‹ Manuel du tourneurChapitre 27 sur 44 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Tourner à la Roue à bras.

SECTION PREMIÈRE

Support à Chaise.

= Il est une infinité de cas où l'on ne peut tourner certaines pièces entre deux pointes à la marche ou pédale, parce que le diamètre est trop grand pour qu'elles puissent foire assez de révolutions ; soit parce qu'elles sont très-lourdes , et qu'elles acquièrent par conséquent beaucoup de Tolée comme la roue des rouets que nous avons décrits. D'ailleurs le mouvement rétrograde qu'on est obligé de donn^ en tournant k l'arc cause nécessairement des secousses à l'établi , et par conséquent influe sur la pièce même qu'on veut tourner : au lieu qu'un mouvement continu ne communique presque pas d'ébranlement, pourvu que l'établi ait une certaine solidité, ainsi que nous l'avons recommandé ailleurs. Quand oï commence à s'amuser au Tour, on pense que le, plus petit et le plus I^er suffira toujours ; et l'on en juge par les petites 'pièces qu'on tourne en commençant : mais pour peu qu'on réussisse, il est assez ordinaire et asset naturel d'entrepïendre des machines plus compliquées , et l'on se pique, avec raison , de vouloir tout feire par soi-même. Ainsi on Tour très-soIidé ' convient aux ouvrages les plus légers ; mais on ne peut tourner sur un petit Tour que quelques bijoux, et jamais rien d'un peu fort. C'est donc économiser que de s'outiller du premier coup, comme nous le recommandons; et la marche qne nonssurrons, jointe à l'attention que nons avons eue de décrire une infinité depièces qu'on peut foire sur le Tour à pointes, indique assez le plan que nous avons adopté , de ne pas induire nos lecteurs dans des dépenses dont l'étendue ne pourroit convenir à toutes les fortunes. On peut donc monter un laboratoire à mesure que le goût se déploie et que les moyens augmentent Par exemple , il est possible de tourner la roue d'un rouet au pied ; mais cela est fort pénible ; au lieu

,GoogIe

CHAF. VIII Sbct. L Support à Chaise. a39

qn'k la rooe , rien n'est aussi aisé et austû proropL Kons nous trouvons a àoac conchiits naturellement à décrire ptusiettxs opérations , qui deTienilront très-faciles par ce moyen.

Comme l'4Uitton d'une TORie ne change absohnneiLt rien au Tour, nous ae dirons rien de ce dernier , si ce n'est que comme chi a souvent dies pièces tvè»>fortc5 à toarner , il est à propos de se pourvoir de trèa-^rosses poupées, garnies de leur pointes à tïs, beaucoup plus fartes que ceUea i^i serrent au Tour cndituire : e'est poor cela qu'on en «ira denx paires; i'une pour les ouvrages moyens, l'antre pour eenx qui exigeât plus de iiace. Il est miae k pn^M», sdoa le genre d'ouvrages qu'm cotrepcend , de s'en procurer aussi êe très-hautes, telles que d'un pied à compter da centre des pointes-, parce qu'on a souvent hesoni de toamec des rouet d'un fort dianfeètre , lorsqu'on s'oecupe de mécanique. Si on n'avott pas •ouveiU occasion de tourner de ces grandes pîpèces, on pourrait, dans le cas où il s'en présenteront une, faire usage des poupées ordinaires, en tes haussant avec des cales. On con^oil que pour cela, tes via à la. rooiaine doivent avcMV une kmgscur proportionnée.

Quant aux forte» poupées, dont nour p»4i«os il m'y « qu'un moment., tl e^ à propos qu'etle» sotent plutdt bacses- que hauUs , et qu'on leuf donne beaucoup d'empâtement, afin- qa'on paisse tes fixer trèsHwbdeméBt sur Fétabb , et qu'elles résistent k l'eflort qu'on leur £dt àpeamrem

Lorsqu'on tourne des pièces »n pe« fortes om du fbr, on sepeut pas te promettre que le support ordînsm« paisse j résister. On se servira dons de celui que représente la^^. 37, PI. 18, qui est celui dont on se sertcoak' miuDénent am Tour «n l'air, et dont itoaspaderaiiscaison lieu; Mais il est àprc^M» qa'ilsoi^ bcaDCOup<plu&fiirt, puisqnec'estlà que seporte tonte la résistance de la matière qu'on tourne.

Ce support est composé de pènsicorg pièces, dent Toici les nonk «t l'usage, iâ semelle >^ poec snrl'étabh, et j est fisée au moyen d'une e«aaaro, avec-feniHaBes aw fetqpdl»» appâte up y, ^y. s8. Pi. iS , dont la tête est ronde ou carrée, la tige carrée, et le bras taraudé pour receitoi» l'to'ou à arciUes a, au moyen duquel on serre- bt semelle sor l'étaUi. Xéevou appdle le "F, dont les épauèemea»' ecposeat sur les feuillnres as la scnelk ; ta. pièee A est de txtis et tournée : «ntr'elbr et l'écran ett «tw pbqae ronde de. cuivm., qvi en^êcbe ipre ie tMaansi se iBOtiie pHi ta ]Wcsston de l^écrim. ^oretn^pèdierce T dé toonner sur hû-mènse quand •a serFeVé<votl^,ofieBfi)i»dui8sati^uaBMireoaudeboù.can^etd'épaiai«

a4o MANUEL DU TOURNEUR.

i Fj seur égale à l'écartement de la rainure de l'établi, ou un peu moins. Comme

Pl. i8. gejtg pièce de bois entre carrément sur la tige , elle empêche le T de tourner.

B,fig.i'], est ce qu'on nomme la Chatte. Elleest fixée su^jj» semelle au moyen du boulon a, taraudé par le bas , et qui entre dans un écrou de fer , enctutré en dessous de la semelle. La tête de ce boulon est percée de deux trous qui se rencontrent à angles droits , et la traversent dans tout son diamètre. C'est au moyen de ces trous , dans lesquels on £tit entrer la ~ queue de la clef , qu'on serre la chaise sur la semelle , en la tournant du côté où on ena besoin. La partie perpendiculaire de cette chaise est percée dans son milieu, d'un trou carré, pour recevoir la tige d'un autre T,Jîg. 29, PI. 18, qui retient la cale C, sur laquelle onappuie l'outil, et qui sert de support. Cette calé doit être de chêne, et à bois debout, afin qu'en cas de grande résistance de la part de l'outil , il puisse gripper dans le bois; ce qui ne seroit pas aussi aisé à bois de travers. A cette cale est une partie moins épaisse que la partie supérieure. C'est là que se loge la tête du T, afin qu'en cas de besoin, la cale puisse approcher tout contre l'ou* vrage. On ôte cette cale de plàc* , en desserrant l'écrou à chapeau Ô avec la clef, qui comme lui est à six pans. Il faut avoir de ces cales de toutes largeurs et épaisseurs , selon la pièce qu'on tourne. On voit par les détails de ce support , qu'on peut le tourner en tout sens , pour couper ta matière, soit à face, soit de côté, et toujours d'une manière très-solide. Ou en fait aussi dont la chaise et la semelle, ou seulement la semelle, sont en fer , ou eu fonte de fer ; on n'en emploie pas d'autres pour tourner le» métaux. -

Lorsqu'on veut tourner une pièce d'un grand diamètre , on ne peut se contenter de ce petit support , même en élevant la cale aussi haut que posi^ sible, attendu qu'ayant besoin que la partie supérieure de la cale soit au centre des pointes , cette cale deviendroit trop courte , et seroit fixée à la chaise de trop loin , ce qui occasùanneroit un trémulement produit par Vér lasticité du bois : on s'en pl-ocuréra donc deplttsieurs grandeurs, suivant le besoin.

■ Lorsqu'on tourne du ftsr ou des parties de cuivre d'un diamètre un peu grand, l'effort de l'outil tend nécessairement à faire sortir la pièce de ses centres ; et pour peu que les poupées n'aient pas une base fort lat^ sor tous les «ens , le moindre écartement Ëiit sortir les pointes de leur X^u , et la pièce s'échappe du Tour. Pour éviter cet inconvénient , quelques tm^ ▼Tiers qui tournent de fortes pièces de fer , mettent à chaque poupée deux

CHAP. VIII. Sect. II. Description et ConatracUon de la Roue. a4i vis eo dessous , au lieu d'une. Par ce moyen dles se trouvent fixées à \'é- ;:^i^^s tabli d*une manière plus solide. ^^- '**•

Tous ces détails rendent ^ile à concevoir la nécessité d'avoir un établi de Tour q,ui ait beaucoup d'assiette , soit par sa propre pesanteur , soit en donnant aux pieds un peu d'écartement , en forme de tréteau , surtout aux pieds de devant , où cela est indispensable, pui^ue la roue dont nous allons parler tend à appeler l'établi à elle. - Quant aux pieds de derrière, il suffît qu'ils soient perpendiculaires, car s'ils avoient de la pente,' on ne pourroit approcher l'établi contre un mur ou contre une croisée. -

SECTION II

Description et Construction de la Roue.

Qdelqdes Tourneurs, pour ménager la dépense, se contentent de faire ■

iaire une roue à la manière de celle des voitures, afin de lui donner plus ^^- *^' de volée, et que l'homme qui la tounre, après l'avoir mise en train, soit soulagé par la vitesse acquise. Mais cette méthode, J>onne à quelques égards , est défectueuse à d'autres ; parce que .la pièce tourne souvent avec plus de rapidité qu'il ne &ut, et que, si c'est du fer, l'outil s'échaufie trop promptement, et n'a pas le temps d'entamer la matière. Il Ëiudroit ménie . que la pièce put tourner lentement, et d'un mouvement uniforme; et c'est ce qu'on obtient dans les ' grands ateliers, où les- pièces tournent ' par le moyen de l'eau. , . i ■ ■

La^. 7 , Pî. aa , représente une roue de Tourneur dont la corde mène la pièce qu'on tourne , vue de profil sur ses' pointes. On n'a pu représenter ces différens détails qu'en petit, ainsi que l'établi, à cause de Ja grandeur de la roue.

De toutes les manières de consbvire une roue de Tourneur ,> celle dont nous parlons est la plus solide et la plus aisée. Assez ordinairement on l'enraie comme les roues de carrosse; mais les tenons des rcUa qui entrent dans le moyeu , en se desséchant prennent du jeu , et lorsqu'on se sert de la roue on entend un craquement considérable, occasionné par. chaque .tenon qui se meut dans sa mortaise. Voici donc de quelle manière celle que nous allons décrire doit être construite.

