‹ Manuel du tourneurChapitre 39 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Diffèrent Ustensiles relatifs au Tour.

SECTION PREMIÈRE

Manière ^Incruster des Cercles.

JN Dos donnerons , dans notre second Volume , Un moyen de tourner une =as!a pièce, à telle excentricité qu'on désire, par le secours d'une machine ^''•^Tqui s'adapte sur le Tour en l'air, et qu'on appelle pour cela Machine excentrique , ou simplement excentrique. Avec cette machine , après avoir tourné une pièce ronde, on peut former sur sa surface , ou sur sa cîrcon- . férence, différens omemens, à des distances plus ou moins grandes du centre; mais pour satisfaire nos lecteurs, et surtout ceux qui n'auroient pas de Tour composé, et seulement un Tour en l'air, nous allons donner un moyen simple de rapporter sur une boîte, ou toute autre partie plate, des cercles concentriques, les uns aux autres, fonnant des espèces de rosaces placées à des distances égales du centre.

Supposons que sur le couTCrcle d'une boîte, on veuille incruster 3 ou 4 rosaces formées de cercles de différentes couleurs concentriques entr'eux, i '4 1 5 ou 6 lignes près du bord ; on commencera quand la boîte sera mise

43a MANUEL DU TOURNEUR.

ss^=s au rond,maisnonterniinée, par tracerau Tour, sur le couvercle, un cercle Pl. 37. gy crayon bien fin; à l'écartement du centre, où fon veut que soient ces petits cercles ou rosaces. On pourra même, pour plus de sûreté, si l'on n'en met qu'au couvercle , laisser la boîte sur le Tour, et ne travailler que sur le couvercle. On divisera ce cercle en autant de parties égales qu'on veut rapporter de mouches. On creusera la place des cercles avec un outil qu'il est nécessaire de décrire , et qu'on noniine Porte-foret à incruster- Vin porte-foret est un instrument inventé pour percer différentes pièces , et qu'on a adapté à l'usage dont nous parlons ici. C'est une espèce de petit Tour de {tT,Jtg. i , PI. 37. A^ S, C, est une espèce d'étrier de fer, au bas duquel est une embase G, ensuite un tenon carré H^ pour pouvoir le tenir dans un étau , ou le foire entrer dans uiî trou carré pratiqué à une table ou à une planche, qu'on fixe sur un établi de menuiserie au moyen d'un valet. Dans ce dernier cas , ou le serre en sa place au moyen de l'écrou à oreilles AT, qui prend sur la vis /.

Les têtes S, C, sont percées; savoir, celle S y d'un trou conique dont la base est en dedans , et celle C est taraudée , pour l'usage que nous détaillerons dans un instant. Sur un arbre de fer, ou mieux encore d'acier, dont la tête est conique pour entrer juste dans le trou de pareille forme en B, et carrée dans le reste de sa longueur, est montée très-juste, une double bobine de bois dur, telle que de l'ébène , ou du buis , portant deux différens diamètres D, d, et faites au Tour sur l'arbre même. Cet arbre excède tant soit peu la longueur de la bobine, et reçoit dans le trou qui a servi de centre pour le tourner, ainsi que les bobines, le bout pointu d'une vis £, qui passe à travers la tète C, et qui le retient en place en poussant la tète conique contre le trou de pareille forme. F, eat un écrou à oreilles qiii s'appuiecontre la têtç C, et fait contre-écrou pour empêcher la vis E de reculer. Le bout de l'arbre qui excède la tête M est rond extérieurement, et pepcé, suivant son axe, d'un trou carré, dans lequel'on place des forets de toute espèce, des fraises et des mèches : tel est l'usage ordinaire de ce porte-foret.

Ce que cet outil a de particulier pour l'usage dont nous allons parler, consista dans les espèces de mèches ou emporte-pièces, qui servent à former les cercles et leurs places.

On commence par se pourvoir de lames de bois , de telle couleur qu'on veut; soit naturel, soit teint par les procédés que nous indiquerons dans un chapitre à part; ces lames ne doivent avoir guère plus d'une ligne d'épaisseur, et quant 4 la couleur dont elles doivent être, on tâchera de les

CHAP. I. Skct. I. Manière «^Incruster des Cerclée. 433

faire contraster entr'elles, et avec le fond de là boîte, c'est-à-dire avec la i^ssssam couleur dont elle est. ^f- ^7-

lAfig. 1 représente une espèce de mèche à trois pointes, dont.les deux parties a, b , sont des biseaux en sens opposés. Au milieu , tant de la largeur qné de l'épaisseur de la mèche, est un trou qui reçoit le foret c, qui sert de guide à la mèche, et Ta jusque vers le tiers d'un trou rond, fait sur le plat de la mèche, et qui sert à Ëiire sortir le foret au moyen d'un ]H>inçon id, e-, sont deux épaulemens qui déterminent la quantité dont la mèche entre dans le bois, et l'épaisseur de la rondelle qu'on j placera. Ainsi , quuid on s'est servi de cette première mèche , on n'a encore qu'une Aoyûre circulaire; il faut maintenant y faire une rondelle exacte.

