CHAPITRE III
I Tourner des BoUes,
SECTION PJElEMliRE-
Boite unie,
^^^ss-Xjk premier ouvrage qu'un Âmafear s<ïît curieux de ^i% sur Ub Tour en Pl. 33. pg^jp gs( „j^ç boite : c'est aussi par là que nous commencerons.
On prendra un morceau de tel bois qu'on voudra. ( car c'est toujours sur du bois qu'il est à prt^pos de s'essayer , cette'matière étant infiniment moin» précieuse que l'iTOtre et l'écallle ). On le préparera à la hache, au diamètre qu'on désire , et l'on arrondira un des bouts à la râpe le plus qu'on pourra. On lui donnera pour longueur totale un- peu plus que la hauteur qu'on veut donner à la' boîte ^ plus celle du couvercle , et enfin un peu phis-pour la partie qui doit 'entrer dans le mandrin. Si le morceau étoit un peu juste de longueur ^ on seroit obligé de le mastiquer sur un mandrin ; mais l'iisage lé plus ordinaire est de se servir de mandrins creusés.
On Gommenceia donc par creuser sur le- Tour un mandrih k la grosseur du morceau de bois; et comm^ il faut qu'il entre très-juste, on se servira de l'anneau de cuivre ou de fer dont nous avons parlé , de peur que le mandrin ne se fende. On fera entrer le morceau de bois avec force , à l'aide d'un Inaillet ou d'un marteau, après avdir démonté le mandrin pour ne pas Ëttiguer le Tour en frappant dessus. S'il ne tourne pas rond, ouqu'onveuilte éviter quelque noeud en l'emportant à l'outil, ou enfin qu'il' se trouve quelque yiâche t qu'on veuille atteindre,' on jettera la.pièce' du côté qui convient, jusqu'à ce qu'on juge qu'elle soit au plus grand diamètre possitde. Si l'on n'a pas encore assez d'usage , on marquera légèrement le centre en tournant avec la- pointe d'un grain-d'oïge { puis avec tfn compas on s'assurera si la pièce aura le diamètre qu'on désire : on la; jettera d'un * ' où d'autre côté, selon le besoin, soit en frappant un coup sur k champ^ soit, ce qui vaut beaucoup mieux, en frappant sur le bout de la pièce un
CHAP. m. Sect. t Tourner une Boite unie. agS
coup de maillet, qui l'enfonce du côté 014 elle est trop loin du rond. Dans s^sssa toute cette opération il dut avoir un peu d'habitude pour que la pièce ^'" '^' soit solidement mandcinée : autrement, comme en creusant on lui imprime un assez grand éâbrt excentrique, on risqueroit de la voir sortir du mandrin , et à moins d'un grand usage, on ne pourroit plus la remettre au rond où elle étoit ;. ce qui est d'autant plus essentiel , qu'elle est plus proche d'être terminée. ■ .
On creusera donc, d'abord avec un grain-d'orge au centre, à très*peu 'de profondeur, attendu que c'est par le couvercle qu'on doit cofnmencer; puis tournant un des côtés du même outil , parallèlement au côté du couvercle, on élargira le trou. On reprendra au centre avec la pointe, et on continuera toujours de la même manière , pour aller plus vite. Ou se servira ensuite d'un outil de côté, qui doit couper par&itement du bout comme du eôté ; et même il est à propos que le biseau du bout Ëisse un peu l'angle aigu avec celui de côté ,. pour que quand on veut n'emporter de bois que sur un sens, on n'atteigne pas l'autre.
II est très-important que ce couvercle soit tourné bien droit à son côté intérieur, afin qu'il prenne également sur toute la longueur de la gorge de la boite. Les mauvais ouvriers se contentent de les faire prendre du bord pu du fond, ce qui fait que le couvercle ballotte quand il est en place. Quand on aura tourné bien exactement , et les côtés et le fond du couvercle à la profondeur de deux lignes «C demie ou trois lignes, et même plus , suivant la grandeur de la boite, on unira parfaitement le fond, ayant soin qu'il ne soit ni concave ni convexe : on terminera, les côtés avec un outil qui coupe bien fia, et entamant infiniment peu de bois, et surtout prenant garde que 1« mouvement du pied n'en communique à la main , ce qui feroit que la pièce ne seroit pas ronde. Enfin, on donnera un léger coup du bout de l'outil sur le bout du couvercle , en le penchant un peu , mais, très-peu, eu dedans, afin que cette partie pose très-juste sur le rebord de la gorge, et qu'on voie le moins possible le joint du cou-vercte avec la boite. Si l'on inclinoit trop l'outil, te joint seroit d'abordimperceptible ^ mais pour peu qu'on diminuât le diamètre extérieur, comme on vx le voir , il est clair que l'on apercevroit une ouverture entre deux.
