CHAPITRE III
Des Dévidoirs et des Rouets*
SECTION PREMIÈRE
Manière défaire un Dévidoir à cheçilles.
Uars le choix des ouvrages qu'on peut faire sur le Tour, nous aurons ~ toujours soin de présenter ceux qui peuvent amuser l'amateur, et l'exercer en même temps. Nous allons décrire la manière de dire un dévidoir, PI. t'],fig. I. Cet ouvrage rassemble le Tour et la menuiserie, et par conséquent donnera les moyens de s'exercer dans tous les arts relatils à celui que nous traitons plus particulièrement.
Nous ne déterminerons pas le bois dont on doit le faire, peu nous iraporte : c'est à l'amateur à choisir celui qui lui conviendra le rateux. On chobira d'abord un morceau de bois bien sain , de 7 à 8 pouces carrés , et d'un bon pouce d'épaisseur. On le rabotera bien exactement dessus et dessous en le mettant d'une épaisseur égale par-tout. On le mettra ensuite à 6 ou 8 pftns, par des opérations géométriques. On fera avec des mèches, de grossear progressive , un trou de 6 à 7 lignes de grosseur, et on le taraudera ensuite avec un tarau d'environ 10 lignes. Nous détaillerons, dans un instant, ce que c'est qu'un tarau , et la manière de s'en servir.
On tournera, enti% deux pointes, un cylindre de 10 lignes de diamètre, f,\\x 6 à 7 pouces de longueur ', mais on réservera une bobine d'un diamètre beaucoup plus fort, comme de i4 i i5 lignes, formant épaulement au petit diamètre, tel eufin que le représente la j^. 10 PI. 16. Si l'écrou , que le tarau a dit , est bien perpendiculaire à la planche , elle doit poser parfaitement contre l'épaulement \ et par conséquent mise entre deux pointes sur le cylindre , après l'avoir taraudée , elle tournera bien droit.
On sera maître de former , avec une gouge , une doucine circulaire, sur la moitié de l'épaisseur de la planche, que nous appellerons dorénavant le Pied du Dévidoir, et dont \zjtg, 1 1 représente le profil ; ou si on l'aime
= mieux rond, en entier, d'abattre les pans ; mais, dans ce dernier cas, il aura été nécessaire de tracer un cercle sur la planche , et de la couper en rond , avec une scie à chantourner-
I^ manière de tourner ce pied présente quelques difficultés , surtout pour un commençant. Comme il n'est pas possible de bien couper le bois de travers, en présentant la gouge à la circonférence , il faut la présenter sur la face, le biseau presque parallèle, en la tournant un peu vers le bord. On enlève d'abord toutes les aspérités laissées par la scie , et on recommence ensuite , avec une gouge bien coupante , à planir cette surface , et à lui donner la forme indiquée.
Si l'on a pris pour ce pied du bois des îles , qui est assez lourd par luimême , il sera bien dans l'état où nous l'avûns mis ; mais , si l'on s'est servi de bois ordinaire , tel que de l'alisier ou du poirier , on formera en dessous ' une Jainure circulaire , de 5 à 6 lignes de profondeur , et de forme de queue d'aronde , c'est-à-dire plus farge au fond qu'à l'entrée , à un pouce ou environ du bord, pour pouvoir y couler du plomb, qui alourdira suffisamment le pied.
Avant, de couler le plomb, il sera bon de former, avec une gouge, au fond de la rainure , quelques encoches en différens sens , pour empêcher que le cercle, qui ne peut pas sortir à cause de sa forme de queue d'aronde, ne tourne et ne prenne du ballottement. Il sera encore plus à propos de larder au fond de cette rainure quelques clous d'épingle peu enfoncés, et qui grippent le plomb.
On placera cette planche bien horizontalement, la rainure en dessus, sur une table assez solide. On fera fondre du plomb dans une cuiller de fer à bec Et quand il sera suf6samment chaud , on le versera dans la rainure, dans laquelle il s'étendra, au moyen de quelques pincées de poixrésine qu'on y aura mises. Il est important que le plomb ne soit pas trop chaud, car autrement il feroit voiler et souvent fendre le bois. Pour s'assurer du degré de chaleur convenable, on plongera dans le métal en fusion , une feuille de papier blanc , elle ne doit y contracter qu'une légère teinte de rousseur. On le laissera refroidir, et on remettra le pied sur le mandrin, en la' même position où il a été tourné, etpour cela on aura eu soin de faire avec une pointe à tracer, ou avec un crayon, une ligne correspondante sur le pied et sur le mandrin : cette marque, ainsi que tontes celles qui servent au même but , se nomment Repères.
Rien n'est aussi doux et aussi aisé à tourner que du plomb. On l'éban- % ehera d'abord à la gouge , mais en prenant peu de matière. Et comme le
CHAP. m. Sect. I. Manière de faire un Dévidoir à chtvillea. iSg plomb est un métal gras, le copeau grippe et quitte mal. On préviendra = cet inconvéoient en frottant souvent le cercle avec du savon un peu liquide, OU' CD Élisant porter contre, par quelque moyen que l'on imaginera, un chiâbn imbibé d'eau de savon un peu épaisse, et l'on verra, surtout <{uand on terminera au grain-d'orge ou au ciseau , que le plomb se coupera parfaitement net
lorsque le cercle est bien ébauché, en présentant la gouge très-inclinée au plan du cercle, on prendra un ciseau à un seul biseau qui coupe parfaitement, et on le présentera à &ce, c'est-à-dire perpendiculairement à la matière, et même au dessous <du niveau, afin que l'outil ne broute pas. On appelle Brouter, un mouvement de trérnulement ou tremblement, qui naît et s'accroît insensiblement , sans que le plus grand effort de la main en soit maître. Ce broutement a lieu toutes les fois qu'on présente un outil à faœ : dès qu'il commence , il ne feit plus que croître , et tous les efforts qu'on fait ne peuvent l'empêcher. Le plus sûr est de varier la .position de l'outil, de manière qu'on croise sans cesse la direction qu'on lui avoit d'abord donnée.
On peut aussi tourner ce cercle de plomb avec un grain-d'orge un peu lai^,pour que le biseau en soit long, sans être trop aigu, et assez épais pour qu'il ne tremble pas.
En cet état le pied est terminé, du moins si en tournant le bois on a apporté toutes les précautions nécessaires pour couper net avec différens ciseaux à un biseau et le grain d'orge, les parties plates, et si l'on a fait la douane avec des gouges convenables. On passera sur le champ et sur les moulures, avec précaution , une nageoire de peau de chien, ou du papier ■ à polir connu sous le nom de papier anglais. Il sera même bon de mettre la corde sur la bobine en sens contraire, afin de polir en remontant les pores, et de les user.
11 faut s'occuper maintenant de la tige qui porte le dévidoir. On déterminera d'abord la forme qu'on veut qu'elle ait. Un habile Tourneur dessine ordinairement un profil de la grandeur dont il veut la pièce , et k suit en tournant. Sans proposer nos idées à cet égard , comme les meilleures, en voici un quia paru jJaire en général ; il est représenté, jSiy. la. C'est une espèce de balustre dont le tenon est fait en vis pour entrer dans la planche. Cette vis repose sur l'^>aulement a .- ensuite est un carré , puisun qnartderond ou unedoucinej àvolonté; ensuite un autre carré, puisune gorge qui va rejoindre un autre carré d'où part la panse, que vient couper une gorge allongée, surmontée d'an listel , sur lequel pose la crcnx,
,4o - MANUEL DU TOURNEUR,
s qui forme les ailesdu dévidoir. Ensuite est une tige qui ya en diminuant un peu par le haut, où est une vis d'environ 6 lignes de diamètre, qui reçoit l'écrou à chapeau, jig. i3. Ce balustre ou pied est terminé par une pointe d'aàer, entrée avec force dans un trou qu'on a.iait, à la lunette, au centre de la tige supérieure du balustre, et sur laqueUe roule le dévidoir, qui acquiert une grande mobilité, au moyen d'une crapaudine de cuivre qui pose sur la pointe. On a représenté , par la^. i4, deux moitiés de profils de balustres , auxquels chacun pourra changer suivant son goût La fig. i , PI 1 7 , représente ce dévidoir tout déplc^é.
Comme il est plus commode de briser \es lames à charnière, pour les relever contre l'écuelle dans laqueUe on met la pelotte de fil , afin qu'il tienne moins de place,- nous aurons soin, dans la description que nous allons donner, d'indiquer l'une et l'autre manière, sans cependant en donner de figure particulière, pour ne pas multiplier inutilement les planches. D'ailleurs, quand l'un et l'autre sont déployés, ils se ressemblent si parfaitement que la charnière doit entièrement disparoître, si elle est bien faite.
Nous commencerons par celui dont les lames sont sans charnières.
On prendra un morceau de boi'i de 18 lignes ou environ de grosseur, sur 10 à 13 pouces de long. Après l'avoir ébauché à la hache, on le mettra sur le Tour, et on en formera un cylindre. Car cette méthode, outre qu'elle tend toujours au but que nous nous sommes proposé, de conduire l'Amateur à la perfection, présente plus de facilités pour déterminer sur sa longueur chaque membre de moulures.
Jjors donc que le cylindre sera bien rond , et que les bouts sepoot coupés à angles droits, on prendra vers celui à droite une longueur .d'environ deux pouces , et on en marquera le trait avec un coup léger de l'angle du ciseau. On prendra sur le dessin, de grandeiu* naturelle, la hauteur de chaque partie de moulure, avec un compas à ressort, d'acier PI. 1 , fig- la, T. II- Après cette longueur de deux pouces qu'on vient de marquer, et qui est destinée à forioer le tenon à vis qui entre dans le plateau , oii marquera l'épaisseur d'un carré, puis celle d'une doucine, d'un bouvement ou d'un quart de rond, selon la volonté du dessinateur. Ensuite celle d'un second carré; après cela celle de la gorge, qui foit dégagement au balustre. Puis celle d'un carré , ensuite celle de la panse du .balustre; celle d'un carré, d'une baguette, d'un autre carré, et enfin celle de la tige sur laquelle tourne le dévidoir, prise en dessous de la crapaudine. Outre la marque du compas, on fera à chacune d'elles un
CHAP. III. Sect. 1. Manière défaire un Dévidoir à chevillée. i4i trait circulaire, et l'on mesurera ensuite la longueur totale, en partant essss:^ d'après le tenoii d'en-bas , pour voir si dans ces me&ures partielles on ne ^'" ***• s'est pas écarté de la mesure totale du dessin ; ce qui arrive très-souvent , attendu qu'une légère erreur à chaque partie produit une erreur totale * assez considérable. Si donc on s'est trompé , il Êiudra rectifier les endroits où cela sera arrivé.
Ces moyens sont assurément bons, mais nous invitons les Amateurs à essayer de s'en passer , et à se servir uniquement du coup d'œil pour exécuter le dessin sur le bois. Cette manière donne plus de justesse à- l'oeil et d'assurance à la main , et diminue beaucoup la perte du temps.
Quand tout sera tracé convenablement, on coupera le cylindre juste au dernier trait, s'il se trouve un peu trop long. On y remettra la pointe du Tour, et le trou qu'elle imprimera sera nécessaire par la suite. Cette opération est assez difficile , surtout pour les commençans : ils jugent rarement de quel côté est l'excentricité : mais pour mieux réussir, il fiiut d'abord chercher le centre î^vec un compas , puis enfoncer assez peu la pointe, pour reculer le centre d'un ou d'autre c6té, suivant le besoin. On peut même, loi^u'il arrive près de son point, et que l'œil ne peut plus apprécier l'erreur , se servir du moyen indiqué au chapitre précédent - Supposons donc que le cylindre est à la grosseur convenable , et cette grosseur doit être [précisément celle de la panse du balustre , on ôtera tout le bois qu'il faut pour que le tenon , qui doit être k vis , soit à la grosseur extérieure de cette vis. Ainsi, si l'on a déterminé que ta vis ait 8 ou lo lignes de grosseur, et que l'écrou ait été fait au plateau par un tarau dé cette grosseur, on ébauchera à la gou^e ce tenon, et on l'unira avec le ciseau. On donnera, vers le bout, un coup de ciseau un peu plus fort, afin d'en diminuer le diamètre, et pour que cette extrémité puisse entm' plus aisément , et prendre dans la filière : on. appeUe cela , doaâer de l'entrée. Cette partie du tenon,. qui sert d'enfirée^, nedoit:pas ^yoirplus de 6 à 8 lignes de long, et se tçniiipe.çn;Cqi)^iiQn i<Vnuera l'épaulement avec l'angle du ciseau ; et afin que les bords dut pied posent exactement sur le plateau, on rentrera Lasensiblenaeutl'arrasement'du tenon, et ou rendra, avec le ciseau , le tenon égal de grosseur d'^n bput k l'autre.
On ôtera le cylindre du Tour : on le prendra perpendiculairemeot entre les mâchoires d'un étau de bois ou de fer, entre deux morceaux de cuir, pour ne point ^àler le cylindre. On fix>U:era le tenon d'un peu de savon sec , puis présentant la filière k bois bien horizontalement , on la touraera en appuyant. un peu,: et quand elle aura bien pris, on se oon-
,GoogIe
i4» MA.MUEL DU TOURNEUR.
■ tentera de tourna également et sans seconsse, jusqu'à œ qu« la ffîire
Pl. i6. pose contre l'épaulement. Nous ne dirons rien ici des filières à bois, nous nous bornons à indiquer la fig. 6, PI. 6 , Tome Jï. ' La plaque qui se met sur la filière , qui porte un trou de la grosseur
qu'il convient de donner au cylindre dont on veut faire la vis , et qui lui sert de conduit , empêche que le f, qui coupe le bois , n'approcbe tout contre l'épaulement, et par ce moyen la vis ne va pas tout contre. Quand la filière est parvenue à toucher l'embase, on la remonte pour la faire sortir, on 6te les vis qui tiennent la plaque, et desserrant le cylindre de l'étau, on remet la vis dans la filière avec précaution , pour qu'elle repasse dans les mêmes filets , sans que le f^ l'endommage , et on continue jusqu'à ce que lafilièrearrivesurTépaulement-Ët, malgré cette attention, elle neva jamais assez avant. Il y a deux manières de parer à cet inconvénient : l'une en mettant le cylindre sur le Tour, et 6tant avec une gouge étroite tout le bois contre l'épanleroent à la profondeur du pas. Ces derniers filets n'étant pas fort nécessaires , surtout quand l'écrou a une certaine épaisseur, peu importe qu'<»i les supprime; mais l'autre méthode est plus régulière et vaut mieux Elle consiste à donner au premier pas de l'écrou une forme conique.
Quand la vis sera faite, on remettra le cylindre sur le Tour : puis , avec un compas d'épaisseyr, JS^. i8, Pî. i, T- II-, on prendra le diamètre du carré qui commence le pied. Mais, de peur de perdre les traits qu'on a iaits sur le cylindre , on les approfondira avec l'angle du ciseau , ayant soin de ne couper que quand ta marche descend , et jamais quand elle remonte; ce qui feroit l'effet d'un grain d'oi^ renversé , et gâteroit le bois.
On mettra donc ce carré à sa grosseur , en coupant le bois le plus net possible, par la partie près de l'angle inférieur du ciseau, pour n'y plus revenir^ On formera ensuite la moulure suivante, avec une gouge, et coupant le plus net possible; et on la teiminera avec un ciseau de largeur Convenable. '■ Oi ' présentera ensuite à face l'angle supérieur du ciseau , et on coupera à angle bien droit h partie qui doit être carrée; mais, pour donner plus de focilité au cisesn de couper net dans un espace fort étroit, on ébauchera la gorge qui doit suivre, avec une gouge un peu grosse, plus profondément que le carré , ce qui donnera du dégagement. On terminera donc le carré au ciseau , en coupant toujours bien net On déterminera le commencement de la gorge avec l'angle du ciseau , afin que l'angle dU carré soit bien vif : enfin on formera la gorge.
Cette gorge exige plus d'attention qu'on ne pense , pour avoir un profit
CHAP. 111. SEcr- t Manière de fttirt vn Dévidoir d chevilles. I0 agréable. Ce ne doit pas être une portion de cercle , mais une courbe à = différens centres , telle enfin que la représente la jîy- a.
On ne croit'pas devoir s'arrêter à décnre la manière d'exécuter le reste du proâl de ce balustre. Un peu de goût et d'eiœrcice suffira. On voit qu'aviHit de tourner la ti^ qui porte le dévidoir, il faut y faire un rond entKe deux carrés , ou telle autre moulure qu'on jugera à propos , pourvu qu'on y en fasse une qui termine le haut de la panse. Cette tige doit avoir 6 lignes au plus de diamètre pour la partie taraudée, de manière cependant que le croisillon, paisse y tourner très-librement. La hauteur de cette portion doit être un peu plus longue que l'épaisseur qu'on a décidé de donner aux deux lames. La portion sur laquelle doit tourner le croisillon d'en-bas doit être un peu plus forte. Le surplus doit être taraudé dans toute sa longueur et arrondi par le haut. C'est sur cette vis qu'on met un écrou à chapeau , fig. 1 3 , PL 1 6 , qui vient presque poser sur le croisillon d'en-baà, et procure la ûcilité d'enlever le dévidoir sans qu'il se sépare de ioa pied. Pour laire cet écrou , on percera, dans sa longueur et sur le tra-, vers, un mcoceau de) bois de i5à i8 lignes d'épaisseur. On le taraudera, et on le fera entrer sur la vis qu'on a pratiquée au haut du balustre : on remet le tout «ur le Tour, et on donne à l'écrou la forme représentée par la fig- 1 3 , en réservant ji l'embase un carré de cinq à 6 ligues d'épaisseur. On met ensuite ce carré à 6 ou 8 pans , afin de le tourner et vLsser plus aisément ayec les doigts. Enfin on met le bout du balustre arrondi dans une lunette convenable, et avec une mèche très-fine, on approfondit le trou de la pointe, de 6 à 8 ligues, pour y faire entrer une tige d'acier, qu'on appointit ensuite à la lime « qu'on adoucit et qu'on trempe de couleur bleue , de la manière que nous l'avons indiqué , et qui roule dans une crapaudine de cuivre dont nous parlerons bientôt. Nous avons omis de remarquer que , tant qu'on tourne le balustre , la corde doit être mise sur la partie* qu'on réserve pour la tige , et que , quand on tourne cette tige , on met. la corde sur la panse; et c'est ici que s'applique la précaution que noua avons recommandée, de n'employer que du filagore qui ne soitpas-Xrop dur: et même, dans te cas présent, il seroit prudent, pour ne pas marquer le bois, de l'envelopper d'un tour de peau ou de cuir mollet, sur le< quïj la corde imprimeroit sa marque.
Dans cet état le pied est totalement fini : on peut, si on le juge à propas , y faire des cannelures, telles qu'on les voit sur la PI. 17 , fig. i , ou fig. i4, Pi' 16. Ces cannelures doivent d'abord être dessinées avec soin sur une division exactement faite sur la circonférence haut et bas. Ensuite on
i/i4 MANUEL DU TOURNEUR.
