‹ Manuel du tourneurChapitre 25 sur 44 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Diffèrens Vsiensiles pour un Laboratoire,

J^ODS saisirons toujours, en enseignant à tourner, les occasions d'exer* ^^ cer l'amateur , en même temps que nous prendrons pour exemples des Pi.. ^ objets qui peuvent contribuer à son utilité.

On. ne peut se passer, dans un laboratoire, d'avoir quelques sièges, moins pour s'asseoir et se reposer que pour travailler assis k des opérations qui ne permettent pas qu'on se tienne debout, telles que de faire, sur une pièce tournée ou laite au rabot des divisions exactes et longues, de tracer des tenons à queue d'aronde ou à'kironde , et beaucoup d'autres. Dans tous ces cas, une chaise est embarrassante à cause de son dossier; un tabouret même n'est souvent pas commode, à cause de sa hauteur constante. Si l'on veut tracer sur l'établi de Tour, il &ut un siège plus haut que pour tEavailléi- sur un établi de menuij^rie , qui est beaucoup plus bas., ou pour limer à un établi d'horloger. Il faut donc avoir autant d'espèces de tabourets qu'il se présente d'occasions de s'en servir. On a imaginé une espèce de tabouret fort commode, en ce qu'on peut l'élever à la hauteur qu'on désire. Mais pour ne rien laisser sans description, et toujours exercer l'amateur, nous allons en donner deux, dont l'un se hausse et baisse, et l'autre a une hauteur détenninée- Nous commencerons par le dernier, comme le plus ordinaire et le plus aisé à Élire.

SECTION PREMIÈRE

Taiouret simple.

Oit prendra dans une planche de noyer ou autre bois liant, de i8 lignes

ou environ d'épaisseur , un rond d'un pied ou 1 3 pouces de diamètre.

On le mettra sur le Tour, au moyeu d'un très-fort mandrin à trois griffes.

On le tournera sur son épaisseur ; et sur une des surfaces , on le creusera

ai8 MANUEL DU TOURNEUR.

^si^ss en fonne de calotte sphérique d'eaviroa un pouce de profondeur sur tout.. Pi. aa. 50I, diamètre; pour donner à cette courbe plus de régularité , on tracera avec un compas à verge, d'un rayon convenable, un calibre de carton , qu'où appliquera sur la surface concave. On conservera le centre jusqu'à environ 8 à lo lignes; et on arrondira les bords sans y faire aucune moulure, ce qui useroit les babits. On toumeni bien plan l'autre surface, et jusque contre le mandrin, en y appliquant une bonne règle ; puis à deux pouces ou environ du bord, on tracera ub trait léger avec un grain-d'orge coudé d'équerre. On ôtera ensuite la pièce du Tour , et avec des gouges et autres outils convenables, on enlèvera le bois qui a servi de centre, de l'un et l'autre côté, avec beaucoup de précaution, et suivant la même courbure ou le même plan. On divisera le trait qu'on a feit à la surfece de dessous en trois parties égales , et à chaque point, on percera un trou d'caiviron un pouce de diamètre. Pour pins de pr<^[)reté, si 1« bois est très^pats ,.on ne fera point passer les trous k la surfece supérieure , et on aura soin d'incliner un peu la mèche vers le dehors du cercle, et de l'incliner également à chacun des Troiis.

On tournera ensuite trois pieds de ménie bois , à la longueur qu'on jugera Convenable, pour que le tabouret ait la hauteur qu'on désire. On les oniera de moulures , mais on aura -soin que le bas de ces pieds se termine en poire arrondie par le Doat, et qu'àqnelque di.stance de ce bout , il y ait à chaque pied un renflement assez fort pour supporter un troii un peu gros et un tenon, sans que le bois risque de se fendre. A l'autre bout de chaque pied on tournera un tenon à la mesure très-juste du trou qu'on aura fait dans la plàndie , et dn y pratiquera nn épaulement sur lequel la planche doit reposer ; mais comme les trôns pratiqués dans la planche doivent être inclinés, il faut donner à l'épaulement un degré égal d'inclinaistAi pour qu'il puisse s'y appliqtter -eiacteraent.

