CHAPITRE XL
Diffêr^nt«» pièces d'j^rùhiteclure,
SÏCTION PREMIERS.
Tourner un Batuatre,
1^ ous snppoeeroDS dorénaTant qu'on touïne 1m pt^ces dont bouB allons : parler, sur le Tour en l'air. On peut les tourner entre deax pointes , surtout ai éXe* ont une certaine grosseur et longneyr ; mais nous en avons assez dit sur 1« Tour ii pointek ponr n'y plus revenir en oe moment Quoiqu'un balustre présente qu^aœ difficultés , pour peu qu'on se pique de bien exécuter, c'est pourtant la fdus simple des pièces que nous proposerons. On dessinera sur un papier un peu fort , et avec la plus grande exactitude , le balustre dans toutes ses proportions. £t si Von est curieux d'en avoir les principes , on les prendra dans quelque bon traité d'architecture, comme YitruTe, Palladio, Vi^mle, et autres. On peut se contenter des proâls représentés PI. a8
La meilleure métliode de s'assurer des propoïtions, est de tirer une ligne parallèle à l'axe du balustre , et de Êûre aboutir. sur cette ligne toutes celleb qui déterminent chaque membre de mouture. Par ce moyen , on prendra avec la plus grande exactitude la distance entre chacune d'elles.
On mettra sur le Tour , dans un bon mandrin ^ un morceau de bois bien sain. On le toamcra -cjrUndriqnemeBt à sa plus forte grosseur, qui est celle de la base ou de l» panse. Comme le réglet étroit , qui est au haut du balustre yfig. i , PA 18 , et qu'oo appelle aussi BtzndaleUe , est la partie la plus forte après la pansé et la plinthe , on mettra le bois à cette grosseur bien exactement mesurée avec un bon compas d'épaissear. On marquera la largeur de ce réglfet , avec l'ange d'un ciseau bien tranchant , et prêtant garde de couper le bois bbo franc, bim net et bien à angles droits. On apprcffbndira ce trait à peu près autant qu'il Mt nécessaire ; ensuite on ré* duira le cylindre à la grosseur du carré qui suit immédiatement, et cou-)
s pant le bois bien net et bien vif, jusque contre le trait qu'on a approfondi, de manière que, tant le côté du régtet que la surface du carré soient polis du premier coup ; ce qui arrivera toujours si le ciaeau f»upe bien , et qu'on sache coucher les fils en coupant le bois.
On déterminera la largeur du carré ; on marquera le trait avec l'angle aigu du ciseau , et on l'approfondira suffisainment. Rien n'est aussi dîfËcile que de couper ainsi à angles droits , sans qu'on voie la reprise de chaque coup de ciseau. Pour y réussir, il faut conserver à l'outil la même inclinaison par rapport à la pièce qu'on coupe ; quoiqu'à chaque fois que la marche remonte , on soit obligé de retirer l'outil insensiblement , de peur que le dessous de l'outil , c'est-à-dire son épaisseur, qui présente la forme d'un grainrd'orge très-allongé, fie marque le bois en remontant On prendra la largeur qui convient à la hauteur du quart-de-rond qui suit ; oa l'approfondira de même avec le ciseau, jusqu'à ce qu'on soit parvenu au diamètre du p^it filet qui est en dessous. On coupera le bois bien net et bien vif, jasque contre le trait du ciseau ; ce qui donnera bientôt le filet: puis, avec une gouge étroite, on fera le quart-de-rond qui, suivant le principe établi dans le chapitre 9, doit avoir son -centre contre le dessous du carré d'où il sort Ces a)urbes sont très-di£6ciles k bien feire. Il ne faut se servir que du côté de la gouge , et ne le pas tourner à chaque coup de marche, ce qui iieroit autant de petites côtes; maïs tourna l'outil pendant que la marche descend. Si la moulure étoit tellement petite qu'on ne pût pas atteindre à la perfection avec une gouge ordinaire, on pourroit se servir d'un ciseau à un biseau fort étroit, ou espèice de beod'âne qu'on présenteroit de biais et presque à la tangente , ayant le sup* port très-prèsde l'ouvrage ; il Ëmdroit bien se garder de gratter le bois, mais Étire produire à l'outil l'effet d'un ciseau, ce qui réussira par&iteinent. . Après le filet qui est .sous le quart-de-rond, vient le collet du baluatrci puis un astragale et un -petit listel, dont on prendra exacteaimt la hauteur. On l'approfondira de même au ciseau , et. on coupera le bois de manière à venir au diamètre exact de ce petit listel Mais comme il doit joindre le champ suivant, sous la forme d'un congé, on ne (etâ que le trtkcer peu profondément au ciseau , pour pouvoir le reprendre à la gouge. On déterminera la largeur du champ ou collet entre les premières moulures du balustre et l'astragale qui suit. On coupera le bois, très- vif et très-droit, du côté des moulures déjà faites , et avec un ciseau étroit , ou par le moyen indiqué ci-dessus, et de biais, pour imiter le ciseau; on mettra ce champ au diamètre qu'il doit avoir, puis on arrondira l'astragale.
CHAP. XI. Sect. I. Tourner un Balastre. 897
Cette opëratioii'est très-dif&cile , attendu que cette baguette étant très- ,.j
étroite^ on n'a pas de quoi appuyer le ciseau , comme quand on fait toute ^'" ^^' autt% partie arrondie.
La panse du batustre est ce qu'il y a de plus difficile. On ébauchera d'abord à la gouge , te col à peu près à sa ^sseur ; puis du dessous du petit listel, on déterminera la hauteur totale de la panse, jusqu'au petit carré qui est sous la partie ronde. On préparera également la partie arrondie en dessus; et si on veut porter l'exactitude au dernier point, on prendra de dessous - le petit listel , plusieurs points sur le dessin , qu'on portera sur la pièce même. On les mettra au diamètre qu'ils doivent avoir; et plus on aura de cet» points, plus pn sera assuré. de réussir; enfin, avec un ciseau qui coupe parfaitement, on emportera le bois qui excède les parties qu'on a mises à leur grosseur^ et l'on achèvera de lui donner toute la grâce et l'él^nce de profil qu'il doit avoir. Il feut observer que la panse, proprement dite, est une partie sphérîque. On formera avec soin te petit carré de dessous, puis le tore ou baguette, et l'autre carré; après cela on fera la gorge ou scotie, qui, comme on le voit , est du genre des courl}es que nous avons détaillées , et qui a deux centres ; mais à cause de sa petitesse, on ne peut y appliquer le compas; l'usage et le coup d'oeil suffiront pour lui donner la forme qu'elle doit avoir. Il est bon d'observer que ces courbes se font avec une gouge qui coupe parfaitement, et affûtée à la pierre k l'huile. Pour coucher les fils à la manière du ciseau , outre la précaution d'en prendre une plus petite que la gorge, on cou- ' pera te bois en descendant à droite et à gauche des deux côtés de ta gouge, qu'on renversera un peu, et point ou presque point du bout; par ce moyen la gouge, présentant un tranchant oblique, fera l'ofGce d'un ciseau , et polira comme lui. Il ne reste plus qu'un carré , un tore , et lé grand carré ou plinthe qui termine la base.
Pour donner plus de grâce à ce balustre , il faut que le dessous de la panse semble être une boule posée sur une snr&ce plate; et pour lui donner cette forme, il suffit de creuser un peu, avec l'angle du ciseau, entre cette boule et le petit carré , ce qui les dégage l'un de l'autre.
Si ce balustre devoit faire partie de quelque pièce d'architecture, il faudroit lui laisser haut et bas, un tenon pour te fixer en sa place; et si on devoit en employer plusieurs , il faudroit tes feire parfeiitement semblables, ce qui est fort difficile. Il faut avoir la main très-exercée, et le coup d'oeil très-juste, malgré tes mesures qu'il faut prendre sans cesse, pour que toutes les parties se ressembleot les unes aux autres. Dans ce cas , nùus
e: conseillerions de se servir d'un ezpédi«ntqui nous a 'parfaitement réussi;
* pour déterminer l'écartement respectif de chaque moulure les unes par rapport aux autres; c'est de faire, avec un morceau de t6Ie, un Calibre sur lequel on tracerôit toutes les parties qui doÎTent marquer tes moulures;'de lesappointir artc soin k la lime , afin qu'en les présentant contre la pièce, les mêmes moulurés fassent marquées aur mêmes endroits. Il seroit même très-avantageux qu'il y eût à l'un des deux bouts un talon qu'on appuieroit contre le point de départ, et qu'à l'autre extrémité il y eût Une pointe qui déterminât la hauteur du balastre, qui doit être la même pour tous.
loifig' 2 représente le balustre le plus ordinaire , npris celui dont nous venons de parler, et que nous venons dVuseignerà faire. Ibntes les parties de œluhci sont mâles et nourries ; et la seule inspection de la figure suffira. Après ce que nous avons dit , pour enseigner & tourner un balustre , nous ne croyons pas devoir en dire davantage : il sufBt de bien mnsrqiier les profils , de les porter , comme on l'a dit , contre une ligne parallèle à la hauteur de la pièce qu'on veut tourner , et d'en suivre exactement les mesures.
Celui représenté fig. 3 a long-temps été relégué dans les rampes en bois des escahérs anciennement en usage. On les a cependant employés dans des constructions très-élégantes , telles que le chaire de Saint-Sulpice à Paris,' moroeau d'ailleurs très-agréable. On voit que ce balustre, ainsi
* que cekii^. 4 , n'est rien autre chose qu'un assetnbbge de deux balustres , opposés par la base ou par le sommet
Celui , Jig. S , rcMemble j^utôt à ce qu'on nomme Oatne qu'à un ba* lustre , quoiqu'il soit mis au rang des foalu»tres. Mais soit qu'on s'en serve à l'on ou l'autre usage , la forme en est très-riche ; et pour servir de piédestal, il fait un très -bon effet Dans ce cas, on fera sa .surface bien droite, pour y poser un petit bttste de bronze, de porcelaine ou de biscuit, ou to«te autre ckose.
Ceux que représentent les^. 6 et 7 ne sont guère en usage. Nous ne les avons rapportés que pour satisfaire nos lecteurs ; et parlicalièteBienl celui ,jS^. 7, qui n'est autre «bose qu'un balustre, à peu près semblable à ceux , Jig. I et 2 , qu'on a renversé.
De trois {ùédestanx, ^g. 8, 9 et 10, celui fig. 8 est sans contredit le plus conforme aux règles d'architecture. Il nons suffira d'en détailler tes moulures. Le carré d'en-bas se nomme Plinthe. Ensuite est un gros tow »U boudin : vient un talon renversé; pui.s un oirré , et enfin uu congé qui
CHAP. XI. SvcT. I. Tûurofr un Batustre. i^
aboutit au du dujHédestal. Sa hauteur est dëtenninée par I4 BOmt«« deÉi ^^^--91 modules qu'exige l'ordre auquel il .«ppartient , et ces régies sont dans le» ^'- ^^■ livre d'architecture j ensuite est un carré , puis un talon, puis un carré puis le larmier qu'on n'a pu rendre sensible ici , à cause de la finesse des moulures ; mais qu'on détaillera , lorsque nous allbns enseigner k faire une colonne entière ; puis une douoine ou taton renversé , et enfin un carré ; et ces deux dernières parties forment ce qu'on nomme Cymaise. Au de»suK est un carré égal au nu du piédestal, st aur lequel on pose ce qu'on dé&ire. Mais comme un piédestal est, de sa nature, destiné à être exposé à l'air , et par conséquent à la pluie, le desMu va un peu en peut» ' vers tes bords de la cymaise, k partir des borda du carré ou socle.
