CHAPITRE PREMIER, Description du Tour en VAir
\Js Domme Tour tn l'air, l'espèce de Tour que nous allons décrire, =^^^=9 parce qu'à la différence du Tour précédent, où l'ouviage est pris entre ^'" **' deux pointes , cet ouvrage est porté pamn arbre de fer disposé pour recevoir, à l'aide d'un mandrin, ta pièce par une de ses extrémités.
Ce Tour est, sans contredit, Tàme d'un laboratoire, étant destiné à recevoir toutes les machines dont nous parlerons par la suite ; aussi nons espérons que nos lecteurs nous excuseront û nous entrons dans quelques déUiU sur cet article.
Il existe plusieurs espèces de Tours en Tair; ceux d'horloger, montés sur une barre de fer, qu'on Ëiit mouvoir à l'archet; ceux qu'on nomme Btdetg : l'un et l'autre sans p^ de vid ; enfin , celui à pas de vis , dont nous allons parler.
AeX B, Jig. I yPl- a4 > sont deux poupées , dans l'épaisseur desquelles sont des entailles qui donnent passage à l'arbre Dj d. Comme l'écartement respectif 'de ces deux poupées doit être constant et invariable , cet écartement est déterminé par deux liens de bois C, qui, de chaque côté, sont collés et quelquefois fixés sur les poupées par de fortes vis à bois : et pour T. I. 35
a74 MANUEL DU TOURNEUR.
||| ■ I g"" rien ne puisse faire varier ces poupées, ces deux liens ont un ^''■^i- épaulei^ent contre lequel posent les poupées. Ce qui contribne à leur solidité.
La fi^. 2 est un arbre de fer Ëiit au Tour, et de la justesse duquel dé- ^nd celle de tous les ouvrages qui seront feits sur le Tour en l'air. A ,ay sont deux collets parfaitement ronds et cylindriques, qui roulent dans des coussinets , dont nous parlerons dans un instant : 6 , est une rainure triangulaire pratiqué» sur l'arbre^ dans laquelle prend une'clef de cuivre, dite clef d'arrêt, qui permet bien à l'arbre de tourner sur lui-même, mais ne permet pas qu'il avance ou qu'il recule. c,d, e,y,^, A^i,t,sontde3pas de vis de différentes grosseurs, selon qu'on a besoin de les faire plus ou moins gros sur l'ouvrage : l, est une partie à six pans, d'environ 6 à 13 lignes de long, sur laquelle on place une poulie retenue par un écrou , qui se monte sur iine partie à vis tout contre la poulie. Ensuite est une partie renflée m j qui fait épaulement contre la poulie , et sert de paroi intérieure pour la bobine n , sur laquelle on roule la corde ; après cela un' bourrelet o , semblable au précédent, puis un collet A, plus fort que celui de l'autre I>out a; en6n une embàsep, tournée bien droit j et contre laquelle posent tes mandrins. Le tout est terminé par une vis ou nez q , sur laquelle se montent ces mêmes mandrins. À l'autre extrémité de l'arbre est une embase plus petite, suivie d'un pas de vis r , sur lequel on monte toutes les pièces qu'on veut ajouter derrière^
l^fig. 5, PI. a3f est le plan géoméCnd des poupées, an bout desquelles soot prati<|uées deux.kainures asMZ larges et profondes pour avoir^ beaucoup de solidité «C poiâr oonteni^<)cs coussinets de mati^% liante , dans lesqaek !ï)Ule: l'aïbre.' Sur ces ooussiiieU presse une vis» qui empêche l'arbre, et pM-ootiséquent l'outrage de ballotter: b,d,Cjfig.i ,Pl. a4 , est une bride de fef.d'un s«ul iinorceau , ou à charnière «1 o, représentée à part, ^^. 3, qui se monte sur la poupée, et dont les queues entrent dans l'épaisseur du hotSf où.«Ues sont retenues de difEérentes manières, que nous aitrons occaûoQ de rftpptwter.
Sur la longueur de la poupée de derrière .^j^. i,. sont sept mortaises de différentes largeurs qui reçoivent des clefs, dont l'usage est de la phis gxande iakportance. Ces< mortaises doivent être parËiitement bien Êiites, et Ûuc^deifs entrer juste sans force ni ballottement. ïte ce» neuf clefs , la {«■«iiière i dite drf U^rrèt , e , fig. i , est de cuivre , «t porte une entaille à deux biseaux à l'eddroit où elle rencontré l'arbre sur sa longueur , afin d'entrer, dans la rainure, de même forme que noua avons. £iitfifman;uer.
