CHAPITRE PREMIER
de l’émulsion, afin quelle soit moins altérée par un séjour prolongé dans l’eau, et que la couche soit plus adhérente à la glace. En été surtout, cette précaution est très utile. Le tout est mis au bain-marie jusqu'à ce que le mélange intime de l’émulsion et de la gélatine soit opéré en élevant la température le moins possible, mais en agitant fréquemment le flacon. On peut alors recouvrir des glaces, après filtrage de l’émulsion ; mais en cet état elle n’a pas encore acquis le maximum de rapidité dont elle est susceptible. Il faut la laisser vieillir, et je n’ai trouvé aucun procédé qui remplace celui-là.
Dans ce but, je laisse faire prise dans le flacon où elle se trouve et, pour éviter qu’elle ne subisse un commencement de décomposition, je la recouvre d’une couche de 0m,01 à 0m, 02 d’épaisseur d’alcool. Le flacon, soigneusement bouché, est laissé ensuite au repos pendant plusieurs jours, une semaine au moins, si l’on veut avoir un produit extrêmement sensible. Après quinze jours ou trois semaines, et même plus, l’émulsion est également bonne, mais elle ne m’a pas paru gagner sensiblement après les dix premiers jours de repos.
Les préparations que je viens de décrire d’une façon minutieuse paraissent longues à première vue. Il n’en est rien cependant si l’on opère avec méthode, et si l’on a intérêt à obtenir vite un résultat, tout au moins jusqu’au moment où l’on met l’émulsion de côté pour vieillir, ce qui, je le le répète, n’est nullement nécessaire lorsqu’on ne recherche pas une rapidité excessive. Ayant à ma disposition un peu de glace pour hâter le refroidissement de l’émulsion, j’ai pu plusieurs fois préparer la quantité ci-dessus indiquée, qui correspond à environ 500cc à G00cc en deux heures et demie.
Pour conserver ces émulsions figées, on en recouvre la surface, dans le flacon, d’une petite couche d’alcool, et au moment de s’en servir on rejette l’alcool, puis on lave à plusieurs fois la
surface qu’il mouillait avec un peu d’eau distillée que l’on rejette ensuite. Il s’agit, en un mot, de supprimer toute trace d’alcool avant d’employer l’émulsion.
Préparation des plaques. — Nous ne pouvons mieux faire que de laisser la parole encore à M. Audra (*). On réussira parfaitement en suivant les indications très nettes et très complètes qu’il donne à cet égard :
On place le flacon au bain-marie jusqu’à liquéfaction complète sans élever la température au delà de 45° à 50°. Pendant ce temps on s’occupe à frotter, en tous sens, les glaces à recouvrir, que je suppose parfaitement propres, avec un linge imbibé d’une dissolution à 2 pour 100 de silicate de potasse. Les glaces sont ensuite frottées à siccité avec un linge propre ou un papier de soie et empilées pour l’usage.
Lorsque l’émulsion est parfaitement fluide et homogène, ce qu’on obtient en l’agitant, on la filtre dans un entonnoir en verre dans la douille duquel on a placé une touffe serrée de laine cardée, très fine et très propre. Je préfère cependant à la laine une sorte de coton épuré et lavé, que l’on prépare depuis quelque temps pour les besoins de la chirurgie. Ce coton a été débarrassé de toute matière résineuse et se mouille instantanément, à ce point qu’une touffe projetée dans un bassin d’eau tombe immédiatement au fond du liquide. Il filtre rapidement et d’une façon parfaite.
Je fais reposer l’entonnoir, qui est coupé à 0ra,01 ou 0m,02 au-dessous du coton, sur l’ouverture d’une cafetière en porcelaine de Bayeux, à long goulot recourbé, afin que
(’ ) L’excellent travail de M. Audra a fait l’objet d'une brochure publiée par M. Gauthier-Villars; elle a pour titre : Le Gélatinobromure d'argent.