Quand le couvercle sera ainsi préparé, oo-.en marquaa la hauteur avec un grain-d'orge à angle un peu -aigu , et l'on prendra garde que le dessu8<du couvercle ait assez d'épaisseur quand il sera terminé. On approfondira ce trait degrain-d'orge; puis aye&une scie à dossier, Jig- 1, PI. $,
394 MANUEL BU TOURiSEÛfe.
-- on séparera le convBrde dti refetê de la pièce ée bois, eta faisant toujbnrs Pl. a3. aller la marche , et en peu 'Ai tèiftps iifa ïè fftrà tbiàbier sur l'éfâbli coupé assez droit. Il fant iidiiiitèïiaril s'ofccUtyèr flè h» bWilè.
On commencera 'par la crebser à la pr^fondéùlr qn'ôti dèsSre; et pour que lés côtés intéHeurs soient parfaitement à angles droits aVec le fond, ce qui eh fait la grâce, on se seiVira d'une espèce d'Outil; qn'bn nommé Equerre d coulisse f on en croix , Jîg. •], Pt. ^ , T. II, ihstïuiùèht précieux 'et cortmodè pour ùtie infinité dé circdiistaiides, où ï'ôu veut que les côtés d'une ^wrtïe crèùfiéfe soient à l'é^èrre avCcIe" fond. OtHe éijuerre est àoinpàséè d'une règle de daïvré ttù d'acier, qoi pose sdtles bords de la boîte : ail tnilieu est Tin œil carré, daAs leqdel glisse, àa'nglesbteh'droits, uneautre règle, 'qui parce rtioyenèstparfaitetûentp'èt'^eWdîculiiireâiûx'denx rives de la première. La règle mobile doit 'être divisée sur sa longuedr, pour détermib** là pVofoTftdéttr. On TèhlfiAiCe jusqu'à de qu'elle tôutcbe an fond ■, e^ eA lui feisant parcoQTir le rkyo'n , oA voit si 'elle 'touche ffaï-tôut , et par conséquent si ce fWnd est droit ; puis l'appHq^^t sur lé côte intérieur , on juge s'il est bien perj^endrcnlaire io fond.
On lie portera pas le diamètre intérieur ati point oà 'ri doit êtte, ïuais On en approcbeta le plus possibTe avant dé fkîrè la goï'ge. Si TôTi Cômmençoit par feire cette gorge , et par là nftéttrè au poin/t 'Hé VfeoévôHr lé éouvercle, ihème un^Jeuinsfe, èlt qu'on i^riensât ensuite la tôfte , où seï6èt tout stfrpris que ce cotivèrclë dévîôt ttep lâche. Cet efïfet 'est ffirddtrit par le resserrement des pdres du "bois , qui fait "rélrécrr là bohe et 'donne du jeu au couvercle. On ne fera donc là gorge qu'a^èisTaVdtrci'énsée'A mise près de Son diamèti^. '<ïn ifiportëra à cette opëratidn la "(ÀttS graftAê attention 'pôtir 'qtte lé 'couv«^e prèrifte égaletrtërit '«fans tàvttk sa hauteur. Quand le 'ccffivérdle ira bien en ^dace , et iiiêthê xÉh ^peh ijùste , èe dortl on s'assurera en l'êssayarit xie 'téttps en 'temps, on le fferàéntM- trfu't-Wmtre l'épaulèment tjn'cin dxïtA dressé avec le côté A'tih ^ift-fl'orgte qai cOupe ttès-fin, ^t un ^u eu rehtrartt; et s'fl'e^ besoih , on doiihêita quelques petits coups dû bdut du tùariche de l'dtotil , ttfut autdur du côtivercle , jusqu'à c« tjti'on He voie plus le jWnt. Endel'étal-, tin hiAièVèni de t6arner l'extérieur de la boîte , en lui doiinarit partout le m^e dîditfètre , et se servant, pour la terminer, d'un ciseau à un biseau qui' coupe parfàiteniëàt On térnJlrïera ensnitele dessus 3u couvercle , qui , pdur avoir de la ^ràce, ne ddit pas être pldn , 'mails 'bCmiber Un peu.
