncée ne flatte pas la vue.

Le Frêne.

Il présente les mêmes avantages et les mêmes difficultés que l’orme, sur lequel il l'emporte cependant par sa susceptibilité de recevoir toutes espèces de teintures dont les ébénistes habiles savent tirer grand parti.

Le Hétre.

Il est employé pour les meubles qui doivent être sculptés et dorés, et pour les couchettes peintes. Il ne vaut rien pour les bâtis destinés à être plaqués , car il se tourmente, se fend et fait beaucoup de retraite. À Paris, on en fait des commodes auxquelles on donne la couleur du noyer en les couvrant d’une teinture ; mais la fraude est facile à reconnaître aux miroirs ou petites places luisantes qui sont formées par la moelle du bois, et qui ne se trouvent pas sur le noyer.

Le Mancenillier.

Ce bois américain est d’une grande solidité, d'un beau grain, et prend bien le poli. Il est d’un gris cendré mêlé de brun , avec des nuances

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de jaune. On l’emploie à faire des meubles de prix, surtout de belles tables dont la surface est lisse et marbrée.

Le Marronnier.

Depuis des siècles ce bois est employé en Allemagne et dans les autres pays du Nord, auxgrands meubles , tels qu'armoires, buffets, tables , etc. En France, ce n’est que depuis quelques années seulement qu'on l’emploie au placage, et on a obtenu des résultats très satisfaisans tant par la facilité avec laquelle il reçoit le poli, que par la beauté des ondulations de ses veines.

Le Merisier.

Quoique toutes les sortes de ce bois ne soient pas propres à la confection des beaux meubles, il y en a cependant, quand il est bien choisi en accidens et convenablement traité par les acides, dont on peut produire des meubles très élégans. On voit dans les magasins de Paris des fauteuils et des chaises de merisier verni, qui sont du plus bel effet. C’est surtout pour ce dernier genre de travail qu'on fait un grand usage de ce bois.

Le Noyer.

Il peut, par sa couleur et par les dessins de ses

veines, rivaliser avec l’acajou, qu'il imite sou-

vent par l’habileté des ébénistes ; mais employé

dans sa couleur naturelle, il n'a pas cette élé-

gance qui flatte dans l’autre bois et prend bientôt un ton de couleur trop sombre. à

Le noyer d'Auvergne est renommé pour être

le plus beau et moins sujet à se tourmenter.

L Orme.

L'orme ordinaire , qui rivalise en tout avec le chêne, a encore l'avantage sur lui d’être très liant et facile à travailler, ce qui le rend surtout très propre à l'ouvrage ciniré. l

L'orme tortillard, par son tissu serré et par les accidens variés qu'il présente, est employé par les ébénistes habiles avec beaucoup de succès pour L le placage; les têtes et loupes surtout, débitées ‘4 en feuilles, présentent un bel effet, mais sont d'un travail excessivement longet difficile, ce qui rend les grands meubles de ce placage très rares et chers.

Le Pêécher.

Employé en feuilles au placage , il fait un très

bel effet; il est d’un grain fin, et sa couleur, d'un

fier

beau rouge brun, entremélée de larges veines d'un brun plus clair, gagne encore avec le temps. E

Il est susceptible d'un poli parfait, mais il faut le débiter pendant qu'ii est encore vert, sans cela il est sujet à se gercer.

Le Peuplier.

Ilesttrès léger, spongieux, et pourrit facilement. On ne s’en sert que pour l’intérieur et les bâtis des meubles de seconde qualité ; mais le chêne est toujours préférable pour les beaux meubles.

Le peuplier noir est plus compacte et s'emploie en placage, où il fait un bel effet.

Le Poirier sauvage.

Il est d’une dureté et d’une finesse extrême et recoit un parfait poli avec peu de peine. Sa couleur jaune est veinée de filets d’un noir d'ébène brillant et d’un rouge brun très vif.

Le Pommier sauvage.

Il'est aussi dur et fin que le poirier sauvage, et de même susceptible d'un beau poli. Le cœur en est d'un beau rouge, et l’aubier est jaune ; des nœuds et veines nuancent ce fond richement coloré.

Le Prunier cultivé.

C’est un bois doux et liant ; ses veines sont variées , ondées de brun et d’un jaune rougeätre, ou parsemées de petites taches d’un rouge vif. Bien poli et verni, ce bois reflète parfaitement la lumière. Dans certaines provinces on l'appelle satiné de France ou satiné bâtard.

Le Santal.

Il y en a plusieurs sortes qui toutes croissent aux Indes orientales.

En Europe on n’en fait guère que des meubles recherchés.

Le santal rouge est d’un rouge sombre à veines droites ou ondulées ; il se distingue peu du bois du Brésil.

Le blanc est d’un blanc tirant sur le jaune.

Le citrin est d’un roux pâle et jaunâtre et a une odeur de musc, citron et rose réunis.

Toutes les trois qualités ne sont pas très dures, se travaillent facilement et flattent beaucoup la vue.

Le Bois satiné ou de Féroles On le tire de la Guyane et des Antilles ; il re-

coit un bon poli qui donne, surtout à l'espèce rouge, ce reflet satiné dont il porte le nom.

IL y en a d'un rouge très vif et d'un jaune foncé et d’un jaune clair ; toutes les trois espèces ont des veines fines et peu ondulées.

Des Meubles en general.

