‹ Manuel du tourneurChapitre 23 sur 44 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Métiers à Tapisserie ou à Broder.

SECTION PREMIÈRE

Métier à Tapisserie.

-Après avoir décrit les dëvîdoirs et les rouets à filer, nous croyons devoir donner la description du métier à tapisserie.

l^fig- I, PI- ao, représente le métier à tapisserie tout monté. A, B, sont deux cylindres de bois, ordinairement un peu précieux, tel qu'acajou, rose, palissandre, ou tout autre. Ces cylindres, qu'on nomme Enaw blés ou Enauplea , ont environ dix-huit lignes de diamètre sur quatre, et quelquefois cinq pieds de long. L'échelle qui est au bas de la planche peut donner les mesures exactes de la figure, k chaque bout de ces ensuples est une. forte virole de cuivre, sur laquelle est soudée, à la soudure forte, une roue à rochet aussi de cuivre; mais les roues d'un des deux ensuples sont dentées en sens contraire , afin qu'on puisse tendre l'étoffe de manière qu'elle enveloppe le cylindre par le dessus. Au centre de ces ensuples et des rochets est un tourillon de fer carré, et entré à force, dont le collet, tourné bien rond , pas.se dans les bouts des traverses C, D, en dehors desquelles ils sont retenus au moyen d'un écrou à oreilles, qu'on voit sur la figure. Sur le plat de chaque traverse, et près de leurs extrémités, sont deux cliquets a^ dont la dent prend dans celles du rochet b,fig. 2 , afin de le retenir, -ainsi que l'ensuple , au point de tension où on l'a mis-, et pour qu'on puisse lever plus aisément ce cliquet, qu'on nomme Chien, il est prolongé au delà de la dent qui engrène dans le rochet, et excède tant soit peu la longueur de la traverse, afin qu'on puisse le saisir plus aisément.

Il faut avoir attention , quand on pose les viroles et les rochets sur les extrémités des ensuples, que les dents de chacun soient placées de manière qu'elles prennent ensemble dans le chien. Sans cette précaution ,

CHAP. rV. Sect.- t. Métier d Tapisserie. igS

lorsque le métier est trèft-teodu , et qnepar consëcpient l'ensuple tend à se '■- ■ '.!* détourner, un des deoz rochets seroit solidement arrêté, tandis que ■''■•***■ l'autre ne- porteroit pas contre la dent du chien; etattendu l'effort de l'étofie, le bois se tordroit bientôt.

Oes deuï énsuples sont tournés dans toute leur longueur, et doivent être assez régulièrement cylindriques, tant pour la propreté que pour que l'étoffe soit, également tendue, et ne. fesse point de plis.

On s'occupera ensuite des deux traverses C, D, qui, comme on le voit en X> ^ fi/f. 3 , ne sont pas égales en largeur d'un bout à l'autre. Les deux extrémités sont arrondies suivant un cercle un peu plus grand que le diamètre du rocfaet b^ fig. a , qui pose contre, afin que les dents ne puissent écorcbér les mains. . Pour donner plus de grâce et plus de légèreté à oes traverses, qui doivent être aussi laides au milieu qu'à leurs bouts, on les diminuera de largeur, i partir du cercle des bouts, par une courbe insensible, qui ira regagner le milieu : on y fera même, .si l'oQ. veut, une petite astragale a, a, a, a, Jîg. 3, et l'on fera le tout avec soin et propreté. Les boulons Ji vis qui sont fixés aux easnples , doivent passer dans l'épaisseur des traverses par un trou percé au centre des. cercles qui terminent les bouts: on voit, sur les fig. I et 3, les écrous à oreilles. qui entrent sur les boulons, en dehors des traverses.

- La plus grande commodité qu'on ait pu procurer & ce métier,, lorsqu'il est sur son pied , est la feculté de s'incliner à la volonté de 'la pei^ sonne qui s'en sert. Il est [dusieurs moyens de lui procurer cette fiiculté. L'une qui consisteroit à faire les traverses C, />> beaucoup plus laides qu'il ne faut, à la vairlop^» et de pratiquer, au milieu^ de leur longueur, une partie demi-circulaire, qui entreroitdans un enfourchement pratiqué sur l'épaisseur des montans. On réduit «isuite à la forme qu'on voit ici chaque travose, et la partie qui tait genou ou diamière est ^ise à même la tniverse. C'est ainsi qu'on le pratique pour les métiers dans lesquels il n'entre aucune ferrure, et où tous les tenons sont arrêtés ppr;dies' vis. et des écrous en bois: mais le goût ayant d^uis assez longtemps perfectionné ce métier, et même en ayant fait un meuble d'appartement, on a mis dans toutes 1«6 parties qui le composent, toute la recbenâu) qui peut joindre l'agrément à la ctnnmodité ; fA, c'est ce dernier que nous décrivons ici.

On Sera en bois, dans une planche de deux lign« et demie, ou environ, leimo^le de la pièce en cuivre jrf^'^. 3, si ce n'est que pour qu'elle I. L a5

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s vittiDe mieuK à ia foot«, on ne T'évidera pas aroulaireaienc, comme on lé • ymi-' Ob pratiqti«ra , «i-deseus de la gorge h y deas épaulenens , qui , eh poaml contre la traTerse, et endiessous , «ugmentoat la sobdtté de.U pièce et de la traverse.

Oh pratiquera en deisus >de «es épaalcfocoB une q««ue d'ua po«ce à ipiinze lignes de long , qui entre djMt l'éptisseor ide la iraTBiee, où«lle«rt goupillée solidEament par deux petites chevilles d'ader, rivées prOfiretnent de cbB(|iie côté de la traverse : on si I'od ne «ouloit pas qnc ces goupilles parassent en ileliors de la traverse , on ponrrcHt y mettre de^ix vis ji J>oiii, de la manière «orvante.

