CHAPITRE IV
Diven Procédés pour faire des Vis de toute espèce.
Vj's n'a communément sur un arbre que cinq ou six pas de vis, qui sont P^- ^• loin de suf&% pour une infinité de circonstances où l'on désire d'en avoir de plus fins ou de plus gros, et de très-rampans: ce qui s'obtient en multipliant le nombre des filets. Voici comment on peut se les procurer.
On fera fondre une douille, ou espèce de tuyau de cuivre,' de deux ou trois pouces de long , sur un pouce ou quinze lignes de diamètre extérieur , et de trois ou quatre lignes d'épaisseur, de manière que son diamètre intérieur soit un peu moindre que celui de la vis qui est au bout de l'arbre opposé au nez. On pourrait aussi former ce tuyau d'un lïiorceau soudé par les deux côtés, ou bien le prendre dans un morceau plein qu'on perceroit au Tour; cette dernière (^ration emporteroit plus de perte de temps, et surtout de matière.
Nous n'avons pas encore parlé de la vis qui est au bout de l'arbre , à gaucbe de l'artiste. Autrefois elle étoit toujours dans un sens opposé à celui de tous les pas de l'arbre, c'est-à-dire qu'au lieu qu'à toutes les vis il iaut tourner de gaucbe à droite pour les serrer, et de droite à gaucbe pour dévisser, à celle-ci c' étoit le contraire ; cela s'appelle une vis à gaucbe. Ces espèces de vis sont d'un très^rand usage et d'une grande commodité dans la Mécanique et dans les Arts; et pour prendre un exemple bien femilier, des quatre écrous qui retiennent sur leurs essieux les quatre roues d'un carrosse, deux sont à gauche et deux à droite. Pour peu qu'on y réfléchisse , on sentira qu'il Ëillait que cela fut ainsi. Lorsque ta voiture marche, les quatre jroues tournent dans un mérae sens ; or , des quatre , les àtat à droite du cocher tournent dans le sens d'une vis ordinaire, et les deux à gauche dans un sens (^posé ; et comme le bout du moyeu touche sans cesse contre l'écrou à chapeau qui le retient, les roues de la droite tendent à serrer leur écrou , et celle à gauche à le desserrer. U seroit donc possible qu'aii bout de quelque T. I. , 39 *
3o6 MANUEL DU TOUITJÏEUR.
__ temps les écrous de la gauche sortissent de leur place, et que les roues Pi.. a5. quittassent aussi.Hi ïeur an grand' dsnger des personnes qui sont' dans la voiture. U a donc fallu mettre à gauche des vis à gauche qui tendent k se serrer par le mouvement dœ roues.
Dans la mécanique, il est souvent essentiel de mener deux roues par un même moteur; et si ce moteur est lui-même une roue, un pignon, ou une lanterne , il est clair qu'une des deux roues tournera à droite et. l'autre à gauche; et que si à ces roues sont fixées des vis de pression ou autres, l'une montera tandis que l'autre descendra, ce qui est contraire au besoin de la machine. Cela a particulièrement son application dans un laminoir, où il est de la plus grande importance que les cylindres , en s'approchant ou s'écartapt l'un de l'autre, consarvent^ua. parallélisme exact;,. pour: donner . aux matières qu'on lamine, «ne par&ttie égalité d'i^>aiweur fiicstidonc essentid, non-sealenient qu«'lie»deux.vîft.qi».preseent3tu>teur9-collcÉs-dc»« cendent'OU montentégatement, maifrqtt'eUcs^soicHtimies par W meuTement dHine n»uedenté« qBiengrènedass-deuX'auttes, dontchao«ie«st; àla tête d'une des- visi
Mats pour faire oe» s»rta»4le vis, ilm'sse'pas-necessaàre.qae le pas. de d^rière soit à gautibe, puisqu'on pent montierdewus-dti manaboos à l'aide desquels on peut Etire toutes-sortes'dievts- tant i> droite: qu'à gaacfae. D'ail* leurs on. fait assee souvent un ■d<M'pas-die l'arbve à^aucbet
On se fera une petite peiupée qni aille presque jaste sous la'Tisrà.gQacli« de l'arbre, ^5. 6; on peut même adapter cette poupée à cette du Tour, an moyende quelques \4s abois, ^. 7; Bwi»la poupétts^aréeestiiofiatMeut pins QQfnroede et ne gâte pas te Tour.
Au haut de cette penpéfr^^. 6, et dans une prt^Dnde niinvre, est une déf de^boi»£lxée-con^ecetlesdu Ibiv» au mc^en d'une. ge«pilte.ConMM là poupée est tmmobite-quend'onlère' la clef <r, ctq«'eii'la>>niaiiitient en cet état au moy«i d'un coin niie- desse>u» , il est eleir qse, si 1» vis est à gaticbe, Ftlrbreidbït avance* et reeirier en sens eoBtraire aaui- autres vis ; mats comme le premier mouvement qu'il éprouve est de veoider^ à ila différence des autres vis où it avance', et qu&l-'nnbâse dunes dedlariirc est, quand un toiime rond, tout'conAc la pot^^é* de devant, il est oéccseaire de le faire avancer- de tout^cedMittl doit rec«ler«taDtideJever la dsf. Ordinaireni«nt oane-lève la def qu'après avoir btùseéltt/pédale qui; ea remontant, fait reculer l'arbre de re^Mcenééessaifepour'lBcoDree.
