CHAPITRE VI
JDiff'ërens /eux.
SECTION PREMIERE
Faire des Dames, des Échecs , et des Dei d Jouer.
liest rar« qu'uD Amateur de Tour, sachant jouer les échecs, les dames', s^ le trictrac , ne soit pas tenté de ae Ëtire lui-même les pièces nécessaires ^^• k ces jeux. Les dames d'un Ijictrac, au nombre de quinze blanches et quinze noir& , doivent être en ivoire et en ébéne ; celles d'ivoire reviennent assez cher, aï l'on est curieux de les avoir un peu belles; attendu qu'il iaut d'abord choisir une belle deut, pour la finesse et la blancheur, et qu'ensuite il faut retrancher au moins quatre lignes sur le diamètre ,. pour ea> lever la croûte et les gerçures , et approcher un peu du cœur.
On peut faire ces dames les unes après les autres , ou plusieurs ensemble, selon la longueur de la dent et aon peu de courbure. Si on les fait les unes après les autres, il faut scier avec soin autant de rondelles qu'on veut avoir de dames ; et comme il est naturel de ménager la matière , et qu'il est bon de terminer la circonférence du premier coup, on ne les mettra pas dans un mandrin^ mais sur un mandrin au mastic. On Creusera bien la hce de devant , en emportant le moins de matière pos&iUe. On pourra Ëiire un calibre avec une lame de cuivre ou de tôle , qui serve de mesure au diamètre de chacune , afin de les avoir parfaitement égales: comme la grandeur des trictracs varie, on ne peut donn» de mesure déterminée pour les dames , si ce n'est que chacun des tabliers du trictrac doit en contenir deux rangées l'une devant l'autre, de six chacune, et qu'elles doivent être à l'aise sans trop de jeu. Il suffira donc de prendre la largeur d'un tablier ( tous deux sont égaux ), et de la diviser en six parties égales, ce qui sera le diamètre de chaque dame. Quant i leur épaisseur, .elle est ordinairement entre 3 et 4 ligues; mats si toutes les dames doivent
34o MANUEL DU TOURNEUR,
s être égales en diamètre , elles doivent l'être également en: épaisseur ; et à
Pl. a5. cet égard, voici les moyens qu'il est bon d'employer.
On tournera , sur un mandrin au mastic , les dames les nnes après les autres; on les mettra au diamètre nécessaire, au moyen du calibra dont nous avons parlé, qui nous semble plus sûr qu'un compas, dont t'ouverture peut varier. On fera les faces un peu creuses , afin que la dame pose plus exactement ; mais ce creux doit être bien peu de chose , et le même pour toutes les dames. On pourra, pour plus de perfection et d'égalité, dresser parfaitement un morceau de tôle , puis en traçant une ligne parai* lèle au côté dressé , déterminer la profondeur à donner au creux des tàces , puis avec une lime, former une courbe qu'on appliquera sur cWque iace, afin qu'elles aient toutes la même concavité. Mais cette ovurbure ne doit pas avoir plus d'un sixième de ligne.
On se fera ensuite, avec un bout d'acier plat, et plus large que l'épaisseur de la dame, un outil très-commode pour que cette épaisseur ne puisse varier. On fera à la lime à ce morceau d'acier une joue , qu'on appuiera contre le bord de la dame , tandis qu'une pointe à l'équerre en dedans, et inclinée en dehors, marquera l'épaisseur sur chaque dame. Voyez , Jig. sa , la manière dont cet outil doit être £iit II est inutile de . dire que cet outil doit être trempé, et que l'espèce de tenon qui touche contre la dame doit être un peu arrondi et poli, pour qu'il ne gâte en rien la sur&ce de la dame qu'on doit avoir polie arec soin , ainsi que sa circonférence.