CHAP. h Deécription du Tour tn Vair. 375
sur l'arbre. Cette cleft ainsi que les sixautres, dont on-voit la (otmfi,fig.^^^^s^xs» a la faculté de se mouvoir, àa bas en l^ut^dans aaanwtaiie, qui est beau- *''" ^4> coup plus haute qu'il ne iaut , afin de pouvoir toucher à l'arbre quand on l'élève, et de n'y plus toucher quand on l'abaisse; et pour pouvoir leu? procurer ce mouvement , toutes ces clefs sont percées ema, vers la face postérieure de la poupée, et enfilées d'une IffoohiB qui passe dans toute-la longueur de cette même poupée. On conçoit que^ lorsque Tarbre est^utre ses coussinets, il peut tourner rond sur lui-même, et avancer et reculer. Si l'on force la clef de cuivre à prendre dans la rainure qui est à l'arbre^ cet arbre ne pourra plus tourner que rond; si, au contraire, on abaisse cette clef, «t qu'on élève une des six autres, elle press»-a sur le& filets de la vis À laquelle elle correspond; et comme elle est immobile, elle forcera Tarbre à avancer et reculer en tournant sur lui-même, suivant le rampant de cette vis ; et l'on conçoit qu'une pointe , un crayon , fixés sur un support quelconque, vis-à-vis de la pièce, décrira sur sa circonférence une hélice semblable à la vis qui a déterminé la course de l'arbre.
L'arbre étant destiné à rouler entre les coussinets sur lesquels il doit avancer et reculer à volonté , on conçoit de quelle importance il est que les collets soient parfaitement ronds et cylindriques. U est d'une égale importance que toutes les vis soient par&itement concoitriquesaux collets j et surtout la vis du nez de l'arbre-, c'est par ce mouvement de l'aiin-e qu'on parvient à exécuter ce qu'il y a de plus curieux et de plus inbéressant sur le Tour, tels que guillochage, rampant, torse, profils, etc. Nous donnerons dans la suite les moyens de. s'assurer du plus ou moins 'de per* . fection d'un arbre de Tour en l'air.
Coaune on a souvent besoin d'âter l'aihre d'entre ses coussinets , et que néanmoins' il doit y être tenu solidement et sans ballottage, au moyen des brides et des vis de pression , on a d'abord imaginé de faire ces brides à d^unière a, a,fy. 3 , et de mettre à la charnière de devant une goupille mobile à volonté et à tête , afin de pouvoir l'ûter (piand on veut , et retirer tes coussinets et l'arbre. Mais comme il est difficile et coûteuxde se procurer des charnières par&itement Ëiites , on sesertplus ordinùrement de la bride tout d'un morceau et sans charnière , qu'on fi^e sur la poupée , m moyen d'un long boulon à tête plate, qui passe dans kt queue de devant, tra* verse l'épaiaseur de la poupée , et va se vis.ser dank la queue o[^sée de la bride.
Quatat à la vis de pression/^ sa forme a beaucoup vaiié. D'abord <m n'a mis que des vis à tête plate. Pois on y a substitué la forme de vase, dont
u-jG MANUEL DU TOURNEUR.
— la qaene taraudée opëroit la pression , tandis que la partie supérieure
^'- **• .faisoit oruement. On a ensoite tiré partie de la forme de ce vase. Au lieu de
mettre de l'huile par une petite hotte, pratiquée extérieurement aux deux
coussinets supérieurs , on a creusé ces vases et percé leur qaeue d'outre
en outre Le coussinet sapérteur est égal«nwit percé d'un trou correspon-
' dant; au moyen' de quoi l'huile descend au milieu des collets. Cmnme la
vis, en pressant immédiatement sur le coussinet, l'auroit bientôt entamé,
il est d'usage de placer entre deux une plaque de fer de la m^me forme
que le coussinet.
Le mouvement continuel de l'arbre peut &ire desserrer la vis de pres^ sioa , et donner tr(^ de jeu, et même du ballottement à l'arbre. Pour remédier à cet inconTénient , on a imaginé de mettre entre la -bride et le vase un contre-éerou , ou écrou mobile, sur ta tige, qui, ^"essant contre l'étrier , ne permet pas à la vb de reculer aussi Ëicilement.
Enfin on a remarqué que, par ime indiscrétion commune à toutes Tes personnes qui ne sont pas au fait des machines, elles ne {>euTent Toir la moindre pièce où il y a de» vis, sans s'amuse» à visser et dévisser sans cesse; amusement dont le moindre inconvénient est de donner trop de jeu aux vis, qui ne s'usent déjà que trop rite; ces mêmes personnes entrant dans un laboratoire, et placées à cdté d'un artiste qui tourne, s'amusent à forcer ou deuerrer les vis du Tour, par forme de distraction , ce qui désespère l'artiste dont l'ouvrage peut en être gâté. On a sup^mé les têtes des vis, et ayant rendu carré le trou qui est à leur centre, pour donner passage k l'huile , on les met à leur point de pression avec une clef à tige carrée , et une fois ainsi fixées , on ne craint plus ni la maladresse ni l'inconséquence de ceux qui touchent à tout, au risque de tout déranger, il n'est pas d'Amateur qui n'ait remarqué avec humeur , que ta plupart des personnes qui se placent près d'un établi snr lequel sont des compas à ouvertures souvent précieuses à conserver, à- cause des divisions auxquelles elles sont destinées , prennent ces compas, et les ouvrent et ferment sans cesse, avec la même distraction que les femmes metteut k Élire îame* leur- éventail.