Pour qu'un meuble soit bien fait, il faut que le bâtis en soit d'un bois sain et sec, que les veines du placage, dans leurs accidens, aient de la suite , quil n’y ait point de défectuosités cachées par du mastic, que les tiroirs et assemblages soient bien faits et solides, que les fermetures soient bonnes et aisées, que les entrées des serrures soient nettes et que la pose des boutons et poignées soit régulière. Il faut s'assurer si les marbres conviennent à la couleur des meubles , s'ils ont l'épaisseur nécessaire pour leur grandeur, et s'il n'y a pas de cassures dissimulées ; enfin , il faut que le dessin et les ornemens des meubles, placés dans une même pièce, aient de l'harmonie entre eux.

La préférence dont jouissent, tant en France qu'à l'étranger, les meubles faits à Paris, est due aux efforts constans des fabricans, pour réunir la solidité et la commodité à des décorations

. A aussi élégantes que de bon goût.

DU TAFISSIER.

1 lacage.

Cette ingénieuse méthode, par laquelle les ébénistes revêtissent les ouvrages faits en bois communs, de feuilles très minces de bois précieux, permet de livrer à des prix modérés des meubles qui, en apparence, sont entièrement faits en bois exotiques ; elle permet même, sans nuire à leur solidité, de leur donner une plus grande élégance, parce qu’on peut non seulement disposer symétriquement des feuilles tirées de la même pièce de bois et en former des dessins réguliers , mais encore mettre à profit, pour de grands meubles, certains bois qu'on n'obtient qu’en petites masses et qui, sans cela , seraient exclusivement consacrés aux plus petits ouvrages.

Le bois de chêne est celui qui convient le mieux aux bâtis, car sa structure étant grossière et les pores grands, il prend plus fortement la colle que le peuplier , le sapin , le marronnier d'Inde et autres bois légers, qui en cutre ont l'in: convénient de se tourmenter et de faire retraite.

Chaises.

Après les chaises en paille, qui sont les plus légères et que l’on fait avec beaucoup de goût et

à DA

élégance , ce sont les chaises rembourrées et couvertes d’étoffe quelconque, dont on meuble les appartemens. La forme en varie presque d'année en année, et elle est très soumise aux caprices de la mode. Il y a deux manières de les garnir de coussins et d’étoffes : l’une, c’est de fixer la garniture sur la chaise même; l’autre, c’est de l'établir sur un châssis mobile qui peut s’ôter et remettre à volonté : cette dernière méthode a l'avantage d epouvoir enlever les coussins et les battre et brosser facilement, sans risquer d’endommager le bois : on peut même avoir de ces coussins de rechange suivant les saisons.

I] faut bien examiner si l'assemblage des siéges, de tel genre que ce soit, est bien solidement fait, si les feuillures ont la profondeur convenable et si les châssis ont le jeu voulu.

Fauteuils.

Ils ne diffèrent des chaises que par les bras qui y sont ajoutés des deux côtés, et par leurs dimensions qui sont au moins d’un tiers plus grandes que celles des chaises ; aussi ne les garnit-on pas sur châssis mobile, mais à demeure.

Les bergères sont encore plus grandes etlarges que les fauteuils ; pour qu'elles soient bien commodes, elles doivent aussi être plus basses et le

dossier plus incliné en arrière et plus haut. Les bras sont fermés en dedans et en dehors.

Sophas, Canapés et Causeuses.

Quant à leurs formes, nous en avons parlé dans le chapitre IV; les bois ou bâtis de ces meubles diffèrent peu entre eux et ne sont pour ainsi dire que des fauteuils, ou des bergères, assez longues pour donner place à trois ou quatre personnes ; mais par cetle même raison“il est plus essentiel encore de bien en examiner la confection et la solidité, d’autan t plus que sou-

vent ils servent de lit.

Tabourets.

Il y en a de deux façons; les uns servent pour s'asseoir, les autres pour y poser les pieds. Les uns et les autres ne sont que des chaises carrées sans dossier , excepté que les tabourets de pieds sont tout au plus élevés de 3 pouces. Le bois doit naturellement être pareil au reste des meubles.

Lits.

Quoique la composition du plus simple bois de lit soit tout-à-fait la même que celui qui décore un riche appartement , leur forme, leurs orne-

mens et le bois dont ils sont confectionnés diffèrent et varient autant que l'on puisse s’imaginer. Mais de tel genre qu’ils soient, l'examen en est le même : on doit se convaincre si le bâtis est bien sain et sec, si le placage est soigné , si l’ensemble est bien joint, si les roulettes ont un jeu facile, enfin si tout son extérieur est en harmonie avec la commode, le secrétaire , etc.

Lits en fer.

L'avantage de pouvoir facilement les transporter et de se garantir des punaises, qui se trouvent dans presque tous les bois de lits des auberges, les ont fait adopter pour les voyages et les maisons de campagne. Leur poids de 150 à 250 livres est cependant toujours assez fort et embarrassant en voyage pour qu'ils soient aussi fréquemment en usage que l’on devrait supposer.

À Paris il y a des mécaniciens chez lesquels on trouve de ces lits au prix de 300 fr. jusqu’à 1200 fr., selon le fini du travail et les ornemens en cuivre ou en bronze. IL faut examiner si les pièces sont bien assemblées et joignent avec précision par leurs charnières , vis, goupillons, etc., car sans cela ils vacillent d’une manière très désagréable.

Secrétaire, Commode et Chiffonnier.