. On percera sur sa longueur un morceau.de bois de 8 à lo pouces de long, sur 8 de diamètre ou environ. On équarrira ce trou pour y recevoir T. t. 3i

,GoogIe

CHAP. Vin. Se£T. m. VâMHpUoa etComatruetion de la Roue. a43 - OiLtva£ei»JL4c8idiirtaQots4gEUndcscenÉKsv'iDa9(|n<s8nvdiJK}iieban« 'desligpies oùftoinent èget &ks, loi.issflmbiagM de» hait travcises a, (, c> ^> «>fj S» ^>^7» ctUs/dtnrtsupfoséB cachée pu- le montant du pied. Ou. csrvoyen avec soin <:hiwi>ne de ces huit travetscs, oonseDrant à cfaacim des boaU va. teuaa coBveaable', qal «ntis.diMis ^ navt&iscK ptwti^uéea. aiuc traits ibik{u& hv cfav^ne barre. Les. ^a«ra pditn tr»vxara peuvent aisémeial s'iusembler dans- teuts nottaiscs ;^ nuû. les quatre avtres présenteot ^lus de difficukés. On dlteiaiicfceva les- deux eroisillens, on cmmancbem. chaque^ Inweiseï; ptùs-, pséseaUni) les quatre denùsies à leur place , oa lesr£eEa eotner dans- leurs, mortaises , en même temps qu'on aoaoïblera. les dewK. croirons. On tracer» de nowreau' des- centees àif chaque barre , les entrâniit^ , tant des^gntndn barres-que des hnit petite» t, £j t-, m, n, o, p-f q; qui s'MsovbleBt k tenons et inorlaiftes dftns iestrwreraeaa, c , « , g* Et pour ^s-d'exaeliciide, oïl emploiera ht méthode des cbwroBs dïmt mous- avons déjÀ parM, et qui consiste à ^re^ enti«r juste-, dans un des collets do l'arbre, une tringle de' bm», au borne db'la* quelle est uive pointr qui trace toutes- les- baires bien eirculair«menL On pratiquera à chacune des extrémités de ces barres un tenon- d'tnï pouM de long ou environ, qui- doit entrer dans l'épaisseur dfe Ik- jante.

Le grand ceicle de cette roue , ainsi que les deux autres , dont notis parlerons plus bas, doivent éxn faits avec quelques- préeautioiu-, mais surtout le grand ^ ipit sert principalement à omtentr les barre», et^donaM de la solidité et de la volée k la roue. U' est donc à propa», lorsque lesparties qui l<e composent' sont m ^aoe , de pouvoir les- semer suc ellcskmêmes, pour évit«" le reikibement, et par conséquent le ballattemea< des parties , et par suite lé craqnmnent de la roua

&n tracera , avec un- compas ordinaire ou à verge*, fig- ^, PL i » 2*. //> Mir une table-ou planta de trois ou quatre pouces d'épaisseur, et bien, dressée Ji la vaHope , de» portion» de cercle de la grandeur qu'on vent donnev k la roue. On leur donnera la lai^ur qu'on désire ; mai» en> aura soin- dates trac» de &{on que ebaqtMJmnt se- troirve dan» l'interv^bdktB» bsore à l'autre ; et pour que de tnop^ grandes- porU^M de-eerele ne soieut paa-pnaes dans du bois<ranoM> il sera & propos de Ckire-, plutôt pku- que moin», de ces portions de COTole qu'-on ncmime /anf«« c huit, pw «NOiple, pcnr notre rone seront aujant qu'il en&utt

On nomme- Boiê tranché , oehiidont le» fibres sont ocMpëes i^ns- on moins transversalnnent. h^Jig. 1 1 en offre un- e>em|^j Supposons- que dans une planche que représente cette figure, et dont les fibres sont en

a44 MANUEL DU TOUfiNEUR.

■- .11 Inrfg. on veuiDe prendre une portion de cercle, on voit que les deux extré- ^*' mités ont .leurs fibres fort courtes , et que si on veut leur &ire supporter quelque effort, elles se casseront. flans la partie la plus courte , .parce qu'il y a moins de résistance ; et ce défaut sera d'autant plus grand, que le cerclesera plus petit, ou la portion.du.cerclepliisjgniDde. Si au contraire. cettje> portion approche de la ligne droite , Je bois aura plus de force. Cette, observation trouvera son application dans une infinité.de circonstances. ;

'..Quand on aura tracé le nombre de courbes sufSsant dans une table bien.. saine , et mise à égale épaisseur, on les refertdra à'la:.sGie à tourner; pujts:a(v«c un rabot cintré, fig. a6 , PI. 9, on atteiiidra.en dedans de la oour-; hure le trait du compas, en présentant souvent l'équerre sur les deux,, faces. On en fera autant sur la partie extérieure du cerde ; puis ayant- tracé sur une .table un cercle égal à celui que doit avoir .la roue intérieurement;,;, on le divisera en huit parties égales , de chacune desquçU^ op tirera unr rayon au centre : on y posera juste toutes les courbures , de ntanière. qu'elles dépassent toutes le trait d'environ 4 à 5 pouces. F'oygz ia fig. la, où a.; £, est Fextréraité de ce rayon. On tracera sur le plat de chaque, courbe un trait suivant la ligne du rayon ; et de peur.de confondre par la , suite toutes ces courbes , on les numérotera par leurs extrémités pour les. reeonnoUre.

; Od (livâsèra ensuite l'épaisseur en trois parties égales, en, dehors et en . dedans du cercle, comme on le voit sur la fig. la : on renverra le traita qu'on a d'abord.tracé sur les quatre, iaces; puis on tracera ceux indiqué» sur la figure , où le genre de hachures ou traits indique ce qu'il faut ôter de bois k chacune. On recalera toutes ces parties avec de bons ciseaux; avec le plus grand soin. On présehtera chaque partie à sa corrçspondante jusqu'à ce que , lès joints soient parfaitement justeg. X'entaille - du miliçu . doit aller, un- peu en diminuant vers l'intérijeur , . et on y mettra une clef,, qui achèvera de serrer et de joindre le tout très-solidement. Ces assemblages se oûmmcnt Traits de Jupiter. ■ :.,,.>:

■..Quaïid;.toutie»,.c65,;courbfes .«rnoni^aipsi assemblées, qn,9AV«„ujaej:ouei ' par&itement ronde, sl l'on a.bien opéré.. On la présentera sur les tenons, pratiqués à chaque bout des barres, et elle doit arraser et entrer ub peut, juste en sa place. Les assemblages doivent se rencontrer entre desmonians,) et jamais trop près d'eux, de peur que les mortaises qu'on va y pratiquer^ ne les 'affoiblis!seut..,Oio;t|-acera donc la:largeur de c^i^que mpntaûe.sur^e tenon mèmie'qu! elle doit repeyçir., ayajit sQin d^.bien .régler Técar.^mQnti de tous les moiitails, puis avec un trusquin d'asaemUaç» , fig.'t^, Pl-^h

yGoo^Ie

ClIAP. VIII. SeOc. IL' Heseription'et CbnalràcHon de la Jtoue. 24S (c'estun.tnisquia à deux pointes, dont l'éoarteni^it détermine l'épaisseur ~:^Bamk du tcDon) , et d'une même face de chaque conrbe , loti tracera la bani^oeur ^*- **• de chaque mortaise. On les fera toutes proprement, avec un bec-d'ané bien affûté; et pour .eette t^Jérationoir -aura désassembié la roue. On rassembler de/noaveMij'eB'inettant cbeaiae'eenDD à la ^lace qu'on auta marquéearec de la pierre^ noire ou auti-emeht. Enfin , on mettra les ciel» ; on les' serrera. peu à peu, l'une aiH«s l'autre , et la roue sera bien droite , bien ronde, et bien solide.

■ Ce n'est junais.sur le çnind oerc^ qu'en po&eia corde du Tour quand o» tourne des, métaux j .Son trop gtand diamètre^ dans l«q4teï«elTii de la' poulie ou de la grosseur de l'ourrage est coûtent! trop de fois,dotHieroità. la pièce qu'on tourne trop'>âe rapidité; et l'on verra bient&t que, par la npèqieraifionjOBestob^géd'empk^eruBautre cercle d\in assez petit diamètre. La grande rone ne sértf^onc ordinairement qu^:donner de Ja volée,' etàldimintier, par lu vitesse acquise ',l'ç&>rr de l-'hoauHS appUqoéiàlaaa" nivelle pour £iij«> tourner la rone. > •'■■■

Oo fera , par la même méthode, deux ou trois- autr^ cercles de dififérensdiamètres; mais comme ils sont fixés sur le& barres-, au moyëiide cloMà tête et>à<vis,< il n^est pas néoéssaire d'^n'iassenibler les courbes avec'Jesmêmes.précantions^il ^sufBrad'eii assembln* les bouts à- pists- joints ec èi-' moitié bois. On tes fixera sur les' barres' avec de boniies vis à bois; et quata'd' ils seront tous deux eii'plaee, on Térifiera, aVec la tringledont nous avons> parlé, s'ils sont bien' concentriques k l'ase ou arbre de la grande roue. S'il' se trouve qudque erreur , on la rectifiera en ôtant deplace-Ia courbe quîexcède un peu ; et enfin on : Cournera Tes cercles- en pratiqtNÙt sur chacuDd'eux une rainure' de 6 à 8 ligue» de profimdeiir pour- recevoir la oorile.

Il fiuit observer que la roue la plus-petite qui se trouve près' dirmoyéti' doit être prise dans du bois beaucoup plus épais que celle qui la précède en grandeur; car, comme elles sont toutes deux fixées. sur Un même plan,' sur les barres de ta- grande rou», si elles- étoieot égales d'épaifiseuTretqùe la rainure circulaire iut à'une jnéme distance-dés bords, cette rainure 3tf> trouveroit cachée sous l'épaisseur de la précédente , et la coide ne pourrait pas j être contenue : ainsi il faut donner à cette dernière environ le double d'épaisseur: de la première. Pour éviter dé se servir de-lxns trop épais, on peut mettre cette petite roue de l'autre côlé d& la grande roue. ' - - - ■' Si l'on ép)itçufiW^coçvenablen»eat,ilisesaitplu.'»oammode, pins promptet.plus aisé de former, ces rainures feur-leTour; mais outre qu'il faudpcfitJ awûr d^ une grande roue , il est rare qu'un A'mateur paisse mettre une de

a46 MANUEL EhU TOUANEUl.

^^HB^^ poopëestourtaubout^^drattâdflAon établi, et qu-'UeiWwiesolivepvKC Pi,. ïi. eiitEeJe ^lavcbec et: IiS: pU&mAy et qnii poMfti ua» points à la. bautcuv' d» c«U«: d^ ta poupée. Clestt c^endaoA Is moTcn. éovA se seneot ks^ To«i^ ueurs qjuifoRjtdAS in!»KjAHCims.s«R]iesi/aiito« ^roqcstfe canosiesi; et duu cecas la rouq-.pftsa*^9lM' l'établi Qt-bsolciw, qiL'tmrôts-etmaiet Juvoèonfeé,' «n la Toi4want 3wec dest coioo.. On place le «ipport de eàté rwd Ifétabti mémei mais ceci n'eut peu de BWlFe-objet: wie-sijDple indicat^oa aous-paroit suffisante.

Il nous, reste mainteratot à &ùq le |HC^dB la rouet Ce ^ed n'est autre dioseqiiiedeuaLBQontass., donl<oniQfip«tit '?oirqu'Dn.eiL^,jS^7, oetenus par des liens B , G, le tout assemblé tràsrSoUdement ik tenoaS', mortaises. et embrèvement , sur deux semelles ou. patinff-i>>

Ces deux. semeltes sont elljïSrméaics assemblées par deus travenses r, a, dont on ne voit queJe bout des. tenons, et <pii détenninent l'écartement' deanontans k la. loufpnetir du. moyeu. Ce pied de roue (ff^it être &it de bois assez fort pour que sa lourdeur lui donne de L'assiette, et qu.'il EësifttB' «1: moaTemral: que peut» lui imprimer l'effort de l'bomme, ou des deux bpwmes qui tournent la. roue.