On aui^ dû 5'aisui*ér , avant'ttè jilacfer le'ébiivèrcle, de îa'prctfohdeurde Uboîte,afin de ne'la pas couper trop près du'fbnd, et de-néla pis rendre
CHAP. III. Sect. il Faire une Boite doublée en écaille. agS trop miDCe en cette partie. On déterminera donc l'endroit de ta coupure s^ssaa avec un graiiwl'orge très-pointu, e|; fiûsant le trait un peu profond. On ^'" *?' polira ensuite la boite avec le plus grand soin , et dans cet état elle est presque terminée ; m^is oo aura attention de conserver le vif dfi l'angle du couvercle, afiif qu'il ait plus de grâce. Si- l'on se sert de prèle ^ l'eau, comme l'humidité f^it renfler le Ijois , on attendia que la boite soit séchée pour ôter Le couvercle. On donnera le dernier coup d'outil au côté intérieur de I9 boîte , .et on la réduira à une épai^eur suffisante. Enfin on arrondira un peu , en venant au bord , poifr diminuer encore ^ l'œil l'épaisseur de la gorge, qui doit être un peu moins baute quç la profondeur du couyercle. ,0n miipen J^i J^otte du i;estp ,4u Pflya^u pjw p.Ù elle tieirf sur le mandrin , avec une scie , comme on a fait au couvçrcle , et bientôt elle sera séparée.
On iormera sur ce gui reste de bois sur le mandrin , s'il y en a assez , ou sur un mandrin nouveau , une espèce de couvercle dans lequel on i:emet' tra la boîte au^ juste que si c'étoit son çquvercle , et l'on tf^npinera le dessous de la boîte, qui ne doit pas non plus être plan , ^ais un peu concave , f un qu'elle pose plus exactement et saps balancement ^ur une table ou autre partie plane. On .polira le'dessous, et la boite est entièrement faite.
SECTION iL Faire une Botte doyblée et garnie en écaille.
Lorsqu'on vent faire une boîte (Jpublée en écaille, et garnie de cercles de même manière, il est plus agréable de la faire enjoupe ouracipe de .buis. C'est ordinairement ainsi qu'elles sont faites.
Le sieur Hameltn-Bergeron est .toujours assorti d'un grand nombre .deloppesipu racines de buis, m9is conime, on n'est pas toujours assuré d'en rencontrer qui présentent des ^ccidens agréables , on trouve .dans le.m^me magasin des boites gro^iérement préparées au Tour; et en les moifil^ant ^,peu, on jiept juger de ce qu'elles serQpt,qf]and,«Ues auront été polies.
Supposons donc qu'o^n^itcboi^iui^elpupe convenable, sans gros.pœuds, -et surtout Sftos de (rop fprtes gerçures : on jla sciera sur S9n diamètre, et c'est ^à .surtout qu'on pourra juger ce qu'elle est II y a beaucoup de choix dans ces sortes de.loqpes, mais ce ji'est qu'au fii^i .qu'on peut juger
s^sss de ce qu'elles sont, -à moins d'en avoir une grande habitude. U en est ^^ ^^- où les jeux de la na:ture présentent de véritables tableaux : tantôt ce sont des figures humaines ou d'animaux; tantôt un paysage; comme, enfin, tout autre objet qu'il semblerott qu'on a peint avec soin : mais comme ces morceaux sont infiniment rares, on doit les ménager pour faire les couvercles, attendu que c'est la partie la plus apparente d'une boîte, et 'on choisira dans, quelque autre loupe un morceau moins jM^cieux pour faire la cuvette , à moins qu'on ne voulôt faire le dessus et le dessous d'un même morceau. Dans ce dernier cas il faut toujours séparer les deux parties. On mastiquera le morceau destiné à faire la cuvette sur un mandrin déjà bien dressé , et on le creusera de la manière que nous avons décrite. On fera le couvercle sur un autre mandrin; mais on ne fera point k la botte ce qu'on nomme la gorge, puisque nous supposons qu'on veut Id doubler en écaille, et que c'est la bâte d'écaillé qui doit servir en même temps de gorge. On donnera donc à la boite la grandeur intérieure qu'on désire. On en dressera bien les côtés ainsi que le fond avec l'équerre à coulisse dont nous avons parlé; mais on fera, tant sur les côtés que sur le fond, quelques traits circulaires propres à retenir la colle et à rendre plus solide la doublure : on pourra se servir pour cela d'un peigne fin, avec lequel on fait les vis sur le Tour; mais il feut . prendre garde de l'enfoncer.
Nous donnerons dans un chapitre à part la manière de travailler et .de souder l'écaillé. Pour le moment nous supposerons qu'on est assorti de bâtes et de plaques de toutes grandeurs , ou du moins qu'on a celle qui convient pour la boîte dont nous nous occupons. On trouve dans le magasin indiqué un assortiment complet de ces doublures d'écaillé, de toutes grandeurs et épaisseurs , prêtes à être mises en place. 11 y en a auisi en por^e &çon d'écaillé sur lesquelles les Commençans feront bien de Ressayer , attendu leur peu de valeur:
Si la bâte qu'Mi veut employer n'étoit pas parfaitement ronde à l'extérieur, et d'égale ^^isseur, on la raettroit sur un mandrin tourné bien rond ; on l'y feroit .entrer un peu juste sans forcer, et on achèveroit de la mettre au rond extérieurement, et surtout de la bien dresser par le bord qui doit yêtre au fond. Oq fera aussi quelques traits à la partie qui doit être jointe au bois, pour qu'elle prenne mieux la colle.