Cette pièce et ses pareilles sont asses difficiles à bien faire. Il faut que les moulures soient coupées bien vif, que les angles en soient très-aigus , les dégagemeus bien nets, et surtout que les parties pbnes soient bien droites et sans aucunes ondes. I> poli de pareilles pièces est trèg^ifficils à bien donner. U arrive assez fréquemment qu'on émousse les angles enfles polissant , qu'on altère le profil des courbes , et qu'on laisse dans le« creux des traits dii6ciles à eHatm'. Nous te répéterons sans ccttse , le seul nioyen à employer avec avantage . cm de se servir de petits réglet» de bois, dressés suivant les pbces où ils doivent aller; mais oette opération est très-longue et très-nùoutieuse, I^ piédestal , fig. 9 , n'est pas , à beaucoup près , aussi agnéable que le précédent ; mais pour varier , noua avons ^u devoir le-T^i^senta>. Celui , fig. 10, ressemble plutôt à un ba* lustra hors proportioas qu'à un piédestal. On peut remarquer en «^ a, les centres des deux courbes dont est formée la panse. Nous aurons occasion de donner dos modèles d'autres piédestaux , lorsque nous aurons parlé des différentes ooloanes, dont on {H»nd souvent les bases, avec une porti(»i du fût , pour faire des piédestaux très-agréables ,~ nommés Cippes ou Co' kmnes tronquée».
Il peut arriver que le dessin qu'on a cboiû ne soit pas dans les -propowtions qu'oti veut donner à la pièce qu'on veut exécuter, et que par conséquenA on soit obligé de le grossir ou de le réduire. Cela peut se &ire aisé-' ment au moyen de deux échejles divisées en un même nombre de parties égales. La première doit être proportionnelle au dessin qu'on veut réduire, et U seconde , à celui qu'on veut exécuter ; c'est k dire que si , par exemple , on vmt réduire un deesin de niottié, la {weatière échelle doit être double de la seconde.
On mesurera combien dujque moulure du premier dessin contient de
4oo MANUEL DU TOURNEUR.
m partjpg delà première échelle, et on lut donnera sur celui qu'on exécute'
Pl. 38. autjuit de parties de la seconde échelle.
SECTION IL
Manière de- Tracer et rTBxécuter sur le Tour VOrdre dorique.
RiEH ne pare autant un cabinet, que des modèles de diffifrentes ma*
!**■• ^9- chines, des vases , et autres objets feits , tant au Tour qu'au rabot; mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la collection des cinq ordres d'Architecture. C'est une des entreprises les plus difficiles que puisse exécuter un Amateur ; il est même infiniment rare qu'il y réussise complètement , surtout à l'Ionique , au Corinthien , et au Composite , à cause de la difficulté d'exécuter en petit leurs chapiteaux. N'eus nous garderons bien d'en en- ^prendre la description ; il est trop peu d'Amateurs à qui elle puisse &ire plaisir ;'et d'ailleurs cela nous entraineroit trop loin. Cependant après la satisfaction que nous avons eue d'en exécuter une partie , nous croyons devoir au petit nombre de nos lecteurs qui seroient tentés de les entreprendre, de décrire l'ordre Dorique et l'ordre Toscan^ dont les baseset les chapiteaux peuvent être exécutés sur le Tour. Voici de quelle manière nous nous y sommes priis pour l'exécuter avec précision. Nous avons pris, dans Vitruve, les proportions qu'il donne de oet ordre. Nous avons déterminé la hauteur totale que nous avions dessein de donner à la colonne $ur son piédestal, et surmontée de son entablement. Cette fiauteur détermine le diamètre de la colonne à sa base , et ce diamètre sert k son tour pour fixer les proportions de toutes les autres parties de la colonne, et des pièces qui l'accompagnent , telles que le piédestal et Tentablement
On appelle module la moitié de ce diamètre et on le divise dans tous les ordres en douze parties égales.
Nous avons dessiné, avec la plus grande exactitude, toutes les parties de l'ordre que nous avons entrepris,/*/. 29,30, 3i et 3a; et nous avons coté vis-à-vis en chif&e, sur un autre dessin, /*/. 39, la mesure de chaque membre.
Sur un papier un peu fort, on commencera par tirer une ligne indéfinie A, B, qui sera l'axe de la colonne^, i , PL 19. On détenniner» le diamètre que la colonne doit avoir près de sa base , d'après la hauteur qu'oïl veut lui donner. On en prendra exactement la moitié; et c'est :<»tte
CHAP. XI Sect. II. Ordre dorique. 4o3
Le tore est à la même mesure que le carré : la baguette a deux parties et sasssa demie de saillie; le carré en a uue demie, et enfin le bas de la colonne . ^après le congé eu a cinq et demie de moins que le tore.
Nous parlerons, dans un instant, des moyens de filer régulièrement la Ëolonna Pour le moment nous supposons qu'elle est composée de deux lignes, déterminées par le diamètre du bas, et celui dn haut, qui comme on le voit , est de vingt parties au lien de vingt-quatre qu'elle a en bas. L'astragale a en tout une partie et demie de saillie. La totalité du chapiteau a cinq parties de saillie, de la manière qui est marquée sur la figure.
Le premier membre de l'entablement est un carré. Il doit tomber à* plomb du nu de la colonne ^ son collet, ce qui est indiqué par le nombre lo; puisque le haut de la colonne a vingt parties. La partie qui suit et qui porte les gouttes doit excéder d'une demi-partie. Les gouttes saillent d'une partie; le réglet, qui est au dessus, saille d'une demi-partie en dessus des gouttes; mais le corps qui suit est reculé de deux parties, et le trigl jphe qui est appliqué dessus ne saille que d'une partie et demie. La largeur des triglypbes est d'un module ou de douze partie.s. Leur écar* tement respectif est de dix-huit parties; et l'intervalle qui se trouve entre Sangle de l'entablement et le triglyphe est de quatre parties, qui , jointes à six qui sont la demi-largeur, donnent dix parties qui s'accordent avec le demi-diamètre de la colonne à sa partie supérieure. La saillie de la mou' lure , au dessus des triglyphes , est de quatre parties et demie. Cette mou* lure est composée d'un carré qui se profile avec la partie supérieure du triglyphe qui lait un ressauU, puis une baguette qui n'est pas au tri* glyphe, et ensuite un qiiart-de-rond ; puis le carré contre lequel sont posés les modillons. Ia longueur des modillons est , comme on le voit en profil sur la partie en retour d'équerrc, de douze parties et demie, la doucine a une partie et demie, et enfin la cymaise a quatre parties ; les chifires placés sur la figure indiquent les saillies respectives.
Comme ce moyen est celui qui nous a parfaitement réussi pour ieS colonnes que nous avons -exécutées, nous avons cru ne pouvoir donner de dimensions plus aisées k sentir qu'une pareille épure ; et nous sommes persuadés qu'il n'est aucun de nos lecteXirs qui ne puisse l'exécuter comme nous l'avons feit, pourvu qu'il y apporte beaucoup de soins, d'attention et'de patience.
11 reste maintenant à tracer le renflement de la colonne. On divisera la hauteur totale de l'axe B, ^, fig. i PL 3a , en trois parties égales i
4o4 MANUEL DU TOURNEUH.
^^^^du p<HDt/, placé au tiers de cette hauteur ou-âèrera une perpendi' PL.39. culaire indéûnie à Taxe/, u\ du pointd, comme centre, et avec une ouverture de compas égale à la hauteur totale de l'axe, on fera une section en u , sur la ligne u , /, et on tirera la ligne d,u. Oa divisera ensuite la hauteur totale de l'axe en dix-huit parties égales ; et des points de cesdivisions on mènera des droites ahoutissant au point u, puis prenant la longueur f , d, q^ui doit être égale au module , 00 la portera sur les lignes d'x eni, de < en 6*, etc., et on obtiendra par ce moyen les points d, i, 6f , etc. , par lesquels doit passer le courbe de renflement.
Si l'on continue cette opération jusqu'à la base, il est aisé. de voir à-l'inspection de la figure que la partie inférieure de la colonne se trouvera diminuée dans la même proportion ;,mais cette méthode est moins agréable à l'œil , et peu usitée : on se contente ôrdinairoaaent de diminuer la partie supérieure en laissant le tiers inférieur cylindrique.
Voici un autre moyen de tracer cette diminution. Da point a, Jig. 4.r PI. 29 , comme centre, ou tracera le demi-cercle a , 9 , i , et du point c y l'une des extrémités du diamètre supérieur delà colonne, on abaissera une parallèle à l'axe , qui coupe le demi-cercle en b. On divisera la portion du denù-cercle a^.b^ en autant de parties égales que la ligne S, «, égale aux. deux-tiers de l'axe et à chaque point de division de Ut ligne 8 , * , on.mènera des parallèles à a, £. Puis de chacun des points de division dw demi-^wrcle on élèvera des parallèles 4 t'axe , et les points de section o,m,tig, 6 ,Cf donneront les points par où doit passer la courbe de renflement.
Il ne s'agit plus que d'exécuter ce que nous venons de réduire en. principes.
Tout bois est sujet à se gauchir , et pour obvi«- a cet inconvénient ^ nous avons pris toutes les précautions que l'expérience nous a suggérées. La colonne , considérée comme pièce de Tour , ayant beaucoup de hauteur par rapport à son diamètre , pouvoit sécher inégalement , et devenir ovale et courbe : nous avons donc pris un morceau d'alisier bien sec et bien sain ( c'est le bois qui , à notre avis ,. se travaille le mieux au Tour et au rabot). Mous- l'avons tourné entre deux pointes, beaucoup plus gros qu'il ne £dloit , et l'ayant mis à la lunette , nous l'avons percé dans toute sa lon^gtieur,: d'un trou de trois lignes de diamètre ou environ. Quoique tourné assez rond, et à la- gouge seulement, après l'avoir laissé sur l'établi pen? dant une quinzaine de jours, nous avons, en le remettant au Tour, reconnu qu'il avoit perdu sa rondeur, et qu'il n'étoit plus droit Nous l'avons donc recbessé et remis au rond , et.noos l'avons encore lfûs»é trar
CHAP. XI Sect. II. Ordre dorique. 4oi
moitié que nousavons-àppelëe BloduU, et qui est la mesure à laquelle se » ■rapportent toutes celles de l'ordre qu'on va exécuter. On divisera ce module en douze parties égales,^. 5. A partir d'une ligne horizontale ■C, Z>, perpendiculaire à celle qu'on a déj& tirée, ou 'élèvera une autre ligne parallèle à la pi'emtère, et à quelque distance d'elle E, Fy sur laquelle on portera toutes les mesures dont on va parler. On marqiieia, avec un compas , cinq modules et quatre parties ou douzièmes de module à partir de la ligne horizontale C , i> , ce sera la hauteur du piédestal. De fepoint, on portera sur la même ligne quinze modules, qui donneront la hauteur de la colonne jusqu'au dessus de l'astragale : on marquera an seÏKiènae-iBodule, qui est U hauteur totale du chapiteau 4 enfin on eô marquera quatre autres , pour y trouver toutes les moulures de l'entabk- 4nent : il ne s'agit plus que de déterminer les mesures de chaque membre des moulures; et pour cela, on tirera, de chacun des points dedivision, isur la Ëgne JS^ F, des parallèles à la ligne jC, /?, d'après les mesures suivantes.
On prendra quatre parties ou douzièmes démodule, qui seront laliau- 4enr de la plinthe, deux et demie pour le-carré qui suit, et deux pour la doucine qui est ensuite. On en mettra une pourle petit tore et une demie ^ur le carEé qui le suit. A partir des dix parties qui forment la base du piédestal , on mettra quatre modules , qui en farmeroat la hauteur entre la corniche et la base. La corniche du piédestal doit avoir six parties; savoir, une partie et demie pour le talon , deux et demie pour le larmier, lUne demie pour lé. carré qui lé suit, une partie pour le quart<le-rond « et une demie pour leearré^iui termine le piédestal.
La baae de -la colonne aura-un module; et ce module, ou les douac {>artie8 daos lesquelles il est divisé , seront ainsi réparties : six pour le socle, quatre pour le tore; une et un .quart poiu* la baguette, et troiv iquarts pour le carré.
La hauteur totale de la colonne, du dessus du piédestal jusqu'au dessous de l'entablement, doit avoir seize modules, le cbapiteau.et la base ,compns. Le quinzième module d&cetle hauteur se termine juste au dessus .de l'astragale. -L'astragale est composée d'une baguette et d'un carré au dessous;.leurs dimeasionfl serost prises sur le quinzième module; savoir., une partie pour la baguette, et une demie pour le carré. Il reste un module pour le chapiteau , et oh ea fera la division de la manière suivante. .Quatre parties pour le collet ou gorgerin, trois demies pour les trois j>etits £ihTtés qui le surmontent (les deux derniers sont remplacés par T. I. 5;
T4oa MANUEL DU TOURNEUR,
s une baguette dans le chapiteau dorique de Vignole ). Deux et demie pour le quart-de-rond , deux et deinte pour le camé , une pour le talon , et une demie potir le petit carré.