Ces trois pièces d’un ameublement doivent être pour la forme, le bois et les ornemens , dans la plus stricte harmonie entre elles et avec le bois de lit. L'examen minutieux de leur confection est d'autant plus essentiel que l'usage fréquent des tiroirs qui s’y trouvent pratiqués rend. nécessaire qu'ils aient un jeu facile , que Îles serrures soient bonnes et bien posées , et surtout qu'un bois tfop vert ne cause aucune retraite , ni gercures dans le placage , ou de la difficulté à ouvrir et à fermer les tiroirs.

Ecran de cheminee.

Plus que tout autre meuble le bois d’un tel écran a besoin d’être sain et bien sec, parce qu'il est destiné à être exposé à l’action directe du feu.

La hauteur ordinaire est de 30 à 35 pouces sur une largeur proportionnée, avec un moniant en coulissés dont le jeu doit être facile.

Ce meuble étant sujet à être remué souvent et en tout sens , les roulettes doivent en être solides

et faciles.

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MANUEL Tables à manger.

Elles sont rondes , à plateau brisé, ou à coulisses et rallonges. Les premières sont ordinairement à 6 ou 8 places et en noyer, les dernières en acajou plein, qualité ordinaire.

Il est essentiel que le bois des tables à coulisses ait été débité depuis long-temps. Les feuilles ou rallonges , si elles ne sont pas en acajou, doivent être emboîtées en chêne et leurs rainures bien se joindre. Les coulisses ont besoin d’être faites avec précision pour avoir un jeu facile sans nuire à la solidit éde la table, et elles doivent toujours être en charme au lieu de chêne que l’on emploie ordinairement. La pose solide des roulettes et leur jeu aisé est aussi très nécessaire.

Chaque feuille d’allonge donne de la place pour deux personnes de plus ; on a de ces tables

de 6 jusqu'à 20 et 24 couverts.

Buffets.

Ce sont des armoires de 2 pieds et demi ou 3 pieds de haut sur différentes longueurs avec une tablette en dessus, et à deux vantaux; l'intérieur est garni de tablettes. On les fait en acajou ou autre bois de meuble, et la tablette est souvent en marbre; quelquefois ils sont surmontés de

tablettes comme une bibliothéque pour y mettre tous les différens objets nécessaires au service de la table.

Servante.

C’est une petite table ronde ou carrée à plu-

le vin, le pain, les assiettes, etc. On la met à | côté de soi lorsque l’on diîne seul ou en petit Li comité et sans qu'un domestique soit toujours

A sieurs étages et à rebords pour y mettre l'eau, Î |

présent pour le service. | Guéridon. 1

C’est une table ronde en marbre à un pied en l: colonne ou en trépied , orné de sculptures et de A

bronze doré. Sa place est au milieu d’un salon; on le garnit ordinairement d’un cabaret de porcelaine.

Console.

Petite table carrée ou demi-circulaire à deux pieds, appuyée contre le mur de l’entre-deux ji des croisées , au-dessous de la glace.

On les garnit de vases, statues , corbeïlles en porcelaine ; lampes en colonne, etc.

MANUEL Bureau.

C'est une grande table à écrire, d'un carré oblong et à allonges aux côtés, en acajou ou autre bois de meuble , ou aussi en bois ordinaire peint en noir. Le milieu de la tablette est couvert d’une basane verte ou noire, simple ou ornée de vignettes dorées, et encadrée dans un bord du bois de la table. IL yen a avec ou sans casier garni de cartons ; lestiroirs à serrure des deux côtés, dont un sert habituellement de cassette à compartimens pour une somme d’un volume de trois ou quatre sacs. Il faut qu'un tel bureau soit très solide et fort en pieds pour ne pas vaciller lorsqu'on y écrit.

Les bureaux à cylindre sont des tables à casier pareilles à celle ci-dessus décrite, mais dont la partie du devant peut être couverte par un cylindre rabattant qui ferme à clef tout ce qui se trouve sur cette table, ainsi que le casier.

Tables de jeu.

Il y en a de rondes et de carrées, qui toutes sont à plateau brisé couvert d’un drap vert. Un

seul tiroir suffit pour y serrer les cartes et jetons

Toilette,

La forme de ce petit meuble est entièrement abandonnée aux caprices de la mode : celles des 1 femmes , en forme de table à ouvrage, contien- ; 1 nent, dans les différens tiroirs et compartimens, | tout ce qui est nécessaire pour leur toilette, et sont surmontées d’une glace à bascule, accom-

F PR PRE pare Péritel EU

pagnée de chaque côté d’une branche de girandole pour les bougies.

Celles pour hommes se bornent uniquement à P q

un lavabo, rond ou carré , à tiroirs pour rasoirs, etc. ; rarement sont-elles surmontées d’une

glace.

Psyche.

C'est une glace à bascule tenue entre deux ï colonnes et accompagnée à chaque côté d’une branche de girandole pour des bougies. Le der- ‘à rière du parquet doit être couvert de taffetas ï plissé , ordinairement en vert, comme les écrans . de cheminée.

Le bois, la forme et les ornemens doivent être }4 en harmonie avec le reste du mobilier. Une telle glace est très lourde : elle doit donc être bien solide sur ses pieds et roulettes.

Lavabo.

On en fait de toutes les facons : les plus commodes, tant pour l'usage même que pour leur transport et pour le peu de place qu’ils prennent, sont ceux qui sont ronds et en forme de trépied antique : la cuvette en forme le dessus, et le pot à eau avec le gobelet, boîte de savon, etc., sont en dessous, dans des trous entaillés dans une tablette qui maintient les pieds.