Quand la roue est montée» elle â assez^ de poid» poux demeurer 6x4e dtins l'endt^it.où^ on l'a placée et où le besoin lîesige , c'est'^dire ea &ce de la poulie du Tour; et quand on ne s'mi. sent plus, on la. pousse dans un coin, contre un. mur de l'atelier', afin qu'elle n!6ipbaaTasse pas. La. corde seule peut causer quelque embarras., attendu que, pouv la retirer, il fiiut d^onter le Tour, Pour remédier à œt inconvénient, ooj ai imaginé deux fortscrodietadîacier,^;^. 6, PL 36, T. Il-, dontle8.trous£<nit taraudé&d'un pas.à gauche, et se montent à vis sur chacun.dt3.bout8vde la. corde, qui doit être du aeptaiu. de ohanyirede 5 à & lignes, de diamèb«j On w>tt que ces crochets, en se détachant fecilemeQt, donnent le moyen de placée et de dépbcer la corde sans, démonter le Tour.

On fera, fi>rgQiid«ix manivelles^ de lo à i.s. pouceside laj^on, en C ou en-^, à volonté^, attendu que leur Ibrime importe fi>rt;peuj,.con»nfii>OUA. allons le démontren.

Une manivelle d'un<piedm'Ëst autre fdiosequ!un leviendîna. pied, appli-' que à: la noue elle-même. Ainsi, si cela étoit possible, il suffînoit délacer sur une des barres une cheville à- un pied de distance du centne; la. puis* sauce n'agiroit qu'en.' raison d'un.rayau d'un pied; et, en qiielqu'radroît qu'on rapplique, c'est toujours du. centre à la.cbeville qu'il ftut estimer Itt levier, et ce levier n'est qu'un rayon d'un cercle d'un pied. Il est donc dé-

CHAP. VIII. SsCT. II. lieacripiion et ConOruclieit de la Roue. 24? iDMitré gu'une manîT^e ^«at le TayxHi servit «troit , serait tout aussi s

puisâttttè qa^uoecn C'on«n IS/ nuJis l'usage a jarétalu , et nos yeux y sont ^'" ^^'-

ftCOMItMMéS.

- A flaolns id'avoir ^tooraé la voue, on «e p«ut «e fiarmer d'idée eucte de l'efiert ^e Jolit cdsii «^ la tourne p(nzr emmener la pièœ qm est sur le Tour, si elte est d'un fort diainètre ,«u si c'«st4a fer ou da oaivre. Il a donc &llu chercher tous les moyens de diminuer la résistance , de soulager l'homme qui toome , et d'âp^iquer tout son efiCort À TouTrage m^e. Au haut de (^laqae montantt, od pisttiqae «ne «otaille à {leu prés oairée , et dont on aiwpréwailtéia forme géométrique ,j%. i3,afin'd'yintmdttrredes coussinets de matière , dans lesquels Tarbre dcàt rouler. Nous donnerons Ja compositiffin de cette matière i l'article du Ta«r en l'air. On donnera, tant à l'enbiiile (ju'aux rainures , un peu d'entrée par le haut, afin que ces collets tjeraent nùeux eu leur place ■, et «^'on puisse les retirer À volonté. Quand les entaiUee seront bien.tecminées au ciseau , on ftra dans quatre petites pâandbes, de 3 à 4 lôgoies d'épaisseur, -des tPMis proprtsà t>eoevoir très-|uste les cedlets de l'arbre. On en passera «oc ^ur traque oottet , pourk i&ser sur la face inlénenre de chaipie montant, avec ^atre clous d'é^ pingle, rayant soin, penibDtt^tc opétatioa, de soutenir la roue dans une positicn bien peipeudioidaire. Ou mettra deux plasuJhettesen deèiors, en les fixant par les m^es moyens ; mass on éohanorert' ces deux dernières à la hauteur juste des monAafis,<eta.Tec du blanc d'Espagne^ pftle,(9nyfer- BKra un petit goulot appelle Hotte. On enduira tout le tour des petites planches dépareille pàlte , et«Hi j^teudi-a 4^u'eHe soit pai&itement sèche. On fera fondre dans une cuiller de 1er suffisamment de matière, et on en rempUra l'entaille jusqu'au haut. <joaod'leïoitt sera refroiiâi,(^ ùtera les planâtes , et on «nlèvcra la roue avec ses collets ; ils doiveM sortir aisànent de dessus l'aiin-e. On les coupera en deux sur le dÎMuètpe du trou , et parallèle-' - neirt au patin; puis-aii milieu de la botte de matière 'qui seswa formée, et BVeb une mèche , on fera au coUet de dessus un. trou qui onamunique aumilieu de soni^isseurdans la parrtieroude.. C'est par là qu'on introduit de l'huile, qui, portée au milieu du oollët, se ^stribue également dans tonte sa longueur. Oa croîtra ub peu le trou À l'oitrée de la hotte , en forme d'entonnoû", et l'on sent aisément que le mouTement de la roue doit être par- &itement doux.

U faut maintenant ajuster en dessus nne bride de fer ou de cuivre, au- «lilteu de laquelle soit nne tétine, ou demi-boule pn^re k recefom beaucoup de filets pour la vis -de pressioB. On en voit la formedans ^Jig- i4'

a48 '. r MANUEL DU TOURNEUR. r , •

..Il .—.Cette bride qui , coUame oa le voit , potte unie vis à sa partie '3U}>érieurer

.Pl. 3>. ^rt à diminuer plus ou moins le jeii des collets de l'arbre , et à leur con-

' server un mouvement uniforme , en pressant sans cesse sur les collets. On

Jui donnera quinze à dix-huit ligues de largeur extérieure , et on l'eDcastrera

' dans l'épaîs$eur di) bbis ; on l'y fixera au moyen de quatre vis à bois à tète rfrisée, ainsi qu'on le voit sur la figure. On limera et affleurera ensuite le tout pour plus de propreté.

', Si l'on vouloit faire cette bride en cuivre, ^. i3, il suffîroit d'en faire le modèle, en trois morceaux, de la manière suivante.' Celui de- dessus, n'est;qu'une petite- tringle de bois, de largeur convenable, et de six lignes ;au )Tipins4.'épaisseHr.par les bouts, et arrondie, comme on le voit, de manière qu'elle ait un pouce au sommet du cintre. Les deux côtés faits , 4c deux pareilles tringles, seront assemblés aux deux bouts de la première, avec des clous d'épingle , et le modèle sera prêt à être donné au Fondeur; et pour qu'il vienne plus propre , c'est-À-dire que le bois , en conseiTaot un

' peu du sable du moule, n*y. procure pas de petites aspérités qui seraient «ur la matière, il sera bon de vernir ce modèle, ainsi que tous ceux qu'on aura occasion de faire , avec du vernis commun , mais qui sèche bien. Quand la pièpe sera fondue, on n'aura qu'à la réparer à la lime, en dessus des trois côtés, le plus proprement possible; le dessous ne.doit être.que nettoyé. On percera un trou au centre de la partie supérieure , on le taraudera,*! on yjfera une vis de fer ou d'acier k tête plate.

Nous ne pouvons ici passer sous silence une observation générale sur le meilleur choix des vis et de leurs filets. Les ouvriers ont coutume de tarauder les lécrous avec des tarauds très-coniques, afin, disent-ils, de ilonnçr de l'entrée. Mais comme ils sentent bien qu'un écrou conique de vaudroit absolument rien pour une vis qui est cylindrique , ils pensent riéparer ce délaut en retournant la pièce , et y passant le taraud par l'auti^ côté. Mais cette méthode est infiniment vicieuse, en ce que le trou taraudé, n'étant pas cylindrique comme la vis qu'il reçoit, et étant,. au contraire, foripé parla rencontre de deux cônes qui se pénètrent, il'est évident que la vis n'est bien retenue dans ses filets que dans la partie du milieu , et que les deux bords ne posent pas, ou posent fort peu sur le pas de la vis. Il faut donc que les tarauds aient de Ventrée , c'est-à-dire qu'ils soient un peu coniques par le bas ; et pour que le trou soit parfaitement çylindriqqe dans toute son épaisseur , on aura soin que le taraud aille en diminuant de diamètre vers les derniers filets contre la tèté.- De cette manière^ en faisant passer le taraud eu entier dans ua écrou, on sera assuré

CHAP, VIII. Sect. ÏII. Manière de tourner te F^r et de le polir. ^49 ^e sa parité égalité dans toute son épaisseur , et que la vis prendra tous s les 61ets de l'ëçron.

C'est encore un défaut très-ordinaire à la plupart des ouTriers , que de faire des vis dont les filets sont de beaucoup trop gros. Si la pression est forte et le mouvement d'une machine considérable et fréquent, l'hélice que décrivent les pas ou filets sur leur cylindre , étant très-inclinée à l'axe , il n'est pas rare de voir une vis reculer d'elle-même, et ne plus serrer, par la raison de ce qui arrive dans la vis d'une presse d'imprimerie, ou dans celle d'un balancier pour la monnoie , qui reculent et s'en retournent d'elles-mêmes. Il est donc, en général, à propos de faire des filets, plutôt petits que gros, parce que plus le nombre en est grand, plus les frottemens sont multipliés , et plus la résistance est grande,

SECTION III

Manière de tourner le Fer et de le polir.

Li. manière de tourner le fer, ainsi que les outils dont on se sert, ne = ressemblent point à ceux qu'on emploie pour le bois, non plus que pour le cuivre.

La résistance qu'oppose le fer à l'outil qui le coupe est telle que , si l'on se contentoit .de présenter un outil tranchant à une pièce de fer, de la même manière dont on présente un ciseau à un biseau , à une pièce de bois, l'outil reculeroit sansentamerla matière, et seroit bientôt émoussé. 11 a fallu employer d'autres outils et une autre méthode.

l^fig. I , PI. 3t , représente la forme qu'on donne à tous les outils propres à tourner le fer. La partie coudée appuie sur le support, qui doit être en chêne et à bois debout. En chêne , parce que ce bois s'amollit peu à l'eau; à bois debout j parce que de tout autre sens l'outil pourroit enlever des éclats et refuser la coupe. On a même coutume de lever, avec un ciseau bien trempé, sur chaque angle de la parti© coudée de l'outil, une petite encoche qui relève comme la dent d'une râpe , afin que l'outil ^ pénétrant dans le bois , y soit fixé d'une manière invariable.

On voit sur la figure la fomie du biseau de cet outil. Rien n'est aussi ingénieux que cette forme. Dans tous les autres outils qui n'ont qu'un biseau, la matière tend à renverser le fil^ et par conséquent à l'éœousser ; au lieu qu'à ceux-ci l'eifort tend à fiiire rentrer la matière sur elle-même, et j>ar conséquent l'outil oppose la plus grande résistance. D'un autre T. I. 3a

i5o MANUEL DU TOUENEUR.

■ .1 ■ côté, quoiqu'il semble que par la fusion la matière du fer doive être ni» Puai, assemblage fortuit de molécules ferrugineuses, les différentes façons qu'on lui donne dans les usines et dans les forges , où on Vétire en le travaillant , ne permettent pas de douter qu'on ne dirige ses fibres dans le sens de la longueur, qu'il n'acquierre, quant à sa forme organique, beaucoup de rapport avec le bois, et qu'ainsi la meilleure manière de l'entamer ne soit celle qu'on emploie pour le bois. En effet, si Ton a l'attention de présenter l'outil un peu au dessus du centre de la pièce, on coupera le fer avec une focilité qui surprend ceux que l'usage n'y a pas accoutumés. Dès qu'on a enlevé la croûte que la forge et le martelage forment toujours à la surlàce du fer , et que la pièce commence à devenir ronde , il est très-ordinaire de voir enlever des copeaux qui se frisent à mesure, et qui ont 3, 4 et 5 pieds de long, surtout si c'est du fer bien doux. Or, on se rappelle la position que nous avons recommandée pour le ciseau lorsqu'on tourne du bois: si l'on compare l'une à l'autre, on verra qu'elle est à peu près la même.