Sur chaque renflement, que nous avons recommandé de former aubaâ de chaque pied, on fera un trou 4'environ 8 lignes de diamètre, qui le traverse d'outre en outre , et soit à une même distance du bout. On présentera ensuite chaque pied en sa place, en faisant entrer le tenon prèsqu'entièrement dans la planche. On prendra exactement la distance qui se trouve entre deux des trois pieds, et on tournera une traverse qu'on poiirra également orner de monlunes, à vnlonté; tnais«n réservera au milieu un reuflem^nt dont le prdfll Vaccorde avec le éessm qw^on tm& déterminé. On pratiquera clément ao* bouts de eetle traverse des tenons de grossètir convenaMe, ai-w ou sans -épaulemens , comme «ii le

CHAP. VI. Sect. I. Tabouret aiinple. Î19

jugera à propos : <m aasembleia c«k àfinn pieds «« y mqtUnt la traverse. Il-aai^MM faut eDC(H« avoir la précautùm, en perçant le& trous, d'avoir égard i l'in- ^^ ^^' clinaison donnée au pieds du tabour«t, pour que les traversas soî^it paraUèlea au siège.

On tournera en&uite une seconde trave^e qui ait pour longueur la distance du ren6ement d« la première au troisièiqe pied; on assemblera ce dmùer avec les deux autres : cet assemblage se nomme Ataemblagt en T. Il faut avoir eu soin que les tenons des traverses dépassent l'épais* seur des pieds.

On démanchera le tout, et on donnera aux tenons des deux traverses un trait de scie pour pouvoir y faire entrer un coin très-aigu. Ce trait de scie doit être pratiqué de manière à ce que le coin ne fasse pas effet dans le sens du fil du bois de la pièce où le tenon est placé; &ute de cetteprécaution,lapiècepousToit éclater. On assemblera les trois pieds, au moyen de leurs traverses , en les collant , et on fera entrer dans l'entaille qui est à chaque teaoo un coûa de pareil bois, qu'on collera bien chaudément , et qu'cMn enfoncera avec promptitude , de peur que la colle ne se 6:ge , et qu'elle ne tienne plus bien ; pour mieux réussir daus cette opération, on appuiera la traverse sur un établi, les pieds couchés. On collera de même le$ tenons des trois jùeds en leur place, faisant poser exactement les épauleeifns contre la planche ; on laisser» aécher bien le tout pendant vingt-quatre heures, et aveâ des outils convenables on raccordera le bout des tenons au profil des pieds-

11 est évident que Vtmmajich«meTU de ce tabouret seroit beaucoup plu» solide , si l'on pouvoit mettre des coins aux tenons de chaque pied ; mais comme les btnus qui les reçoivent ne traversent pas, cela paroît aU premier coup d'œil impossible- Cependant on va vov qu'il est facile d'y parvenir par l'artifice que nous allons décrire.

On pratiquera au haut de chacun des trois pieds une entaille pajfeille aux précédentes, et 00 préparera pour chacune vn coin tellement fait, qu'en le suf^Mïsaut enConfié à fleur du de^u» 4u tenon , il fWce les deuK côtés de l'entaiUe k s'écart», et par conséquent à augmenter le dWmètrs du tenon. Oa élargira avec une gouge convenable les trous de ces tenons vers le fond , de manière qu'ils .semblent être en queue d'aronde. On mettra ces cwus dans leur entaille, bien enduits de oolle dbaude, et excédant les tenons. On présentera les trois pieds en leur place , et ayant mis un mwceau de bc»s sous la planche, pour que sa courbure ne l'empêche pas de porter f on enfoncera ces trois pieds presque en m^ne

lao MAWUEL DU TOURNEUR.