Quand toutes les dames seront tournées et polies d'un oâté, sur la circonférence, et tracées d'épaisseur, on les mettra dans un mandrin un peu court, et percé au centre d'un trou assez gros pour qu'on pi^sse, avec * un morceau de bois blanc, jeter hors du mandrin la dame qu'on y aura
achevée: mais comme les bords des deux faces doiventètre bien parallèles, tm prendra le plus grand soin pour que les dames soient mises bien rond et lH«t droit dans le mandrin creux , auquel on aura &it une portée , pour qu'elles appuient toutes, et que l'épaisseur soit ^ale. Malgré tous les soins et toute l'habileté de celui qui (^re, il est rare que les dames n'aient pas entre elles quelques petites différences. C'est pourquoi nous conseillons de Êiire usage du roandrm fendu, fig. 8, PI. a3. On t^minera de même ces surfaces à la petite règle dont nous avons parlé; on les polira avec soin, et les dames seront finies.
On fera celles d'ébène avec la même attention ; mais dans le choix de- Fébène U faut bien prendre garde aux fentes qui ne se voient pas d'abonij
CHAP. VI. SfiCT. I. Faire des DwMS, des Échecs f etc. 34t et qui se découvreat au bout de peu de temps. C'est de tous les bois le e=^= plus sujet i être fendu ; et comme les Marchands le tiennent dans des en- ^^' droits Ê^ y il feut apporter la plus grande attention dans son choix. Il est W propos de prendre ces dames dans un morceau de bois de quartier, d'un diamètre plus fort qu'il ne faut, a6n que les fentes qui peuvent se trouver à la circonférence, ne pénètrent pas jusqu'à la grosseur dont les dames doivent être.
On tournera sur le Tour à pointes un cylindre , auquel on donnera la longueur totale du nombre de dames qu'on doit trouver dedans, en ajoutant une ligne pour le trait de scie de chaque dent , et quelque chose pour la profondeur du trou de la pointe qu'il faudra supprimer easaite. On tournera ce cylindre à la grosseur convenable, avec le plus grand soin possible; on commencera à séparer toutes les dames avec un coup de grain-d'orge , et l'on tiendra la séparation assez large pour que la scie puisse y passer sans endommager les bords. Cette opération a ses difficultés, et si l'on n'apporte pas à cette division la plus grande attention , on risque quç chacune des pièces soit d'une inégale épaisseur ; on peut , pour plus d'exactitude, se servir d'un outil semblable à celui ^. as, dont nous venons de parler, excepté qu'au lieu de la joue il porte un grain-d'orge non coupant, que l'on place dans la rainure déjà faite.
Quand elles seront adnsi séparées, on polira le cylindre, puis on ap-, profondira le trait avec une scie à dossier,^. 7 , PI. ^, jusqu'à ce qu'elles ne tiennent plus qu'à sept ou huit lignes cbacane, en faisant aller le cylindre entre les pointes. Cette manière de couper sur le Tour est aussi commode que sûre pour couper bien droit; et la scie que nous indiquons est très-propre pour cet usage, parce qu'elle est extrêmement mince, et que ses dents sont très^fines. On séparera ensuite les dames les unes des autres, en les prenant dans un étau avec la pin<% de bois.
On aura ensuite un mandrin fendu , dont le diamètre soit tel, que toutes les dames y entrent juste , et posent contre une portée , afin qu'on soit assuré qu'elles sont au Tour parfaitement droites. On poKra la première face de chaque dame. Enfin on prendra-un autre mandrin de bois trèsdur, comme du buis; on le creusera au diamètre des danses, et l'on fera la pCM-tée à. une profondeur telle que l'outil, en afflenrant le devant du mandrin , les mette à l'épaisseur convenable, en même temps qu'elle sera la même pour toutes; mais il &udra bien prendre garde, quand l'outil approchera du mandrin , d'attaquer sa surface en aucune manière, attendu qu'à la fin la dernière dame se trouveroit sensiblement plus mnice que les
34a MANUEL DU TOURNEUR,
s autres. On se souviendra de creuser un peu chaque dame, ainsi que nous . l'avons recommandé. On les polira, et elles seront terminées.
