REDRESSEMENT DES NÉGATIFS SUR COLLODION
Le moyen le plus simple consiste dans l’emploi d’une feuille de gélatine mince dont on double le négatif. Il faut avoir eu soin, préalablement, de talquer les glaces ou les verres sur lesquels on exécute les clichés. Puis, une fois les dernières opérations terminées et sans laisser sécher la * couche de collodion, on immerge la feuille de gélatine, coupée de la dimension voulue, dans une cuvette pleine d’eau filtrée. Cette feuille s’y ramollit rapidement si l’on a mis par dessus la plaque, le négatif par dessus, de telle sorte que l’on peut sortir le tout ensemble.
A l’aide d'une racle en caoutchouc on enlève l’eau en excès. La gélatine adhère partout au collodion, et s’il y a des bulles d’air on les chasse avec précaution. Enfin, l’on borde avec du papier gommé et albuminé et on laisse sécher dans un
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milieu tranquille, et meme si la température est très élevée, entre clés feuilles de papier buvard et à l’abri de tout courant d’air. Dès que la dessiccation est complète, on peut, pour emprisonner la gélatine entre deux couches de collodion, collodionner la surface avec du collodion normal à 1,5 pour 100 de pyroxyline. On attend que cette nouvelle couche se soit parfaitement séchée; puis l’on coupe les bords de l’épreuve avec une pointe de canif et l’on détache la pellicule sans aucune peine.
Si l’on n’avait à sa disposition des feuilles de gélatine, il faudrait, après avoir calé la plaque bien horizontalement, la recouvrir de bord à bord sur toute sa surface, d’une solution filtrée de
Gélatine 20sr
Eau 100
On s’en sert à l’état tiède après avoir chauffé légèrement la glace pour que la gélatine puisse être bien régulièrement étendue sur toute la surface avant de se figer.
Il faut que l’épaisseur de cette couche soit d’environ 2mm au moment où l’on a versé la gélatine liquide. Une fois sèches elles ont l’épaisseur et la consistance convenables.
Il va sans dire que la dessiccation doit s’opérer dans un endroit exempt de poussière et aussi d’une façon assez lente pour qu’il n’y ait à re-
douter un soulèvement spontané de la couche.
Dès que celle-ci est parfaitement sèche, on collodionne sa surface si l’on veut abriter la gélatine contre l’action trop immédiate de l’humidité de l’air, et quand le collodion est bien sec, on coupe tout autour et l’on enlève la pellicule.
Dans l’un et l’autre cas, c’est une opération des plus faciles.
PROCÉDÉS DE PHOTOCALQUE.
Nous désignons sous ce vocable le calque que l’on fait directement sur une photographie sans l’interposition d’un papier plus ou moins dioptrique.
Le touriste, le savant peuvent souvent avoir besoin de dégager un objet de tout ce qui l’entoure.
On aura, par exemple, reproduit un monument dont on voudra donner un dessin au trait à l’appui d’une description. Il est agréable en ce cas, sans avoir besoin de recourir à un dessinateur, de pouvoir exécuter soi-même cette transformation dont on pourra ensuite faire tirer à l’aide d’un report lithographique ou zincographique tel nombre d’épreuves qu’on désirera.
Ce qui est charmant dans ce procédé, c’est de faire disparaître l’image photographique une fois le dessin au trait terminé. Cette image peut d’ailleurs être reconstituée, si besoin est.
APPENDICE
Évidemment, la connaissance de pareils procédés doit être utile au plus grand nombre de nos lecteurs, aussi n’hésitons-nous pas à les leur décrire dans leurs phases diverses :
Si l’on veut faire de l’autographie, c’est-à-dire tracer un dessin susceptible d’être transporté directement sur pierre ou sur zinc, on le prépare d’abord avec un léger encollage formé d’amidon et de gomme arabique en dissolution dans l’eau additionnée d’un peu de sucre.
Cet encollage une fois sec, on passe les feuilles sur un bain de gélatine chaud, à 8 pour 100 de gélatine.
D’autres formules sont encore indiquées :
Amidon 500sr
Colle de Flandre 5
Colle de poisson 1
Eau ordinaire 5lil
Gomme-gutte 30sr
Passer d’abord sur l’épreuve une couche d’empois, puis, après dessiccation, passer une deuxième couche composée de
Gélatine 200sr
Gomme adragante 1008r
Eau llil
Pour faire cette solution, on met les produits solides à tremper dans l’eau pendant une nuit et l’on fait dissoudre le tout, le lendemain, en poussant la chaleur jusqu’à l’ébullition.
Nous devons dire que les épreuves que l’on traite de cette façon doivent être imprimées sur du papier salé et non albuminé.
Préparation du papier salé sensible.
On choisit le papier blanc, d’une force moyenne, du bon papier écolier suffit. On trempe ce papier dans de l’eau ordinaire tenant en dissolution 5 pour 100 de sel de cuisine.
Il y est laissé cinq minutes environ ; après quoi on le met à sécher, suspendu à un liteau de bois par un coin.
Quand on voudra se servir de ce papier, on le sensibilisera dans le bain suivant :
Azotate d’argent I0sr
Eau ioo
Nitrate de magnésie 12
Le papier est mis à flotter sur ce bain du côté lisse pendant quatre minutes, puis on laisse sécher dans l’obscurité.
L’insolation a lieu comme d’ordinaire, et une fois 1 épreuve arrivée au degré d’intensité convenable, on se borne à la fixer dans un bain d’hyposulfite de soude à 10 pour 100.
On lave bien et l’on a des épreuves prêtes à recevoir soit l'encollage autographique ci-dessus indiqué, soit le dessin direct à l’encre de Chine.
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Quand on veut dessiner en vue de l’autographie, il faut se servir d’encre lithographique en bâton que l’on délaye dans un godet avec quelques gouttes d'eau. L’épaisseur de cette encre doit être telle que l’on puisse avec une plume très fine obtenir purement les traits les plus déliés.
Destruction des épreuves photographiques.
Si l’on veut, une fois le dessin direct exécuté, faire disparaître la photographie, sans espoir de retour, on fait la préparation suivante :
Eau 100s--
Cyanure de potassium 3
De cette solution on prend 5CC, et on y ajoute de l’iode jusqu’à coloration, puis on mélange le tout.
L’épreuve immergée dans cette liqueur y disparaît bientôt entièrement.
Il n’y a plus qu’à bien laver.
Voici une autre formule conduisant au même but :