CHAPITRE VII
D^^rens ouvrages 8ttr le Tonr à poiniea.
SECTION . PREMIÈRE
M^aire gM Dossier de -ehoige.
A.TAITT de passer au Tour ea iJur,. et toujoura tpaar fiii^er 'dans Ics^bsssb Vues des personnes qui a'antioieat itfu'aiD Tour à peintes, noMp tdlons ^'" ^^* rappoiDer divers noà^ens in^énienUx 'Aoat on se «crf {Mur £ure mr oettc espèce 4e Tour des ^^ièces <|ai pfësmitent .qi^clque dilfieutté, «u «em* Ucnt ne pouvoir y ét»e bUes. *
Quiconque, an ipeii initié làJ'Axl du Tmur, ■.remanpié le doeeier d'une fraise, Aeit-étue ourœnx de savoir (Jueimoyen on envplow pour <|ue tes ^eux parties d'uamcoitant^Toudé dans -sa longueur puissent être tournées. Ce moyen «steomu et>enplt^ par le moûdtie Tourneur en. ehai«es. Il consiste à pi>eodrâ 'un :inoiiceau de bois ^àsmt la courbure natorelle soit à peu pr^ celle qu'on Teut donner sa. saoïxtant, et cela n'est pas rare dans ie bois. On eo «éuatt ««tant <{n'oa «n désire, li peu près à la mém« courbure; on les'ëbaudie ila hachée, de manièpe -qu'ïls -soient tous sem^ blables ; on en Qoudie «m sur une taUe, «t prolon^nt la tigne d'-uncf des parties, comme ^,;^. lo, F/, aa, jusqu'en ^^ ladistancef , Cj sera la courbure , ou , comme disent les ouvriers , le renvers à donner à ce montant
On formera à la bâche seulement, et sans beaucoup de précautions, une pièce de bois liant,- teHe que ceHe représentée J^. ii, d'un pouce et demi ou environ d'épaisseur, et d'une longueur plus grande que la distance -B,-C, àe itroi* poaces. A. l'une d^ estrémités Vte cette pièce en fera une «ittaclle ^i tcarerse de fautve c6té, de grandeur suçante pour ceMbenir on des tbouts du montaitt. lOn Yy placera , 4: on 'l'y -ûxertl au moyen de coins de bois , qui ae >peEt]i«Mront pas qu'il vacitte. On conçoit ' que »i l'on Met ia pointe 'du To«r dans ie prcflongement de
sa8 MANUEL DU TOURNEUB.
tst^s^s la ligne ^, Sj la partie ^, D, tournera parfaitement droit, et qu'ainsi Pl. 33. Qji peut la tourner avec gouges et ciseaux , et en former un cylindre parfait, et même l'orner de moulures , si la pièce qu'on veut tourner l'exige. Quand on sera parvenu jusqu'à l'angle intérieur qui forme la courbure , on àtera la pièce de dessus le Tour, et on la remettra dans l'entaille par l'autre bout. On pourra, si. le bout déjà tourné est rond, avoir une autre pièce de bois qui ait un trou rond au diamètre juste du bout qu'on veut y faire entrer, et l'on tournera l'autre partie du montant. On atteindra jusqu'à la même ligne D, d, de ta courbure intérieure, ce qui, extérieurement, produira la distance D, e, qu'on n'aura pu atteindre; mais quand la pièce sera achevée, on terminera à la plane ou autrement, en ôtant le surplus du boi& qui >xt- resté, et profilant bien avec les deux parties cylindriques, soit en formant l'angle vif extérieurement, soit . en arrondissant, comme on l'aimera, mieux.
