CHAPITRE VII
Dlfférens Chandeliers </e laboratoire et de cabineL
~ iH oos ne pardroDS jamais de vue le but dans lequel nous UTons entrcpri* cet ouvrage ; celui de procurer aux Amateurs tes coonoissances de l'Art du Tour , en même temps que l'ocasiou de s'exercer dans cet Art. C'est dans cette vue que nous prendrons toujours pour exemples des objets d'u(ilité qui puissent exercer l'Amateur à différens Arts relatifs au Tour.
On a essentiellement besoin ;~ dans un laboratoire , d'un ou de plusieurs chandeliers, qui réunissent la commodité à la légèreté. Un chaodeliw ordinaire est très-incommode, attendu qu'il éclaire de très-haut, quand on a besoin -d'y voir de très-près ; que souvent on n'a qu'une très-petite place à lui donner loin de l'ouvrage , et cependant on désire qu'il éclaire tout contre. Ceux dont nous allons donner la description remplissent parfaitement l'un et l'autre but.
Le premier, et le plus simple, j^. 24) ^t en usage parmi beaucoup d'ouvriers. Il consiste en une petite planche de six pouces carrés ou environ , et d'un pouce d'épaisseur , sur l'un des bords de laquelle s'élève perpendiculairement une tige de la à i4 pouces de haut , d'un pouce carré , et qui y est assemblée à double tenon , ou en enfourchetoent L'un de ces ' tenons est simple , et l'autre en queue d'aroode : ce dernier s'asseaobte sur le bord. Voyez-en le p}an/ï^. a5. Sur deux câtés opposés de cette tige est une rainure à queue d'aronde : on en voit la coupe géométralej^. »6. Le long de cette tige coule un bras qui porte la bobèche : voyez Jig.^']:Cchni& doit couler librement sur la tige, et la pesanteur de la bobèche, jointe à celle de la chandelle, suffit pour l'empêcher de descendre, attendu qu'il prend le biais en s'inclinant uu peu en devant Si l'on doutoit que le bras pût se tenir à la hauteur où on l'a mise , on pourroit percer la tige dans sa longueur, sur les côtés, et y mettre une cheville à tête arrondie, fig. a8 ; mais on peut assurer qu'elle est inutile.
Les Tourneurs ont besoin d'un chandelier qui s'allonge à volonté , se-
CHÀP. VIL Dijféfens Chandellera de laboratoire et de cabinet. 349 hausse et se baisse, et tourne en tout sens» selon la pièce qu'on Teùt— — ^= tourner ; mais il est ^urtout essentiel que son pied ne tienne point de ^^ ^■*' place sur l'établi , tant pour ne pas rencontrer la semelle du support , que pour que les outils dont on a souvent une très-grande quantité près de soi, n'aillent pas beurter le pied, ce qui ébrécheroit les biseaux. On fera donc en bois un modèle: à peu près de la forme de, celui représenté fy. 29 , et un autre de celui^^. 3o. Celui Jig. 39 doit avoir environ cinq ponces de long- A chaque bout , ainsi qu'à celui de la fourchette , et dans le sens de dessus , sera un renflement circulaire de neuf lignes au moin& de diamètre , ainsi qu'aux deux bouts de celui fig. 3o. On en fera fondre en cuivre un du premier modèle , et deux au moins du second. Quand ils seront revenus de chez le fondeur , on les fera rougir modérément au feu , pour leur ôter l'aigre que leur donne la fonte. On les laissera refroidir lentement , et on les forgera sur les quatre faces , et sur te plat du renflement On les limera proprement et bien carrément ; puis au centre de chaque renfl«nent on percera un trou, avec un foret, d'une ligne et demie , et avec une fraise carrée et à goujon ( on nomme ainsi' celles- qui ; au lieu de fraiser en cône, font une noyûre carrée), on rendra, d'un c6té seulement , la noyûre profoude d'environ deux lignes ou deux lignes et demie : quauit aux trous qui doivent être à la fourchette , on les laissera , pour le moment , à la grosseur du foret qui les a percés. ^
La fraise dont nous venons de parler , représentée jS^. 3^, est ronde et renflée par le bas. Son diamètre varie suivant le besoin. A l'autre' extrémité est une bobine ou cuivrot, sur lequel on fait faire deux tours k la corde d'un fort archet Le bout de cette fraise, de bon acier, est percé au centre d'un trou profond de 5 à 6 lignes; on met dans ce trou un goujon d'acier qui entre juste , et qui, à sa partie extérieiire , est faite au Tour , et à la grosseur du. trou qu'on a ^t à la pièce qu'on vent fraiser : au moyen de ce trou , on peut changer de goujon suivant le besoin. Le bout de cette fraiseest, comme on le voit, couvert de dents faites au tiers-point, parallèles entr'elles, et parfaitement aiguës : on le trempe assee dur , et l'on conçoit qu'en plaçant le goujon dans le trou ,' et faisant tourner la fraise avec l'ar- (diet , elle emporte la matière et forme^un trou concentrique au premier, et carré au fond; et pour qu'elle ne .tienne point dans son trou, on a soin qu'elle soit un peu conique vers ,1e bas. On fraisera donc tous ces trous'd'un seul càté. On tournera à l'archet et sur te Tour d'horloger, oa «néme au Tour en l'air , un petit boulon-, Jig. 3i , dont la tètë carrée entre presque juste dan& la noyûre, et le corps dans le trou. Od le mettra «A
35o MANUEL DU TOURNEUR.
^■■11 place ; on fera entrer ce même corps de boulon dans le trmi de ' la pièce Pfc. a5. j, fourchette , dont la noyûre doit être en dessus. ,0n percera un petit morceaO de cuivre k la grosseur du boulon : on le tournera k la grosseur de cette noyûre , et les deux Ëices bien droites ; enfin, on fera sur l'une de ses faces une fraisure conique. Cte mettra cette tétc dans sa noyûre; on limera le boulon , de manière qu'il n'excède la surface de la tête qu'autant qu'il Êuit pour qu'en le rivant il emplisse la frauure conique. On le rivera proprement avec la panne d'un marteau , en posant la pièce sur un ta$ poli, et changeant souvent la direction des coups de marteau, pour que la matière remplisse également la fraisure conique. On essaiera' de temps en temps, si le mouvement est sufîSsamment doux, san» balloUement ni roideur; et ainsi on aura un premier pli à la pièce. On ajustera la seconde au bout de cette première, de la même manière; ce qui procurera deux plis , qui peuvent s'al!ong«- et se raccourcir au besoin.
Le cuivre qui roule contre le cuivre est sujet k gnpper; c'est-à-dire que les parties homogènes s'attachent les unes aux autres, et l'on ne peut tourner les pièces sans sentir qu'elles s'arrachent , ce quiproduit un mouvement inégal et dur. Il serait beaucoup mieux de £iire ce boulon et ces noyijres en acier bien rond et bien poli: c'est ainsi qu'on en use dans toutes les machines où l'on veut diminuer l'action du frottement-, mais ici, comme cet ustensile est de peu 'd'importance, on se contente d'interposer une rondelle de fer bien mince entre les deux parties de cuivre qui roulent l'nne sur l'autre, et de mettre dans le trou, avant d'y introduire le boulon , un peu de ce qu'on nomme Ciré à compas.
On nomme ainsi un mélange composé d'un, peu de cire vierge et de bonne huile. On fait fondre le tout à la flamme d'une t^iandelle , dans une carte à jou«r d<mt on a relevé les quatre côtés. Nous ne pouvons àéterminer la dose de cire et d'huile; c'est selon la force de la machine» et selon la saison où l'on travaille. L'hiver , on la &it plus douce , et l'on y met plus d'huile ; l'été , un peu moins : l'usage en apprendra plus que 1« détails dans, lesquels nous pourrions- oitrer.
On grossira les trous de la fourchette de manière qu'ils lefoivent librement un bout de tringle sur laquelle elle doit tourner et g^isseiv Il n'est pas possible de laisser cette pièce sur sa tringle dans l'état où elle est, il &ut même s'assurer que la tringle est ^ale de grosseur dam toute sa longueur. La tourner est assez difficile, attendu son peu de gro». peur et sa longueur , qui doit être au moins de 8 à lo pouces. Nous aTOons
CHAP. VII. Différens ChanâelUrê de lahoratoire et de cabinet. 35 1 employé un moyeu qui nous a parËiitement réussi. Nous l'avons passée'^nvaM d'un bout à l'autre dans une filière double dont les coussinets avoient un ^'" '^* pas très fin ; nous avons ensuite emporté à la lime bâtarde tous ces filets, «n prenant bien garde de ne pas mordre plus dans un endroit que dans l'autre, et de cette manière nous nous sommes assurés de sa gr(Kseur et de sa rondeur. Nous avons ensuite pratiqué à deux petites attelles de bois blanc, une cannelure, et saisissant la tringle entr'elles, dans un élau , après y avoir mis de l'émeri fin à l'huile , nous avons promené la tringle dans cette cannelure suivant sa longueur, en la tenant par un bout, dans une tenaille à vis. Par ce moyen, nous av(«is procuré à la tringle un poU suffisant. On peut donner un coup de pointeau aux deux extrémités de-la tringle, la fixer sur le Tour à pointes, et la polir en promenant les attelles le long de la pièce pendant qu'elle tourne.