=: les creuse à la maio avec des gouges de diflërentes espèces, dont nous pai^ lerons dans la suite.
On doit se souvenir qu'on a donné a pouces de long au tenon à vis , et que la planche ou plateau n'a que 12 à i5 lignes d'épais^ur. La raison pour laquelle nous avons recommandé de résCTrer cet -excédant, étoit pouf donner de l'entrée au tenon dans la filière; mais ces premiers pas de vis , tant qu'ils ne prennent pas dans la partie taraudée de la filière , sont ordinairement mauvais et irréguliers ; c'est pour cela que , quand la pièce est finie, on retranche tout ce qui est de trop. On réduira donc ce tenon à un pouce depuis l'épaulement ; mais il faut (aire ce rethtnchement avec une gouge étroite , et affûtée de long , jusqu'à ce que les pas de vis soit entièrement emportés : on coupera ensuite cet excédàiït avec le ciseaU. Si l'on se servoit d'abord de cet outil , les pas qui , en tournant, avancent et reculent, emporteroient le ciseau ,- et l'on g&teroit tout
li ne reste plus , pour terminer entièrement le pied , qu'à y placer la pointe d'acier; mais, comme il est essentiel qu'elle soit par&itement dans l'axe du pied , voici la manière dont il faut s'y prendre. On mettra le pied entre deui pointes , en recherchant le centre qu'on vient de perdre , et mettant la corde sur la vis. On mettra l'autre bout à la lunette, et on enfoncera dans le trou un bout de fil d'acier de grosseur convenable , dont on aura un peu diminué le bout à pans. Quand il sera en place, on verra s'il tourne bien droit j et avec une lime on Tappointira , de manière qu'en tournant le pied , cette pointe soit parfaitement au centre , et qu'elle ne varie pas. On l'émoussera un peu , afin qu'en tournant elle ne creuse pas la crapaudine : puis, avec une lime fine, on fera sur cette pointe une marque correspondante à un point haut de la tige , pour servir de repère, et la remettre en sa même place après qu'elle aura été trempée. ( frayez la manière de tremper , page 67 de ce vol. )
Il s'agit maintenant de faire le dévidoir proprement dit. On refendra à la scie le bois qu'on aura choisi : on te mettra à 4 lignes d'épaisseur ^ur a pieds de longueur, et 18 àaohgnesde lai^e. On fera deux lames absolument semblables. On les dressera bien à la varlope d'un côté sur le plat , puis on mettra un des deux côtés étroits à l'équerre : après quoi on les mettra de largeur égale au moyen d'un trusquin, dont on conduira la pointe d'un bout à l'autre, et on en suivra le trait avec une varlope qui coupe bien. Enfin on mettra le trusquin à l'épaisseur qu'on désire, qui doit être d'environ 3 lignes et demie , et on tracera sur les deux champs en appuyant le trusquin sur la partie déjà dressée. On terminera ensuite
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CHAP. III. Sect. J. Mimière de faire un Dévidoir d chevilles. i45 en atteignant bien exactement le trait. On prendra aussi deux autres ianiess=:=^ •de 4 pouce» de long chacune. On les mettra à la même" laideur et épais- ^'" '^' seur que les deux prônières. On prendra exactement le milieu de la loo^ gueur de chaque lame sur le plat a, fig. 4 = on le marquera par un point. Puis partant de ce point, on marquera d'un et d'autre côté, 6, 6, avec un compas , la moitié de la largeur de l'autre lame, sur chacune d'elles; enfin avec une équerre à chaperon , ^. 4 1 Pi- a j T.TI{ sorte d'équerre , qui sur un des limbes a uti rebord), et de ces points marqués, cin tracera avec une pointe à tracer , des traits qui se trouveront à l'équerre avec chaque lame. On prendra ensuite le point milieu de la largeur de chacune des grandes lames vers diacun des bouts c ^ c j^ é^t distance du point milieu de leur longueur totale. Puis, avec un compas, on marquera de chacun de ces derniers points une distance moindre que la lai^ur de la lame d, d; enfin, avec une bonne règle, on tracera depuis les traits à angles droits, qui sont tots le milieu b, b, jusqu'au point qui est à chaque bout , une ligne droite ; au moyen dé quoi chaque lame se trouvera réduite vers chacun des bouts k une moindre laideur, ainsi que le représente la fy. 4- On fera la même opération sur l'autre grande laine, at on empor* tera à la varlope tout le bois qui excède ce trait.
On prendra eiisuite avec le trusquin la moitié de l'épaisseur de chaque lame , on la tracera sur cette épaisseur à chacune. Puis avec une sCie k denture fine, on sciora aux deux traits b, b, jusqu'à la ligne qui marqué la demi-épaisseur, et laissant les traits b, b, sans les entamer. On ôtera cette demi-épaisseur entre les lignes b, b, avec un ciseaii bien afiuté,et on aiira soin que cette entaille soit bien droite et bieri juste aux traite qui sont sur l'épaisseur ; enfin , ou atteindra juste les lignes b , b , que la scie n'auroit pu couper sans bavure. Après qu'on en aura fiiit autant à fautif lame, on les présentera en croix , chaque entaille sur sa pareille; et si l'on A bien opéré, on aura une croix parfaite, qui tiendra par la seule Justesse de son emmanchement, et qui sera réduite à la simple épaisseur d'une des lames.
On fera aux petites lames la même opération, et l'on aura deuk croix où croisillons.
Si l'on n'avoit pas pu conserver lé point milieu a de chaque lame , parce qu'il auroit été emporté en faisant l'entaille, rien ne serait aussi IfMile que de le retrouver. Il sufBroit de tirer une diagonale , par te sommet de chaque angle b , b\ k l'autre , et le peint de section seroit celui dfi milieu.
i46 MANUEL DU TOUHNEUB.
- On tracera decepointainsi oonaervé'ouretrouvé, sur chaque ccoïsiUonr UB point à un pouce ou environ du bout des petites lames, sur chacune des quatre autres branches : l'excictitude en ce pcnnt est très^ssentielle. On fera à chacun de ces trous , avec une miche à trois pointes , dite mèche anglaise , nn trou de trois lignes de diamètre.
Ainsi se trouveront &its , sur chaque croix , quatre troas , qui se correspondront parfaitement les uns aux autres.
Enfin on percera au milieu de chaque croix un trou de grosseur convenable; c'est-à-dire , à La grande croix, un peu plus grand , mais fort peu, que le diamètre de la partie qu'il doit reoeroir , et à celle du haut , un trou d'environ 6 à 8 lignes de diamètre, et dont on indiquera bientôt l'usage.
On collera solidement ces deux croix avec de bonne colle-forte. Et pour y réussir mieux, on fera avec une râpe, au fond de chaque entaille, qudques traits qui procurent de légères aspérités , où la colle va ie loger en grippant le bois. On mettra chaque croix sous un valet, sur un établi de Menuisier, ou bien on les serrera avec des happes d'ébéniste, dont la description a été doimée au chapitre de la Menuiserie.
Pendant que la colle séchera ainsi en presse, on tournera quatre balustres pour assembler le croisillon supérieur à celui du bas. On déterminera pour ces balustres la forme qui conviencbti le mieux; mais il est convenable, pour la régularité, d'j mettre le profil qu'on «ma choisi pour le pied.
On préparera donc à la hache quatre morceaux de bois de 6 à 8 lignes de diamètre , et de 3 pouces de long chacun. On prendra nn pouce sur cette longueur à chacun, pour la place de la IxAine où passe la corde du Tour. On les mettra entre deux pointes. On tournera ces balustres avec soin, en y apportant toute l'attention possible, attendu que les petits objets sont bien plus difficiles à tourner que les gros. On en prendra la hauteur totale, sans compter les tenons qu'on réservera haut et bas, et auxquels on donnera 3 fortes lignes de grosseur, pour pouvoir entrer très-juste dans les trous de pareil diamètre qu'on a faits aux croisillons.
Quand ces quatre balustres seront tournés , et qu'on aura réservé des. tenons plus longs que l'épaisseur des lames, on coupera à la scie la bobine. On élèvera qudques aspérités avec une râpe sur chaque tenon, et dans chaque trou, avec une râpe demi-ronde, et on collera cesbalustii«s en leur place, après quoi on placera une presse à main à l'aplomb de chaque balustre, pour que chaque croisillon porte bien sur l'épautement
CHAP. III. Sect. I. Manière de faire un ùétfldoirdchevfilet. 147 et l'on sent que si ces balustrés n'étaient pas parfoitement ^ux en hau- 1 tcur, ces deux croisillons ne seroieirt pas parallèles entr'eui.
Lorsque la colle sfitaséche, 0(1 râpera les tenons k âenr du dessus des IriSies , si les troos eb traversent entièt-Maetit l'épuiseettr , et où terminera avec une lime Bâlffrde ; puis on pol^ le tout. Maiâ l'ouvrage sera plus propre, et tout aussi scdide, » Ton pratique 6ea trous seulement dus trois qnart» de l'épslisseur et sttns Aitatfatt la stir&ee supérieure de la lame. «
On traeera ensoitc , du centre de la grande ctois , quatre points sdr la longueur de chaque lame, de manière que lé dernier soit k enviroA un pouce et demi de chaque bout On percera ces trous avec une mèche! anglaise de 3 l^nes de diamètre , en inclmadt le viliA>requia un peu en dehors, afiâ que tas bâtons qu'on y mettra ptatcheut de ce c^ltté, et empé^ chent te fil de s'échapper.
Il reste maintenant k fotrmer ta coupe qtû doit iltmnoiiler )e dévidoir, et dans laquell« oh met la pelettcf de fit. OU-'ftâtiJtg. 5, la forme qu'elle doit avoir.
On prend» un rnsï-anm de bois liwn saoi , sans tvoAids ni gerçures , de i pouces 3 lignes dedàsdètref ssr 4 pouces ou environ de longueur. On le mettra entre deux pointes, et on Ini donnera té fortne extérieure ^ j?^. 5 , d« Àranière que àa bord dâ la coupe , au dessous de la moulure du pied , etie soit réduite à deox pouce» et demi de hantem. Le surplus serat )e tenon , qu'on réduira an diaanètre tïis-juste àa trotf qu'on aura pratiqué iuT le ËToisillon d'«a haut. On réduira ce tOHMi à UA peu moins que fépaisBMïr des lames siq»^e*ar«E5Tet un pouce «a sus« pour Ftfsàgti àont an va parler. Mais auparavant de couper ce tenon à la longueut qu'on vient de pKscrira , il faut creuser l'écdelle ; et pour cela , on k mettra sur nne Innette de grandew convenal:^. On ttn ddnifera k forme intérieure qu'elle doit avoir, sans trop affoiblir le bois, ni sans trop en lasser : de manière que ce soit à peu près deux cerde» C!XC«AtriqUes de différons diamètres y «l ttAs k peu près que représente ^fig. 6.
On peut aussi, pour érenser cette coupe^ eniplo;f er le moyen eu usage chez les toinneurs en gros onvrages^qui font les mortiei^j, la grosses cuillers, les s^Ues , etc. Ils tournent d'abord ta pièce en dehoir», et lui donnent la forme qu'Ole doit avoir ^ ensuite ilsi la creusent, en liéservant an noyau an centre et appuyant kenr outit d« cAté, sur une trmgle de fer qu'ils posent sur la pointe et sur le support, jusqu'à ce que la pièce soft terninéc à l'intérieur; il ne reste plus qu'à couper le noyau, ce qui se fait
i48 MANUEL DU TOURNEUR.
B en le diminuant insenEiblement de grossoir , vers le fond du va»e jusqu'à ce qu'il puisse se détacher facilement.
Ce moyen nous semble préférable au premier, .parce que la lunette laisse toujours une empreinte- sur l'extérieur du vase: d'ailleurs.!^ lunettes n'ont ordinairement pas a&ses de diamètre, pour pouvoir y placer la coupe, et on seroit. obligé de s'en faire. une exprès.
Comme il faut pratiquer, au bas.du tenon de la coupe ou sébille, une entaille propre à recevoir la «rapaudine de cuivre, qu'on est dans ce uioment supposé n'avoir pas de Tour en l'air , et (Ju'il est difficile de bien tourner la pièce dont nous parlons au Tour à pointes, noiis nous faisons un devoir d'indiquer les ressources qu'on peut employer dans tous les cas. On fera ]>our cela un mandrin à grilles, tel que le présente ia.fig. 7. Ce n'^t pas autre chose qu'un cylindre de bois, de 3 à 4 pouces de long, sur I a à 1 5 lignes de diamètre. A l'un des bouts a, on réserve le centre ; l'autre est coupé très-vif. On enfonce sur ce dernier trois pointes de fil d'acier, de la grosseur d'un moyen clou d'épingle, à trois points égale* ment distans, et formant les trois angles d'un triangle équilatéral. On appointira ensuite chacune de ces pointes d'assez court, avec une lime bâtarde , ayant soin qu'elle n'excède pas deux lignes de long. Ce mandrin peut servir dans une infinité de cas.
On prendra une petite planche, de trois pouces ou environ en carré, et de quatre lignes d'épaisseur. On l'arrondira avec une scie à tourner, suivant un cercle qu'on aura décrit. On posera le mandrin le plus au centre qu'on pourra sur la planche^ et pour, y réussir mieux, on aura soin de tancer sur cette planche un. cercle du même diamètre que le mandrin: par ce moyen, on sera assuré de mettre le mandrin parfaitement au centre. Ou donnera sur le bout opposé, un coup de marteau pour imprimer les trois pointes, et. ainsi la planchette sCTa fixée sur le mandrin.
On remettra le tout sur le Tour; et si on n'a pas de centre, on le cherchera par la méthode que nous avons indiquée, en examinant si le mandrin lui-même tourne bien rond. On tournera à la gouge la planche, un peu plus grande que le diamètre de la sébille ou coupe , puis on dimi' nuera le diamètre,, à peu près aux deux tiers de l'épaisseur, de manière que la partie ainsi diminuée entre juste dans la sébille, et que l'antre porte contre le bord. Ainsi on aura un centre à cette coupe pour y mettre - la pointe. ,
On formera à la râpe deux ou trois pièces de bois , qui remplissent à
CHAP. IIl. Sect. I. Manière défaire un Dévidoir à chevilles. 1^9 peu près la gorge , et qui soient rondes extérieurement quand elles seront = en place : c'est là qu'on mettra la corde. On mettra le tout sur le Tour , la ^ pointe d'un côté , et le tenon à la lunette. Par ce moyen , on aura la faculté de tourner sur le bout de ce tenon l'entaille ou ravalement circulaire qui doit recevoir la crapaudine de cuivre.
On pratiquera donc au bout un petit renfoncement de trois li^es de profondeur ou environ ; d'abord avec un grain-d'orge , puis avec un petit ciseau à un biseau. Et laissant la pièce sur le Tour, on fera, à laiime, une petite pièce ronde de cuivre, un peu plus forte que la place où on doit la mettre , et on fera sur la circonférence quelques pans avec la lime , en la penchant un peu pour donner de l'entrée. Cette pièce doit avoir un peu plus de trois lignes d'épaisseur. On la mettra en place , en la faisant entrer avec un petit marteau , jusqu'à ce qu'elle pose au fond , et qu'elle tienne bien, solidement. On présentera à foce un ciseau carré , pour tourner ce cuivre;, mais ce métal veut être pris d'une manière particulière, qui consiste à présenter le ciseau au dessous du diamètre, et à ne le présenter que par la moitié du diamètre , c'est-à-dire à partir du centre? Si l'on essayoit de couper le cuivre de toute autre manière , on ne pourrait éviter les ondes.
On marquera le centre avec l'angle même du ciseau, en l'inclinant beau(»>up sur sa largeur au morceau de cuivre , et ne prenant que de l'angle.- On approfondira ensuite ce trou avec un petit grain-d'orge fort aigu , de manière que le trou soit conique et le sommet bien au centre : de là dépend que le dévidoir tourne bien horizontalement.
On peut approfondir ce trou avec un foret à cuivre , que nous avons décrit à l'article du Perçage des Bois et des Métaux. En cet état , il ne s'agit plus que de tourner la pièce , que nous allons décrire , qui en entrant juste dans le tenon, et qu'on y colle, fixe solidement la sébiUe sur le croisillon.
Oii prendra un morceau de bois convenable. On le percera à bois debout , à la grosseur juste du tenon , soit avec une grosse mèche, soit sur le Tour à lunette. On le mettra sur un mandrin cylindrique, de manière, qu'il tienne assez juste. On le tournera suivant la forme que représente la. f^. 8, ou à peu près : on lui donnera pour diamètre environ six lignes^ de plus que le tenon , et pour longueur, ce qu'il faut pour qu'étant en place, et collé, il afûeure le tenon.
Nous n'avons pas donné, en décrivant la manière de faire la sébille à la lunette, le moyen de la creuser; mais comme las commençaos pour-
i5o MAWUEL DU TOURNEUR.
— > roient en être embarrassés , nous allons en dire un mot. On 9efiervira,pour '7* ébaucher, d'une gouge convenable, qu'on présentera obliquement .de l'extérieur à l'intérieur; puis on terminera avec un ciseau k un biseau, jSjg'. 6, PI. la, d'une courbure approchante de celle qu'on veut donner à la coupe ; s'il étoit d'une moindre courbure, on ne pourroit guère efiacet les côt^s ou reprises que ^'outil laisseroit après lui. Le plos sûr est de tracer un calibre de carton, k la cdurbare que représenté la^^. 6, intérieuremeift. On prendra pour Cela un compas, dont une des pointes aoit coupante , et on sera assuré de cotipéT bien circuiftirement.
Il ne reste plus , en ce moment, qu'à arrondir lès bouts des lames. On se servira pour cela d'une lime bâtarde, et on polira avec de la prêle (espèce d'herbe sèche, fort rude, et qui, frottée en travers, use Godsidérablement le bois , on l'appelle en botanique Equisetam ou queue de cheval ) , ou avec du papier .à polir. Enfin on abattra , avec les lUèmes moyens , les Vives-arétes , en enveloppant la lame de ce papier, et te passant sur sa longueur.
Les quatre bâtons doivent être tournés avec soin. On choisira pour cela un profil un peu agréable , tel que ceux fig. 9. Cdui qui est surmonté d'une petite pointe paroit pins difficile à faire au Tour à pointes; mais on peut laisser le bois nécessaire au dessus de la tète , et le terminer à la lunette , en laissant cette partie sortir en dehors. Pour plus d'intelligence , on voit, fif^. iq, II et 12, le profil à donner à l'une et à l'autre tête ; mai» dans tous les cas, pour qn'il ne reste pas de marque de pointe, il l^uC les achever à la lunette. Voilà le dévidoir entièrement terminé.