La plaque dont on se sert pour faire le fond est ordinairement assez bien dressée; on pourra y faire quelques aspérités avec une lime rude, stu? une face. Puis posant au centre up morceau de cuivre sur lequel on
C1IAP. 111. Segt. II. Faire une Bott^doubtée ê/t écaille. 997 aura donné un coup de pointeau, on y mettra la pointe d'un compas, esss^ dont l'autre pointe soit coupante : on coupera par ce moyen la p|aqu« "*" au diamètre convenable pour la boite.
On mettra au fond de la boîte une couche légère de vermillon délaya dans un peu de colle chaude : ce mélange donne une teinte agréable , et cadie le bois que la transparence de l'écaillé laîsseroit apercevoir ; puis on y mettra la .plaque. On collera de même la bâte qui doit entrer juste , et on mettra le tout sous une presse; de manière que la vis de pression appuie sur un cylindre k peu près du diamètre intérieur de la boîte, et UD peu moins haut qu'elle. Tout cela peut se laire sans ôter la botte de .dessus le mandrin. Quant à la bâte , il sufEt de l'appuyer sur le fond>* pour peu qu'on mette dessus quelque chose de pesant, elle sera suffi- .saromeat fixée. ■ ■
Pour coller, les fonds et bâtes d'écaillé à des boîtes, et autres pièces qui exigent de la propreté et de la solidité, le plus sûr est de se servir de colle de poisson. Sa blancheur n'altère point la vivacité des couleurs qu'on veut conserver; d'ailleurs elle sèche très-vite, et tient beaucoup mieux que la meilleure colle forte, même celle d'Angleterre ^ qui passe à juste titre pour la meilleure : au lieu que la colle forte a toujours une couleur brune, qui se communique aux joints, et les rend sensibles, quelque aoin qu'on ait pris pour les bien iaire.
' On se sert , pour contenir et coller les fonds de bottes et autres ouvrages pareils, de petites prttsses,^. 34, PI. Sa, T. Il, au m(^«i desquelles on peut coller tr^is ou quatre , et même un plus grand nombre de boites à la fois , de manière k ne pas se trouver gêné. On peut enmlty^er au même usage la presse de menuisier ,.^j^. 17, PL^^T. I.
On fera la même opération au couvercle , et on y collera aussi très-juste la petite bâte : on mettra le tout sous une pareille presse.
Quand la colle sera bien sèche, ce qui demande environ douze heures, on remettra- la boite sur le Tour , et avec un outil de côté on tournera .très-exactement le dedans, en réservant à la gorge une épaisseur sufBsante. Quant à la hauteur dont la gorge doit surpassée le corps de la botte, H est d'usage de lui donner à p«u près le tiers de la hauteur de la boite. On donnera un dernier coup en dehors pour s'assurer si la boîte n'a pas varié; on polira en dedans avec la pierre-ponce en poudre assez fine et un peit •d'huile : enfin, on donnera le dernier poU avec du tripoli broyé à l'eau, et qu'on vend à Paris en petits pains, appelés Tiochisques.
On terminera l'intérieur du couvercle avec les même précautions, Bt T. I. 38
s^^^ comme nous suppf>soiis qu'on veut <Mmer Textérieur de cercles d'écaiUe , Pfc. a3. yQ^f^ (Je quelle manière on doit s'y prendre.
On formera au Tour, avec un petit bec^l'àne, une portée au bord du couvercle , pour y placer un cercle ; et pour que ce cercle tienne solidement «n sa place, on fera la portée un peu plus profonde au fond qu'à l'entrée, c'est-ii-dire , qu'au lieu d'un angle droit , elle doit présenter un angle aigu.- On laissera au bois une épaisseur suffisante pour ne pas nuire à b solidité du couvercle.