Mais avant d'en venir à- cette opération j on aura reoda l'intétieur d« la d^uuille parfaitement cylindrique , en la saisissant par son eMtérieur dans
CHAP. IV. Faire âet f^ia de touteMpèce. ^oy
un mandrin , et on lui laissera la grosseur nécessaire pour que le pas qu'on m y fiera «itre juste «ur la vis à ganCbe. On prendra, pour'fetre cet ^rou, un ' peigne conTeDable; -c'est toujours un de ceux qui vont aux pas qui sont sur l'arbre. ,
On Âtera de ^tonq» en tempe le mandrin de dessas le Tour , poor essaj'er si la vis prendlïienvetqDand on le remettra sur le Tour, on aura soin de .levissBr au p«int où il étoit; car, quelque par&it que soit im arbre, quelque eiœrcé qnesoit i'artisie , quelque rond que soit l'ouTTage , fl est difficrle de démonter un mendrin et de le re^flaoer sans que la pièce n'éprouve qudque dérangement ; cda provient âe ce que le^ efforts multipliés de l'outil -tendent à -serrer le mandrin contre son emMse bien pins foi'tenient qu'on ne peut 4e 'fiiire avec la main -en le remontant, il est bon deiaire sul* le cbamp de'l'embàfie, arvec une lime tiers-point, un trait fin, mais assez profond ponr^qu'il-soit visible ; et quand on tonme quelque pièce qui exige une grande régularité, on fait sur le mandrin, et vis-à-vis la marque, une antre marque ou r^ère trèa-6t) , pour pouvoir, en cas qu'on ôte la pièce de dessus le Tour, la remettre au même point.
Quand cette douiHe sera parfaitement ajustée sur la vis'de deirière, on l'iôtera du mandrin , on la mettra k sa [dace ; et , transportant le snpport de ce côté du Tonr, on la tournera bien cylindrique, sur Tarbre même; on la divisera en autant de parties qu'on voudra avoir de pas de vis difiîérens , et on fera à Textrémité de chaque division une gorge pour les séparer; après quoi on traceia sur un papier le ligne a, 6,^. 8, égale à la longueur de la division où 4'an-se proposede tracer un nombre quelconque de pas de vis , comme quatre , -citiq ou six , selon qu'elle doit être plus ou moins rampante. A. l'extrémité o, on élèvera la perpendiculaire a, c, égale au développement de la circonférence deladonille, c'est4-dire u n peu plus de trois fois son diamètre ; puis du point & , et dn point c , on abaissera les perpendiculaires c, d, &, (2, et on aura le parAllélogramnie rectangle Oj c, tf^ A. Ce parallélogramme doit enveloppeT exactement 'la circonférence de la douîHe. On s'assurera de la régularité de son opération en traçant sur un autre papier le même parallélogramme , en le coupant très-exactement et l'appliquant sur la douille. S'il ne s'en faut que d'un tiers -ou d'une demi-ligne , on pourra s'en contenter, attendu que rtramidité qn^on va donner au papier pour le coller sur ïa douille , le dilatera k peu près de cette quantité. On divisera ensuite la Itgnen^ b, enautantde parties égales qu'il y a de pas dans ■sa longueur : ici nous avons supposé qu'il y en a cinq. On portera la même division sur la ligne c ^ d, et des points e c ^ if, h g/l A , 6 m , on tirera
3o8 MANUEL DU TOURNEUR.
^^ss^ ' ^^ parallèles qu'on voit sur la figure ; on taillera , suivant cette divisioa' Pl. aS. un peigne qui servira pour terminer la vis ; ensuite on collera avec soin le parallélogramme sur la portion de la douille où l'on veut tracer la vis, de manière que les points a, c, b, d, ainsi que tous les autres, se joignent parfaitement; et pour que le papier ne se détache pas quand la colle sera sèche , on fera auparavant sur la douille , avec une lime bâtarde , quelques traits croisés. Quand le papier sera sec, on suivra, avec une lime tierft^int, et le plus exactement possible, depuis le point c, jusqu'en e, et l'on arrivera au point b, ce qui donnera la vis qu'on vouloit avoir. Communément dans cette opération le papier se détache, et l'on a peine à suivre la ligne; mais avec un peu d'attention on en viendra à bout Lorsqu'on se sera assuré que les traits sont sufBsamment marqués, on ôtera le papier, et l'on pourra suivre aisément à l'œil le pas qu'on vient de tracer , qui doit servir de guide dans l'opération suivante. Puis avec un tiers-point un peu rude, on fera un fort trait partant du point n , placé au milieu de la ligne a, c, de manière à former une rainure triangulaire , dont les deux angles supérieurs suivent les lignes ce, if, etc. , jusqu'à l'extrémité de la vis au point o, prenant bien garde de ne pas prendre d'un côté plus que de l'autre, et de ne pas pefteher le tiers-point à droite ni à gauche. On approfondira ce trait jusqu'à ce que le tiers-point touche exactement, et dans toute leur longueur, les lignes qu'on a marquées d'abord sur la douille; et pour ôter les petites inflexions ou jarreta, que l'inexactitude delà main peut avoir laissés, on fera aller la marche un peu précipitamment , et chaque fois qu'elle baissera , on poussera la lime , afin que par la vitesse , les inégalités se trouvent sauvées. On présentera le peigne pour achever de rendre le filet bien coupant à son sommet, et ayant mis une clef neuve à la poupée , on verra avec satisfaction Tarins courir suivant l'inclinaison de ce pas. Malgré tous les soins qu'on peut porter à cette opération , il est rare que les pas de lavis ne jarretentpas.en quelque endroit. Pour corriger ces inégalités , il faut avoir une poupée dont la clef soit placée verticalement , et presse le pas.de vis du côté opposé à celui où on présente l'outil ; par ce moyen le pas de vis est contraint de marcher entre deux points fixes , et le peigne enlève toutes les petites inégalités sans attaquer le reste.