Comme cette espèce de dévidoir tient beaucoup dé ptâcifi', aitéOdu la longueur du croisillon d'en bas , on a imaginé de le briser à deuï pouces Ou environ des qoatre balustres : dans ce cas, on ne fait pas les grandes lames d'un seul morceau, mais seulement de deux bons pouces de plus que les petites. On ajoute à chacune des quatre branches une lame, de largeur et d'épaisseur égales. Les ^. i3 et i4 représentent ces deux laines, aux extrémités desquelles on voit des tenons et des entailles ^ qu'il faut ajuster exactement, et avec beaucoup de soin et d'attçntiow; mais comme un pareil enfburchement fait charnière dessus et desSoUs , on pratiquera à chaque tenon des biseaux, tels qu'on en voit un à la^^, i5, tant au bout des tenons qu'aux épaulemens, et de même aux tenons de l'enfourchement , et au fond de l'entaille. Lorsque toutes ces pièces Se conviendront parfaitement , que les biseaux iront bien les uns sur les autres , et que les joints seront parfaitement réunis, on fera un trou sur l'épaisseur k angle droit; et pour y parvenir plus sûrement , on tracera an trait aveu
CHAP. ni- Sect. II. Dévidoir à LaïUerma. i5i
une équerre à chaperon : enûn , pour plus de sûreté encore , on commen- = cera ce trou de chaque côté, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent. Quand on en aura faitautant à chacune, on fera avec de gros fil de fer des chenilles, auxqudles on donnera la forme que présente la fig. 1 6. Pour les faire avec plus de facilité , on fera rougir un bout de ce fil de fer , et saisissant l'extrémité avec des pinces rondes , PI 4 ^J^- ^> T- TIj on y formera un œil tel qu'on le voit ; mais il &ut, quand l'œil est formé, le pencher en dehors, pour qa'il soit dans l'axe de la tige. On polira , avec une lime très-douce , plate ou demi-ronde, selon le becoia, les pièces que le feu aura noircies , et on les limera en diminuant un peu vers le bout , afin de leur donner de l'entrée , et on arrondira le petit bout, pour qu'il n'arrache ni ne blesse. Ainsi se termine une pièce , dans le détail de laquelle on a rapporté toutes les opérations qui peuvent servir à une infinité de circonstances, et que nous ne répéterons plus sans une extrême nécessité.
SECTION IL
Dévidoir à Lantemes.
Il est une autre espèce de dévidoir, dont la commodité est telle, qu'une dame peut le porter avec elle, et qui s'atûiche à une table, à denx chaises , etc.
On tracera sur deux petites planches , de trois lignes et demie ou quatre lignes d'épaisseur, et de près de quatre pouces de diamètre, avec un compas d'acier , un cercle de trois pouces et demi , ou , pour plus de sûreté , de quatre pouces moins trois lignes. On les découpera à la scie à tourner. On fera au centre un trou d'environ quatre lignes de diamètre. On tournera un cylindre de bois dur , d'environ trois pouces de long , et on le réduira vers le tiers de sa longueur à quatre lignes un peu fortes , en diminuant vers le bout : on aura soin de réserver sur ce cylindre ou mandrin une bobine d'un pouce au moins de diamètre pour la corde. On mettra la planchette sur le cylindre, le plus droit possible, et on la tour* nera bien ronde et bien drcute, tant sur le diamètre que sur les côtés; mais comme son peu d'épaisseur ne donne pas beaucoup de solidité sur le mandrin , on n'ira qu'à petits coups et avec précaution. On n'y fera aucunes moulures , si ce n'est près du bord , une petite baguette à la partie qu'on destine à étxe en deasus , ;^g. 1 8. A environ neuf lignes ou un pouce du bord , on tracera du même côté que la baguette , et avec un grain-
,5a MANUEL DU TOURNEUR.
=d'orge , un léger trait, Jig. 19, dont on parlera dans un instant. On pdin >7- avec soin le dessus et le dessous, ainsi que la baguette, en la ménageant bien. On 6tera cette planche de dessus le mandrin , et on en tournera une seconde parfaitement semblable. On en tournera ensuite deux autres d'un plus petit diamètre , dont le dessous doit être plan , et le dessus sera orné de moulures à volonté ; et pour cela on prendra du bois, de cinq à six lignes d'épaisseur. On peut voir ,Jig. ao , un exemple des moulures dont on peut l'orner. On tracera en dessous , c'est-à-dire sur la partie plane, à six ou huit lignes du bord, un cercle léger avec un grain-d'orge. On aura soin quece trait se rencontre sur un renflement, afin d'avoir en cet endroit plus d'épaisseur de bois.
On divisera chaque trait , tracé sur les quatre plateaux , en huit parties égales ; et avec une mèche à trois pointes ( car ce sont les seules avec lesquelles on puisse faire un trou sur un point déterminé ) , on fera des trous de deux lignes de diamètre ; mab on aura soin que ces trous ne traversent pas toute l'épaisseur des plateaux supérieurs; ce sont les petits.
On tournera seize bâtons de ni£me bois , de trois lignes de diamètre : on y fera haut et bas des tenons de deux lignes , et d'un épaulement à l'autre, on donnera avec la plus grande exactitude quatre pouces. Quand ils seront tous parfaitement égaux et bien polis , ainsi que l'ont dû être les plateaux , on en collera huit pour former chaque lanterne, fig. 21 ; on collera les tenons haut et bas, avec de la colle forte bien chaude, -ayant soin de les aviver avec une lime un peu rude.
On tournera ensuite deux tiges , d'une hauteur telle , que chaque lanterne repose à très>peu près sur une embase qu'on aura réservée aubas , et qu'on peut voir en a , fig. 22. Ail dessons de cette embase est un tenon à vis dont on va dans un instant connoitre l'usage.
On prendra ensuite un morceau de bois très-sain , le plus dur et le plus noueux qu'on pourra le rencontrer , de quatre pouces ou quatre pouces et demi de longeur , sur un pouce d'épaisseur, et sur environ trois pouces de largeur. Cette pièce A ,fig.-^i , n'est point du ressort du Tour, et doit être entièrement faite à la main. On évidera d'abord à la scie à tournertout le milieu , à peu près tel qu'on le voit. On en découpera aussi le contour extérieur : puis réservant les deux têtes à la grosseur déterminée, on diminuera d'environ deux lignes de chaque côté l'épaisseur de la partie cintrée. Enfin otx terminera le tout suivant la forme qui plaira le plus, avec des râpes et des écouanes ; puis on t'adoucira avec des 1 imes bâtardes. On percera haut et bas des trous propres à recevoir des vis , et on les taraudera , savoir
CHAP. ITI. Sect. m. Autn Dévidoir à Lanternes. r53
An hant pour recevoir le tenon à vis de la tige, et en bas pour recevmr la '- 'i .'.'j vis de pression a, fig. ai. U sera bon de coller au dessousdu carré d'en P*" '7faaut UN morceau de drap pour que cette happe tienne plus solidement à l'endroit où on la fixent
On<doit avoir eu soin, en toumaat la tige, de réserver au haut un tenon d'environ deux lignes et demie de diamètre, sur 8 à 9 lignes de hauteur, et pour Êiire ce tenon et son épaulement, on prendra la mesure sur chaque lanterne , de manière que Tépaulement n'excède pas plus d'un quart de ligne la hauteur totale de la bnteme, et que le vase qu'on doit placer sur ce tenon ne puissecn aucun cas la toucher, et l'empêcher de tourner très-librement.
Il ne s'agit plus que de tourner un vase, ou coupe, pour couronner chaque lanterne. Chacun peut Lui ^onn^ le profit qu'il jugera le plus agréable. Nous n'en proposerons un que pour servir d'exemple, B,fig. a i , et pour tennîner'CË'que'jieiis avons entrepris. Nous ne dirons rien ici de la manière de tourner ce vase, que nous venons de décrire.
Nous croyons en avoir assez dit sur cet objet "La fig, ai représente- ce dévidoir tout monté : les détails dans lesquels nous sommes entrés sup» j>osent.as$ez d'exercice pour qu'on puisse en saisir r«nsemble.
SECTION III
Autre mamère demmOer le Déçidaîr à Lanternes.
Le dévidoir que nous allons décrire ne dilFère du précédent que par ta maiiière>dont les lanternes sont portées : ainsi nous supposerons qu'on .a deux lanternes montées sur leurs tiges , surmontées de vases , coupes ou autres omemens.
On dresseia hiea à la varlope et on mettra d'épaisseur une planche du bois qu'on aura déterminé : on lui donnera environ un pied ou i5 pouces de lomg, sur 7 à 8 pouces de large. On l'arrondira par les bouts, t. ou on la pendra par&itement carrée, comme on le jugera à prc^>os. Mabdans tous les cas, il faut que les champs soient terminés avec des limes plates-douces , en suivant les fils du bois , et polis avec soin.
On formera oisuite avec une lame du même bois, de deux pouces de
lai^e au plus , deux tringles d'un pied de long chacune. On les dressera
parÊûtement sur tous sens, et on leur donn^a environ six lignes d'é-
piùsseur; on les arrondira par chaque bout, et même on poussera tout
T. L ao
i54 MANUEL DU TOURNEUR.
SE atttonr de la snr&ce qu'on destine k mettre en dessus , un6 moulure avec '* on outil de menuiserie , si on en a les moyens ; sans quoi * on les laissera carrées, en y pratiquant, à la lime tout autour, et également, du chanfreins. Et même lorsqu'on veut donner à un ouvrage, qui n'a pas besoin de vives-arétes , un peu de grâce , on trace avec un tnisquin Ja largeur qu'on veut donner au chaufrein, en dessus et des cÀtés, et avec une écouane, une râpe et des limes, on termine l'ouvrage, qui par ce moyen acquiert -un cou^ d'œil agréable : mais cette opération ne doit se faire que quand l'ouvrage est prés d'être terminé.
On marquera suries deux faces de cbacpie tringle deux traits de trusquin , que l'on appuiera contre une même rive , afin qu'ils soient parallèles. On laissera entre ces deux traits à peu près 5 à 6 lignes de distance , on percera à chaque extrémité un trou de la grosseur de sa rainure, pour servir à introduire la scie fig. 3, PL a5, avec laquelle on délacera toutle bois contenu entre lesdem: traits-. Puts'saàsissantda-tringle dansun. étau, entre de petites éclisses de bois, pour que les mâchoires ne gâtent pas l'ouvrage, on dressera, avec des râpes, des éconanes, et enfin avec des limes plates, cette rainure, en att«gnant également, dans toute sa longueur , chaque trait. Et pour phis d'exactitude, il sera bon de pencher ces outds sur le devant, où on voit le trait; puis retournant la pièce de l'autre côté , on en fera autant sur la secondé &ce ; après quoi on limera parallèlement, jusqu'à ce qu'on voie que l'outil pose exactement sur l'un et l'autre trait. C'est le seul moyen de dresser parfaitement de semblables rainures.
On voit au bout de celte tringle une partie qui est restée pleine : die est destinée à recevoir un trou , qu'on taraudera pour recevoir le tenon taraudé a, de la \t%efig. aa, et porteries lanternes.
On tournera deux vis, de la.forme de celle qu'on voit^^. a6; et pour qu'on puisse plus facilement les feire mouvoir entre le pouce et l'index, on tournera la têle,de'figure sphéroïde rentrante au sommet; on y pratiquera un petit bouton pour plus de grâce , et on lui donnera la forme méplate, en abattant avec une scie, bien parallèlement et à égale distance du centre, les deux parties a , a, b, h, fig- a6. On réparera ces deux surfaces avec une écouane qui coupe bien, pour ne laisser aucun trait.
On placera sur le plateau , l'une i c6té de l'autre , les deux tringles , pour déterminer les points où l'on doit placer les vis. On les percera et on les taraudera. La fig. 27 représente ces deux tringles sur le plateau. On y6\l^fig. 27, une des formes qu'on peut donner au plateau : 1«8
CHAP. III.S^CT. III. ^utre Dévidoir d Lanternes. i55
deux tringles posées dessus, et les places des deux vis de pression a, a. setsm On sent que si l'on place les tiges des lanternes en b, b, on aura la laculté P^- < de les écarter, selon la longueur de l'écbeveau, en tirant k droite et k gauche les lanternes portées sur les trin^es.
- Pour procurer k ce dévidoir plus de grâce , on pourra poueser tout autour, à la partie supérieure, telle moulure qu'on jugera à propos, teHe qu'un congé ou demi-rond en creux, un rond eotre deux carrés, ou enfin un bouvemeat : mais pour cela il faut avoir des outils de menui^ série de plusieurs aortes , et être assez exercé pour exécuter à la main , avec des govgesjconvânables, k même moulure sur les parties circulaires. Ce dernier moyen présentant lieaucoup de difficultés pour feire la moulure exacte, nous allons en indiquer un pluft simple. Après avoir déterminé le centre des arcs de cercle qui terminent le plateau , on y fixera ud« pointe, il laquelle on ajoutera une trhigle de bois méplate d'environ a ponces de laideur suf un d'épaisseur , de manière à ce qu'elle puisse se mouvoir facilement. A la distance convenable on fixera le fer qui a servi k pousser les moulures de Côté, de la même manière qu'on fixe te fer des guimbardes,^' 55 , PI. 9. Il sera facile srvec cet instrument de tracer la moulore circulaiig dei deux bouts^ Il fiiot seulemeni avo^ l'attention de prendre peu de bois à la fois, et finre descendre le fer £ diaque demitour, jusqu'à. c«. qu'on «it attetntla pnifoadear danandéiB.' Si >in>aMtgdait d'endommager le plateau en fixant la pointa «u centre , il s«rott facile de parer à cet incoraVéDioil en plaçant d<ssUs one p4an«hette surlsiqueHe on détermineroit le centre, et qui reeetvroit la pointe : la Jig. aS donne nn modèle de cet inatnlment.
On pourra aussi , en supprimannls moulure^ clouier- proprement tdut autour une bai^de du. mcme.bois , satttantie sur le plateau, de a on 3 lignes d'épaisseur, arrondie sur le champ, et d'une largeur égale à l'épaisseur du plateau ; mais cette opération , assez difficile , ne concerne absolument que l'Art du Menuisier. Si on la fait en alisier , elle sera moins difficile , et moins encore en noyer , attendu que le bois de cette espèce est très-liant, et se plie facilemèirt ^ de pë^ftés-^àiâsetfrs : mais si l'on vouloit la 'faire en bois des Iles , qui est très-sec et très-cassant, on rencontreroit beaucoup plus de difficultés.
Pour la.faH« en noyn, on preiidia: exaetauent le conloat' du plateau. Où refmdrai à .la deie une tringle dc.largear et d'^aisseur convenaliJes « mms dea.ott 3 }kMlaeBide phis.qù'il nefaatàxloQgiwur. On la dressera bien , et on la mettra d'épaisseur au rabot : puis avec une .BioachAte
i56 MANPEL DU TOURNEUR.
- ( espèce d'outil qui arrondit une baguette ) , ou £era la baguette sur on de» champs. On sciera parfeitement à l'équerre un des bouts , et on te taillera en biseau extérieur à la surface qu'on doit ap|diquer contre, le plateau. On l'y attachera avec un ou deux clous depingle à petite. tête, en coni'- mençant par un des bouts d'une des parties drpites. On appliquai, le plus exactementi possible, la tringle cot^e le plateau, et on mettra un autre clou à S ou 4 pouces de distance des premiers , puis un troisiènie> et aioai de suite jusqu'à ce qu'on ait attaché tout autour, à 3 pouces de distance du bout. On prendra ensuite par£iitemeot le poiitt où lea deuK bouts doivent «e. réunir : on te couperaà ta scie, «t avec ui^ ciseau qui coupe très-bien, on fera un biseau eiv sens contraire du. premier; de manière que les deux biseaux soient si exactement appliqués l'un sur l'antre,' et que la partie arrondie de dessus se profile si bien, qu'on ne voie presque pas la jonction. On mettra tout près. des biseaux, dont le dernier retiendra le prenïier et {cessant dessus, deux clous- d'épingle , et' la tringle se trouvera solidement fixée.
Il reste maintenant à cacher kt tète de ces don* , qui font un mauvais effet sur une sur&ce polie. Pour cela on les enfoncera un peu plus avant que la surface avec un chaaae-pointe ; espèce d'outit d'hier cpii ressemble à un poinçon doat le bout n'est pas pointu.
GotumcMle ehasse-pointe laisse ^H>ès lui.tes trous des tètes qu'oniaienf<mcées , on prendra de la cire , qu'on pétrira avec ta sciure du même bois pour lui donner la couleur et l&eonsistance convenables. On en fera entrer de petites boules dans chaque trou, et avec un morceau de serge on polira les endroits où sont les ctous; et si tout cela est bien exécuté, on ne doit plus en voir la marque. .. fllf
On peut dans cette opératitm remplacer avec avantage la cire par la colle forte.
SECTION ly.
Dépidoir à mettre sur les genouae:
Oit a souvent I>esoin, quand on brode, de dévider une grande quantité de. sole de toutes les couleurs. C'est entrer dans les vues des amateurs de àonma la construction , d'un dévidoir très*commode pour mettre ces soies sur de& bobines, ou de celles qui sont sur.des.bobines en Ëûre des échevraux
CHAP. m. Sbct. V. Dévidoir en faisceau. r57
hesfig. i4» >5 et i6, PI. aOf représenteat ce dévidoir de &ce,- de profile
et géométralement Un seul montant yé , fig. i^, est planté sur une ^'~ '7- ^anehe B, et retean en dessous par un écrou en bots~ Ce montant, auquel on peut dooner la ftHroe d'une colonne , porte , au haut , une partie cvrée , ou à quatre £>ces, dans l'une desquelles entre un boulon de bois, sur lequel roule un cerde plein ou moyeu ea bois a , sur l'épaisseur duquel «ont six rayons comme b, faits au Tour, et au bout desquels sont des espèces de bobines, comme Cyfig. i5, sur lesquelles s'eoTeloppe la soie. A l'un des rayoo» est une poignée d, qui sert à faire tourner le dévidoir: A l'autre bout de la planche B,fig. \&y sont deux montans assemblés obliquement, par raj^rt à la longueur de la planche, et également inclinés et parallèles. On passe dans ces montans une cheville a, a, ayant une poignée ; on y enfile la bobine qui y est retenae ; et en quelques tours de la roue on forme un écbereau-
La forme des bobine» qui sont aux extrémités des rayons ne pennettroit pas à l'écheveau de sortir de place, à cause des rebords qui sont à leurs extrémités : poAr pouvoir t'en retirer, un des rayons est formé de deux pièces assemblées sur leur longueur, par un tenon en eniburchement Ce teson est goupillé et forme charnière a-, 0g. 1 4 et 1 5 , en cet ehdroit : et pour qu'il ne puisse se baisser sans qu'on le veuille , on met une seconde goupille ou cheville , qu'on ôte à volontià. Ainsi , quand l'écheveau est formé , on ôte cette goupille : le rayon se plie dans te sens du plan que décrivent les rayons , et l'on Âte &cilement l'écheveau.