On tournera une espèce de mandrin, qu'on nomme Triboùlet , et quk n'est autre chose qu'un cône tronqué fort allongé , c'est-à-dire quiaille ~ en diminuant très-peu vers te bout On y placera un cercle d'écaitle, de diamètre convenable pour la portée, de manière qu'il y entre un pen k force. On coupera des deux côtés ce cercle bien droit , et Payant àté de dessus le triboulet, on le mouillera dans de l'eau tiède pour l'amollir un peu. On mettra dans la portée du couvercle un peu de coUe bien chaude , et surtout peu puisse. On y fera entrer le cercle avec précaution , de peut qu'il ne casse, et on aura soin qu'il pose très>exactement contre le bois, tout autour , pour l'y fixer bien solidement , et lui faire prendre la forme de la portée; on passera à l'ext-éFiéur un morceau de fer chauffé k peu près conune un fer à souder-, et on lui fera -fiiire plusieurs tours. On laissera refroidir l'écaitle, et enfin on tournera le cercle an rond, surtout à là partie qui doit appuyer sur la botte. On ôtepa le couvercle de dessus le mandrin; on le montera sur un autre mandrin, comme U seroit sur sai gorge , mais sans trop forcer, de peur que s'agrandïssaat il n'ait trop dfc jeu lorsqu'on le mettra sur la botte.
Il seroit bien plus naturel de le mettre dans an mandrin, de manière qu'il fût saisi par dehors; mais comme on ne peut le &ire tenir solidement qu'en l'entrant un'peu. de force , le cercle qu'on y a mis ne manqueroit pas d'être enlevé. On pouiroit encore le mettre dans un mandrin fendu, donl nous avons parlé ; mais à moins qu'on ne soit bien au fait de la manièrede travailler sur cette espèce de mandrin , et de mettre la pièce bien ronde et bien droite en serrant l'anneau, nous ne conseillons pas de s'en servir, quoique cette méthode soit absolument la meilleure.
. On choisira donc des deux méthodes celle qu'on croira devoir réussir le mieux- On fera une portée sur l'angle extérieur du convertie ; on lui donnera autant d'épaisseur que de ki^ur , afin que lé cercle Soit égal dessus et de côté. On fera cette portée encore plus anguleuse au fond que .b première : c'est celle qui fatigue le plus , puisque quand ce couvercle
,GoogIe
CHAP. III. SzcT. II. Faire une Botte doubtée en écaille. 299 tst un peu juste , et qu'on tente d'ouvrir la Ix^te , les efforts tendent à le •■ &ire sortir de sa place. On le fera entrer le plus juste qu'on pourra ; et on ^^- ^^ le fixera par le moyen que nous Tenons d'indiquet.
Chi placera snr le dessus da couT^cle un du plusieurs filets , selon qu'on le jugera nécessaire. Le mieux est de n'en mettre qu'un très-étroit, placé contre te cercle de l'angle , À une distance ^ale à l'épaisstjur du filet Cet^e opéiation est aaseï difficile : il fout fiiire lai rainure avec un bec-d'âne très^troit, bien trempé, pour qu'il ne plie pas, et par conséquent qu'il fasse la rainure bien nette , et un peu profonde : il fitut même avoir la main sûre pour ne rien gâter. On toamera sur le triboulet un filet plus grand qu'il ne faut , et c'est son épaisseur qm doit entrer dans la rainure. Il Êiut apporter beaucoup de soin à régler - cette épaisseur pour qu'elle remplisse bien exactement la rainure. Quant au diamètre , il suffit qu'il excède oehii de la rainure, parce qu'on coupe le filet avant de le placer , et qu'il est &cUe de supprimer l'excédant. On collera le filet en sa place en aj^uyant sur toute sa circonférence pendant que ta pièce tourne. On mettra i une distance convenable du centre tels filets qu'on voudra, et au centre même on placera une mouche , en prenant les mêmes précautions. Quand ils seront secs , on les affleurera , et on polira le tout.
Pendant que les cercies du couvercle sécheront , on fera la même opération à la boite; mais on ne mettra point de cercles au haut de la boite, attendu que la rencontre de celui du couvercle , avec celui qu'on y roettroit, doubleroit le champ, ce qui feroit un mauvais effet, à moins que les deux n'eussent que la valeur d'un seul.
Quant à la forme extérieure des boites, nous ne pouvons donner aucune règle , parce qu'elle varie continuellement , et est soumise à l'empire de la mode.
En décrivant au second volume les machines excentriques et épicy- <^oïdes, nous donnerons les moyens de faire des dessus de boites ornés de filets entrelacés d'nne manière fort agréable.