Lorsqu'on .met la pièce &ur le:Xo«r, il fautbien s'assurer si la pointe est. dans l'axe d£. la partie qu'on va tourner. Car.il serott. bieapQsûblt qu'elle tàl dans le prolongement de la ligne y^ , B, et qu'elle ne fût paa dans l'axe. Cest ici l'application des précautions qu'on prend pour qu'une pièce tourne bien droit entre ses poiiites : on écartera le centre, à dioite ou à gjuche, d'une ligne supposée tirée du centre du trou du renvers jusqu'à son extrémilé : sans quoi on ôteroit plus de bois d'un OQté que de l'autre, et la pièce n'auroit pas partout la même grosseuc; et pour y parvenir, on verra avec la gouge de quel coté il faut rejeter le centre.. Cette méthode est beaucoup plus en usage qu'on ne le pense : c'est ainsi qu'on tourue les pieds de di£féreas meubles, dont la forme ne permet pas qu'on place les centres en ligne droite : elle peut même donner desidéesà un amateur, dans une infinité de cas où l'on peut en ^ire.une heureuse application.
SECTION n.
Faire une Torse sur le Tour à pomies.
t)Airs les descriptions que nous donnerons par la suite du Tour en l'air entrera nécessairement la manière de faire la torse sur ce Tour. Mai* comme il estpo.S6ible d'en faire, à la. main, et entre deux pointes , noua croyopj» devoir en.donner .ici l'explication. . ' .;
On tournera entre deux pointes tel morceau (k bois qu'on jugera à
CHAP. VIL Sect. II. Fain une Torse sur le Tour d pointes, aag propos, suivant l'usage auquel on le destine : et pour prendre un exem- ^ss:^ pie, nous proposeroDS.de Êiire un manche de couteau d'ébène. Pi. 21.
On tournera un morceau d'ébène de 5 pouces de long. On réservera à un des bouts une poulie ou bobine ponr la corde , le surplus aura trou pouces on trois pouces et demi pour le manche. On le tournera parfûtement rond , et un peu plus menu par un bout que par l'autre , comme sont tous ces manches. Lorsqu'il sera parfaitement rond , on tracera à chaque extrémité un trait de grain-d'orge très-légo'. On tirera sur la longueur un trait qui soit bien parallèle à son axe, et d'après ce trait, on divisera la circonférence en 3, 4 ou 6 parties égales, comme on jugera i^prOpos, d'après ce que nous allons expliquer. Supposons donc que ce Soit -en trois parties : on tirera des deux points de cette division deux autres lignes- sur la longueur, comme la première. Ces trois points de division sont trois /oncA, ou cordes, qui doivent former la torse.
On déterminera ensuite combien on veut que les joncs ou cordes fiuscnt de-tours dans la longueur du manche; et supposons que ce soit deux tom^, on divisera la longueur du manche en deux parties égales, chacune desquelles on divisera en trois parties égalés. Quand toutes ces divisions seront &ites, soit à la pointe, soit au crayon, on partira d'un ées points de division, en commençant par le bout du manche, et on conduira, le trait d'un crayon , en diagonale , jusqu'à la section que fait la première division en long, avec la première division en trois, de la première moitié de la longueur du mandie : on ira à la section suivante , puis i la troisième , et on se trouvera sur la ligne d'où on est parti : ainsi cette ligne a fait un tour. On continuera de décrire cette ligne, de sections en sections, jusqu'à ce qu'on soit arrivé au' bas du manche, et la ligne aura &it deux tours sur la longueur totale. On décrira une seconde ligne d'un autre point , puis une troisième de la troisième division sur la longueur , et l'on verra trois cordons faire L'effet des torona d'une corde, ce qui se nomme une Torse.
H s'agit maintenant de vider les intervalles entre chaque cordon. On se pourvoira d'écouanes très-petites , et à denture fine , qu'on nomme Greléttes. On en prendra d'abord une à angle, telle qu'une lime tiers-^int. On. Ia posera entre deux des trois traits qu'on a faits au crayon , et prenant chaque trait pour guide , on 6tera le bois à la main , et sans tourner d'abord , si ce n'eat k mesure qu'on en a besoin pour faire avancer un peu la main. Quand ce premier trait sera un. peu profond, on .prendra une grelettci ronde ou demi-ronde, eton rectifiera-la cannelure, en prenant da
a3o MANUEL DU TOURNEUR.