Oa f^oîsira deux vis à* bois dont les pas soient faôaa faits, tA plus ktngues que l'épaisseur de la traverse. On appro^jnera la tète tt jte «curps des vis avec des Umas convenables , rt oa ne laissera de pas que ce quHl en finit pour qu'étant en plaee, ils ne prennent dans le ^bais qu'après qit^ le corps de la vis a. passé dans la queue de la pièce de cuirïe , et pour que k bout de ces vis ne pexee point en dehon ; par ce moyen la pièce sera fijiée trèfi^olidement, et l'on ne ^era point, par une rrrare, la suriaGd extérieore de la traverse , à laquelle on doit finir par donner un beau poli , ainsi qu'à toutes les pièces da métier; et l'on aura de {dus la {acilité de démonter cette pièce, si l'on en a besoin, sans endoAiniager la traverse.

€ki donnera oette pièoe an fondeur, et on lui en demandera deux. Ldrsqn'tllcB seront revenues de la fonte , )a première cqiération k fiiire est de limer les bavures formées par les joints du moule, et de la fonder avec soin. Pour cela on prendra un marteau de trois à quatre livres, et dont la tète soit un peu arrondie. En général , lorsqu'on fcH'ge une pièce de cuivre , il hfxX que le marteau ne soit ni trop £iwt ni tsc^ fo^lc. Trop fort, il dé* phee ou hit rentrer trop de mati^ à ta foù,- et désunit les parties. voisines de celles qu'il atteint. Trop foible , il ne durcit ou écrouit que la an'lttce, puisque son poids n'a pu déplacer la matière passé tme certaine

Si l'cm veut réussir oonpl^cment, on commencera par blanchir la p^èoc avec uiie lime «n peu rude, et on adoucira ensuite tes traita, en les croisaut avec une lime bâtarde. Cette pffépnation sert à èier les oeudnara», adbte, et autres inégalités qui entreroïent da^s U malice et en gâterncnt la surface. On forgera ensuite, à froid, ainsi quefouS caÎTfe jaune doit l'être , cette pièce dans toute sa surface , en commaifânC par le oestre , et dkmt teti^cuf» en a'écwtant vers la cireonliéveiiee , de diaaière. ^ne . les

CHAP. IV. Sect. T. Métier d Tc^Userie. igS

coup& de ntacUau ftament une spiraic On en ferz autant sur fantre iace, ^ KjiOt soin que kNH' les- coups de imrteau soient le plus égamx qu'on ' pourra. JKou» me boub étendons sur ces- détail» que parce qu'ils sosl co]ffti]inii»à toutes les pièces de cuivre qu'oa est obligé de foDger. Le cuivre jaune, en pkiBt^, peut bien, du premier coup, suppoctcr li»inarteMi,e* si Veà d)too«poit cette pi^ce dans de pareii cuivre , on pouiroit k forge* d'abord ; irais le onvriv de feaite est tonj^im ua peu aigre : il £iuctra donc commencer' pur le &ire recnii^ it ma feu modéré et sans^ souMer , puis le foTgep quand il sera Fefroïdi. .

Pour les- pièces tr^mnces, teltes que de deux ligne», qs-'on veat réduire k noms d'une, pour Êiire des ressorts , ii feut qu'eHeS' soieirt seusiideOMut pliis grindes avant d'étrv forgeas-, qi^dtfes ne doivent l'être quand etie» seront finicf . Qa les- forera df abord à coups de marteau , médiecse* ment appuyés , attendu que la matière voulant s'étendre , et étant retentM par les partie» environnianies ., se fendrait vers les bords. Enfin, cm appuiera' «n peu pkn le co^, et l'on finira par donner partout, et également , de trè»-forta. coï^ de mnrteau. O» pourra voir la pièce se fondre en divers endroits, sor lesi bonib; mais si on t'a prise plus grande- qu^iti ne font , comlne la sur&ce est encore augmentée par l'écronissage ,, o»' aura sufAsamnaent de quoi trourer la pièce dans toute sa grandeur.

Dès qu'une pièce commence ât se fendre , û ne feuC plss frapper à l'endroit die la fenic. Ce serait forcer la nnCière Jt s'écarter, et par conséquent augmenter la fonte-. Ou fragipera de^eheux côtés de lai fente, pour en rapprctc^r les bords.

Cette £gres8ie»sur la maaiève-defoigerle cuivre no«» sera pai>donnée par les persomtes qui, ayant peu d'usage du ttiwail , désirent moins »pprendre à faire la pièce dwat noos somme» occi^é», qae de pouvoir apfài' quer tes procédés à une infinité de cas. où les princ^ies' sont les- mêmes.

Par- )lBt iaaéthode que nous venons d^iadiqaer , on^ fen d'excelfens !««■ aofËR dans^ une infinité de cieoimstaitces. e» Eon peat-se>difpeo8cr-delie» iaixe en acier.' iterenens k notre métier.

Quand la pièce'tetaparietlemmtlforgéer onlapsoeni'SHr-ua bois bien dressé , et fltv 1^ fisera par oinq tm sîm clans d'épingle toot aatonr ; pui» avec une bonne lime, bien droite et un p«i- mde, oU' la dressera ea touf sens-, en croisant l»ujourile&traât&:: où passent ensuite k lirae bàtttnfo, et enfin la Unie deueei

ODretoupnaiBila-pièce'Sens-dessasdmiains., eCon kidrcstera dentee, ajiant som devoiv sovrcnt^ avec uat.calibDei ou m cooipas d^épaieseury s»

196 MANUEL DU TOURNEUB.

{^HBBBa elle est partout d'ég;ale épaisseur. Lorsqu'on y sera parvenu , il s'agit d'«D Pl. ao. tracer la forme. Ou déterminera d'abord le point-où doit éli<e-le boulon « et ce point, est Je centre du mouvement de la pièce, et du desaudu joaétier: On donnera en cet endroit un coup de.pointeau; puis, aTecuncoiiaftas à pointes d'acier, on .tracera la partie circulaire estérieure; .ensuite deux autres cercles concentriques , dont l'intervaUe doit être mis à jour; Ëafin> on donnera au contour de cette pièce la forme qu'on lui voit en .A , fig. 3t On pourroit tracer l'autre de .la même manière, mais Le plu» «ùr est de percer, avec un foret de moyenne grosseur, le: trou où doitpasRCr le-boui Ion , de percer l'autre plaque du même trou , et au même point „ et de les fixer l'une sur l'autre, au moyen d'une goupiUe de cuivre, rivée grosùàrement, mais solidement, dessus et dessous. On les limera - et finira toutes deux- ensemble , et elles seront beaucoup plus régulières et plus' stoublables.

