COLLODION POUR NÉGATIFS BLANCS ET NOIRS
ET RENFORÇATEUR.
Quand on veut faire des reproductions de sujets au trait, pour la gravure sur zinc ou sur cuivre, il est indispensable de posséder un procédé permettant d’avoir des négatifs très lumineux dans les blancs et très opaques dans les noirs. Il existe, pour arriver à ce résultat, bien des formules. Nous allons en donner deux différentes quant au mode de renforçage; mais, avant tout, indiquons un bon collodion propre à ce genre spécial d’opérations.
Jusqu’ici les négatifs au gélatinobromure n’ont pas donné des résultats satisfaisants pour les reproductions de sujets au trait. Ces négatifs ne sont pas aussi nets que ceux au collodion, et l’impression au bitume étendu sur plaques de zinc ou de cuivre s’en ressent considérablement ; le collodion seul donne des traits d’une acuité parfaite des négatifs dans lesquels le passage du blanc au noir et réciproquement s’effectue brus-
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cjuement. sans transition graduée, ainsi que cela a lieu dans les couches de gélatinobromure. Sans doute pourrait-on avec de la gélatine arriver à un résultat convenable; mais il faudrait alors user de couches excessivement minces et très riches en bromure d’argent.
Or, la plupart des plaques émulsionnées que l’on trouve dans le commerce ne répondent pas à ce desideratum, mieux est de se servir d’un bon vieux collodion, de revernir ou mieux de continuer à employer en pareil cas le procédé dit au collodion humide.
Parmi les nombreuses formules de collodion, on n’a que l’embarras du choix; en voici cependant un qui marche très bien.
Alcool rectifié 40cc
Éther à 62“ 60
Pyroxyline 1 à 1 1/2*''
lodure de cadmium lgr
Ce collodion étant bien décanté et filtré, on en recouvre les glaces en verre comme d’habitude et l’on sensibilise dans un bain d’argent composé comme il suit :
Eau distillée 1000cc
Azotate d’argent cristallisé .... 80sr Acide acétique 60
Le développement est fait avec du sulfate peu additionné d’alcool et d’acide acétique ou d’acide pyroligneux.
En voici la formule :
Sulfate de fer pur 60sr
Eau ordinaire 1000"
Acide pyroligneux 100
On fixe au cyanure de potassium,
Eau 1000"
Cyanure de potassium 30»r
Puis, après lavage à fond, on procède au renforçage en suivant la marche ci-après.
D’abord le négatif est immergé dans un bain composé de :
Eau 1000"
Bichlorure de mercure 15(br
Acide chlorhydrique 10"
Il y blanchit et dès qu’il a acquis une couleur d’un blanc laiteux, on lave abondamment et l’on immerge dans une solution à 5 pour 100 de suifhydrate d’ammoniaque.
L’épreuve sous l’action de ce dernier produit se transforme dans toutes les parties teintées du négatif en sulfure d’argent composé qui est d’un noir intense; dès que le noir est suffisant, et sans laisser se couvrir les traits les plus fins, on lave immédiatement et le cliché est terminé.
Il n’y a plus, si besoin est, qu’à l’enlever à l’état pelliculaire.
Au cas où un voile se produirait sous l’influence du sulfhydrate d’ammoniaque, on n’aurait, pour
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le faire disparaître, qu’à passer le négatif dans un bain
Eau ordinaire 1000"
Acide nitrique ordinaire 200
en ayant soin de bien laver après avoir fait agir ce liquide.
Voici un autre procédé de renforçage qui donne des négatifs très opaques dans les noirs, tout en laissant des traits très lumineux.
Ges négatifs sont couleur rouge brique, la teinte y est celle du chromate d’argent, corps très opaque que l’on obtient en suivant la marche ci-après indiquée :
Le négatif préalablement fixé au cyanure à 3' pour 100 et bien lavé est immergé dans une cuvette contenant un bain de
Eau 1700"
Prussiate rouge de potasse. . . . 65sr Nitrate de plomb pur 100
Après une immersion de quelques instants dans cette liqueur, on lave abondamment et l’on plonge dans cet autre liquide
Eau 1000"
Chromate jaune de potasse .... 80sr Ammoniaque liquide ordinaire . . 300
Dès que le négatif a pris une belle couleur
rouge-brun bien régulière partout, on lave et on laisse sécher.
On enlève à l’état pelliculaire s’il y a lieu.
Le négatif propre à ce dernier renforçage doit être plutôt faible que noir. Il faut donc se contenter de développer l’image seulement pour l’avoir complète, sans chercher tout d’abord à pousser a l’intensité. Il en résulterait un épaississement des traits déliés et le négatif perdrait de sa valeur.