La mèche, Jig. 3, produit l'effet tout contraire de la précédente. L« foret a se met en place comme l'autre ; il sert en même temps à percer et àootiservo- le centre. Les deux dents 6, c, sont affûtées à un. seul biseau en sens contraire ,iet leur écartement doit être exactement te même que la distance entre les épaulemens d, e,fig. a. La partie d, d, doit être lisse , et même avoir les angles arrondis , attendu qu'elle ne doit pas couper, et qu'elle sert seulement à déterminer l'oifonceiiient Ainsi, quand ona détacbé'un cercle de bois ou d'ivoire, il en sort une rondelle, qui entre juste dans la' place qu'a faite la mèche ^^. a , et qu'on y collera avec soin , avec de bonne colle de poisson , qui , quoiqu'un peu claire , prend très-bien et sèche très-promptement. Si l'on a plusieurs pareilles mouches i &ire , on les fera de suite, afin qu'elles sèchent pendant' qu'on fera les autres. Si l'on présentoit la mèche sur une lame de bois mince, pour en emporter une rondelle , sans l'appuyer sur rien , on risqueroit de la fendre ; il est à propos de l'appuyer sur une règle de bois, bien dressée sur le plat, sur laquelle posera la lame qu'on veut découper : on verra la rondelle se détacher très-unie et très-nette.

Quand elles seront sèches, on prendra une mèche semblable à celle ^.' 3 , mais dont le diamètre aura une- demi-ligne ou une ligne de moins ? eu s'en servira comme de la première : on remplira ce trou avec la rondelle, que donne sa mèche corre^ondante,' semblable à celle j^. 3. On la collera , ainsi que toutes les autres : on prendra une troisième mèche plus petite, et toujours de méoie ,jusqu'à ce qu'on n'ait plus assCE de place pour opérer : on crt^tra le trou du centre avec un foret à repos de grosseur' convenable. Et l'on bouchera le trou foit par le foret avec une cheville de bois ou d'ivoire, de la couleur qu'on .désirera. On trouve, tant cet outil complet , que des boia minces de tontes couleurs , ^es chevilles T. I. 55

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434 MANUEL DU TOURNEUK,

^^^^ aussi auorties , et d« k colle de poisson à l'esiuit de vin , toujours prête A Pl. 37. employer , et qui se conserre très-loDg-temps chei le sieur Hamelin- Bei^ron.

Oa con^t que le résultat de toutes cses opémtions successives est de produire de» cerdes conceotriques aussi nÙDcea qu'on vent, et que la gradation des mècbes entr'elles le permet ^ et de présenter une variété de couleurs très-agréables. Quand tout sera terminé, on mettn lé fjouvcrcle sur sa boite; on le terminera «t en le polira au Tour; ce qui dcmaera hb^ surfece très-unie, et des &gure& régulières et symétriquement posées.

Oa peut varief d'une infijûté de manières la position de ces cercles, et multiplier ainsi les ornemens qu'où veut Caire sur une botte ou tout «utrç ourrage i ainsi 00 peut entrelacer tous les cercles les ma dans les «utT«6, comme dans H^ 4 Et pour cela oa prendra telhnamt see dimen- . sicHis pour pkcer la ligne des centres , quo dans sa cirQon£âr«Boe il entre un* quantité exacte de ces cercles r vmà eonmient nous amuillons de. s^ prendre. Oa ooUera sur la Jxtlte un rond de papier; on en rq>reBdra le centre 9ur le Tour. Dq oe centre, on tirera au crayon noàr aculmieat ma cerd« à une distance coBvenable du bord, pour que la partie des ccrdta qui avoisinera le bord de la bqtle soit encore ren&nnée dans sn ^lamp , et ne touche pas au grand ctrcle que uou» supfiosoas qu'on y mettra. On tracera, sur du pQpâcr à part, les cercles tels qu'ils doivent être, c'est-àdije tela que 1m mèches Iqs produisent, avec la plus grande exactitude; et ou n'en tracera que deux assemblées qui se- confondent ehacua ea ua point, cozameon le voit. Ooprendcarécactement dmdeuxceaties,etoik s'en servira pour diviseur du cercle qni a été tracé sur la botte: il; arvive rarement que cette mesure du covpas soit renfermée juste au nombre déterminé de fois, dans la oircoi^éreuce du cerde. On dimionera donc 0» ~ grand cercle, en tâtonnant jusqu'à ce qu'on, tombe juste daas la division; et quand on y seza parvenu, on se servira de tous les points de diwsàcxi, eomrae oenlres des oerales concentriquies. qù l'«n pUitxra le fiaret de chaque mèches mat» on pr^idia bien garde de ns pas éeorcher les rondialtss rapportées,, et po»r cela 00 ira douceBSwnt