On percha dan& l'espace .compris entre les ><leux cercles un trou de foret. On y passera la lame d'une scie à découper , et on emportera tout ce qui est compris entre ces deux parties circulaires , en laissant le trait , afin de pouvoir réparer ensuite à la lime. Si les plaiqucs étaient un peu épaisses, il seroit plus aisé de hire cette ouverture en perçant au foret une suite de trous entre les deux lignes, et enlevant les intervalles , & l'aide d'un burin , pour donner passage à la Urne avec laquelle on réparera cette rainure. Par ce moyen on terminera ces deux pièces d'un seul coup. On retirera la goupille, et on séparera, ces pièces pour les polir^ d'abord à la pierre ponce à l'huile, et ensuite à la pierre pourrie, ou au tripoli anssi à l'huile, avec un bâton de bcHs blanc; après quoi on y passera un morceau de feutre ou chapeau , sur lequel on mettra un peu de tripoli , de la plus grande finesse , pour dégraisser la pièce , et lui donner le poli vif. On emploie aussi k cet usage la pierre grise ou pierre douce, qui enlève parfaitement les traits de lime , et on lustre ensuite la pièce avec un charbon de bois blanc. Ce dernier procédé arrondit moins la surface , et doit, pir conséquent être préféré. C'est ainsi que se polissent toutes les pièces de ouivrej On s'occupera ensuite du pied. Il est composé de deux montuis E-, E , auxquels on donnera le profil qu'on leur voit , fig. 3 , qui est le plus oi^i- •aire,ou tout autre. Ces montans «ont assemblés par le bas, À tenons.efe mortaises , dans les patins F, JF, dont.la. J^. S indique suf&sanmient laforme. Une traverse G , entre k tenons dans les montans ; rt pour rendre> ce métier portatif, et facile à démonter, on fixe à chacun -des bouts de cette traverse un bouloa de fer taraudé par le bout , et qui seçoit un-

CHÂPk. IV. StcT. I. Métier d Tapitserie. 1^7

écrou de cotTre b , par deho» du montant. Les boulons sont fixés'dans la — ■ traverse, awittoyen^d'un trou dont iUsont percés, et d'Une goupille qui ^'" passe àtraTcrg. Aubaut du pied, iCt en dëssou&du métier, est une tablette auemblée dans les ni(N»tan9. de la même mapi^re-. Cette, tablette sert à placer la laioe ,. la soie , Lesaifuilles, les'ciseau:^, et autres' objets utiles Ji la personne qui brode: et pour que cette Utbiette ne puisse changer de position, ct;que ce' qui est dessus ne puisse tomber, au lieu d'un simple boulon, on pratiquera cbacuri des bouts un tenon ^ qui «itre dans une mprtAÏse pratiquée au niontant; et pour plus de splidité encore, ce tenon ne doit poiqt faillir hors le bi^t, de la tablette, mais être' à fleur ; et une ' entaille pratiquée de chaque côté donne entrée an montant 'même , qui , par ce moyen , retient la tablette d'une manière invariable : on a r^résenté cet effet sur la. ^. i. On rapporte autour de cette tablette un rebord pour que les bobines qui contiepnent la soie ne puissent rouler et tomber. ,

Bien n'est aussi désagréable que de chercher à saisir j sur une table ou une tablette, une aiguille ou autre objet très-menu, lorsque les rebords sont a[^liqués simplement contre les bords de la tablette. Il se forme en. cet endroit un angle, dans lequel se logent tous ces objets délicats. Voici une manière de rapporter ces rebords , à l'aide ' de laquelle on peut , sans se blesser ni arracher les ongles, preùdre sur la tablette tout ce dont on a besoin. On fera, à la varlope, des tringles de longueur suiEsante pour encadrer la tablette; on leur donnera le double d'épaisseur de ce qu'elles' doivent avoir; puis on fera une feuillure bieti droite, pour que'' la tringle s'appUque exactement , tant contre la tablette que sur lé dessus. lAfig. 17 inique la forme qu'on doit donner à cette baguette. Oh fera la saillie supérieure de la hauteur qu'on jugera, k propos ; mais on combinera ses mesures, de manière que la tringle àfïleure' le dessus de la tablette, et même le dépasse uQt peu quand, elle sera en place, afin de l'achevepLau rabot debout. On formera ensuite, avec u» «jtil de moulure convenable, un congé à la partie de dedans, c'esA-à-dire du.méme o6té que la feuillure ; et avec . une mouchette , on ^nrondira la tringle sur son champ en. dessus. On. laissera un carré d'envirc«i deux lignes, entre le congé et la feuillure. On fera tout autour de la tablette , avec un guilr laume debout, afin qu'il , coupe plus ne^,et sftQSjécIats, une ieuillUre de moins de deux lignes de. profondeur, et .de la largeur exacte de la saillie de la feuillure, a&x\ qu'elle joigne parfeitetneht tout cotatre quand elle sera en place. Le plus court est d'attacher ces tringles avec quelques

19» M2VNUEL DU TOUHNEBR.

olotts d'épingle (}an« kur longueur. On tes enfonce un peu plus que h airface, et on boudiq ces tfCKM a«ec 'de la cire M ta coutturdu bois; 'mais cette nvédiorle, «rès-exp^iitive, aVst pat la ifteîlkôre. It est or<^ naire de voir: ces pébo?ds quitter' au boutcte quelque temps, donner retraite à la pouasiire, aui opdures, et reten» des afguitles et autres menus ustensiles. Le plus sâr est de les coller et de les fixer avec des vis tpè$-fine« , un peu longues , et dont on noie la (été dans ^épaisseur deS' tringles. On recouvre eh^tte dette tête, qui Mt'asses petite, d'un peu de cire , à laquelle on donne la couleur âa bois, en la pétrissant avee de ' la mpore bien tune, et l'bH joint aîiisi lapfttpretê'à la'soHdité. '

Lesensaples peuvent bien tendre l'étoffe suivant 3a'-kr»gtKiir, mais ceia ne suffit pas pour travailler ; il fout encore la tendre snÏTant sa lar^ geur, etparse» lisières : voici de quelle^ manfère on y parvient.