Il est aisé de sentir que si , au lieu de tracer les diagonales dans le sens où elles sont, on les eut tracées en sens contraire, comme de a en/, de e en g, et ainsi de suite, on auroit eu une vis à gauche. U sera donc à propos, pour le besoin, de :&ire sur chaque douille le pas. à gauche, à côté de celui à droite; par ce moyen, au bout de quelques années de
CHAP. IV. Faire des fia de toute éepèce. 3o9
travail , le laboratoire se trouvera monté d'une collection de vis d'autant plus précieuse, qu'elle sera plus complette.
L'opération que nous Tenon» de décrire n'est Êicile que quand la yis ,est.un peu grosse; maïs lorsqu'elle est fine, elle devient, très-dtffîcile et ^très-minntieusé ; et comme en pareil ca», une lime t)rois carres ou tierspoint caché le filet qu'on trace , on se servira d'une Urne à fendre , ou d'une lime en couteau. Far ce moyen on s<uivra beaut^t^ mieux le trait
L'industrie s'est exercée avec succès pour procurer à-l'art des moyens pnunptset sûrs pour &ire des vis de toute espèce: Le previier , sw lequel toutes les machines qu'on a construites sont faites y est celui de la machine à tailler \»s fusées, 4}u'on peut voir dans le Traité sur l'horlogcvif! de Thiout, volume in-^" , très-c«rieux et très-instructif. C'est un cylindre qu'on monte sur la machine , qui tourne en même , temps qu'il avance plus ou moins, selcm le-plus ou moins d'inclinaison d'^ioe pièce qui le £iit avancer. Cette indiu^ison- est déterminée en un instant à la volonté de l'artiste;, de sorte que calculant le nombre de tours. que faitl* c^indrç dans un espace fixé dont il avance, on est assuré du nombre de pas qu'il doit y avoir dans cet espace. C'est ainsi que pour des Instrumens précieux paur les mathématiques, et surtout pour les diviseurs exacts, on est parvenu ï Ëiire dix et même douze filets par ligue. Si l'on suj^Mwe que l'outil qui trace le pas es^ fixé' tres-soUdement vis-à-vis du cylindre, il. doit l'entamer et tracer la'vis qu'on a déterminée.
Supposons donc, pour en revenir au Tour, qu'on place derrière l'arbre (c'est-à-dire au bout à gauche) une poupée qui porte un plan inchné,, dont on puisse graduer à volonté l'inclinaison , que ce plan glisse perpendiculairement dans une coulisse bien faite, et que. le moteur qui le détermine à descendre soit le même que celui' quj fait tourner l'arbre, c'està-dire la marche, on pourra faire avancer plus ou moins cet arbre, et par conséquent la pièce qui est montée dessus, dans un nombse de toursdéterminé, puisque c'est ce plan incliné qui pous^ l'arbre. ' ,
Mous ne prétendons ici donner que des notions générales- pour satUfoire ceux de nos lecteurs qui pourront donner carrière à leur.imagi^tion , et construire une pareille machine, d'après le peu d'idée^ que 1a marche que nous nous sommes prescrite nous permet pour l'instant de , leur indiquer. On U-ouvera une machine de cette espèce,, décrite dans l'ou- .vrage du père Phimier, page ^^S.
Pour ne laisser rien à désirer à nos lecteurs, nous croyons devoir leur donner ici un moyen très-ingénieux de faire en un instant tçlie vis qu'il
»lô MASUEL DU TOURN'EUil. '
^-^^^lenr plaira. On fera snr le nw ide l'arbre un cylindre-êe bois oo de cnirre, ■1*L. -«f. j^, g, et oo y percera un trou carrë-long a, qu'on' puisse 'fermer a+ec une clef de ii»£me métal , en forme de com b , qui y soit ifixëe solidement. On 'pucndra Un fil de fer'de la grosseur d'une moyenne corde'à boyMi à archet On mettra & côté -àt es premier fit autant de fils Ae fer ^beattooup plus fins qu'U en £àudra poor pempUr rintervalte 'qu'il doit y Savoir «ntre -les -filetB de la vis qu'on veut &ire : puis glatissant le bout du gros fil à la grosseur des petits, on les ppendra t* fixera tons par leurs eatrét»)MS', bpis-s<^idement dans rentaille , à l'aide de la idef dont nous, avoas parlé; de nnanière qu'on soit assuné que tous ce^ fils ne pe.uvent sortir de leur placé. 0(i «nreloppera le cylindre de ces mêmes Ma dansila disposition on ils «ont, C'est-à-dire qu^ntre cbaque gros fil, le même Jionibre de petits se trouve toujours. On fixera de même l«s autres bouts, en les ^isftvt entrer de force 'dans une autoe moitaise e, «n sorte que Tien ne puisse-les déranger. Le cylindre étant irinsi dispo^, on ie moirterasur le 'nez. de* l'arbre; et fitisant prendre ^e- gros --fit dfttfs la clef, ir«st clair ique Tarl^Fe devra avancer et reculer , suivant Tinclinaison qu'on lui aura do«nëe , et cette ineliuarson d^end absolument de la volftnté de l'artiste, pnisqu'en variant le nombre de fils , elle pewt -être p4ns «u moms grande. ÏM fig. Q donnera une-tConnoissance suffisante de cette métbode. "Staon le cas où on vondroît pratiquer plusieurs filets à une vis pour )ft vendre plus rampante sans en altérer la selrAité, ou sans' la gvossir d'nne oiamèpe disproportionnée avec sa longueiw , il feudroit mettre ptusieuiv ^ros fils espacés entr'eux par »n nombre déterminé de petite fiSs, et «n envdopper le cylindre «omme dans l'opération précédente.