Assez ordinairement on met sur ces espèces de boites une teinture qui , «n pénétrant dans les pores , et surtout dans les petits intervalles que chaque excroissance laisse entre ses voisines , ajoute au jaune naturel au buis une couleur qui fait sortir les jeux que la nature a prdduits. On peut y mettre du rouge , du hieu ou du vert , ou encore mieux de la terre d'ombre, qui ne fait que foncer la couleur naturelle à la racine de buis. Mous donnerons ailleurs la manière d'employer ces teintures ;' et pour ne pas nous perdre dans une infinité de digressions qui nous écartent de
3op MANUEL DU TOURTfEUR.
s:^^^— nôtre sujet principal, nous nous contenterons de. dire- qu'on fronve dau» Pl. 33. le magasin indiqué toutes ces teintures dans des âaoons , prêtes à être, employées. On mettra donc , avec un pinceau , pour ne se pas brûler le» doigts , attendu que la plupart de ces a>uteurs s<Mit dissoutes à l'acide vi- . triolique , une forte couche de telle couleur qu'on voudra : quand elle, sera par<ement sèche , on mettra les cercles comme oousJ'aTons eDsei-> gné, et quand la boite sera terminée, on polira le tout par les procédés., indiqués précédemment , et on la brillantera avec un peu d'huile et de tripoli : il ne restera de couleur que dans les fonds , ce qui lait un assez bel effet On pourroit même mettre une couleur foncée , telle que du bistre ,qui, en brunissant la boîte, fait ressortir agréablement les veines du buis. -
Nous avons commencé le travail sur le Tour en l'air par une boîte, afin de procurer à nos lecteurs le plaisir défaire quelque chosed'agréable: peut- . être n'y réussira-t-on pas du premier coup; mais il sera toujours à propos de s'exercer à toutes sortes d'ouvrages.
Assez souvent, lorsqu'on tourneauTourei^rair une pièce nn peu longue et mince, qui seroit trop foible, ou qu'on craint que le bout ne conserve pas assez de roideur pour qu'elle soit toujours au centre, ce qui lait brouter l'outil, on fait au bout, avec un grain-d'orge, un centre, auquel on meti une poupée à pointe; mais, quoique les poiqtées du Tourà pointesidoivent . être au centre de l'arbre du Tour en l'air, on en a le plus souvent une plus légère et plus commode que les deux qui servent habituellemepti
Cette poupée n'est autre chose que celle à lunettes , à laquelle on ajoute une pièce de bois a,fig. 1 1 ,dans l!épaisseur de laquelle passe une pointe à vis qu'on avance et qu'on recule à volonté. Par ce moyen on ménage une poupée , dont la multiplicité ne fait qu'embarrasser, et on est à portée de varier un peu le centre si l'on en a besoin.
On conçoit bien que le manche de couteau en colonne torse est beaucoup plus aisé à Élire sur le Tour en l'air que sur le Tour à pointes. Le mandrin .sur lequel on monte l'ivoire étant plaoé daus un autre mandrin ^ on n'a plus qu'à le soulager au moyen de la petite. poupée & pointe. Les torses sont plus faciles à laire, l'ivoire plus aisé à perceT^le bouton du bouft . peut sur ce Tour être orné de quelques moulures, et surtout n'avoir aucune marque de centre. Il en est de même du morceau de btns sur lequel on met l'ivoire pour monter le couteau. On. peut. avec plus de)facilité le rendre propre à la place qu'il doit occuper, en étant insensiblement du bois aux endroits où l'on juge que cela est nécessaire
Il en est de même de la plus grande parUe des pièces dont nous avons
CHAÎ*. HT. Sbct. IIL Poupées fendues et dôat€a,ête. 3oi
composé les roaets à filer, les dévidoirs, et autres petits ustensiles dont=;^=a nous avons parlé en enseignant à travailler sur le Tour à pointes. Enfin , "" **• la commodité de ce Tour est telle que, quand une fois on a coramencé à s'en servir, onr^rend dilBcilement le Tour à pointes, si ce n'est dans des' cas où on y trouve plus de facilités , comme quand la pièce est un peu forte et un peu longue.
Ce n'est pas qu'on ne puisse tourner en l'air des pièces longues et minces : dans ce cas , on se sert de supports , tels que nous en avons parié précédemment, pour empêcher que la pièce ne fléchisse; mais la méthode que nous avons «enseignée pour le Tour à pointes ne pènt être employée au Tour en l'air, puisqu'il n'y a pas de support auquel on puisse l'attacher: 4ans ce cas, voici la manière dont On doit s'y prendre.
SECTIOK ni.
Ptn/pées /cndués éi à ctdes mobdlês pour souiinir les Pièces longueâ €t minces.
Oir aura deuïc Ou trois poupées propresàeontenir des cales, â la hauteur nécessaire pour soutenir la pièce pendant qu'on ta tourne, et voici com-' ment ces poiipées peuvent être faites ; etiei ne ressemblent pas à celles qtie nous avons déjà dé<cr(tes.