On maudrine, sur un cylindre de ferde la à 1 4 pouces de lotig, une plaque de cuivre en laiton ( on a coutume dans tes arts d'appelé* laiton te cuivre en planche, et cuivre, celui. qui est fbndu au moule), de manière à former un canal demi-circulaire, et l'on prend pour cela du ouivre d'environ une ligne d'épaisseur. On en fait quatre pareils , qui , assemUés ' deux k deux, foivnent deHx tuyaux de deux pièces chacun. On squde , sur toute la longueur , une tringle de faiton , par parties de 6 à 8 lignes* de long , écartées les unes des autres d'autant. Chacun de ce* petits cylindres doit avoir été percé au centre, et tourné, avec soin, sur une lKo<^e d'aeiev, pour former charnières. Chacun de ces ebatnons doit K raj^Mrtcr dans l'iatervalle les uns des auQ*»; ce qui feit que, quand ils- ont été r^rés à la lime , égaKs avec un long ^t^oarissoir , dans toute leur lo^fueur, et fixés avec une goupille, ces deuK' canaux s'o*vrent à charnière, ainsi qu'on- le vmt de profil, fig. ^ eC ^. En miwie temps qu'on soude les charnons- a» bofd estérieur de chaque eana) , on soude e» dedaus, à deux de- ce» eaftaox , & ou 9 petits crochets (Tacier, tels qu'on en voit u» en >-, j^. 5 , qui sont aFFondis extérïenrenient, suivant ta courbe intérteare du canal. Ce»e opératioa est 'minUtMtise et difficile à 'bien- exécuter : iï Êmt avoir- une grande habitude é/e sonder pour ne- 1» pas manquer; On risque defendlPe, en^de certains endroits, tandis qu*eft d'autres, lai sowdùre i^^ pa-s encore coulé: un peu d'hah*tudc rendra 4etle (^ration très^iiséi'J tn^ il fao* q»* tofttes ces sou- (lures partent an- viémei coup. 'Gomm» on a. souvent besoi^n dfe souder dé» charnières; dSWns une infinioé' âft Kaashin*», il n'est pas hors iele ftopm de 4étai^r- cette opération. j: ■ .

CHAP. I.V. : SïtT. .1. .Métier rf X*}mserié. 199

La tn^oile ^c nods •'«enons d'ensetgMr^ â« percer -tous. f]46 petits annnHrî bouts. 'C^indriqucfl qurdoirent servir , de «bamoiis-t et de tes toùd^ Pi., ao. «Miùte SOT la.pliH» o«i ils doîvont être fixé», èst:la |Jus aâ&ék à pratiquer, quoiqu'infiniment longue, puisqu^il faut les tourner tous, d'égale grosT seur^ sur un arbre.ou broche ^d'acier, liai «nivriers qui sont qblig^ de chen^er des moyens plus «sxpéditi& s'y prenneht de la mabtèrq sui* rante ; mus il SanX. ttee pourvu d'ustensil«s ccoivdnabks à cette opéFatiou ; le principal consiste en un banc à tirer.

On Bonuae. Aiiic'cj tir^^ un banc de 5 à 6: pieds.de leog» s^ur ro à .la pouces de large, at deux poudes à trente lignes d'ép^isseux , ^pnté eur i}Datre pieds., -assembliés par trois traverses en T. A quelques pouccfi .près d'un des bouts, s'élèvent deux montaus, de' 7 à 8 pouces de baut, assemblés dans ifi banc, par deux tenons qui passent au,trave|%, et sont rrienus «q dessous par deux olefs de bois. A l'autre bout, sont deux autres montans, dans l'épaisseur desqOeU passent les coUets d'un arbre, aussi de boia, et quelquefois, de fer, & l'un des bouts duquel est un çArvé 4f ni reçoit le croisilkm , oam^KBé de deux ou trois leviers doublesi Une sangle "de.daq à six pieds, est fixée sur l'arbre par «n de ses bouts , tandis que l'autre bout est fiarnié On boucle , dans laquelle est, passée une espèce d^anncaudefir,. en forme de triangk, dont les angles sont arrondis. Cet atlneau prend dans les deuk braucbea d'une-pince ou tenaille , qui aeirapprocfatntà mesure quela sangle tire l'anneau. Ou place,' 4n deboi*» dés deux tttdntansy ua instrument qu'on nomme Filière ^fig. a, Pt. ai , et qui ne ressemble en anoode manière à caUes avec les^elles On fait des vis. Ces filières ne sont autre chose qu'une plaque d'acier ^ de ^ on 6 lignes d'é- {misieur, plus on moins lar^ «t kmgiM, et ayant un0 certaine quantité de trous ronds, carrés, à pans, triangulaires, '6ï\ de toute autre fome, suivant celle qu'on veut donner it la matière qu'on y passé. 8) l'on veut étirer du laiton rond, qu'on tionve trop gros, on rappoîntit par un bout; on te £nt passer au. traren! d'un des trous de 1^ iË^èce, qu'ôB applique contre ice deuix-moataus; ooi aailit ce bout avec la piaee, dont tes tuA«hoir<8 sont: tailléels comme celle» d'^un étau : on passe dans let Ofôchet», qui sont axix botats des braniiJes delajnnce^ l'anueau de forme ii |i«u plies trtmgulairc ; le sommet du triangle vers U pince , et la base âkée ftrèg-soUdement à la sangle, de manière que pltis kt saitgte tire rao- *caa.,'pUi.'ï-la pinoe stvrc la pièce: on fbit tourner f arbre au moyen des bras du «roisiUonv «t l'on Ibrée ainsi le laiton à passer par ua trou tant s^oit peiv Moindte qne sa gmseur ;. et et>mmc le diamètre des tçous de la.

aOb MAKUEL DU TOURKEUR.