On forgera ensuite sur un tas, à toute force, un morceau de cuivre épais de 5 à 6 lignes, et plus long que la distance d'un des fourcbetons À l'autre, et aussi large que l'^taisseur de la fourchette. On coupera en> suite ce morceau à b longueur suffisante pour qu'il entre librement «atre les deux fourcbetons; on le pincera dans l'étau; on y fera un ravalement qui lui donne la forme qu'on voit, fig. 33.
Comme il est rare qu'en forgeant un morceau de cuivre on l'écrouisse assez au milieu de son épaisseur pour qu'il fasse parfaitement ressort, avant de réduire le corps de cette pièce à l'épaisseur qu'elle doit avoir , on la posera sur le bout carré d'une bigorne, et on l'écrouira de nouveau avec la tête polie d'uil marteau de grosseur suffisante. Quand il sera suffisamment écroui , ce qu'on connoîtra lorsqu'au le saisissant par un bout dans un étau, et le forçant un peu à plier, on verra qu'il reprend sa place, et a acquis de l'élasticité, on l'achèvera à la lime, en le réduisant à deux lignes d'épaisseur, à la largeur qu'on jugera convenable, et à une longueur telle qu'il entre entre les fourcfaetons sans être aucunement gêné. On y fera une échancrure demi'Kiireulaire, haut et bas, pour embrasser la tringle; et posant ce ressort sur un billot de bois, on donnera au milieu quelques coups de la panne très-grosse d'un marteau poli, afin de n'y pas faire de marques, et pour le courber. On le mettra en place, en en appujrant le dos contre la partie qui tient aux deux fourcbetons , et de manière que quand la tringle sera dans ses trous, il appuie contre die assez fortement pour que la pièce reste à la hauteur où on l'aura mise.
' Il ne reste plus qu'à terminer le bout qui doit recevoir la bobèche. On
35a MANUEL DU TOURNEUR,
î fera un trou à peu près pareil au procèdent, mais beaucoup plas fort. On
Pl. 'jS. y ajoutera un canon de cuivre d*un bon pouce au moins de long, percé ^ suivant sa longueur, d'un trou de deux lignes et demie ou trois lignes de diamètre ; on le rivera proprement par dessus ; on y pratiquera une fraisure conique, afin que la tige qu'on y mettra puisse y entrer plus aisément^ et qu'on nie soit pas obligé de chercher le trou ; on pourra même souder ce canon en sa place , mais non pas à la soudure forte , attendu que le degré de chaleur nécessaire pour faire couler la soudure ôteroit toute la dureté que le récrouissement a procurée k la pièce : on se contentera de le souder à l'étain. Voici la manière dont on doit s'y prendre. v
On croîtra le trou arec un équarrissoir , de manière que le canon , qui doit avoir été tourné sur un arbre, puisse y entrer juste. On mouillera le trou avec de l'eau dans laquelle on aura fait dissoudre un peu de sel ammo* niac. On' avivera de même la partie qui doit être soudée avec une lime bâtarde, afin que la soudure puisse prendre, et l'on prendra garde de n'y point toucher, ce qui empécheroit la soudure de couler : on la frottera d'un peu de sel ammoniac mouillé. On la mettra en place; puis renversant la pièce,on mettra, tout contre lecanon^deuxou trois paillons d'^ain iroid. On fera chauffer médiocrement cette partie, et bientôt on verra l'étain fondre et s'insinuer dans la jointure : il sera même à propos d'y mettre un peu de poix-résine en poudre pour hâter la fusion et la coulure de la soudure. Oa laissera le tout refroidir, et on n'aura plus qu'à réparer,' avec une tiroe, les bavtu-es qui peuvent être restées, à affleurer pardessus le canon , et à rendre au cuivre sa couleur que le feu ^ut avoir altérée ; ce qui ne doit pas arriver , si on a bien opéré , cette chaleur n'étant pas suffisante pour lui donner du recuit. On fraisera ensuite le trou par dessus avec une fraise conique un peu allongée , et tout sera tmniné. On polira i si Ton veut , toute la pièce ; d'abord avec une pierre à polir â l'eau , ou bien avec un bâutn de bois blanc et de la pierre ponce en poudre , délayée dans de rhuile ;' enfin on terminera avec du tripoli ; inais on prendra bien ■ garde d'arrondir les surfaces et d'émousser les angles , c'est là l'écueil du polissage. Après cela on brillantera le tout, en le frottant avec un bois sur lequel on aura collé une bande de feutre fin, sur .laquelle on aura mis du tripoli sec en poudre très-fine. Il ne reste plus qu'à £ûre la bobèche.
Cette bobèche ne doit pas être fixée au pied, parce «pie, dans un laboratoire où l'on se contente souvent d'une seule lumière, on a aussisou'vent besoin d'aller chercher un outil, d'aller à la meule, ou de travailler
CHAP. VIL Différens Chandeliers de laboratoire et fie cabinet. 353 •sur l'établi de menuiserie une pièce qu'on vient de tourner, et qu'on fe- = mettra encore sur le Tour. Rien ne seroit aussi désagréable que de prendre la chandelle avec les doigts; et quand on s'y résoudroit, où la poser, si l'on a besoin de ses deux mains ? Voici une espèce de bobèche qui remplit toutes les conditions et pare à tous les inconvéniens.
On tracera dans un morceau de cuivre , d'une bonne ligne au moins d'épaisseur, un cercle de quatre pouces de diamètre. Du même centre on en tracera un second d'un pouce; on divisera le grand cercle en trois parties égales , et de chaque point de division on tirera des traits qui se réuniront au centre. On dessinera , avec une pointe à tracer , les pattes qu'on voit sur la^^. 34; après quoi on coupera, le plus économiquement qu'on pourra, tout ce qui est compris entre ces trois pattes. Pour plus de régularité , on peut faire en carton une des pattes , et appliquant son milieu sur celui de chacune de celles de cuivre , on en tracera les contours. On limera exactement suivant les traits ; enfin , l'on blanchira dessus et dessous ce qui sera resté de cuivre; on le polira même', si on le juge à propos. On donnera à chacune des pattes la forme qu'on leur voit dans la Jig. 35 , en conservant le petit cercle bien droit et bien horizonlàL
On arrondira à la lime un morceau d'acier, ou bien on prendra de l'acier rond de dix-huit à vingt-une lignes de long; on le taraudera dans toute sa longueur; puis, avec une Unie bâtarde, on ne laissera de filets que de la longueur de neuf à dix lianes. On .réduira la partie qui n'est pas taraudée à la mesure du trou du canon , de manière qu'il y entre à l'aise ; mais sans trop de jeu. On terminera le bout en pointe allongée , et dont le bout Hoit arrondi: il sera même à propos que la partie lisse soit au moins' bien adoucie à la lime douce, à l'huile.