On pourroit creuser en forme d'étui un des rais sur sa- longeur, et pratiquer à l'autre partiede ce rai nn tenon, qui entrât juste dans l'étui» On retiendroit ces deux pièces par une goupille ; et quand on ôteroit la^ gOUftiUe» le raise raccourciront eu .entrant dans la partie creusée.
SECTION y.
Dépîdoir en faisceau:
Nous allons donner la description d'un autre dévidoir qui présente, quand il est feimé, la forme d'un faisceau; il est d'un usage très-commode et d'une forme encore moins embarrasMUlte que ceux dont nous venons de parier. ' "
Ce.dévidûir, fig. 4^, Pli^, est composé d'une tige de fêm, mon-
i58 MANUEL DU TOURNEUR.
= tée sur un pied de bois 6, dont on peut varier la forme suirant le goût da ■ jour.
C, Cf sont deux noix en bois k peu près semblables à celles des para? pluies, sur la circonférence desquelles sont pratiquées six entailles pour recevoir l'extrémité de douze baguettes qui y sont fixées par un fil de ébt comme les baleines d'un parapluie. Ces baguettes sont accouplées deux & deux, par leur milieu, au moyen d'un bout de fil de fer qui les traverse , et dont les bouts sont roulés en forme d'anneau.
L'autre extrémité est jointe à une aiitre baguette de même longueur qui va rejoindre l'extrémité du couple voisin en suivant une ligne diagonale; la noix supérieure est traverse par un trou rbnd dans lequel on place une cheville sur laquelle s'enroulent deux ficelles fixées k la noix inférieure.
En tournant cette cheville , la noix inférieure monte le long de la tige , et le dévidoir s'ouvre plus ou moins , suivant le diamètre de l'écfaeveau.
On place au dessus de la tige une coupe ou vase servant à mettre les pelotons. . ■- „ ....
Les baguettes dont se compose ce dévidoir se font rondes ou carrées méplates. Cette dernière forme est plus agréable, en ce que quand le dévidoir est fermé, il représente assez exactement un cylindre; mais il est bon d'en arrondir un peli les angles extérieurs qui-, sans cette précaution^ pourroienl ctniper le fil.
SECTION VL Rouet à fier aur les genoux.
Le rouet que nous nous proposais de décrire est de ceux qu^ lei dames tiennent sur leurs genoux, sur une petite table , ou autrement.
On dressera bien à la varlope une planche d'un pouce ou environ d'épaisseur. On en mettra les bords à l'équerre sur l'épaisseur , et on arrondira les deux extrémités. Enfin, on lui donnera absolument la forme de la^. 3 , PI. 36. On y attachera des rebords de la même manière qu'à celui fig.i-],Pl. 17.
On tournera deux montans à peu près de la forme de celui , fig. 4 > PI. 36 , ayant envtr<M> 8 à g pouces de long , sans y comprendra le lenon Maiis quell«!ï que soient tes mouittres qu'on y formera , it foui aivoir soia qu'à six pouces et demi de l'épaulement du t^ion , et en o , soit uneparCie renflée, pour donner plus de force à cet epdroit, qui doit porter Taxe de
CHAP. m. SïCT. VI. Rouet d filer sur les genoux. iSg
la roue. On taraudera le tenon b , à peu près de tou te sa longueur. Quand ces ^ deux montans seront tournés ,' ou percera sur le plateau deux trous a, b , fig. 3 , à égale distance des l)ords , et distans entre eux de manière que , quand les montans seront en place , ils soient à un pouce et demi d'écarr tement. On mettra les montans à leur place après avoir taraudé ces trous ; on les serrera assez pour être assuré qu'ils ne peuvent plus changer de place ; puis , . avec un compas , on prendra sur chacun d'eux un point a , servant à contenir l'axe de la roue. Quand ces deux trous seront percés de manière à se correspondre parfaitement et bien horizontalement , on fera avec une scie, dont la lame soit fort mince, l'entaille qu'on voit en a, fig. 4i ^ celui des deux qui doit être mis en A ^ fig. 3 , dans la position où doit être le pbteau ; c'est-à-dire , la roue étant à droite de la personne qui file , et la bobine vers la gauche , ainsi qu'on le dira bientôt.
On peut placer ces montans sur le plateau d'une manière tout aussi solide et beaucoup plus commode. Au lieu de Ëiire leur tenon b rond, et de le tarauder en entier, on l'équarrira le plus exactement possible sur le diamètre où on l'avoit mis au Tour, c'est-à-dire que la circonférence soit conservée aux angles que te carré présentera. Quand cette opération aura été faite avec soin , à l'aide d'une excellente équerre , on remettra la pièce sur le Tour ;■ puis avec l'angle supérieur du ciseau , on coupera net et perpendiculairement, à trois lignes ou environ du dessous de l'épaulement, les quatre angles assez profondément pour que la gouge dont on va se servir n'écorche pas le bois.
Si, en mettant ce tenon au carré, on n'étoit pas sûr que chaque angle fiît à la circonférence du cercle où on l'a pris , on s'en apercevroit sur le champ en le mettant sur le Tour : il suffiroit , pour cela , de présenter une gouge fine contre les angles , sans les entamer, en faisant tourner la pièce très-lentement , et tenant la gouge bien fixe , pour juger si chaque angle l'approche également. Si Ton aperçoit quelque erreur , on coupera avec un ciseau afluté bien fin ce qui excède à chaque angle , jusqu'à ce que tous les quatre soient dans un cercle parfait. Puis avec des écouanes et des limes on recalera ce tenon dans les parties où la circonférence est enlevée, en se servant continuellement de l'équerre. Par ce moyen, on s'assurera que te carré, et le tenon rond qui le suit, sont dans le même axe que le reste du- montant.
Lorsque ce carré sera terminé, on remettra la pièce sur le Tour, et avec une gouge on emportera les carrés du surplus du tenon , et on le mettra à la grosseur qu'on désire donner à la vis. On taraudera ensuite ce
i6o MANUEL DU TOURNEUR.
■— —i-enon jasque coptre le carré, par les moyens qne nous arons précédem- '7- ment indiqués. Puis ayant taraudé, k bois de travers, un morceau de bois À peu près du diamètre des angles du carré, on le mettra sur lavis, et on le tournera entre deux pointes , en lui donnant l'épaisseur nécessaire, dont ce qui va être dit fournira la mesure.
Dans le cas où l'on se serviroit de reiq>édient dont nous parlons, il ne laudra pas avoir taraudé les trous a, è, fig. 3 , mais il suffira de les percer à la grosseur de la vis du tenon, avec une mèche k. trois pointes , de grosseur convenable. On fera entrer dans ce trou, et un peu juste, le tenon d'un des deux montans. On placera la partie carrée , qui doit poser juste sur le plateau , de manière qu'une de ses faces soit paraître au grand côté du plateau; puis avec unepointe à tracer , très-fine , on tracera sur ce plateau les quatre côtés du tenon. On ôtera le montant, et avec un ciseau bien afîuté on creusera la place du tenon , en laissant plutôt les traits en dehors , afin que le carré entre plus juste. On approfondira cette entaille d'un peu plus que la hauteur du carré, avec de bons ciseaux, et pour plus de facilité , on s'en servira en appliquant le biseau sur le fond , afin de ne pas trop creuser, et d'unir la sut&ce, ou bien avec des ciseaux courbés, tels qu'on en voit un de profil ,fig. 4 1 , PI. 1 7- Quand cette entaille s»a terminée , on y présentera le montant sur les mêmes faces où l'on a tracé l'entaille ; et pour s'en assuner mieux , on aura eu soin de Êûre sur celles des laces du carré , qui est parallèle k la bande de devant du plateau , avec un poinçon ou un ciseau, une marque qu'on nomme i£«/r^r8j afin de ne le pas changer décote. Onl'ajusteca avec soin, pour que le earvéentre sans force, mais -exactement , et que le d£ssoHS de la base pose bien juste tout autouc On en fera autant à l'autre montant : on marquera un point au fond de l'entaille -du oôté de celui qui est au tenon , et on en marquera deux à l'autre montant pour leur servir de repères.
il s'agit maintenant de placer les jéerous ; mais comme il ne &ut pas qu'ils excèdent la surface de dessous du plateau* ce qui le rendroit boiteux : voici comme oo s'y prendra.
On touroera entre deux pointes un cylindre d'une grosseur telle qu'il entre juste dans le trou du tenon ; mais on l'y présentera par la sur&ce de dessus; oa le fera entner assez juste pour que le bout où a été la pointe, et qu'on aura dressé au Tour , affleure juste la surface de dessous. On coupera ce cylindre k peu près ji l'épaisseur du plateau ; on le remettra au Tour, et on en fera un s^nblable pour l'autre trou. Puis on prendra une mèche à trois ^ntes , du iliamètre qu'on a donné à l'écrou ; et pla^aat su
CHAP. ni. Sect. VI. Rouet âjîieraur ks genoux. î6i
pointe dans le trou qu'a laissé la pointe du Tour , on fera, la place de cet = écrou , en laissant assez de bois entre l'encastrement et l'entaille du carré , pour que TefFort de l'écrou ne nuise en rien à la solidité. On remettra , s'il le faut, l'écrou sur le Tour pour en faciliter l'entrée ; et on le mettra à l'épaisseur convenable à la place qu'il doit occuper. Mais, comme il n'est pas possible de le iaire entrer au fond du trou dans l'état où on l'a mis , il laut employer pour cela quelqu'un des moyens que l'industrie a applir qués à tous tes cas où on veut noyer, soit une tète de vis, soit un écroû. On percera , à égale distance du bord , deux trous qui traverseront les écrous, Jig. 4^ , d'outre en outre, et de deux lignes ou environ de dia-; inètre; mais on aura soin de les percer en a, a, par rapport au fil du bois qu'on a eu soin d'indiquer, et non pas en 6^ bi on donnera dans un ins^ tant là raison de ce (dioix. On se procurera, soit en la faisant soi-^néme, soit en la disant foire , une tige de fer en fburcbette par te bas , jig. 43 et dont les fourchetons arrondis n'aient pas plus de deux lignes de diamètre : le surplus est aplati jusqu'en h^ et la' tige ronde entre à force dans un manche de bois OjC, ait au Tour. Cet outil se nomme Clef. Les IburcheT tons entrent dans les trous de l'écrou, qu'à ce moyen on feit entrer jusqu'au fond , pour serrer les montans à leur place.
- L'effort que fait cet outil tend nécessairement à faire fendre le bois , si les trous sont placés en b, h; au lieu qu'en les faisant en a, a> par rapr port au fil du bois , et portant contre du bois debout , l'écrou ne peut se fendre.
On peut encore, si l'écrou est d'un petit dianiètre, mettre à cette clef un manche droit ordinaire. Il suffira pour beaucoup de circonstances,
Si l'on a bien opéré, c'est-à-dire si les trous des montans sont percé» et taraudés bien perpendiculairetnent au plateau, les épaulemens des tenons doivent poser également tout autour. Si les bouchons qu'on a rois à ces trous pour encastrer les écrous avec la mèche à trois pointes ont été mis bien au centre , si l'on a tenu la mèche bien perpendiculairement , le ravalement ou entaille, où on loge l'écrou, doit être concentrique au tenon;et, à un peu de jeu près, il doit renjplir exactement sa place.
Comme nos lecteurs s'attendent, d'après nos engagemens, à trouver dans cet ouvrage les détails qui peuvent accélérer une opération , ou prévenir les difficultés, voici les précautions qu'il faut prendre.
On se rappelle que c'est la pointe qui est au centre d'une mèche à trois pointes qui détermine la position du trou qu'elle feit. Quiconque s'est servi de cet outil sait que si , danp Içbois, quelque petit nœud ou quel-
t6^ MANUEL DU TOURNEUR,
s que dérangement de fil se rencontrent , la pointe se dévoie , et que le trou n'a plus le même centre ni la même position qu'on avoit détenuinés» Or, lorsque nous avons dit de bouclier les trous du plateau avec un tampon de bois debout tourné, nous avons supposé que les fibres de ce bois seroient parfeit^nent droites, et qu'ainsi aucun accident ne dérangerait la mèche. Néanmoins l'effort de la pointe qui trace circulairement , et celui du taillant qui coupe le bois, sont souvent trop grands pour que la pointe du centre ne vacille^pas dans son centre, et dès-lors l'entaille ou ravalement n'est plus circulaire, ou. n'est plus concentrique au tenon. Alors l'écrou n'entre plus dans sa jJace , et on est obligé de le diminuer de diamètre; ce qui laisse de la distance d'un càté, tandis qu'il touche de l'autre, et est infiniment défectueux. Nous conseillons donc, pour obvier à cet inconvénient, de tourner ces bouchons à bois de travers , du même bois dont est le plateau , et de prendre du bois sans noeuds ni gerçures. On les tournera ainsi à l'aide d'un mandrin à griffes de grosseur convenable, yî^. 7; et par ce moyen la pointe du Tour fixera le centre sur lequel on mettra la pointe de la mèche à trois pointes.
Ces détails n'ont pas seulement pour objet le cas où nous nous trouvons ; ils sont généraux, et peuvent s'appliquer k une infinité de circonstances où l'on serokt embarrassé ; d'ailleurs, ces notions peuvent conduire à une infinité de ressources, dont on a besoin dans beaucoup de circonstances. Noua devons dire tout ce qui est nécessure pour faire naître des idées k nos lecteurs, qui, à mesure qu'ils acquerront de l'usage, imagineront d'eux-mêmes des moyens, que l'intelligence seule peut suggérer. Il s'agit maintenant de faire et de monter la roue ^ , fig. 6 , PI. 36.
Cette opération exige beaucoup de détails «t de soins. On prendra dans une planche de i4 ^ 'S lignes d'épaisseur, et de f3 pouces de diamètre, un plateau, ^j". i , PI- tS, doni le bois soitparËiitement sain, et surtout sans fentes ni gerçures. On tracera sur ce plateau un cercle d'un pied 6 ou 8 lignes de diamètre, et même de i3 pouces « pour qu'étant tourné, la roue soit réduite à un pied juste. On le découpera extérieurement au cercle avec une scie à tourner.
Cette roue seroit infiniment plus facile à faire sur le tour en Tair; mais en faveur de ceux qui n'ont qu'un Tour k pointes, et néanmoins désirent s'amuser , nous décrirons la manière de la tourna entre deux pointes.
On percera au centre un trou d'un assez fort diamètre) tel que 10 -4
CTIAP. Ht. Sect. VI. Rouet à filer aur Ua genoux. i63
ra li^es;on y mettra un mandrin tant soit peu conique,^. 46, Pi 17, s et on le fera entrer de force. Si le mandrin étoit moiQ& gros, il n'y ' auroit pas assez de frottement, et ta résistance qui a lieu à un grand diamètre, tel qu'est celui de la roue, pourroit la faire tourner sur son axe ou mandrin. On peut aussi, au lieu de ce mandrin, en appliquer un trè»-fort à trois griiïss sur une des fitces. En cet état, on tournera la roue sur son épaisseur et sur ses deux faces , en y faisant les moulures qu'on jugera à propos, et telles à peu près que celles représentées de profil ,fig. a. On lui donnera environ un pied de diamètre. On creusera ensuite, sur l'épaisseur de sa circonférence, une gorge circulaire un peu plus profonde que f%11e qu'on aura déterminée , et qu'on ue se donnera pas la peine de 6nir. On commencera à creuser au dessous du profil de chaque c6té, comme si l'on vouloit .détacher la roue du reste du plateau; mais on réservera assez de bois pour qu'il y ait beaucoup de solidité pour l'opération qui va suivre.
On retirera la pièce du Tour ; on donnera dans cette goi^e quelques coups de gouge en différens sens , en' enlevant le copeau de chacune , afin que la goige de plomb ou d'étain, qu'on va y couler, tienne très-solide* ment On se procurera une bande de carton assez longue pour faire un peu -plus que le tour du grand cercle extérieur, et pour cela on collera plusieurs bandes, les unes au bout des autres, en les amincissant en biseau , afin qu'on ne voie pas de reprises. Ces bandes doivent avoir pour largeur un peu plus que l'épaisseur de la roue. On fixera cette bande autour de la roue, au moyen de quelques tours de ficelle, le plus exactement possible. Puis , échancrant la bande en un endroit , on y collera trèssolidement avec de la colle-forte un bec, formé d'un petit morceau de carton, carré d'un bout, arrondi de l'autre, et qu'on tournera en forme de gouttière, après avoir éhiaelé la partie ronde et les deux côtés, afin qu'il s'applique plus exactement contre les bords de l'échancrure.
Comme il pourroit se faire que le plomb s'échappât entre le cercle de carton et les bords de la roue, quelque soin qu'on eût pris pour le bien faire joindre , on délayera un peu de blanc d'Espagne dans de l'eau, légèrement collée avec de la colle-forte. On en fera une pâte un peu liquide, et on en mettra tout autour du carton contre le bois , ce qui fermera exactement les jointures.
En cet état, on fera fondre assez de plomb, ou mieux encore d'étain, pour qu'il y en ait plus qu'il ne fitut, de peur qu'on ne se trouve à court; et il en faut beaucoup. Trop chaud, ce plomb échaufferoit trop le bois,
i64 MANUEL DU TOURNEUR.
... I !■. le gerceroit, et feroît gauchir la roue; trop froid, il ne couleroit pas bien Pl. i8. dans toute la circonférenoe ; on s'assurera du degré, en plongeant dans la matière fondue un^ petit morceau de papier blanc. S'il jaunit ou roussit un peu, la chaleur est suffisante. S'il roussit beaucoup, elle«st trop forte. Après avoir placé ta roue dans la rainure du Tour, on versera, avec une cuiller de fer à bec, tout le plomb, d'un seul jet, et sans se reprendre, par te bec qu'on a formé. 11 faut avoir soin de pratiquer au carton , et auprès du bec , deux évens pour laisser échapper l'air déplacé par la matière. Si l'on négligeoit cette précaution, il se formeroit des soufflures, qui nui- Toient à la perfection de l'ouvrage.
On remplira la gorge de plomb jusqu'à ce que le bec soit plein , et on laissera le tout refroidir complètement.
On ne doit pas avoir ôté le mandrin pendant cette opération : on risqueroit de ne pouvoir remettre la roue droite au Tour. On l'y remettra donc , après avoir ôté le carton , pour faire la gorge de plomb avec une gouge. Mais comme il y a quelques autres opérations à faire pour enjoliver cette roue, il sera mieux de s'en occuper, et de laisser Êiire au bois tout l'effet qu'une chaleur forte et subite doit lui occasionner, en le laissant reposer pendant un jour ou deux. On s'occupera donc à tourner le moyeu et les rayons, ainsi que les cuUnje-lampe , rosaces, ou autres omemens qu'on place entre chacun d'eux. C'est ici qu'il faut de la patience et de ta dextérité.