=s filière dimmiK rnsensiblemcait,' on fiiit' passer' le cuirre, l^i^ieot, Tor, '■ et même i^acier bu le feSf, par tons les nroiissudceSBweinent, en y mettant un peu d'huile ou de cire, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus: à' la grosseor qu'on désire.

C'est ainsi qu'on fait du fil de laiton, de fer, d'acier, d'ai^entou d'or, à toutes les grosseurs, jusqu'-à celle d'un cheveu , pour en iaire des cordes de clavecin, des fils-de-fer à tous ies numéros', des fils d'argent pour les galons, et du fil d'or pour la bijouterie.

Nous disons du fil d'argent pour lès galons, car les galons. d'oT. ne sont autre chose que du fil d'argent doré; et c'est pour cela que cmx qui brûlent les vieux galons ne les prennent pas au poids de l'or, mais «imptement un peu au dessus de l'argent : cette t^ératiori , l'une^des pkis ingénieuses de celles qu'emploient les arts, méritebien d'éareidécrite.

On prend un lingot d'argent, plus ou moins gros et 'pesant, on*. lui donne à peu près la forme cylindrique , ' et on le fait dorer et snrdorer; puis on le passe à la filière au banc 4 tirer : c'est Je travail du tireur d'or, ainsi nommé assez imprt^rement. Ce lingot «'allonge et s'arrondit exactement. On le fait passer sueces^ivement par une infinité de trous, en le faisant recuire, tie temps en temps, pour empêcher, qu'en s'écrouiMant il ne se casse, et cette opératicni du recuit est ■Commune A: tous les inétaïuc ^u'op tire à la 61ière Telle esr la ductilité dt l'or, qtie ce' lingot, qui -pouvoit n'avoir, dans l'origine, que 6, 8 ou lopéuces, peut être tiré jusqu'à des milliers de toises , sans cesser d'être par&itement doré jusqu'au bout. On l'amène à être du fil extrèmenKDt fin, dont on.&it le tissu des galons qui se travaillent comme des rubans^ et qui a tout l'éclat de l'or. Aussi quand le galon vieillit , blanciiit-il , parce que la surfiice s'use , et met à découvert l'argent qu'il recouvroit

On a appliqué l'invention du banc à tirer à une infinité d'arts. C'est ainsi qu'on tire de l'acier en pignons pour l'horBogerie, du fil d'or et d'argent pour % bijouterie, en lui donnant, sur sa longueur, la focme et les mouljires qu'on désire. Les horlogers et les bijoutiees.etnploient le banc à tirer pour faire les charnoos de leur bottes : comme il importe peu que le charnon soit percé dans un cylindre plein, ou. qu'il soit un petit tuyau, dont les bords ne fasseàt que se toucher, puisque.la soudure doit prendre, tant dans la fente que sur la' coulisse , on prend de l'or , de l'argent ou du cui'vre en parallélogranmte un :peu long. Oo lui donne au marteau , dans une bigorne cannelée, la forme d'un càoal ou tuyau; dont on voudroit sonder le» borda : on le remplit d'une aiguille d'acicvt

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bien poUe>et bien égale de grosseur, d'un bout à l'autre; puis on feiti^— passo' le tout dans h filière. U est certain que la matière, ainsi compri- ^^■ mée, se Tai^rocbe,- s'allonge, et qu'on forme an tuyau dont les bords ne sont presque plus visibles. On retire l'aiguille , qu'on a dû choisir beau* coup plus lon^e qu'il nâ laut, - et 'Fon coupe, par longueurs, tous ces chamons qu'on arrange àrec soin à des distances- convenables dans le canal de la charnière , en plaçant le joint en dedans ; puis en même temps qu'on les soude à la boite ou autre pièce, on soude les lèvres de ces petits tuyaux, et la charnière se trouve formée d'un seul coup.

Il est facile d'appliquer cette pratique aux pièces dont nous nous occupons en ce moment Sttr l'angle de chacun de ces canaux, on for* mera avec une lime, qu'on nomme à Charnière ^ une cannelure bien droite , dans laquelle on arrangera , à des distances égales , tous tes char-' nons, le joint en dessous, eii réservant à. chaque bout un pouce ou dix-huit lignes qui n'en ait pas. On les fixera en leur place avec des liens de fil-de-Cer un peu fin ; et ayant mis des grains de soudure tout du long de chaque chamon, et du borax par dessus en quantité suf* fisante, on placera cette pièce dans un feu de charbon bien égal d'un bout à l'autre : on la couvrira de même de charbon , de manière cependant que l'œil-puisse toujours voir ce qui se passe. On soufflera avec un soufflet à main ou avec un écran, ce qui doilhe 'une chaleur beaucoup plus égale qu'un soufflet de forge , an moyen duquel on ne chauffe que dans un endroit, surtout si la pièce est un peu longue, comme dans le cas .présent Si l'on met trop de soudure, elle vient, quand elle coule, refluer dans la cannelure entre les chamons , et le charnon qui doit remplir cet espace ne peut plus y entrer. Il faut, avec des échoppeat enlever cette soudure, ce qui est très-difficile et très-long : si l'on en met trop peu, les chamons courent risque de n'être pas suffisamment soudés : l'usage seul peut enseigner le degré de perfection. On se souvient que nous avDHS recommandé précédemment de tenir la soudure dans de l'eau imprégnée de borax, afin qu'elle ne se graiss&t pas, ce qui l'empécheroit de couler: En plaçant les paillons de soudure contre les chamons, on se sert d'une petite cuiller de cuivre pour les prendre, et il tombe entre les chamons et la rainure un peu d'eau de borax qui.4>énètre tout autour, ce qui produit un très-bon effet, attendu que le borax qui s'est insinué appelle la soudure quand elle fond. Lorsqu'on place le canal sur le feu, il &ut avoir grand soin que l'ébutlition qui a toujours lieu, tant par l'eau qui s'évapore que par la calcination du borax qui s'enfle T. I. .26

ao» MANUEL DU TOURNEUR.