L'entablement est composé de quatre modules partagés ainsi qu'il suit : on donnera au champ qui règne au dessus de la colonne , cinq parties , de là jusqu'au dessous des gouttes , quatre antres parties. Ces gouttes auront deux parties de haut , le filet qui est au .dessus compris ; ensuite est uD réglet qui a deux parties de large. I« triglyphe a un module et demi de haut; mais sur cette hauteur oo réserve deux parties au dessus des cannelures qui, au moyen décela, n'ont qu'un module et quatre parties de haut. Au dessus du triglyphe est iiu champ de deux parties de large , puis un carré d'une deroi-parlie de large; ensuite un quart-de-rond de deux parties de large. Le champ qui suit, et sur lequel sont pris les moikllons, a trois parties et demie; mais le modillon n'a que trois parties d'épaisseur. La doucine qui est au modillon , qui est en sus de son épaisseur , et qui se profile avec une pareille doucine sur le fond , «st d'une partie. Après ceUe doucine est un carré de trois parties et demie, .oisuite un ulon d'uue partie, puis une doucine ou cimaise qui a trois parties; enfin un petit carré d'une demie.
Dans toutes ces mesures, on a dû tirer autant de lignes parallèles au crayon qu'il y a de divisions; il £aut maint«iant en déterminer la saillie; et pour cela , c'est toujours de la ligne qui passe par l'axe de la colonne qu'on doit compter.
On prendra un module qu'on portera à droite et à gauche , au milieu de la hauteur du piédestal , et on tirera deux perpendiculaires à la base , DU deux parallèles à l'axe de la colonne : ce sera la ligne qui détermine la laideur du panneau , et ces lignes doivent se rencontrer juste avoc le moitole qui a servi de mesure , et qui est le demi-diamètre de la colonne à sa base. La plate-bande qui encadre le panneau aura une partie et demie; ensuite est un champ qui a quatre parties. La saillie de la moulure du bas du piédestal est en totalité de quatre parties pour le talon et la .plinthe. La saillie totale de la corniche de ce même piédestal est de six parties; et il sera facile de déterminer la saillie de chacune, puisqu'on a ,1a largeur de. chaque, et qu'une moulure saille toujours de toute sa largeur.
Le4iamèlred« la colonne étantde deux modules, sa base, qui, comme on l'a dit, a un module de haut, aura en totalité oinq parties et demie de saillie au grand carré , et ce carré doit tomber à-plomb du nu du piédestal.
CHAP. XL Sect. il Ordre dorique. 407
la longuenr qu^elles doii'eDt avoir, de manière que lés angles intérioirs ^=ss9: aboiiiiiisent juste sur ceux du parallélipipède ; mais avant de fixer trrévO' ^*~ ^ cablement ces pièces en leur place, on s'assurera qu'elles sont bien à qtia* rante-cinq degrés , mesure que doit donner exactement le triangle s'il est bon. Ainsi on présentera deux tringles à leur place, et on recalera l'angle ou les angles , avec des limes demî-douçes , jusqu'à ce qu'il» joignent par» feitement. On leur fera, ainsi que sur le parallélipipède, des marques pouv les reconnoître et les coller en place. On en recalera ainsi trois, et on lé» collera avec soin. Quant à la quatrième, on l'aJQstera en pkoe, et on h collerfi comme les autres.
' On conçoit maintenant combien il est important' que te parallélipipède soit bien sec , et Gât lait tout son effet avant d'y coller les tringles. Gomme le bois ne raccourcit pas sensiblement, si lecorpsserétrécissmt, il Êiudroit nécessairement que les tringles , qui ne changent pas, se décollass«it. Cette observation a son application à tous les cas semblables. 1
On fera au bas du piédestal la même opération qu'à la partie du hautf après quoi il ne reste plus qu'à £itre les moulures; et c'est là le plus diffî» cile. Nous insistons fortement pour qu'on se procure un excellent tnisquin. Un en fer, bien fait, seroit le plus sûr; et jnéméil en est où la pointe «n couteau pieut s'ôter de sa place , où elle «st retenue par Une via : il» sont in>finiment commodes quand on veut tracer des lignes très-fines, comme dans ' le cas présent. Comme on va-avoir souvent besoin dé former de. petites feuillures , soit pour faire des carrés , soit pour avoir des baguettes ,'el qu'il est aussi long que difficile de.Ies fiùre à la main surtout, attendu- leur exrrême petitesse, on pourra se servir très-àtil«iaent du trusquln pour ce|t usage, en mettant an bout, au Heu de pointe, une lame très-mince, aiguisée en couteau. On trouvera sur la PI. 3 du second 'Volume un modèle de «e trusquin en cuivre : il se nomme Truatjuin à couper. On conçoit qu'en traçant avec cet outil deux lignes un peu profonde»' stiii deux sens, àan^es droits, leur i-enc^ntre détachera :un pet«t filet:de.bois, ce qui formera le carré dont on a besoin ; et si c'est une baguette qu'on veut.feire, licn ne sera aussi facile que de l'arrondir ensuite : au moins sera-t-on assuTé>de son parallélisme avec les bords.
C'est ki surtoat 'qu'il &ut s'armer de patience. Il feut savoir se&ire Une infinité :d'oùtil$ qu'on ne trouve nulle part , et qu'on ne peut. &ire que soi-même. On a- besom d'écouanes on grelettes très-minoeè, »oit rondes , soit carrées , pour formei- des congés , des doacines ou talons renversés', etc. Voici 1b forme qme nous leur -avons donnée, et qui nous a
4o8 MANUEL DU TOURNEUR.
'Se^sa^pariaitement réussi Nous avons pris une petite lame d'acier, d'^aisseur *"> "9- convenable à l'usage auquel nous la destinions , et de trois lignes de large ou environ. Nous l'avons bien dressée sur ses deux épaisseurs. Puis ayant courbé à donble courbure., un autre morceau d'acier ,Jig. 6 , nous l'avons soudéàJa soudure forte, comme on le voit, ce qui nous a donné le moyeu de pratiquer une dienture très-fine sur le champ, pour faire des ravalemens on feuillures. Nous avons même remarqué qu'en inclinant un peu les dents à Ja longueur de J'oui:il , res dents se prësentoîent au bois moins à £ice , et lexoupoieot de làçoo à produire de petits copeaux frisés, ce qui donne une feuillure très-unie; au lieu qu'en le prenant de face, le bois semble plus bourré , .et ne devient .pas Aussi uni ; mais malgré cet avantage , il faut savoir prendre le bois et. conduire 'l'outil , et surtout prendre bien ga{de qu'il n'.échappe, et n'aille heurter et :mai!quer une moulure voisine qui suroît déjà t^'minée. Q y a encore une observation à faire ; c'est de denter l'outil de façon que lexopean .sorte de dessus la pièce au lieu d'y rentra-; et pour cela il seira bon .d'en .avoir d'inclinés A droite et à gauche. Enfin, 'il iàat que la denture soit bien égale,- et 5Ui4out bien dressée, afin que toutes les dents prennentà la {ois; et par conséquent beaucoup moins, et-plus également que si sur :1a Jongueur*, 3 ou 4 excédantes entamoient seules la inatière. Par une suite nécessaire, il faut que «es dents soient Élites avec une lime bâtarde, et terminées avec une trèsdouce, aans quoi les moulures présenteroient des traits ,cc>mnie qu^nd on Tabotté aveciin rabot dont le fer a des dents.
Quiconque a travaillé sentira .aisémeht Ja commodité et TuHlité d*um pareil outil dans une infinité de circonstances. Dès qu'une fois on. se sera .-procuré de pareilles grelèttes , depuis une ligne jtisqu'à 5 ou 6 , il n'est pas ^e moulures qu'on ne puisse exécuter. Et même, si l'on vouloit s'en Ëiire qui formassent une courlùire fatsant partie .d'un grand cercle , voici comment on pounoit les .exécuter. Nous avons soudé une .queue semblable àla précédente, sur ieplat.d'un.moTceau.d'a£teras9ezép8is pour .pouvoir y trouver la courbe. On peut ausi prépacer.un peu cette oourbe, en mettant Ja lame sur le plat , sur les deux mâchoires de l'étau , éoirtées tant soit peu , et frappant avec la panne d'un marteau , au milieu ' de la petite 'lame, rougieaufeu, ce quilui feroit prendre la forme d'une .cannelure 4]o'on'creusera aussi à .volonté; après quoi on âCMiderala .queue;dans ta cannelure ,-et ensuite on formera la denture sur une.machine à fendre les -roues d'horlogerie , avec des fraises circulaires.
£i J'on deroit travailler sur de la matière -.ud peu dure, comiae d»
CHAP. XI. Sect. II. Ordre dorique. 4o5
vaUler quelque temps. Dans cet intervalle, nous avons préparé le chapiteau ^^iae= au Tour en l'air, et lorsqu'au bout de quelques jours, pendant lesquels ^^ ^*' nous préparions d'autres pièces, il a eu Ëiit tout son effet, nous l'avons remis sur le Tour, comme la première fois, et nous l'avons amené avec la plus grande attention aux proportions qui lui sont assignées, en dres-' sant le tailloir en dessus et en dessous , et le mettant à son épaisseur^ après quoi nous avons terminé la surface supérieure, avec de bonne» limes oàtarde» et demi-douces, et l'avons poUe au papier sur une planche bien dressée. Koas avons ensuite mis ses quatre côtés parfaitement à l'équerre, après quoi , avec un trusquin, qui marque des lignes très-fines, à Vaide d'une pointe en couteau , nous avons tracé sur le tailloir l'épaisseur et la largeur des moulures qu'il comporte. On sent bien qu'il n'est pas d'outil de menuiserie qui puisse Êiire des moulures aussi fines, et que çL'ailleurs la petitesse de l'objet et le peu de longueur de ses côtés ne permettent pas d'avoir recours à ce moyen. Nous nous sommies donc £iit à la forge et ensuite à la lime autant d'espèces de grelettes que nous avions 4e moulures à ^re. Nous enseignerons bientôt la manière dont on doit faire ces outils, à l'aide desquels nous avons terminé et presque poir tootes çesmoulures, après les avoir préparées avec de petites gouges et des ciseaus* b'èsrfins. Dans toutes ces opérations , il faut avoir l'attention de conserver' les forme» , de faire profiler les moulures de manière à ce qu'à leur rencontre sur un angle elles soient placées verticalement lesunes par rapport aus autres, et qu'elles ne forment ensemble qu'une bgne droite, et découper le bois bien franc et bien uet ; mais cela est infiniment long. U est plus aisé de &ire le tailloir du chapiteau d'un morceau séparé ; mais si on le'' ^tenbois de ti^verS',!! faut rapporter sur les deirt 5ices,à bois debout, des bandeaux de bois de fil à onglets, sur lesquels cm prend les moulures. On en use ainsi pour donner au tailloir une teinte égale à tout le reste. Il' Jt^^t. personne qui ne sache que le bois debout n'a pas la même teinte que sur son fil , et se polit avec plus de difficulté. Immédiatement après le- <:oUet du gorgerin du chapiteau est l'astragale et son carré. C'estentrelecollet et l'astragale qu'on doit làire ta jonction , que les ouvriers appellent' Joint y du chapiteau avec la colonne; on doit faire cette jonction lémoins' visible que l'on pourra.
Il s'agît maintenant d'achever le fât de la colonne, qu'on a dû préparer' de la manière indiquée, et quelques, jours d'avance, pour qii'îl ait fait'> tout soa-effet; il sera bon de l'approcher assez des dimensions quHI doit^ «rçii , pour qu'il n'y ait plus qu'infiniment peu^de bois à ôter en le- termi- '
4o6 MAMUEL DU TOURKEUR.
I I nant; et l'oD conçoit bien que moins il en restera à ôter, moins l'effet de
pL. -ig. j'gjj. gyj. Je j^is géra grand.