On commencera par tourner le moyeu de la roue. Pour cela , on ébauchera à la hache un morceau de bois bien sain , de deux pouces ou un peu moins de diamètre, et ayant pour épaisseur un peu plus que l'écartement qu'on veut donner aux montans. On percera sur sa longueur, c'est-à-dire dans le sens du fil du bois, un trou d'environ trois lignes de diamètre. On fera entrer dans ce trou un mandrin, ou arbre de fer, fig. 47, PL'ij , portant k un bout une bobine , ayant à peu près la même grosseur que les mandrins dont nous avons parlé , et on ébauchera le moyeu sur le Tour , tant sur sa circonférence que sur chaque Ëice; puis on retirera l'arbre.
Comme on a occasion de se servir souvent de pareils arbres, et qu'il est bon d'en avoir de toutes grosseurs , voici comment on peut les foire; mais il faut savoir tourner le fer : sans cela, on se les procurera chez te marchand. On prend un morceau de fer arrondi , s'il passe trois lignes, et d'acier , s'il est moindre. La raison de ce choix est aisée à sentir. Le fer à petite épaisseur plie aisément , et l'arbre ne seroit bientôt plus droit ; au lieu que l'acier ayant plus de roideur, étant plus compacte, résiste mieux dans 4es
CHAP. III. SïCT. Vt Rouet à filer mr lea genoux- i65
petits diamètres. On dressera le mieux possible, & la lime, Taritre qu'on a^^^sn ▼oudra ^re. On abattra un des bouts à huit pans , de longueur. suffisante, ^*" pour le faire entrer dans une bobine propre à recevoir la corde, et on y fera entrer très-juste un morceau de bois , de longueur et de diamètre suffisans. On placera sur l'arbre même une autre bobine , toute £iite sur le Tour; on donnera à cbaque bout un coup de pointeau pour servir de centre. "On fera ensuite entrer la bobine assez juste pour qu'elle. ne puisse tourner. On mettra le tout entre deux pointes , et on tournera la bobine du bout. On ôtera ensuite la bobine mise en second lieu ; puis remettant l'arbre sur le Tour, on le tournera avec des outils à tourner le fer, ou avec de gros burina. Quand cet arbre sera bien. rond, on le terminera avec une lime bâtarde, sur le Tour, en commençant par le bout, qui doit être un peu plus petit , et en grossissant insensiblement , et conduisant la liine jusque vers la bobine, ce qui formera des traits un peu rudes , en forme d'bélice , et empêchera les pièces qu'on tournera dessus de glisser pendant qu'on les tournera. Il faut se pourvoir de pareils arbres, de toutes grosseurs et longueurs ; mais on aura soin de ne prendre jamais pour les foire de l'espèce de fer qu'on nomme JFÏ/ de fer, attendu que ce fer, étant tiré à la filière , se désunit, et semble n'être plus qu'un faisceau de fils, qui ont peu d'adbérence les uns aux autres. On peut s'en convaincre en en cassant un bout
On mettra donc le moyeu sur l'arbre convenable au trou qu'on y aura &it:on le tournera suivant le profil, fig-kf ou toutautre qui conviendra le mieux; mais quel qu'il soit, il &at que les faces a, a, soient mises à l'épaisseur nécessaire, pour tourner sans ballottement entre les deux montans , et que le surplus soit orné de moulures telles qu'on les voit , et plus étroit que la partie a, a.
On prendra ensuite un morceau d'acier assez gros pour entrer juste dans le trou du moyeu, quand il aura été mis à pans à la :lime> On lui donnera pour longueur l'épaisseur du moyeu ; plus , d'un bout, le diamètre de la •partie d'un desmontansoù il doit être placé, et de l'autre, pour longueur, l'épaisseur de l'autre montant, et enfin 3 ou 4 Hgnes pour recevoir une manivelle à écrou. On commencera par former à la lime la partie du milieu , d'abord carrée , puis à huit pans , avec un peu d'entrée , c'est-àr dire plus ^tite vers un bout que vers l'autre. Ensuite on tournera ^ur un Tour d'horloger , si on en a un , ou entre deux pointes sur le Tour ordinaire , les deux collets qu'on aura préparés à la lime, le plus rond et le firoit possible. Enfin, on toundra , à un moindre diamètre , le petit bout
t66 MANUEL DU TOURNEUR.
•ss^^—s l^i doit être taraudé pour reoeroir la manivelle; ce qui formera un épau- Pl. I»; lement contre le collet.
On taraudera d'abord le bout de l'arbre avec une filière double , fig. ao ou a 1 , F/- 3 [ - Ce sont les meilleures , attendu qu'elles ne &tiguent pùnt la pièce , qu'elles ne sont pas sujettes à la tordre , et que les filets de la vis ne sont pas bourrés. On le remettra sur le Tour, pour voir si le taraudage ne l'a point dérangé du rond. Si cela étoit arrivé, on le redresseroit avec un petit maillet sur un billot , ou sur une lame de plomb un peu épaisse. On terminera les deux bouts en goutte de suif, et on les polira.
Il est assez d'usage de tenir le collet où est la manivelle beaucoup plus long qu*il ne faut , pour la commodité de la personne qui file. Mais comme cela est assez inutile, nous le laissons au choix de l'amateur.
Après toutes ces préparations , on fera entrer, un peu de force , l'arbre dans le trou du moyeu , de manière que les épaulemens des collets affleurent ces deux faces. On mettra sur un collet une bobine , qu'on y fixera au moyen d'un écrou , qu'on fera en cuivre , et qui pressant sur la bobine , la fera presser contre le moyeu même. On pourroit aussi , de peur que la bobine ne touro&t sur l'arbre, mettre sur cette bobine 3 ou 4 pointes très-courtes, pour que, grippant contre le moyeu, on fût plus assuré de tourner le tout, malgré la résistance, qui dans un moment va devenir considérable.
On donnera le dernier coup au moyeu , car il est rare qu'il ne se soit pas dérangé , et on le tournera bien rond. Enfin on le polira avec soin.
On divisera l'^taisseur du moyeu en deux parties égales en largeur avec un léger coup de l'angle du ciseau. On divisera ensuite la circonférence en huit parties égales sur la ligne qu'on a tracée ; puis avec une mèche à trois pointes, de trois lignes au moins, on percera autant de trous à une profondeur égale, mais on aura soin de tenir le vilebrequin dans la direction du rayon , afin que les rais soient également distans entr'eux.
On tournera ensuite, huit rais, comme celui^. 3, ou de tout autre profil, ayant attention que leur longueur totale, de a en i, soit parfaitement égale. On réservera à un des bouts de chacun un tenon de grosseur convenable pour entrer dans les trous qu'on a fitits au moyeu. On les y placera en collant le tenon ; mais pour les enrayer droit, on peut se servir du même moyen qu'emploient les Charrons pour leurs roues. On préparera une petite tringle, de deux lignes d'épaisseur ou environ, sur '5 à 6 pouces de long, et de largeur suffisante. On percera, vers l'un
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des bouts, un trou dans lequel l'axe ou arbre du moyeu puisse entrer j ,■, '.. très-juste. On mettra par dessus la tringle une petite cale de bois , qui ^'" entre aussi très-juste sur l'axe , pour empêcher la règle de varier , et l'appliquer exacteinent coDtre la &ce du moyeu. A cinq pouces ou environ du centre, on mettra dans la tringle et sur sa largeur, un clou d'épingle, qui servira de compas pour l'usage qu'on en va faire.
On mettra le premier rais dans sa place , après avoir mis de la colle bien chaude dans le trou , et avoir trempé le tenon dans cette même colle. On le fera entrer avec un maillet, pour n'en pas gât^ le bout On tâchera qu'il ne penche d'aucun cÀté des deux Ëices du moyeu ; et si l'on s'aperçoit qu'il penche d'un ou d'autre c6té, on le fera aller de l'autre, avec quelques coups de maillet donnés en sens contraire : on ôtera promptement et avec soin , BU moyen d'uncfai£ronbien$ec,lesbavures décolle qui seront sur le moyeu et contre l'épaulement du tenon , prenant bien garde de gâter le poli qu'on a dû leur donner au Tour. Alors on enfoncera le clou d'épingle, de manière quUl vienne affleurer le bout a du rais. On en placera un second avec les mêmes {oécautions, et iaisant tourner la petite tringle , on aura soin que le clou d'épingle touche le bout comme au premier : on|^acera de même tous les autres; et si l'on a bien opéré, ils doivent se trouver dans un même plan.
Cette opération se fait encore mieux en remettant l'arbre et le moyeu entre les pointes du tour. Après avoir posé le premier rais , on placera le support dans le plan de la roue, et on l'en approchera autant que possible; àmesurequ'on fixera les autres, on s'assurera si , en tournant, ilsviennent tous affleurer le support à la même distance.
Cela fait, on placera le support dans le sens du diamètre, pour juger exactement si les rais sont parfaitement égaux en longueur. On les égalisera tous , en limant proprement ce qu'il pmt y avoir d'excédant à chacun. En cet état , le moyeu ganii de ses rais est disposé à entrer dans son cercle, qui pendant ces opérations a eu le temps de se bien refroidir, et le bois de faire son effet.
Mais comme il est d'usage d'enjoliver cette roue par de petits culs-deiampe , ou autres ornemens entre chaque rais , il sera à propos de laisser encore reposer la roue pendant qu'on les tournera.
lafig- 5 représente le profil d'un enjolivement qu'on peut y mettre. Comme ces objets sont très-petits , il est assez difficile de les tourner sur le Tour à pointes : rien ne seroit aussi aisé au Tour en l'air; mais fidèles k nos engagemens, nous allons enseigner à les laire sur le seul Tour^
i68 MANUEL DU TOURNEUR. /
^=f dont nous supposons qu'on soit encore pouzvu , le Tour à pointes et k '^' lunette.
Il ne seroit pas possible de tourner ces pièces en y mettant la conle : pour y remédier, on prendra autant de morceaux de bois qu'on voudra faire de petits vases; mais ou leur donnna dix-huit lignes ou environ de plus qu'il ne faut On formera , au bout le moins bon , une bobine pour la corde , et de cette manière on parviendra à les tourner. C'est là surtout qu'il faut avoir acquis l'usage du ciseau. Qn doit'en avoir de très-étroits pour les parties où de plus larges ne pourroiept passer; niais surtout on se gardera bien de rien gratter au ciseau à un biseau. Ces pièces doivent tenir presque tout leur fini et leur poli de la netteté du coup de ciseau. On réservera au haut une partie cfq>able de contenir la pointe jusqu'à la fin. On formera au bas, près de la bobine, un tenon de grosseur suffisante pour pouvoir les coller en dedans de la roue. On peut en mettre la au lieu de 6; mais pour éviter la confusion, il faut, dans ce cas, les faire beaucoup plus petits. Si l'on poussoit la recherche jw^qu'à Êûre ce rouet en bois des îles un peu brun , tel que du bois violet ou du palissandre, on pourroit faire tous ces omemens, et même les rayonsj en ivoire, dont la couleur, trandiant sur le noir, feroit un assez bon effet
Sans entrer ici dans des détails déplacés pour le moment , nous nous ' contenterons d'avertir que l'ivoire ne peut se tourner au ciseau ordinaire. On l'ébauche avec un outil rond , et on termine avec des ciseaux à un biseau et des grains-d'orge : mais comme l'ivoire est fort cher, et qu'on en perdroit, à prendre sur chaque ornement une bobine pour la corde, on pourra commencer par tourner le tenon , qu'on collera dans un trou pratiqué au bout d'une bobine. Nous reviendrons à ceci quand nous paHerons du Tour en l'air.
Il s'agit maintenant de terminer la roue. On remettra le cercle sur le Tour , et il est à présumer qu'il ne tournera plus rond ni droit : c'est la chaleur du plomb qui aura produit cet effet On ne doit pas être surpris de la grande volée qu'il a acquise. Cinq à six livres de plomb ou d'étain ne peuvent manquer de l'augmenter considérablement; et pour détei^ miner mieux la rotation sur le Tour^ on fera un tour de corde de plus sur la bobine.
- Pour tourner le plomb , car c'est par là qu'on doit commencer pour allégir d'autant le cercle, on nettoiera bien l'établi dessus et dessous, pour que les copeaux ne se mêlent pas à ceux du bois : on pourra même mettre, en différens sens , quelques feuilles de papier pour les recueillir. On cou-
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pera,ayec précaution, l'émiuence, que le bec par où oQa coulé le plomh — .^ aura laissée, et celles qui 'se trouTeront aux deux érens; puis ayant remis ^'la pièce sur le Toiir, on ira d'abord à petits coups de gouge, et quand on aura atteint le rond , on ira à plus grands coups. Il sera bon , pour' ne pas atteindre jusqu'au bois ,' d'avoir Ëiit la première gorge ou cannelure sur an calibre dé carton , tracé au compas , fig. 6 et 6 bis ; et de faire celle-ci avec le même calibre sur lequel , du m'éme point de centre , on aura décrit une portion de cercle d'un moiudre diamètre; tout ce qu'on aura ôté sera r^paisseiir qu'on doit laisser à la gorge de plomb.,
Pour bien tourner cette matière, il faut que la gouge fasse presque tangente au cerde. Moins inclinée, elle produiroit des aspérités sur la matière, et s'y engagerait licitement; en terminant avec une gouge un peu plus petite , et qui coupe parfaitement , on viendra à bout , avec de la patience, d'enlever toutes les côtes, de rendre la cannelure très-unie, et même presque polie : à mesure qu'on ôtera de la matière, et que la roue s'allégira, on éprouvera plus defacilité à tourner.
Pour juger plus facilement de l'épaisseur qu'on doit donner à la cannelure de plomb, on dressera les deux bords sur l'épaisseur de la roue, et même on l'atteindra partout avec un ciseau à un biseau. C'est d'après l'épaisseur égale de chaque côté qu'on présentera le calibre. Quand la cannelure sera terminée , on achèvera ensuite chacune des faces qu'on a dû ébaucher d'abord avec soin. Ensuite on déterminera le diamètre intérieur, très-juste à celui des rayons, avec des grains-d'orge coudés, à droite et à gauche,^. 7, Pi. 16. On terminera enfin, en rendant bien droite la sur&ce intérieure, de manière que les deux côtés se correspondent par&itement. Si l'on' a opéré avec spin, le cercle doit se détacher également de dessus le noyau, et le moyeu, avec ses rais, doit y entrer juste, mais sans effort' Avant de les fixer, il Ëiut diviser l'intérieur du cercle en seize parties égales, dont huit serviront à fixer les rais, et huit à recevoir les culs-de-, Uunpe qui doivent orner la roue. On percera , aux places que doivent occuper ces derniers, des trous ronds à l'aide d'un vilebrequin,' si la roue est assez large pbur pouvoir y faire agir cet instrument. Dans le cas contraire , on se servirait d'une mèche de vilebrequin à cuiller placée dans un manche droit. Ensuite cm polit la surface intérieure avec la peau de chien ou le papier dont nous avons parlé.
Toutes ces opérations étant terminées, on mettra le tout sur le Tour, et jugeant si la roue tourne bien' droit, on l'inclinera de côté ou d'autre, suivant' le besoiïi. Ou fera avec une pointe, d'abord huit trous qui oorres- '
i^Q HASTUEL DU TOURNEUR,
s pondwt bien sox âiwioiui d«s>tiaéQ& k- indiquer la place où doivent àbcmlir le» huit r%i&, et on y ^era le premiev tus k l'&ide d'un clou d'^n^ un peu f(u1, do^l I» tàtB pbite ira se pcvdre dans le plomb; et pour ne pas gâter la gmiiehue avec b panne da miiitaui , tm cnfencoa le elou arec un poioçoa très-énioussé , qiù atteindra, jusqu'au fond.
On remettra la pièce «ur le Toiu*, pour voir si elle ne s'est point dérangée. Oa la dressera parËtitemeat , et on rentettra un pareil clou au rs^oa &pipoaé au premier, puis à ou troisième, et enfin aux autres^ en remettant à chaque fois la roue sur le Toi;tT, pour corriger les inégulaiités qu'elle poutroit avoir contractées. Si la roue, étant montée, on aperœroit encore quelque irrég^ulactté , on pourroit, en mettant le cercle sur un établi solide T donner quelques légo^ coups, de maillet sur le' rayon où seroit le dé&ut , du côté opposé à celui qui rentre : le clo« se piiéteroit k e* l^r moyveiBeut^ pourvu que- la déviation ne fut pas considéiabfe., et que te bois ne fût pas, fragile; Il est {Jus prudent de «'«nfonccv entiàrement lea clous que quand on se sera assHré que la roue sexa bien droite^
Si, en coUant lies, sais sur le mofeu., il sorivcHt qulU- ne vùissent pas tous- aboutir «xactemeikt au <%atre, d'où il résuheroit que les deux rai& placés en face. L'un de L'autre ne fonneroient |4us une li^« droite, on pourroit j cemédiet avant de les fixer dans le cercle. Pour cet eSet on mettroit entre chacun une éclisse ou tringle de mênae longueur , portant par les bouts., contre une des baguettes ou lUtei», qui sont près- des- expbrémité&>et on les. roidiroit plus. ou. moins, en mesuvaal esactement leur écartem^tf respectif, arec un. ooH^>aB mis dans le tn>u de la pointe du Tour. En cet état, on les fixerait dans lie cercle.
11 est évident que cette roue doit tourner parfeitement droit; te nu^eu. a été touroé.sur L'axe; l'axe luiroiéme a écé-tourné sur ses centres, et lanoiie a été terminée sur ces derniers : rien ne sauroit ^>oduire de déraogeinens, û ce n'est l'ef&t natucel au- bois, quelque sec qu'il soit.
U est une aulore manière de monter la roue-, sup laquelle nous ne nous étendrons pasbeaucoi^. On se rappelle que les rayons, ne-sont fiâtes au cerdl« que par des. pointes.; il seroit infiniment plu» solide de pratiquerdes (wnons, liaub et bas, k chacun des raycMïs; mais il est impossible de^ les faire entrer dans leuvs trous de la manière dmit nous afvoos enseignék faire la roue. Voici comment on peut s'y prendre.
On formera le moyeu de deux pièces, en- gênant pouJ* chacune un morceau de boi«« qu'on tournera bien droit d'un càté, sur une bro^e d« f«r ,, comme nous L'avons enseigné. On au«t sois queces deux sur&ces ne
CHAP. III. Skct. VI. Rouêtdfiler sur tes genoux. 171
<oi«nt pas polies, et même on y pnriquent qudqties aspérités avec un p-*» grain-d'oi^e , pour tpte U colle prrentie mieux. Oa les collem en trois 00 1*^* quatre endroits seul^nent , de manière que les trous des centres se cor^ respondent Quand ces deux pièces, ainsi réunies en une, sesroot finies , comme on a fait le moyeu précédent sur son axe, et que les trous seront percés, on fera sur la circonférence «ne mux^uc pour servir de repère ; puis, avec un maillet, on donnera brusquement quelques coups sur ùn« des deux parties , qui se détacheront bientôt On pratiquera en dedans da cercle huit trous , à distance bien ^ale \ea nnï des antres , mais de peu de profondeur, pour ne pas atteindre le cerde de plot&b. On y collent tw tenons des huit rayons, et rap(»<ochant les deux parties do nK>3Ku à l'endroit du repère, on saisira entre deux les tenons de l'autre bout de chaque rayon , en les collant bien , ainsi que les deux parties du moyen* De cette manière les tenons seront collés , haut et bas , et k roue Mm bien plus solide.