^^^^ toujours; ne èts&e tomber les paillons de soudure dans le fétu On ^i» Pi^ae. procberà la pièce, petit à petit, jusqu'à ce que Teau scut évaporée, et que l'ébullition soit passée On soufflera alors un peu^ jusqu'à ce que le borax redcGoeade, et alors On donnera nu feu vif et égal partout, en BoufîBant txjut- autour, et dtrigeaat k £eu'oà l'on TQut Le plus sûr est de se servir pour cette opération du borax calciné, comme nous l'aToos dit précédemmeot

Il hut que les chamons de disque couple de ces canaux soient placés en nombre impair sur l'un, et pair sur l'autre, à des distances telles qu'en les rapprochant ils se trouvent placés rédproquement dans leurs intervalles, en sorte que leur réunion présente à l'oeil un cylindre. Ce n'est pas assez de soudn- tous cas charnons en leur place , il faut encore souder sur la longueur de l'un de ces canaux deux pitons a, a, a, a, fig. 6, et on soudera en dessous des cfaamoas. Toutes ces soudures doivent être faites d'un s^ coup, ou, comme disent les ouvriers, d'un seul feu. Comme la soudure eu cuivre, qu'on nomme soudure forte, ou soudure au zinc, coule difficilement, et. qu'à moins d'une grande habitude, on risque de foudre la pièce, on pourra souder tous ces charnons à la soudure d'argent au quatre. Elle coule à un moindre feu, et l'on ne risque pas taoA On peut, pour simplifier l'opération, ne mettre que tr<Hs charnons à chaque tuyau; deux k un canal et un à Vautre : c'est ce qu'on a rendu sensible par les rcaflemens qu'on voit exi b, ij b, b, fig. 6.

Lorsque ces deux cyliodrles à charnière sont terminés , il ne s'a^t plus que de les linier et de les polir; et cette opération exige quelques soins, à cause d'une infinitié d'aqgles .et de parties rondes qui interrompent le coup direct de la lime. C'est là qu'il iaut se servir de limes de tonte espèce, doot ou doit être assorti.

Il ne suffit pas d'avmr garni de crochet» le cylindre, il faut que qud' que moyen tienne les deux parties l'une contre l'autre. Pour cela, ou prend une lame de cuivre, de deux lignes d'épaisseur, sur environ un pouce de large, et qui ait assez de longueur pour qu'étant tournée en loriae d'anneau elle puisse embrasser juate le cylindm lorsqu'il est fermé et qu'il tient les lisières de l'étofle. On ùàt entrer cet anneau à , frottement par chaque bout des cylindres, et par conséquent ou doit en avoir quatre; mais pour iaire ces anneaux plus justes, plus propres, Qt même avec plus de prorapUtude, il est bon de les &ire de la maùière soivanEe. On coupera ces lames à une longueur telle que k cylindre oa

CHAP: IT. Sect. ■! Métier à Tapisserie. »o3

puisse pas y entrer , quand les - deux boats* seront soudés- On les soudera ^on donc avec soin; et après avoir ôté à la lime la soudure qui peut «voir ^^ '■ coulé en dedans, on les foi^ew sur une broche de fer tournée cyliodriquement : par ce moyen, on lécitMiira le cuivre, en même temps qu'oa Au^entera le' diamètre intérieur dés aniVeanx." Ensuite on mettra sot le Tour à pointes un cylindre de buis ou autre bois, dur, de la gros* seur juste du detUns des anneaux, et' avec de Fbuile et de la pierre* ponce, on polira en même temps qu'on arrondira le dedans de ces an* neaux. Quand il fiera bien adouci, on les mettra sur un 'autre- mandrin ou broche de buis , sur )«qnel ils-doivent entrer Jt frottement duTi Oo ka tournera extérieurement : on dressera les bords et oa les polira, en prenant garde d'altérer leur forme. Ensuite on les coupera de manière qu'ilf res-j semblent à la ^. 7 , où les deux bords sont écartés de a à 3. Hgnes pour donner passage k l'étoffe.' On conçoit qu'il fout farre deux traits de scié pour dMentr «et écartement dwi bords, et qu'il' tombe un morecau^coDi^ pris entre les deux traits. On airondïM prc^ronént les bovds , poar qu'ils ne déchirent point l'étoffe. Ces quato-e anneaux , étant biea écrouis , ne peuvent s'ouvrir sans foire ressort , et par conséquent ttenneotles dens cylindres^ sur lesquels ils entrent par leurs extrémités j tandis qv'aveé ht main on seire les cylindres. On voit , fig. 8 , le même anneau sw sa largeur. Comme ces anneaKi: , à moin* qu'il ne soient en place , pourroieut s'égarer, on a coutuiDe de souder , à la parfie opposée à ta febt« , une espèce de piton , dans lequel on passe un ruban , pour les recevoir tous qaatre, et les attacher au métier lorsqu'on ne ^en sert pas. il y »■ deux moyens de souder ce piton : l'un , à l'instant m4mc oà on soude l'anneau ; rpùtre , après l'avoir terminé eu rapportant le piton trè&justê , et te soudant à Tétain. Mais oomme il faut chauffer les pièées josqu'àce qtie l'étain fonde , il est à craindre que l'anneau ne prenne du Teciiit , et qu'ayant perdu le ressort , que Técrornssage lui avoit donné , il né puisse plus serrer les cylindres, et ne restent ouverts. Nous donnerons ailleurs la manière de souder k l'étain.

Il est des cas où la soudure i l'étiùn n'est pa6 asset forte pour la pièce qu'on destine à stt]^K>rter quelque effort 00 qudque tirage. Souvent on ne veut, on on ne peut pas exposer cette pièce à un feu assez violent pour ta souder i la soudure forte : dans ce cas, on se s^t d'une espèce de soudure oià il entre très-peu de cuivre et beaucoup de zinc , et qui coule à une choeur bien moindre que celle qui foit coller la soudure forte. On trouve de cette soudure ^ea M. ^unelin^^ergerou ;

A04 MANUEL DtF TOURTÏEUR.

B mais il &ut observer qu'on ne peut pas remployer sans &ire rougir la

pièce.