On. peut au69i placer ces cycles de nranière que le» plu& grands ne &sseut que se toucher,, comsae dans U.^g. B : cela dëpend encore de la dnist09:du c^ole sur la bottc^ On pwut encore lcs.fcute sisiples et les faire tous PM»eI^»«c^tBes.d4k^ra,v(n8iDs,/tjr. 6; il suffira de mettre le foret sih* b ciroonCânnoe de ^laque «Mêle.

EnfiflLoa p<iift dispoaer ew cencLw comme Ife représente la j^. 7 ; et tou^

CHAP. I. Sbct. I. Manière d'Incruster des Cercles. 435

jours ce sont les <xntr«s qu'il s'agit d'espacer de &çon qu'il s'en trouve un n^^sv nombre exact dans le cercle de division. Nous avons conseillé de coller ^'" ^7du papier sur la boite , parce qu'on ne risque pas de la giter en tâtonnant les divisions, et que, si l'on se trompe, rien n'est aussi iacile que d'en mettre un autre. Quand l'ouvra^ sera terminé , on emportera l'excédant du bois rapporté et le papier sur le Tour , et l'on polira soigneusement la boite.

On a pu remarquer que la mèche, ^. 3, ne sert qu'à détacher, sur de petites planchettes bien minces, les rondelles qui doivent entrer juste dans Ja place que creuse celle^. a. On peut se servir de cette mèche ,fig. 3 , pour creuser sur la boite de simples cercles qu'on remplira d'ivoire ou d'écaillé. Mais cette opération est très^longue et très-minutieuse ; &. cependant quand elle estbite avec soin, elle produit un effetagréable. On pourroit, par la méthode précédente , rapporter de pareils cercles , en n'en faisant qu'un, et laissant la rondelle du dedans dans son entier ; mais il feudroit que la rondelle fut du même boit, de la même couleur , qu'elle eût tes mêmes veines, pour que la piècç ue parût pas rapportée , ce qui n'est assurément pas possible. Il sera plus sûr de rapporter dans ces cercles creusés de petites lames d'écaille, qu'on y collera juste , en coupant les deui bouts convenablement pour que la jointure paroisse le moins possible Ce sont surtout les contour que présente la^. 7 qu'il est à propos de £tirc de cette maroiéret mais comme il fout avmr fait, avant tout, les places destinées Ji recevoir les cercles et que près des points de rencontre, le bois est sujet à s'écorcher, on y- apportera la plus grande attention. On boot^éra à la fin ^ avec de petites chevilles d'ivoire ou d'écaHIe, les trous des forets.

La manière de travailler l'écaillé 4tant tonte particulière f nous ClroyOns devoir donner ici le moyen de se procurer de petits filets pmpres à Mettre dans les rainures qu'on aura fiiitcs suivant la méthode précédente. On peut prendre snr une gorge d'étoi, qn'on vend toute ^1*, d'un dtMuètrc égal au ocrde dont on ■ besoin , de petits oOrcles qui y entrent juste; oïl bien sur ODC g<^e d*Bn diamètro plus fort qu'il ne footj prendre de pareils cercles , qu'on coupla li chaque- reprise. Mai» potir le dcBshi, fig. 7, on peut, cocame on le voit, fiaire d'nn stul morOcan fai pièce a^b, 0 , A d'uâ autre morceau séparé diacoii des dami-ce*cle» dte^f; et airiSi de sfuite, «n âtisant accorder les angk» aux fepriseair pour qu'on vote le joiat le moioA possible; ainsi !'«■ se servira de fileta ifsi aient la longuaér àe m', en c, puisqn'ib sont touségaux entr^aot. Os mtkiit pas en^aA« 9"'*'* ^cassent ^ils sont un pen fins, comme ils doivent l'être, poùt faire un .