1 ■ temps , en fi'appant un peu , alternativement , sur chacun , jusqu'à ce-qa'ils

I''" "^ soient bien «itrés et qu'ils posent bien. On conçoit que , de cette manière , les coins ftwcés ' d'entrer dans leurs entailles produisent leur effet , écartent les tenons , et que devenus plus gros du bout , ils ne peuvwit plus sortir de leur trou, qui se trouve d'un moindre diamètre k l'entrée , et qu'ainsi l'assemblage est on ne peut plus solide. Cette opération peut trouver son application dans une infinité de circonstances.

SECTION IL Tabouret, qui peut se hausser à volonté.

Le tabouret que nous allons enseigner à faire est très-reclierché dans les laboratoires des amateurs, par sa commodité, qui consiste en ce qu'on peut le hausser et baisser à volonté. Mais ce n'est pas tant po»ir les commodités qu'il présebte ' que nous en donnons la description , que parce que l'amateur qui voudra s'occuper à le construire lui-même , acquerra de la facilité dans plusieurs genres d'ouvrages qui ont un rapport immédiat avec l'art du Tour.

lAfig- I , PI. aa , représente ce tabouret tout monté. Il se hausse et se baisse, au moyen de ce que le siège porte une vis, qui tourne dans un écrou qui en fait le pied.

On dressera bien k la varlope, et on mettra d'égale épaisseur, à environ quinze lignes , une planche de noyer , bien sec et bien sairi , après quoi on y passera le rabot d dent» , à très-petit Jer, en tout sens, pour procurer quelques aspérités , afin que la colle prenne mieux. On tracera sur cette planche trois traits circulaires avec une ouverture de compas d'environ a pouces un quart , et on les découpera avec une scie à tourner. On divisera un des cercles en trois parties égales , à chacune desquelles doit être un des trois pieds de ce tabouret, et on aura soin de placer un des points de division bien exactement dans le fil du bois. On collera sous ce premier plateau un second , dans un sens tel que le fil du bois se trouve sous le second point du premier , et un troisième encore , le fil du bois sous le troisième pmnt. Par cet artifice , le cylindre qui contiendra les pieds sera toujours partie de fil et partie à contre-fil , et deviendra par ce moyen très-solide. On fera «haiiffer chaque planche, après les avoir repérées toutes trois; on les' collera bien chatidement , et on 1^ mettra en presse 60US un valet ou autrement.

CHAP. VI. Sect. il Tabouret ^ qui peut se hausser à volonté- 321 On fera ensuite, avec une planche de bou très-mince, un calibre, ^ui-^^s^= vant le proâl qu'on aura déterminé pour les trois pieds. On dressera bien , ^'' ^* et on mettra d'épaisseur une planche de i a à 1 4 lignes. On j tracera les contours du calibre , que , pour éviter le hois tranché , on placera suivant le fil du bois , et l'on réservera un bon pouce de bois pour les tenons à queue d^aronde ,^. a. On les découpera avec la scie k tourner. On tes terminera avec des râpes, des écouanes et des limes de toute espèce, et l'on aura surtout soin qu'ils soient parfaitement égaux entr'eux. On tracera une ligne a, b, servant d'épaulemeut à la queue d'aronde; et avec une scie et des ciseaux bien afïûlés , on recalera proprement la queue d'aronde»

On tournera ensuite un cercle de même bois , d'environ un pied de diamètre , .^iur deux pouces de large et un pouce d'épaisseur. On laissera l'intérieur de ce cercle à angles droits , et on arrondira l'angle de la surface qui doit être en dessus. Enfin , on tracera k envirtm six lignes du bord intérieur, un trait de grain-d'orge sur lequel on percera tous les trous nécessaires pour foncer le siège en canne.