On conçoit bien que , pour tourner du fer , l'établi , les poupées , et surtout le support, ne peuvent être trop solides. Aussi doit-on avoir pour cet usage, et lorsque les pièces sont un peu fortes, un Tour plus fort que pour tous les autres ouvrages, à moins qu'on ne se soit d'abord pourvu d'un établi très*lourd et très-solide. Quant aux poupées et au support , on ne peut se dispenser d'en avoir de particuliers pour les grosses pièces, et surtout pour le fer. C'est pour cette raison qu'on fabrique des semelles de support, et leurs chaises en fonte de fer, qui remplissent parfaitement les conditions que nous recommandons ici : la matière en est très-douce , et susceptible d'être travaillée à la lime. Le T de support , celui qui tient la cale et le -lioulon de la chaise , doivent également être plus forts que ceux dont on se sert ordinairement.

Dans les grands ateliers, et surtout dans celui du sienr Perrier, établi à la Pompe à feu de Chaillot, les Tours ont de forts établis , scellés en terre et en maçonnerie. Le moteur est un courant d'eau qu'on dirige à volonté, et la pièce tourne par le moyen d'une roue à auges, d'un mouvement assez lent , mais uniforme , qui donne une grande facilité pour tourner les pièces d'un fort diamètre.

Les principaux outils à tourner le fer se réduisent k quatre , qui sont le rond pour ébaucher, le plat pour les parties droites, le grain-d'orge pour les angles, et l'outil de côté pour tourner les parties intérieuies. Et quoique nous ayons dit de la ductilité et de la douceur du fer, sa compacité et

yGoogle

CHAP. VIII. Sect. IïI. -Manière de tûuriMr le Fer et de le polir. aSi sa dureté naturelles émoussent les outils beaucoup plus souvent que' ceux 59BBS destinés au bois: aussi doit-on avoir près de spi un assez grand nombre Pi» <>'• de ces outils, afin de ne pas retourner à la meule à chaque instant. Toutes les parties creuses et rondes s'ébauchent et se termineat avec l'outil rond; les parties droites et celles qui sont çn relief , telles que tores, boudins, listels, etc. s'ébauchent k l'outil rond, et se terminent avec le ciseau : il en est de même des parties ' anguleuses , cornooe les épaulemens de tenons ou collets. Les parties droites, perpendiculaires à l'axe, «Home sont les côtés d'nn carré, se teiminent avec te grain-d'orge; mais, dans ce cas, on ne le doit pas présenter comme cdui [H'opre au bois ; et quoiqu'il soit fait de même par la rencontre de deux biseaux à angle aigu , on doit pencher l'outil en dehors, afin que le biseau qui coupe soit presque parallèle à la , sur&ce qu'on veut entamer; ce qui confiriçç le pnncipe que nous avons avancé sur la manière <)e .couper le fer: ^fin, les parties intérieures se tournent avec l'outiL de côté. Les ^. i4i i5, i6et ijyPl- i4irep[]ésânteiit ces quatre espèces d'putils qui variant de UrgeiV suivant l'usage auquel on veut lea. employer : ils suQîâent pour tourner un cjrliqdfe, \in. arbre dç tour, et en général les pièces qui se rencontrent le plus ordinairement. Mais si l'on veut tourner de^piè^ces dont les £oFffie$ soient plus diffîcil^.à exécuter , on est obligé d'en employer une infinité d'autres : c'est la fompe dç la moulure.qui décide celle qu'on doit dqiuteir. à l'outil. :

On comprend aisément , par ce que nous venons df dire , que le support doit être très-près de l'ouvrage , attendu le peu de saillie de la partie coudée de l'outil. Nous . terminerons cette description par dire que les biseaux doivent être presque perpendiculaires au support, et former presque taïf geute à la partie qu'on veut entamer. Pour peu qu'on se pénètre de ce que nous venons dédire, qu'on l'exécute avec ponctualité, on réussira jH«sque du premier coup.

- Tout ce que nous venons de- dire est très-bon pour les grosses pièces; mais si l'objet qu'on tourne est d'une médiocre grosseur, telle qpe a, 3 ou 4 ligoCS) il fut plus commode, moins embarrassant, et jdus facile de le tourner avec des burins.

On nomme Burin, un oAtil bien trempé, de £brm« cart<ée, en ltaanf;e, ou antre ap|Ht>chante, aïïùté sur un de ses carrés, coinme on le voit repré> seaté^. 3. Q4.rann^aacbecomme le&aufresoutils»etonle présente à la pièce qu'on tourne obliquement, par rapitcirt à sa longueur, en Tappuyant sur le sUppoiA, de manière que le biseau tofiche à peu près le cercle de la pièee qu'on tourne, ft que la pointe «oit en bas. Par ce moyen» \ç

aSa MANUEL DU TOURNEUR.

9 tranchant ftit encore presque tangente avec la pièce , et coupe obliquement à sa surfece. Ce burin appuyant stir le support par sa carre de dessous, qui est un peu émoussée dans toute sa longueur, s'imprime légèrement dans la cale; et pour peu qu'on le tienne ferme des deux mains, en en plaçant une sur le manche, et l'autre sur l'outil même, on est assuré d'emporter très-vif et très-net de petits copeaiix, et de tourner parfaitement rond. Si la pièce n'est pas forte, on se sert de- burins courts, à manche en forme de poire pour remplir mieux la main ; mais, dans ce cas, on n'a pas besoin de roue , on se contente de tourner au pied. Nous avons vu d'habiles Tourneurs terminer de cette manière les collets d'un arbre de Tour, el quelques autres pièces aussi essentielles et aussi difficiles , et couper avec tant de dextérité, que sur une pièce qui était d'abord à pans, ils enlevoient du premier coup de très-forts copeaux.

Cette méthode de tourner au burin est commune à beaucoup d'artistes. Les horlogers en gros et petits' ouvrages n'en emploient pas d'autres; et dans les montres, l'ôpétation là plus difficile, celle de /cct^rle^s pivots, et surtout ceux du balancier, ne se fait pas autrement. Lajustesse du mouvement dépend dé la parfaite rondeur des pivots, qui doivent être parfeitement concentriques avec la roue et avec son arbre. Revenons au Tour à la roue. ' ■ n. u

La vitesse du mouvement de la pièce , le frottement qu'elle éproftve de la part de Toutil , le déplacement de-la matière, sont autant de causes qui produisent dans cette pièce un degré de chaleur assez considérable pour ' qu'on ne puisse pas y tetiir la main , si la pièce est un peu forte ; l'outil Im-méme atquerroit beaucoup de chaleur, et seroit bientôt détrempé. Pqnr éviter cet inconvénient , on mouille la pièce , et on se sert pour cela de plusieurs moyens. Les uns ont une tige de fer, plantée dans un morceau de plomb, de la forme du pied d'un chandelier, sur laquelle ghsse, haut et bas , un bras de cuivre , qu'on fixe à la hauteur nécessaire , au moyen d'une vis sur la tige. Le bout de ce bras est fendu sur sa longueur, et pince «ne éponge iipbibée d'eau , qui frotte continuelleànent sur la pièce qu'on tourne. Cette méthode est bonne, si le mcwxeau qu'on tourne «st d'un petit diamètre ; mais s'il est un peu fort , et qu'on doive enlever beaucoup et de forts copeaux , la chaleur est tf op forte , et l'éponge rie suffiroit pas. Dans ce cas', on se sert d'un pied à peu près pareil au prétédent, mais fait en bois, et assez solide pour porter un vase de cuivre on de fer blanc , ayant un long tuyau près de son fond. Ce tuyau qui est d'un trèspetit diamètre , a environ Un pied de long , et le bciut arrive perpendiculaire-

,GoogIe

CHAP. VIII. Sect. ni. Manière de tourner le Fer et de le poiir. aSÎ knent au dessus de l'endroit qu'on tourne. Si l'eau tombe un peu tmp-...vite , on pince ce tuyau par le bout , ou on le bouche avec un peu de paille ^'" ''' fine , pour que l'eau ne tombe que goutte à goutte , à peu près à la fréquence du battement du pouls. Si ce qu'on tourne est un peu fort, et qu'on enlève de forts copeaux ^ chaque goutte produira le même frémissement que si elle tomboît sur une barre bien chaude; et en peu de momens la surface de l'ouvrage est couverte d'une couleur jaune , qui n'est autre chose que la rouille provenant d'un commencement d'oxidattoii du fer , mais qui s'en va au moindre frottement

On se tromperoit beaucoup si on croyoit avancer son ouvrage en accélérant le mouvement de la roue ; il &ut au contraire que la pièce tourne lentement et uniformément Quand elle va trop vite, l'outil n'a pas le temps d'entamer la matière , il s'émousse et ne coupe bientôt plus. C'est pour cela qu'on a placé sur la roue des cercles de difTérenteS' grandeurs , et même on se sert rarement de la rainure qui est sur la plus grande , excepté pour polir ou pour tourner une pièce de bois d'un très-grand diamètre : ceci a besoin d'être expliqué.

Le rapport du diamètre d'une des roues au diamètre de la pièce détermine la vitesse de sa rotation. Supposons que^ la pièce qu'on tourne ait neuf pouces de circonférence, c'est-à-dire environ trois pouces de diamètre , il est évident qu'elle fera autant dé tours , à chaque tour de la roue sur laquelle est la corde, que son diamètre est contenu de fois dans celui de la roue. Ainsi l'ouvrage étant supposé avoir neuf pouces de circonférence , la roue de trois pieds de diamètre aura cenj huit pouces de circonférence, l'ouvrage fera, à chaque révolution de la grande roue, autant de tours que neuf est contenu de fois dans cent huit , c'est-à-dire douze : ce qui donne une trop grande vitesse.

D'un autre côté , le levier de résistance, c'est-à-dire de l'ouvrage , est trop petit , n'ayant qu'un pouce et demi , moitié du diamètre de la pièce , pour l'effort du levier de puissance , qui est le rayon de la roue que nous avons supposée de trois pieds- , «t qui , par conséquent , est d'un pied et demi. Pour peu que l'outil entame la matière , la pièce ne tournera plus , ou si elle pouvoit tourner , elle iroit beaucoup trop vite. On a coutume de placer vers un des bouts une petite poulie représentée ^. 4 , dont le diamètre approche plus de celui de la roue. On peut faire oette.poulie<de dlfiérentes façons. Quelqifes ouvriers font forger un anneau , attquel sont tisées et soudées à la forge quatre pattes coudées à l'équerre, cOmihe on le voit^. 5. On leè fixe avec de bonnes vis à bois ou de fortes rivuteSj

a54 MANUEL DU TOURNEUR.

^-M^^sur une ponlie âe bois , au centre de laquelle est un trou suffisant pour Pt. ai. laisser passage aux différentes pièces qu'on veut tourner. C'est pour cela qu'il Ëiut en ayoir de différentes grandeurs, puisque, comme nous l'avons ■dit , plus la pièce est grosse , moins elle doit tourner vite Entre chacune -des pattes on peroe un trou qui correspond perpendiculairement à celui -qui lui est opposé. Ou y met une vis k filets de médiocre grosseur , et on en lime la tête à quatre pans bien ^ux, pour entrer dans le nez d'une iîCH^e clef à béquille ,j^. a4- Par ce moyen on serre l'ouvrage entre ces quatre vis , en avançant l'une ou l'autre , jusqu'à ce que la poulie tourne le plus -rond possible.