Gomme les coussinets se dégradent assez prompDement, et qu'il est impossible de a'en aervir pour peu qu'ils, soient endommagés, noutr croyons feire plaisir aux Amateurs ea leur donnant le moywi d'en faire eux-mêmes. Les meilleurs se composent de trois parties d'étain et une de zinc; on en &it aussi avec deux parties d'étain et une de régule ;.enfin>onpeat remplace le zinc et le régule par le cuivre. Mais- ce dernier
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mélange ne ctinvient qu'aux coussinets destinés aux forts Tours ou autres a machines.
■ Pour les fiandre, on fera un mouleen bois de laforme indiquée^. 17, PI. 23, et de la grosseur des collets; pois dans un creuset, ou dans une cuiller de fer, on fera fondre la matière eo commençant par le zinc, le régule ou le cuivre; ces métaux devant être en fusion avant, d'y ajouter l'étain. On agite le mélange avec un morceau de bois pour bien incorporer les diverses matières ; on laisse refroidir le tout au point qu!uD morceau de papier ne hsie que rousnr en le trempant dedans : aloi;». on verse la matière dans le moule Plus chaude elle le brùleroit , et les coussinets seroient remplis de soufflures qu'on nomme vents. . C'est surtout au Tour en l'air qu'on se sert du support ^^. 2'j,Pl. 18, dont nous avons parlé. Bien n'est aussi commode pour travailler une pièce à l'intérieur et à- l'extérieur, comme une botte, un étui, etc. Les tabletiers se serrent d'une autre espèce de support , représenté ,fig. 7 , PI. a3. La barre a qu'on j voit se lève et se baisse à charnière, de Ëiçon que le côté sert à tourner le dehors d'une pièce i^ui, comme on le voit, passe dans lîentrordeux des moutans AyB, et quand il s'agit de creuser, on ne dérange point le support, on se contente de baisser la barre suf laquelle on pose l'outil. Mais outre que ce supjiort est très-gros et trèsembarrassant, la barre de fer sur laquelle on pose l'outil étant unie,. ne donne pas assez de prise à l'outil , qui glisse, et par conséquent peut procurer du dommage à l'instant où l'on s'y attend le moins, parce que l'outil aura échappé.
Ce support n'a pas l'inconvénient de l'autre, qu'il faut changer sans cesse de place, pour tourner la chaise du côté où Ton a besoin qu'elle soit. Mais on peut parer en très-grande partie à cet inconvénient en plaçant la chaise dans la diagonale du carré de la semelle. De cette manière on aura presque toujours le moyen de présenter la cale à face de la partie qu'on veut tourner , en ne desserrant que la vis en dessous : d'ailleurs , quand on a travaillé quelque temps, on prend l'habitude de changer te support à tout moment, sans s'en apercevoir.
Un autre avantage qu'a ce support sur celui des tabletiers , est la î&cultéde le hausser ou baisser en haussant ta cale.
Il y a encore une troisième espèce de support représentée;^. 18, PI. a3. La cale de fer à, ressemble k celle des tours à l'archet; elle est placée dans la colonne b, fixée sur la semelle c, par un tenon qui peut tourner dans tous les sens , et se hausser ou se baisser à volonté. La vis
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2-^^^sde pression maintient la cale à la hauteur convenable. Ce support, qu'on Pl. a4< a{^lle support â If anglaise j est très-agréable quand on tourne des pièces délicates, parce qu'on peut approcher les angles de la cale, des moulûtes les plus étroites, aussi près qu'il est nécessaire.
Nous terminons ici la description du Tour en Tair, nous réservant d^en parler à mesure que nous décrirons les pièces qui s^ montent. Il nous sufiSt de dire que le sieur Hatnelin-Bei^ron en fait construire dans ses ateliers depuis les plus simples jusqu'aux plus composés, les uns et les autres parfaitement justes et finis avec la plus grande précision.
Si cependant quelques Amateurs désiroient faire monter un Tour en l'air sous leurs yeux, nous leur conseillons d'apporto* le plus grand soin & l'ajustage des pièces qui le composent Souvent un Tour broute ou il est très^ifâcile à faire mouvoir, et cela provient ou de ce que les coussinets ne sont pas justes dans leurs rainures, ou de ce qu'ils sont trop ouverts , ou de ce qu'ils ne sont pas parallèles entre eux, ou enfin de ce que la clef ballotte dans sa mortaise et n'embrasse pas l'arbre bien exactement
Supposons maintenant qu'on ait un bon Tour en l'air, stu un étabU solide ; nous ne noua inquiéterons pas pour l'instant de savcnr s'il y a une roue en dessus ou tn dessous, et lorsque nous aurons occasion d'en parler, nous indiquerons la meilleure manière de la placer : il s'agit de travailler.
CHAP. II. D€s Mandrins.