On fera ensuite, à la varlope, deux traverses de deux pouces, sur deux pouces et demi de large , et xm les cintrera un peu en dedans et en dehors , comme le représente la^. 4 > afin q<i€ i^^ la canne, dont on foncera le siège, Ae courbait sous la pesanteur de la personne assise, elle ne pût jamais toucher la traverse ; ce qui inctommoderoit l'artiste assis. On les croisera à anglesdroits , en les entaillant k mi-bois sur l'épaisseur , très-juste et sans ballottement. On fera à chacun des bouts une entaille telle qu'on la voit en a, a^ fie. 4) et pour la tracer plus exactement , on prendra bien juste le diamètre intérieur du rond qu'on a tourné, et avec une ouverture de compas de la moitié, c'est-à-dire du rayon, on tracera du milieu de ces traverses, à chaque bout , une portion de ce même cercle. On entaillera à mi-bob , et on. tâchera que la croix assemblée entre juste dans le cercle, et que les tenon» posent partoutbien également. On fixera cette croix au cercle, en dessous-, avec de bonnes vis à bois.

■ Après avoir préparé les trous avec une vrille , un peu plus petite que lapartie la plus menue de la vis , on se servira ensuite d'une louche, jS^. 18, PI. II, pour évaser le trou à son entrée, de manière cependant qu'il soit toujours un peu plus petit que la vis. On graissera la vis avec du suif, afin qu'elle lisse le bois plutôt que de le muiger, et qu'on puisse l'ùter et la remettre sans rien endommager.

Nous n'indiqiieronS; pas à nos lecteurs les vis angloises ocHome les meilr

■ leui^fS, attendu que depuis quelques années on en Ëibrîque en Fiance, qui Pl. ta. sont portées à la plus grande perfection. La Ëibrique des frères lapy a. obtenu les plus grands succès en ce genre, et ses vis surpassent tout ce qu'on a fait en Angleterre.

Au centre de la croisée on percera un trou de neuf lignes ^e diamètre, pour le tarauder avec un taraud d'un pouce , i l'effet d^ placer la tête de la vis dont nous parlerons dans un instant.

Sur la surface inférieure du cercle de bois, ^. 5, qui doit serrir de siège , ou , pour parler plus exactement , sur le trait qu*<m y a lait avec un grain-d'orge, on percera une certaine quantité de troua également espacés, à six lignes environ les uns des autres. C'est là qu'on pose les cannes qui lorœent te fond du siège. Nous en parlerons ailleurs.

On tounœra un cylindre d'environ deux pouces de diamètre , et de j 8 à ao pouces de long ou environ. On pratiquera à un de ses bouts un tenon ée deux pouces de long au moins ; on le rendra un peu conique du bout , pour faciliter son entrée dans la filière. On taraudera ce tenon , ainsi qu'on l'a dit ailleurs. Puis remettant le cylindre sur le Tour, oa donnera un peu d'entrée par l'autre bout, on le passera dans une filière de deux pouces, presque jusque contre le tenon. On remettra enfin cette vis sur le Tour; on abattra les premiers filets qui ne valent rien, et on ta terminera en poire, au bout de laquelle on formera une boule, ou tout autre ornement qu'on jugera à propos.

Pendant tout, ce travaU , les trois ronds qu'on a collés doivent être par- Êiitement secs. Du point de centre, on tracera un cercle éloigné du bord de toute la longueur des queues d'aronde des pieds , et on le divisera en trois parties égales, en prenant pour premier point celui qui est par&ite- ' ment dans la longueur du fil du bois, afin d'être assuré que les deux autres se trouveront dans une pareille position par rapport à i^cun des deux antres ronds. On percera au centre un trou , de 19 à so lignes de diamètre, en alignant bien les cotres dessus et dessons, et enpàiétntnt jusqu'à U moitié de l'épaisseur, depuis l'une et l'autre surface.