Pidets.

On les fait en acajou, en noyer ou en merisier, et en trois différens genres : 1°. à dossier garni et couvert de moquette ou basane ; 2°. à dossier de bois non garni, et 3°. à seringue sans dossier. Il est essentiel que les pieds soient bien solidement fixés.

Tables de nuit.

On les nomme aussi des somno; il y en a de rondes et de carrées, en acajou ou autre bois , mais toujours pareil au bois de lit : une tablette de marbre forme le dessus.

Jardinière.

C’est une table à galerie dont le plateau est remplacé par une cuvette en plomb ou en ferblanc bien soudé, peint à l'huile trois couches, et avec des saignées pour la filtration de l’eau. En dessous de cette cuvette est un double fond de plomk et à robinet pour recevoir l’eau filtrée. à La cuvette supérieure est remplie de terre et de | fleurs plantées dedans.

Ces jardinières se placent -au milieu ou à tout endroit convenable dans un appartement, mais jamais dans la chambre à coucher, à cause de l'influence nuisible de l’odeur des fleurs.

Bibliothèques.

On en fait en acajou ou en chËne nu, mis en encaustique, quelquefois sans portes, mais ji plus souvent avec portes vitrées de glaces ou 1 de verre blanc, ou à treillages de fil de cui- 4 vre, et rideaux en taffetas vert. L'intérieur doîit k être garhi de tablettes sur crémuillères.

La plus grande solidité de ce meuble est de la première nécessité, parce qu'une telle biblio- il théque, qui est toujours très élevée et peu pro- 1 fonde , devant supporter un grand poids, risque A de tomber en avant; car une collection de mille 1

RE due. —…

1AG MANUEL volumes ne prend pas beaucoup de place, et pèse facilement 1500 à 1800 livres.

Le meilleur genre de bibliothéques est celui dont toutes les parties se démontent à volonté et sont tenues et jointes par tenons , vis et écroux ; car, sans cela , leur grandeur rend leur déplacement toujours très difficile et même quelquefois impossible.

Billards.

Les billards se font en chêne, en acajou et autres bois de meubles. Quelques uns sont faits avec tant de luxe en bois, sculpture et ornemens en bronze doré, que leur prix se monte jusqu'à 4,000 francs , tandis qu’un très bon billard en acajou , grandeur ordinaire ( de 11 pieds de long sur 5 pieds 6 pouces de large), avec tous ses accessoires , ne revient tout au plus qu'à 1000 ou 1200 francs.

La table, par le merrain du parquetage, par la régularité du travail et par la sécheresse du bois qui y est employé , est la chose la plus essentielle et donne le véritable prix à un billard les bandes y contribuent également et doivent être droites et fortes.

Il y faut douze queues ordinaires , une longue de 9 pieds et une moyenne dite cadette, uné houlette et cinq billes d'ivoire, dont deux blan-

DU TAPISSIER. 14x ches, une rouge, une bleue et une verte , toutes de la même grosseur. Ges billes se vendent au poids, et pèsent ensemble environ 21 onces. Les meilleures queues sont en frêne.

Le jeu de billard étant basé sur les règles de la géométrie, tous les assemblages , lignes , surfaces et blouses, doivent être dans les angles les plus réguliers; l’aplomb et le niveau sont les premières choses à observer en posant un tel

meuble.

Parqueterte.

Quoique cet art appartienne essentiellement à la construction des bâtimens , la parqueterie contribue pour beaucoup à l'effet d'un ameublement , si son dessin est joli, si elle est bien assemblée et si elle est en bois sec.

On fait actuellement, par des procédés mécaniques, des parquets qui ne reviennent presque pas plus cher que les carreaux en terre cuite, qui déparent toujours le plus joli appartement; ces parquets sont même souvent plus régulier:

que ceux faits à la main.

Tapis de pieds.

Depuis trente ans le goût pour les tapis s'est tellement répandu , que maintenant une chambre

à coucher la plus modeste en exige un, au moins pour l'hiver, et que l’on en trouve dans les appartemens des riches jusque dans la salle à manger et sur les escaliers. Il est de fait qu'un tapis semble mettre le comble à la somptuosité même du plus magnifique ameublement.

Après les Orientaux, ce sont les Anglais et les Hollandais qui y mettent le plus de recherche et de prix : on étend sur les grands tapis, ordinairement d’un prix très élevé, qui couvrent tout le parquet d’une pièce, des petits tapis (nommés carpets) de différentes grandeurs, sous les tables, devant les lits, sophas, croisées, portes et cheminées, et même des bandes, larges de 2 ou 3 pieds, à travers les appartemens, là où le passage est le plus fréquent, et exposé à une plus forte usure.

Les dessins et les genres sont assez nombreux et varient aïnsi que tout ce qui appartient au domaine de l’industrie et du goût. Pour bien juger de leur qualité réelle, il faut examiner la chaîne, la force, la finesse et la teinture de la trame, et s’ils sont bien frappés. Le principe de fabrication des Gobelins, de la Savonnerie :

comme de toutes les fabriques de ce genre, est une chaîne en fil ou en chanvre et trame en laine.

Quant aux prix, ils différent suivant leur qua-

DU T'APISSIER. 143

lité, le dessin et la finesse des couleurs, depuis 200 fr. jusqu à trente sous l’aune carrée; et les tapis avec un dessin au milieu et assortis , sont toujours d’un tiers plus chers que ceux à dessin courant ou à caissons répétés , où il ne s’agit que d’assembler les lés.