- Au lieu de feire à la pièce A , fig. 3 , u v qu«iue qui entre dans l'épaisseur de ta traverse C, et qu'on fixe' au moyen de deux rivures, comme nous l'avons dit , on peut se contenter des deux oreilles qui sont sous . la traverse, et les y. fixer au moyen de deux boulons à tête ovale, qu'on encastre en dessus de la traverse et dans son épaisseur, et qui sont retenuei en dessous par deux écrous ronds et p<Jis^«t -qu'on visse par le moyen d'une clef à deux crochets, qui entre daàs deux trous, ou deux encoches pratiquées à ces mêmes: écroujs> Cette manière de faire les écrons est très-commode dans une infinité de circonstances où l'on ne veut pas qu'ils excèdent la surface.

' On fera ensuite, avec'des bouts de tringle de fer doux, deux crochets dé longueur suffisante, pour que leurs boucles étant passées dans les piton& qu'on a soudé» aux canaux cylindriques, et qnc ktrs même que l'ëtoffe est le moms 4arge , leurs bouts excèdent encore les traverses. Ces crochets sont taraudés dans toute leur longueur, d'un pas moyen, et un écrou à oreilles en dehors de la traverse les appelle et tend l'étoffe , dont là lisière est saisie par les crochets qui sont dans l'intérieur des cylindres. Ainsi, lonqti'il s'agit de monter une étoffe sur le métier, on commence par coudre un ^çs j^outs k une sanglé c, c, fig. 6, qui est proprement attachée sur. 1*. longueur des ensuples , avec de petits clous à lête large et plate, et qu'on nomme Semence: on voit cette couture en c, c. On coud ou laqe:4e méiAe l'autre bout de l'étotfe \ l'autre eusuple, le plus. droit possible : c'est-à-dire que, si l'étoffe avoit du biais par un de seS' bouts, il faudroit y rapporter un morceau de toîie qui la rendît droite^ ou, comine on dit, de droit fil. Après avoir déterminé par quel bout on veut commencer à travailler, on tourne le métier de manière que ce commencetnent soit du côté de l'ouvrière, comme on le voit^^. 6, et avec une cheville de fer , de 8 à i a pouces de long , fig. 9 , qu'on met dans un des trous d^ d, de l'autre ensuple, on fait tourner cet ensuple, de manière que l'étoffç l'enveloj^ par dessus ; et dans cette opération , on a soin que la dent du cliquet prenne dans celle du rochet, chaque fois qu'on se reprend ; et en un instaut l'étoffe est tendue sur sa longueur.

Ordinairement elle faU sur sa longueur des plis occasionnés par la différence de tension, que sa chaîne éprouve par rapport à la trame, qui , eommf on sait, est en travers. Alors on ouvre le cylindre, et après avoir détourné, autant que cela estnécessaire, les écrousàoreilles £,'«, e, e.

CHAP. IV. Sect. I. Métier à Tapisserie. âo5

on agrafe là lisière dans les crochets qui sont dans le cylindre , puis on ^^—ae le referme, et on y met les anneaux à chaque bout, en le contenant Pi» a», fermé avec la main gauche. Lorsque ces deux cylindres sont placés, on tourne les écrous à oreilles «, e^ef e, et l'étoffe se trouve tendue au point qu'on désire. Quand, pour la commodité du travail, on veut incliner le métier, UsufStde desserrer de chaquecôtérécrou à oreilles, qui presse sur la pièce A-ifig- 3, et on le fait baisser autant que ta rainure circulaire le permet

Cette manière de saisir la lisière de l'étoffe est employée pour les métiers &its avec la plus grande recherche et la plus grande précision. Ordinairement tes deux grauds boulon& a b^ a h , fig. 6, sont rivés par le bout dans une tringle de fer poli , sur laquelle glissent quatre crochets à double griffe , dont on saisit la lisière de l'étoffe pour la tendre sur sa largeur.

Toutes les pièces de ce métier doivent être faites, limées et polies avec le pltis grand soin. Le bois , après avoir été travaillé au rabot sur le plat , et avec des râpes et des limes sur lexhamp , doit être adouci avec des Urnes un peu fines, et poli ensuite à l'huile, sorte de poli qui est très-solide, et qui n'a pas l'inconvénient de se ternir à l'humidité, ou par la poussière, comme celui à la cire, qui n'est employé que pour les ouvrages communs: voici la manière de l'employer.

Après qu'on aura adouci, autant qu'il est possible, les bois .sur le champ, de manière qu'on n'y voie plus aucun trait, et après que toutes les pièces d'acier auront été terminées et bien ajustées, on les ôtera toutes, en remarquant soigneusement leur place et leur position par des repères. iaits avec des différeus nombres de coups de pointeau en dessous. On fera ensuite chauffer de bonne huile de lin ou de noix; et tandis qu'elle est bien chaude, on en donnera une couche sur tout te bois. On la laissera sécher au moins une journée; puis avec un tampon de buffle. et de la ponce en poudre fine, et sans y remettre d'huile, on polira en tout, sens, jusqu'ài ce qu'on ne voie aucun trait. Ensuite on prendra un buffle neuf, on te saupoudrera de tripoli bien fin et passé à l'eau ; on en. frottera tQùtes les surlaces à sec , prenant bien garde » dans toute cette opération , de conserver le vif des angles; et l'on verra le bois acquérir un poli très>uni^ très-vif, et surtout très-solide, en ce que, ni l'eau ni l'huile ne peuvent te. gâter , et que la poussière même ne s'y attache pas , et qu'on peut avec un chiffon sec le rendre aussi beau que quand la pièce étoit neuve.

On a coutume de faire dorer, ou au moins de mettre en éouleor toutes les pièces de cuivre qui entrent dans la composition de ce métier : on peut

ao6 MANUEL DU TOURNEUR.

1^,,, ^1 aussi 7 appliquer le vernis, ^ont oDus donnarons U recette à la fin de ce Fih 3«. volume, et doat on pourra se pourvoir dis M. Hamelin-Bei^eroii.

SECTION II Métier à Broder.