L'opération suivante est assez difficile, mais elle est essentielle. On formera dans le trou , et sur un de ses côtés , une entaille à queue d'a- ronde, et profonde d'un pouce; et pour y parvenir plus aisément, on commencera cette entaille depais la sur&ce qui doit se trouver en dessous; on la prolongera jusqu'à six lignes de la sur&ce de dessus. Après avoir recalé cette entaille très-carrément et très-prQ|a-ement, on y insérera un lardon de bon bois bien dressé au rabot, mais qui ballotte un

CHAP. VI. Sect. II. Tabourei,guipeùt se haussera volonté. aaS peu sur la largeur. On le coupera plus court qu'il ne but pour affleurer -ss^mi la surËice inférieure deuviron un pouce. On collera dans le sur]dus de ^*' ^^' l'entaille , et en continuatioa de la longueur du lardon , une pièce de bois qui remplisse exactement la ftHine de queue d'aronde. On mettra le lardon en sa place ; et de cette manière le trou aura toujours sa forme. Le jeu qu'on a réservé au lardon lui permet d'avancer vers ie trou, pour peu que quelque moyen le presse par dehors du cylindre ; mais il ne peut se mouvoir dans, le sens de la hauteur.

On taraudera le trou pratiqué au milieu de ce cylindre , et si on emploie pour cette opération le taraud ordinaire , il est à propos de coller sur l'une et l'autre sur^ice une planche percée au même diamètre, qui supporte l'effort produit par l'outil i son entrée et à sa sortie. Faute de cette précaution quand on taraude des écrous de forts diamètres, on court le risque d'enlever des éclats sur les deux surfaces.

Avant d'introduire le taraud dans ce cylindre , il faut Ëxer le lardon de manière qu'il affleure par&itement la sur&ce intérieure du trou. Pour cet effet on introduira entre un de ses côtés une éclisse de bois qu'on puisse cependant retirerr après.

Un taraud d'un aussi grand diamètre que deux pouces , et qui , par la. profondeur de ses fitets, déplace autant de matière, Ëtit nécessairement éprouver une grande résistance à l'artiste. Quoique le levier en soit un peu long , on a toujours assez de peine , surtout lorsque le filet a fait deux ou trois révolutions, puisque par la fisrme conique de son extrémité inférieure, il entame la matière partout à la fois. Pour remédier à cet inconvénient, nous fabriquons des tarauds cylindriques précédés d'un guide creux et lisse par où se dégage le copeau détaché par l'entrée du filet,^^. n et ia,P/.6, r. II.

On peut aussi employer la mâhode dont se servent tes churpentiers demoulins et autres forts ouvrages de mécanique , comme pressoirs , etc. La crainte de rendre cet article trop long nous oblige à renvoyer à une antrb occasion le détail de cette pièce , qui fraude un écrou de 4 > 6 et 8 pouces,etméme d'un pied, avec la plus grande facilité, «t sans Itovirer ni fatiguer le bois en aucune manière.

Quand le cylindre sera taraudé, on le mettra sur ta vis, et on le tournera entre deux pointes. On dressera esactem^it les deux bouts ; on fera même à celui qui doit être en dessus qurfques traits, pour procur« des aspérités, et que la colle tienne mieux. - On tracera à chaque point de la division la forme de la quepe d'aronde

-sss^ss de chaque pied, en les marquant, de peur de les changer. On continuer» Pt. aa. jgs traits sur la longueur du cylindre , avec une équerre à chapeau , et on les retournera par dessous.' Cette opération, qui paroîl assez difficile à bien faire , peut cependant s'ezécuter coninie il faut par le moyen suivant. On posera le bord d'une règle bien dressée sur l'extrémité d'un des traits de la queue d'aronde qui est en dessus, tout contre la ligne qui descend sur le cylindre. Du bout de cette ligne, on placera en dessous une autre règle, et bomoyant de l'œil les deux règles qui excèdent le cylindre, on jugera lorsqu'elles seront dans le même alignement, si la ligne de dessous est parallèle à celle de des.sus ■■, alors on la tracera. On en fera autant à l'autre côté, tracé en dessus de la queue d'aronde; et quand les règles s'aligneront, on tracera l'autre trait, et l'on sera assuré que les côtés seront bien parallèles dessus et dessous. Quant à la longueur de la queue d'aronde, on peut la prendre avec un trusquin ou avec un compas.