Pour calculer en pieds carrés la superficie d’un plancher que l’on veut couvrir d’un tapis, or n’a qu'à mesurer la longueur et la largeur du parquet et multiplier l'une par l’autre. Par exemple :

Un appartement est long de 24 pieds

et large de 16

le total en est naturellement de 384 pieds carrés.

Si alors la bande ou le lé du tapis a 3 pieds de large, il en faut 128 pieds de long, parce que

128 pieds multipliés par 3

produisent 384 pieds.

Ge même procédé arithmétique est aussi applicable pour les murs que l’on veut tapisser.

MANUEL Tapis de Smyrne.

Pour la solidité les tapis de l'Orient, surtout ceux de Perse (dits de Smyrne), sont préférables à tous autres et presque indestructibles, quand on porte quelque soin à leur conservation ; mais leur prix est proportionné à leur beauté et à leur durée, d'autant plus que la douane prélève un droit considérable sur cet article. Le pied carré d'un tapis neuf peut valoir 5o à 70 fr. suivant la qualité.

Tapis des Gobelins.

Ils ne servent que pour tentures et meubles : nous renvoyons donc le lecteur au chapitre IT.

Tapis de la Savonnerie.

Iis sont veloutés , facon de Perse, surpassent en beauté et par le fini du dessin tout ce que le Levant peut fournir en ce genre , et ils ne cèdent en rien aux Gobelins ; sous le rapport de la longue durée, les tapis de l'Orient les surpassent peut-être.

La fabrique des Gobelins ainsi que celle de la Savonnerie étant entretenues aux frais du gouvernement, leurs produits ne font pas partie des articles de commerce et ne 5e trouvent que par

DU TAPISSIER. 145 circonstances dans les maisons des particuliers ; les maisons royales en sont pour ainsi dire seules

décorées.

Tapis de Beauvais.

Les tapis de la manufacture royale de Beauvaïs sont confectionnés d'après les procédés que l’on emploie à celles des Gobelins et de la Savonnerie, aveclesquelleselle rivaliseavec succès.— Plusieurs autres manufactures du même genre appartiennent à des particuliers de Beauvais, et fournissent des tapis non seulement de la plus grande beauté, mais aussi de la qualité inférieure et à des prix modiques.

Tapis d’'Aubusson.

On les fabrique en toutes qualités et à tous prix depuis la plus belle imitation des Gobelins ou de la Savonnerie jusqu’à la moquette et au poil de bœuf, depuis 4o fr. jusqu'à 35 centimes le pied carré; il y en a de veloutés et de ras , à dessins etjaspés, en laine fine et en laine commune, en peluche, et déchet de châleset en poil de bœuf et de vache ; enfin, on en trouve pour tous les goûts et pour toutes les fortunes.

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Tap is de Paris.

La fabrique de M. Vayson à Paris ( rue d'Anjou Saint- Honoré, n° 9) se distingue par ses tapis dans le genre de la Savonnerie et d’Aubusson, tant veloutés que ras. On y trouve en première qualité des ouvrages qui égalent les produits de ces fabriques et qui offrent un grand avantage dans les prix. Les qualités inférieures , telles que les Jaspés et à peluches, offrent de même un effet agréable et des prix qui sont à la portée des petites fortunes.

Doubles broches.

Ces tapis se fabriquent d'après le même procédé que les moquettes, mais leur tissu est plus beau; ils se vendent par bandes de différentes largeurs , et quand ils sont disposés avec soin, ils produisent l'effet des tapis veloutés. Comme on n’y emploie que de très belles laines, ils ont, pour la durée et pour la solidité des couleurs, un grand avantage sur tous les tapis du même genre.

Tapis Jaspés.

>= . , e C'est le genre de tapis qu on emploie le plus pour l'usage ordinaire. Leur tissu est croisé , très

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DU TAPISSIER. 147 fort «et d’une bonne durée, mais leurs dessins sont peu variés : tous sont à ford uni ou rayé en

point d'Hongrie.

Moquette.

C'est plutôt une étoffe pour tapis que pour meubles; cependant on en couvre principalement les meubles et on s’en sert rarement pour tapis.

Bergame, Panne, Thibaude.

Ce sont des qualités très ordinaires d'une espèce de tapis ou de gros tissus en laine commune, en bourre de soie, de coton et de chanvre, en poil de bœuf ou de vache, etc., etc.

La chaîne est souvent en chanvre pour leur donner plus de solidité, et leur largeur varie

se

entre 1 aune et 2 aunes et demie.

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Paillassons.

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Il y en a de sparterie, en lisières, en roseaux,

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en petite natte et grosse natte ; des ronds, des ovales, des carrés. On les emploie principale-

ment sur le carrelage, dans des vestibules, sur les paliers des escaliers, devant les portes d’en-

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trée et sous les tables à manger. Dans Îles appar-

aie. Vs à us

temens très froids , on en couvre quelquefois les

Et

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148 MANUEL planchers

Pour metire ensuite le tapis pardessus.

Tapis de table.

On en faiten drap imprimé ou verni » comme

aussi en feutre peint et verni; on s’en sert prin-

cipalement pour les tables à manger.

Toile cirée pour lapis.

Elles sont imprimées ou peintes, et servent, Surtout en été, pour couvrir le plancher des antichambres, salles à manger, Cabinets d’aisances, etc., parce qu’elles ont l'avantage que l'on Peut, avec peu de peine, Les tenir très propresau moyen simple d’une éponge mouillée. — Leur largeur varie entre À et 2 aunes.