Oh mettra la poupée à def sous le cyHndre, on (en prendre 'bien cxactementle gros fil sur une -d^nenre; et, transportant lesuf^MïTt dernère le Tour , on tracera sur la douille avec un grain -d'orge le pas que le cylindre procurera. On sent bien tjn'H n'est pas possible de -se servir d'autre outil que d'ungrain-d'of^e, jt moins qu'on ne taille tm peigne dont les Jents se rapportent exactement à la distance qui sépare les révolutions du grosfiî; sans cet accord , une pairtieda peigne détruit te que fantre fait.
Dès qu'on aura ftraeé les pas sur la dmiiïle , on n'aura plus besoin du cylindre , si ce n'est pour laire le pas à gauche , en tournant ies fils en sens inverse. Comme on peut avoir souvent occasion d'employer ce cylindre , il sera bon de le conserver avec les fils de fer.
Nous n'avons' rapporté cette méthode de feire toute sorte de vis.
CHAP. IV. Faire des Fis de toute 0^èce. ^lî
que pour ne rien \ùta«a k déAirev , et. afib qu'une idëe ingéoiouse pût «BaH^ ea fi^BB-naitre-de plu&'ingéiùeuseft *u<]ei«. Pim »5.
Si l'on vouloit ne pas faire prendre la clef dans les fils qui sOBtfiur k< ojH lin«lre,4ep«ttr.qu'iJa'ne se dévangeBli, -on-peumoit, quaud oh eaa Ëiit S ou 6 toursy ne fixer que le ^ro«- fil trèsrsoiUdcmectt et: trèfr^er^, et laiaserallCT Loua les-petat»; pui» prenEtfttube Lime ji couteau^ oasaivroit en appuyuit- lé^èvemEnt eontre le fil, et eatftauMt U- c^liadte^ La vissa trouvwa bientôt tnoée pitf ce mojeo, et aprè» l'AToûr «{iftroiïmdie à-la main-, on opérera sur la'douiU*dâ>Tière.lWbre, comaK aoMs l'evDD» dit plus haut<
Le»'niétbodte-que nou» avons efttei^ies.jusqu^ct ee sOBtaj^eaUes qu'auTour en l'air. Mais-il j.a d'autse». moyen» de.seproourwdes vt» très-fines, de tout disHiètre, pour^lafili^ dodble. Le6-ou.v«ierset {^incipaiement ceux qui n'ont pas de Tour, se contentent de faire, sur uanu^-i oeau d'acier, avea une liane convenable., des fiWtft , le pliu égauX'.qu'il leur est possible, apcès qvoiiilsftknt'sur'la'iâD^euf du.(aiaad.l;tois>ou quatara eauDeluras peitfr le reodre plus coupant. Us- trempent ousuiteee ttraud, et le font passer entre deux coussinets, nos tEecnpéfr'et.MbhraesaïU.cfaa^ cuB tftt tiers de la circonférence du cylindre q^i porte le» fiUts. Qu'emploie pour cette opévation la méthode q^e nous avoofi eoseïg/iéa plus Kaut peur tarattdfH- à k filière. Qu^ue- soin qu'on ait sq^jv^irtéà faire les fiietsr. égaux et r^uliu^, il a'estpas. poaeible qu'Us.' n'aient encore quel' ques' irrégularité, seît: pour la profondeur, soit pour l'épaifseur ou le rampaol. Mats oesivrégularikéfi b* sampiiotent ^s dans Ick coeseisetst puisque chacun des filets passe dans tous ccuk des'coiusinets. U faut seu< lenent.prendm garde de œ pa» laisser aux:fîlets dutaraud des'aspérité» ttop satlUntes; aar ces abrités,. s'iwftriiBanl.danc les pas du coussinet , détocberoicDt trop d«. matière aux dépADs des filets re&tans -, et la vis qu« ces pas rf^preduiroWnl , auroitnécessaifemeiit P^ de .plein -que d« vida, et pnr conséquent I«» filets tr<y. épais.. On piatique'eosuite à (chaque cousaioefe une (»i deooi.éduuicrufve pour le même usage <p;ie celles que nous 'avons recoeanMmdé de Mresurle tarauda On trempe le» deux^ousst Bcts:, puiS'On y paBsetuk taraud d'oeiâr donx, qui prend exactement leur empreinte, et donne une vis assez régulière. On termine) à la loupe, avec unelimeàooutcan trè»-fioe, tou« Ies.p0s, enldui* doonanlplus de jv'ofondeuTf s'ils en ont beseîii ; et pour cette opéraUon ,ilseraà.propos de mettre le tanuad sor un Tdop d'horlùger avec un cuivrot , puis , le faisant aller et venirâTec l'archet, on feni.de même aller ctwenir la petite lBne;'enfiii;^ on
3ii MANUEL DU TOURNEUR.
i. ,-iiULue bvmpera ce taraud , avec lequel on obti«idra de nouveaux coussinete , où Pi. a5. j,^ ^^ reproduiront plus les irrégularités qui pouvoient se trouver dans les premiers. '
Rien ne gâte autant Tacier que -de le tremper et détremper sans cesse : c'est pourquoi il vaut toujours mieux prendre de l'acier neuf. C'est par cette raison que l'nsage de quelques ouvriers d'employer pour des coassînets de vieilles limes d'Angleterre , ne vaut rien. Ils pensent que l'acier qu'on -emploie à cette espèce de lime, -étant le meilleur, ils ne peuvent mieux faire -que d'en former des coussinets, des burins et des ciseaux à £roid. L'expérience a démontré que cette pratique est vicieuse , parce que l'acier des limes ayant été trempé très-dur , on ne peut le détremper sans altérer beaucoup sa qualité. Il est cependant une infinité d'oittils qu'on peut faire avec de vieilles limes , en les forgeant avec soin , comme nouf Le dirons ailleurs.