L'autre manière de feire cette espèce de poulie, qu'en terme d'Horlogerie -on nomme Cuivrol k vis , lorsqu'eUes sout|>etites , consiste à prendre sur le cercle ou anneau de fer , quatre pattes à quatre points du cercle , également distans Tun de l'autre. Au lieu de les couder comme les précédens , on se contente d'y faire un épaulement , comme on le voit fig- 6 , et mieux encore de profil, j^. 7. On place cet auoeau dans une poulie de grandeur suiBr sante pour le contenir ; on foit une entaille pour loger chacun des quatre tenons , et la partie mém« des épaulemens est encastrée à mi-boîs dans l'épaisseur de la poulie, au moyen de quoi l'aaBfau en aiUQure les deux ^wfaces; on rive proprement les quatre paUe9,~et mettant cet anneau sur un mandriu convenable » on tourae la poulie sur les deux -feoes, et on y iait une rainure pour recevoir la corde. A quatre points égaux en distance cntr'eux , et également écartés de chaque patte , on iait un trou de grosseur ^utffisaute pour laisser passer des vis et la clef avec laquelle on les tourne, et k chaque point correspondant on fait sur l'anneau de semï^ables trous pour recevoir les vis. De cette manière ces vis sont cachées dans l'épaisseur de la poulie, et ne sont point sujettes en tonroaat k accrocher les habits xm I0S roftine de ceux qui s'«o aj^rochent. Le plus grand avantage de ceite espèce de poulw est d'occuper le moins de place possible sur la pièce.

U o'esit pita inutile d'observer que l'anneau doit avoir une certaine épfcifiseur, afin qu'il y ait un plus grand nombne de filets pris dans l'écrou.

On doit remarquer sur U fig' 7 > PI. aa , .que la corde est croisée en ^. ■ Oa en use ainsi dans presque (dus les wouvemflQs oHiuiiumqués par un^ ;iouti motrice; 1°. pour q«« celui qui tourne la roue ait la face tourné^ vers l'ouvrage, et juge plus aiâéweot quand iJ, Êiut tourner ou an^ter, œ qui lui seroit diffiôle a'il ayort le dos tourna k l'ouvrier; a", parce que ^

CHAP. "VIII. SiCT. III. Manière de tourner le Fer et de te polir. aSS corde embrasse une plus grande partie de la circouférence de la p^""' m , de celle de la grande roue : par ce moyen, le frottement étant plus coasi- ^f- au dérable , la corde risquera moins de couler, et la rési»tance à l'outil devient plus grande.

Lorsqu'on veut tourner une pièce de fer, il &ot d'abord déterminer à peu près te centre de chaque extrémité, et y donner un léger coup de pointeau. On mettra ensuite la pièce sur le Tour pour s'assurer si elle tourne bien rond. Quand on s'aperçoit qu'elle est excentrée, on pousse légèrement le pointeau du càté de la partie saillante jusqu'à ce que la pièce soit parfaitement au rond ; on donnera alors un fort coup de pointeau. Cet outil doit être d'une forme conique, plus alongée que ne sont les pointes du Tour; et mêine si la pièce est forte, il sera bon d'approfondir le trou avec un foret très-fin , pour que l'extrémité de la pointe ne porte pas au fond et ne s'émousse pas.

Quand la corde sera placée sur la roue et sur la poulie , on reculera la roue en poussant le pied avec un levier de fer ou de bois ; et si l'atelier étoit trop uni , et qu'on craignit que la corde ne restât pas assez tendue , oa pourroit l'arrêter en place, en mettant au devant un clou un peu fort entr» deux carreaux, ou une barre clouée sur te parquet On mettra une goutte d'huile à chaque pointe , on approchera suffisamment le si^port , et on tournera la pièce sur laquelle l'eau doit tomber goutte à goutte à l'endroit où prend l'outil. On ébauchera d'abord avec un crochet rond ; on marquera la place des moulures, et l'on terminera avec un crochet de forme cOnve* nable. Quand on est accoutumé à bien manin* les outils , la pièce doit être parfaitement ronde , sans côtes ni reprises , et presque polie.

Si la pièce doit être tournée dans toute .sa longue»», ou si, dressée à la lime par un bout on par tous les deux , elle doit être tournée dans quelqu'une de ses parties , on ne sauroit y appliquer la poulie sans que les vis, qu'on presse fortement , n'y impriment des marques ; dans ce cas , on enveloppera la partie où doivent porter les vis avec une lame de cuivre de demi-ligne au moins d'épaisseur, et Ton transportera cette poulie partout où Ton aura besoin , en mettant toujours la roue en face de la poulie.

Les ouvriers, surtout ceux qui tournent habituellement du fer, ne perdent pas les copeaux qui tombent à terre ou sur l'établi ; ces copeaux s'emploient dans la fabrication du vitriol romain. On s'en sert aussi pour produire le gaz hydrogène dont on remplit les ballons aérostatiques.

Lorsqu'on aura acquis un peu d'habitude de ce travail, on jugera quand il est nécessaire de mettre la corde sur une grande ou une petite roue , et

i56 MANUEL DU TOUHNEUR.

esBSB sur telle ou telle poulie. Les leçoas à cet égard sont presque insuffisantes ; on Pl. ai. pçyt cependant assurer que plus la rotation est rapide , moins l'ouTrage est rond. Aussi , quand un habile horloger veut tourner des pièces infiniment petites et délicates, pour pouvoir employer une poulie très-petite, au lieu de prendre un archet un peu fort et ayant une corde à boyau-, il se contente d'un archet très-foible et n'ayant qu'un simple crin. ' Quand on tourne du bols, comme un moyeu , ou qu'on creuse un mortier, il ne faut pas encore que la pièce tourne vite; et aux raisons communes au fer, il y en a encore une particulière, la crainte que l'outil ne s'engage un peu trop, et qu'emporté par une grande vitesse, il ne se casse ou ne s'échappe , au grand risque que l'ouvrier ne soit blessé.

Puisque nous en sommes à tourner le fer , il n'est pas hors de propos de dire un mot de la manière de le polir. On se servira pour cela d'abord de limes bâtardes un peu usées, on y mettra quelques gouttes d'huile, et, faisant tourner la roue, on promènera la lime sur les parties droites en long, tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, en croisant toujours les traits: On prendra ensuite une lime douce, toujours avec un peu d'huile, et on en usera de même. Cette méthode d'huiler les limes est très-bonne quand une pièce est terminée; elle empêche que les traits ne soient aussi profonds, et fait que la pièce vient plutôt douce. On prendra ensuite un Mton, ou planchette de saule, ou autre bois blanc tendre et sans nœuds; on l'imbibera d'huile, et ou y mettra une suffisante quantité A^émeri nn peu fin, puis de plus fin, en ne ménageant pas l'huile, et croisant les traits, bientôt la pièce sera polie. Si cette pièce n'est pas d'un fort diamètre, on prendra deux bâtons, l'un dessus et l'autre dessous; on les couvrira d'huile et d'émeri, et les empoignant par chaque bout, on sçrrera l'ouvrage entre deux , en les promenant en tout sens , alUuit et revenant , et bientôt la pièce sera polie sans être déformée. Pour les parties rondes, on se servira de bois aplati en biseau par le bout; et pour les angles, on y fera entrer l'angle vif du même bois, on essuiera le topt avec des chiffons , pour dégraisser.

Ensuite pour obtenir le brillant , on frottera la pièce daiis tous les. geps, avec du bois tendre imprégné d'un peu d'oxide de fer, connu dans le commerce sous le nom de rouge d'Angleterre, délayé dans de l'eau ou de l'eau-de-vie, On verra en peu de temps la pièce noircir et prendre le plus beau poli.

On peut remplacer le rouge par la potée d'étaio ou le noir â polir, quî se délaient de même.

,GoogIe

CHAP. VIII. Sect. IIL Manière de tourner Iff Fer et de le polir. ^S-j

Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant quelques notions

«ur la- manière de polir le bijou d'acier et toutes les pièces taillées à lacettes ou découpées k jour.

On doit se pourvoir de meules en bois de noyer, dont les formes soient toujours en rapport avec celles des pièces à polir; les sur&ces plates se polissent sur le côté de la meule, et tes surfaces concaves ou •convexes sur le champ.

On met d'abord sur la meute l'émeri délayé dans de Thuile , on présente chacune des Êuies jusqu'à ce que le feu de la trempe , ou les taches de rouille soient disparues. Il &ut vaHer la position de la pièce , suivant ses contcmra , afin d'éviter les ondulations. Lorsque cette opération , qu'on nomme polir au blanc, est terminée, on dégraisse la pièce en la passant -dans de la cendre tiède, et on l'essuie avec soin. Pour la lustrer, il faut disposer des meules comme les précédentes , et garnir les surfaces dont on veut se servir avec de la peau de buffle bien tendue et fixée avec de la colle forte et imprégnée de rouge fin préparé comme ci-dessus , et présenter sa pièce pour la finir.

Pour les objets à jour ou estampés , que la meule ne pourroit atteindre, on se sert de brosses cylindriques d'environ trois ponces de large, suur lesquelles on met de l'émeri, ou du rouge. Chaque meule ou brosse doit être montée sur un arbre de fer de dix pouces de long , portant à une de ses extrémités une bobine conique k plusieurs rainures, pour lui imprimer le mouvement«t pour en déterminer la vitesse, fig. i6 et 17^ 'PI. 33. Ces meules se placent entre les pointes du Tour, et se meuvent À la roue. Plus le mouvement en est rapide , plus la pièce se polit prbmptement.

Les pièces destinée» à être polies doivent être trempées très-dur, et d'acier le plus fin. L'acier fondu doit être préféré à tout autre, parce que la finesse de ses pores et son égalité de densité empêchent que les pièces n'aient ni taches ni gerçures.

Les Anglais et les Allemands, qui ^briquent en grande quantité et il bas prix les outils de fer et d'acier, font peu d'usage de la lime pour ies polir; ils se servent de meules de grès de différens grains, mises en mouvement par un moteur puissant. Par cette méthode ils économisent la main-d'œuvte et le temps. JVIais pour les objets d'art qui exigent plus de régularité, cette manière ne peut être admise, parce qu'en l'employant An ne peut réussira dresser et à mettre d'équerre.

a5» MANUEL DU TOURNEUR.

SECTION IV

Tourner le Cuivre.

La eontexture des fibres du cuivre est tout autre qu« celte du fer. Se&^ parties n'ont pas entr'elles la même adhérence : aussi les copeaux decuivre sauteat-ils par petits paithiis , séparés les uns des autres. Il est bon d'avertir que ces pailloas acquièrent, comme le fer, vn assez granil degré de chaleur, et que, comme ils sautent de tous c6tés, s'il en tombe sur les mains , ils y laissent de petites marques, résultantes des brûlures qu'elles y occasionnent. Il est même difficile, quand cela arrive, d'en supporter ta douleur : c'est pour cela que quand on tourne des pièces de . cuivre, ni^me moyennes, on est obligé de prendre des gants; et même, comme les copeaux sautent assez haut et assez loin , on a coutume de garantir le visage et les yeux avec une espèce de masque de- cuir ou de. taffetas , dont les yeux sont fermés par deux petits morceaux de verre bien net. Les p^-sonnes qui ont la' vue courte ou ailàiblie par l'âgepeuvent adapter k ce masque des verres de lunettes convenables à leur vue.