. bois de côté ou d'autre, selon qu'on jage i la Tue tpie la cûdcIuto «utt exactement le trait du crayon. Oa anm soin de ne crenser pas plus dans nn ctkdroit que djms un intre , de ne pas Ëùre one catuielui« plus large on plus éb?oite que les autres. Enfin, quand, à la vue, les caïuitéwres paraîtront r^goltères , on arrondira b:s cordons , en i^enant aboutir avec l'ontil juste snr le trait , qu'on doit à peine effleurer , pour qu'il semé de guide à tout ce qui reste encore à f^re.
A distance égale du trait, et à «ne ^'cdbndeur aussi réàproqaement égale, on tracera, près chaque cordon , un carré , àl'esactitHdedsquel on donnera tous ses soins pour 'qu'il se profile bien et qn'il ne présente aucune inégalité. Ainsi chaque cordon fera sur la coupe transversale du manche un demi-cerde, acoorapa^é de deux carrés, et dégagé dn pareil cordon voisin par vus cannelure demi-ronde. On peu* mettre une plus grande quantité de ocodons, «t ne les séparer les uns des autres que par unepelttebagBctte: tout cela.dépendduigaùtderaptistie. Mais comme la main «t la patience font tout à cette espèce d'ouvrage , 9» ne saurort y y apporterassez d'attention ; et nous conviendrons que Ja perfection est assez difficile à atteindre. C-est decetitefi»nièreqae-sont £iits une infiiuté>de champignons d'ivotre , dent on orne .^s pommes de canne. 0« peut même rendre c«t«e pièce plus agréaUe, de la coani^e suivante ; mais il «st bon de détaiiier quelques préc«ations qui la rendent encore }4us par&ite.
. On se vappdie que nous avons reoosimaadé «le faire le tnandie d'un diamètre wn peu moindre vers le faaot que vers île 1ms. Bans ce cas , il seroit bon que les cordes allassent en dîminuaist de ■grossem* , vers leur estpémtté supénieure, et même qu'elles inssent un pea plus rs^ro' cbées vers oe bout 'que vers l'autre. Poor cela, au Ueu deif^viter le manche en six psirties égales^ il hut que ces parties croissent réguiiéronient en s'approdiant de l'extrémité inii^eure.
Supposons qu'an veuille faire un manche de couteau en loree , dont les cordons semblent isolés les uns des autres , et même soient sw «n -fond d'une autK couleur , oe qui fait un e^t très-agréaAi'le ; voici «omment on d(Ht s'y prendre.
H est dàfficiie quHin pareil manche, à raison du peu d'épaisseur  laque)le îd sera ^réduit -par les &çons <{U*on va lai donner, puisse avoir ^uel-J que solidité , s'il n'est fait en ivoire. On okoiiira d««M: «n beaH nimveau d'ivoii>e, pris plutôt dans la grossear-à peu près 'SuffîsMite d'une denrt, q«e refendu tltns un nsopoeau d'un fort diamètre : en voici les raisons, D'abord, plis daiui xm moroeau de {i;po6seur à peu près suffisante , le ffrùn
CHAP. VII. Sect. -II. Faire ufie Torse sur le Tour d pointes. a3i en est beaucoup plus égal à la circonférence. En second lieu , comme la — —■■■ pièce d'ivoire -va être percée , elle feroit beaucoup plus d'eSel ^i elle étoit ^"^ **• prise sur le côté d'un gros morceau , et seroit sujette à se voiler ou gauchir. Ainsi , si l'on veut que le manche ait 9 à 10 lignes de grosseur , on prendra de l'ivoire de 1 3 à 1 5 lignes. On le coupera juste à la longueur que doit avoir le manche. On le dégrossira entre deux pointes, en le tenant toujours sensiblement plus gros qu'il ne doit être, et cependant le disant ]rius mena d'un bout que de l'autre : on le percera ensuite à la lunette, avec uxipepçoirtn langue de 'carpe, qu'on trempera sans ceisc dans de l'eau , car c'est ainsi qu'on creuse l'ivoire.
