‹ Manuel du touriste photographe (volume 2)Chapitre 25 sur 79 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Insuccès du procédé au gélatinobromure.

Accidents et remèdes.

Nous empruntons encore au savant ouvrage de M. le Dr Eder quelques indications des insuccès auxquels on est exposé dans l’emploi des plaques au gélatinobromure, et des remèdes à l’aide desquels on peut combattre ces insuccès.

« 1. Les plaques ou les papiers émulsionnés moisissent. Cela provient de ce qu’on les a conservés dans un endroit humide. Remède tout indiqué : conserver ces préparations dans un lieu bien sec.

« 2. Les plaques repoussent le révélateur. Cela se produit dans les cas suivants :

a) Lorsque les plaques ont été conservées pendant très longtemps dans un endroit très sec, elles se laissent pénétrer d’une manière inégale et avec difficulté par le révélateur, ce qui est la cause de taches. Remède : plonger la plaque pendant quelque

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 49 temps dans de l’eau avant de la développer ; faire couler une grande quantité de révélateur à la surface de la plaque.

b) Lorsqu’on a ajouté trop d’alun de chrome à l’émulsion, de sorte qu’elle est, pour ainsi dire, trop tannée. En ajoutant quelques gouttes de glycérine à l’émulsion, elle absorbe l’eau plus facilement. Si l’on développe à l’acide pyrogallique, il est bon de couvrir d’abord la plaque de la solution ammoniacale qui rend la couche plus perméable et de n’ajouter qu’ensuite la solution d’acide pyrogallique. Les plaques qui repoussent fortement le révélateur doivent être mises pendant quelques minutes dans de l’eau à 40° G.

« 3. L'image paraît voilée , et le voile, après fixage, a la même couleur que le négatif, c’est-à-dire que les plaques développées à l’oxalate ferreux ont un voile gris, et celles développées à l’acide pyrogallique, un voile plus ou moins brun.

« Avant toutes choses, il faut déterminer si le voile provient d’un excès déposé, d’un mauvais révélateur, ou d’une émulsion gâtée, ou bien s’il est causé par une lumière étrangère : dans ce but, il faut voir si les bords delà plaque restent blancs ou non pendant le développement.

a) Si toute la plaque se voile, à l’exception des marges ou des coins, c’est alors la preuve la plus évidente qu’il y a eu surexposition, ou bien accès d’une lumière étrangère pendant l’exposition.

b) Si la plaque tout entière se voile pendant le développement, le voile peut avoir été causé par une lumière étrangère. Il faut vérifier d’abord les châssis, etc., ainsi que les carreaux rouges du laboratoire; l’objectif doit être vissé soigneusement sur la planchette. On recouvre soigneusement la moitié d’une plaque, puis on l’expose pendant trois à cinq minutes contre le carreau rouge, et on la développe avec un révélateur frais. Dans des conditions absolument normales, les deux moitiés doivent rester pures ; sinon, la conclusion est facile à tirer.

c) Le voile est uniforme, lorsque le bromure d’argent a déjà été décomposé partiellement pendant la préparation, c’est-à-dire par suite d’une digestion trop longue à une température trop élevée, par suite d’une addition trop considérable d’ammoniaque , par l’emploi de gélatine ou de bromure alcalin dans certains procédés de préparation de l’émulsion, par un commencement de décomposition de la gélatine.

« On a déjà indiqué le moyen d’y remédier ( voir Eder, p. 105). Nous pouvons répéter qu’il faut plonger les plaques dans une solution de’ bichromate de potassium, ou, ce qui est mieux, de bichromate de potassium et d’acide chlorhydrique (1 partie de bichromate, 3 parties d’acide, 150 parties d’eau), ou bien de prussiate rouge de potasse ou de bromure de potassium (10 parties de prussiate. 10 parties de bromure et 150 parties d’eau) ; ces deux dernières

CHAPITRE CINQUIÈME, solutions ont été indiquées par l’auteur. Après ce bain, les plaques doivent être lavées soigneusement et séchées avant de les exposer. Lorsqu’on s’aperçoit que l’émulsion voile, on la met, avant de la laver, dans une solution de 3 à 4 pour 100 de bichromate de potassium, pendant quelques heures; après quoi, on la lave soigneusement.

d) Lorsque les plaques recouvertes d’émulsion à la gélatine sèchent trop lentement. Ceci arrive fréquemment lorsque les plaques mettent plus de trois à six jours pour sécher. Dans ce cas, la surface de la couche donne pur, tandis que la partie centrale, qui sèche en dernier lieu, voile fortement. D’après Haack, le remède à employer consisterait à asperger le séchoir d’acide phénique.

e) Lorsque les plaques sèchent à une température trop élevée.

« Si les plaques subissent l’action d’une chaleur trop forte dans le séchoir, il arrive le plus souvent qu’elles voilent au développement.

f) Les plaques, conservées pendant un certain temps dans un endroit humide, ont une tendance à se voiler et même à perdre leur sensibilité. Une atmosphère impure (surtout d’hydrogène sulfuré) est également une source de voile.

g) Lorsque les plaques ont été enveloppées dans certaines espèces de papier, telles que : du papier imprimé, certains papiers colorés, l’étain en feuilles, etc., il se forme soit du voile, soit des

taches provenant d’une réduction partielle du bromure d’argent. Le bord des plaques qui a touché le carton que Ton met dans l'emballage pour séparer les plaques l’une de l’autre, marque presque toujours dans le négatif.

« 4. Le voile rouge se produit lorsque l’émulsion a été préparée avec un excès de nitrate d’argent, ce qui se présente rarement dans les émulsions que l’on vend actuellement. Mais, d’après Chardon, il peut également se présenter dans une émulsion contenant un excès de bromure soluble, lorsqu’on verse la gélatine, contenant le bromure, dans la solution de nitrate d’argent, au lieu de faire le contraire. Dans le premier cas, il se forme une combinaison du nitrate d’argent avec la gélatine ou d’autres substances organiques. D’après Abney, ces voiles rouges ne se montrent jamais lorsqu’on développe ces émulsions h l’oxalate ferreux.

« 5. Le voile jaune [jaune rougeâtre ou jaune brun ) provient (outre l’action de la lumière étrangère) :

a) D’un développement défectueux à l’acide pyrogallique. Le voile est uniforme sur toute la plaque, lorsqu’on a employé trop d’ammoniaque dans le révélateur, lorsque la solution d’acide pyrogallique est trop concentrée et lorsqu’on a développé trop longtemps; on peut éviter cet insuccès en employant moins d’ammoniaque et plus de bromure dans le révélateur. Le sulfite de sodium empêche presque toujours ce voile rouge.

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