Les outils propres à tourner le cuivre ressemblent, pour la forme, à ceux avec lesquels on tourne te bois ; la seule différence est qu'ib doivent être trempés trèsKlurs et> affiités sans biseau , de manière à couper sur toutes les &ces. f - PI. 14-

Cette forme que nous donnons aux outils propres à lonmer le cuivre indique assez la manière de les présenter à l'ouvrage. Si on les présente nu peu au-dessus du diamètre, il est clair que l'angle de l'outil , étant un angle droit, n'entamera pas la matière-, il ne l'entamera pas encore ^ si c'est au diamètre même: il faut donc baisser la cale du support, et prendre la matière au dessous de ce diamètre.

H est vrai que si l'outil avoil un biseau , on pourroit entamer le cuivre , même eu le présentant où l'on voudroit : mais alors cet outil est sujet k brouter; et dès qu'une fois il a commencé à bronter, ce défaut ne fait qu'aller en croissant.

On trouve à se servir de' pareils outils deux grands avantages : l'un , que les taillans de l'outil ne s'émoussent pas si promptement; l'autre, qu'un ciseau présentant deux surfoces terminées k arigles droits par le bout, dont on peut se servir alternativement, ce sont deux taillans à

CHAP. VIII. Sect. IV. Tourner le Cuivre. aSg

UQ même outil, et ainsi on n'est pas obligé de retourner aussi souvent sa à la meule. ^'

Quiconque a tourné du cuivre sait que pour éviter que l'outil ne broute, et même pour réparer les ondes que le broutement fait sur l'ouvrage, le moyen le plus sûr est de tenir l'outil incliné sur sa largeur , et que sur-le-champ les ondes disparoisseut

Il est encore 4in autre moyen d'eSacer les ondes provenantes du broutement de l'outil : c'est d'éloigner un peu le support de l'ouvrage , et d'obliquer l'outil à droke et k gauche, en le tenant de long et bien au dessous du diamètre.

Il est une infinité de cas où l'on a besoin de creuser sur le Tour une pièce de cuivre. Les outils propres à cette opération, ou du moins pour commencer le trou, ont une forme particulière que voici. On prend un morceau d'acier rond, d'une grosseur sufîBsante et convenable suivant le trou; on ^i aplatit le bout, en lui conservant cependant assez d'é* paisseur pour qu'il puisse résister à l'effort qu'on lui &it éprouver. On forme sur chacun de ces côtés , auxquels on donne à la lime à peu près la forme d'une olive dans sa coupe , selon sa longueur, un biseau à contresens l'un de l'autre , c'est-à-dire que , regardant l'outil de face , on en voit un et pas l'autre. On trempera cet outil', et comme il est assez pointu « quoique la rencontre des biseaux ne semble pas permettre qu'il soit fort aigu, on fera très-promptement des trous dans du cuivre, sur le Tour, avec cette espèce d'outil , qui doit être emmanché très'Solidement, à cause de la grande résistance qu'il éprouve ; et même la »oie doit être carrée j et entrer un peu de force dans son manche. Cette forme se nomme langue de carpe , Jîg. i^, PI. i a ; et c'est celle qu'on donne à tous le» fo* rets pour percer le cuivre : ceux pour le fer sont arrondis par le bout. On se procurera des outils de cette forme , de toute grandeur et diamètre ♦■ suivant les trous qu'on aura à faire.

On se servira encore très-avantageusement , en tournant du cuivre ,' du grain-^i'orge , fig. lo, PI. i4, présenté de côté sur le plan de l'ouvrage* Et comme la résistance de cet outil ne se &it pas perpendiculairement à la pièce qu'on tourne, mais de biais, il s'ensuit que c'est encore un moyen d'effacer lés ondes qu'un outil à faces auroit faites.

Lorsqu'on tourne à ta roue, les outils doivent être beaucoup plus forts et plus longs que lorsqu'on tourne au pied. A la roue j l'homme qui la tourne applique tout l'effort de son corps à vaincre la résistance qu'il éprouve , et celui qui tient l'outil ne jugeant le plus souvent de la résts.

yGoogle

a6o MANUEL DU TOURNEUR.

—M Tance qii'il opère , que par la difliculté d'enlever la matière , Toutil fatigae >>- beaucoup sans qu'on s'en aperçoive, et court le plus grand risque de se casser et de blesser celui qui travaille. Pour juger si l'homine qui tourne a beaucoup de jteine,etsiron enUiroetrop de matière, il suffit de cesser brus- • quement de faire mordre l'outil ; l'homme qui n'est pas prévenu , et qui feit constamment le môme effort, est sur-le-champ emporté par la vitesse, par la même raison physique , qu'un homme qui tire un lourd lardeau tombe à terre, si la corde vient à casser subitement.

- L'usage de tourner à la roue pour le cuivre n'est guère avantageux que lorsqu'on tourne des pièces un peu fortes ou d'un grand diamètre. Dans tout autre cas , il est plus commode de tourner au pied. On est plus maître de l'outil , et s'il s'agit de &ire des moulures , on les bit avec beaucoup plus de netteté.

Ce seroit peut-être ici le cas d'enseigner à tourner de petites pièces , entre deux pointes sur le Tour d'horloger ; mais comme nous aurons occasion par la suite de détailler cette opération , lorsque nous construirons quelque machine un peu curieuse pour exercer TAmateur , nous ne nous y appesantirons pas pour le moment

Un Tour d'horloger ,- fig. 8 , est composé d'une barre de fer C, plus ovt moins longue, suivant la force du Tour : à Tun des bouts de cette barre, et du même morceau, est une poupée immobile jé, au haut de laquelle est une tête en forme d'olive a, percée suivant sa longueur, pour rece- Toirune broche ou cylindre d'acierfr^ pointue par un bout et limée carrément par l'autre.

L'autre poupée B est mobile sur la barre, sur laquelle elle entre trèsjuste. Une vis eu dessous c, pressant contre la barre, l'assujettit où l'on veut. La tète est percée comme la première, et les deux broches doivent se correspondi^e tellement juste , qu'une seule broche puisse enfiler l'une et l'autre poupée. Sur la barre , et entre les deux poupées, est une pièce/ qu'o» nomme Coulant , et qui , en laissant passer \a queue du support fig. 9, la presse contre la barre , quand on se sert de la vis qui est en dessous. La queue du support, qui peut, par ce moyen, avancer et reculer, porte à son extrémité antérieure une tête , aussi en forme d'olive , percée sur sa longueur, et dans laquelle entre la tige de la cale, que, par le moyen d'une vis de pression , on fixe à la hauteur qu'exige le diamètre de la pièce qu'on tourne.

Comme toutes les vis de pression qui sont à cette espèce de Tour, en appuyant contre la barre ou contre les autres pièces qu'elles doiveat fixer

CHAP. YIIL Sect. V. Tour à pointe» à l'angiaiae. 261

en lear place , tes gâteroient lùentôt , on a soin d'interposer entre le boat ^^^9^ de ces vis et les pièces <»ntre lesquelles elles aj^uient, un Gordon, qui, en Pi>.ïii recevant la pression, préserve la jHèce, et contribue à ce que la solidité soit plus grande.

Ces Tours, dont on ne peut se passer en une iafinité .d'occasions dans an laboratoire, sont infiniment commodes : on en trouve cbez le S"^ Hamelin-Bergeron de toutes grandeurs, depuis 5 i 6 pouces de long pour les ouvrages les plus délicats, jusqu'aux plus forts, pour les horlogers en gros ouvrages, et les mécaniciens.

Les poupées doivent être fortes et basses , -autant que les pièces qu'on est dans le cas de tourner peuvent le permettre. £t si Ton est obligé Je se pourvoir de ces Tours, dont les poupées soient un peu hautes, on choisira ceux dont elles seront très-fortes , de peur qu'elles ne tremblent quand on travaille , ce qui peut influer sur la rondeur de la pièce , et par conséqumt sur la machine entière, puisque les rouages n'engrènent pas Clément.

Lorsque ces Tours sont un peu fints, et que par conséqumt les têtes des poupées sont un peu longues , comme la pression des vis sur les broches ne se &it qu'au milieu de la partie renfermée dans cette tète , quoiqu'on ait l'attention de saisir la pièce entre les poupées, au plus eourt possible, et que ces broches n'entrent pas très-juste dans leur trous, il arrive souvent que cette broche lait ressort et se prête au trehiblement, ce qui influe encore sur la rondeur de la pièce ; on a imaginé de saisir cette broche, par des étriers qui embrassent la tête des poupées, et au milieu desquels est une vis qui presse contre cette tête. Par ce moyen l'étrier embrassant la broche extérieurement à la tête, la tient de, trèscourt, et empêche le tremblement.

SECTION V

Tour à pointes à rangletise.

Lorsqu'on tourne une pièce entre deux pointes, et qu'il n'est passssssiv possible d'y réserver une bobine, ou qu'on ne peut y mettre une pouhe ^^ "^ pour la tourner à la roue, soit parce qu'elle est^tn^ courte et que la corde et ht poulie géneroient l'artiste, «soit parce qu'étant trop mince, l'effort de la corde sur la poulie la feroit fléchir, soit pour toute autre raison, la méthode que nous allons dtMiner est infiniment commode.

a6s manuel dd TOURNECB.

■^s^^^ p»roe qu'dl« dispense de dànont» la poulie et de dérmger la corde k i^ 33. diaque fois qu'on chaDge de pièï^ , ce qui économise beaucoup de temps. La poiote de la poupée à gaucbe est construite de manière que la bûe du cône qu'elle forme n'appuie pas contre la poupée. Elte est formée de trois pièces qui se démontent La pointe pn^rement dites, l'embise niobile £ , et le corps de la pointe C, qui est carré et se fixe au trarers de la poupée, comme les autres. D, est un collet qui reçoit ta poulie ^^. 2 ; l'embise mobile B sert à retenir la poulie sur ce collet , où elle est main> tenue de l'autre côté par l'embase e. La pointe mobile se fixe au moyen d'une TÏs qui entre dans un trou taraudé h l'intérieur du collet.

Cette poulie est destinée à imprimer le' nM>UTement de rotation à la pièce maintenue entre les deux pointes : sur Textrénûté de cette pièce on place fanneau ffy. 3 , PL a3, qui 's'y fixe a» nw^en de quatre vis.

A cet anneau est une queue a, courbée rers la poulie : cette queue est limée et dressée sur ses quatre faces : elle peut aroir un pouce au plus de large, sur quatre lignes d'épaisseur, et l'épaisseur est perpendiculaire au plan de ta poulie. ' Sur la ponlie est fixé solidement un tenon de fer ' aj destiné à entraîner le bout de la queue. Ainsi,"quand la poulie tourne, elle emmène le cercle, et celui-ci la pièce 'sur laquelle il es* fixé. Cette méthode est trèfr4>onne et peut serrir dans une infinité de circonstances. Nous l'avons tu employer avec arantage dans les ateliers d« la pompe à feu, à Chaillot, où les ressources les plus ingénieuses et le» procédés les plus intéressaos sont mis en usage par M. Perrier. C'est par ce moyen qu'on Jiieloil des vis de quatre , cinq et six ponces de diamètre sur cinq ou six pieds de longueur.

On peut encore donner à cet anneau la forme d'un cœur fig. 4 * avec une seule vis qui presse la pièœ vers l'angle inferieur. Celui-ci est préférable pour les petits ouvrages.

SECTION VL

Entretien des OiOiis.

Vu amateur jaloux 4e eonserrer aux ustensiles et outib de son labora» toire le degré de perfection qu'ib ont eu dans leur origine , doit de temps en temps tes passer en revue, ou les soigner i d»qne fois qu'il s'eu sert.