Pour satis^ire Iti personnes curieuses de hin tout avec délicatesse » ¥otci une troisième manière d'assemblé les roues , qui joindra également la solidité à la proprMA.
On percera snr le moyeu snifiant de trous qu'on jugera à propos , et om les taraudera un peu profondément ; fHiis avec une mèdie en cuUler , 04 «nièvera les deux ou trois premiers pas , de manière que les pas soient également enlevés tout au tour. On tournera les rais , en laissant au bas une partie cylindrique , de la grosseur exacte du trou qu'on a augmenté. Le covps du rais aura la forme qu'on jugera à |Ht)pcs ; maison réservera à Tautre bout un petit teuMi très-court pour entrer dans les trous du cercle et un épaut^naent qui pose contre.
Ou conçoit que quand tous ces rais seront vissés sur le moyeu , aus profondément qu'il sera possible , la longueur des rais sera moindre , ou égale au rayon intérieur de la roue , et qu'ainsi le cercle y entrera librement Alors on dévissera tant soit peu les riis, qui, par ce moyen , augmenteront de longueur, et par conséquent les tmons du haut entreront dans les trous pratiqués à l'intérieur du cercle ; et comme la partie cylindrique du bas remplit exactement le trou qui est avant Téorou , ou ne s'apercevra pas de la difïérence d'enfoncement.
Il est essentiel de placer, pour cette opération, la roue sur le tour; H l'on s'apeitevuit qu'elle, fût excentrée , on y remédieioit Ëusilement en -rentrant un rais , et sortant celui qui lui est opposé.
Comme on éprouve quelque d^ficuhé à tourner une roue, alourdie
17a MANUEL DU TOURNEUR.
■: de 7 à 8 livres de f^omb ou d'étaio , > on peut prévenir cet ificonvénitfnt * de la manière suivante ; mais elle présente quelques difficultés , et exige beaucoup de précision et de soins : elle ne peut se faire qu'au moyen du Tour en l'air ;- ainsi , ce que nous allons détailler sera dit par anticipation pour n'y pas revenir.
Quand on aura creusé la cannelure de la roue, suivant le calibre qu'on a-déterminé et avant d'y couler le plomb , on coupera sur ce calibre une portion de cercle d'un plus petit diamètre, cororae nous l'avt^ns dit Puis, avec l'ouverture de compas de ce petit cercle on en tracera un autre, dont on prendra la partie concave. On tournera sur un mandrin d'un gnnd diamètre le cercle ou contre-moule qui doit servir à déterminer l'épaisseur de la lame de plomb , en l'y attachant extérieurement avec quelques vis à bois. On pourra même découper ce cercle à la scie à tourner ; oirtoumera la surface intérieure sur son épaisseur , de la forme du calibre concave qu'on s'e&t fait, et avec deux épaulemens au diamètre extérieur de la roue. Quand cette pièce sera terminée, on lotera du Tour, et on la sciera avec une scie très-fine en deux parties égales , qu'on appliquera sur le diamètre extérieur de la roue, de manière que les épaulemens y reposent exactement ; et même, pour que cette conti^e- cannelure ne se porte pas plus d'un càté que de l'autre , ce qui rendroit la lame de plomb -trop mince d'un c6té et trop épaisse de l'autre, on pratiquera d'avance ,-une joue, qui pose contre une des faces de la roue. On doit placer le bec pour recevoir la matière dans la jointure des deux portions de cercle :feute ide cette jM-écaution , on ne pourroit les retirer sans les briser. Il ne Ëiut ■pas non jJus négliger les évens, dont nous avons Ëiit sentir la nécessité. Pour tous ces deuils , voyez la^. 6, qui représente le tout de profil ; a est le profil de la roue, et 6, celui du cercle extérieur, qui, comme on le voit, entre assez dans ta cannelure pour y laisser la place du plomb , et repose -contre une des faces , au nooyen de la joue o.
On placera les petits vases , avec soin , dans les trous percés précédem- ' ■ment pour cet usa^e entre chaque rayon , et oa les y collera par leur ■tenon.
Nous croyons qu'il jest inutile d'observer que les rayons doivent être fort menus, de peur de donner à la roue un air massif qui la déparerait : on jdoiteo dire autant des omemens.
Il s'agit maintenant de faire et de mettre en place le chariot qui porte la broche et l'épinglier. ■■
Ce chariot est refM'ésenté de fiice, fig. 7, et,de profil, jig. 8. On
CHAP. III. Sect. VI. Rouet àfiieraur Usa genoux. i"73
ruturque» fig. 8, qu'il est indiaé dans un sens contraire à la ïoue; afin sbsbbbh que si la continuité de l'eCFort de la corde , qui passe sur cçtte roue et sur ^'- '^ la bobine, l'appelait un peu «n avant, il ne pench&t jamais vers la roue, oe qui liii donneroit mauvaise grâce. Voici de quelle manière on doit le &ire. ■
On tournera d'abord une pièce a, a>^. 7,au milieu, etverslés extrémités de laquelle on réservera , quelque moulure qu'on y Btsse , un renflemeoit
- pour recevoir les tenons dont on va parler, et ne point a&tner la matière par les trôna qu'on y fera. Vers les extrémités , on percera deux trous sur la partie renflée , et bien exactement placés sur la même ligne. On tournera deux montaiis égaux b, b, qu'on ornera de moulures à volonté ; ati bas desquels on fera un tenon pour les -fixer dans la traverse a, a ^ et au sommet une partie cylindrique c, c, dont on indiquera l'usage dans un moment Enfin, on les couronnera de telomement qu'on jugera àpropos. Avant de les ôter du Tour, on déterminera avec le ciseau, sur chacun!, deux traits fins', à ^ale hauteur, et.de 6 à 8 lignes de distance entré eux.
On percera ensuite à l'espèce de boule ou sphéroïde, qui est au milieu de ta traverse, un trou qui né doit pas traverser toute la boule : on aura sotfl que ce trou ne soit pas. en ligne droite avec ceux des montans, mais un peu incliné. On tournera ensuite le pied ou' embase, dont le t«HMi
' doit être carré méplat, d'environ un pouce de large, sur huit lignes aji moins d'épaisseur, et d'un bon pouce de long. L'épaulement - doit être un peu .large , tel que de dix-huit ligues , pour donner plus d'assMtte au chariot; enfin, OD taraudera le tenon sur sa laideur cî, avec, un larau de 6 à 7 lignes: On f«a sur lecylindre, réisârvé à chaque montant, une mor^ taise qui le traverse presque entièrement, et de deux lignes de largeod environ. On fera entrer dans chacune de ceè mortaises un petit morceaii de cuir de boeuf, pareil à celui dont on fait les semelles de souliers , et pour plus de propreté , on le parera dessus et dessous , après l'avoiricoupé carrément à la hauteur de la mortaise : on en arrondira même les angle$
. «xtérieurs , on leii fçra entrer un peu juste datis les mortaises', et on les:y fixera à l'aide d'une pointe ou clou d'épingle sans tètei ou à téif perdtttti ayant fait le trou avec un ibret un peu plus petit, de peur d'éclater le beis. £n cet état , chaque montant sera dans I9 position rtipnéaentée fig. 8 , où 1« morceau de cuir est représenté en a.
Le chariot que nous venons de décrire est celui du rouet k pédale. Ce- '. lui qu'on empl(àe dans le rouet à filer suiî Içs genoux n'eu diffère que par
174 MANUEL DU TOURKEUH.
■-la femedHpied, qui b'a qa'uh wal tenon. iM Jtg.^etj, Pl.36, en offrent UD modèle.
On traœrasur le pUbBu,jlS^. i,Pl. 36* vnecataillec^de trois pouces de loDg.ou enviroti , ayant poiw Jargcur celle du teaoo du pied du cha^ riot; mais cette entaille doit être &ite un peu hors du milieu du plaCnu> telle qu'on U voit sur la figure , afia que la oorde, qui va de la roue sur les bobines, approclie plus de la ligne droite, et oe soit pas n^ette ii sortir des rainures.
Dans le prolongemeat de la ligne du milieu de Teotaille, et parallèkrmeiit au côté du plateau, on percera, dans son épaisseur, un troU de 6 À 7 lignes de diamètre, ettd enfin que la vis, de pareille grosseur, puisse y tourner librement On donnera k ce troa un ponce au mains en longueur de plus que l'entaille, c'est-k-dirc, qu'il doit pénétrer dans le pJateau d*un ' bon pouoe plus loin que l'entaille. Il sera même à propos de ue percer le trou du tenon qui doit y être placé que lorsqu'il sera en place , afin que Teisbâse du pied pose plus exactement sur le plateau. Mais, comme il pourroit arriver que le tenon se fendit, on se contentera d'indiquer, avec la mécbe sur ce tenon , l'endroit où le trou doit êtie &it, «t on le percera hors de sa place, en )e tmant dans les juâcboires d'ua étan, pour éviter que le bois n'éclate : on le taraudera avec la même précaution; et pour que le pied pose plus exactement, on rajettera oe trou d'un quart de ligne vers le pied.
On tournera ensuite une vis, que, par l'oflice qu'elle lait, on nomme yiê de rappel, fig. 9 , PI. 1 8 : au dessous de la tête est une embase , qui pose juste contre le bout du plateau et sur son épaisseur. Ainsi sa longueur et sa grosseur doivent être telles^ qu'elle entre un peu à l'aise dans le trou qu'on a pratiqué à cet endroit On forme , à quelque distance de la vis , une goi^ circulaire dont on va sentir l'usage.
On présente cette vis en dessous du plateau , à la ligne correspondante i celle qu'elle doit occuper. On marque avec soin l'endroit où est la goigt a/ on y pratique une entaille dé toute la grosseur de la vis, et laige autant que l'entaille ou renfoncement fait sur la vis. L'entaille sur le pla'teau ne doit pas traverser la surface supérieure , pour plus de pn^reté ; mais elle doit être exactement recalée an ciseau en tout sens. On préparera une petite lame de bois, ^^ 10, qni entre juste en tout sens dans l'entaille du plateau. On l'échancrera circulairement au diamètre de l'entaille de la vis ; et quand cette vis sera mise en place , et passée dans le tenon du chariot , on mettra la petite clavette , qui doit entrer juste dans l'entaille
GHAP. 111. Swct- VI. F^aet d filer sur tèa^emtut. i']S
«klaw^tit tQnir4olldtsae»t«B w place-. On »£9«»va audwsous du pla- :e=^sae teau oe* qui p«ut exeéàer ; et dans cette positiao , <Mt conçoit que la tû *" n'ayaat plus.» au moyen de la clavette qui P^iabrasaq, quQ la fhculté de tourner sur «Ule-inéne y doit btre awncor et reculer te diariot dan» le pied duquel die pvsse-
Ou b'ouve presque partout des bobioea, sur lesquelles le fil s'enveloppe à nMMire qu'on file, ainsi que l'épingtieT; aussi noas- n'en disoas que ^eux mots en faveur de ceux qui vou<jbroient &ire eox-a^cs oas deus pièces.
ÏAfig. 1 1 représente la bobine et l'épingller âanà l'état où ils- sost sur le» rtHwa. L'épinfilier n'est autre chose qu'une broche de fer j sur un dea boute de laquelle on soude à la soudure forte là pièce qui porte les denta cpi'oii y Toit. Cette denaièitc n'est qu'une lame de tôle ou de euivre peu ^iaae, de 6 à 6. lignes de lai^', sus une- longueur su£Sssante, pour que c»urbée,canuneonLevQijli, les deux; bouts puissent venir à peu près à la Langueur de la bobinei £Ue est veptésentée dnttte,j^. sa : les croehets< sent, comme on le voit , pris sur la ^éce. Au milieu est un trou dans lequel entre- la borocbe, j^. i3, qui va Un peu en: diminuant vers un bout. A l'autre est «ne erab&se contre laquellepose l'épinglter , et où en- le seude^ Ëna^ fig. iB et 1^, est un taott, qw^ de la circbn^rence , ta au centre) sortir par l'eitréniité b ,b; c'est par là qt» passe le fil pour se rendre sur lu des crochets , et ensuite être appelé par la bobioe sur laquelle il s'en- ■weloppe.
, Les deux boide b , b-, fig. 1 1 , entsent dans les petites oreilles de cuir qui sont.aa ban* des monrtans. da cfaaiiiot, et y tournent à l'aise au ntoyen. d'un peu d'builei. La bobine porte, à unide ses bout», une poulie prise sur pièce : elle entre sur la brodie à frottement' trà»-dous : à son cnitne^ et. du côté de la poulie est une petite tétine, de 3 ou 4 lignes de saillie, qui l'empêche de venir toucber contre Fautite poalie, ec qui lui donneroifc trop de féottement. La poulie centre sur la broche à frottement dur,, pour qu'en, tournant elte ooimèneavec eUela boctche et la bobine. On.passe' sur la roue une coide , ordinairement de gros cordonnet de soie , qui vient air la- poulie de la btdbine, puis repasse sur la grande rone,. ensuite sur^ la scoonde poulie, et dont les bouts sont réunis, soit par un nceud , cequi cependant est vicieux, soit au moyen d'one soie qui les enTelD|^} tous deux, soit enÛU' par \épi«iur»t que nous détEÙlleroos. aiilenis eu peelantidU'TôUpen-raLp, aMenduquecctteiopéralkia, longue et minutieuse, aeittitd^laaée'ici-, «t nou» «Naduiroit dans de trop grande détails.
—— Les poulies doivent étre-en dehors, «t la tête de la- brache du cbté de la personne' qui 6te> On passvdaofl le brou 'qui est au bout, etâtr'Centre de cette broche un peu de fil filé. à >la main. On le place dans UD-dcâ crachets , puis on le fixe par troisou quatre tours sur la bobine. Il est clair que quand la roue tourne, elle emmène les deux poulies : l'une, celle qui tient sur la broche, procure le tors au fil, tandis que l'autre enfaistfnt tourner la bobine l'appelle sur elle : Nous ferons observer à'nos lecteurs, que c'est du diamètre de la poulie fixée sur la bobine que dépend le tor», . et que le fil sera d'autant plus tordu que le diamètre en sera moindre.
Il ne reste plus qu'à iaire la manivelle. Voici une manière assez ingé> aieuse qui peut servir dans bien des cas. On prendra une tringle de fer, ou mieux encore d'acier, de deux lignes d'épaisseur, sur quatre ou enTiron de largeur. On lui donnera la forme d'un C, par te secours d'une forge si ou en a une , ou seulement avec un réchkud de ciiarbcHi', qu'on animera avec un soufflet ; mais comme il faut réserver à chaque boat une partie d'une plus grande largeur , on prendra cette pièce dans une tringle un peu plus lai^e et plus épaisse, on la rendra plus étroite et ^us mince au feu, sur un tas, à défant d'enclume, et on la tournera de même en C , quand les deux bouts auront été formés et aplatis comme on le voit sur la ^g. i4 : on dressera ce C le plus exactement possible sur les deux laces; puis le fixant sur un bois bien dressé, on Kmera l'une et l'autre face , ainsi que les bouts , qui doivent être plus épais sur une même face seulement. On lui donnera à la lime une forme régulière ; puis on abattra les angles de dessus ( ce sont ceux où les bouts sont plus épais ) en chanfrein , égal dans toute . la circonfiérence, t^nt intérieure qu'extérieure. On dressera aussi les deux bouts; puis avec une lime douce et un peu d'huile , on adoucira tes deux surfiices et les chanfreins. Enfin , donnant au centre de chaque bout lin coup de pointeau , on y fera un trou de grosseur suffisante pour en tarauder un^ celui 6,^. i4,à ta grosseur de la vis qui est au bout de l'axe. De ce point, on. tracera avec un compas d'acier, y!j. ^, PI. ^, T. If , un cercle dont on suivra exactement le trait : on en fera autant k l'autce. On taraudera celui £, après l'avoir percé d'un trou de grosseur suffisante, et on se contentera de percer celui a, sans le tarauder. On abattra également en chanfrein l'angle extérieur des deux parties ronde».
Onfraisemen dessous le trou qui n'est pas taraudé;(nous avons dit ailleurs ce' que c'est' qu'une fraise ). On ju^ndra un moroeau d'acier rond, tiré à la filière et blanchi. On y pratiquera un petit, tenon aTecune
CHAP. Ht SïCT. VI. Itouet à^ler sut Ua genoux: 177
lime k Toùn. Quoique- cette opération soit fort -peu de chose , il est à pro- «sss^ pos de la détailler, parce que la méthode que tiious' alkms iadiquer peut "^' * servir dans une infinité de circonstance^. '
, On pincera le morceau d'acier 'dans tiné tenaille à vit ^ fig. 10 , Pi. 4 , T- II:, espèce de petit étau ; en ne laissant excéder qu'un peu plus que h: longœur qu'os veut donner mi tenon. On pexceca .dans une petite plaque de caiTre,:|^nde comme un liard, un trouxle grandeur suffisante pdur ,que ra<;ier, y entre, et on appliquera la'^que contre la tenaille; puis appuyant l'acier sur un boit d limer, prb dansun étau, et où on a des £»ïnekire3 de difI<£Texites profondeurs et grosseurs , on formera le tenen ~ avec une Ume plate , appuyant le côté qui n'est-pas taillé contre la plaque de cuivre. PaT'Ce moyen, en tournant la tenaille en tovrt-seus, on aura bientôt finit le tenon à la grosseur nécessaire pour qu'il entre dans le trou auqttd on le destine. Bientôt l'épaalement dû tenon sera bien circulaire ef bien droit, ce qu'on auroit peine à atteindre sans cette précaution ; iiiai^ il sera bon, avant de faire cette opération ^ de 'foire recuire l'acier par les procédés que nous avons indiqués , attendu que son passage à la filièreie recromit ou durcit considérablement, ce qui gâte promptement les limes. On^en fiera autant toutes les fois qu'on voudra limer de l'acter : on en sera quitte pour le rep<dir avec un peu d'émeri , entre deux attelles ,- ou bâtons de bois blanc.
Ce bont d'acier doit avoir environ vingt et une lignes de long. On fera à l'autre bout un tenon pareil au premier.