La Jig. Il représente la poupée. Elle est fendue dans prtôque toute sa( longueur , à l'épaisseur de la cale, qui est de quatre Ou cinq lignes ; une Vis dé bois' à forte tête passe dans son épaisseur; la J)artie a porté Fécrou et celle b un trou- lisse à la grosseur extérieure de la vb. On sent à l'inspection de la figure que, quand on tourné la vis, les deux mâchoires de la poupée s'approchent OU s'écartent l'une de l'autre, et pressent la cale^ ^.' i4^ â laquelle est une «ncoche où est retenue la pièce qu'on tourne. On a représenté , '^. 1 3 ,' la même poupée vue de face , et la cale tenue enplace. On peut mettre snr la longueur de la pièce deux ou trois poupées pareilles, selon que le besoin l'exige.
Arins|ïection de la figure, nos lecteurs penseront peut-être que cette poupée ne peut être fixée à l'étaMi que par un' coin , et se rappelant ce que . noui avons dit des inconvéniens de cette méthode employée par tes tourneurs énouvrages communs , tels que le bruit, l'ébranlement des planchers, serAntsurpris de voir que nous la proposions ; maïs il y â un autre moyen de fixer cette poupée à l'établi, moins solide à la vérité que le coin, mais
3oa MANUEL DU TOURNEUR.
s=ss=as qui sufBt, parcç qu'elle .n'éprourç pas un graiaid effort On fera une def , V*^ *- ■ fig- 1 5 et. 1 6 , d'une épaisseuF coBveoable pour l'entaille où elle doit «ntrer , d'environ uq pied de lo&g, ayant une tète , à l'une àe ses extrémités, au milieu et «ir le cban^ de laquelle est un trou taraodé pour une tîs d'un pouce.au niioin& j^n de$.sus de cette clef, est une semelle de bon bow a, fig. i5 , de la même forme que la clef, et fixée sur elle par le bout étràit,' au moyeo.de quelques ctotis d'épiiigle. Cette semdle ^t les fonctions de lardon. Oa mettra la clef dans l'entaille de la poupée ; on serrera la ris , qui presse la semelle , contre le dessous de l'établi , et bit descendre etL même temps la clef ^ et de cettf manière la poupée se tsoave fiaéesan» effort et sans bruU.
Cette méthode est fort bonne,, même pour des poupées à pointes, s» l'on ne tourne pas de fortes pièces; à plus forte raison est-elle avantageuse lorsqu'il ne s'agit que de fixer des poupées à cales.
On doit avoir soin de laisser beaucoup de bois à la queue de la poupée, en dessous de l'entaille pour qu'elle puisse résîstçr, tant à l'efSn't de la vis qu'au mouvement des deux m&choiros , qui tend à fendre le bois.
.(^as^a On peut encore faire ces poupées d'une manière plus commode ^fig. i , Pl. 35. a, 3, PI. 25, en ce qu'elles- ne sont pafi aussi longues, et qu'on n'a pas à craindre de se heurter le genou en élevant la marche.
ha. poi]q>ée n'a pas la queue phis longue que toutes les autres : on la fixe sur l'établi avec une vis à la romaine ; et même, comme elle ne doit pas être serrée très-fortement, il seroit mieux de la fixer avec tin écrou à oreilles , semblable à celm du boiilon du support : cette manière est infiniment plus commode pour ces poupées, qu'on. est souvent obligé de déplacer; mais dans ce cas il faut que le boulon soit fixé dans k poupée même; et pour cela on fera laire au haut de la tige un trou de a ou 3 lignes de diamètre qui la traverse oatièrement; on fera dans le tenon de la poupée nn trou juste à la grpsseur du boulon ; on posera ce boulon gur la poupée pour j^ger à quel endroit il £tut faire un bou qui corresponde à celui pratiqué à la tige. On peaxera donc ce trou dans toute l'épaisseur du tenon , i la grosseur de.odut fait à la tige, et même un peu plus fort du côté de l'entrée. Cta mettra le boulon en place, et on cherchera avec l'ceil l'instant oè les trous se correspondront : on y chassera une broche de fer de grosdeiv sii£Ë«ante, et qui aille un peu en dimirnuant par un bout , afin qu'elle puisse entrer plus aisément. On la cou-! pera à Qeur des &ces de la poupée. Il est clair c[ue le' boulon ne doit
, être taraudé qu'à la partie qui excède la poupée , et que le surplus n'a
CBAP. III. Sect. III. Poupéea fendues et à cales , etc. 3o3
pts besoin de l'être. La tête de la ponpëe sera composée de deux ptices , a
dont l'une est mobile sur l'autre, et s'ajuste dans l'entaille-, et comme *^'" ^*" Mtte pièce a besoin d'avancer et de reculer selon qu'on serre -on qu'on liche la TÎs ,* et qu'elle pouiroit se déranger , <fn plante dans la poupée deux petites chevilles de bois qui entrent dans les trous pratiqués à la mâchoire mobile. Cette michoire est percée à k grosseur du boulon , et la poupée est taraudée comme on l'a dit De cette manière, Ift cale est saisie, comme eomme on le voit jtg-'^- Nous pensons en avoir dit assez pour bire sentir la structure et l'usage de cette poupée.