CHAP. VIII. Sect. VI. Entretien dés OtUiU. ' a63

On Aura soin, si l'on met te« limes et les difCérens- ontils au: râtelier,;

près de l'établi où diacun d'eux a rapport , de ne les jamais faire poser P'-* ^■- CMitre le mar, qnetque sec qu'il paroisse : il est dans l'hiver des temps tellement hamides, <pie le Toisinage du plâtre ou de la pierre feroit rouiller tous les outils et les limes. Il est à propos de clouer les râteliers surdes ^dmicbës' tie cbéne ou de noyer, et d'appliquer le tout contre le mur '. par ce moyen , on ne peut jamais craindre la rouille. Il faut en dire autant des filières, doubles et simples, qui non-seulement peuvent se rouiller , mais encore s« couvrir d'une' espèce de crasse , produite par le mélange de la poussière et de l'buile dont ces outils sont toujours im- ^«éga^.

Nous avons prévenu ailleurs que les meilleures limes , dès qu'elles ont touché du fer ou de l'acier , glissent sur le cuivre sans presque l'entamer. Il est donc à propos d'en avoir une certaine quantité destinées au cuivre , et le surplus au fer. Mais comme il arrive souvent , qu'occupé de ce qu'on feit, on prend la premi^ lime qui se présente à la vue sur l'établi, et qu'ainsi on gâte en an instant une lime qui , mieux ménagée, aurait pu servir encore loÀg-temps au cuivre ; nous avons pris le parti d'emmancher toutes les limes à cuivre de manches tout d'une venue , sans renflement ni poires , comme ceux dont nous avons donné le dessin , et d'y mettre des viroles de cuivre ; au lieu que toutes celles destinées au £er ont des manches en poire avec des viroles de fer. Il vaut encore mieux mettre aux limes pour le cuivre des mancbes d'une couleur uniforme, et à celles pour le fer des manches d'une autre couleur : on ne risquera pas de se tromper. " -,

Il est à propos d'employer toutes les limes, d'abord à du cuivre, avant de les mettre au fer : les tailles sejbnt'et ne s'égrènent point, comme quand on les présente d'abord au fer.

On est tout surpris de voir que les limes dont on s'est servi pour doucir des pièces en bois , sont promptement usées : pour peu qu'on réfléchisse sur la -compostion et la eontexture des parties ligneuses, la surprise cessera.

Les pores du bois , particulièrement des bois tendres , et d'un tissu lâche , renferment des cailloux imperceptibles , qui usent très-promptement les ■ outils , et particulièrement les limes.

Lorsqu'une lime prend entre ses tailles de petits copeaux de fer qui font de grands traits profonds sur l'ouvrage , il faut, avec une pointe d'acier non trempé \ ou une gratte-bosse ( espèce de faisceau de fils de lai-

a64 MANUEL DU TOURNEUR.

Kton), les en fiùre sortir en les prenant par la taille opposite : et pour éviter en partie cet inconvénient, il faut crMser les traita , c'est-ètdire limer tantôt de droite à gauche, et tantôt de gauche à droite. On a de plus, par ce moyen , la faculté de juger si on lime bien droit une pièce , ou ai l'on incline la main en devant ou en arrière.

Quand une lime commence à n'être plus bonne pour le cuivre^ on k met au fer, et elle y est très-bonne. It sufBt alors de la démancher , et d« l'emmancher de nouveau & un manche tel que nous venons de le dire.

Il ne &ut pas perdre de vue que les limes cassent trèfr-aiséraent au moindre coup à Ëiuz , surtout les petites. Pour les démancher , il suffît de tenir le manche de la main gauche , et de frapper sur le bout de la virole avec quelque outil méplat, tel qu'un ciseau ou une lime qu'on fait glisser sur la lime. En un instant la lime sort d'elle-même , et l'on ne risque pas de la casser.

Il n'est guère possible de mettre au râtelier toutes les limes dtuit on a besoin dans un laboratoire. Cela n'est guère praticable que pour les grosses, qu'on emmanche comme nous venons de le dire ; mais pour les petites , on se sert de manches de bois des îles , sans moulures ni renflement , et seulement un peu coniques. A l'un des bouts du manche est un petit tenon de 3 à 4 lignes de long , qui entre juste dans une longue virole de ct^ivre, rivée à deux goupilles à angles droits pour éviter le ballottement, lie surplus de cette virole qui excède le manche de six à huit U^aes «st vide; on l'emplit de cire d'Espagne commune : puis faisant chauffer un peu la soie ou queue de la lime, on l'y fait entrer le plus droit pos> sible , et elle tient- parfaitement C'est ainsi que les horlogers emmanchent toutes leurs limes, leurs équarrissoirs , alésoirs, et autres outils. Lorsqu'on veut ôter une lime du manche où elle est, on fait chauffer la virole à une lumière, et .sur-le-champ la lime sort. Cette méthode e#t trèscommode , parce que la lime est promptement , solidement et proprement emmanchée , et que l'espèce de recuit qu'on lui donne empêche qu'elle ne casse près du manche, comme cela arrive assez souvent

C'est même une précaution qu'il est bon de prendre , de blanchir un peu à la meule une petite partie de toutes les limes près de la soie , et de détremper cette soie dans des -pinces de forge presque rouges, en pr«nant garde, par la' couleur que prend l'endroit qu'on a blanchi , que U lime ne soit détrempée. Si l'on eraignoit d^ ne pouvoir détrempier la la queue d'une lime sans en altérer le coi^s, on envelopperoit la lime tout entière d'un linge mouillé, ne laissant passer que k bout qu'on veut

,GoogIe

CHAP. YIIL Sect. VL Brdrêtien tUt Outila. ftS5

détremper; arec cette précaution od peut l'e^toser sans crainte à un feu immmm de chu-bon. . , Pl. ai.

II est des cas où Ton a besoin de limer dans des parties renfoncëes, teUes que dés cannelures; on ne peut en Tenir À. bout âvec des limes delà forme ocdinaire. On à besoin de les couder à.donble:CQude,.C(»iime on leToitj^. 17; et comme il est infiniment important de^ne pas détrem* per la lime , on conçoit combien il est essentiel d'employer le moyen quQ noiisvenonsd'indiquerpouToouderau £eu la queue d'une lime. Ilestbon de. mouiUàr de temps en t^nps le linge pendant cette .opération. Cependant, malgré toutes ces attentions, on risque toujours d'altérer la treihpe de la lime , et c'est pour parer à cet inconvénient qu'on a imaginé le manche coudé et universel,^. a3, qui peut s'adî^ter 4 toute espèce de limes. . . .

.U arrive -souTOtt que les limes s'engraissent; c*est'ii-dire que le métal ou le bois remplissent la denture ou, teïU«> et qu'elles ne mordent.plust qùoiqu'encore bonnes. On fera chauffer dans un pot une suffisante quatitité d'eau , dans laquelle, on jettera une poignée ou deux de cendre; on y. plongera les limes, on leur y laissera -éprourer. quelques bouillons^ et. de peur qu'elles ne se rouillent, on les exposera près du feu : elles reprendront presque tout ,1e vif qu'elles ayment perdu. Un moyen pUis actif encore, est de fiûre dissoudre de ta potasse dans de l'eau chaude, d'y plonger les limes et de les frotter avec une brosse un peu rude dans le sens delà taille, qui est toujours oblique. Cette lessive a plus de moi^ dantque celle de la cendre toute seule. ...

' A; moins qu'on ne soit très-exercé à afiuter, il est rare qu'au bout de quelque temps , la meule ne perde de sa rondeur : il ne Êtut pas attendre que cette irrégularité «oit devenue excessive : on. aura soin de temps en temps de la dresser, en présentant à face, et sur un support de'lxHS'posé en. travers sur l'auge, un morceau étroit de forte tôle, qui dressera la meule, en même temps qu'elle l'arrondira.

Quelque bonnes. que soient les filières à bois, il n'est pas sarprettànt qu'elles. se dérangent, et que le /^ne coupe plus, soit parCe qu'à £orce de servir, le tranchant s'est émoussé, soit parce qu'à force de couper.de* noeuds de bois dur, il s'y est (aïI quelques brèches. Il n'y a pas d'autre moyen de réparer ce dommage, que d'affûtor le f^ , mais cette opération exige beaucoup de précautions. ' .

On formera deux biseaux sur une pierre du levant, en la £rottant avec du grès Sur une tuile, l'angle formé parla réunion de ces deux, biseaux T. I. 34

I doit être trèt-TÏi', et n'avoir que soixante degrés au pins; c'est avec cet angle imprégné d'huile qu'on afiutera en dedans et à biseau un peu long le tranchant du F; l'extérieur doit être a£fâté à plat.

La position du F, dans ime filière, est on ne peut plus difficile à trouver. En général on peut dire que l'angle du F" doit excéder un peu sous les filets de l'écrou ,. et être placé dans la prolongation du premier pas, sans s'inquiéter des deux pointes supérieures. Voilà pour la théorie. La pratique n'est pas à beaucoup prvs aussi aisée. Nous nous sommes £ùk une siiite de tarauds , dqmis deux lignes de diamètre jusqu'à deux pouces et demi, en grossissant de dfnx lignes en deux lignes pour les petites, jusqu'à un pouce, et de trois ligne» en trois lignes jusqu'au plus gros. Nous avons éprouvé une difficulté incroyable à bien placer. le V. Plus haut ou plifs bas, d'une quantité presqu'inappréciable , il va ou ne va plus.'plus ou moins entré sur le pas, il ne va pas encore; et malgré tons nos soins , nous sommes forcés de convenu- qu'il est difficile d'y réussir sans avoir beaucoup tâtonné. Cependant, à force d'essais réitérés, nous sommes parvemu à poser assez bien le y^ au premier coup d'oeil. Si donc on veut raccommoder une filière qui va mal , il faut s'anner de patience et suivre la marcdie que nous avons indiquée ; maïs si celle qu'cui veut raccommoder aUoit précédemment bien, il suffit de remarquer, avant d'àter le F^ la position qu'il avoit , de conserver les petites cales qui assuroient s» position , et de les replacer exactement comme elles étoient, en l'avanfant toutefois un peu pour regagner ce que le taillant a perdu par l'affûtage.

Il faut avoir soin de tourner le cylindre au diamètK exact du trou pereé dans la plaque qui loi sert de guide; sans cela, le pas B«t)it inégal, aigu d'un côté, et émoussé de l'autre. Il £iul cnooie, quand on repasse une. vis dans sa filièce-, prendre garde que te V n'entame aucunement les premiers pas: si cela arrivoit, le mal iroit en augmentant, <t les derniers pas seroient réduits à rien.

. H fout toujours destiner sur la vis qu'on vent foire, 3 ou 4 filets, qui nei pourront servir, et qu'on jettera à bas sur le Tour quand la vis sera foite. €elte défectuosité provient de ce qu'on est obligé de rendre le cylindre pointu pour le foire entrer dans la filière d'où il suit que les premier» pas ve sont ni plan» ni iréguliers. Us ne commencent à être bon* que lorsqu'ils sont appelés par l'écrou, et qu'ils ne peuvent [rfaS' avancer trop ni tn^.pen^ . '

. Sa le taraud, foisoit i'écEOD unpcn trop juste pour la vis, voici de quelle

CHAP. Vlll Sect. VII. Vtagedet Filières enfer, atc. 167 manière- on' peut y remédier. Oa perâera snr le sommet d'an des pas wmm d'une vis faite en bois dar un trou qni la traverse suivant le diamètre. ^''- On y fera entrer très-juste un morceau d'acier rond, qu'on limera suivant l'angle du pas, dt ôtant avec un ciseau un peu de ce pas, jusque contre cette pièce d'acier, on l'aplatira Ji la Kme. Puis repoûssuit par le bout oppasé d'un quart ou d'un sixième de ligne, on passera cette espèce de taraud dans l'écrou : la pièce d'acier augmentera la profondeur ' des pas, et les copeaux resteront dans l'encoche qu'on aura laite contre la pièce d'acier. On sera maitre de la repousser plus ou moins, selon qu'on jugera que la vU est suffisamment libre dans son ècrou. Cet expé-. dient a du rapport avec le taraud de charpentier dont nous parlerons au r. //.