On commencera par river après la manivelle en C un des deux tenons, en rabattant dans la fraisure avec la panne d'un marteau, « qui doit excéder l'épaisseur de l'endroit où on l'a mis ; et ptiur ctela ,' otl, pi^endrk soliflement l'acier, dans un étau , de manière qu'il excède le moins pos-' sibte, afin que les coups-de marteau soient plus sûrs. On fera cette rivure proprement, et l'on tâchera qu'elle remplisse également la fraisure : mat» comme il est possible que le bout d'acier penche plus d'un côté du 0 que de l'autre , on y regardera souvent , et même on. y .présentera une équert^e. Quand la rjvuresera bien laite, on limera le surplus, en affleurant le tout proprement, et on ne doit plus voir la jointure. Onperceraùn bout de adiVre rond j ^d'environ u'ue.ligne et demie plus épais que l'acier qu'on vient de limer. On jxiésenteEa le 'petit tuyau decttivre sur l'acier, sur lequel il d<nt tourner librenïent, mais «ans Baflotter. Ce tuyau doit être tant soit pea plus'coiu't! que la tige d'acier ,' à compter ; de l'épaulement du tenon , 0tpoSint.'Sub bi.base. En^et^t, on'fomêM au deïBUs'ime'rivuré en goutte' T. L a3
a de tuift c'est-à-dire , d'une courbé fort aplatie , el de manière que le tuyati
tourne sur la tige assez librement. Alors oii formera quelques pans sur le
cuivre, en lui donnant un peu Centrée.
. On tournera une poignée de bois , de la fiarme représentée fig. 1 5 ; mais auparavant , on l'aura percée d'une ligne 0D environ de plus que la longueur totale du tenon , et d'un trou tel que le tuyau de cuivre puisse Y entrer très-juste , et même un peu de force. On lui donnera la langueur nécessaire pour que la pomme excède le baut de la tige , sans être percée. Enfin, on mettra dans le tujau une légère goutte dliuile, et on fera entrer la pomme en sa place, en frappant dessus avec un maillet. De cette manière, la poignée tourne , sans qu'on vOie de rivure en dessus , comme «n les hxt assez ordinairement , et cela est infiniment plus propre.
:. Comme on se sert d'eau en filant pour unir le fil entre l'index et le pouce, il est d'usage de joindre aux rouets une petite tasse portée par un petit bras fait au Tonr. ^ .
On tourne^ deux cylindres de bois, comme a, b , fig. i6, d'égale longueur; on les prendra dans un morceau d'environ i8 lignes de grosseur; on réservera à chaque bout un cylindre de toute la grosseur, et on réduira la tige, c'est-à-dire l'espace renfermé entre ces deux cylindres, A un diamètre de 5 à 6 lignes. Mais si l'on commençoit part réduire le milieu à celte grosseur, et qu'on tournât ensuite les deux cylindres des bouts', la l«é«istance d'un fort diamètre pouiroit occasionner dû trcniblementv et l'outil brouteroit nécessairement On réduira donc d'abord i la gouge te milieu , à 7 ou 8 lignes- Puis ayant donné à chaque cylindre des bouts une longueur éga,le à leur diamètne , et les coupant à angles droits , on arron* dita chaque bout en forme de boule. Et pour y réussir plus parËùtement, QQ tracera sur tin carton , ou mieux encore sûr une lame dé cuivre mince , une.portion de cercle , de t6 à 18 lignes de diamètre, dont on se servira Comme de calibre. Lorsque chacune de ces boules sera parfaitement ronde , on réduira lA tige à la grosseur qu'on voudra , soit en y formaint des omemens 1 soit en la laissant .unie. 1 , . .
On abattra ensuite ^ avec beaucoup de soin, sur chaque boule, à peU' près tout le bois qui excède le diamètre des tiges-, par drax traits parallèles entr'eux, et sur le même plan; ce qui! réduira chaque pièce À la forme représentée^^. 16. On dressera bien thaque surface avec des écouanes , ayant soin de conserver lès épaisseurs; -et poûii s'en assurer,. on posera' de temps en temps nne bonne règle sur l'une et l'autre palette : enfin , on les mettra l'une^ur l'autre, et les plans de chacune doinent s'ap^
CHAP. m. Sb'ct. Vï. BoMl à fiJ^ sur Ses genoux. 1-79
pliquei exaiUgmvA , mus que .l«s tigçs se toucheot. On chert:tera , avec le ^amm plus grauBdaom*»tle€eaixedeçbaquecerc!e,des»u8etdesspus,aerapporte, '" et oa percen d'uti trou , de deux lignes de diamètre , le» deux centres qui doÏTeat poMr l'ua $ur l'autre en e. On interposera entre ces surfaces une lame 4e ctiivre bieiL dressée , bien polie , et arrondie au diamètre de la ,|ûèoe sUr. laquelle elle pose ; enfin , avec un bout de cuivre rond et bien adouci à la linie, on formera une rivure qui remplisse les trous juste, mais sans forcer , et on rabattra l'excédant , dessus et dessous , avec précaution et propreté , essayant de temps en temps si le frottement est assez doux , en pliant ces deux branches l'une sur l'autre.
Le trou c doit être de sept lignes de diamètre pour recevoir la vis qui fixe la pièce sur le plateau du rouet j le trou </, taraudé, porte une petite tasse à peu près semblable à l'écuelle des dévidoirs que nous avons décrits , mais creusée carrément , pour recevoir un petit gobelet de verre,, dans lequel on met de l'eau.
Mous, ne pouvons tenniner cette description sans parler de la quenouille. On Ta représentée,^^. 17 , et nous pensons qu'il suffit de la voir pour qu'on puisse. la ^re au Tour. On voit en a un petit croissant de enivre, qu'on a coutume d'y mettre, et qui entre, au moyen d'une tige, dans un trou pratiqué au sommet de la quenouille.
Mais comme la tige de cette quenouille ne laisse pas d'être longue et .assez .menue, il faut, pour pouvoir la tourner, empêcher que l'outil ne broute, ce qui proviendroit des espèces de vibrations que l'élasticité dw. bois produiroit nécessairement : voici les moyens qu'on peut emojpyer. .
Les Tourneurs en chaises se contentent de faire des espèces de chevilles ou mantonnets de bois, fig. 18, qui, au moyen de ce qu'ils vont ep diminuant par an bout , entrent dans des trous pratiqués sur la barre ou support du Tour, à Fendrait où se fait Feflbrt de l'outil. On enfonce cette cheville, jusqu'à ce que le (BX)chet qu'on y voit pose contre la pièce qu'on tourne ; et, pour la retenir en sa place , on fait entrer dans Je trou, et par dehors, c'est-à-dire du côté de l'ouvrier, un coin de bois assez long et menu pour serrer la cheville dans son trou. Si la pièce étoit un peu longue , on pourroit en mettre deux ou trois le long de la barre.
La fig. 19 représente un instrument beaucoup plus commode et .plus propre que le précédent : a, b, sont deux mantonnets assemblés à ^ndns.et. mortalae&, dan&labarre'oj età udéidistanceconvenaMe ei^tre euxpQur^eila barre du Tour puisse y entrer. On fixe, par deux rivures), -<iijd<iditw.'des, mautonnete', .iin lardûn d'acier, pris dauA un ressort d^
ï8o MAÏÏUEL DU'TOURNEUR.
tSKaas pendule , ou de eulTTe bien écroui', et ttaatbé par le hant pot» en ÊtinUte '■ '"• l'entrée, oomrae «i-le TOit; Pw œ tooyen la pièce tient sotidement sur U barre. On peut encore, pouvptuiidffsolidM, mettre sur le ^vtnt en « noe vis à tête plate, qui presse contre la bai>re. Sur lalongneurde la barre C est une entaille qui traverse Tiépaisseur, de 6 à 8 lignes de largeur, et d« 3 pouces de long ou environ ; dans cette rainure on fait passer le tenàn rarré, d'un petit montant d, et dont le bout est taraudé, pour le fixer à la place où on le veut, au moyen d'un écrou en dessons. Le montant «A percé, d'outre en outré, d'une entaille de 3 lignes d'épaisseur, sur ii à i8 lignes de long et parallèle à la rainure de la barre. Dans cette entaille entre une petite cale de bois d'épaisseur suffisante, mais teoindre en lar> geur que la longueur de l'entaille , afin de fixer l'enooche qui est aux deux Jx>uts à lahauteur qu'on désire, et de pouvoirembrasser juste le diamètre de la pièce qu'on tourne. Enfin , sur la face droite du montant est une vis de pression, qui, appuyant contre la cale, la fixe i la hauteur dé' sirée. Au bout opposé aux mantonnets est une vis y, dont la tête g, appuyant sur l'établi, empêche le support de varier, et assure la solidité -de la pièce qu'on tourne. On aura autant de cales qu'il ea £>ut pmir que les échancrures qu'on y voit puissent embrasser difFi^ns diamètres. On peut aussi saisir la pièce entre les doigts, comme il a été dit plus haut
Enfin , et pour ne rien laisser à'désirer aux Amateurs , on peut, en place de cet instrument, se servir de la poupée à lunette, dont on «ira ôté la roue cm, les lunettes de bois, et eii leur place, on mettra une petite planchette échancrée, et qu'on fixe à |la hauteur convenable, en la saisissant entre le T et la poupée.
La quenouille, qui a tS il id pouces de long, peut paroitre embarrassante à porter avec soi : dans ce cas, on peut la fiiire de deux pièces-, en creusant dans l'axe de la partie renflée un trott dans lequel entre le tenoa de la tige.
SECTION VIL
Jiouet à pédaie.
Il Mt des persoimes «piî trouvent plus commode de filer au pÏML JIovb croyons dereir donner la manière de fiùre cette eqtèce de vouct Ia rone «1 est de plus gnuad diamètre; et ù l'on n'a pas la «Mamodké««.la po»^
vGoo^Ie
CHAP. III. StCT. VIL Rouet à pédale. i8i
sibilité de la prendre dans une planche assez large, oo en assemblera =^a9 deux, le plus jnvpfement et le ^u» sohctement qu'il sera possible.. Mais ^*" *^* la simple ;lafigaette «t rainure ne sauFoit siif&v, il «st-plusà propos de bien dresser les deux bords des {^anches , dans ta réunion desquelles on doit prendre la roue, de façon que le Joint soit presque invisible dessus et dessous. On les mettra sur un établi, l'une contre l'autre, et avec un coinpas on marquera tcts les joints, à peu près, les deux cercles qui doivent -former la roue. A ces endroits on fera, sur l'épaisseur de chaque plancbe , en des points qui se correspondent par&itement , des mortaises d'environ un pouce de profondeur, ayant pour largeur à peu près le tiers de l'épaisseur des planches, et dont la longueur soit telle, que quand la roue sera assemblée et qu'on creusera la gorge-, la mortaise ne puisse être entamée; ce dont on pourra s'assurer en traçant du même centre, aux deux jointures seulement, une portion du cercle qui correspondroit au fond de la cannelure ou gorge qu'on doit &ire sur la roue. Ainsi , les mortaises devront ne pas atteindre jusqu'à ce cercle.
On fera deux faux tenons, ayant les mêmes dimensions que les entailles, mais un peu moins longues que leur profondeur. On fera sur ces feux tenons, avec une râpe, des traits en tout sens sur le plat, afin que la colle prenne mieux , et on les collera avec de bonne colle bien chaude; puis on mettra le tout sous un fort valet, où on les serrera avec -un sergent, outil décrit au chapitre de la Menuiserie. De cette manière, si le joint est bien feit, la roue sera aussi bonne que si elle étoit prise dans une planche d'un seul morceau. I) sera m^e bon, pour qiie le joint paroisse moins, d'assortir la couleur et les nuances des Tdnesdu.boi8,s'tl en a.
La roue dont nous parlons, devant avoir i5 à i6 pouces de diamètre, va acquérir.une grande volée, et il est rare qu'un Amateur ait un Tour aaseï solide pour qu'il n'en soit pas ébi^nlé. Il aat» bon, pour ce ou rare seulement, et autres semblables, de roidir le Tour en sa place,. en plaçant un ou deux élançons à chaque bout du Tour , qui buttant un pe« en biais contre le plafond, assurent le Tour à sa place, et l'empêchent de trembler. De crainte de gâter le plafond , on pourra interposer, entre l'étançon et le plafond, une planche de 8 à lo pouces carrés, qui emr péchera qu'ils ne lui impriment de marques.
Bar Ja même raison du grand diamètre de la roue, il faut la mettre sur «n mandrin un peu gros , tel que deux pouces pour la bobine, et dix-huit ligqtt.pour le trou feît dans la planche. Si ce mandrin ne feit pas plus
i8i MANUEL DU TOUKNEUB.
— - de deux rérohttions, le grand diamètre de la roue n'en fera pas daVan- <^ tage; maïs la rapidité augmentant en raison du diamètre, la résistance augmente dans la même raison, et rend cette opération assev difficile, surtout quand le plomb aura été coulé dans la rainure.
Nous n'insisterons pas sur la manière de Étire cette roue. Ce que nous avons dit de la précédente suffit : nous observerons seulement, que ce que nous disons ici des moyens de faire. cette roue seroit beaucoup plus aisé si on la toumoit sur un Tour en l'air , ou simplement au Tour -à pointes, d la roue. L'uniformité du mouvement continu diminue de beaucoup le tremblement , et donne de la facilité : mais nous ne supposons qu'un simple Tour à pointes, et nous remplissons l'engagement que nous avons pris.
Comme cette roue est d'un bien plus grand diamètre que la précédente, on augmentera le nombre des vases, ou autres omemens, qui se placent entre les rais , dont on peut mettre deux ou trois au lieu d'un.
Le rouet que nous décrivons, ne différant du précédent que par son pied , c'est à cette partie que nous devons uniquement nous attacher.
La fig. ao représente le rouet tout monté. La roue est portée sur deux montans comme au précédent, et ces montans sont fixés sur les traverses \/i, B, au moyen d'écrous placés en dessous.
Le châssis est composé de quatre pièces j4, J9, C, 17, dressées à la varlope, et assemblées par le bout, au moyen de quatre vis et de leurs écrous a, &, c, i/. Quatre montans faits au Tour, et ornés de moulures i volonté , sont assemblés à ce châssis , au moyen de tenons à vis , dont les écpoaseffjgj A j sont en dessus. Enfin ces quatre montans sont assemblés par le bas , au moyen de deux traverses , aussi faites au Tour , et qui coiisolident ces montans sur la largeur du pied, aussi par le moyen détenons ooUés dans les parties renflées, qu'on a eu soin de réserver dans les moulures qu'on y a pratiquées. Au pied de devant , et tout en bas , s'assemble une traverse sur la longueur, de la même manière que les autres. Mais cette traverse est plate et faite à la varlope. Enfin les deux montans de derrière sont aussi assemblés sur la longueur, par une traverse &ite aw rabot, aussi à vb et écrous, et ornée de moulures. Une pédale fixée- à charnière dans ta traverse de devant sert à poser le pied et à faire mouvoir k roue. On a coutume de fixer à la pédale, par un bout de coide & boyau , un petit montant K ,fig. ao , où Ton voit en a la boude de corde k bbyau. Au haut de ce montant est un trou qui reçoit l'axe de la maoivellet
CHAP. III. Sect. TIII. Itoitet à la Flamande: i83
T^ chariot est mené d'uae manière toute particulière , par rapport au ^^^sa précédent : I est une pièce dé bois , à chacun des bouts de laquelle, c\ à *^
une distance ^le à t'écartement des barres A ^ B , est un eofourchement qui embrasse ces deux barres, dessus et dessous. Sur cette traverse sont fixés les deux montans, qui portent le Tolant et les bobines, de la même manière que dans le précédent rouet. La traverse C est assez épaisse pour donner passage à lavis £, qui est retenue de la même manière que celle que nous avons décrite, et entre dans l'écrou pratiqué dans la traverse i. L'axe de ce rouet ne diffère de celui du précédent qu'en ce qu'il est prolongé au delà du montant de derrière , et coudé comme représente la ^. aa. Au haut de la petite tringle , fixée à la pédale, est un trou dans lequel entre d'abord le bouton qui est au bout de la partie coudée, et qui commuDÎqueà un autre, delà grosseur seulement dont est la pièce coudée, et qu'on a représenté plus en grand , fig. 33.
Après la description que nous avons donnée du premier rouet, nous pensons en avoir assez dit de celui-ci, pour qu'aucune difficulté n'arrête dans sa construction, ffous ne dirons rien non plus des rouets très-communs, dont on se sert dans les campagnes ; ils sont absolument semblables au dernier, si ce n'est qu'ils n'ont aucuns ornemens, que la roue est un peu plus grande , et qu'elle n'est point garnie de plomb.
SECTION VIII
Rouet à la Flamande.
"Lk-fig. I, Pî. 19, représentece rouet tout monté. Le plateau qui le porte ,
est d'une grande solidité, et a beaucoup d'assiette, à cause de l'écartement Pu 19. des quatre pieds, qui l'empêche de vaciller. Nous allons en détailler la construction.
On fera au Tour un plateau rond, de quelque bois un peu précieux, comme palissandre, acajou, ou au moins de poirier ou de noyer. On lui ^ donnera environ un pied de diamètre, et on fera au bord supérieur une moulure l^ère , telle qu'un quart de rond , un congé ou autre. On corroiera un bout de planche , et on y dessinera les quatre pieds B f S, B, B. On voit par la y^. 2 , que de ces quatre pieds, les deux de devant sont plus inclinés au plateau que tes autres; et l'on juge par la J^. 1 , et mieux encore par celle 3, qui représente ce pied, vu par dessous, que ces quatre pieds s'écartent , suivant deux diamètres du cercle; c'est-à-
i84 MANUEL DU. TOURNEUR.
= dire qu'ils sont écartés chacun par rapport à leur deux voisins. Voilà la * manière de fixer ces pteds au plateau. Après avoir tracé sur une table, sur laquelle on aura collé du papier blanc, le dessin du pied, on prendra, avec une fausse équerre, la coupe de chaque assemblage, et on en portera le trait sur chaque pied , à l'endroit des tenons. On fonnera à cet endroit une queue d'aronde qui ait un peu moins de longueur que le , plateau n'a d'épaisseur ; on tracera en dessous du plateau la place juste du tenon, qu'on fouillera également en queue d'aronde ; et, pour pouvoir y faire entrer le tenon , on prolongera cette mortaise vers le centre du plateau , mais à angles droits , de manière que tout le tenon puisse y entrer librement. Quand la queue d'aronde sera bien ùiitt , on fera entrer le tenon dans l'entaille carrée , et de \k on la fera glisser en sa place , où on la fera entrer très-juste. Quand les quatre pieds seront ainsi à leur place, on rapportera proprement un morceau de bois carré , dont on bouchera l'entaille et l'un de ses côtés appuyant contre le tenon , on l'y collera de manière à ce que le joint soit le moins visible qu'on pourra. Les deux pieds de devant sont assemblés par une traverse d'épaisseur suffisante pour qu'on puisse y fixer la marche C,fig. i, et A,Jig. 2, au moyen d'un fil-de>fer un peu fort coudé à double équerre, et dont les bouts appointis, après qu'on l'a feit passer dans un trou pratiqué à la marche, entrent dans l'épaisseur de la traverse. Le plateau est échancré circulairement , comme on le voit, jig. i , pour que, dans le mouvement du pied qui fait mouvoir la marche , la jambe ne soit point froissée contre ce plateau.