On donnera à un fondeur le modèle d'une bobèche de chandelier, telle àpeu près qu'on la voit en «,^5-. 35. On la tournera intérieurement et extérieurement, de manière que la sorte de chandelle dont on se sert dans un laboratoire puisse y entrer librement; et comme c'est la partie extérieure qu'on doit tourner la dernière, en faisant entrer la bobèche sur un mandrin un peu à force, on dressera bien le dessous au grain-d'orge, et avec le même outil on y marquera un centre. On y fera un trou moindre que la grosseur de la vis qu'on vient de faire, et, sans ôter la pièce de dessus le Tour, on y introduira le taraud , qu'on tiendra' dans une tenaille à vis , en y mettant un peu de cire , ainsi qu'on Ta déjà recommandé pour tarauder le cuivre. Ce trou né doit point passer jusque dans l'intérieur de la bo< T. I. 45
, •••l'iir. bêche , de peur que le suif en fondant ne passe entre la vis et ne s^ntianr Pl. 25. g^p Je pjgd . jnais n doit avoir assez de profondeur taraudée pour que U tige d'acier y entre solidement, et qu'il n'excède la partie taraudée que de cinq k six lignes : on aura soin que la tige y entre un peu juste. On pourra également tarauder la pièce à trois pieds ; mais , dans tous les cas , on mettra par dessous un écrou de neuf à dix lignes de diamètre, qui, en faisant l'offîce d'un contre-écrou , serrera le tout très-solidement
Ce chandelier est très-commode , eu ce qu'on peut transporter la bobèche où l'on veut , et la poser sur un établi ou en tel endroit qu'on désire : enfin , en ce qu'il peut s'allonger , se raccourcir , se hausser et se baisser , selon qu'on en a besoin. Nous verrons même dans un instant , qu'on peut porter et placer la bobèche dans d'autres chandeliers prêts à la recevoir, attuidu que ta petite tige peut aller dans des canons semblables qu'on y aura Êtits. On limera -uo des bouts de la tringle en pointe , pour pouvoir la fixer dans un trou lait à l'établi , à peu près à l'endroit du Tour en l'air, et le plus loin possible, de l'autre côté du Tourneur, afin qu'elle ne gène à rien. On peut même tarauder l'extrémité de la tringle pour la fixer dans un écrou entaillé sur l'établL
Il est de la plus grande nécessité de pouvoir placer cette bobèche près de la meule, quand on veut affûter un ontil. Pour cela on attachera, contre le couvercle ou l'auge de la meule, une pièce de cuivre coudée à l'équerre , et portant à sa partie supérieure un canon semblable au précédent : mais on aura soin que la bobèche , mise en place , soit à une distaace suffisante pour que l'eau , qui peut rejaillir , n'éteigne point la lumière, et cependant qu'on y voie suffisamment
On pourroit même , avec un peu d'industrie river au haut d'une tringle la pièce de cuivre qui porte le canon , attacher contre l'auge une double équerre de cuivre dans laquelle passeroit la tringle , qâi , retenue au moyen d'un ressort pareil à celui dont nous avons donné la description , permettroit de hausser et baisser la lumière suivant le besoin. ^
Si l'on vouloit avoir dans un laboratoire un chandelier plus orné et plu» commode , on pourroit y ajouter un abat-jour ou chapiteau , qui , en tenant les yeux dans l'obscurité, ménage la vue, et réfléchit sur l'ouvrage une plus forte lumière. Ceux que nous allons démre peuvent également servir sur un bureau dans un cabinet
On tournera un modèle de pied de chandelier , en bois , suivant le profil le plus simple , tant pour pouvoir le nettoyer plus aisément , que parce que ces modèles sont constamment les plus beaux. Au heu de rendis les
CHAP. vn. Différeiu Chandeliers de laboratoire et de cabinet. 355 bords du pied minces, comme od les voit ordinairement , on réservera,^ à même la masae , une partie assez épaisse pour qu'il y ait beaucoup de ' matière qui l'alourdisse et lui donne de la stabilité. Tious n'avons pu en représenter que la coupe par la moitié sur sa hauteur, yï^. 38.
Quand la pièce sera revenue de chez le fondeur , on la mettra au Tour, soit au mastic , soit sur un mandrin de grandeur et de forme convenables pour la tourner et lui imprimer, si on le désire, différens omemens, suivant le goût de l'Amateur. Si le profil présente une ou plusieurs baguettes , on pourra y former uQ rang de perles avec une molette , espèce d'outil , très-ingénieux , avec lequel on &it ces sortes d' omemens , dont nous parr lerons ailleurs et dont la PL a6 offre plusieurs modèles. On fera, au dessu.s du pied , un trou de médiocre grossedr pour pouvoir le croître selon la piè<» qui doit y entrer.
On fera en dessous , et dans la partie épaisse , deux entailles placées aux deux extrémités d'un même diamètre ; mais ces entailles ne doivent pa« paroitre à l'extérieur, de peur de gâter la forme du pied. On les fera avec de petits ciseaux : on leur donnera environ neuf lignes de large sur six d« profondeur ou environ. On y ajustera une traverse en cuivre de six lignes d'épaisseur , et on l'y soudera à la soudure d'étain seulement. On remettra ensuite ce pied au Tour, dans un mandrin où il tienne solidement, et tourne parËiitement droit ; ce dont on s'assurera en approchant tout contre , en dessous et de côté , un outil quelconque. Quand on sera bien sûr qu'il est bien an Tour , on percera à la traverse qu'on vient de souder, un trou de trois lignes de diamètre au plus, et on creusera ensuite une portée de quatre lignes de profondeur , au moins , bien carrée dans l'angle du fond. En cet état le pied est terminé : il ne reste plus qu'à le polir en dessus.
On polit le cuivre sur le Tour bien plus facilement qu'à la main; mais, comme tous les traits sont circulaires , il est à propos de promener les polissoirs en tous sens , afin de croiser les traits , de les Ëiire disparaître en les multipliant, et d'obtenir ain$i un plus beau poli. Quant k la rangée de perles , ou autres omemens , si l'on en a feit , on doit se servir d'une brosse très-rude , qu'on imbibera d'un peu d'huile , et sur laquelle on mettra de la ponce en poudre très-fine.
Quand le pied 8«ra ainsi poli et terminé, on s'occupera de faire la tige , fig. 5i , qui est destinée à porter la Ix^èche ^, et le garde-vue 5,^. a, PL-kS.
On choisira une barre d'acier de la longueur de i5 à iS pouces, et d«
= G lignes carrées. On la limera parfaitement sur une Ëtce , en la dressant - avec une bonne règle, et en'en ôtant le moins qu'on pourra. Cette opération est longue et n>inutieuse. On se servira pour cela plutôt d'une ' lime bâtarde que d'une rude. On limera de biais, selon la longueur de. la barre. Il y a plusieurs raisons de limer aiiisi. Premièrement , la limaille ne remplit pas les dents de la lime , et tombe plus aisément ; au lieu qu'en^ limant à face, c'est-à-dire, en poussant la lime perpendiculairement à la pièce les grains de limaille se logent plus fortement entre les dents. En second lieu, en limant obliquement r-WL.voit i«frrtrait» sur la pièce, et quand on les croise on est plus à portée de juger où il Ëiut limer.
Dans un laboratoire , on ne-peut se passer d'un marbre à dresser. C'est par ce moyen que les ingénieurs en instrumens de mathématiques dressent toutes leurs pièces ; une règle n'est jamais aussi sûre ; mais ce marbre lui-m^me est très-difficile à bien dresser : voici comment on doit s'y prendre , si on n'a pas occasion de s'en procurer un.
On fera Ëiire, par un marbrier,, trois carreaux de dix-bait pouces on environ en carreau moins, de marbre noir d'Italie. On en dressera d'abord deux l'un sur l'autre, puis chacun des deux sur le troisième, et ainsi de suite en les alternant sans cesse. Cette opération se fait en £xant l'un des deux marbres , et en promettant l'autre dessus après avoir couvert leurs surr faces de grès passé au tarais , et délayé avec de l'eau. Rien n'est aussi long et anssi ennuyeux que ce travail; mais il est indispensable. Lorsque ces trois marbres s'appliqueront exactement les uns sur les autres, on sera assuré de leur parfaite justesse. Ijuand on voudra s'en servir pour dresser, %D prendia avec le doigt un peu de la boue noire qui est sur la pierre à l'huile ; on en mettra sur le marbre , et on l'étendra de manière qu'il y en ait partout également
. Lorsqu'une des faces de la barre sera dressée à la règle, aussi bien qu'on le pourra , on la passera sur le marbre , en la frottant sur sa longueur, et l'on jugera des endroits où il faut limer. On ôtera peu de matière à chaque fois, car on a bientôt gâté tout ce qu'on a fait Lorsqu'elle prendra partout, on dressera une des faces d'à côté de la première , et- on y présentera souvent une bonne équerre. Il est inutile de dire qu'il faut . se servir des mâchoires de plomb pour saisir cette barre dans L'étau. On terminera cette face en la présentant sur le marbre comme la première. On tracera avec un trusquin en fer , dont la pointe soit trempée , un trait parallèle à une des faces dressée sur deux faces dessu^ et dessous. On dresr sera ce côté à la lime et à la règle , puis au marbre ; enfin on tracera, de-
CHAP. VII. Différena Chandeliers de laboratc^ et de cabiwt. iB^ mcine deux parallèles sur le quatrième côté, et on le tenAinera de la .^i .n même manière. La pièce étant parfaitement dressée, on réunira tous les ^'■■^ traits en passant une lime très-douce en travers sur sa longueur. Cet ouyrage ^ que nous détaillons en peu de lignes, est infiniment long ; mais aussi toute ))ièce ainsi dressée lait honneur à l'artiste , et contribue à la perfection de la machine ou ustensile auxquels on la destine. On la polira ensuite , mai» avec précaution , pour ne point arrondir les surfaces et gâter les vive» arêtes. Pour cela^ on prendra des morceaux de saule ou autre bois blanc, sans noeuds, qu'on nomme Boia à polir, bombés vers le milieu de leur. longueur; on y mettra de l'émeri fin et de l'buile , et on les passera dan» lé même sens que la lime douce, en prenant.garde de ne pas accrocher le» angles^ Enfin on prendra deux de ces bois; on en mettra un en dessus et l'autre en dessous de la barre, qu'on tiendra par un bout couchée dans l'étau^on y mettra de l'émeri de la plus grande finesse et un peu diiuile, et on j donnera le dernier poli en serrant ces bob entre les mains : par ce moyen , on polira deux surfaces à la fois , en long ; on retournera la pièce , et on polira les deux autres faces de la même manière.