Si on a un morceau d'ivoire assez droit pour qu'on puisse prendre les, dames dans un cylindre ou dans deux , on pourra également les tourner .ensemble par le procédé que nous venons d'indiquer; mais comme la matière est plus précieuse, on prendra encore plus de précaution pour les séparer. On emploiera la scie la plus mince , et on en mouillera la lame avec de l'eau; car c'est ainsi qu'on scie l'ivoire: du reste, on les mettra à la même épaisseur que les autres, et on les polira d'abord avec la pr^ à l'eau; on les séchera avec du tripoli , et on achèvera de tes lustrer avec du blanc d'E^gne.
Il est à propos , quand on £iit des dames , soit de trictrac , soit de damier, d'en faire une au moins de plus que le nombre nécessaire , parce qu'il est possible qu'on en perde ou qu'on en casse , et qu'il est fort difficile détin appareiller.
Les dames de damier se font de même; mais comme elles sont plus pe- . tites de beaucoup, il est k propos de prendre de très-petit ivaire, qui est . toujours moins cher, et où il y a beaucoup moins de perte.
Quant au jeu d'échecs, c'est tout autre chose; chaque pièce doit être faite au Tour en l'air sur un mandrin particulier. Lorsqu'à l'invention du Tour à guillocfaer on s'avisoit de tout guillocher , il parott que cette manie fut portée aussi sur les pièces des échecs; mais bientôt chacun voulut en avoir de semblables , et sans vouloir j mettre le prix. Il arriva de Ik que toutes ces pièces furent guillochées sans goût. Enfin on a senti combien cela étoît ridicule , et on en est revenu à les faire tout unies , mais avec des profils mieux entendus et des moulures mieux faites. C'est donc de cette manière que nous conseillons de les foire; leur variété mérite bien d'occuper un Amateur, Nous pensons qu'il est suffisant d'en donner les dessins, yï^. 39, 4», 4i 1 A^tA^-, 44- Ces dessins ne sont cependant pas les seuls qu'on puisse suivre dans la forme qu'on veut donner aux différentes pièces; ce jeu est si universellement répandu, qu'il est aisé de se procurer différens modèles. Nous -nous contenterons de dire que les pièces doivent être blanches et noires. On j)eut faire les blanches avec de l'ivoire, et les noires d'ébène; mais pins communément on les &it en buis, et les noàres en palissandre. Il faut à chaque couleur deux tours, deux cavaliers, deux fous , le roi et la dame ; voilà pour ta première rangée ; la seconde est composée de huit pions égaux. Toute la difficulté consiste à foire. les pièces de même nom absolument semblables.
CUAP. VI. Sect. I. Faire des- DamBa.,âea Échecs y elc. 345 La maDière la plus sûre pour y réussir, est de m faxre un outil taillé sur 'v , 'l le profil de chaque piè<% ; mais avaut d'employer cet outil , il Êiut dégrossir - *" ^^' la pièce avec une gouge ordinaire, et lui donner à peu près la forme qu'elle doit avoir. On la terminera avec l'outil dont nous venons de parler, qui donnera aui difFérentes moulures toute la pureté qu'on peut désirer. Nous recommandons, en se servant de cet outil , de tourner doucement, et de ne prendre que peu de bois.
Pendant que nous en sommes à enseigner à faire les pièces de différens' jeux , nous ne pouvons passer sous silence la manière de faire des dez sur le Tour. II y a beaucou^ide personnes qui les estiment plus que lés autjges, parce que leurs surÊices sont exactement plnnes et parfaitement d*équ«rre~ entre elles. Voici comment on peut en &ire »ur le Tour- On âébiUra d« petits morceaux d'ivoire; on en fera des cubes, les plus exacts possible, kl'écouane; puis on tes mettra dans nn mandrin fendu, et on. dressera chaque face l'une après l'autre. Quand elles saont bien dressées , il bat les marquer de la manière suivante. Il est d'usage que les points d'an dez, pris dessus et dessous, &ssent toujours le nombre sept: wm sous le six est l'as; sous le cinq le deux; sous 1« quatre le trois. Ce n'est pas tout : supposons qu'on ait un d^ devant soi , dans le sens que représente \Ajig. iS, le six en dessus; I« trois sera à gauchet et le quatf'e à droite ; le deux en devant, et le cinq derrière; enfin t'as E«ra dessous, Telk est npièms la prévention des joueurs , que s'il se rencontre quelque dez marqué diflëremment ils le rejettent.