Cheminées et poëles.

L'usage en France veut que, pour chauffer dans l'hiver les apparlemens, on se serve de cheminées ouvertes; sans doute la vue du feu est agréable, et l’air se renouvelle facilement dans une pièce par l'ouverture de la cheminée , Mais

Jamais on n’est bien chauffé par un feu de cheminée (à moins que ce soit dans une toute petite pièce, et à force de bois), et les douleurs rhumatis-

males n’ont souvent d'autre source que le violent

courant d'air que produisent les ventouses, sans lesquelles une cheminée fumerait.

Dans les pays où les froids sont plus rigoureux, on a senti le besoin de bien se chauffer, sans néanmoins nuire à la santé par un air renfermé, et sans prodiguer inutilement le bois : on n'y emploie que des poêles en faïence, et non en fonte ou fer battu, et encore moins à tuyaux de cuivre. On y met le bois par en dehors des appartemens, et dans la corniche du plafond sont pratiquées des ventouses à soupape, cachées ou masquées, pour renouveler l'air lorsque c'est nécessaire. La seule chose dont les habitans de ces pays sont privés, c'est la vue du feu; mais ils en sont bien dédommagés par une température agréable et répandue dans toute la pièce, sans être obligés de se blottir près d’un feu de cheminée pour griller d’un côté pendant qu'ils gèlent de l’autre. Aussi l'usage des poêles devient de plus en plus fréquent en France ,. et pour satisfaire au goût national on fait des poêles dont le devant est à jour et laisse voir du feu.

Dans de grands appartemens ou salons, on peut, indépendamment de la cheminée ouverte et de son feu presque inutile, pratiquer sous le parquet ou dans les lambris des conduits et bouches de chaleur qui viennent d’un calorifère

particulier , ou du poële du vestibule ou de l'an tichambre , pour réchauffer la pièce.

Les cheminées tournantes en fer poli ou

bronzé, que l’on place là où deux cheminées sont adossées l’une contre l’autre, ont la forme des cheminées à la Prussienne , mais sont infiniment perfectionnées et chauffent deux pièces à la fois. On les emploie principalement entre la chambre à coucher et le boudoir ; car, comme

elles ne peuvent être très grandes , pour être facilement tournées, elles n'atteindraient pas leur

but pour de vastes pièces.

Les cheminées de Millet ( passage Cendrier à Paris) sont peut- être les seules qui réunissent l'agrément d’une cheminée ouverte avec une partie de l'utilité d’un poêle.

Foyers de cheminées.

On les garnit de :

Une paire de chenets à ornemens en acier poli ou en bronze, à pilastres et à pommes de cuivre, avec ou sans barre ; à pilastres cannelés et vases vernis; sans pilastres ni pommes.

Une paire de marmousets vernis en noir.

Une galerie ou un garde-cendres.

Pelle , pincettes, soufflet, balai à foyer.

DU FAPISSIER.

Garde-feu.

C'est une espèce de petit paravent de 18 pouces de hauteur, ordinairement en cinq feuilles , pour empêcher que, dans la nuit ou pendant l'absence de tout le monde, les tisons et charbons puissent rouler sur le parquet ou sur le tapis, et causer des accidens.

Il y en a en fer-blanc, en laiton, en toile métallique, et en cuivre jaune. Les trois premières sortes sont peintes pour en éloigner ka rouille.

Porte-parapluie.

C'est un meuble nouvellement inventé, d’une grande utilité, et qui ne devrait manquer dans aucune antichambre.

Au milieu d’une cuvette plate en fer- blanc verm, munie d’un bord d’un pouce, s'élève une tige en fer, haute de 30 pouces , au bout de laquelle se trouvent horizontalementappliqués cinq ou six cercles ou anneaux, aussi en fer, de 5 pouces de diamètre, pour pouvoir y poser les parapluies mouillés, dont l’eau s'écoule naturellement dans la cuvette, sans couler et salir le parquet.

Fontaines filtrantes.

Il y en a en marbre, en pierre , en terre cuite couverte d’osier, de carrées et de rondes ; à un et à deux robinets; d’une, de deux et même de quatre voies.

Leur utilité et commodité dans les anticham-

bres et salles à manger , sont généralement reconnues.

Ornemens en pâte moulée.

Les compositions moulées, surtout lapâte , dite pierre-carton , joignent à tous les avantages des ornemens en plâtre , une plus grande solidité et une résistance à l'influence de la température. Elles sont même préférables aux ornemens en bois sculpté, parce qu'elles peuvent être exécutées d’une parfaite conformité , ne se cassent pas si facilement et se laissent dorer ou peindre aussi bien que toutes les autres.

Dorure.

Le goût étant devenu depuis une trentaine d'années beaucoup plus pur et plus simple, cette abondance de dorure dont jadis les appartemens étaient surchargés à été abandonnée ; on ne dore maintenant rien que le stricte nécessaire ») pour

relever les autres décors et meubles, et on a soin de ne pas laisser dominer la dorure dans l’ensemble d’un ameublement.

Ce travail se fait néanmoins toujours à Paris chez certains doreurs avec une telle perfection , tant sur bois que sur métal, qu’il ne cède en rien à la plus belle dorure ancienne tant vantée.

Miroiterie.

Le mérite d'une glace consiste dans la blancheur, pureté et force de la masse ; dans l'unité de la surface, et dans l'égalité du poli et de l’étamage.