II &ut maintenant arrondir un des bouts de la tringle , pour qu'elle entre et tourne dans le pied du chandelier. On prendra donc la bauteuF totale de ce pied , et quelques lignes de plus. On abattra avec soin les ■' angles de la barre à une hauteur égale à celle qu'on vient de prendre. On mettra ces quatre nouvelles faces résultantes des angles abattus à l'équerre les unes avec les autres , et on les dressera à la règle , de manière que cette partie présente huit pans égaux. On abattra de nouveau les huit angles , et on aura seize faces-; cette précaution sert à produire un cylindre qui soit au centre du carré de la barre. Enfin, on abattra les autres pans sans autre précaution que de bien arrondir cette partie. Il seroit à propos de la terminer au Tour; mais la longueur de la barre, et plus encore sa forme carrée, rendent cette opération difficile; on peut cependant en venir à bout par divers moyens que l'industrie peut suggérer.- On peut , par exemple , fixer à peu près à son milieu une pièce de cuivre percé* carrément, dans laquelle la tringle entreroit juste , et qu'on tourneroit. en mettant un des bouts de la tringle dans tin mandrin au Tour en l'air, et l'autre bout bien centré ^ à la pointe mobile. Quand cette pièce de cuivre sera parfaitement ronde et de la forme d'une boule, on la prendra entre deux cales serrées dan» une poupée à support, et par, ce moyen on évitera le fouet ou tremblement que la longueur de la tringle procureroLt iuévitoblement Si l'arbre du Tour étoit percé, il seroit plus simple de
g placer la tringle dans le trou en laissant dehors la partie qui doit être tournée, que l'on centreroit dans un mandrin à huit vis, ou à coussinets.
On conçoit comHen il est important de bien centrer cette barre sur le Tour, tant d'un bout que de l'autre. Pour le bout carré , il suffît de creuser un mandrin de manière que le carré y entre très-juste; les angles suffisant pour le retenir; mais l'autre devant être piqué d'un a)up de poin» teau, il &ut tâtonner en jetant le trou d'un ou d'autre c/ité, sdoa qu'on s'aperçoit que la pièce tourne plus ou moins rond; et l'on s'en assurera lorsqu'en tournant on verra que les quatre angles approchent égalemMit d'un outil qu'on y présentera. Il seroît encore plus sur de déterminer le centre avant d'abattre les angles. On trouvera, fig. la, Pi. 3, T. II, un outil très-commode pour cette opération.
II faut tourner cette partie au burin , dont l'tHage convient mieux aux personnes peu exercées que celui des crochets, qui présente plus de diffîcultés; on la mesurera souvent pour la rendre bien cylindrique. Mais avant de faire cette opération, il sera à propos de tarauder d'un pas trèsfin le haut de la partie arrondie à la longueur de trois it quatre lignes pour recevoir Tembâse dont nous allons parler. On Ummen ensuite le bout qui doit entrer dans le pied du chandelier, et on le mettra à une grosseur telle qu'il puisse passer librement dans l'écrou de l'embase sans en endommager les filets; et comme une fois mise en place, cette embase ne doit plus être ôtée, il sera bon de l'y fixer d'une manière invariable. La rouille est le moyen qu'on emploie avec succès dans ces sortes de cas. On essuiera donc parfaitement la vis et l'écrou pour en ôter toute l'huile. On mettra sur.l'un et l'autre un peu d'eau, dans laquelle on aura dissous du sel ammoniac, et au bout d'une heure ou environ on verra la rouille se former. On remettra un peu de pareille eau , et l'on vissera l'écrou trèsfortement contre les quatre carres qui lui servent d'épaulement On arrondira cet écrou , à dix on douze lignes de diamètre , k la lime , et l'on remettra la pièce sur le Tour de la manière indiquée plus haut.
On tournera cet écrou sur ses deux feces et sur sa circonféresce, poar servir de base à la tige, et poser sur le dessus du pied. On y formera, si l'on veut, des moulores, telles qu'une 'baguette, et au dessous un carré ou listel : on pourra aussi goudronner la baguette avec une molelfe , telle qu'on jugera à propos. ( Nous verrons bÎMitôt qu'il y en a de bien des espèces. ) Enfin , on dressera et on polira toutes les faoes avec le plu» grand soi»,
CHAP. Vn. Différens Chandeliers de laboratoire et de caBinet. 5^9
On croîtra le troa du dessus du pied jusqu'à ce que la tige y tourne ■■■■ »>■
librement sans ballotter. On croîtra de même le trou de la traverse d'cDw ***" **■ l)as , et l'on y fera aussi entrer la tige; puis on marquera sur cette tîge, au niveau du fond du ravalement de la traverse , l'endroit qui y répond ; on remettra la pièce sur le Tour, et l'on marquera, avec un burin, un trait circulaire à l'endroit qu'on aura marqué.
On saisira tk tige dans l'étau , entre des mâchoires de plomb , et l'on fera depuis le trait circulaire une portée carrée , ou mieux encore à six pans , la plus exacte qu'on pourra , de manière que les angles soient à la circon* férence du cercle qu'on aura détruit. On fera, avec un morceau d'acier^ un mandrin qui ait les mêmes dimensions, mais qui ait suffisamment d'entrée par le bas, et qui soit un peu diminué par le haut , dont on émoussera les angles de dessus en l'arrondissant. On percera un morceau de cuivre, on le mettra à pans en dedans avec une lime à'erarée ; on y fera entrer de force le mandrin , qu'on huilera un peu , et l'on forcera le trou à prendre sa forme. Si le mandrin a été bien fait, la pièce doit entrer juste sur la partie à pans de la tige. On la tournera en place sur sa circonférence jusqu'à ce qu'elle entre librement dans le ravaleînent qu'on a Ëiit à la petite traverse , et sur ses deux faces jusqu'à ce qu'elle pose droit au fond , et qu'elle n'excède pas sa surface inférieure ; et cconme il est presque impossible qu'une pièce tournée sur des pans puisse se replacer indifféremment sur les autres sens , on donnera un coup de pointeau sur une des &ces du carré de la tige , et un autre sur le plat de la pièce de cuivre , vts-à-vis le point du carré , afin qu'on le remette toujours dans le sens où. il a été tourné. On marquera . encore , avec une lime à fendre , sur le carré de la tige , l'endroit qui cor* respond à la face supérieure de cette plaque, et de ce point on arrondira le surplus de la tige, en abattant ses angles avec précaution. On tarau* dera cette petite portée d'un pas un peu fin , et l'on y mettra un écrou ; enfin on tournera encore cet écrou au m«ne diamètre, et on le dressera sur ses deux faces.
11 n'est pas aisé de visser et dévisser un écrou «dont la forme est ronde; U &ut donc se procurer une clef qui puisse rempUr l'une et l'autre fonction. Oa fendra en deux points opposés, et sur son diamètre, la circonfé* rence de l'écrou d'une entaille cairée; ou mieux encore, on fera sur le plat de l'écrou, à égale distance du bord et au diamètre, deux trous de foret . de moyenne grosseur.
On fera ensuite , avec un morceau d'acier, une clef de l'espèce de celle dont nous avons déjà parlé , et qui est représentée PI. 17, J^- 43 , et 44-
3Go - MANUEL DU TOURNEUR,
^^^ee Ainsi, quandia'tige sera en placé, elle aura la liberté 'de tourner sans **■- ='^' quitter le pied. -
.On doit concevoir à quoi sert la plaque de cuivre que nous avons mise à la tige. Comme elle est carrée , elle tourne avec elle sans sortir de sa place , étant retenue par l'écrou ; si l'écrou posoit seul au fond du ravalement , il se visseroit quand la tige tourneroit d'un sens , et se dévi&seroit de Tautre; au lieu qu'avec la précaution indiquée il ne sauroit remuer. On en use ainsi dans toutes les machines dont les pièces sont retenues à vis , et Sont cependant daps le cas de se mouvoir sur elles-mêmes.
Il faut 'à présent s'occuper du garde-vue jé , fig. a , PI. a6 , qui glisse le long de la tige C, au moyen d'une douille D, qui contient un ressort pour le fixer à la hauteur convenable.