La méthode pour marquer les dez est infiniment simple. Ceux qui se livrent à cette espèce de travail ont une H^, de la- forme à peu près d'un rouet i filer à la main. La corde sans fin mène une bobine qui porte un foret; et tournant de la main droite, ils tiennent le dez de la gauche et le présentent au foret On peut , sans cette machine , marquer tout aussi bien des dez. On a besoin, dans un laboratoire, d'un touret^j^. S, Pl. II , pour percer des trous à l'archet: cet outil se place dans un étauQU dans un bout de planche; la bobine, l'arbre qui porte les forets, sont rete-i DUS entre deux poupées ; et avec un archet on ^ît aller la bobine et le foret. Oq s'en salira comme de la rone dont nous venons de parler. Toute la difficulté consiste à espacer également les points, et k les poser où ils doivent être ; et pour cela , il suflit d'awir un dez bien fait sous les yeux : puis quand on n'est pas très^aercé à ce travail , il faut d'avance déternii* oer avec le4>3mpas la place que doit occuper chaque point en appny.ant «ssez fortement pour y laisser une trace dans laquelle puisse se jtlacer U
- 1 'S pointe du foret I) ne reste plus qu'à les marquer en noir. On ae .sert Pl. a5. pour cela de noir d'ivoire délayé dans du vernis. On en met un peu dans chaque trou , de façon qu'il soit plein. Quand le vernis est sec , il ptésente des points bien noirs et brillans.
SECTION IL
Divers Jeuœ d'en/ans.
B^^ss Les pères de femille qui consacrent leurs momms de loisir à tourner , '*'- ^7- seront bien aises de trouver ici les proBIs de quelques jeux d'enfans : ce sera donner un but agréable à leurs travaux que de leur enseigner à les faire eux-mêmes.
La^. 4> ) Pl'^')-, est une espèce de sabot que les écoliers nomment Corniche. XAfig. 43 est le sabot proprement dit. On met à leur pointe une broquette À tète ronde, tant pour que ces sabots tournent plus facilement et plus vite que pour qu'ils s'usent moins. On nous assure qu'un «abot qui seroit creusé dessus , dans toute sa hauteur , et fermé ensuite d'un couvercle, feroit moins de bruit dans un appartement
La Jig. 44 «9* encore un jouet d'écolier très-connu ; on le nomme Toupie. On te Élit ordinairement en buis. Il est percé d'outre en outre sur sa hauteur; et on y &it entrer de force un fer, dont on voit la forme à côté, et qui sert, tant pour qu'il tourne mieux, que pour retenir la corde par le haut On place donc le bout de cette corde ( c'est ordinairement Aafouef) , par un tour entier, le bout'ilf dessous, autour du clou; on descend la corde jusque contre la tête du dou , et on en fait autant de tours très* serrés qu'il y a de corde pour arriver presqu'au haut de b toupie. On entoure un des doigts de la main droite da surplus de la corde , de manière à conserver la tension de c^tte corde, en tenant la toupie dans la même main, la pointe en bas, et on la lance avec rapidité sur le plancher. On conçoit que cette rapidité , jointe au développement d« la corde , donne & la toupie un mouvement de rotation , qu'elle conserve d'autant plus longtemps que l'impulsion est plus grande et b corde plus serrée.