Four cacher autant qu'il est possible les joints, on devra prendre, sur la longueur du fiât le congé et le carré qui est au bas de la colonne, et qui commence sa-base. On tournera à part la baguette et le gros tore qui, avec le petit carré, composent toute la base de cet ordre d'architecture. Enfin, on fera le socle parfaitement dressé et carré , après avoir percé son ^ntre d'nn trou semblable à celui de la colonne. Cette pièce peut se faire, comme le tailloir, en bois de travers, en recouvrant les faces à bois debout de bandeaux de bois de fil.
Il faut maintenant s'occuper du piédestal qoi convient, à cet ordre : on fera, au rabot, un parallélipipède bien dressé et bien d'équerre sur ses quatre faces, à la grosseur du nu du piédestal; mais, attendu le rétrécissement des bois, on ne fera encore que l'apjMVcher de la mesure qu'il doit avoir, et on le laissera sécher assez de temps pour qu'il ne fasse plus d'eFFet quand il aijra été terminé. Pendant ce temps , on s'occupera des moulures qui ornent ce piédestal. Pour les- exécuter, on corroiera avec soin, au rabot, de petites tringles de bois qui aient la hauteur et la largeur totales 4es moulures qu'on va faire, tant pour le haut qne pour le bas ; et ici i^ ne faut pas perdre de vue qu'attendu l'extrême petitesse des objets , une erreur.d'ùn qoart de ligne devient considéiPable. Oh'bppuieWi pett le trusquin , de peur que l'^isseur du trait ne' donne de l'incertitude sur les véritables dimensions. On laissera encore flécher ces tringles» et on leur donnera ensuite lie dernier coup de varlope à onglet, à fer debout, et k très-petit fer, c'estrà-dire qu'on emporte des cop*aox très-minces.
On coupera le parallélipipède qui doitlàire le corps du piédestaS ,■ à l» hauteur qu'ir doit avoir; et pour cela, on tracera sur chaque face, avec une bonne équerre à chaperon , des traits qui doivent sq rencontrer. On dressera avec grand soin la surface d'en haut et celle d'en bas, quoique ni l'une ni l'autre ne soient visibles quand la colooiie sera.terminée ; puisqdfe celle de dessus sera entièrement cachée paV le Socle, qui a les mêmes dimensions que le corps du piédestal , et que celle d'en bas pose sur la tablette où l'on posera la colonne; mats la moindre in^alité sur l'une ou l'autre de ces surfaces dérangeroit l'aplomb de la colonne. On marquer*' légèrement, haut et bas, sur le parallélipipède, la hauteur des moulurés, ■ et on fera à' cet endroit, avec une lime bAtarde,- quelques aspérités, pour que' la colle prenne Hen-: on en fera autant aux tringles sur la fttce qui-" doit être collée. On coupera, ^t'aide d'une équerre à onglet, JeS'tribgles à-
CHAP. XI. Sect. II. Ordre dorique. 409
iVoire ou du cuivre, il faudroit tremper l'outil, ce qui ne détruiroit pas ^^^ssa. la soudure , qui ne coule pas au degré de rouge de cerise qu'on doit don- ^- ^9ner à l'acier. L'opération seroit encore plus sûre si on s'étoit servi de cuivre rouge comme soudure.
Nous conseillerions bien, dans le cas où Ton travaille des métaux, d'adapter de pareilles queues à des limes toutes faites ; mais le degré de chaleur qu'il faut donner pour que la soudure coule, gàteroit absolument la denture. C'est pour éviter cet inconvénient qu'on a imaginé le manche coudé universel, Jîg". a3, Pï. ai. Un artiste adroit et exercé peut, au lieu de la denture de ces petites grelettes , les tailler au ciseau comme on taille les limes à traits croisés ; mais cette opération est assez difficile , et ce n'est pas le cas de la détailler. Au reste on peut remplacer ces grelettes par de petites linges, demi-douces et douces, de toutes formes et grosseurs. Le sieur Hamelin-Bergeron se chargera aussi de faire confectionner dans ses ateliers, tous ces petits outils quand on lui en désignera exactement la forme et les dimensions. Pour les métaux, on se sert avantageusement d'outils particuliers, nommés Riftatra , qui peuvent aussi servir pour le bois.
Avec une extrême adresse, on pourroit se faire de petites poHssoires pour toutes ces moulures , toutes fines qu'elles sont II faudroit avoir la patience de coller , avec de la colle forte , du papier à polir , très-fin , sur de petites lames de bois auxquelles on auroit donné la forme de la moulure, et qui auroient une certaine longueur, afin que posant en ligne droite, elles ne produisissent pas d'ondes; mais il faut se souvenir , s'il s'agit d'uoe gorge ou autre partie courbe, que l'épaisseur du papier change la nature de la courbe , et qu'après avoir poli , on seroit tout surpris que cette courbe ne fut plus celle qu'on auroit voulu faire. On peut suppléer au papier en imprégnant les petites lames de bois avec de la colle bien chaude et bien claire , et en les saupoudrant de poudre de verre ou d'émeri bien fin. Ce dernier moyen est préférable , en ce qu'il n'altère pas les formes.
Ce n'est pas là, nous dira-t-on , l'Art du Tour, et peut-être nous reprochera-t-on de nous étendre sur des objets étrangers à celui que nous avons eu pour but. Nous répondrons que nous avons annoncé dès les premières pages, que traitant particulièrement l'Art du Tour , nous en traiterons éga^ lement plusieurs autres qui y ont un rapport marqué. D'ailleurs à quoi seroit réduit un Tourneur, s'il ne savoit que tourner? Nous avons cru par là bien mériter de nos lecteurs, et dans cet espoir , nous ne laiss«^n« T. L 5a
;i,ô MANUEL DU TOURNEUR.
ss^^^ échappw aucune occasion de leur présenter des moyens utiles , et dei ffc. JÔ- cxpédiens commodes. Revenons à notre colonne.
Si l'txa juge que le temps qui s'est écoulé depub la dernière Ëiçon qu'on lui a donnée suffit pour qu'elle soit assez sèche, on la terminera ; et c'est lit qu'il £iut apporter tous ses soin», tant pour lui donner ses proportions exactes , et le renflement que les règles prescrivent , que pour qu'elle soit biea^/^0. Ou marquera avec un crayon, et circulairement , chaque modii/« ; puis avec un compas d'épaisseur mis sur le dessin au.diamètre, que la colonne doit avoir à chacun de ces modules , on l'y mettra très-exacte* , ment à chacun d'eux , sans toucher aux intervalles. On pourra même , pour plus de régularité, se servir d'un ciseau à un biseau qui coupe parfaitement, en emportant infiniment peu de bois-à la fois pour ne pas lever de pores ni écorcher. Quand les diamètres seront déterminés par* tout, on égalisera toute la colonne avec un pareil ciseau, en venant à rien aux endroits qui sont à leur mesure ; puis avec uii ciseau afïuté trè»fin, on se contentera d'effleurer la colonne dans toute sa longueur, en n'emportant qu'une espèce de poussière produite par les pores ou fils insensibles qu'on a levés, et qu'on ébarbe avec beaucoup d'adresse. Souvent l'œil ne suffit pas pour juger si la colonne n'a pas quelques ondes résultantes de la manière dont on a déterminé ses di£Bërens diamètres; on y suppléera en la saisissant entre l'index et le pouce , et promenant la main suivant la longueur; quand on n'en sentira plus, on sera assuré de la par&ite régularité de la coimme.
Dans cette opération on doit avoir terminé le' congé d'en bas, et smi petit carré; ce congé doit être Êtît avec beaucoup de précaution pour qu'il s'accorde avec le ^t de la colonne -, et pour qu'il sorte net de dessous l'outil, on se servira d'une gouge qa'on y présentera de coté; c*est-«dire, que le bout ne doit pas entamer le bois, mais sealement la partie entre le bout et ses borde. Far ce moyen, on coupe de biais, et drculaircment, comme feroit un ciseau de biais , d'où il suit que la coupe est lisse et unie, ce dont on s'aperçoit à la nature et à la forme du copeau qui ai son.
Quelques auteurs d'architecture forroent sur chaque- &ce du {uédestal. un panneau pris à même la pièce, c'est-à-diic qu'il ne saille point, mais qu'il affleure la surfMze du champ qui l'environoe. On produit cet eflEet pu- le moyen d'une plate-bande^ dont on peut voir le profil dans les ouvta§es qui en traitent, et que nous devons seulement enseigner à Caire IHus le cas donc où l'on se détermioeroit 1 £ûre cet ornement, il budra
CHAP. XI. Sbct. ÎI. Ordre dorique. 4ti
Vex^cuter avant de rapporter les moulures du haut et dy bas ; tant par la m Ëicitité de saisir la pièce dans un étan , que par celle de tracer tous les ' traits avec un tmsquin i lame en couteau , surtout pour le bois de travers. On enlèvera soigneusement le bois qui doit découvrir le ravalement, avec un petit ciseau ou butte-avant de largeur suffisante , et qu'on a représenté fig. 4i , PL 17. On verra par la suite combien sont utiles ces espèces d'ou'* tils , surtout lorsqu'on opère sur une sur£ice dont les bords sont releviéB par quelques moulures ; comme si l'on &isoit la rainure après avoir mis les moulures haut et bas. Pour mettre les bnds égaux de profondeur avec les faces, on se sert de la guimbarde J^. 53, PI. 9. Dans cetts opération, ainsi que dans toutes celles qui nous restent à déerire, on doit se souvenir d'un proverbe qui contient une grande vérité : c'est aller bien vite que d'aller bien doucement; puisqu'en allant vite, on risque de gâter tout et d'être obligé derecooimenœr.
Nous voilà arrivés à la partie la plus vétilleuse et la plus difficUe, à l'eotablemeiit ou corniche. On doit avoir eu soin de piarquer sur le dessin, Don-seulemçnt la hauteur de chaque moulure, mais la saillie du nu de la colonne. Car c'est de cet aplomb seulement que la comicbe, et par conséquent tout le bitiaient, portent sur la colonne, autrement ce seroit ua porte-à-£tux choquant ; et le tailloir , ainsi que les moulures qui sont desisous , seroient infailliblement éclatés par «a poids que rien ne soutien^ droit; c'est aussi pour cela que le dessus du tailloir va eu diminuant sur ses quatre côtés vers ses bords , à commencer de l'endroit où doit poser la corniche.
On ne peut &ii« cette comiebe d'un seal mocccnn ; il aeroit tn^ dif* ficile de la travailler. Ou profitera de tous les endroits où il y a de ferts rerepoa , pour la composer de parties séparées sur sa haateur ; et l'on assem* blera ces parties, soit en les collant, soit, ce qui nous a paru plus icomT mode , avec des vis à bu'S qui seront cachées. De cette manière on peut retoudkcraux moulures qui ue seroiest pas exactes, ow substituer d'auQras morceaux: ainsi la premi^e pièce ira jusque sous le réglet saillaot, covs lequel sont les gotOtea du trigiyphê.
Quant à la partie d'entablement qu'il (saX. fàiee voir, <om 4 coudime de choisir le retour d'équerre , tel qu'est l'angle d'un fxavttm ou d'un ^ timent, afin de &ire profiler les moulures, et de faire voir l'eotftblemept de deux côtés; aiosi, on aura encore ki comsiodité d'assenUer toutes fos pièces qui le composent , à angle droit ou d'oà^t , aima qu'on va le dér tailler.
4ia MANUEL DU TOURNEUÈ.
e=-^s= On commencera donc par dresser , à la varlope à onglet , le plus exacte- Pl. 39. ment possible, un morceau de bois double au moins en longueur de celle dont on a besoin, et l'on ne s'inquiétera nullement des gouttes pour le moment: ainsi cette pièce ne doit présenter qu'une partie lisse. Quand le morceau qui doit former le soffîte sera k son épaisseur, et parfaitement dressé , on le coupera d'onglet , et on l'assemblera de la manière suivante. On tracera sur l'épaisseur, et d'une des £aces de l'un et de l'autre, deux traits de trusquin , écartés l'un de l'autre de trois lignes ou environ. On les approfondira de 8 ou 10 lignes, jusqu'à une distance de l'angle, telle que cette rainure ne puisse traverser en dehors. On collera dans cette double rainure une fausse languette qui y entre juste, et par ce moyen, la pièce se trouvera Ires-solidement assemblée, et les fils du bois seront en retour d'équerre.