Oa laissera ce mM^xau sur l'établi pendant plusieurs jours, ayant soin de ne l'exposer , ni au soleil ni au grand hàle , de peur qu'il ne se fende ou ne se gerce. S'il survenoit quelque gerçure ou fente , il ne pourroit servir k rien.
Lorsqu'après quelques jours , on sera assuré que l'ivoire a Êiit son effet * on remettra la pièce sur le Tour, et en y présentant l'outil on s'apercevra bientôt de combien elle s'est dérangée. On la tournera donc biesL ronde > et a}^rocbant de la grosseur qu'on désire. £n9Mit9 op \^ p^yejcvs^ ^ la hinette, c'est<À-dire, qu'avec un outil de o6té.<^ çorri^pt- les i^^galités qu'dle peut avoir acquises. Il fant s'»rrêl«- mp wuntpt ^ci (tçur s$ fair^ un outil absolument nécessaire.
On prendra un morceau d'acier , de 7 i 8 U^es d^ grosseur , sur S à Ç ponces de longuoir. On le disposera i la fe^e, M cnanière qii'il eotrf bien jwiteéaii6levil^rcquin,oomme les autres nMwbie»; ptMs on 1« met^^ À 5 oa 7 paas bien é^ux , et surtout bici) droits , a&n que t«urf ^g|^ soient des lignes parfaitement drostea. Chi donnera i p«t équ^ifissoir çpvi^ ron trois lignes de diamètre de moins vats la pointe qu9 ver» W\>H& > ^u? une longueur de 5 à 6 pouces, i^uand il a«ra bi«n liiQi , ttr«s$fS et ajusté > en le trempera avec précaation , pour qu'il œ ae tQurmxM4 p<^ '■ QS le feT:^ revtnâ' ooulcar d'or , «t on polira chaque ftee sur WîP pjeï-fç jt J'UuiW bien diiessée , «fin «^ue les angles soieiit \nea vi£s , et coi^^^fts. parfût^^^çt. Foyes lajig. a5, J'i 11.
On fera, avec une rap* deraircejadfi, à dms »e«rfifiiUK d« hfii»^ 4I^Ié% FaÊi»3ea mâchoire* ^ une canBciure {»>(^r« i contianir le r&w^m^ ^\v.oiiXft dans l'é^H : «a achèvera le tswi «laiu le Manfibe avie« l'éq\W|fmsoir q^'Qa vierit de faire , «t si oet équrissoir est bien ^it,cç trou dpit êtce parjaijtç^ ment oonique , très^Uoogé , et céduireie wtncbe à tfoû lig«^ d'ép^i^Mur.
On touiiD«ni ensuite au aandrin ^ de quelque bwi boi^ , cp(9mç C<^ .
a3a MANUEL DU TOURNEUR,
smier, pommier sauvageon, alisier ou autre, qui ait à Tun de ses bouts une poulie ou bobine pour la corde, et qui de l'autre côté entre juste dans le trou du manche , et le contienne au simple frottement pour l'opération qui va suivre. On remettra ce mandrin sur le Tour, et le manche ne doit ni tourner ni ballotter dessus.
On formera d'abord au petit bout la place d'une virole d'or ou d'argent , ou autre garniture; ensuite une baguette de deux lignes au moins de lai^e , mais n'ayant presque pas de saillie , et n'étant que sentie et dégagée par deux traits de grain-d'oi^e. On laissera «asuite une distance de 5 à 6 lignes entre cette baguette et une autre pareille, qu'on formera plus loin; et c'est à cet endroit , que sur un trait léger de grain-d'orge on fera les divisions pour la torse. A trois lignes du bout , ou environ , on ler» un pareil trait , où seront les divisions correspondantes.
Pour que ce manche soit plus agréable , il sera à propos de faire quatre cordons au lieu de trois , et de ne leur Mre faire qu'un tour au lieu de deux : au surplus, quant à cela, ainsi qu'aux moulures, le goût seul peut en décider.