On peut juger, par la manière dont les pièces sont mises an Tour «ur des mandrins , de la facilité qu'on doit éprouver pour faire toiites celles dont nous avons parlé , en traitant du Tour à pointes. Ainsi la sébille destinée à recevoir la pelotte de fil , qu'on à mise au dévidoir , se fait sur le Tour en l'air bien plus facilement II ne s'ï^t que de mettre très-solidement en mandrin la pièce qu'on veut tourner, suitoutai elle doit éprouver un certain effort. De cette manière on- pourra la creuser, «l lui donner ensuite ta forme extérienre. Mais dans ce cas, comme dans une infinité d'autres , il faut terminer, ou au moins d^rossir de très-près les parties d'ua fort diamètre , avant de diminuer trop les petites , surtout si c'est la partie par laquelle la pièce tient au mandrin ou au noyau. Ainsi l'écuelle ou sébille étant d'an assez grand diainètre, par comparaiscui au tencm qui doit entrer dans ta croix, si l'on mettoitce tenoaà sa gràsseur, avant d'avoir creusé et terminé extérieiirementj'éoielle, on counroit risque de ne plus tourner rond.
Il est des cas où fa nature de la pièce qu'on tourne ne permet pas de prendre cette précaution : c'est à l'industrie de l'artiste à y remédier; si la pièce étbit un peu longue et très-menue, on pourroit fixer sur l'établi différentes petites potences , et y attacher des crins ou des soies , qui de distance en distance, entretinssent la pièce dans son axe, dans tous les sens. C'est ainsi qu'on tourne des pièces délicates , dont nous parlerons dans la suite, et qu'on admire dans les cabinets des Amateurs.
Si la manière que nous avons enseignée pour tourner le plateau du dévidoir a présenté quelques difficultés sur le Tour à pointes, elle n'en présente presque pas sur le Tour en l'air. Comme au centre de ce plateau il doit y avoir un écrou , on pourra le faire pareil au nez de l'arbre en se procurant un taraud du même pas dont nous avons parlé pour les mandrins , et alors on le montera tout simplement sur l'arbre. On pourra aussi le monter sur le mandrin de cuivre, fig. 9, PI a3, et l'y fixer
3o4 MANUEL DU TOURNEUR,
s par trois vis qiii entreront dans le bois en dessous du plat«àn, et pour faire disparaître ces trous , on pratiquera la rainure qui recevra le plomb:^ dans le cercle qui les réunit. Voyez d-rleasua^ page i38. Dans cecM comme dans le précédent, on fera la vis de la tige semblable au nés de l'arbre, et pour terminer le plateau à la surface. dé dessous, on le mettra sur l'arbre. Ou > pourra encore le mouter sur un mandrin de bois , ayant de!t crochets à vis à la circonférence du plateau , afin de ne gâter aucune des deux sur&oes. On pourra même le mastiquer^ et j /aire la vis du nez de l'arbre pour, monter sur lé Tour, afin de tenuner l'autre surÊice. Nous ne nous étendons sut* tous ces détails. que pour multiplier les ressources qui peuvent s'appliquer à une infinité de circonstances. ...
Il seroit bien plus commode de tourner cei pièces un peu fortes d'un mouvement continu, tel que celui que procure une roue; mais ce n'est pas encore le moment d'en parler, et nous nous accommodons aux cîrconstances dans lesquelles nous suf^sôns qu'est notre Lecteur.
Comme il y a quelques circonstances OÙ il est plus commode de tourner entre deux pointes qu'au Tour en l'air, et que rien n'est aussi désagréable que d'èfer sans cesse ce dernier pour remettre les poupées k pointe», beau, coup d'Amateurs jH^nnent le parti d'avoir un établi garni de ses poupées k pointes , et un autre où reste toujours le Tour en l'air. Mais comme il est possible que la place ne le permette pas , ou qu'on n'en veuille pas fiùre la dépense, on y supplée en ajoutant^ au nez de l'arbre Le mandrin à pointes idont nous avons parlé dans le chapitre précédent , et en mettant k droite «ne poupée à pointe ; de cette manière on aura un Tour à pointes sans déranger îe Tour en l'air.
CHAP. IV. Faire des FUdeioute espèce. 3o5