Au-dessus de cette pièce est un réglet dont on prendra l'épaisseur avec beaucoup de soin , qu'on rabotera proprement, et qu'on coupera comme la pièce précédente à quarante-cinq degrés. On recalera cet angle, et on se contentera de le coller sur la pièce précédente, à la saillie qu'il doit avoir de chaque côté. Nous avons oublié de dire que la longueur de chaque membre de la corniche peut s'étendre à volonté; mais cependant qu'elle ne doit pas excéder de beaucoup le tailloir de chaque côté. Quant à la fixation du sofBte sur le tailloir, il doit tomber à-plomb du nu de la colonne au dessus de l'astragale.
On fera, par les mêmes moyens et avec les mêmes précautions, le membre qui doit suivre le réglet. On l'assemblera de même, et on le fera encore lisse , se réservant de rapporter les triglyphes et autres ornements qu'on place entre chacun d'eux ; mais on ne collera point cette pièce à la précédente : il sera mieux de l'y fixer au moyen de vis à bois à tête fraisée , et qu'on noiera même un peu au dessous de la surface, de peur qu'elles ne gênent en aucun cas. Lorsqu'on aura mis cette pièce en place , on ôtera Icsl vis ; on les marquera , ainsi que leurs trous , pour ne les point changer, et, sur les deux côtés de cette pièce, on marquera légèrement, avec une pointe à tracer, la place de chaque triglyphe, ainsi que la largeur qu'ils doivent occuper. Quant à leur distance respective, comme il n'est pas possible d'en mettre plus d'un sur chaque face, il n'est pas nécessaire de s'en occuper, si ce n'est pour placer convenablement la patère dont on parlera bientôt. On pourra en cet instant rapporter, dans les endroits marqués, de petites plaques de bois de laideur et d'épaisseur déterminées par les règles d'architecture , et de hauteur telle qu'elles posent sur le réglet, et
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affleurent la surface supérieure de la pièce sur laquelle on les collera avec de bonne colle. "'" ^^
On rapportera encore au dessus une lame de bois, d'épaisseur suffisante pour former le carré qui couronne le triglyphe. On lui donnera la saillie déterminée sur le dessin , et l'on marquera exactement les points où doivent se faire les ressauts au dessus du triglyphe. Lorsque cette pièce aura été bien recalée sur son angle, on la collera au dessus de la précédente, après avoir marqué et &it le trou pour retirer les vis.
La pièce qui va au dessus doit porter un rond entre deux carrés, une face lisse, et enfin une gorge entre deux carrés; mais on voit que le modillon doit se profiler avec partie des deux dernières moulures; et pour que ce modillon présente du bois de fil sur toutes ses faces , au lieu de bois de travers , on commencera par corroyer, avec le plus grand soin , un morceau de bois de la hauteur déterminée par le dessin , d'une largeur telle qu'on puisse y prendre la moulure , et d'une longueur suffisante pour porter les deux roodillons. Oo le coupera bien d'équerre à chaque bout; puis de chaque angle traçant vers le milieu une ligne à quaranteniinq degrés, on conçoit que la rencontre de ces deux lignes donnera uu angle droit Oq l'évidera très-proprement , tant en dessus qu'en dessous , mais surtout à l'une des faces. Oa rapportera dans chaque échancrure un morceau de pareil bois , taillé à la même forme ; et quand ces deux pièces iront parfaitement chacune à un bout , on les y collera , et on les mettra en presse sur la longueur, jusqu'à ce que le tout soit bien sec. On choisira pour la face de dessous, celle où le joint est le mieux fait; puis on adoucira l'une et l'autre face avec une lime bâtarde fine , en cas que les pièces rapportées ne s'affleurent pas exactement ; puis avec un trusquin ou tracera la moulure, qui doit s'accorder où profiler avec celle de la corniche. On déterminera l'endroit où ce modillon doit être placé, et ayant entaillé à onglets la petite moulure, on y placera le modillon, de manière que cette moulure prolonge exactement celle du modillon. En cet état, on réservera l'un et l'autre modillon de côté jusqu'à ce qu'il soit temps de le coller en place.
La partie à laquelle doit être attaché le modillon , est le larmier au dessus duquel est la cymaise. Comme ces deux pièces ont beaucoup de saillie sur le nu de ta colonne, on ne donne pas toujours, dans les édifices, à cette partie toute la saillie que les règles ont déterminée; mais dans un modèle, où les règles doivent avoir leur plus rigoureuse exécution, on ne peut se dispenser de donner à cette partie toute la saillie qu'elle doit avoir. On fera donc une tringle de bois large, suffisamment pour qu'il y ait autant
4i4 MANUEL DU TOURNEUR.
-■■ ■ — de matière à-plomb qu'en saillie; et l'on assembiCTa deaz morceaux de cette Pl. ag. tringle à onglets, ainsi qu'on a dû faire aux précédentes. Il faut remarquer d'abord que la cymaise présente, en dessus, un plan incliné pour donner de l'écoulement k l'eau de la pluie ; on remarquera ensuite que cette pente commence à l'aplomb du nu de la colonne , et que c'est de ce point qu'on part pour élever sur l'entablement ce qui doit j être , sans quoi on bâtiroît en porte-à-faux. On tracera donc soigneusement chaque moulure , et on l'exécutera comme les précédentes. On refouillera le larmier avec un guillaume k fer debout; mais pour que cette opération soit plus exacte, il sera bon de )a jaire sur la tringle entière , avant qu'elle aoit coupée et assemblée d'onglet. Il est peut-être à propos d'avertir l'Amateur de faire la tringle dont on doit former une coupe à angles droits , un peu plus longue que les deux longueurs qui retournent à l'équerre ne semblent l'exiger, lorsque ces deux parties auront été assemblées , et les dusses languettes bien collées , on 6xera cette partie sur ia précéd#nte , attendu que c'est cette dernière qui doit porter le modillon, lequel cependant doit être collé, sur son épaisseur, à l'endroit où ses moulures se profilent
11 faut maintenant £tire les cannelures du triglyphe. On divisera sa laideur en douze parties égales, de chacune desquelles on tirera autant de lignes parallèles. Une partie doit être en biaeau : deux nnies : deux en biseau qui se joignent : deux unies, deux en biseau : deux unies, et une eu biseau. Cette opération exige la plus grande attention et la plus grande patience : il faut avoir des ciseaux affûtés très-fin et très-droit, et qui n'aient guère plus de quatre à cinq pouces de long , semblables à ceux des sculpteurs.
Enfin, il reste à faire les gonttes sous le triglyphe, et en dessous du ' carré sur leqnd ce triglyphe pose. Ces gouttes sont assez difficiles à bien faire , et surtout à ^ider , attendu leur extrême petitesse. Si l'on entreprend de les refouiller à l'outil , on ne peut pas être assuré que le fond sera propre et lisse , la petite réglette qui est à leur sommet est aussi trèsdifficile à bien faire. Après avoir essayé de plusieurs manières , voici celle qui nous a le mieux réussi. On collera d'abord la petite réglette dans les proportions indiquées par le profil : pais ayant pris une petite lame de bois de la largeur du triglyphe , et ^ale en épaisseur i la saillie que les gouttes doivent avoir suivant le profil du dessin , on divisera la largeur en douze parties égales, dont on prendra deux pour chaque goqtte. Des 3 , 4i 6, 8 et lo' divisions, on fera, avec une lime tiers-point, des angles égaux entr'eux en profcmdeur, ce qui donnera l'écartemeut et la pente
CHAP. XI. Sict. !IL Ordre Totcan. 4i5
des goutl'es. Quand oa les aura ainsi rendues le plus égales }K>ssible , on«sB=^^ les coupera toutes ensemble un peu plus longues qu'il ne faut, et on les ^-^ colleni en place. Lorsqu'elles seront sèches , et l'on doit avoir eu soin que la colle ne bave point et ne remplisse point les intervalles, mi les mettra k leur longueur en les recalant avec de bons ciseaux, et elles se trouveront séparées par en bas^ les unes des autres, par un léger intervalle.
On peut, si l'on veut, canneler la colonne dorique, ainsi que plusieurs autres; et dans ce cas on se sert d'une machine fort ii^énieuse , que nous décrirons au secoud Volume, en donnant les proportions des cannelures pour tous les ordns que comporte ce genre d'ornement.
Lorsque cette ccdoane est sur son piédestal , elle est un peu chancelante et sujette k tomber. Il sera bon de l'assurer en la fixant sur une planche de six k huit ponces en cairé , où l'on rapportera des carreaux blancs et noirs , pour imiter la manière dont un temple ou autre édifice sont pavés , ce qui donnera une très-grande base , et produira un eCfet plus agréable.
SECTIOTC III.
Ordr* Totciat'
liÀ.JÎg. a, PJ. A9 représente une colonne toscane. l.ft hauteur totale de cette coloone , base et chapiteau c<«npris , est de quatorze wtoduies ou sept diamètres.
A l'extrémité inférieure ji de la ligae ^j S y re|)eésentant l'axe de la colonne , ou mènera une perpendiculaire ; et c'est de ce point qu'on partira pour toutes les mesures que nous allons donner. On prendra d'al>ord la mesure d'un diamètre ou deux modules , et on portera sept de l'un , ou quatorze de l'autre sur cette ligne , ce qui donnera la hanteur totale de la colonne , base et chapiteau compris. On prendra sur l'échelle six parties ; et du point inférieur où est la ligne , on les portera sur l'axe de la colonne : c'est la hauteur de la plinthe. On en prendra cinq autres , qu'on portera sur cet axe , d'après la plinthe ; c'est pour le tor* : enfin on en portera une pour lé carré.
Du point d'en haut, qui fixe la hanteur de la colonne, <m marquera une partie pour le carré, trois pour le tailloir, trcHs pour te quart-de-rond qui suit; une pour le carré suivant : quatre pour Fe^Mice OMtpris entre ce carré et l'astragale, et qu'(m somme Gorgerin. On vérifiera ensuite si
4i6 MANUEL DU TOURNEUR.
^^-- "" ' la totalité des parties, pour le chapiteau, forme uu module, puisque '" ^^' de petites erreurs multipliées pourroient en produire une considérable.
L'astragale ^ est composé d'une baguette et d'un carré. La baguette a une partie et le carré une demie.
Pour déterminer le renflement de la colonne, on suivra l'une des méthodes que nous venons d'indiquer en parlant de l'ordre dorique.
On voit au chapiteau les mesures des saillies de chaque membre , k partir du nu de la colonne. Le filet saille de cinq parties , à partir du nu de la colonne : ce qui donne quatorze et demie à compter de l'axe. L'abaque saille d'une partie de moins. L'ove prend naissance à l'abaque, et vient rejoindre le filet qui saille d'une partie seulement. Le gorgerin ou espace compris entre le filet et l'astragale a le même diamètre que la colonne.
Pour la base , le filet a une partie et demie de saillie de chaque côté ; ce qui fait pour chacun treize et demie à partir de l'axe. Le tore a quatre parties et demie de saillie , ce qui fait seize et demie à partir de l'axe. Enfin la plinthe a la même saillie que le tore.
Le piédestal toscan porte en hauteur quatre modules huit parties , savoir ; cinq parties pour la plinthe , une pour le carré qui la suit Trois modules et huit parties pour le nu du piédestal jusqu'au talon , quatre parties pour ce talon , et deux pour le carré qui le suit.
La plinthe porte en largeur un module huit parties et demie, à compter de l'axe ; en tout deux modules dix-sept parties. Le petit carré a deux parties de moins en saillie. Le nu porte un module quatre parties et demie ; le talon un module huit parties , et le carré .qui termine le piédestal un module huit parties et demie ; c'est-à-dire qu'il est égal en saillie à la plinthe.
L'entablement toscan porte en totalité trois modules et demie ; savoir : l'architrave et son carré un module , la frise un module , la corniche un module six parties.
L'architrave et la frise sont au nu de la colonne, et la corniche saille sur la fnse d'un module et demi.