Pour faire cette douille on roulera un morceau de cuivre à Téquerre autour d'un mandrin , ayant à peu près la forme de la tige carrée ; mais comme il doit y avoir un ressort entre la tige et le dos de la boile, on fera le mandrin plus large qu'épais.
Si l'on se contente de laisser sur l'une des faces intérieures de la boîte un vide , pour y loger le ressort de pression , il faudra fixer ce ressort en sa place, soit par une vis, soit en réservant, à ses deux extrémités, un / petit épaulemeht; sans quoi, en montant et en descendant, il tomberoit
à twre ; soit enfin par deux goupilles od étoquiaux. Mais ces manières ne sont pas agréables : en voici une autre ^ui remplit le même objet , et est infiniment plus propre.
Au lieu de plier le morceau de cuivre sur les quatre faces du mandrin , comme on l'a dit, on ne le pliera que sur trois; mais on fera les deux qui sont opposées, plus larges qu'il ne faut pour la barre : on les dressera parfaitement à la lime, de sorte qu'elles soient égales haut et bas. On prendra £nsuite un morceau de cuivre de deux lignes et demie d'épaisseur; on Le mettra à longueur de la boîte, et on fera, de chaque côté, aux dépens de son épaisseur , un ravalement, au moyen duquel ce côté puisse entrer entre ceux de la boîte : on tâchera que ces deux ravalemens soient parallèles et dans im même plan. On tracera ensuite à l'équerre deux traits , dont l'écartement respectif soit tel , que quand la boîte sera limée et mise à sa longueur, ces traits soient l'un et l'autre à deux lignes ou environ de chaque bout. On xttera , avec une lime neuve, tout ce qui est entre ces deux traits , jusqu'à ce qu'on ait atteint à la profondeur des ravalemens ; et en cet état, cette pièce ressemblera à une lame de l'épaisseur du reste de la boîte , aux bouts de laquelle on auroit fixé une élévation de
CHAP. VII. Diffèréna Chandeîieriràê lahoroAoire et de cabinet. 36i toute la largeur d'une &ce de la tringle. Enfin, on limera les deux s c6tés jusqu'à ce que la lame ajoutée, étant bien serrée en place, pose par ses deux petites élévations contre la quatrième face de la tige ; ce qui n'empèdtera pas qu'il ne se trouve entr'etles un vide suffisant pour loger le ressort, qui, une fois en place, n'en peut plus sortir, étant retenu par les deux épaulemens. On aura attention que les deux côtés de la lame ajoutée débordent les côtés de la boite, pour pouvoir porter et retenu- la soudure. On donnera qudques traits de lime en travers , comme nous l'avons recommandé pour détenniner la soudure à y entrer.
Il n'est pas encore temps de sonder cette pièce. La boîte doit porter à sa Ëice de devant une autre boite , dans laquelle entre la tige qui porte le garde-vue; et le tout doit être soudé d'un méme/e«. On fera un aub-e mandrin d'acier, de trois lignes carrées ou:«nviron, et un peu plus long que la boite : on le fera un peu &a diminuant vers un des bouts. On pliera , sur trois de ses &ces , un morceau de cuivre d'une ligne et demie ou environ d'épaisseur. On dressera bien les deux extrémités des joues , qui doivent poser siïr la boite : on dressera également la fiice de cette botte , où doit être rapportée la pièce qu'on a préparée; et comme cette lace-doit déborder de chaque côté ta petite boite qu'on vient de &ire , il faudra placer celle^n parfaitement au milieu de la largeur , et bien droite suivant sa longueur, la partie la plus étroite en ba.<t. Il ne s'agit plus cpie de souder ces trois pièces; mais comme la soudure peut baver ea dedans, et boucher le vif de l'angle que la lime a BiH contre la petite élévation et entre les deux , ce qui empécheroit le ressort de s'y loger comme il tani, on pré- . viendra cet inconvénient en mettant dans ees angles un pea de blanc d'Espagne en pâte à l'eau. Mais on aura soinul'aviver de nouveau les bouts qui posent contre les côtés de la boite, sans quoi, s'ils touchoient, et qu'il y eût du blanc d'£spagne, il pourroit se &ire que la soudure ne prit pas en cet endroit C'est ainsi que quand on soude. une pièce, et qu'on ne veut pas que la soudure s'étende ou prenne deux parties , on l'en empêche en couvrant de blanc Les surfaces après avoir hii calciner le borax dont on aura auparavant enduit tes jointures. On fixera ces trois pièces, au moyen de d£ux liens de fil de fer ; après quoi on mettra à tou tes les jointures un peu d'eau de borax , et de la soudure de médiocre grosseur : ou placera la pièce dans un fourneau de terre ou dans une poêle de fonte montée-sur trois pieds. On l'environnera de charbons dans tous les sens, et cependant on réserveradesintervallesj>ourpouToir examiner ce que devient la pièce, T. I. 46
36i MAKUEL DU TOURNEUR. .
set si la soudure ooulei.nous nerépéterons pas ce que nous avons dit ailleurs it ce sujet t
Cette opération est un peu difficile à cauae des deux pièces à souder à la fois : ou animera le feu arec un moyen soufflet, ou mieux encore avec un écran , où cela sera nécessaire pour que les deux soudures partent ensemble : car si l'une des deux tarde, et que le feu continue d'être actif, la première pièce fondra quand la seconde soudure coulera à peine.
On peut souder le cuivre avec la soudure dont on se sert pour l'argent: les ouvriers l'emploient rarement pour le cuivre , parce qu'elle coûte plus cher : mais, quoiqu'ils prétendent qu'elle soit moins forte que celle aU sine, et qu'elle laisse une ligne blancbe sur le cuivre, nous n'pn voyons' pas moins à cette soudure plusieurs commodités que l'autre n'a pas. 1°. Elle est plus aisée à couler , et par conséquent il faot chauffer, moins la pièce , ce qui diminue le danger de la fondre. En second lieu , comme il y a des soudures d'argent de difBérens degrés ou numéros, c'est-à-dire qui ne coulent pas au même degré de chaleur, on peut souder, à plusieurs reprises , sans risquer que la pièce se dessoude ; enfin , si la soudure d'argent laisse un trait.blanc, celle au zinc en laisse un moins jaune que le cuivre, et toujours on l'aperçoit On peut ajuster si bien la pièce à souder , que le joint soit imperceptible , et nous avons déjà dit que cette exactitude de jointure -est un moyen assuré pour que la pièce tienne mieux. Ainsi, 4ans notre cas , ou pourroit souder d'abord le dos de la boîte, et souder ensuite la petite boite sur le devant ; mais ce n'est pas avec la même soudure. Il y en a au -f, au -j, ao 7, au {, et au 7^- Celle aii -j- est si fbible, que tes ouvriers s'en servent rarement : on emploie plus ordinairement celle au ~, ou', comme disent les ouvriers, au quatre ■- si donc on TOuloit souder à deux reprises, on feroit la première sOudure avec celle' au 6 ou au 8 , et la seconde avec celle au quatre : en voilà assez pour le moment ; nous donnerons ailleurs la composition des différentes soudures (le zinc, d'or et d'argent.
Supposons que la pièce a bien réussi au feu ; on la mettra dérocher dans un vase, où elle soit couverte d'eau seconde. Au bout d'un temps suffisant on l'essuiera, et l'on examinera si elle est bien propre en dedans. On y mettra dans le ravalement une petite pièce de tôle qui y entre juste, et qui affieure les deux élévations. On introduira le mandrin un' peu huilé; on le fera entrer de force , et on donnera de légers coups de marteau en tout sens sur la pièce, qu'on posera sur un tas poli; quand le mandrin aunr passé d'outre en outre , la botte doit aller juste sur la tige, puisqu'on
CH AP.. Vil. Vijférena ' Chandeliers de labor(Uoire et de cabinet. 363 suppose que le mandrin est ^1 à la barre ou tige; et Ici il est à'ptvtpo» sfiBEMB de prévenir une erreuT à laquelle nous pourrions nous-mênies avoir donné ^'" ^** Heu. Le lUandrin sur lequel on plie le paraUélogramme de cuÏTre dans des cas semblables à celui-ci , n'est pas celui qui sert à donner la forme intérieure semblable à la tige qui doit passer dans la boîte. Le premier doH être plus petit sur tous les sens.
On remettra la boîte sur le mandrin avec la petite pièce de' tôle, de peur qu'en la serrant dans l'étau elle ncperdît sa forme. On la limera bien carrément sur trois sens , ayant soin que les épaisseurs soient partout égales du dedans au dehorsi Quant à la quatrième Ëtce , sur laquelle est soudée la seconde boîte , on tie peut la dresser qu'en la limant en long avec des limes à pilier, qi^i forment bien carrés les angles de cette boîte.