Puisque nous en sommes à parler de la manière de faire des vis, en voici une très-ingénieuse peur en &ire sur-le^^hamp ; à droite et à gaucbe , selon le besoin, avec Içs mêmes coussiD|ts, et dans la même filière; ce qui donne absolument le même pa«.
" On tournera sur un Tour d'horloger un cylindre d'acier de la* grosseur dont on a besoin pour en faire un taraud , mais on le fera parËiitemeiït cylindrique dans toute sa longueur. On fera sur ce cylindre, soit avec un burin , soit à la lime à fendre ou en couteau , ou mieux encore avec un peigne une certaine quantité de filets circulaires , également écartés les uns des autres autant qu'on le pourra , et d'une même profondeur. On trempera cette espèce de taraud.
On se procurera une filière en cuivre, ou en fer , Jig. i, Pî. a3, dont les rainures soient beaucoup plus larges que l'épaisseur des^cou»sinets A; ceux qui doivent nous servir n'ayant pas de languette. Oti aura soin que les deux joues de chaque rainure soient assez épaissespoar qu'on puisse y pratiquer les écrousqui recevront les huit vis dont nous allons parler. On divisera la longueur des rainures a, a, en deux parties égales , à chacune desquelles on fera deux trous à une joue , et deux à celle opposée. On taraudera ces trous et on y ajustera des vis à tête de lentille.
C'est au "moyen de ces vis qu'on détermine et qu'on fixe l'inclinaison à donner aux coussinets , par rapport au plan dé la filière , et respectivement de l'un à l'autre. Mais comme il ne suffit pas de tenir ces coussinets inclinés l'un à l'autre, et qu'ils doivent 'avancer dans la positicm' qu'on
CHAP.' IV. Faire des ^iaàà toute espèce. 3i5
leur a doniuée, on miettra entre la 'vis' et le cDUMïnet de petites lames ^xaessr d'acier, qui étant peraUèles enti-eeUes, retiendroAt lécoteuineten luiper- ^i" ^ mettant de glisser quand od' taraudera, t ' . >. ■ ; ,
Oa fera plusieurs paires' de coussinets y qui 'aillent juste' dans la filière •an^'baUotter, et tfui cependant aient la- liberté- de s'îbcliber plus ou moins,- en parcourant la largeur dés raiouras. On les.écbancrera oonrenablement au taraud : puis les ajnnt .places dans la filière parallèlement au plan du châssis, -et en ligne droite-^ l'un par rapport & l'autre , on jr passera; le taraud , qui, coqime op le'sent bien, n'y imprimera que de» . cannelures circulaires, et non pas une' vis. Lorsque les fiiffts seront biei» prçfohds'et bien nets, on treibpera' ,1e» coussinets '^vec soin , et la machine sera disposée à l'emploi qu'on en' attend.
. On mettra en place un-des deux coussinets : on le descendra juste auu dessous 'de -la 'jonction des deux laines d'acier , «^ on Tinclinera Ter» ledessous , d'une-quantité-sufifieante ,-oe qu'on appitendra^bientôt! par l'usage et l'expérienloe ; après qu«i où le fixera au moyen des qUatre -vis de pression y de dessus et' de dessous de la seconde moitié de la longueur du ch&ssis. On placera ensuite le secdnd coussinet , et on l'iDclinexa en sens inverse; on l'assujettira de même au moyen des quatre autres vis de la seconde moitiédu chàs8i& ' ■■■ ■ ,,■■■.,'
Si l'cm.f réfléchit ^.on.sentira-que l'ibclinaison des OMUsinets détermine^ le rampant des cannelures, et par conséquent belle d'itne vis, et qne.'êettè' inclinaison est à droite ou à gauche, selon que les coussinets sont inclinés, d'un ou d'autre oàté. Dans l'exemple que. nous' avons donné:,- ils donneront une vis à gauche : si on les- indine du sens contniiré,; ils en donneront' une k droite j mais îL faut que les pas se rencontrent , et c'est là' la seuledifficulté qui nous reste à aplanir.
La seule précaution qu'il y ait 'à prendre pour que la vis sorte nette de la filière, est de .tâcher que lés filets se raicontrenb >par&itemeat : car si' les filets qui ont oommencéà se former, dans'un des. ctAissinets sont dé-' truits par l'autre , parce que le creux des uns se rencontrera suc le plein des autres, il n'en résultera rien de distinct. Il sera donc k ptoi^os de pas-sa* dans la filière un (^lindre de cuivre, pour juger si Ton doit incliDer? l'un des eoDSsiaets en: dedans oii en dehors.. Encore .est-il .bonde remar-i quer, qu'en supposaKtque les filets <ne se rencoilbMit pas, ai l'on incline' en dedans ou «n debtus , lavisipeut éb%' également. .nette-, et que.ocpen-< dant elle n'est pas la même , puisque .dans un cas elle est plus coucte , et dans l'autre plus allongée , ou pour mieux dire , qu'elle sera à douUe ou Jt; :
T. I. • io
3i4 MANUEL nu TOURNEUR.
wammm WipW filet- Ceci va deveoirseositile. L'écartenaent det raimirea drciilaires ^'^ ^^ ^ns les Qowuœte ét»»Jt détcrmmé, l'mclinaisoDi ne peut éto"» que d'as ûlet pour que la vis se Ëisse bien. Si. ocAte iBcUnaisoiL est de deux filets.^ la Tts sent double;, ai ejUs «at de trbta, dis aéra triple : cneoieBe serait-on p98 siiw q«!«Ue: TÎtot nette. Cblte mtftbode.^ iafiniciBent ûa^ieuse , est doue SQJeiKe & beaucoup cle.difHcultés, qu'un grand eateDcice peut seul vjâucre.
