‹ Manuel du touriste photographeChapitre 29 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Regardant alors 14 sur ce même petit disque, on trouvera comme indication correspondante sur le grand disque 1 3/4, ce qui voudra dire que si avec la première couche qui donnait 16 au sensitomètre on posait 1 seconde dans des conditions déterminées, avec la seconde couche sensible donnant 14, soit étant moins sensible, on devra poser dans les mêmes conditions 1 seconde et 3/4.

Si au lieu de 14 nous trouvions seulement 10, c est 5 secondes qu’il faudrait poser ; — ou bien, sans parler de la durée de la pose, la couche donnant 10 au sensitomètre serait 5 fois plus lente que celle donnant 16.

Le point important est donc d’adopter comme point de comparaison une unité acceptée par tous.

Il n y a, à notre avis, aucun inconvénient à choisir le n° 25 comme étant un degré de sensibilité maxima et à partir de cette base (en laissant de côté, pour le moment, les durées d’exposition à la chambre) pour comparer entre elles les sensibilités des diverses couches sensibles.

25, d’après la graduation Warnerke, indique une sensibilité qui est 765 fois plus grande que celle du produit sensible donnant 1. C’est là notre unité.

Supposons encore maintenant qu’un de nos essais nous donne 16 : amenant 25 dans l’encoche et cherchant en regard de 16, nous trouvons 12, ce ' qui indique que le produit essayé est 12 fois moins

rapide que le second, le produit donnant 25. Si nous avons soit 10, soit 7, nous n’avons qu’à chercher en regard de ces deux nombres, et sur le disque nous lisons 63 pour le premier et 145 poulie second, ce qui veut dire que le produit donnant 10 est 63 fois moins sensible et que le produit donnant 7 est 145 fois moins sensible que le produit pris pour base dont la sensibilité donnerait 25.

Nous le répétons, ces indications ne serviront à apprécier la durée de la pose qu’en établissant une corrélation entre une sensibilité prise pour base et la sensibilité de la préparation essayée, en même temps que seront déterminées les conditions de lumière, de distance focale, de diamètre du diaphragme, etc. Nous entrons à ce sujet dans des détails très précis dans notre travail relatif au calcul du temps de pose. La sensitométrie qui nous occupe en ce moment n’a d’autre objet que d’établir un moyen d’évaluation comparative entre des couches sensibles quelconques. On dira, après essais faits ainsi qu’il vient d’etre indiqué : les plaques Monckhoven , par exemple , ont en moyenne une sensibilité 16 (parce qu’elles donneront 15 en moyenne au sensitomètre), tandis que celles de M. Stebbing, qui donnent 17 au sensitomètre, auront une sensibilité 9.

Ce qui voudra dire, par rapport au temps de pose, que, dans le cas où l’on poserait 16 secondes

CHAPITRE PREMIER, avec les plaques Monckhoven, on n’aurait à poser que 91 secondes avec les plaques Stebbing.

Nous n’avons pas craint d’insister assez longuement sur l’ingénieux appareil de M. Warnerke, parce qu’il est, à notre avis, le mieux conçu et le seul qui, d’une façon vraiment régulière, puisse fournir des résultats suffisamment comparatifs l1). Les indications du docteur Eder au sujet des numéros du sensitomètre rapportés à la sensibilité des plaques à l’humide seront consultées avec fruit (2).

Il va sans dire qu’on peut appliquer le sensitomètre à l’évaluation comparative des produits moins sensibles que le collodion ioduré ou la gélatine Lromurée, mais alors il faut user de l’échelle

(’ ) On le trouve chez M. Marion, cité Bergère; le prix de cet appareil est de 18 francs environ.

(a (Études et essais sur l’émulsion à la gélatine, par M. le docteur J.-M. EDER. — J’ai réuni dans les lignes qui suivent quelques notes éparses sur le gélatinobromure, extraites de mon carnet d’expériences et dont la publication pourra, j espère, être utile aux praticiens.

Essais au sensitomètre. — Le mode de détermination de la sensibilité des plaques, à l’aide du sensitomètre de Warnerke, est devenu pour ainsi dire général, et il a été décrit à diverses reprises. Ce qui est moins connu, c’est la valeur des numéros du sensitomètre rapportée à la sensibilité des plaques àl humide Ç). (*)

(*) Je ferai remarquer qu'on ne peut pas comparer immédiatement, avec le sensitomètre, une plaque au collodion humide a une plaque à la gélatine, la sensibilité relative à la lumière phosphorescente étant en réalité différente de la sensibilité à la lumière solaire ; pour les plaques à la gélatine, la sensibilité relative aux deuxsources de lumière est suffisamment la même en pratique ; j’ai constaté en effet qu’une plaque a la gélatine devenant 10 lois plus sensible au sensitomètre était aussi 10 fois plus sensible à la lumière du jour. La plaque à la gélatine, dont la sensibilité est égale à celle d’une plaque au collodion humide, marque 10 degrés au sensitomètre.

exposée à la lumière du jour et non à une lueur

phosphorescente qui, sur du papier sensible au

De là le tableau suivant :

Numéro

du

sensitomètre

Sensitomètre

C’est-à-dire égale à celle d’une plaque au collodion humide

fois plus grande que celle d’une plaque au collodion.

Le mode de développement influe naturellement sur la sensibilité des plaques. J'emploie, si possible, l’oxalate ferreux sans addition aucune, ou bien le développateur pyrogallique auquel j’ajoute de l’ammoniaque de 30 en 30», jusqu’à ce que le voile apparaisse; le développement dure environ 3m à 4”. Le numéro du sensitomètre se lit après le fixage en tenant la plaque loin de l’œil, contre le ciel ou une plaque mate. L’essai au sensitomètre ne peut jamais se faire avec une plaque à la gélatine humide, vu que le rapport entre la sensibilité des plaques à l’état sec ou humide n’est pas constant.

En observant la gradation du champ du sensitomètre, on îemarque que 1 opacité est toujours variable; pour déterminer cette gradation, on ne doit pas développer plus que pour un négatif ordinaire.

Influence de la température du développateur sur la sensibilité. — Je rappelle mes expériences de 1880 sur cette question, surtout en vue de rencontrer les données de Schumann, qui dit qu’un dé-

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