On peut laisser cette boîte telle qu'elle est , en en dressant les faces in-' ■térieures , ou bien ^>attre le dessus avec une lime , et ne laisser que les ■côtés-, qu'on formera ensuite en queue d'aronde pour y loger la tige du garde-vue. Cette méthode est préférableà l'autre, en ce que cette boîte étant soudée sur la première , on pourroit déformer celle-ci , si l'on forçoit le mandrin dans ta petite; mais il faudra faire cette coulisse en queue d'artHide avec bien de l'attention. On achèvera la boîte mi la dressant par les bouts, abattant les extrémités de chaqjie face en chamfrein. ( On nomme ainsi -on plan iaetiaé à deux autres, parallèlei entre eax.) Enfin on la polira.
Pour faire le ressort on forgera un morceau de cuivre, qu'on amènerai une demi-ligne d'épaisseur. On le coupera à. la cisaille, et on le limera sur ■ses deux faces et tout autour. On le mettra à la lai^;eur du dedans de la boîte, et à une longueur telle qu'il soit contenu dans la place qu'on lui a-faite. On lui,doiin«'a un peu de cambre ou courbure, avec la panne d'un gros mir- - teau, sur un billot à bois de bout, et on te polira parle dos , afin qu'il glisse plus aisément. On le mettra en place, le dos tourné contre la tige ou barre d'acier ; de cette tnanière ou pourra hausser et baisser la boîte sans craindre qu'il ne toml>e.
■ Ou préparera la pièce<jui doit porter le garde-vue; mais auparavant il est bon d'avoir déterminé la forme de ce garde-vue. ■
On voit sur les boutiques de tous les fïerblantiers des abat-jours ou gardevues. à des lampes; mais tous sont faits sans principes d'optique, et dans U seule vue de rejeter en bas la lumière qu'on dérobe aux yeux de celui qui travaille. L'objet de ce ganle- vue est d'abord d'empêcher que les rayons lumineux ne frappent les yeux et ne fatiguent la vue; en second lieu, de les rassembler tous ou le plus grand nombre, et de les diriger vers l'objet
s qu'oQ veut voir. Tel est , par exemple , l'objet des miroirs qu'oD adapte auf réverbères. Les savaos ont cherché la meilleure forme à donner à ces miroirs, et ils ont reconnu que la forme parabolique ( voyez la courbe résultante de la section parallèle au côté du cône,^. 49? <!"' ^t dessous U cône) est la plus avantageuse ; mais on a trouvé trc^ de difficultés à faire des miroirs paraboliques réguliers , et dans la pratique on se contente de la forme sphérique. Pour les garde-vues, on secontente delà forme conique; mais pourvu que la table sur laquelle on lit un écrit, ou l'établi auquel ou t^vaille, soient la base du cône de lumière, cela suffit. U ne Ëiut donc pas trop l'évaser, conune font la plupart des ouvriers, mais lui donner une forme tell^. qu'aucun des rayons lumineux ne soit perdu pour celui qui travaille. Voici la manière de le construire. * U faut savoir d'abord que la forme la plus avantageuse est de lui donner sept pouces de diamètre à la base , trois pouces et^emi il la section du cône , et trois pouces ou environ de haut Sur une ligne à volonté A,B, fig. a4i P^- ^^1 °^ abaissera une perpendiculaire C, D; à trois pouces et demi de distance , on tirera une parallèle à la première ligne E, F. On portera , à. droite et à gauche du point où la perpendiculaire coupe la base , la moitié du diamètre qu'<Mi veut donner à la base du cône en G et JH, et, dans l'exemple , ce sont trois pouces et demi. Sur sa parallèle on portera , du même point où elleest coupée par la{>erpendiculaire adroite et à gauche, la moitié du diamètre de la section en / et en iST ^ qui , dans l'exemple , est un pouce neuf hgnes , moitié de trois pouces et demt Des deux points G, H, extrémités des diamètres à droite et à gauche, on tirera deux lignes passant par les points/, K, qui se couperont sur la perpendiculaire en />, et cette section sera le sommet du cône cherché. De pe sommet, avec une ' ouverture de compas égale à //, C, on tracera une portion de -cercle P t Cf Q; et avec une autre ouverture de compas égale à 7>, A, on tracera un autre cercle concentrique au premier. On portera sur le grand cercle six fois le rajoq de la base du cône; et des points c , eif, où cette mesure aboutira , et du centre des cercles , on tracera des lignes qui c«uperont les cercles. .Si l'on opère sur du fer-blanc, comme cela est le plus ordinaire» on coupera en suivant les deux cercles-^ et enfin on coupera en ligne droite , en dehors des lignes qui partent du centre. Ou mettra l'une sur l'autre les lignes qui partent du centre , et l'on soudera ces. deux bouts solidement : ce qui donnera le cône tronqué qu'on a déterminée
Pour donner à ce garde-vue plus de soUdité, et en m«me tonps plus de propreté, on fera aux deux bords des cercles, avec la uanue d'un mac^
,GoogIe
CHAP. Vn. Différen* Chandelier» de laboratoire et de cabinet 3G5 teau', dans une rainure , ane espèce de cannelure dans laquelle on enfer- :
mera un bout de fil-de-fer, et on rejoindra la partie recourbée contre la ^'" sut i&ce du cône ; ce qui fera , haut et bas , un bourrelet qu'on fera déborder en'4essus : à Tune des extrémités, le £lde fer excédera de trois ou quatre lignes, et à l'autre il s'en faudra d'autant qu'il n*aHIeure le bout On coupera un peu du bourrelet du côté où le £1 de fer excède. On en fera autant par le haut, et quand on assemblera les deux extrémités de la sur&ce , on fera entrer , dans le trou du bourrelet, les bouts de fil de fer qui excèdentyjusqu'à ce que les deux traits qui ont été tirés du centre se rencontrent , et c'est alors qu'on soudera proprement la jointure. On arrondira ce cône sur une bigorne avec un maillet de bois , et on planera Ift surface autant qu'il sera possible. 11 ne faut plus que peindre ce cône en dedans et en dehors.
On le peindra en dehors en vert ou en noir, à volonté. Le vert est le plus en usage ; mais il me semble que le noir est plus beau et moins commun. Quoique cette opération sorte entièrement du plan que nous nous sommes tracé, nous croyons' devoir la détailler ici pour prouver qu'un artiste qui veut s'amuser doit connoitreun peu tous les arts. '
On commencera par mettre avec un pinceau , en dessus , une couche d'eau de sel ammoniac, pour décaper la surface, lui donner de l'âpreté, et la disposer à prendre la couleur. On y mettra ensuite une première couche de noir d'ivoire broyé à l'huile de noix ou de lin , dans laquelle on mettra un peu d'huile grasse. Quand elle sera bien' sèche , on en mettra une seconde, et on la laissera sécher. On dessinera ensuite, haut et bas, une dentelle légère; on en couvrira tous les traits avec un pinceau fin de mordant à l'huile. On attendra qu'il happe les doigts sans s'y attacher. Alors on couchera des feuilles d'or fin sur tout le dessin ;■ et au bout de quelques heures on époussetera tout ce qui n'aura pas pris t'iH-, et l'on verra le dessin en or. Si quelque partie du fond avoit pris l'or, c'est une preuve que ce fond n'étoit pas assez sec; et dans ce cas , il fendra, avec un pinceau très-fin et du noir à l'huile, rendre aux feuilles ou branchages leur finesse et leur netteté. On en fera autant au haut; mais moins le dessin sera chargé , plus l'ouvrage sera agréable : un simple feuillage ou palmette fera fort bien.
Quand le -tout sera parfeitemeot sec , on y mettra une couche de bon vernis ji Tesprit de vin; on la laissera sécher, et successivement on en mettra 5 ou 6, le plus Clément possible ; si le temps n'est pas chaud , il sera à propos d'enfermer la pièce dans une petite armoire dont on aura
= 6té tontes les tablettes, et au lieu de celle d'en haut, on mettra quelques *■ ficelles tendues des deux côtés.
On mettra la pièce sur ces ficelles; et au bas on mettra un réchaud ■de feu doux, puis on fermera l'armoire: c'est ce qu'on nomme une étuve. Cette chaleur procure deux avantages : l'un de permettre au vernis de s'étendre ^g.ileraent; l'autre de contribuer à ce qu'il sèche plus vite. Quand toutes les couches seront bien sèches, on prendra de la pierre ponce passée au tamis; on en frottera toutes les surfaces du cône en tous sens, pour en ôter les côtes que le vernis a nécessairement faites; et dans celte opération on se servira de ponce en poudre beaucoup plus fine, mêlée de blanc d'Espagne délayé, pour ôter les traits, que l'on croisera en tous sens ; on terminera le poli avec du tripoli fin broyé à l'eau , que l'on emploiera en poudre avec de l'huile : enfin on achèvera de brillanter avec de pareil tripoli sec, et l'on frottera avec la paume de la main, ou du feutre étendu sur un bois bien dressé. En cet état le vernis doit être trèsuni et bien égal.
