CHAPITRE SIXIÈME
Eau distillée llil
Nitrate d’argent 10sr
Acétate d’ammoniaque liquide ... O ,5
Cette immersion dure une minute, puis on plonge les plaques verticalement dans une cuvette pleine d’eau distillée ou d’eau de pluie ; on les y laisse quelque temps, afin qu’elles s’y dépouillent complètement de leur nitrate et de leur acétate d’argent; sans cette complète élimination, leur conservation serait impossible. On les abandonne ensuite à dessiccation dans une obscurité absolue.
Les plaques ainsi traitées, dit M. Ducos du Hauron, sont exemptes de cette mollesse qu’on reproche, en général, aux plaques extra-rapides.
Ces plaques renitratées, mais bien lavées, ainsi qu’il vient d’être dit, conservent très longtemps leur propriété nouvelle consistant dans une sensibilité environ quatre fois plus grande que celle qu’elles possédaient antérieurement.
On fait des objectifs dits extra-rapides et qui conviennent spécialement aux instantanéités. Mais un amateur de photographie ne saurait emporter avec lui en voyage toute une collection d’objectifs de tout genre. Une trousse du genre de celle de M. Français lui suffit absolument, ou bien il peut employer un objectif aplanétique quelconque en y mettant le plus grand diaphragme qu’il est susceptible de recevoir.
S’il use de l’objectif rectilinéaire à foyers mul-
tiples de M. Français, il pourra, pour obtenir un résultat identique à peu près, quant à la durée de l’impression, se servir, soit de la combinaison 2 antérieure et 3 postérieure d’un foyer de 0m,36 avec le diaphragme n° 1, soit de la combinaison 3 antérieure et 4 postérieure d’un foyer plus court. 0m,25, mais ne pouvant s’employer qu’avec le diaphragme plus petit, le n° 4.
Le développement a aussi une influence importante sur le résultat d’une pose instantanée ; nous avons dit, en nous occupant du développateur, que l’addition à la liqueur révélatrice de quelques traces d’hyposulflte de soude permet de faire apparaître des détails qui ne sortiraient pas si l’on emploie le développateur à l’oxalate de fer sans cette addition; c’est là un moyen qu’il ne faudra pas négliger.
M. Lugardon, artiste peintre de Genève, qui a produit des instantanéités fort remarquables, préconise l’emploi de la formule de Wilde, qui consiste dans l’addition au développateur de quelques gouttes d’eau iodée. Ce produit permettrait de prolonger plus longtemps le développement sans courir le risque d’une trop prompte peroxydation du bain d’oxalate ferreux, et les demi-teintes dans les ombres finiraient par apparaître. Nous avons essayé cette formule, mais sans remarquer qu’elle conduisît à de meilleurs résultats que ceux qu’on obtient par l’addition d’un peu d’hyposulflte de soude.