‹ Manuel du touriste photographeChapitre 10 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

siste à avoir une série cle boîtes de dimension, avec de larges rainures à biseau distantes de 0m,04, dans lesquelles on introduit les glaces qui reposent sur une simple baguette, la boîte n’ayant ni fond ni couvercle; sa partie ^inférieure repose elle-même sur quatre pieds de Üra, 08 à 0m, 10 de haut, afin que l’air chargé d’humidité s’écoule. On peut construire ces boîtes de façon qu’elles s’emboîtent les unes sur les autres, celle du bas ayant seule des pieds, et formant ainsi une sorte de cheminée rectangulaire. Si on la place sous la hotte d’une cheminée de laboratoire par laquelle aucune lumière ne pénètre, la dessiccation s’opère très rapidement.

Quel que soit le mode de séchage adopté, il est indispensable qu’il soit régulier et qu’il n’y ait pas de variation brusque de température pendant sa durée, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit rapide. J’ai eu des glaces excellentes qui ont mis trois et quatre jours à sécher; toutefois, dans ce cas, la régularité est plus difficile à obtenir, et il est préférable de se mettre dans des conditions telles, qu’il soit complet au bout de douze à dix-huit heures.

Conservation des plaques préparées.

Une fois qu’elles sont absolument sèches, les glaces peuvent se conserver sans altération en quelque sorte indéfiniment, pourvu qu’elles soient soustraites aux influences extérieures d’humidité ou d’émanations quelconques. Les onglets de papier ou de carton avec lesquels on les sépare généralement ont l’inconvénient de produire, à la longue, des taches sur les bords des glaces, et parfois même ces taches se propagent au delà, sous forme de fusées ; cela provient sans doute des matières dont la pâte n’a pas été suffisamment débarrassée. Je préfère, pour ma part, séparer les glaces l’une de l’autre par quatre très petites boules de cire vierge qu’on fait adhérer aux quatre coins. Dans les pays chauds, ce système aurait des inconvénients; mais jusqu’ici il m’a constam-

ment réussi, même en été, en France. Les plaques ainsi séparées deux par deux, les surfaces sensibles se regardant, sont enveloppées, d’abord dans un papier de soie, puis dans une feuille de papier noir dans la pâte. Le papier noir fabriqué pour envelopper les aiguilles est excellent pour cet usage.

Enfin, une troisième enveloppe, celle-ci de papier goudronné d’un côté, est un excellent préservatif contre l’humidité. On peut faire les paquets de deux ou quatre glaces, mais je conseille de ne pas dépasser ce nombre, afin de réduire le plus possible les risques de casse.

Je n’entrerai dans aucun détail relatif à la pose, qui peut varier dans des proportions infinies, suivant l’éclairage et l’objectif employé; mais je puis dire que, si j’ai parfois rencontré des glaces aussi rapides, je n’en ai jamais rencontré qui le soient plus que celles préparées en suivant exactement la formule que je viens d’indiquer. J’ai obtenu avec un déplacement apparent de 0m, 01 à0m,02 des images d’objets animés d’un mouvement uniforme de lm par seconde, ce qui suppose une pose de yL- à de seconde.

Lorsque les glaces ont été impressionnées, on peut, si cela est nécessaire, en reculer fort longtemps le développement, pourvu qu’on prenne les mêmes précautions pour les préserver de l’humidité et des émanations que celles indiquées plus haut. Je n’ai trouvé aucune différence appréciable sur des glaces développées plusieurs mois après la pose.

Développement des plaques à, la gélatine.

Je ne décrirai qu’une seule formule de développement, parce que c’est la seule qui m’ait constamment réussi et que j’estime qu’elle répond à tous les besoins, qu’il s’agisse d’épreuves dites instantanées ou non. Il est loin de ma pensée de médire du développement alcalin à l’acide pyrogallique : j’en demande pardon âmes nombreux amis qui le préconisent; je lui préfère absolument le développe-

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