On blanchira le dedans, car l'usage de le laisser brillant ne vaut absolument rien; un trop grand éclat blesse la viie; au lieu que le htanc réfléchit tous les rayons, et donne la plus grande lumière : mais par la même raison, ce blanc ne doit pas être brillant, et pour cela on ne doit yas l'employer à l'huile.
Cto décapera la surface intérieure comme on a fait celle de dessus; puis ayant délayé du blanc de plomb avec un peu d'eau gommée, on en mettra une couche légère, puis une seconde, et une troisième, si on le juge à propos. Ces couches sèchent assez promptement, et, quand elles sont sèches, donnent un blanc mat qui convient parfaitement à un pareil garde-voe. Avant de s'occuper des moyens de le mettre en place, il est à propos de faire la tige qui porte la bobèche.
' On conçnit qu'il n'est pas possible , avec uii garde-vue fixé k la, tige , d'allonger et raccourcir le Iwas qui porte la lumière. On se contentera donc de le faire d'une seule pièce.
■ On a souvent besoin, dans un cabinet, de voir de ' très-près , et pour cela il faut que le binet descende presque sur le bureau. On dessinera donc sur une feuille de papier la coupe du chandelier en entier, dans toutes ses proportions. Nous l'avons représenté en petit , tout monté , fig. a , PL a6. On fera en bois le modèle <îu bras qui porte la bobèche. Il doit aVoir environ quatre lignes carrées tout au plus quand il sera limé el poli; c'est pourquoi il est à propos de lui en donner près de cinq, pour qu'il ne S9
,GoogIe
CHAP. Vn. Différtns Chandelier» de iaboratoire-el de cabinet 867 sente en rien . des défauts que la fonte laisse quelquefois. On renflera ^ess^i les endroits où passe la tige, afin qu'à ces endroits il y ait snHisarament ^^ ^^ de lorce ; mais on ne les percera qu'après la fonte. Les courbures qu'on y voit ont pour but de suivre d'une manière régulière et en lignes droites le profil du pied, et de pouvoir baisser la bobècbe au plus bas possible ^ l'endroit où est la bobèche doit aussi, pour la grâce seulement, être circulaire..
On tournera de même un modèle de binet et un de bobèche, et on vernira ces modèles après^les avoir finis en tou& sens à la lime.
On prendra également une petite planche de quatre bonnes Ugues d'épaisseur, on la coupera à angles droits d'après le dessin, pour entrer dans la coulisse à queue d'aronde, et après avoir déterminé la Longueur qu'elle doit avoir pour que l'axe du cône ou garde-vue soit dans l'axe de la chandelle ou bougie , ce dont il sera facile de s'assurer par te dessin , grand comme nature, qu'on en aura lait On prendra, avec une fausse équeirt, l'angle du côté qui pose sur le cône et le porte. On dessinera sur cette planche la potence entière et XS qui la soulage , et avec une soie à re~ percer, dont la lame infiniment étroite tourne dans tous les sens, fig. 3, on mettra à jour les parties qui doivent rester. £t potu- cela , 00 desserrera une des vis qui serrent la lame ; on fera autant de trous de vrille ou autre mèche qu'il y a d'endroits qu'on doit découper ; on y fera passer la lame , et on la serrera dans sa mâchoire ; après quoi on la tendra en Ëûsant tourner le manche qui contient un écrou qui appelle la mâchoire inférieure. Quaad la pièce sera entièrement découpée, on la réparera proprement avec des limes ou des écouanes ou grelettea convenables; et comme la partie qui doit poser sur le cône seroit trop étroite à quatre lignes , on posera de chaque côté une petite tringle qu'on y fixera avec des clous d'épingle très-fins- On vernira cette pièce pour la donner au fondeur.
On pourra, si l'on veut, tourner un modèle de vase pour être mis au haut de la tige; c'est par là qu'on transporte le chandelier, qui ne laissa pas d'être assez lourd ; et pour le fixer à sa place , on fera à la lime , au haut de la tige , un tenon qu'on taraudera , et qui entrera à )ns en dessous du vase. On donnera toutes ces pièces au fondeur.
Quand tes pièces seront revenues de chez le fondeur, on les limera sur les quatre laces eu les mettant parfaitement à l'équerre , et conservant partout la même largeur et épaisseur. Quant aux endroits où il y a des renflemens pour passer la tige, on ccunmencera par y donner un coup de pointeau le plus au milieu qu'on pourra ; et de ce point , comme centre ,
B=aa-SE ou tracera le plus grand cercle possible, qu'on renverra en dessous, avec Pi. 36. exactitude; et pour cela, on dressera parfaitement un des côtés à l'équerre, et on retournera un trait qui passe par le centre, en dessus, delà «ar le côté, et enfin par dessous, et ensuite avec un bon trusquîn en fer on tirera une ligne au milieu des faces de dessus et de dessous; et comme la partie renflée empêche qu'on ne continué ce trait tout du long, on achèvera de le prolonger , au moyen d'une bonne règle qu'on alignera au trait; et Ja section de dessous donnera le point de centre cherché. On tracera en dessous un cercle pareil à celui de dessus, et Ton arrondira ces parties avec facilité; mais auparavant, il but avoir tait à cet endroit les trous detitinés à recevoir la tige. On percera d'abord un trou de foret dessus et dessous , on équarrira l'un et l'autre trou , avec une lime d'entrée , ou à quatre carres, un peu moins qu'il ne Êtut pour donner entrée à la tige, ayant soin que le bras qui porte la bobèche soU bien perpendiculaire à la face du devant de la tige, afin que ce bras, et celui qui porte le gardevue, soient dans une même ligne tirée d'à-plomb. On fnn un mandrin de grosseur parËiitement égale à celle de la tige , et plus long que la distance qui se trouve entre l'un et l'autre trou , afin de les estamper ensemble , et qu'ils soient dans une méioe direction; et pour y mieux réussir, on dressera c^cane de ses faces sur le marbre ; on diminuera un peu vers le bout, sur chaque face, la grosseur du mandrin , en venant d'un peu loin. On en fera autant par le haut, mais d'un peu plus court; enfin on le trempera, on le présentera dans un des trous, où on le forcera, à petits coups, d'entrer et de faire sa place; on le dirigera vers le sftond, et au moyen d'un peu d'huile, îl doit entrer sans beaucoup de peine. S'il éprou* voit une certaine résistance, et qu'il fallût frapper un peu fort, de peur de fatiguer la pièce.qui porte à faux, on fera sur le Tour un cylindre de bois bien dressé par ses deux bouts , dont on négligera la surface , auquel on donnera pour longueur la distance exacte comprise entre le grand et le petit bras; puis après avoir fait sur son axe un trou suffisant, on le mettra entre les deux bras, et appuyant le tout sur les mâchoires d'un étau ouvert, 00 pourra frappa sur le mandrin avec plus de sûreté. Quand le mandrin aura passé dans lés deux trous , la tige doit y aller ; s'il en étoit autrement, il ne faudroit pas faire entrer le mandrin en changeant les côtés où il y est entré la premiM^ fois, car rarement une pièce a-t-elle ses quatre faces parfaitement égales ; mais il vaudroit mieux toucher à ces trous avec des limes douces convenables , avec beaucoup de précaution , jusqu'à ce que la tige entrât aisément^ mais sans bdlotter. Il s'agit main-
CHAP. VIT. Diférem Chandeliers de latioratoire et ttè cabinet. SÔg tenant de faire le ressort Nous avons déjà enseigné k en faire un; nous ne s nous répéterons pas, nous observerons seulement qu'on peut prendre du cuivre sufiSsamment épais, le pliçr à l'équerre, haut et bas dans l'étau, plus court qu'il ne faut pour la place , et à force delà foi^r, le porter à la longueur nécessaire , pour que , limé et poli dans tous les sens , il y entre à l'aise. On peut retenir ce ressort en sa place, de deux manières; oa en le fixant sur la partie contre laquelle il pose , au moyen d'une vis, ou bien en faisant, haut et bas, une entaille dans laquelle entre la tige. Mais nous ne pouvons trop recommander d'écrouir ce ressort comme il faut; sans cela il se rendrait au bout de quelque temps.