D'un point pris siir un des bouts, on tirera une ligne suivant la longueur du manche , qui le divise exactement en deux parties. On achèvera de diviser la circonférence en quatre parties d'après cette première, puis on divisera la longueur aussi en quatre parties; on tracera toutes ces ligues assez légèrement, soit avec le grain-d'orge, soit avec une pointe à tracer; et frottant avec les doigts, on verra bientôt tous les traits marques en noir. On tracera les cordons avec un crayon , en partant d'un des quatre points de divisions , et passant k l'angle formé par la division longitudinale suivante, et le premier cercle de la division sur la longueur; et ainsi de suite d'angle en an^. Quand tous les cordons seront tracés, on rectifiera à l'osil les endroits où ils pourrotent jarreter^ c'est-à-dire &ire quelque inflexion. On commencera par se servir d'une grelette à trois carres, de denture très-fine, et surtout trempée. On ne risque rien d'emporter U 'matière entre les traits à égale distance Quand on aura approfondi jusqu'à un certain point, on prendra des grelettes méplates, et on régularisera diaque cordon en ôtant la matière où il sera néœssaire ; puis avec une grelette très'fine de denture, on formera de chaque côté deis cordons, un carré auquel on donnera 'la plus gcande coûtante, soit pour son épaisseur, soit pour sa hauteur et l'exactitude de son prc^. Après quoi, avec une grelette demi-ronde, on einp<»teia le fixid entre chaque cordon , jusqu'à ce qu'on atteigne le mandrin. Hais pour cette
CHAP. VIL Secï. il Faire Jt/u Torte tur le Tour à pointes. a33 opération on se servira d'un outil beaucoup plus mince qu'il ne Ëiut , ki— afin que si l'on donnoit trop de côté ou d'autre , le mal ne fût pas sans ^'■■ remède. Quand on aura atteint partout le bois, on égalisera à droite et. k gauche avec soin, pour qu'aucune des parties, pleines ou vides, ne. présente d'irrégularité. On terminera ces ouvertures vers les deux bouts, en talus ou plan incliné, venant aboutir vers un des cercles qu'on a bacés d'abord. On n'a aucune raison de ménager le mandrin de bois; c'est pourquoi on se servira des différens outils, en ne considérant que l'ivoire. Si le mandrin n'avoit pas été fait avec un très^rand soin, il seroit possible que le maiiche tournât dessus : il sera bon de foire un repère, et de le remettre à sa place, en mouillant un peu le bois, s'il le faut, pour qu'il tourne toujours également rond.
Quand on aura terminé avec soin toutes les parties composant les. moulures, qu'on aura enlevé tous les traits les plus gros , on polira avec de la prèle mouillée, qu'on fera entrer dans l'eutre-denx des cordons,, prenant bien garde d'émousser les angles des carrés , si l'on en a Ëiit , ou, de rendre méplates les baguett«$ qu'on a dû &ire rondes ; et dans .cette opération, ainsi que dans toutes les autres, on juge aisément qu« c!est à la main qui tient l'outil à avancer et reculer sur les. moulures , puisque l'ouvrage tourne sur lui<méme. On pourra plier un de ces brin^de prêle. sur l'angle vif d'un petit bâton, taillé en ciseau, pour atteindre au. fond des moulures; enfin, on emploiera tous les moyens que l'industrie et l'intelligence suggéreront. Lorsqu'on aura bien adouci à la prèle , et qu'on, de v^ra plus auoups traits, on prendra sur un linge, doux un peu d« blane d'Espagne délayé à l'eau, et daus lequel on se sera assuré qu'il ufy a aucun gravier, et on donnera le dernier poli à la pièce, en promenant le polissoir dans le sens de chaque moulure : mais il faut prendre garde que la chaleur du frottement pe dessèche ce blanc, et ne l'attache sur l'ivoire par petites parties, ce qui g4teroit Le. poli. Il vaut mieux, quand on a suffisamment poli à l'eau , essuyer la pièce , et la lustrer avec ' an cbifFoo sec et un p«u de blanc en poudra. . . -
On a représenté, ^. 1 3, l'effet que produit la torse sur ce manche, fit Jîg. i3 et i4) 1^ différentes moulures qu'on peut faire aux cordons,
Rien n'est aiu&i agréable à l'œil que ce manche ainsï.mis k jour^ lorscfU'on l'ôte-de dessus le mandrin. I^ traDS{>arence de l'ivoire, la précision des moutures, l'isolement de chaquç«ordoa,.)t9Ut.£ùt «egtettei: qu'il n« soit pas possiblç de monter le couteau »ur ce manche , sans y £^er uq axe plu&.sQlide pour recevoir la soie.