Si l'on Tettt feire une vis à dvoîAe , aa ÎBclioeva les coussinets dans un aens.cpotnairei celui que noua wnons de pnesciôce ; mais on sera totijouis «ssuiné-qtKr las.itis.aenoatparlaitBmeBlégElesi, puisqu'«iie>niâiiM espèce de filet) kfl aura produltea J'uae et l'autra
11 est oatureL de penser queca qui a dtmné l'idée de la mâhode qutr nous -venons de rapporter, est ce qui airive; dansi une âiiéDeoù les cooaû* nets oat des pas uo peu fins ,^ et ne sont pasi bien fiaés dans leur tainure. S'il arrive le moindre ballottement^ les aammete des paade 1'\id dasooufcsmet» éta^t remontrés parle:fir«UKde l^utW!, Iw filets sonb séparés «a dmx , ^ l'on est touJb aupcis. de: voix aortin d'une. fiJiièae dont on. connolt lies filets, des pas de moitié plue fin»., mai&qiai n'en avancent paamoina vite dans l'éCKOu ^!aa. aurait &it avec un tarmd qui asisoiii doubl^ de
Il est une manière très-ingénieuse de faire des pas à gauche avec le tap> iftadàdn>il)edontiMLs.*e6tsfii:vi,oadêsvi&àdroitaavecun tarauda gauche. Qa ajuatcra dau.usie filière-dauble une paicçi de coHasioetb de cuivre f a^ a ., JSg. 6, Pti a3ï on.fiacmem aw un^oyliodj» d'jutier taraudé, ou sur uni taraud, trois,pan&bieu'mai)qués,-pui&on.le.b'cnspeca,eion.le fana revenir conyembltoMoA. On.faB:danBleeDuasitietiduLfbnd-<i,quiir!BSteiinn)oinle, untrou.di, deJ»inên>elbnKe,.etdepBndbuBauffîtante pour y&ire entrée le taraud. On 6tera ensuite le taraud de sa place ,.e£ on formera , avec nn«' l)j»frd««i-innd», ucepqrtian.da cende c, comme on le pratique à tous lt»coii98infits;,iaaiaqn.aur&soiii:.que, quaadle taraud sera dans «a plbce, se»' âkte 9uàismt d& touiisi leur saillie , et même nU' peu p^us', la sur&ce ÏDtéiieurQ dut.OBUfisinat, azrame où le voitsurla' figure. Ainsi oe preinier coussinet' dcM*. étrr aiaes large pour contenin te trou^A et le denii-cerde Ct sanaqne sa. ibroeeaB'Spîti diminuée. On placera- le- second couasinet^ a^ant auasii une^ piwtisn de» cercle c qui' correepoode patéùtMiieBt au premier, deinaotàve ^-embrasser eaacmbleleS'deastiersiduicT-Jindreqo'on' va.tanoiderj On,i»ettiajei>iplaee, letaraodarempé, u» des panavts^'via IC' f<Mid-dii ch&ssi». £n cet état, l'outil estadtevé; il ne s^t plus que de tanudcr.
CHAP. IV. Fain-fleê Tia de toute tapice. "3l5
On merttn le Cjf^ÎDdM d'soier , pr^tnré potir f»itt xm Wrtnxâ , en sx place ; «s-^— ^ on aerrera la tïb de la fiUère, «l on Faraudera. Si on -rcot "obtenir an pas k ^^ '5guu^ , Il &ut tourner k gauche , en ^lerant ligèwaieat Ift filière pendant te premier tour, de manièFe k jgagoer l'^tinsMur 'A'uB filet p6ur déterminer l'hélice. Ob SRtvFa la narohe contraire pcrur obteair uA pas li droite. U est aisé 4e sentir que les pas tto taniWâ>l*aciet- trempC <d«««eht t'impiimer -dans celui qui ne fest pas ; msis p(Air peu (ju'-on y^ T^flét^isse , on sentira que ce taraud doit être fileté dans un sens opposé à rtutre^ c'est-À-dire que si I'im est à gauche, fbdtre Tiebdrft ft 4Millî, et rCciproqueinetit : ^e piùs, on e»t assuré par ceUe «riétlûde dVvotr «taMele côéme pas, 4 qu^insi on aura toujours de séiAb)abl«B pM à droite et 4 gancha Vt. wm s'agit plus que d'aohew le «atriud p«up »ervir atl
Canune il «st vue (nfinîM 4e «îreenMWBOa» 4>i ToA a besoin et mettre •nr k Tour des piatetiix d'un assez grand dràtttèCK pour servir de mandrins, et 7 tourner des cArcles ou des cadrés; que la atétiiode que noas avons enseignée pour feire l'écrou qui doit aller tnir le nez de l'arbre est lon^e et fiitiganb^, il est lufiniment plus court et plus nftiple d'avoir nn tsraud seoibfeblQ au nez de l'arbre, jff^. (s, Pt i5, de l^re un trou dil diamètre du fond des pas avec une mèche à trois pointes , ecd'y passer ensuite le taraud. On évitera par ce ntOTen de lé mtTSter sur un mandrin ; naivil iiiut tarauder bien perpendicaïairem«nt au plalttari , k&a qn^ pose exactement cxmtre TembAse de rarbre-. îfotrs smms d<éj4 nfSiqué ce moyen tn parlant de )a roue du rouet à filer.