. On tournera ensuite la bobèche et tout ce qui la compose; et d'abord, on fera un trou sur le bras qui doit la porter. On le fraisera en dessous; puis on tournera, à l'archet ou en l'air, une tige dont un bout entre juste dans le trou qu'on vientde &ire. On fera easuiteane partied'un plus fort diamètre, soit cylindrique , soit en boule , de 4 ou 6 lignes de hauteur ; après cela on fera une partie lisse de ro à la lignes de long. On taraudera cette dernière, et après avoir tourné et percé le binet k la grosseur de cette partie tarandée, on tournera et taraudera également la bobèche, ayant toujours soin que le trou ne perce pas en dedans. On mettra la tige en sa place , on la rivera en dessous du bras en remplissant proprement la fraisure, puis on limera le tout à fleu^ de la surface.
On sera peut-être embarrassé de la manière dont il faut s'y prendre pour tourner le binet : la voicL Lorsqu'il revient de ta fonte, il porte encore un peu du Jet par où la matière est entrée dans le moule; il peut avc»r aussi quelques bavures ou autres irrégularités. On les emportera toutes k la lime. Et comme ce binet peut s'être voilé en refroidissant dans le raoule , il sera bon de le mettre à plat sur un établi , et de le dresser avec quelques coups légers d'un petit maillet. On le mettra au mastic sur un mandrin d'un moindre diamètre que lui , la partie creuse en dehors ; on le dressera par&itement avant que le mastic soit refrxtidi , et on le tournera sur une de ses feces, à la circonférence qui dmt être en bourrelet, si l'on y veut former.des perles , ou tout unie, k la volonté de l'Amateur, et un peu par derrière. On le polira avec soin , et avec un léger coup de maillet on l'ôtera de dessus le mandrin. On le mettra dans un autre, auquel on aura fait une portée qui ait peu de profondeur , mais assez pour que le binet y tienne de toute son épaisseur; en le terminera aisément de ce côté. Nous avons parlé ailleurs de la bobèche.
La pièce qui porte le garde-vue est plps minutieuse k réparer.- On s« T. I. 4?
370 MANUEL DU TOURNEUa
k servira pour cela de limes de toutes les formes, suivant les endroits oîï l'on devra pénétrer pour aviver ses contours. Ou en prendra d'abord de bâtardes, puis des demi-douces, et enfin des douces. Il Ënudra surtout avoir grand soin que les champs' soient observés, et pour les rendre plus réguliers , on se servira d'abord de limes à arrondir, et de limes à feuille de sauge , en ne limant que les angles , et faisant profiler tous les contours. Ensuite on limera carrément sur l'épaisseur, jusqu'à ce qu'on atteigne le trait de la lime, et que l'angle soit vif. On rendra de même très-vifs tous les angles, tant saillans que rentrans; et même lorsqu'il y aura des parties un peu considérables , on passera la lime en long pour éviter la vue des reprises , et les changemens de traits ; enfin on couchera la pièce sur un bois pris dans l'étau, et on la dressera par&itement avec différentes limes plates un peu fortes , et l'on terminera avec des limes douces. On polira ensuite les deux &ces , et on en fera autant sur l'épaisseur , en se servant de petites pierres à polir à l'eau , arrondies ou droites , suivant les endroits où elles devront pénétrer. Enfin on em« ploiera poiu* achever cette pièce les divers procédés que nous avons recommandés pour poUr le cuivre.
On se rappelle qu'on a rendu la partie , qui doit s'aj^liquer contre le garde-vue, plus lai^e que n'est épais le reste dç la pièce. On la saisira donc entre les pinces de bois dans l'étau , en y mettant un linge , de manière que cette règle soit horizontale. On y fera , avec une grosse lime feuille de sauge, une cannelure d'un arc de cercle tant soit peu moindre que celui du garde- vue , atln que les deux bords posent exactement dessus. Il est inutile de polir le dedans de cette cannelure qui n'est pas visible ; on se contentera d'y passer une pareille lime douce. On examinera en quels endroits il convient de percer, tant au chapiteau qu'à la pièce qui le pcffte, deux trous pour recevoir les vis qui doivent réunir ces deux pièces. On percera donc le i^piteau en deux endroits également éloignés du haut et du btis : on tournera sur le Tour d'horloger deux petites vis d'acier, ayant une tète arrcHidie et coupée carrément en dessous; on les taraudera dans toute leur longueur, après quoi on les coupera sur le Tour avec la pointe d'un burin , et on les séparera du morceau où elles timnent.
On fendra la tête avec une lime à fendre, proportionnée à la grosseur de h vis; mais comme cette espèce de lime iait un angle au fond de la ' fente , et qu'en général c'est une inauvaise méthode de fendre ainsi les têtes de vis, attendu que le tourne-vis est sujet à s'échapper, on passera ensuite dans la fente une lime à égalir bien mince.
CHAP. VII. Diffiirtm CkandaiierM de ii^reOoiM et de cabinet. 371 ' Oa peut aussi fendrç ces ^tes de vis avec un« scie destinée «ux métaux. sasBEai Ce moyen est préférable en ce. que la, fente qu'il produit est plus exacte , et ^^- ^• se £iit d'un seul coup. Il est t<»ujourfr dangereux de prandrë une vis dans un ^lau pour en fendre la t^te j le plus sûr est de la saisir dans une pince de bois, ou dans de ênt^ses nùchoires de cuivre Dougé, et de la fendre dans cette 'position.
Si l'on vouloit bleuir la têl« de la vis , il feudroit la polir , ou au moins Ja Ivunir. Pchur cela on la prendroit dans une tenaille à boude , en point« ; -et l'appuyMt sur ub boit à limàr à cannelure , on touiDcnût viveneutt eu toM sens , <dn«d«iijoii3ttnt W tète avec une lime douce un peu usée ; puis on la brunipMt avec un outil qu'oD noaaine brunie$»ir.
On trouve des brunissoirs tout faits, de toutes les formes, tant en acier qu'en sangiUBe («orte de pecre dure ) , et en agate. On. avivera ceux d'acier sur un buffle avec du ronge d'Ang'leterre délayé à l'eau-de-vie, ou avec une composition qui s'emploie deméme-, qui ne se vend que <^ez le sieur Haoïdin-BergeroOf «t qui donne ua trèstbean poli.
Nous oc T^téterons pas ici les piocédés que nous avons ensugnés i l'article de la trempe pour bleuir les petites pièces en acier.
Les trous du garde -vue doivent laisser passer librement les vis en face de chacun de ces trous. On en percera sur la potence un autre plus petit, qu'on taraudera perpendiculairement au côté du cône; et mettant les vis par dedans le garde-vue, on le fixera à la pièce qui doit le porter.
Il nous semble inutile d'observer que si la coulisse en ^ueue d'aronde, qui est sur le devant de la boite , doit être faite avec soin , la tige qui entre dedans ne doit pas être feite avec moins d'attention , pour qu'elle descende juste au point où l'on désire. En cet état, le chandelier et presque fini ; il ne reste plus qu'à tourner le vase dont on couronnera la tige.
On commencera par le tarauder en dessous pour recevoir la vis qu'on a dû faire au haut de la tige. On placera dans un mandrin de buis, ou mieux encore dans un mandrin à huit vis , un morceau de fer rond, qu'on taraudera d'un pas égal à celui du vase. On le mettra sur cette vis, après l'avoir limé et dressé proprement en dessous, et on l'appuiera contre le mandrin. On le tournera avec soin, et on le polira. Nous n'en donnerons pour le moment point de modèle, nous nous réservons d'en proposer un certain nombre dans un chapitre à part.
En saisissant le vase comme nous venons de l'enseigner, il excédera tout entier le mandrin, et on pourra le tourner sans craindre que l'efiort,
37» MANUEL DU TOUSNEUR.
.• , . i de Toutil, ni celui des molettes, en cas qu'on Toutùt rorner de perles oa Pl. 36. autres agrémens , le Ëisse sortir du Tour.
ÂTant de terminer cet article , il est bon d'observer qu*on ne fait communément en acier que les petites vis : les plus grosses peuvent se Caire en fer ; et dans ce cas, ainsi que pour celles à bois, on fend la tète avec une lime fendante, ou un morceau de scie placé dans un instrument nommé doaaier. Cet instrument,)^. 4) ^t composé de deux pièces qoi s'ajustent l'une sur l'autre au moyen de trois vis, et entre lesqoeHes on saisit ta lime , ou le morceau de scie^ La fig. a 1 est une sàe à arçon avec laquelle on peut couper du fer et fendre les têtes devis, qui, par cemojen, se trouvent fendues carrément au fond , aiiwi que nous l'avons recommandé.
Nos lecteurs trouveront peut-être que nous sommes entrés dans de grands détails sur un article qui ne paroît pas , au premier coup d'oeil, demanda- tant de dévdoppemenL Mais ils doivent s'être aperçus que le chandelier nous a fourni l'occasion de nous étendre sur plusieurs sujets . intéressans , qui n'auraient pas pu troitrer aisément place ailleurs.
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CHAP. VIII. VesJUoleUM. ^73