‹ Manuel du touriste photographeChapitre 137 sur 160 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

dure, heurtée, avec des contrastes exagérés.

« Le développement se continue pendant quelque temps, une ou deux minutes, souvent plus, rarement moins.

« Il faut, pour qu’il soit complet, que la glace vue par transparence devant la lumière rouge paraisse avoir dépassé de beaucoup le but à atteindre, et que, vue par réflexion dans le liquide, les parties restées blanches au début du développement aient pris une teinte marquée, non point uniforme, mais proportionnelle à l’impression qu’elles ont reçue.

« Aucune partie ne doit conserver l’aspect du blanc pur, si ce n’est la bande de la glace qui a pu être protégée des rayons lumineux parla feuillure du châssis ou par les taquets qui le maintenaient en position. Toutefois, ce moyen d’appréciation du degré de développement ne s’applique qu’aux vues et portraits, et non aux reproductions de traits noirs ou blancs, ceux-ci devant au contraire conserver une pureté immaculée. Si l’on travaillait à des reproductions de cette nature, il serait nécessaire, dès avant le développement, d’ajouter une proportion notable de solution de bromure pour provoquer cette dureté et cette opacité qu’il faut avant tout éviter dans la reproduction des sujets avec demi-teintes.

« Dans le développateur, l’épreuve monte donc progressivement de ton jusqu’à ce qu’elle ait atteint le degré voulu. Il ne faut pas se dissimuler nue ce

degré est difficile à saisir au début, et il ne faut pas craindre de perdre de nombreuses glaces pour se rendre bien maître de cette partie du développement, aucune indication plus précise ne pouvant être fournie. Ici l’expérience ne peut pas se suppléer, mais on l’acquerra d’autant plus vite qu’on aura porté une attention plus soutenue à ses premiers essais, qu’on aura, en un mot, mieux appliqué son jugement à se rendre compte des différentes phases successives du développement. On obtient aussi des effets différents suivant qu’on agite ou qu’on laisse au repos le développateur pendant le temps que la glace y demeure plongée : on obtiendra un cliché plus doux et plus uniforme en n’agitant pas le liquide H ; au contraire, en le remuant sans cesse sur la couche sensible, on obtiendra des effets plus violents et des contrastes plus marqués. Ceci s’explique par ce fait que le développateur au repos épuise plus vite son action sur les parties du cliché vivement impressionnées, tandis qu’il est moins appauvri par les demi- teintes sur lesquelles il continue à agir. Au contraire, si l’on mélange constamment le liquide, il agit d’une manière égale sur toutes les parties de la couche sensible proportionnellement à l’impression lumineuse que chacune a reçue.

(p A cet égard nous devons faire une réserve. Si le liquide n'est pas du tout agité, il se produit un réseau qui compromet l’homogénéité du négatif. M. Audra veut sans doute parler d’une faible agitation. — L. Y.

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