Lorsque le fUasHftré de la pièce qu'on toUme «st un peu grand , et qu'oik tourne i k perche ou^ i l'arc, le mouvement rétrograde de cette p^èce iM>prime à l'établi, et par conséquent an Tour, un tremMement qui 9e &it sentir sur Fourrage oiém^ C'est en partie pour y remédier' qu'on tomme ces sortes de grands plateaux à k grande roue ou à ceHe dont neu» par^ lerons bientôt Si l'établi n'étoit pas très-lourd et trèè^solide , ainsi que nous Tarons plusinirs fais reeonraandé, on peunroit, dans ces cas4à seukuent, le consolider, en j^çfuit àr chaqa«' borrt de* l'étabti denk arcsboutana qui buttent obHqaemeot centre te plancitér, -et qu'on j rotdit arec fonte.
La fecilité qu'on éjHVWMe à tourner certaines pièces sttr te Tour en Taîr, pr^rablisment au Tour à ptfintes, est surtout rMiiarquabte si Ton y touMe le siège des tabourets dont nons avons parié précédemment. Célut k trois pieds ne devant avoir aucune marque au centre j on peut le monter sur un
3i6 ,, MANUEL DU TOURTfEUR.
^ mandrin d*uik moindre diamètre, qu'on attâcbera à là pièce arcc trois
Pu aS. vig ou-avec-du mastic. Quant à celi^ qui monte et descend jtivis, ccanmc
ce n'est qu'un cercle , on peut le tourner en le. montant; jsur -, le néz du
Tour en l'air, et en le retonmant de l'autre côté quand le premiH- sera
terminé. -Nous n'en dirons pas davantage à. ce sujet; il .est . im|>038ible
-qu'on ne sente pas l'ayaa^ge du Tour en l'air, et que ce que'nons en
' avons dit ne £tsse naître' des idées pour une infinité de cas qui peuvent
se présenter.
. Lorsqu'une pi^ doit être tournée dans toute sa longueur j ainsi que far 6^ deux', extrémités , et qu'on est obligé de le fiure.à deux fois, la diffîcuUé cfm^Mte à i» remettre en mandrin par la pantie déjà terminée, de manière que la partie qui se présente à l'outil .tounie parÊiitement rond et'Sur le même axe que la première. C'est en raison de cette difficulté .qu'on doit tâcher, autant que cela est possible , de tourner lés pièces qui composent une machine d'une .seule fois. Ainsi , quelque soin qu'on.prenne pour ^umer, par exemple, ijne roue parlaitement ronde et droite, si j après l'avoir tournée d'un côté-, on la remet dans un mandrin pour dresser l'autre câté,' il est difficile d'être ,assuTé d'un parallélisme exact entre les deux «prÊices j rarement elle tournera ropd ^t droit sur son axe ou arbre, quelque soin. qu'on ait apporté pour la percer par&itement au'C«ntre, et {K}ur tf^m^i^çt; <^x>it.^ portée; et l'épaulfunept qui est sur cet asc; rarement <tQira^eU^,Vpe boîte termioée^sur iR.T^ijr» ?*se2 droite etimndé pour que l'outjL preBDç partout également, 2l «n e$F de m«|tie d'une pièce qui » une certaine longueur, et dont les deux bouts doiiV^it êtreparËitteQ^nt pjtrall^lesi il i^t di^cile d'y pacvenir; cela procède d'une iofinitéd'imperfectipn&.qoi s^ r^cvntrent dans les Tours peu soigna; c!est assez soufrent le Qii^U|uç cle rQodear.d^ns .les collets de l'arbre , Iç manque de coneentricité d/^ip^s 4e vis avec les collets., et presque toujours la manière dont ies mandiins vont sur la vis du nez de l'arbre. Ceci mérite bien que nous nou» y arrétipps. uD peu. .
Sil'éçrou du mandrin est trop lâche, oa pâitrra le visser, quoiqu'il soitplus d'un côté que de l'autre ::le&£Ôtés des filet» appuieront toujours qontre ceux de l'écrou; mais omime ils ne se xaj^tortent pas biien , on n'est jamais assuré que le mandrin soit au centre; par conséquent l'ouvrage ^s'écartera à droite qu à gauche. Il ^adroit pour parer à cet inconvÀiktit,. (|uela vis prit^juste dans son. écrou: mais cela est difficile , attendu qUe le Jboi» étant inQniwent poreuxy chauge perpét,|ieUatteHt<de diamètre, scIoh Je cjiaud ou le -froid, la sécheresse ou l'humidité, etiqu'ain&i ou. ne peut
CHAP. IV. Faire des F^is de toute espèce. âi?
jamais étré assuré qu'un mandriu aille juste sur le Tour. Tout ce qu'on =; i
peut &ire , c'est de tracer sur le champ de l'embase une ligne un peu fine , ^'" "^ mais assez profonde , qui serve de repère à tous les mandrins quand on commence à travailler. Enfin , à toutes ces causes d'imperfection s'en jdint encore une autre plus considérable, c'est la variation de la main et le peu d'halùleté de celui qui tràTatlIe.