Les glaces coulées ont, suivant leurgraifdeur, 3, 4 et même 5 lignes d'épaisseur , tandis que celles qui sont soufflées n’ont que tout au plus 2 lignes et demie (1); elles ne sont en outre jamais aussi blanches que les autres.

Quoiqu'il existe un tarif des glaces pures et sans défaut, les prix en sont sujets à des différences considérables, produites par le commerce, le rechange et le rétamage de cet article; cepen-

(1) La plus grande glace qui soit sortie de la manufacture royale, à Paris, avait une hauteur de 10 pieds 8 pouces sur 6 pieds 6 pouces de largeur, et son épaisseur était de 5 lignes.

sont composés de plusieurs lés qui se joignent avec la plus minutieuse exactitude, et qui exigent une habitude toute particulière pour les coller. Les plus grands et les plus beaux de ce genre de papiers ont été exécutés dans les fabriques de M. Dufour (rue Beauveau, n° 10) et de M. Velay (rue Lenoir, n° 10).

Dans les grands magasins de la capitale, on trouve un assortiment admirable de ces tentures imitant à s’y méprendre les étoffes veloutées, satinées ou unies, d’arabesques pour lambris ou embrasures de fenêtres, de sujets et décors d’architecture, d’ornemens rehaussés d’or et d’argent, de dessus de portes, de devans de cheminées , etc.

Enfin telle personne qui ne pourrait, suivant l’ancien usage , orner son habitation, par le prix auquel revenaient les tentures en étoffes, même les plus mesquines, peut aujourd'hui, par le secours de ces papiers, lui donner un air de propreté, de fraicheur et d'élégance que n'offraient même pas les anciennes tapisseries d'un prix très élevé. :

Marbres.

Les marbres ne sont employés pour les meubles, que pour tablettes sur les commodes ; secrétaires , chiffonniers, consoles et guéridons ;

et il faut avoir soin qu'elles correspondent aux chambranles de cheminée qui sont également en marbre.

Une chose essentielle à observer, c’est l'épaisseur proportionnée des tablettes à leur grandeur, etsi celles-ci n’ont pas quelque cassure ou défaut caché par un encaustique où mastic, ce dont on peut le plus facilement se convaincre à l'envers de la tablette et au son en y frappant avec une clef ou un petit marteau.

Vert de mer.

Ce marbre vert avec des veines noires est irès rare, et on ne l'emploie que dans les meubles riches. — Une tablette de commode de 4 pieds sur 22 pouces, revient de 150 à 160 fr. , selon la beauté des veines.

Portor.

Il est d’un fond noir veiné de jaune doré , et fait un superbe effet ; il est également rare, mais diffère en prix d’un tiers avec le vert de mer.

Griote d'Italie.

Sa couleur est rougeâtre avec des taches plus foncées et brunes ; il flatte peu la vue et il est peu

recherché. Son prix est de 13 à r4 fr, le pied carré.

Bleu turquin.

C’est un des marbres les plus recherchés pour les meubles élégans, et son prix est assez modique. Le pied carré vaut 7 à 9 fr. selon sa beauté.

Blanc veine.

Les veines sont ordinairement d'un gris très pâle, et on l'emploierait davantage pour meubles s’il était moins sujet à se tacher. Le prix en est de

7 à 8 fr. le pied carré.

Marbre noir.

Ïl fait un bel effet et convient principalement aux meubles dans un appartement d'homme ; ordinairement il est légèrement moucheté de gris foncé. Il vaut 7 à 9 fr. à cause de la difficulté

de le polir.

Marbre Sainte - Anne et granit de Flandre.

Ce sont les marbres que l'on emploie le plus pour meubles ; leur prix de 3 à 4 fr. le pied carré , les mettant à la portée des fortunes

moyennes.

La méthode indiquée pour les tentures et les

tapis, peut aussi être employée pour connaître la superficie et les prix des marbres.

Albâtre.

Les produits de sculpture en albâtre, dont on fait si grand usage dans la décoration des appartemens , étaient tous autrefois tirés de KFlorence; maintenant Paris possède plusieurs fabriques de ces objets que la mode a tant adoptés. Les prix en sont sans doute proportionnés à la perfection du travail, mais ils sont toujours très modiques en comparaison de l'effet que ces sculptures font dans un appartement, et de ce qu’elles coûtaient autrefois.

La mode veut que les garnitures de cheminées et autres ornemens en albâtre soient principalement employés dans les chambres à coucher ; seulement les grands morceaux , tels que statues et vases, peuvent trouver place dans les autres pièces, sur les consoles ou guéridons, mais non sur la cheminée.

PBronzes dorés et non dores.

Ce genre d’ornemens est si riche et de si bon goût , que l’on ne peut plus s’en passer pour les meubles, et les objets qui servent de décora-

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tion des cheminées, bibliothéques et consoles, tels que les pendules, flambeaux, candélabres ; vases, statues , lustres : lampes , @lC., etc. , sont maintenant de première nécessité pour décorer un appartement riche ou modeste.

Les bronzes non dorés sont, à cause de leur extérieur sévère, principalement employés dans les cabinets de travail et chambres à coucher des hommes ; cependant les statues et vases de grandes proportions et non dorés sont placés dans les salons, sur les consoles ou sur des piédes-

taux.

Les ateliers de ciselure et dorure dans ce genre, à Paris, sont depuis long-temps renommés, et ne comptent point de rivaux dans toute

l'Europe.