a34 MANUEL DU" TOURNEUR.
• On tournera entre deux pointes un morceau d'ébène , qui ait au moins un pouce et demi de plus long que te manche , pour pouvoir faire à Tua. des bouts une bcdiiae pour la corde. Quand il sera au rond, on -le percera k la lunette de deux pouces ou enviroa de profondeur, et avec une nièehe de deux lignes de diamètre, pour mastiquer dans ce trou la »oie de la Urne. Puis remettant œ morceau entre deux pointes, on lui donnera Ik forme qu'avoit le raaudrin, c'est-a-dire t^le qu'il entre assea juste , mais très-^lement , dans l'intérieur de la torse. Il faut surtout avoir soin que chaque cordon posé jsste dans toute sa longueur; sans qiHii, au moindre elfort qu'on £sroit, la torse ayant du jeu, seroit bientôt cassée. Ctai polira soigneusement ce morceau sans y mettre d'huile ; mais on le lustrera avec une serge bien 4ouoe. &^d, on coupera sur le Tour le morceau d'ébène , d'une demi-ligne par le haut, au-dessous du niveau du manche d'ivoire lorsqu'il est entré bien juste , afin que la soie de la lame étant mastiquée , l'épautement puisse poser sur l'iveire , et en appelant à elle l'ébène , rendre le manche plus solide. '
On le coupera par le bas , de trois bgnes ou environ plus court que le morceau d'ivoire ; et avec d'excellente coUe forte, ou mieux avec de la colle de poisstm , on collera prc^trement le noyau dan» le manche , et l'on Àtepa,pFO|H^in«nt les bavures, pour que le peti de l'ébène ne scût point àltéi^.
On tournera ensuite une culasse d'ivoire, de la fbnne qu'on jugera àpropos, en y réservant un tenon qui entre juste dans le bout du manche,, qui eati demeuré vide. On te collera en piace aprè» favoir ptJi. On doit se reppelier le moyen que nous avens indiqué pour tournef au mastic , entve-deux peintes, un morceau- un peu 'eoun.'La,^ i3 r^>féëeMe<'te proflï t^u'en peut doAner à cette culasse.
Ge manche ainsi terminé , et dans lequeï l-'ivoirè contraste avec trébène, fàif le p>iM joU effet , et hs personnes qui voudront- apportep beaucoup ^tteMion et de .t^os à le feire en seront paHtiitemeirt 'contentes.
On peut ne pas mettre à jonr tes eeMlons ;^ efr dïn5-o& ea»,-*) s«P0it'4 p¥Opos'del^iW<uneeert»»e-q«autité;delh(gu«lteSj qui se toucheroient les unes les awires, sans ncun «arré' ni dégagement entr^Iles. hifig- f6 ea donn« la coupe. Ce pi>ofil fei« encore uu elfét très-agifëable-.
Noivs tvons vu desét»i»làit$ àft ces différentes mamères; et sort q«*ils fc$seftl'à'jo«n*-e« non'jpourvH qu'iis, ^sent parfeitemcnt régulier», ils «étaient très-agpéahfes ; mai» dans -on ^tui , la dïlMeulté esP de Ciriie correspondre tous les cordons du corps de^ Fétui avec ceux dj^ convercle.; et
CHAP. Vn. Sbct. m. Percer de très-jnenu» objeU. aB5
k. moins d'une grande attention dans le traTail , et d'une grande régularité s dans les divisions, on ne petit espérer d'y réussit. 1
Dans le cas où un m&nchè ne seroit ni évidé ni niU & j<>ur, ainsi que pour des étuis, on terminera les bouts de manière que chaque cordoA vienne aboutir en pointe au centre, ce que les ouvriers nomment «npoînfe de diamant.