Le filet et l'abÂque , qui composent la partie qu'on nomme , en architec" ture , le Tailloir ^ sont carrés en plan , ainsi qu'on le voit fig, a , PI. 3i. Si l'on veut faire tout le chapiteau d'une seule pièce , il faut observer qu'on ne pourroit. trouver le carré si on le tournoit au diamètre de l'ove ; on tournera donc la partie qui doit donner le tailloir au diamètre de quaranter une parties , ainsi qu'on l'a coté près de \Afig, a.
CHAP. XL Sect. ni. Ordre Toscan. 417
U en est de même de la plinthe de la base, qui doit aussi être carrée, b On la tournera à quarante-six parties six dixièmes de partie , de diamètre , ainsi qu'on l'a coté près du plan de cette basefig. Z, PL "i^.
On yerra bientôt dans quelle vue nous avons pris le parti de coter ainsi les diamètres des diagonales de ces parties qui doivent être carrées, et qu'on peut aussi Étire k part ^ et rapporter ensuite sur l'ove et sous le tore- Quand on les aura tournées avec soin , on en divisera exactement la cii;conférence en quatre parties égales , et avec des écouanes et des limes bâtardes, on les réduira au carré, .en se servant d'une bonne équerre pour tous les sens.
Ce que nous venons de dire de l'ordre toscan peut s'appliquer à l'ordre dorique; et pour que le lecteur ne soit pas obligé de tâtonner, nous avons Ëiit graver sur la planche 3a les cotes de toutes les mesures applicables à chaque chapiteau ou base. : . . ...
Quelque exercé qu'on soit k exécuter avec précision toutes sortes d'ouvrages snr le Tour, rieu n'est aussi difiicile que de faire une certaine quantité de pièces qui doivent être semblables les unes aux autres. A l'une on a emporté le trait; à une autre. on l'a laissé : ici le compas a passé juste; là il a été un peu forcé : la matière est un peu plus dure ou plus tendre : on n'a pas tenu l'outil avec la même justesse ; enfin , une quantité de causes , dont on n'est pas toujours le maître , se sont opposées à ce que. ces différentes pièces eussent entr'elles cette égalité de dimensions qui en fait le. mérite. Cet inconvénient est encore bien plus grand, si l'on veut exé> cuter une pièce où il doive y avoir une certaine quantité, de colonnes ou de balustres du même ordre et de mêmes dimensions. On s'est donné des peines infinies, on a pris des précautions sans nombre, et cependant l'oeil est choqué de ces irrégularités , que l'homme habile peut seul excuser, parce qu'il les éprouve lui-même, et qui cependant éloignent, de la perfection qu'on a eue pour but ...
C'est dans cette vue , et pour parer à ces inconvéniens que nous avons fait exécuter des outils d'acier, pai^ilement tremj>és, qui for* ment d'un seul coqp les bases et chapiteaux des ordres toscan et dorique,- ainsi que la base. attique , qui Ëtit un effet très-agréable à l'ceil. Cette base n'est pas uniquement destinée à des colonnes; elle est trèspropre pour servir de piédestal à de petites pièces dont on veut orner un cabinet Ce n'eût été entrer que foiblement dans les. vues des Amateurs que de ne leur présenter des outils que pour telle ou telle dimension. Souvent on veut, ou on a besoin d'en exécuter une plus forie ou plu» T. I. 53
4i8 MANUEL DU TOURNEUR,
-petite. Od a donc ^it (aire de ces assortiRieDS d'ootUs pour des oolonnes de quatre , de huit et de douze pouces de hauteur, base et di^iteau compris. Et telle est la commodité et l'avantage de ce moyen, d'après l»divisi(Hi du module eu douce parties , que , quelle que soit la dimensioB qu'un Amateur veuille donner à ses colonnes , il suffit qu'il «n envoie le module » pour qu'on lui fasse exécuter des outils qnt s'accorderont pwËùtemcnt avec le dessin qu'il se sera tracé.
On voit , à la simple inspection de la PI. 33 , la forme et les profils de ce» outils, pour chacun des deux ordres que représente la PI. 3a. Voici la ma> nière dont on doit s'en servir.
Od préparera , au Tour à pointes , ou au Tour en l'air , un morceau de bois de grosseur suffisante, pour pouvoir y trouver, très-franc et sansaucun' dé&ut, un cercle, dont Ay C, T, plan du chapiteau toscan^ PI. 3a , et £ , Cf T, fig. 3 , plan de la base , sont les diamètres. On dressera chaque bout de ce morceau , et on le réduira à la longueur trè»exacte de la colonne, base et chapiteau compns. On amènera cette pièce, par chaque bout, à peu {n'es au diamètre qu'elle doit avoir, c'est-à-dire par la base, B, T,fig. 3, et par le chapiteau, A, Tjfig. a. On tournera le fût de la colonne à peu près à s^ grosseur, par chaque bout, près de Tastragale et de la base , c'est-à-dire 1 vingt-et-uoc parties du c6té de l'astragale , et à vingtcinq parties k l'autre bout. On préparera à la gouge et au ciseau les moulures à leur diamètre : puis ajnnt ta base k sa gauche , on présentera l'outil de la base toscane , de manière que le dedans de la pointe a , pose contre le bout de la pièce. On emportera très-peu de bois; et l'on verra se former à la fois un trèfr^rand champ , dans lequel on trouvera ta plinthe, en le réduisant ensuite an carré, le tore, le filet, et le dégagement qui va rejoindre le nu de la colonne. On aura soin de t^iir Toutil bien perpendiculaire à l'axe , et aussitôt que la partie è de l'outil entamera le corps de la coloaoe , de cesser d'emporter du bois. Ainsi , d'un seul coup , en peu de temps , et avec quelques précautions , sera terminée ene partie qui auroit coûté beauconp de peine, d'attention et de dextérité.
Comme cet outil ne coupe pas le bois, mais qu'il le gratte, il faut en emporter trè»{wu à la Cois, de peur de fiiire des éeorchure» ou des éclats. Le plus sur, après »vair marqué avec l'outil , toutes les moulures, est de les préparer k la gouge et au ciseau , et de tes ternnner ensuite avec l'outil.
IndépCDdamment des règles que nous venons de donner, et des mesures qui sont cotées sur les planches, on a pris le parti de faire graver sur chacun des outils la mesure du diamètre de ta diagonale du carré de la
CHAP. XI. SECt, III. Ordre Toscan. 419
plinthe de la base, et du Uilloir du chapiteau. Où a répété les mêmes me-K sures sur <Jiaque outil , afin que l'Amateur ne puisse en aucun cas se ' tromper.
On voit dans la Pt. 3o,^. 6, une ccdontie d'ordre dorique^ suiratit Vignole, et même Planche, ^j*. a, une base attique qui lait un effet trèsagréable Employée dans cet ordre, ou, comme nouis l'avons dit, sôus line colonne tronquée , pour servir de base à un vase ou autre pièce de Tour. Kous avons donné , PI. 33 , la forme des ouUls qui produisent d'un Mul coup ce chapiteau et cette base. On peut en rèooUnottrc toutes 1m dimtitsions stir la PI. 3o fig. a : mais comme les plans de la base ni du chapiteau n'ont pu entrer dans la PL 5a, on âërtf instruit par fat coté qui est sur les outils , qui foht l'un et l'autre que 11 dia^nale de la plinthe •de la base attique, ou comme n<Mis l'avona dit plus hdut, le diomitra An cercle , dans lequel on doit trouver le carré de ortt* {riintfae > sera dé deux foit trente-cinq parties trois dixième^, et la deraûdiagonale du tailloir, ou moitié du diamètre du cerde dans lequel on doit le trouver, viDgt'Une parties deux dixièmes ou un cinquième ; la {rim petite mesure qui est sur «haque outil est le diamètre da nu de la ocrionne^ près du clKq»iteflU on de la base, selon qu'il est destiné à faire l'un ou l'autre
B ne faut pas s'imaginer qu'on puisse faire avec ces outils les moulures qu'ils doivent donner, à même un morceau où ces moulures ne seroient pas préparées de forme et de diamètre. Supposons qu'une baguette soit déjà à sa grosseur, si le tore n'jr est pas encore, et qu'on continue d'entamer le bois, la baguette s'égrènera, et sera remplie d'écorchures. Il &ntdonc, quedd on voit qu« l'outil touche dans certaines parties, et point dans d'autres, enlever au ciacait à k partie ait l'outil tonciie, jusqu'il ce qn^il touche partout. C'est le seul moyeh d'exéctater les moulures trè»'netteS. 11 en est de même lorsqu'on &t une vis au Tour en fait : li elle est tn^ grosse et qu'on veuille la diatinuir avec le peigne \ yi em< porte tout le bois; il est même à ptopos d'âcvto' ufi peu la ouin , et de prendre le bois en dasons.
Quand on a0ûtf oek soirtds d'ontiis, il ne &cit paf penser t tcmehier a«x moalmes avec aucuns xfîBlbirB: il sufiftt de les pSMer à ^t sur la pierre à l'huile.
Pour doiincr à nos kctenrs un plos gtand oon^i^ de modéleb de pièces qu'il» paissait exécuter en s'amnsant, iious leùroiËrofiSy PL 30, ^. t , 1 et 3 , des c^^onnoi ^trutfquca àe dlfiéremes form», qdi prodoisimt des effets fort agréables.
^io . MANUEL DU TOURNEUR.
e^^^= T^ ^^.4, />2.'3o, représenteunecolonne bellique.Lefôtdecette colonne Pl. 3o. repr^nte assez bien un canon , auquel on ajoute des moulures qui ne s'y trouvent pas communément. Ce canon semble appuyé- sur un piédestal évtdé à jour par devant , afin de rendre visible la culasse , qui sans cela seroit censée dans la masse du piédestal.
;■ J-afig. 5 , même planche, est une espèce de colonne triomphale, surmontée d'une boule portée sur un piédouche. Si on élevoit une pointe sur 'cette boule, ce séroit une colonne milliaire semblable à celles qui se voient à la grille du palais des Tuileries.
ïjijig. I , PI. 3o , représente un piédouche sur lequel on peut placer un
buste ou quelque pièce de Tour. SiTobjetest précieux, et qu'on veuille le
-conserver, on dispose la surface supérieure de manière à y pratiquer
^'une rainure dans laquelle entre une cloche de verre qui garantit la pièce
delà poussière et des mouches.
' Si quelque Amateur étoit tenté d'étudier les règles des cinq ordre* d'architecture, et de les exécuter dans des proportions à volonté, dous pensons qu'il ne peut mieux &ire que >de se procurer chez les marchands d'estampes , des gravures représentant eu grand les cinq ordres d'architecture avec leurs dimensions.
SECTION IV
Tourner dea f^aae*.
.— I — ' C'est multi]^ier les jouissances des Amateurs , que de leur donner des
Pi-34. profils agréables qu'ib puissent exécuter. Souvent on est embarrassé de
se procurer 'des' dessins de pièces qu'on puisse faire sur le Tour. C'est
dans cette vue que nous allons proposer différens vases dont on peut
I^r cabinet on une cheminée. Il en est même quelques-uns dont
on peut tirer un parti agréable, en les faisant assez grands pour pouvoir les creuser et y mettre de petits bocaux de verre ou des cuvettes de plonUi,- dans lesquelles on peut mettre soit des fleurs au printempset en été, soit des ognons de fleurs pendant l'hiver. Ces vases décorent agréar blement une console et une cheminée.
. Celui représenté^. 5, P/. 34, est très-propre à cet usage. On choisira un beau morceau de tel bois qu'on voudra, de grosseur et de hauteur suffisantes, on le tournera avec attention: et maintenant qu'on doit avoir l'usage de tous les outils de Tour, on doit chercher à s'y perfectionner.
CHAP. XI. Sect. IV. Tourner des Taset. 4aï
On tournera donc la panse de ce vase' avec une gouge , au lieu de ciseau, ■i-nn i^ Mais dans ce cas, on ne s'en servira paâ de la manière qu'on a employée P^-H^ jusqu'à présent pour dégrossir le bois.