On savonnera les vis aveC du savon assez sec. S'il ëtoit mouillé, il feroit renfler lé bois : mais <hi n'y mettra jamais de graisse, qui fait crier tous les tenons de bois dans leurs trous.

Il en est autrement de tous les outils de menuiserie , qu'on peut frotter d'un peu de graisse de temps en temps , surtout si le bois qu'on rabotte a k sa surface un peu de poussière ou de gravier, qui s'attache facilement à toutes les espèces de bois.

On aura toujours soin de tenir couverte la pierre à l'huile. Sans cette précaution, la poussière, inévitable dans un laboratoire, se mêlant à l'huile, fbrmeroit une espèce de cambouis , qui nuiroit à la finesse du tranchant qu'on doit attendre de la pierre. Cette pierre est sujette à se dégrader par l'usage, il s'y forme des sillons; poUr la réparer il &ut la dresser en la frottant avec du grès sur une suHace plate, comme un marbre ou' une ardoise.

SECTION VII

Usa^ (tes Filières at/er, simples et doublea.

RiEK ne parott aussi aisé que de fiïet^un morceau defèr, d'acier ou de cuivre dans une filière : cependant, quoiqu'on ait acquis un peu l'habitude du travail , on y éprouve quelques difficultés quand on se pique de bien faire.

Les filières sont de deux sortes : celles où l'on a- p»oé et taraudé dans une lame d'acier des trous de différentes grosseurs, selon tes pièces dont on a besoin; on les appelle Filière» eimples j Jîg. 34 : d'autres infiniment

a€8 MA.NUEL DU TOURNEUR.

■ phiS' commodes, qu'on nomme Fllièn» doubles on âeouaainetBj parce qu'en efïet la pièce qn'ou taraude est pri^ entre deux morceaux d'aciec trempé y qu'on nomme Couaainets.

■ On se sert dès-premières pour les ouvrages grossiers; le morceau d'acier qn'oa veut tarauder doit être de la grosseur dont seroit le trou de la filière , si les pas étoient ôté<r. On Tamincit un peu par le bout , et avec de l'huile ara lui facilite l'entrée. On le serre dans l'étaa, et on feit tourner petit à petit la filière en remontant à chaque coup et en n'avançant qne trèspeu. Mais si l'on veut y réfléchir, on va sentir la défectuosité de cette métbode et rimperfection de l'outtl. La pièce entre de force dans le trou : la matière n'est pas emportée pour former le fond des pas, die n'est qne renversée , à droite et à gauche , à peu près comme la terre d'un, sillon ; et lorsqu^on croit aTôir des .filets- très-stades et très-bons,, on n'a qu'un bourrelet, formé de la rencontre de deux bavures, qui, t^ligé d'entrer de force dans le fond du filet opposé, s'y forme et s'y polit ;. mais pour peu qu'on lime' un de ces pas, et qu'on- l'examine avec une bonne loupe, on verra l'effet de ce double renversement de matière. '

■ Un autre incbnvénicint , est que la pièce est infiniment fatiguée , et se tord très-souvent par l'effort qu'on lui fait faire; et pour peu qu'on ait besoin que la vis qu'on forme soit exactement droite , on est tout surpris de la trouver Ëiuasée en plusieurs endroits de sa longueur. Il seroit possible de prévenir cet încobvénient des filières simples : (»>dtnairement elles oùt deux trou& parallèles sur la largeur ; il faudrott que l'un de chaque couple fût plus petit qw l'autre. Dç cette manière , on prépareroit la vis daos un trou, et on l'acbèvoroit dans l'autre ; mais ce moyen ne remédiera jamais au défaut de la matière qui n'est que bourrée ; en outre la pièce taraudée s'allonge plus ou moins , suivant la densité de ses pores. La fiUère simple ne peut donc s'employer que pour de très-petites vis, et il Ëiut préférer les filières doubles pour tout ce qui est au dessus d'une ligne.

Lorsqu'on taraude une pièce de quelqu'importance à la filière double, il faut encore y apporter la plus grande attention. Il vaut infiniment mieux être plus lung-temp.s et serrer peu à la fois , que de vouloir emporter beaucoup de' matière, et Ëtusser une vLs un peu longue, surtout si elle doit «ervir à quelque machine susceptible dexaclilude ; telle qu'une vis de rappel , ou toute autre qui doit mener une division.

Lohjqu'on aura atteint le fond du pas efle haut des filets, la filière usera fort l'eu, et on- ne fait plus que polir": si. la vis jse' trouve èncbre un peu loiu de la grosseur qu'elle doit avoir , il vaut mieux, donner sur, le Tou»

CHAP. VIII. Sect. vil Uaage de» Filières enfer, etc. 269 dans tonte sa longueur , et également , un coup de lime douce , et repasser = ensuite k la Blière ; mais jon aura soin de regarder les filets avec une loupe pour jnger s'ils sont unis : s'ib ne le sont pas, ils useront insensiblement l'écroù , et prendront bientôt du jeu.

Quand la vis sera totalement terminée , il est à propos de la passer de toute sa longueur, entre deux pièces de bois imprégnées d'émeri broyé, serrées dans un étau , pour la nétoyer et enlever le morfil que les coussinets y laissent quelquefois.

Nous ne pouvons assez recommander, en taraudant une vis, de la présenter souvent k son écrou, qui doit toujours être foit le premier. Pour peu que la visprenne sans forcer, on la fera passer dans toute sa longueur dans l'écrou, en y mettant de l'huile, et la Ëiisant aller et venir à chaque tour : de cette manière, la vis s'accommode à son écrou, et n'éprouve ni force ni ballottement.

lorsqu'on taraude du fer ou de l'acier , on doit mettre de l'huile assf^ abondamment : pour le cuivre OD mettra de la cire ; la jaune est la meilleure : sans cela , et surtout si l'on y mettoit de l'huile , la 61ière eu taraudant produiroit un cri continu et perçant , qui s'entend fort au loin.

Il faut que les coussinets aient dans leur demi-cercle une ou deux encoches faites avec une lime d égalir ■■ ces encoches' feciiîtent la coupe, servent^ dégager'la limaille qui sort de la pièce, et empêchent que les filet» ne se bourrent au lieu de se tailler.

Quant aux tarauds , voici comment ils doivent être faits. On fera fbrger un morceau d'acier , de longueur et de grosseur convenable» , et on lu» donnera au Tour à peu près la forme qu'on voit, ^^. r8. Au haut est une tête carrée méplate, qui entre dans le tourne-â-gauche , Jig. ig. Ensuite est un renflement ou embase sur lequel repose le tourne-à-gauche- Le surplus est cylindrique : on le taraude d'abord, et la partie à tarauder doit être plus grosse que la tige de toute l'épaisseur du pas qu'on y veub . former. Ensuite on place la filière au milieu de la partie à tarauder , ayant soin de l'y serrer bien droit; on la fait alors monter et descendre enserrant peu à chaque fois, et mettant de l'huile avec assez d'abondance pour, qu'elle puisse enlever les copeaux produits par tes coussinets. Lorsque les pas du taraud sont presque formés j il faut le sortir de la filière, et le né* toyer ainsi que les coussinets, pour le placer sur le Tour, et retirer temor- 'fil que les coussinets auroient formé. Sans cette précaution on n'aiiroit qu'un mauvais pas ou du moins imparfait. On le repassera de nouveau àc

a7P MANUEL DU TOURNEUR. '■

' la filière pour l'achever. Il &ut avoir soin , en le terminant , de serrer un peu les coussinets à chaque tour, depuis le milieu jusqu'à son extrémité, pour le rendre conique , et faciliter son entrée dans Vécrou qu'on se propose de faire. Nous devons faire observer que, pour bien tarauder un écrou , il faut passer trois tarauds de différens diamètres ; le dernier doit être presque cylindrique.

Il est un moyen plus prompt qu'on emploie dans les ouvrages grossiers, c'est de se servir d'un taraud long et pointu , avec lequel on fait un écrou du premier coup , ayant attention de retourner l' écrou pour que le trou soit à peu près cylindrique. Avant de tremper l'un ou l'autre taraud, ainsi préparé , on doit y faire quatre ou cinq rainures rondes ou triangulaires.

Les filières doubles ont l'avantage de recevoir des coussinets pour tarau* der des pas de toutes les formes et de tous les écartemens à une ou plusieurs hélices à droite ou à gauche , triangulaires , ronds ou carrés. La manière de tarauder et de faire des coussinets, dans tous les cas est à peu près la même. Nous indiquerons, à l'article du Tour en l'air, la manière de Êiire pour toute sorte de filets les originaux qu'on nomme Mères, fig. aS.

Si en taraudant une vis un peu longue, il arrive qu'elle gauchisse un peu , on la remettra sur le Tour, on remarquera les endroits qui sont hors de rond , on y donnera de légers coups de maillet si la vis est fine, ou si elle est un peu grosse, on la mettra sur une plaque de plomb bien dressée; et avec un maillet on frappera sur la partie qui bombe , jusqu'à ce qu'on voie qu'elle est parfaitement droite en la remettant au Tour. Dans tous les cas, soit qu'on la redresse, soit qu'on la tourne un peu à Toutil , on y repassera toujours la filière pour égaliser les pas, et leur rendre toute la r^ularité dont ils ont besoin.

Dans les machines et arts mécaniques en général , les filières à tarauder les métaux, et particulièrement la filière double, sont d'un usage trèsfréquent ; aussi les bons mécaniciens attachent un grand prix à une bonne filière.

Il s'en construit aujourd'hui de différentes formes , comme on le voit fig. ao et ai.

Nous engageons l'amateur qui veut tarauder, à se servir toujours des filières proportionnées à la forcé de la vis qu'il veut foire. Ainsi avec une petite filière double on pourra tarauder dépuis une foible ligne jusqu'à quatre lignes; avec une autre plus forte on pourra fileter de quatre à hait, et ainsi de suite de huit à douze lignes, de douze à dix-huit lignes, de

CHAP. VIIL Skct. vil Uaag* dea FîUèrtêênfêr, ête. 371 dix'hait & vingt-quatre lignes de diamètre; de sorte que si on veut obtenir s des TÎs depuis une ligne jusi de quatre filières doubles.

Nous ne croyons pas nous être trop étendus sur cet article , que nous regardons comme un des plus utiles, et qui se lie essentiellement à une infinité de pièces , que nous décrirons dans la suite de cet ouvrage.

En -voilà assez pour te moment sur cette matière en Êiveur de ceux qui n'ont qu'un Tour à pointes , ou qui ne veulent pas faire la dépense de s'en procurer d'autres : nous allons passer à la description du Tour en l'air, qui présente un champ bien plus vaste» de grandes ^cilités, des inventions pleines de génie , et sur lequel , outre qu'on peut exécuter toutes les pièces dont nous avons parlé pour le Tour à pointes , on exécute un grand nombre de pièces très-compliquées, très-agréables, et avec une fitcilité qui étonne.

,GoogIe

Page 1