Si l'on vouloit procurer k, ceA étuis ou b ces mtinches le detnier d^^ de beauté, les uns et les autres étant mis k jour, on feroH monter le manche de couteau sur un canon d'or fort mince , au dedans duquel seroit un mandrin de bois dur bien tourné, qui reiUplitoit exactement le trou. Alors, au lieu de coller la pièce du centre, il feudroit la goupiller de metnière ou qu'on ne vit pas les goupilles, ou qu'elle fissent omemens; C'est le goût et l'intelligence de l'amdteut qui doivent le diriger dans cette opération. Quant à l'étui , il stlffiroit de tourner deux parties bien sem^ blables, et de rapporter Utt long ttiyad d'or qui aerviroit de gorge, et rouleroit dans le canon qui doubleroit la tète : mais ceci n'est pas d« notre compétence, c'est le travail d'un orfèvre.
Les ouvrages que nous venons de décrire nous paraisseilt devoir suffire pour un amateur encore peu exercé. Nous nous réservons d'enseigner dans le second volume à faire sur le Tour à pointes des pièces d'utie exécution plus difficile, et qui exigent plus d'habitude à manier les outils.
SECTION ÎII.
Percer de ttès-menus ùbjets.
ttVi^L-at la manière que nous avons rapportée pour percer k la lunette un morceau de bois , on a peine k éoncevolr que le' trou puisse n'être pas parfaitement dans l'axe du cylindre, puisqu'oti a recommandé de coniimencer ce trou bien au centre avec un grain-d'orge; et que là pièce tournant Sur elIcF-méme , le trou doit suivre une ligne droite , représentant mathématiquement l'axe de la pièce. Malgré cela , lorsqu'on e$t «j^blig^ de retourner ta pièce , boOt pour bout , pour &ire la moitié du troU de chaque côté, i! est rare que ces trous se rencontrent parfaitement, à moins qu'on n'ait acquis une rrés-gninde habitude.
La première cause qui produit de défaut est qu'on ne tient pas la mèche dans le prolongement de faite, et que podr peu qu'on l'incline d'un côté ou d'un autre , la déviation de l'outil Une fois déterminée ne fait plu*
a36 MANUEL DU TOURNEU».
s qu'ajler *n augmentant. Il est encore une autre cause qui produit cet effet.
■ Malgré les soins qu'on .apporte pour tenir la mèche parfaitement droite, ■les fibr«s du bois, n'étant pas toujours dans l'axe deJa pièce entraînent la mèche dans leur direction. Il faut donc prendre fort peu de bois , c'est-à- - ■dire appuyer médiocrement la mèche dans son trou , et surtout la vider souvent, et la tremper dans de la graisse chaque fois qu'on la retira Sans cette double précaution , il ne seroit pas possible de percer droit ^e très-menus objets , têts que des tuyaux de pipe en ébène ou autre bois , ^ans que le trou vint aboutir en quelqu'endroit de sa longueur, à moins qu'on ne- les fit de beaucoup trop gros, ce qui auroît très-mauvaise grâce. A ce sujet voici un de ces procédés qui prouvent une très-grande habitude et beaucoup de dextérité. ,
■ Les horlogers ont souvent occasion de percer dans toute leur longueur .des pièces d'acier ou de cuivre assez longues, telles que le canon ou chaussée, qui donne passage à l'aiguille des minutes. Cette pièce est d'un tort petit diamètre, surtout dans les petites montres : il est de ces artistes tellement exercés à perCCT droit, quoique la pièce soit très-longue, que nous en avons vu un faire la gageure de percer un camion, sorte -d'épingle très-fîne, dans toute sa longueur, sans sortir d'aucun côté, et .y réussir.