On commencera par toumerun cylindre, sur liequel on marquera, par autant de coups de l'angle aigu du ciseau , toutes lee j^rties dont le vase est CMnposé. On les ébauchera ensuite avec des gouges de différentes grosseurs ; et pour être assuré qu'on ne change rien aux différentes mesures , en les réduisant à leurs diamètres , voici comment on doit s'y pr^idre. La longueur totale doit avoir été marquée par deuxforts traits qui déterminent chaque bout. Quand on'anra dégrossi les fortes masses et préparé de loin les moulures , on commencera par m^tre 4e carré qui sert de pied k son diamètre^ à très-peu de chose près. On fera ensuite le petit listel qu'on y voit , et de là' on pourra retrouver le point où sera le bout de l'œuf, qu'on a sans doute perdu en dégrossissant; maison ne le mettra pa^ à la grosseur qu'il doit avoir quand U sera, terminé. On tournera le carré, puis on fera le réglet'à la profondeur qu'indique le profil, et de là octmmencera la doucine qui conduit i l'espèce de couvercle qu'on y voit. Ctnipréparera d'assez près toutes les monlures de dessus, en mesurant sans cesse si l'on ne sort pas des proportions et mesures qu'on doit wvmr près de soi. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit ailleurs: nous nous contenterons de dire que toutes les parties courbes peuvent être Élites aussi bien à la gouge qu'au ciseau ; c'est à quoi l'Amateur doit .«ncore s'exercer. Les parties courbes convexes se font , non pas en donnant de petits coups de gouge comme quand on d^rossit , mais en présentant de côté le bout de la gouge , et en en appuyant le dessous contre la pièce , sans faire aucune reprise ; et quoique l'interruption de la levée de la marche semble devoir produire des reprises sur l'ouvrage, si t'cm ne change pas l'outil de&çe, un n'e^ verra aucune, et même, si la gouge est bien posée, le copeau doit sortir frisé , et la surËice être presque polie. Nous allons tâcher de rendue cet effet sensible pour les personnes accoutumées à réfléchir sur tout, et à tout analyser.
Nous avoiis'déjà dit qn'une gouge , présentée de côté au bois, c'està-div» dcHQt la cannelure, au lieu d'être en dessus comme à l'ordinaire, soit de côté vers la partie de la courbe qui va en diminuant , fait l'effet d'un ciseau qui coupe de biais, et, dans ce cas, le bois pris obliquement à ses fibres se coupe beaucoup mieux que s'il est pris à Êice : de là cette partie doit nécessairement être, polie; et si on produit une infinité de parties drculaires, les unes à la suite des autres, sans que l'outil change de directiou,
^^g^gf et qu'au contraire, il suive toujours cçlle que la çourb« prescrit, il n'y a Pl. 34. aucune raison pour que la courbe .ne «orte pas lisse et régulière de dessous l'outil.
Quant aux parties creuses , elles se fout par ce moyen d'autant plus aisément , que leur forme approche davantage de c^Ue de la gouge. 11 fimt toujours présenter la gouge de côté, et U &ire tourner insensibJemeat à mesure qu'elle descend ; avec ces précautions , la moulure creuse sera coo* pée aussi net qu'un cylindre coupé au ciseau.
Si l'on veut employer ce vase k y mettre des fleurs , on le coupera entre le bourrelet qu'on voit à l'espèce de couvercle dont il est surmonté et le petit carré d'où nait la courbe. On se ^«curera quelque vase de verref de faïence ou de porcelaine , assez long et assez large pour coutmir suffisamment d'eau i et tel enfin qu'en cherchant à icreusËr sa place , on ne réduise pas le vase à trop peu d'épaisseur, ce qui le feroit ÎMidre en peu de temps. Si l'on se sert d'un gobelet , d'une fiole , ou autre vase de irtart , on pottira eu luter les lx»^s contre l'intérieur du vase, poùi- que l'ieaM ne s'ihÂinue pas dans te creux , 6t ne U bsse pas encore fendre plus prompteiiimt Toute cette opération pourra se &ire le vase étant sur le Tour, aÂn de raccorder les bords qu'on aura itiastiquéà : on peut y ajuster un couvercle qui cacha le creux, lorsqu'on ne veut plus s'ea scarvir i ce premier usage.
SECTION V
Pro^âiê pow Soudtr le pim»à dont on «f nrt pour doubler Ua Vote». ■'
On peut aassi ftthner le vase iàt^ietir avec du pknb; mais il ne faut pas song^ k fondirie oc vase d'om ieul morceau. Cette entr^nse est tit^ «msidérable pow que sa descr^>tkm puisse tronvec place ici: il snffit d« le &in eu pAonib bminé^ d'une ligne au pins d'épaisseur, dont ob soudera Wsbordt.
Nos lecteurs seront peut-être contens de trouver, k cette ooca^ion, les moyens de sonder de petites aj^Otde jplixnb, asîl qu'ils visuiUeiit fontaer de petits InsHOs dlns des voUéois-, et des tayâax dé conduite pour £nrc un )et4'eaa, soU toute autre picse '«« botte en |lknd>.
Oka vend ii Paris du pfesb lamifaé à toutes les épaissaors : fl ai aoEtout ïamttagc d'être très4iase e* tns-ivofn ; mai* ai l'AmMcur éloft à nna tslle cbstaoce de la Capitale qu'il ne pîrt pas s'oi ptocmrer , non entons eabres dans les vues de nos lecteurs de les asettrc k portée de s'en poumàr.
CHAP. XI. Sect. V. Prooédéa pour Souder le plomb f etc. 4!»3 Kou* renvoyons à l'Art du Facteur d'Orgues , par dom Bedos , de l'Aca- -^
demie dos Sciences , les personnes qui ont la collection des Arts et Métiers , ?>•• 34pour la tnaDÎère de fondre des Cables de plomb on d-'étain très-minces ; et pooreeltes qui n'ont pas cette coItecticHi , noua en dirons issez pour qu'elles puissent- eu couler elles-mêmes.
On formera avec une planche de chêne aussi longue qu'on Voudra , une table à couler , sur les bords de laquelle on fixera deux règles de bois d'une hauteur égale à l'épaisseur qu'on veut donner k la lame de plomb. On la couvrira d'une ou denx épaisseurs , de qudque étoffe de laine , et par dessus d'un morceau de coutil qu'on clouera sur les deux épaisseurs de la planche, assez également tendu, avant d'avoir placé le? règles dont nous venons de parler. On placera cette table en pente, entre ao et aS degrés par rapport à rborizon. On formera une espèce de petite auge, en forme de pupitre renversé, qui n'auroît ni dessus ni dessous, mais seulement quatre c6t^, dont celui de devant, c'est-Mire le plus petit, n'affleure pas par en bas les trois autres côtés , de toute l'épaisseur qu'on veut donner à ta lame ou table de plomb. On enduira tout le dedans de cette auge, que les facteurs d'Orgue» appellent Rahle , d'une couche de blanc délayé à l'eau , dans laquelle on a fait dissoudre un peu de colle-forte. On lui donnera une incKnaison telle qu'étant placée surlecouti), sa surface supérieure soit de niveau. On la placera donc sur le coutil , mais de peur que la chaleur du plomb ne le brâle, pn mettra dessous une feuille de papier blanc. On aj^uiera le rable sur la table, afin que le plomb fondu ne s'é' chappe pas tout autour. On fera fondre safBsamment de plomb pour emplir le rable ; mais de peur de brûler le papier et le coutil , on essaiera si le plomb est trop diaud , de cette manière : on j trempent un peu de papier blanc; s'il noircit, et m£me s'il jaunit, le plomb est trop chaud. Quand il ne marqu«« plus le papier, la chaleur sera bonne. On versera tout le plomb dans le rable , tandis qu'une antre personne le tiendra solidement : et suT-le-^hamp un le fera glisser en descendant sur la table; ce qui formera une lame de plomb plus ou moins longue , et de l'épaisseur que la petite ouverture à la barre de devant aura permise.
Cette lame peut bien n'être pas fort égale d'épaisseur, et d'une même continuité , à cause de la petite quantité de matière et du peu d'usage qu'on aura à ce trai^tl, surtout en petit. Les facteurs fout des tables de 1 8 À ao pouces de large , "sur 6 , 8 et i o pieds de long : au moyen de quoi il n'est pas éto'noant qu'une aussi grande quantité de matière garde plus long-temps sa chaleur. Quoi qu'il en soit , il est rare qu'on ne trouve pas
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^eses de morceaux de grandeur suffisante pour l'asage aaquel <hi les destine; Pl. 34. et c(Nnine une des surfeces est grentte, et que l'autre porte l'empreinte dm coutil, il faut forg»,~iSurun tas, et avec un marteau poli, les. parties dont on aura besoin i par ce moyen, on les rendra suffisamment unies. Oa. pourroit même les raboter avec un rabot en ftr, ou autre ^ en mouillant les lames de plomb avec de l'eau imprégnée de savon , pour que l'outil coule mieux.
Od pliera, autant qu'on le pourra, tous les côtés de la cuvette qu'on veut faire, afin de Ëûre le moins de joints possible. Si cette cuvette doit être cylindrique, on se contentera de souder les deux bords, et d'y rap-. porter un fond : voici comment on doit s'y prendre.
On fera foire un fer à souder , fig. 9 , PL 34- On se pourvoira d*une brique ou d'un carreau de tare cuite, pour pouvoir étamer le fer, comme on va l'enseigner.
. On approchera les unes contre les autres toutes les parties qu'on veut souder. On les dressera toutes bien exactement, et on observera entr'elles la distance de l'épaisseur d'une carte i jouer. On délaiera du blanc d'Esn pagoe dans un peu d'eau médiocrement collée de coUe forte. On en enduira chaque bord à souder, en dedans et en dehors, à 6 ou 8 ligues de lar^; et pour que ce blanc prenne mieux, on l'étendra avec le doigt, eÀ la grandeur de la pièce le permet, sinon avec un. pinceau. Quand le blaac sera sec , il doit adhérer au plomb et ne point s'en aller en écaille. Si cela arrivoit , c'est qu'il y aurait trop de colle ; et on mettroit un peu d'eau. On grattera le joint avec un grain< d'orge de manière à faire sur chaque bord un biseau : après quoi on y passera un bont de chandelle par d^ors et dans toute sa hauteur , afin de graisser le vif de l'endroit gratté. Peu importe que le surplus, qui est enduit de blanc, soit imbu de suif On fera cbauC; fer le fer à souder ; on le prendra avec une poignée faite de deux demicylindres de bois, ayant une cannelure au milieu, et joints par un mois ceau de peau collé sur ud de leurs bords , au moyen- de quoi ils peuvent s'ouvrir à volonté sans se séparer ,^/ï^. 10. On mettra sur un carreau neuf un peu de soudure ( une quantité à volonté de plomb , et le. quart de son poids d'étain , fondus ensemble ) , et de la poix-résine en poudre. On bottera le fer en dessous de son biseau , jusqu'à ce qu'il s'étame de 8 ou 10 lignes de long ; et pour faciliter cet étamage , on le flottera avant avec du., çel ammoniac : mais pour toutes ces opérations de la soudure , il &Lut çssuyer le fer sur toutes ses faces avant de l'é^m^ ou ds souder ; TÏeo. ne l}uit autant que les ordures ou la cendr«.
CHAP. XI. Sect. t. Procédés pour Soudtr le plomb f etc. 4^5. Quand le fer sera étamé, il aura la propriété de saisir et d'enlever la temmsm soudure en petites gouttes : on en prendra plusieurs l'une après l'autre , ^'- ^*' et tenant la pièce de la main gauche, horizontalement, on mettra sur la £mte autant de ces petites gouttes, à lo ou la lignes de distance, qu'il peut y en tenir. Si le ter n'est pluS assez chaud, on Le mettra de nouveau au feu , sans le &ire rougir , de peur que l'étamage ne s'en aille : on l'essuiera bien chaque 'Ibis, et commençant par un bout, on traînera le fer sur la pièce, et les tenant parallèles l'un à l'autre, jusqu'à ce que la soudure ait coulé. parfaitement , et rempli la feate. En cet état, la pièc9 peut être soudée; mais illaut lui donner un dernier coup , tant pour que la soudure pénètre plus sûrement, que pour qu'elle présente à la vue un bourrelet uni , qui indique une soudure bien faite.