11 faudvoit , pour avoir de bons mandrins , en repasser sur le Tour les écrous, an bout de 4 ^ 6 niois qu'il» sont faits, surtout si l'été a passé dessus. Presque tous leurs écrous deviennent ovales par l'inégalité de dessèchement du bois, et il faudroit leur rendre leur rondeur: mais cette opération est difficile et ennuyeuse. Si l'on suppose que le mandrin va assez bien sur le Tour, k cela près que le trou soit ovale, ou que le bout qui pose contre l'embase ne s'y présente pas droit , pour peu qu'on ôte de bois à l'écrou, il deviendra trop lâche, et dès-lors on tombe dans le défaut dont nous avons parlé il n'y a qu'un instant. Il ne faut donc ôter de bois que sur la partie étroite; mais comme c'est ordinairement fort peu , si l'on n'est pas habitué à remettre une pièce sur le Tour , on emportera trop de bois d'un côté ; ce sera plutôt refaire l'écrou que le corriger ,et dès-lors le mandrin est gâté. Ce qu'il y a de mieux à faire , c'est "d'y passer le taraud dont ta vis est semblable à celle du nez , et dont nous avons parlé précédemment. "^
11 font se procurer 3 à 4 douzaines de mandrins, leur préparer un troU' pour la vis qu'on fera dans un autre temps , mais le foire plus petit qu'it ne faut; percer le mandrin dans sa longueur avec une mèche de deux lignes seulement, afin que le bois en séchant ait la possibilité de renti-er sur lui-même, et ne fende pas à la' circonférence-, comme cela arrive presque toujours. On les tiendra pendant, très-long-temps-dans un ràdroit où le soleil ne frappe pas, qui ne soit ni sec ni humide : petit à petit oiï ouvrira les croisées par un temps moyennement sec ; enfin on les amènerir i sécher doucement , et les fibres du bois se rapprocheront lentement sans se désunir. Il en &ut dire autant de tous les bois qu'on conservé pour les employer. Les ouvriers ont tous des méthodes dans lesquËlles ils ont grande confiance , et que l'expérience dément tons les jours. Les uns graissent le bout des morceaux, d'autres collent avec de la'collc-fdrte une feuille de papin* sur chacun des bouts. Pour peu qu'on réfléchisse à la composition physique des bois' et â leur- texture, on verra que ces procédés ne peuvent être qu'insuffisans , et doivent même produire ua ^rîfet contraire à icehiî qu'on se jMt^Mse d^obtebir ; car en forçaut l'eau cour
^i8 MANUEL DU TOUENEUA.
^=s^s tenue dans le bois k s'évaporer par la circonfi^Dce , on doit s'attendre à Vl. ï5. yQ^j. g'y fomier des fentes ou des ^rçures. Il faut donc , au contraire , fermer celte voie à l'évaporatioïi , et la dinger v«v les extràmit^ On y réussit en envdof^nt les foois sur leur ciroonfi^oce et dans toute leur longueur avec du parchemin , ou du papier enduit de coUe-f<[H>te.
Les bois contiennent d'abord l'eau de végétation , et ensuite celle d« composition. C'est à l'évaporation subite ou lente de la première qu'il faut attribuer leur fente on leur coutervation. Si donc on t^re cette éva< poration assez lentement pour que les fibi«B aient le temps de se rappro* cher, il n'y aura pas de gnçures , et le contraire arrivera si le dessèchement est subit et prompt.
Il &at encore distinguer, à cet égard, la forme du i»ois à sécher. I^es rondins sont infiniment plus sujets à te fendre que les mor«eaux déjà fendus en deux sur leur longueur , et la raison en est simple. Un rondin est, comme nous l'avons dit ailleurs, un assemblage découches annules et circulaires. .Celles de la circonfêrence ont plus de chemin à faire pour que le cercle qu'elles décrivent se rétrécisse que cell» do centre; et d'ailleurs , eiqposées au contact immédiat de l'air , elles sèchent plus vite que celles du centre, et comme celles-ci ne rentrent pas autant et aussi vite que les autres Texigeroient , il est de toute nécessité qu'elles sefendent, et cette fente est d'autant plus grande , qu'elle est plus éloiguée du centre. Si donc on a fattention de tenir le bois d'abcotl dans un endroit un peu frais, l'évaporaiioQ sera insensible, chaque cercle se rétrécira peu k peu, et il n'y aura pas de fente.
Quant aux morceaux fendus en deux , à moins qu'oo ne Les expose k un hàle un peu |^nd, il est raiie qu'ils se fendent , puisque les deux bouts des demi-cercles que fonoe chtW]U« couche annuelle ont la faculté de se rapprocher, et se r^^rochent eu effet. U est très^isé de se convaincre de ce que nous disons ici, si l'on renarque unebùcbe, par ei<«nple, fendue en deux, d<mt fe milieu présente d'abord une sn^ce un peu -plane et droite. Au bout de qudqocs jours, » elle ne s'est pas fendue, cette surface est bombée sar sa largeur, ce qui prouve que les demicercles se sont raccourcis.
Mouà D'avons encore ferlé que de l'oaii die végétation. Celle ^e les chimistes nomment Sau de ooa^totitiûu ^ et que dans l'analyM des bois on distingue aisément de la première, ne quitte jamais enttèrmient le bois; mais son évaporation ne produit pas des ^ets aussi aeusiUes. Cependant, quelque sèche qu'on suppose une pièce de bois, elle <K>9serve
CHAP. IV. Faire dea Fvr tie toute éëpèce. *3x9
'toujours une très-gjaode partie d» son eau de v^Utioo. Ob a £ùt Felei>-«^^=m dre en long des poutres venant des démolitions d'un vieux bâtimeat , et ^'- ^^* au bout de quelque» jours on a va la surftoe mise à l'air se voiler, et devenir concave, ou comme disent kt ouvriers, se cogner : c'est que l'eau ' de végétation s'évaporoit efloore.
On nous a assoie qo'un moyen sur d'empêcher des bois coupés dans leur pleine sève de se fendre , est de les jeter dans un bassin , une. rivière, un étang» ou mieua «ncoredans une fosse à fumier. Us ne perdent alors que la plu» grande partie de leur eau de végétation; et si pendant l'hiver en les retire de l'eau , comme le hâle est presque nul , on prétend qu'il n'y a pas à craindre qu'ils se fendent Ces notions, qui paroltront peut-être minutieuses, ont cependant leur degré d'importance pour les personnes qui aiment k réfléchir sur la nature des choses , età scruter les causes^e tbus les effets qui frappent leur yeux.
MANUEL DU TOURKECR.