On donnera à chaque entaille à faire un trait de scie sans atteindre la ligne tracée, de peur que l'entaille ne soit plus large quele tenon. On enlèr vera le milieu, en donnant un trait de scie à tourner étroite, de chaque angle extérieur à l'intérieur. On peut se servir aussi du ciseau ; mais alors il faut abattre le bois par moitié seulement de chaque côté , de peur de faire éclater la sur&ce inférieure. Bientôt l'entaille sera vidée. On la recalera proprement avec un ciseau convenable , en présentant sans cesse la queue à son entaille; mais il faut observer que l'épaulement de chaque queue doit poser sur une partie circulaire , c'est-à-dire sur le cylindre : ainsi , ou bien avant de tracer l'entaille de la queue d'aronde , on aplatira avec des douanes trois parties de la largeur , égale à l'épaisseur des pieds , ou bien on fera ces épaulemens circulaires du même rayon que le cylindre. Sans ces précautions, les angles extérieurs des épaul«nens ne joindroientpas contré le cylindre.' Nous ne pouvons dissimuler que cette opération est difficile pour des personnes peu exercées; mais elle est essentielle pour la solidité du tabouret

Quand les trois pieds seront entrés bien juste en leur place, on tournera sur un cylindre fait exprès à la grosseur de la vis une petite planche de même bois , d'un diamètre un peu plus grand que le cyUndre , et de 3 à 4 lignes d'épaisseur. Oi» pratiqaera sur la surface qui doit recevoir la colle qudlques aspérités ; l'autre sera parfaitement dressée. On formera sur le bord supérieur une moulure à volonté, telle qu'un congé, un quart de rond , ou une doucine.

Il ixaX. que la vis tourne dans son écrou juste, sans roideur et sftni

,GoogIe-

CHAP. yi. Sect. II. Tabouret , qui peut ae hausser d volonté. isS ballottement. Mais oomme elle aura bientôt acquis du jeu, et que rien ^ n'est aussi désagréable que d'être assis sur un siège qui vaâlte, c'est ici - que s'applique l'usage du lanlim. On perœni perpendiciilaireiseat à l'axe du cylindre, et juste derrière le lardon, un. trou de six. lignes. de 'diamètre ou environ , pour pouvoir le tarauder à huit lignes. On tournera une vis à tète plate qu'on y mettra ; et par ce moyen on pourra fixer le siège à la hauteur qu'on désire. On. remarque que la vis ne [M-esse pas sur les filets de l» grosse vis, Ce qui la gâteroit en peu de temps; et d'un autre côté , que la pression se disant dans une longueur de deux ponees au moins qu'a le lardon, le frottement en est bien plus considàiuble , et la fixité du siège plus sûre.

Avant de coller le siégÊ proprement dit au haut de la vis, il ^ut le foncer de csMine. Cette opération est fort difficile pour être, bien fiûte : comme il est rare qu'un amateur .veuille la Étire lUi-mème, nous n'en dirons ici que deux mots. On fend de la cafme en Urnes , qu'on réduit k une bonne ligne de lai^e sur demi - ligne id'épaisseur. Ce travail exigé des outils particuliers , et un trèsrgrand (MAge. On passera de ces petites lames dans des trous opposé», et deux dans un même trou, en laçant de trou en tp>u voisin , qojtnme on .feroit de la^ Scelle , et toujours la surface posée en dessus. On en lait autant à angles droits, en passant dessus. et dessous ^ tous ceux qu'on rencontre dans un sens, opposé à chaque couple. Quand ijn bout finit, on fait tout contre le tA)u une espèce de hœud, que nous ne croyons pas deyoir Récrire. Pins ou.en iait autant diagonalement; mais ajors on ne passe qu'un fUçt, et tout) Q$t terminé. Ordinairement op Êtit,' soit au Tour, si c'est une partie ronde ^.soift'ttYec-nnautil-de menaisàer;sî' la partie est droite, une rainure où se;togent.tousles Idcemens ,' noeuds et reprises de la cahne ; puis on les recouvre avec line petite tringlequ'on y colle juste , et,qu'on,/vp/a/Mf.f|isuite proprement

