CHAPITRE HUITIÈME. ogg
« Il reste à examiner les conditions de développement d’une glace dont la pose a été trop courte. Si l’insuffisance de pose est très marquée, il n’y a rien à tirer du cliché, car on ne peut suppléer à l’absence d’impression lumineuse dans les parties sombres ; mais souvent cette impression n’est pas telle qu’on ne puisse tenter un sauvetage. Lorsqu’une épreuve trop peu posée est dans le développateur, les grandes lumières apparaissent, mais les demi-teintes tardent à se montrer, puis ne viennent que d’une manière incomplète, pendant que les lumières montent toujours de ton et arrivent, au bout d’un certain temps d’immersion, à l’opacité complète. Dans ce cas, il faut, dès le début, ajouter au développateur , mais avec une excessive prudence, des traces d’hyposulfite de soude.
« Cette addition peut meme toujours se recommander lorsqu’on développe des épreuves dites instantanées.
« Il faut avoir la main légère en faisant ce mélange, cai 1 hyposulfite de soude n’agit utilement dans ce cas que s’il est employé en proportion en quelque sorte homceopathique. Le plus sûr est d’avoir sous la main une dilution à 1 pour 100 d’hyposulfite dans de l’eau distillée. On en ajoute par centimètres cubes, c’est-à-dire par milligrammes de sel dans le développateur, et l’on mêle avec soin avant d’y plonger la glace.
« La dose peut varier de lcc à 100cc pour 120- de bain, suivantle degré d’action qu’on veut obtenir, ce qui donne une proportion variant de 1200 0 a 1 2 0 0 0 0 • Quelque minimes que soient ces quantités, 1 action est très appréciable, et le développement s accélèie surtout sur les demi-teintes, qui apparaissent là où rien n’eût été visible. Mais si l’on dépasse la mesure que seule l’expérience indiquera d une manière certaine, un voile général se répandra sur l’épreuve, qu’il sera difficile de sauver. On pourra cependant le tenter encore par une addition immédiate de solution de bromure, qui contrebalancera l’action de l’hyposulüte ; mais ces corrections sont si délicates, demandent à être faites avec un tel à-propos, que ce ne peut être qu’après de nombreux essais, souvent infructueux, qu’on deviendra maître de ces moyens. La pratique guidera mieux que tous les conseils.
« Lorsque la glace est développée à point, on la plonge de suite dans une cuvette pleine d’eau, que l’on renouvelle deux ou trois fois j usqù a ce qu’elle soit débarrassée de la plus grande partie du développateur qui la mouillait, ce que Ion îeconnaît lorsque l’eau de lavage ne se teinte plus en blanc par la formation d’un précipité d’oxalate de chaux.
« On l’immerge alors dans un bain neuf d’hyposulfite de soude à 20 pour 100 dans de 1 eau, et on l’y laisse séjourner non seulement le temps néces-
CHAPITRE HUITIÈME, saire pour que la couche de bromure non impressionnée soit dissoute, et que, vue de dos, il n’y ait plus trace de matière blanche, mais quelques minutes de plus, afin que le fixage soit bien complet.
« Un moyen plus sûr encore consiste à avoir deux bains de fixage semblables. Lorsque dans le premier le cliché a perdu entièrement sa teinte blanche, on le plonge pendant quelques instants dans le second qui le débarrasse même de la solution argentique emprisonnée dans la gélatine.
« Ensuite on lave abondamment sous le robinet; mais il est une précaution utile à prendre au sortir du dernier bain d’hyposulfite, bien qu’elle ne soit pas indispensable : c’est d’immerger le cliché pendant quelques minutes dans un bain d’alun ordinaire à saturation dans l’eau. Non seulement la couche impressionnée se raffermit et se tanne dans cette solution, mais surtout elle se nettoie et s’éclaircit dans les grandes lumières, c’est-à-dire dans les parties sombres de l’épreuve. Les clichés baissent légèrement de ton dans ce bain, mais ils gagnent beaucoup en pureté, en transparence et en douceur. Il est préférable de ne pas laver entre le bain d’hyposulfite et le bain d’alun. Après quelques minutes de séjour dans ce dernier, la glace est abondamment lavée sous le robinet et mise à séjourner dans une cuvette pleine d’eau pendant douze heures, cette eau devant être fréquemment
renouvelée afin de faire disparaître les plus légères traces des différents produits employés dans les bains précédents. Un lavage parfait est indispensable à la conservation des clichés, et l’on ne saurait y apporter un trop grand soin. On construit pour cet usage des cuvettes verticales en zinc avec des rainures de façon à y introduire plusieurs glaces à laver à la fois, et on les y laisse séjourner dix à douze heures en renouvelant sans cesse l’eau par un écoulement lent sous le robinet. »
Nous avons cité textuellement, sans en retrancher un seul mot, toutes les indications si complètes de notre habile confrère ; on peut les suivre à la lettre et l’on produira d’excellents négatifs.
Nous nous occuperons plus loin du renforcement et de la réduction des négatifs, mais il convient avant d’en finir avec la question du développement en indiquant les procédés spéciaux propres aux papier et pellicules sensibles. Gela fera l’objet du Chapitre suivant .