La J?y. 45 » «st ce qu'on nomme Toupie ^Allemagne. C'est, comme on voit , un sphéroïde , au petit axe dtiquel est un petit bouton ou tétine , ait l'on met un clou à tête comme à un sabot On met cette pièce dans un mandrin , et on la creuse i l'opposite du bouton , de manière à ne laisser tout autour qu'environ deux à trois lignes d'épaisseur. On rapporte sur
CHAP. Vt Sect. II. Divers Jeux d'enfana. SiJS
l'ouverture uue tige pareilie à Ia fig. 3a , si ce n'est qu'on y réserve une "i
goi^e qui y entre très^juste. On perce ensuite" la toupie sur son grand ^^' *7" diamètre d'un trou qui va de biais , de gauche à droite , suivant l'épaisseur du bois, ce qui présente une espèce de biseau, semblable à celui d'un sifflet , et produit l'espèce de mugissement qui caractérise cette toupie. On eiivelc^pe la tige de ficelle jusque contre le renflement. On en passe le bout dans un petit bâton percé , qu'on tient de la main gauche, tandis qu'avec la droite on tire la ficelle de toutes ses forces , en se courbant vers la terre , pour que la toupie ne tombe pas de trop haut. On peut même la &ire aller à deux : l'un tient le petit bâton contre la ' toupie , tandis que l'autre tire la ficelle de toute sa force.
"ijAfig- 46 représente le jeu du diable, qui a eu une si grande vogue il y a quelques années. Ce jouet est formé de deux espèces de c6nes arrondis par leurs angles, et réunis parleurs sommets; chacun de ces «ônes est creusé de manière que son intérieur présente la même forme que l'ettérieur, et percé d'un trou sur sa surface.
Le diable devant être d'une seule pièce, on prendra pour le faire un morceau de bois de charme ou de tout autre bois liant, d'environ six pouces de long sur deux pouces et demi de diamètre; après l'avoir ébauché à la hache pour le rendre à peu près cylindrique , on le placera solide^ ment dans un mandrin par une de ses extrémités, et on donnera la forme indiquée par la figure à la partie qui sort du mafidrin.
Au centre de la fece a, on penjera, avec une mèche, un trou qui se prolongera jusqu'en b ; on élargira l'orifice, et 00 lui donnera environ unpouce de diamètre ; puis avec le crochet, j^. i5, PI. i3, dont l'effet dans l'intérieur est le même que celui de la gijuge à l'extérieur, on achèvera de creuser la pièce en suivant exactement les contours de la forme extérieure, et en conservant une épaisseur d'environ trois lignes.
On' préparera ensuite un boiiehon en bois un peu plus épais , qui servira à fermer l'ouverture; on le mettra en place ; on le collera , et on y fera une rosace' ou quelqn'autre moulure.
Cela fait, on retournera le diable; et après avoir placé la partie terminée' dans lé mandrin y on fera emctement les mêmes opérations sur l'autre portion ; après quûi on percera , vers le milieu de la hauteur de diacda des cÀnes, les. trous e, ft '
Les fabricàns qui débitment un grand nombre de ces jouets, les éb»tX' ehoîrent au Tour à pointes, èc les creiisoient en les plaçant dans une lunette construite, exprès et d'un assez grand diamètre pour les recevoir. T. I. 44
■ ■ .■-—.■ Après avoir mis le bouchon , dont ils avoient toujours un grand nombre ï"»" 27- préparés à l'avance, ils remettoient la pièce entre deux pointes, et l'y terminoient.
. Ce moyen est plus^expéditif que l'autre; mais il faut, pour l'employer, être pourvu d'une lunette d'un diamètre extraordinaire.
Quand on aura ainsi terminé la pièce principale du jeu , on fera deux baguettes de iréne d'environ deux pieds, qui se tournent entre deux pointes, en réservant à l'une des extrémités un renflement qui servira de poignée. ' A l'autre extrémité on pratique une petite gorge pour recevoir la ganse ou le cordonnet dont nous allons parler. L'une de ces baguettes est surmontée d'un petit croissant à peu près semblable à celui que nous avons décrit en parlant de la quenouille, Jig. 17 , PI. 18. On attache à ces deux baguettes une ganse ou un cordonnet d'environ cinq pieds de long.
Voici maintenant comme on joue k ce jeu. On pose le diable à terre, en plaçant la ganse en dessous au point où se réunissent tes deux cônes; on tient une baguette dans chaque main , et on cherche à lui imprimer un mouvement de rotation par lequel le diable parcourt toute la longueur de la ganse , en montant et en descendant, ou horizontalement , suivant la volonté ou l'adresse du joueur. L'air qui entre dans les deux cônes produit un bruit k peu près semblable à celui de la toupie d'Allemagne.