C'est alors seuleifient qu'on mettra la croix en sa place , qu'on collerai ou c&evillera le &i^e sur son t^non à.yis, afin qu'en voulanttboufner la. vis-pour élever le tabouret, le siège &e' quitte pas. . . i <;

. Tel est le tabouret qu'on voit dans les ateliers de beaucoup d'amateurs. On doit sentir qu'un artiste, qui en.auroit fait un d'après ce que nous avons déjà donné de notions sur l'Art du Tour, pourroit se louer des progrès qu'il y auroit faits.

Mab aussi il &ut convenir que le poids du corps , portant le plus souvent sur les bords, et rarement d'à-plomb , Jatigue beaucoup la vis , qui en très-peu de temps prend du jeu , baUotte et peut se casser. Le tabouret T. I. 29

n n,r ■■ qné Tcprésentie la ^. 6 noua paroit plus «Hninode , plus solide , et

.P^> ^' devoir remplir le même but. Nous ne nous arrêterons pas k le décrire , et après les détmiB dans lesquels nous sommes entrés , nous pensons qne la tëale-in^>ection.,dela figuce isufBra pour guider l'àmatcur dans sa constmction. On Toit que la vis ^ passant dans deux plateaux , est retenue bi^ plas soltdement que dans un seul , quelque long qu'il soit. D'ailleurs , 1« plàtcaa Hif<érteur contribne à maintenir les trois pieds contre l'écartement qui pourroilarrirer; et ainsi oe tabouret est iofiniment j^us commode qne le premier: il a même cela d'avantageux, qu'on peut en faire un tabouret de hauteur ordinaire', et ne placer la -rà que lorsqu'on veut être •^ assis très-haut.

On pourroit encore iaiee nn tabouret qui eût la fitculté de se bausser «t hiiisser,' en pratiquant à l'angle intérieur de chaque pied une feuillure carrée, dans lesquelles glUseroït les pieds 'd'un autre tabouret C^ pieds snroient des entailles en forme de crémaillère , et an ressort de bots ou de (et' placé vis-à'-vis de cWque pied sur ' le tabouret inférieur forceroit un ctiqnel d'entrer dan» chaque entaille , et le retiendrcùt ainsi à la hauteur èéâtét. Près de ta ti^te, chacun -de ces ressorts'auroit un oefl dans lequ^ on fixeroit uccconde ou une chaîne qui, aboutissant an milieu, tiendroit i une main : en pressant, pesant ou tournant cette main, les cliquets 4éscagréneroietit tqus ensemble, et le siège descendroit tout contre le prenier tabouret, il sera i propos de faire des entailles à angle un peu aigu du fond, et des cliquets de la même forme, de peur qu'à force de servir ces dliqaets, forcés par le poids du corps, ne sortissent spontanément de

WursplacesjOe qui briMrcnrttventât la machine.

Le â' Hametin-'Berg«ron lient dh» 'lui des chaises mécaniques , qai , déploya sans auctune dilBcutté^ présentait en un instant un marchepied , à l'aide duquel on monte à txois pieds ou environ de hauteur. Ce mo^ii' trèMBgênieuK , suppiée à la néeesnté d'avoir une échelle pour atteindre sur des ^anches où l'en dépose des outils, à des corps de tiroirs, . à des mandrins, qu'on est-MUVent obligé de placer Jt une a^ez grande hautenr. Cescàiaisea du feuletûls sont très-propres, très-orriés, etfbntdécOTabon, -en mène temps qu'ils sont d'elle grande utilité.

,GoogIe

CHAP. VU Segt. I. Fair* ua DoMÎèir de chaise. %»j

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