Nous ne parlerons pas du métier simple dont se servent les ouvrières en broderie. Ce n'est autre c^ose que deux ensuples souvent arrondis , et que^uefois k huit pans , plus ou moios longs , suivant la nature des ouvrages y et aux extrémités desquels sont réservées des parties carrées , de six à huit pouces de long , ayant sur chaque face une mortaise qui communique à oeUe opposée. I>eux règles ou lames , de 3 pouces au moins de large , de 6 hgnes -d'épaisseuT , et de longueur convenable à l'écartement qu'on v«ut donner au métier, quiestordioairement-de 3ou 4pwd3, entrent dans ces mortaises : et ocHnny «lies sont percées vers les deux beids d'une rangée de trous alt^aés , on tend les ensuples , qui sont garnis d'une sangle , com«ne dans 4e n>éHer précédent, en mettant dans la mortaise du milieu , et dans le trou qui y correspond , une petite cbevtlle de a à 3 pouces de long , et ayant un œil , comme Mie est représentée jig. 9. Les ouvrières se coptentent de poser ce métier tout tendu sur deux tréteaux, à la hauteur qui leur -convient.

Il est une autre sorte de métier à broder , qui ne peut contenir que des objets de médiocre grandeur , comme gilets , souliers de femmes , etc. 11 est représenté , fig. !■« , de prt^ , et^. 1 1 , géométralement. I>eux montans A j A, de 10, la à i4 pouces 4e faant, et ornés sur le Tour, de moulures à vtJonté , sont assemï>lés par le bas , au milieu de la largeur d'une planche fi, au moyen de tenons carrés, et arrêtés en dessous par deux écrous a, a. Le haut de ces montans est fait en enfourchnnent , Jig.. 13 4 pour receroîr une pièce de bois à peu près semblable & celle A p Jig. 3, représentée,^^. i3, et remplissant le mèmebut. Laplan<^2>, fig. 10 , et qu'on voit géométralemOTit rjig. 1 1 en fi , a en dessous quatre petits boutons a, a, a, a, d'un pouce de haut, sajis le tenon, comme 5,6, Jig. 10 , et qui servent de pieds au métier pour Tempécher de balancer, attendu la saillie des écrous. La pièce, ^. i3 , entre dans une mortaise , pratiquée au milieu , et en dessous des traverses C, C, fig. 1 1 ; au moyen de quoi le métier peut s'incliner , plus ou moins , à volonté ; et un ■ boulon de fer, dont la tête est en dedans en c , c, ^. 10, dont le bou^

CHAP. IV. Sect. II. Métier à Broder. 307

est taraudé , et dont le corps passe dans les deox joints du montant , et ^Haaos dans la pièce, jS^. i3, reçoit un écrou jt oreillea d, d, qui, en serrant les ^°' joints du montant -contre la pièce , Jig. i3 , fixe le m^er Ji rinclinaison qu'on désire : le boulon , sa tête , et l'écrou à oreilles , sont représentés à part en e. Les deux traverses sont arrondies sur le Tour , jusqu'^ la partie qui reçoit la pièce , fig. 1 3 , et taraudées ensuite d'un pas moyen , pour pouvoir obtenir la tension , comme ou va l'expliquer.

Les deux ensuples sont percés à leurs extrémités d'un trou circulaire, dans lequel puisse passer la vis; et pour qu'on puisse j^cer cet ensuple dans tous les sens , on fait un même trou sur chacune des faces. On enfile sur chaque vis un écrou de bois , dont les laces doivent avoir été laites au Tour , afin qu'il pose plus exactement tontre l'ensuple. On réserve , Jt deux points d'un de ses diamètres, deux boutons Ëilts au Tour, entre deux pointes, afin qu'on puisse le tourner plus facilement. On les Ëiît parvenir tout contre la partie qu'on a réservée pleine au milieu. Et comme on suppose que l'étoffe est cousue aux sangles qui garnissent les ensuples , on passe un de ces ensuples sur les vis, tout contre l'écrou : on enveloppe l'autre ensuple d'autant de tours d'étoffe qu'il est possible, jusqu'à ce qu'il puisse passer dans les deux bras des traverses taraudées : alors on dévisse les écrous de l'autre côté , ce qui écarte cet ensuple ; puis on dévisse les deux autres , et bientôt l'étoffe se trouve tendue et au milieu du métier. On continue de dévisser ces écrous , pour augmenter la tension autant qu'on le désire. On conçoit que ces vis doivent avoir une certaine grosseur, pour pouvoir résister à l'efiort qu'elles éprouvent; effort qui tend à les faire courber , et bientôt casser : mais aussi les ensuples doivent être en même proportion, sans quoi les trous qui donnent passage aux vis , en les affoiblissant considérablement , occasionneroient bientôt leur rupture.

Lorsque l'étoffe est tendue sur sa longueur, on lace avec de la ficelle fine les lisières, et on les tend en passant la ficelle sur les vis mêmes, à droite et à gauche.

Ce métier est infiniment commode , en ce qu'il a la faculté de se plier et de tenir peu de place , et que vu sa petitesse on peut le tenir sur les genoux, et travailler contre une fenêtre ou contre une cheminée.

Tout le monde connoU l'espèce de métier à broder qu'on nomme Tambour- Ce n'est autre chose qu'un cercle de noyer, formé par une lame de ce bois très-mince, qui tourne horizontalement sur un second cercle de pareil boisj ou pour mieux dire, ce sont deux cercles de bois qui

ao8 MANUEL DU TOURNEUR,

stoument l'un dans l'autre. Le cercle extérieur est" fixé àdeux moDtans, (te la même manière que le métier à broder. On coud tout au tour du cercle mobile un bourrelet de quelque ^to£fe, rempli de laine ou de coton. On bâtit l'étofife sur ce bourrelet, et on brode toute la- superficie circulaire , que laisse libre le cercle intérieur. Comme cette broderie se fait au crochet , elle n'exige pas une grande tension : aussi ce métier n'en procure pas d'autre que celle qu'on donne à l'étoEfe, en la bâtissant tout autour.

Après les métiers à tapisserie, ce seroit peut-être ici le lieu de parler de quelques autres petits ouvrages qui peuvent amuser un Amateur ; mais comme ils présentent trop de difficultés pour être faits comme il convient sur le Tour à pointes, nous nous réservons d'en parler lorsque nous décrirons le Tour en l'air , et les ouvrages qui peuvent s'y exécuter.

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