La dilEculté de cette dernière opération consiste à n'incliner le fer sur la pièce ni trop ni trop peu ; à n'aller pas trop vite , pour que le bourrelet ait le temps de s'y bien former, et la soudure de bien pénétrer les deux bords de la pièce. Si l'on joint une soudure à une autre déjà laite, ou les deux bouts d'une soudure circulaire , il faut retirer le fer de côté par rapport à la soudure, et avec un peu de précipitation, pour que le bouirelet jie perde pas sa forme.
On sent que l'enduit de blanc sert à empêcher la soudure de se répandre inégalement sur les deux, bords qu'on veut réunir ; et comme on a avivé le^ deux arêtes en forme de chanfrein , il est clair que la soudure, ne peut prendre qu'en cet endroit. On lavera ensuite la pièce dans un peu d'eau tiède, pour ôter le blanc, et elle sera en état de servir.
Cette opération , que nous n'avons appliquée qu'à de petites auges , peut être employée dans une infinité d'autres ouvrages , comme pour faire sur une croisée , où l'on, auroit une volière , de petits bassins , jets-d'eau et réservoirs; et de plus, c'est toujours remplir l'engagement que nous avons contracté, que de donner à nos lecteurs de nouvelles oonnoiasances dont ils peuvent Êiire usage.
Kous ne détaillerons aucun autre vase, nous ne ferions que nous répéter; il suffît de présenter des profils de ceux qu'on peut plus aisément exécuter sur le Tour. Nous avons dessiné, PI. 34 et 35 , des vases , des urnes, et , entre autres, nous avons donné , Jig. 6 , le de .sin du Ëimeux vase connu sous le nom de faae d/e Màdicia. Ces vases s<.at disposés de manière, pour la plupart, qu'on peut en terminer le dessus en forme de couvercle , ou les couper tout droit à leur partie supérieure , selon le goût de celui qui tes exécutera.
SECTION VI
Grands f^asea et Piédestaux en bois , en pierre et en plâtre^
Si l'on Touloit exécuter en grand quelqu'un des vases dont nous venon» de parler , on pourroit les iaire de plusieurs morceaux ; et , dans ce cas , on consulteroit la place pour laquelle on les destineroit. Supposons qu'on Teuilie faire un très-gros vase en bois , pour mettre sur les montans d'une porte, à Ja campagne ou ailleurs; il faudroit commencer par le dessiner de grandeur naturelle sur un mur ou sur une table, et, pour plus de commodité , on colleroit plusieurs feuilles de papier blanc sur cette table, Lorsqu'on auroit déterminé et dessiné au crayon les contours , on commenceroit par faire soi-même, otl faire faire par un menuisier, un noyau ou pièce de bois carrée , sur les. quatre feces de laquelle on appliqueroit d'autres^ pièces de bois le plus exactement possible; on les j cfaevilleroit, après avoir collé le tout , ainsi que les chevilles. Par ce moyen on ne mettroit de masse qu'aux endroits où le dessin en exigeroit. Nous supposons que , quand la masse est bien séchée , on l'a ébauchée à la bâche ; alors on la mettra sur le Tour à pointes pour ta tourner à la grande roue. D'abord il faut faire une rainure pour la corde; et pour cela on mettra cette corde le plus droit possible, et k la gauche; et de peur qu'elle ne s'échappe, on la maintiendra avec la main gauche pendant quelques tours, tandis que, tenant une gouge de la main droite, on fera la cannelure. Si le vase doit être exposé à l'air, on conçoit que les pièces de rapport .se décolleroient au bout de peu de temps; et que la pluie s'insinuant entre les joints , le ré' duiroit bientôt en pourriture. Pour diminuer ces inconvéniens , on peut choisir dans quelques endroits du profil des places propres à recevoir des frettes ou cercles de fer, qu'on chassera à force au moyen d'un instrument nommé chas&e^fig. ao, PI. lo, dont nous avons parlé en donnant la des' criplion des outils de forge Quand la pièce sera achevée, on la peindra à l'huile , en l'en imbibant tant qu'elle voudra en prendre; et même il seroit mieux de faire chauffer de l'huile de noix , et d'en mettre une forte couche de toute bouillante , tant que le bois voudra en absorber. II sera à propos d'y faire donner une bonne couche lotis les ans, attendu que l'eau de la pluie qui tombe goutte à goutte sur le bois debout , le perce en peu de temps. De cette manière , im pareil vase pourra durer huit ou dix ans.
OHAP. XI. Sect. VI. Grands frasés et Piédestaux , etc. 437
Il est possible ^u'ua Ainateur veuille exécuter lui-mémo uq vase, ua mtm^im balustre, une colonue tronquée, ou autre pièce propre k porter un cailran ^'- ^^■ solaire, une statue, ou autre objet, dans un jardin, dans un cabinet, ou autre part Dana ce cas , il ïaut choisir de la pkrre tendre d'un beau graiii, et la plus blanche possible. Potir tes environs de Paris, la' pierre qui réunit toutes ces qualités est celle de Conflaoi ; et après elle ,. ceHe de Saint-Leu. On la fera scier et tailler à pans .assez multipliés, pour qu'elle approche un peu du rond. On marquera les centres , dessus et <)essQiis ; on les approfondira }lar une entaille carrée, si la' pièée est un peu forte, et l'on y feraeutrer de force un morceau de bois de même forrae^ de^nanière que la surÊice soit -à bois de travers. Si la pièce est moins forte, il suffira de &ireun trou deraèohe de vilebrequin , de 8 à 10 ligaes de diamètre, et d'y chasser une cheville de bois. On y mettra une poulie de bois évidée par le milieu, suivant le diamètre de la pièce, fig. 4 et 6, Pl.il , et on l'y fixera au moyen des vis pbcées sur l'épaisseur de cette poulie. On la tournera avec des crodiets d'abord, et on la terminera avec des ciseaux à un biseau ; mais comme ces pierres sont fort tendres , il Ëiut bien prendre garde à prendre trop de matière à la fois, de peur des éclats ; et surtout il Ëaut tenniner à l'outil les moulures et les angles avec propreté.
Ces pièces ne peuvent se tourner autrement qu'à la roue , attendu leur grande lourdeur ; «t U faut que le Tour soit de la plus grande solidité.
S'il a rri voit quelques éclats, ou qu'en tournant on' découvrit quelque trou, il feudroit les réparer avec du plâtre-, mêlé de pareille piecre eu poudre , passée au tamis et gâché avec de l'eau , dans laqaelle on auroit fait fondre un peu de oolle^forte; mais pour que ce ma&Uc prenne mieux, il faudra imbiber le troti 011 la fente de pareille eau collée. On laissent bien sécher le toiit pendant quelques jours', après quoi on achèvera la pièce sur le Tour. La propriété de ces pierres est de durcir à l'air; ainsi elles soat très-propres aux emplois dont nous avons parlé.
On peut aussi faire ocs méiiies pièces en plâtre; mais il sera bon de faire un noyau en bois , tant pour qu'on puisse mettre la pièce plus solidement s\ir te Tour, qn« pour que les parties fortes n'emportent pas le.t fbibles; mais il feut n'employer que du plâtre bien cuit, et passé au tamis de cno un peu fin.
Si l'on avoit plusieurs piédestaux ou socles à faire , pour placer des vases ou figures , et an c<idran «olaire dans un jardin , et quk>n voulût les faire tous semblables et à moitis de lirais, il faudroitles couler en moule. Voici comment on doit s'y prendre. On fera un modèle en pierre ou en plâtre;
^^aasat on lui donnera une ou deux bonnes couches d'huile de noix , et quand Px. 34 elles seront parfaitement sèches , on fera sur ce modèle nn creax pour mouler tous ceux dont on a besoin. On posera le modèle sur une table; on gâchera du plâtre un peu fin , et on en mettra sur une des parties une poignée grosse comme les deux poings , ayant soin que ce plâtre s'Insinue bien exactement dans les moulures. Lorsque cette poif^ée sera bien prise, on l'ôtera déplace, et on la coupera perpendiculairement au modèle; et sur la coupe on fera , avec une lame de couteau courbée, une ou deux entailles, formées chacune de la rencontre de deux courbes, et creuses de six à huit lignes , sur un pouce de long ou environ. On aura près de !;oi une tert-ine pleine d'une forte eau de savon; on en enduira le morceMi à la partie coupée au vif. On le mettra. très-juste en sa place, et sur la section on mettra une seconde poignée, semblable â la précédente. On coupera de même des deux côtés; on y fera un pareil repère, et on moulera ainsi de chaque côté , en coupant toujours les côtés , et y Élisant des repères. On voit que, petit k petit, on couvrira toute la figure de morceaux rapportés les uns à côté des autres, et que les repères empêcheront de perdre la position respective qu'ils doivent avoir. On coupera aussi extérieurement chacun de ces morceaux, de manière qu'ils présentent une surface k peu près unie , mais ayant aussi des repères en creux. Quand tout sera Ëtit, on enduira l'extérieur d'une forte, couche d'eau de savon un peu épaisse , et on l'enveloppera de plâtre en deux parties , ce qui présentâti un tout très-solide. Quand le plâtre sera bien pris , on ôtera la couverture, et l'on y fera des marques, soit au crayon , soit k l'encre, pour se reconncritre quand on assemblera toutes les pièces.
Si c'est un vase, une base de colonne ou autre objet, qui, par sa nature, laisse au moule une ouverture par où l'on puisse couler le plâtre pour avoir le relief, on assemblera toutes les pièces; mais si c'étoit un morceau qui fût enfermé en entier , comme une boule , il Êiudroit le couler en deux parties, et assembler ensuite ces deux moitiés. On pourroit aussi la couler d'un seul jet, en pratiquant au moule une ouverture pour l'introduction du plâtre , et une seconde plus petite , a|^lée év^nt , pour bciliter la sortie de l'air. C'est k l'inteUigence de l'Artiste à tirer parti des circonstances.
Le procédé que nous venons d'enseigner pour mouler un modèle en plusieurs parties convient principalement aux objets enrichis d'omemens. Si on vouloît iaire cette opération sur un vase uni , et n'ayant que quelques moulures faites au Tour^ on pourroit faire le moule en deux
CHAP. XI. Sect. VI. Grande Faaea et Piédestaux, etc. 429 morceaux ou coquilles , dont la jonction se feroit sur un plan passant par = le diamètre de la pièce.
Si l'objet est considérable, on se contentera de gâcher du pl&tre ordinaire, bien blanc et passé au tamis; et pour l'avoir blanc, on se procurera au four à plâtre, du plâtre bien cuit et en morceaux, sans être battu; si on le prenoit déjà battu , on ne pourroit en séparer le charbon qui a été battu avec, et qui marqueroit la pièce par endroits, ou lui donneroit une couleur grisâtre.
On gâchera donc suffisamment de plâtre pour couler la pièce d'un seul coup; mais il ne faut pas croire qu'on doive emplir le moule- On prendra avec les mains, de ce plâtre bien 6n, et gâché un peu clair; on en garnira tout l'intérieur du moule , qu'on aura enduit d'eau de savon assez épaisse ; on l'introduira dans tous les angles , recoins et moulures , et on roulera le moule sur lui-même jusqu'à ce que le plâtre soit pris, ensuite on en mettra tout autour, à un pouce au moins d'épaisseur, et même davantage, dans les parties d'en bas qui doivent porter la masse.
Quand on sera assuré que le plâtre sera bien pris, on dépouillera toutes les pièces du moule, en les ménageant, de peur qu'elles ne s'écornent, ce qui les rendroit défectueuses , et porteroit sur le relief tous les défeuts du creux. On réparera les bavures que les jointures ont nécessairement produites, et il ixaX. faire cet ouvrage avec beaucoup d'attention , pour ne pas gâter les moulures et profils.
Nous en avons assez dit pour donner au lecteur intelligent les moyens de mouler les pièces qu'il veut multiplier, ou dont il veut conserver le type. Il en seroit de même si l'on vouloit avoir en plâtre une figure dont on auroituti original en plomb, en cuivre, ou toute autre sculpture; c'est de l'attention qu'on apportera à rendre chacun des petits morceaux du moule bien vi&,et aies bien repérer, que dépendra la pureté du relief.
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