CHAPITRE IL
Agrandissement de négatifs de petite dimension. Projections.
II est impossible de concilier la portativité réelle des appareils de reproduction photographique avec l’obtention de négatifs d’un grand format; les petites épreuves obtenues avec des chambres noires d’un volume très restreint ne sauraient d’autre part être assez nettement visibles, surtout s’il s’agit de reproductions dans lesquelles abondent les détails; il est donc nécessaire, en pareil cas, de recourir à l’agrandissement ultérieur des clichés originaux.
Prenons pour exemple un des appareils portatifs que nous avons décrits : la chambre noire automatique à bande pelliculaire sans fin de M. Stebbing.
Les épreuves que donne cet ingénieux outil n’ont que 6 x 6 ; elles sont vraiment un peu trop petites pour donner lieu à un tirage direct sur papier positif ainsi qu’on le fait des épreuves de formats
DEUXIEME PARTIE. — CHAPITRE DEUXIEME. 27 courants. Pour un œil cloué de la faculté de bien voir les objets de très petite dimension, ces épreuves directes suffiraient à la rigueur, mais on aime généralement à ne pas fatiguer sa vue par l’examen d’images à ce point minuscules, et l’on ne transformera les épreuves prises sur nature en collections d’une utilité vraiment pratique qu’en les agrandissant, ce qui n’offre d’ailleurs aucune difficulté sérieuse, ainsi qu’on va le voir.
A l’aide des papiers sensibles au gélatinobromure d’argent tel que celui que fabrique la maison Hutinet (1), on peut réaliser l’impression directe d’épreuves agrandies et ces opérations s’exécutent avec une très grande rapidité.
Il est nécessaire pour cela faire d’employer une des lanternes à projection de la maison Molteni ou de la maison Laverne (2).
Ces lanternes sont éclairées avec de l’huile de pétrole. La nature de leur construction, très bien comprise, garantit contre toute infiltration vers l’extérieur de la lumière intérieure.
Le négatif est posé dans le porte-objet et la mise au point réglée suivant la dimension désirée.
Un coin du laboratoire obscur peut être réservé à ces tirages spéciaux; et, les dispositions une fois prises pour assurer le parallélisme rigoureux entre les plans du cliché original et l’écran où se
I1) Avenue Parmentier, 18, Paris.
(2) Voir Première Partie, pages 158 et 159
forme l’épreuve agrandie, il n’y aura plus à y toucher.
La distance à laquelle doit être projetée une image agrandie de quatre à huit fois la dimension du petit négatif est très peu considérable; il en résulte que l'on a beaucoup de lumière sur l’écran sensible et par suite une impression très rapide.
La netteté de l’image et sa mise au point seront d’autant plus faciles à réaliser que l’agrandisse sement sera moindre. Nous engageons d’ailleurs les opérateurs qui se livrent à ce mode d’impression à ne jamais dépasser huit à dix fois en surface les dimensions premières pour des épreuves à laisser sans retouches. Il n’y a aucun inconvénient à exagérer davantage l’épreuve originale si l’on doit revenir ensuite sur l’agrandissement avec le crayon et le pinceau de façon à en corriger les défectuosités.
Le procédé que nous indiquons permet donc de se passer de la lumière solaire. Quelques minutes suffisent, suivant le degré d’agrandissement pour chaque nouvelle épreuve obtenue directement d’après le cliché original à l’état positif. Il suffit d’une épreuve d’essai pour mesurer exactement la durée de l’exposition nécessaire, et puis, cette durée étant connue, ou peut en quelques instants avoir tiré douze à quinze épreuves que l’on développe immédiatement en se conformant aux indications