Quelques joueurs saisissent adroitement le moment où le diable est par- Venu au plus haut degré d'accélération pour le lancer en l'air, en élevant les bras et en les écartant brusquement ; ils le reçoivent ensuite dans sa chute , aoit sur la corde, soit sur le petit croissant placé à l'extrémité d'une des baguettes, sans que le mouvement' de rotation imprimé au diable soit interrompu.
Comme notre dessein est de chercher à procurer à nos lecteurs tourneurs de l'amusement, et qu'il &ut écrire pour toutes sortes de personnes, on nous pardonnera de nous arrêter souvent à décrire de petites opérations, dont quelques personnes nous reprocheront de nous être occupés. C'est ainsi que nous croyons devoir donner la manière de Ëùre une boîte à colophane en Êtveur des personnes qui jouent du violon.
Qa tournera une boîte d'un pouce ou quinze lignes de diamètre intérieur; on lui donnera environ six k huit lignes de profondeur. On fera extérieure* ment, haut et bas, un petit bourrelet en forme de bi%uette, accompagné de deux carrés bien vife, tant, pour l'orner que pour donner de l'épaisseur à son entrée, -et par conséquent empêcher qu'elle ne se fende. On fera intérieurement ^ k l'entrée, quatre ou six pas de vis de moyenne grosseur.
CHAP. VI Sbct. II. Dipen Jeux d'enfana. ^-j
telle que le quatrième pas qui est sur l'arbre, en commençaut par le. plus ■ gros. On tournera ensuite , sur un autre mandrin , nne autre boîte , dont le diamètre extérieur entre à l'aise dans la première boite. On réswvera au bas de cette boite un petitrenflement, sur lequd on fera une vis qui prenne dans l'écrou de l'autre boite; tout contre cette vis est un épaulement qui, quand la seconde botte est dans la première , appuie sur son rebord , et vient la fermer en lui servant de couvercle. On donnera à la seconde boîte une ligne et demie ou deux d'épaisseur, et on la creusera proprement; on la coupera au-dessus de la partie qui sert de couvercle; on la mettra en place , et on terminera ainsi la première boîte , en faisant accorder les moulures et le profil des deux. Entre les bourrelets ou baguetMs du haut et du bas, on fera un ravalement qui diminue le diamètre de la boîte pour £ùre valoir les moulures.
On terminera ensuite la boite èxl^eure , en la séparant du reste du bois où elle tient. On la montera à vis sur un mandrin pour terminer Ie-4c3* sous , en profitant de la vis qu'on y a Àite ; et , dans tous les cas , on se souviendra que toute bcnte qui doit être posée sur une table, doit avoir le dessous un peu plutôt creux que plan , afin qu'elle pose plus exactement. Enfin ota polira le tout avec soin, et la boîte sera terminée.
11 ne s'agit plus que de remplir la boîte de colophane , et de la mettre en état de servir. Pour cela on a dû , avant de séparer la seconde boite de dessus son mandrin, Téchancrer en six parties dans toute sa longueur, en ne laissant que six montans, qui conservent la forme extérieure de la boîte et maintiennent la colophane, et entre lesquels passe l'archet lorsqu'on le frotte- sur cette espèce de résine. Voyez la^. i , PI. a6 . On enveloppera , avec du papier un peu fort, la petite boîte extérieurement; on contiendra cette enveloppe avec du fil , puis ayant fiiit fondre de ta colophane, qu'on purifiera en l'écumant , et laissant un peu tomber au fond les corps étrangers qui peuvent s'y être mêlés, on ronplira }& boîte de colophane, lorsqu'elle ne sera presque plus chaude, mais seulement assez coulante. On laissera le tout refroidir ; on ôtera le papier qui tient à la colophane , et la boite sera en état de servir.
348 MANUEL DD TOUBNED».