Les horlogers s'y prennent, pour percer toutes leurs tiges, de la ma>nière suivante, qui correspond parfaitement au procédé que nous avons indiqué , en se servant de la lunette. Ils manient sur le cylindre un cuivrât ou poulie, sur lequel passe la corde k boyau de l'archet. Us marquent les centres avec un coup de pointeau , et mettent l'un sur une pointe d'une des bi-oches de leur Tour; puis, saisissant un foret convenable dans une tenaille à boucle, perpendiculairement à cette tenaille, ils font tourner la pièce avec l'archet. Us ont soin de vider souvent les copeaux pour que le trou ne s'engorge pas , si c'est du cuivre ; et si c'est de l'acier , ils mettent souvent de l'huile. Quand le trou est à moitié de sa longueur. Us le commencent par l'autre bout, jusqu'à ce que les deux se rencontrent. Mais comme il est possible que malgré tous leurs soins , il s'y trouve une légère déviation , ils redressent avec an équarriasoir la longueur totale du trou , attendu que la perfection qu'exigent toutes leurs pièces les oblige de rendre toutes lès parties frottantes parfaitement droites. C'est par la même raison qu'il est toujours à propos de percer d'abord le trou un peu plus fin pour y pouvoir passer une mèche plus forte, si l'on veut ^*il ne présente aucun coude dans toute ça longueur.
CHAP. VU. Sect. III. Percer dé très-menus objets. a57
Il est rare de trouver des mèches assez petites pour tous les cas où on a des trous très-meiius à percer. Dans ce cas , on peut se servir avantageusement d'un foret , surtout pour percer l'ivoire et les bois durs. On le tiendra de fort court dans une tenaille à boucle , afin que son élasticité ne le fasse pas varier en appuyant , lorsque le trou commence à être un peu profond , ce qui le détourneroit. On reculera la tenaille sur le foret, à mesure que le trou s'approfondira, en en laissant excéder le moins possible; et pour qu'il ne s'engage pas, et que les copeaux puissent sortir, on aura soin que le corps en soit un peu plus menu que la tête: Toici comment se font ces forets. On prendra un bout d'acier rond , de la longueur dont on aura besoin, et plus menu que te trou qu'on veut &ire. On chaufiera à la lumière et au vent du chalumeau le bout de cet acier, et on l'aplatira un peu sur un tas d'acier poli, avec la tête, aussi polie, d'un marteau. Cette opération élargit le bout plus que le corps du foret ; mais on lui réservera assez d'épaisseur pour pouvoir résister à l!effort qu'il éprouve, et qu'on puisse y faire tes deux biseaux dont nous allons parler. Avec une lime bâtarde, on formera sur chaque face deux biseaux qui partagent l'épaisseur en deux parties égales. Si le foret est destiné au cuivre , sa forme , qu'on nomme en langue de carpe , doit être pointue par la rencontre de deux lignes formées par quatre biseaux. Si c'est pour le fer, il doit être rond, formé par la rencontre de deux biseaux circulaires. On le trempera en le faisant rougir couleur cerise, et le plongeant dans du suif. On le blanchira sur la pierre à l'huile ou autrement, sur une des faces; puis, le faisant chauffer plus loin que la pointe , on l'amènera à la couleur d'or , et on le refroidira de nouveau , ce qui achèvera la trempe. Lorsqu'un foret est très-menu , tel que la grosseur d'une aiguille à coudre, les horlogers se contentent, lorsque la tête est rouge, de l'agiter avec vivacité dans l'air: il se trouve sur-le-champ trempé et revenu convenablement : mais il faut beaucoup d'usage pour opérer ainsi
On lime ensuite l'autre extrémité en rond , it la longueur de 5 ou 6 Ik gnes ; on arrondit aussi le bout et on lime en diminuant vers le bout , afio que le cuivrot entré un peu de force y tienne plus solidement à lo ou t* lignes du bout.
a38 MA5UEL DU TOURNEUR.