Sur le plateau s'élèvent deux montans D, Z), Jig. i et a, tournés en forme de colonnes , mais dont la hauteur ne permet pas qu'on leur donne de proportions régulières. Leur hauteur totale est d'abord du diamètre de la roue, qui doit passer librement sur le plateau : à cet endroit on forme telle moulure qu'on juge k propos ; puis diminuant la grosseur de la partie supérieure, à commencer du dessus de la mouluré a, on tourne le surplus cylindriquement jusqu'en haut; ce qui forme une longueur d'environ un pied : au surplus, pour le rouet tout monté et pour les pièces de détail , on prendra la mesure sur l'échelle de deux pieds, qui est au dessous , l'échelle d'un pied qui est à côté de la première servira pour des parties que nous avons représentées dans une proportion double, ainsi qu'on le reconnoitra aisément à l'oeiL On formera à chaque bout une partie cylindrique ou tenon, un peu fort pan le bas, et de lo^ngueur suffisante pour être taraudé, et recevoir un écrou en dessous , cqmme on le voit en a, <t, qu'on peut noyer dans l'épaisseur
,GoosIe
,gl,
CHAP. ni. Sect. VIII. Bouet d la Flamande. i8S
d'un bois. Comme au haut de ces deux monbns est un vase, doute la petitesse du pied ne permettroit pas qu*on y fit ud écrou , on prend la vis au bas dn vase A^ A ,fig. 4> et l'écrou dans le montant même, ainsi qu'on le voit au dessous des vases. Ces mtmtans sont assemblés par le haut , au moyen d'une traverse qu'ewi y voit Jîg. a , et représentée à part, sous une proportion plus forte, fig. 5, suivant l'échue d'un pi«d. Cette traverse a deux trous, qui reçoivent les Cenons a, a^ ^. 4i ^ un même écartement que l«s trous du plateau , afin de conserver le parallélisme des montans , et est retenue par tes deux vases» dont les bases preasent sur la traverse. An milieu de cette traverse est un trou, dans lequel glisse le collet de la vis de rappel A ,fig. 5. Voici de quelle manière cette vis est Êtite et retenue en pbce : on tournopa un cylindre de grosseur suffisante pour recevoir no pas de vis qui li'ait pas tn^ de rampant. Oi^ commence par le tarauder; puis, l'ayant remis sur le Tour, on y forme un renflement en a,fig. 6, et on tourne une partie cylindrique d'un diamètre moindre que ta vis, qui entre dans la poignéequ'on voit à cette vis, ^f. 6- Pour faire cette poignée, on corameAcera par tourner assez grossière* ment un raorceAv. de bois suffisant. On te dressera bien par un bout, et on le m^tra à la lunette , où oii le percera d'abord avec des mèches de différentes grosseurs : puis on dresser* le trou avec des outils de côté convenables, jusqu'à ce que ta partie cylindrique de la vis y entre ju^te. Voyez-en la coupe ^y^. 7. Le cylindre doit entrer un peu juste dans ta poignée; on achèvera de lui donner le profil sur le Tour k pointes, en se réglant sur le cylindre, pour voir s'il tourne bien rond; on passera le: cylindre dans le trou de la traverse , après quoi on mettra un peu de bonn^ colle, un peu daire et bien diàude, sur te cylindre, et sans lui donner le temps de refroidir; on fera entrer le Cylindre, dans la poignée, tout contre -la traverse, où on le fixera avec une cheville a,^. 5, et de manière qu'elle tourne librement sans avoir de jeu. Il sera bon, avant d» coller ces pièces, de savonner un peu le collet, ainsi que le trou, pour éviter que le frottement ne fasse crier le bois. Il est même à propos, pour diminuer le frottement, d'abatti^ un peu les angles intérieurs du trou.
Comme la plupart des pièces qui eomposent le rouet , dont nous donnons ta description , sont faites au Tour, et terminées ensuite au rabot, on formera, entre deux pointés, les moulurés qu'on voit à la traverse,^. 5 , avant d'y placer la vis' et sa poignée.
Il s'agit maintenant de âûre la traverse mobile qui porte l'^nglier, fig. 8. Les deux trous a, à, sont de grosseur convenable pour qu'elle T. I. 34
ï86 MANUEL DU TOURNEUR.
'"p glisse librement sur les deux montans A, A, fig. a , et éloignés l'un 3e
l'autre , suivant récartement qu'ont entr'eux ces mêmes montans. Le trou b,Jig- &, est taraudé pour recevoir la vis, jE^. 5, qui, étant retenue dans la traverse , appelle à elle la traverse , fig. 8. On voit que cette traverse est plus longue par un boutque par l'autre , par rapport à la position des trous qui donnent passage aux montans; et ce côté, le plus long, se place du côté de l'échanerure du plateau , qui est celui où se place la 6leuse.. On voit sur l^fig. 8 les moulures dont on peut orner cette traverse. Surson épaisseur sont deux trous , qui donnent passage aux tenons des deux bras A , A , qui sont fixés, en leur place, par des: écrous e, o, qui prennent sur les bouts taraudés des tenons. Sar la longueur des bras est réservée une partie lisse, sur laquelle est une mortaise. On place danscette mortaise des morceaux de cuir de bœuf, dans lesqueb roule la brocbe comme aux autres rouets, et que nous avons décrite ci-dessus. Une poulie,. fig. 9 , est fixée à frottement dur sur la broche qu'elle fait tourner , et une . , bobine-, fig. lo, aérant à son extrémité une poulie, glisse librement sur cette même broche. On conçoit, à la simple inspection des différentes fi~ gures , que la vis de rappel , en feisant monter et descendre la traverse y, fig.S, augmente-oudiminue,àvolonté, la tension de la double corde , qui,, mue par la roue , fait tourner la bobine.
On a représenté, fig. a , la forme' que doit avoir le moyeu suivant sai longueur, pour tourner librement entre les deux montans; on y mettra^ la roue , et on fera- passer l'arbre dans les deux trous et dans le moyeu.. On rapportera le petit bouton du bout de la manivelle, qui' empêche letirant '^ de sortir de place, et on le fixera à vis. On pourroit réserver à; I-'àrbrej du côté de la manivelle, une embase, qu'on noyeroit de toute: son épaisseur; et à l'autre bout on larauderoit tant soit peu l'arbre. Oa mettroit un écrou également noyé dans le bois, ce qui fixeroit solidement la roue sur son arbre. Cet écrou est .percé de deux trous, dans< lesqiiels prennent les pointes d'nne pince ronde, jff^. 1 1 ,.Pl. 4, T. If.
Il s'agit maintenant de faire les deux autres montans, qui portent, l'un la ta.sse où l'on met de l'eau, et l'autre la quenouille, quand on cesse de filer. Ces montans E, E ,fig. \ , sont un peu moins longs que Je sommet de la roue. Ils sont fixés sur le plateau ou pied du rouet A , comme ceux qui portent la roue, à tenons et écrous, ainsi qu'on le voit en 6, b , fig. 3; ils sont tournés cjlindriquement dans toute leur, longueur, 'si- ce n'est une base, comme celle d'une colonne et un carré qu'on y voit , et qui forme la plinthe. Au. haut est une moulure oïL
,GoogIe -
CHAP.III. Sect. Vin: Rouet tilaT^amande. 187
'l>agaette, formant l'astragale. Enfin, le bout est percé et taraudé pour as recevoir la vis pratiquée sous le pied d'un vase, comme c^ui ^j fig. 4> ^ Un bras, wi deux parties F, Fj qui se plient, au moyen de ce qu'elles sont placées l'une sur l'autre, et assemblées, comme -nous venons de le dire, donne la fecUité de diriger ce vase " où l'on veut. La manière dont ce bras tourne au dessus du montant est fort simple, c'est un tenon rond, qui est sous le vase avant les filets, et sur lesquels tourne le bras; mais pour le pli du milieu, il est une précaution particulière -à prendre. Si l'on se contentoit de pratiquer un tenon sous le vase , et qu'après avoii^ passé dans l'épaisseur dés deux parties du bras, on se contentât de l'arrêter par dessous avec un ëcrou, la vis se làcheroit en Élisant tourner le bras. Voici' donc comme on s'y prendra;' et la méthode suivante peut être aj^liquée à tous les cas où l'on veut faire plier deux pièces, assemblées par une goupille à vis, qu'on puisse démonter oU - serrer à volonté, comme la tète d'un compas, sans crainte qu'elles ne se lâchent
On tournera un morceau de Bois de longueur et de diamètre sulfisans pour qu'on puisse y trouver le vase. Oh fera en dessous du pied une partie cj^lindrique tout contre , dont la longueur âera d'une demi* ligne moindre que l'épaisseur d'une des parties du bras : on marquera cette longueur par un léger coup de l'angle du ciseau. On marquera de même une seconde longueur égale à l'épaisseur de la seconde partie du bras; puis , saisissant la pièce dans un étau , et après l'avoir divisée au compas en quatre ou six parties égales sur sa longueur , on équarrira avec soin cette dernière partie cylindrique, en faisant tomber les épaulemens contre le premier trait de ciseau. Ce carré doit être fait d'abord à la râpe , puis à la lime , avec le plus grand soin , et de manière que les angles soient à la circonférence du cyhndre qu'on a réduit au carré. On remettra ensuite la pièce au Tour, et l'on fera, après le carré, une autre partie cylindrique , dont la circonférence soit au niveau des iaces du carré qui précède ; et cette partie ,- qui doit être taraudée , doit être assez, longue pour qu'on puisse l'amorcer et la passer dans la filière. On fera au Tour un écrou rond extérieurement , de 7 à 8 lignes d'épaisseur , et on le taraudera convenablement , pour qu'il entre aisément sur la vis. On équarrira le trou du bras , qui doit se trouver sous l'autre , de manière que le carré y entre juste. Pendant toutes ces opérations préparatoires le vase ne doit être qu'ébauché à la gouge. On s'occupera alors de le terminer, en lui donnant la forme qu'on jugera à projpos, et l'on conçoit
i88 MANUEL DU TOURNEUB.
II»! ■■■■! ftntt lé bras de levier, qui est en dessus, tournera sur le tenon cjiiiir Pi,. 19. drique qui est sous le vase , tandis que la partie carrée qui vient ensuite sera fixée par l'écrou qui se place en dessous , et qu'aucun mouvement ne pourra foire desserrer la vis. Mais comme les pas , produits par les filières en bois , sont très-écartés , et ne peuvent pas convenir dans toutes les circonstances, nous enseignerons ailleurs le moyen de Caire ces sortes d'ajustemeps au Tour en l'air.
Il fie reste plus à foireque lebatustre A, au bant duquel est le plateau, surmonté d'un vase qui reçoit un gobelet, ou une tasse, dans laquelle lia fileuse met de l'eau pour imbiber le fil, à mesure qu'il se forme entre ses doigts. Quant au balustre, rien n'est aussi aisé à &ire, en voyant la figure. Il est entré k vis dans le bras F, et n'a pas besoin d'écrou en dessous. La partie supérieure de ce balustre est taraudée pour recevoir la pièce qui sert de pied au vase. Lé plateau, ùàt au Tour, entre par son centre sur cette vis, et porte contre un épaulement qu'on a pratiqué au balustre. Le vase est creusé suffisamment pour que le verre ou la tasse , en y entrant, ne puisse courir risque de toibber. Si l'on vouloit leur donner une plus grande solidité et qu'il ne risquassent pas de tomber lorsqu'on accrocbe le rouet avec le pied , il foudroit les assujettir avec un peu de mastic fondu, sur lequel on appuyeroit le verre ou la tasse , après l'avoir Ëtit chauffer un peu pour que le mastic prenne mieux; et même, si c'est un verre, il sera bon de rabattre par dessus la patte les rebords du mastic , tandis qu'il est encore chaud. Le bout de l'autre bras est percé pour recevoir la tige de la quenouille a, ainsi qu'elle est représentée sur la ^. I.
La quenouille n'est autre chose qu'une tringle faite au Tour, et qu'on soutient au moyen de trois ou quatre supports , comme nous l'avons enseigné ci-dessus. On tournera, à part, une pièce conique n , qui y en- " trera à frottement, et eu dessous de laquelle on creusera un ravalement, dans lequel seront placées les côtes qu'on y voit; et à environ huit à dix pouces du bout on pratiquera un pareil renflement avec un ravalement- Les côtes s»ont contenues par leurs extrémités entre les deux parties saillantes, et entreront, haut et bas, dans des trous qu'on y aura pratiqués ; et si elles sont ^ales en longueur , elles y formeront une espèce de fuseau régulier : pour retenir ces côtes en leur place , on fera entrer une plaque ronde, sur laquelle on les'fîxera, en y pratiquant autant de crans qu'il y a de ces côtes , qui sont ordinairement de canne ou de jonc refendu en deux.
On place ordinairement, au haut de cette quenouille, un petit crois-
CHAP. IIL SccT. VIIL Rouet à la Fîamanâe. 189
«aot de cuivre dwé , ou d'Woire si on l'aùiae mieux , qui , par un a petit tenon, entre à vis dans un trou pratiqué' au haut de la tête de la quenouille.
On peut , -pour rendre ce rouet plus agréable , rapporter toutes les moulures en ivoire , en les aillant d'abord tournées grossièrement , et on les terminera, soit sur les montans, soit sur les vases. Ces omemens produiront un effet très-agréable , surtout si le corps du rouet est ^t de quelque bois rembruni. On pourrait également les faire en faoux ou en épine, dont le grain est très-fin et très-serré, et la couleur d'un très-beaa blanc Nous ne &isoas qu'indiquer ici ce qu'on peut faire: c'est au goût de l'amateur k choisir ce qu'il jugera plus agréable.
Nous avons suffisamment décrit l'éjûnglier, et la manière de le cons>tniire, il est inutile de la répéter.
Si l'on Touloit ^iporter la dernière recherche dans la fiiçon de ce rouet , au lieu de &ire la quenouille comme elle est représentée , on pour» roifr la faire en forme de colonne torse : mais ce travail présentant quelques difficultés , nous ne croyons pas devoir nous arrêter i le décrire ici , et nous nous réservons d'en parler en traitant des colonnes torses.
Pour réussir parfaitement à bien exécuter toutes les pièces qui composent ccf rouet, il ne feut pas les prendre dans des' morceaux préparés au rabot avant de les tourner. Sans doute, on trouveroit, à s'y prendre aiosî, une grande économie de bois, surtMit s'il est précieux: mais outie qu'on auroit de la difficulté pour les mettre au Tour; comme les arétea, faites au rabot, se présenteroient il'une manière brusque i l'outil, on ne pourroit éviter une infinité d'éclats, qui g&teroient toutes ces pièces. Il vaut doue mieux, à chacune, juger de la grosseur que doit avoir le morceau , par son plus fort diamètre ; le tanmer suivant les profils qu'on veut lui donner, et le raboter ensuite sur l'établi ; ce qui n'est pas trè.vaisé , puisque la forme ronde s'oppose à ce que la varlope prenne avec sâreté. On réservera aux lx>uts de chaque pièce, qui doit être aplatie , une certaine longueur de plus qu'il ne faut , pour recevoir les pointes du crochet de l'établi. On ébauchera à la varlope chacune des faces qu'on doit former , en ayant soin de choisû' pctir face la partie du bois la plus saine, la plus belle, et exempte de nœuds. Dans cette opération on ira à petit fer; car, tandis qu'on voudrait emporter de forts copeaux dans une partie un peu grosse, les gorges et les dégagemens risqueroient de se casser. Tout en âuuchant on bomoie de l'œil la face qu'on forme, et Ton ju|^ aisément si elle est droite, convexe, concave oa
igo MANUEL DU TOURNEUR.
■1 ■ -gauche. Quelque doux que soit le bois qu'on êm^doie, nous recomman* Pl. 19. Jons de terminer chaque face au rabot debout, ou mieux encore au rabot à deux fers. Ces deux espèces de rabot, surtout le dernier, lissent parfaitement les bois de retours , comme disent les Ouvriers, tranchés, ■noueux, et dont les fils sont entrelacés; et comme on doit avoir eu soin de polir chaque pièce sur le Tour, on n'aura plus à polir. que les foces. - La nature des profils qu'on doit exécuter exige qu'on donne aux difîfé* rentes pièces des diamètre différens dans leur longueur. Ainsi un balustre 'a la panse beaucoup plus grosse que le dégagement du piédouche ou de l'astragale. Si l'on vouloit atteindre au rabotjusqu'à cette astragale, la panse se trouveroit réduite à une trop petite épaisseur. Dans ce cas , il faut déterminer l'épaisseur qu'il convient' de donner à chaque pièce ; et quand on l'a atteinte, ne pas s'inquiéter si les petits diamètres ont été atteints par le rabot ou non : c'est ce qu'on peut remarquer en '5, b, 6, h^fig. 4, «t dans toutes les autres figure.s. '
La manière dont nous avons dit qu'on pouvoit fix^* le verre sur le'pla- .teau6, fig. a, est la plus simple et la plus expéditive. Lorsqu'on veut travailler avec plus de soija, on peut employer l'un des deux moyens -suivans.
On trace sur le plateaa un cercle au diamètre du verre, et à quelque distance, en dehors de ce cercle, on perce quatre trous d'environ trois lignes de diamètre, également distâns l'un de l'autre de la circonférence <lu cercle. On les taraude du plus petit pas possible : on tourne quatre balustres, dont la hauteur, le carré du haut non compris, ait exactement cdle du verre. On réserve, en des.sous de ces balustres, un tenon, que l'on taraude du même pas donit les quatre trous l'ont été, et l'on conçoit que, quand-le verre est au centre, il est retenu en place par ces quatre balustres , et que le carré qui est au haut appuie sur les bords du verre.
L'autre moyen consiste à réserver au plateau, quand on le fait, assez d'épaisseur pour qu'au centre on puisse creuser un ravalement capable de recevoir la patte du veire, plus un écrou excédant de trois ou quatre •lignes cette patte. On peut également rapporter, en dessus du plateau, une pièce qui se monte à vb sur le tenon du balustre 6, fig. i , et c, Jig. a , et qu'on creusera pour recevoir la patte du verre. On tournera un anneau de la grandeur du ravalement, et on le filètera au Tour, du même pas dont on aura fileté le ravalement Quand cet anneau ira bien en sa place, on accordera les moulures, teUes qu'on les voit enbyfig. % , après s'être assuré que le verre étant mis en place, l'anneau pose sur sa patte.
CHAP. III. SzcT. Vni Rouet à la FUmande. 191
On retirera l'écrou , et on le fendra en deux sur le plat , avec un couteau ^^=^ ou autrement, avec beaucoup de précaution, pour que la fente ne soit '" ''*' pas visible; et pour cela, il sera bon de mettre la lame en dessous. On conçoit que cet écrou , qui , entier , n'eÛJt pas pu donner passage au verre ni à sa patte, entrera en deux parties dans le ravalement, et contiendra le verre par sa patte ; et que si la fente a été faite avec soin , on ne l'apercevra plus quand il sera en place : ce dernier moyen , plus agréable à l'œil, présente aussi plus de solidité; mais il ne peut s'employer qu'à Taide du Tour en l'air, et ce n'est que par anticipation que nous en avons parlé ici.
MAITDÈt BU TOWKKËnH.