Comme la grande partie des objets en bronze sont en pièces de rapport, il est essentiel d’examiner si elles sont solidement et invisiblement

jointes.

Nos manufactures fournissent dans ce genre une série d'objets qui commence par de petits bijoux , et finit par ces vases, objets d’un luxe royal, dont on admire à la fois les dimensions colossales et les magnifiques ornemens; mais, dans les ameublemens des particuliers , la por-

Porcelaine.

celaine n'entre guère que pour garnir les cheminées, consoles, commodes et guéridons.

Les qualités qui constituent une bonne porcelaine sont la blancheur et la solidité de la pâte; la transparence presque vitreusc en est plutôt un défaut qu'un mérite, parce qu’elle produit une trop grande fragilité; la légèreté doit provenir, non de la trop forte cuisson, mais de la finesse du travail, qui doit en outre présenter des surfaces bien planes ou des courbures parfaitement régulières. L'émail doit être exempt de toute déchirure, gercure et boursouflure.

La peinture ne sert souvent qu'à masquer les défauts des pièces en blanc, et c'est toujours sur les pièces non décorées que l’on peut connaître la qualité de la porcelaine.

Le biscuit n’est plus de mode depuis que l’albâtre sculpté l'a remplacé dans les objets de décoration.

Cristaux.

La qualité s'en reconnaît à la blancheur et à la pureté de la masse; l'élégance des formes et la régularité de la taille ne fait que l’embellir et ajouter au prix.

Le cristal de roche est le plus transparent et le plus brillant de tous, mais trop cher pour être employé dans l'ameublement; on n'en voit que

MANUET

des objets de fantaisie parmi Les garnitures des cheminées , etc.

Celui du mont Ceéñnis est déjà moins rare que celui de roche, mais encore trop élevé en prix, et n’est guère employé davantage.

Ce sont le cristal de Bohéme et le verre coulé qui sont le plus généralement employés pour lustres, vases , candélabres, lampes, etc. ; quand ils sont bien taillés et bien montés, ils produisent un effet qui approche beaucoup de celui du véritable cristal.

Lampes et Lustres.

Depuis plusieurs années, on a tellement perfectionné l'éclairage à l'huile, et on a mis tant de luxe dans la fabrication et dans les ornemens des lampes , qu'il serait impossible d'en nommer tous les genres. Les plus usités sont :

Les lampes à colonne et à globe de verre dépoli, qui se posent sur les cheminées et meubles.

Les lampes suspendues au plafond en guise de lustres , ou fixées au mur par des girandoles.

Les lampes à pied et à globe ou à champignon en verre dépoli, pour le travail et les bureaux. Leur lumière , par sa trop grande clarté , est sans doute pernicieuse pour la vue; mais ces globes. en verre mat ou en albâtre préviennent, du moins. en partie , l'influence nuisible aux yeux.

Il y a ensuite des lampes astrales, à courant d'air, à mécaniques et à mouvemens d'horlogerie pour faire monter l'huile à la mêche, qui toutes, plus ou moins , répondent aux promesses que leurs inventeurs font au public.

La forme, les ornemens et la peinture de ces lampes , ainsi que leurs prix, varient à l'infini, et laissent souvent l'embarras du choix.

La pose d’un lustre ou d’une lampe au plafond est d'une grande importance , non seulement pour la hauteur convenable à l'appartement , mais surtout pour la sûreté, car on a vu des accidens les plus tristes, causés par la chute inopinée d’un tel meuble. — Avant tout, il faut s’assurer si le crochet qui doit le supporter est solide et bien assujetti au plafond ; le mieux vaut qu'il traverse une des solives du plancher haut et qu'il soit rivé ou écroué en dessus; pour y attacher ensuite le lustre, il faut se servir de plusieurs cordes de chanvre bien essayées, chacune attachée séparément, afin que, s’il en casse une, les autres tiennent encore. Il est prudent d'examiner ces cordes et le crochet lorsqu'au printemps on

fait le nettoyage annuel des appartemens.

Les prix des lustres en cristal de Bohême ou de verre coulé serait difficile à fixer, car ils dépendent de la grandeur, de la richesse et de la

forme, et nous en avons vu dans des apparte-

mens de premier rang de 15 et 20,000 fr., et d'autres d’un bien joli effet, chez des personnes moins riches, de 500, même de 350 fr.

Garniture de cheminée.

Elle se compose de :

Une glace au-dessus de la cheminée, accompagnée à chaque côté de bras de cheminée ou girandoles de 2 jusqu'à 7 branches.

Sur la tablette une pendule ; deux candélabres , flambeaux ou lampes à colonne et à globe ; deux vases en porcelaine, bronze ou albâtre ; deux flacons pour eau de Cologne ; un porte-bijoux, etc. ; le tout conforme au goût et à la richesse du reste de l’ameublement.

À côté de la glace, il doit y avoir aussi quelques crochets pour les montres ou autres petits objets, tels que clefs, etc.

Garniture de commode ou de chifjonnière.

Elle est moins nombreuse que celle de la cheminée , et se borne ordinairement à :

Une corbeille en porcelaine garnie de fleurs.

Deux vases en porcelaine, albâtre ou bronze.

ou aussi un. cabaret pour le café ou le thé.

Des cristaux, etc.

Rarement une- pendule.

Garniture de console.

Elle ne doit consister qu'en un seul objet, tel

que statue, grand vase, corbeille de porcelaine

garnie de fleurs, candélabre à plusieurs bran-

ches, lampe à colonne, etc.

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