-jig-ag nietUeur effet; s'ils étoient un peu épais et d'une écaille uiTpeu sèche et PL.37, cassante, on pourroit les plonger dans l'eau bouilbnte, les essuyer tout de suite avec un linge qui ne fût pas gras , et les coller avec la colle de poisson. I^ manière de faire ces filets est infiniment simple ; on mettra Aur un mandrin convenaMe une gorge de diamètre suffisant pour y troU' ver la longueur dont on a besoin. On forme avec du cuivre une espèce de dossier semblable à celui dont nous avons parlé pour fendre les têtes de vis , mais beaucoup plus court , et l'on saisit entre .les deux pièces dont il est composé une lame de ressort bien mince, qui n'excède par le bout que de 3 ou 3 lignes; on l'affûte à peu près. comme un bec-d'âue, et l'on coupe ainsi de petits cercles en perdant fort peu de matière. Voyez cet outil représentée^. 8 , qui sert égalem^it à couper l'écaillé sur les tribouleU (espèce de mandrins sur lesquels on met l'écaillé soudée en tuyaux).

SECTION IL Inatrumtnt propre d Tracer des Parallèles sur une surface plane.

Si Ton vouloit incruster sur une boite une grande quantité de moucbes de couleur ou de cercles très-petits, de manière que la boite en fût entièrement couverte, il &udroit nécessairement placer snr sa surfeice unft quantité déterminée de points également espacés pour indiquer le centre de chaque mouche. Cette division à la main seroit fort longue et rarement exacte et régulière. Void une machine qui abr^era l'opération et la rendra plus sûre,

XAfig. 9 est un diviseur qui peut servir en 'Une infinité d'occaûoos. A, S, C, Z?, est une pièce de bois qu'on peut nommer.P/aféau, de 8 à II pouces de long, sur 7 ou 8 de large, et d'un pouce d'épaisseur. Sur les deux rives et en dessus sont fixées par des vis à bois à tète noyée , deux b-ingles en queue d'arcade en dedans , qui donnent passage à une coulisse qui se meut dans le sens de la longueur. Dans l'épaisseur du sommier .est une cannelure où est logée une vis de rappel, E , F, qui mène la (xiulisse. Au dessus de cette coulisse est une pièce qui tourne sur un pivot, et sur laquelle on place la pièce. à diviser. Sur le devant est une pièce de for dont les deux patins sont fixés sur le plateau , et qui donnent passage à. la tète de la vis, de manière qu'elle ne puisse avancer ni reculer, mais seulement tourner sur elle-même. Au bout de.cette. tête est une manivelle, «, qui sert à Êùre tourner la vis , et à &ire avancer la coulisse, et la plate-

CHAP. I. Sect III. Scie d rtfkndre à l'arcvu à la perche. 437 tonne qui tourne sur ^n centre. A la- tête delà vis est nn' index ou une assisse aiguille, et sur la piè(ie dé fer immobile est un cadran d, portant-une ^h^ldÎTision en un nombre de parties égales, comme ii, i4>ou a^tre, qui contiennent exactement 3 , 4 » <S c' ^ > ^fii^ d'avoir plus de diviseurs communs, Sur l'épaisseur du sonunier', sont fixés ; au tnoyen d^^-vis à tète , les deux bouts coudés à l'équeire d'une règle de. cuivre, qui, par tCC- moyen, peut s'élever ou s'abaisser, par un mouvement cii<culaire dontle ceub-e est dans les deux vis. On filera le couvercle de la. boite sur la platine tournante, qu'on fixera également pour qu'elle ne puisse avoir de mouvement que celui que la coulisse va. lui communiquer. Onrecnlera le .couvercle > en tournant la manivelle, jusqu'à ce que le bptd du couvercle se trouve tout contre le bord de la règle qui pose de^us ;. puis ayant déterminé. combiea on veut faire de mouches dans le diamètre de la bcûte, on mesurera l'é* cartement qu'elles doivent avoir entr'elles ; et faisant avancer la coulasse et la platine qui marchent ensemble, et par conséquent, le couvercle ou la boite , on tirera t -i chaque point de division , des lignes p^rallèlçs entr'ellaft. Quand ou les aura tirées toutes, on tournera la |datine jusqu'à ce que.lï règle se trouve à angles droits avec les lignes déjà tracées. On fera la même division que d'abord, et'on tirera également des parallèles, au moyen de que» chaque sectioa des lignes donnera le centre de chaque .mouche; et c'est là qu'on placera le foret de cbaqqe inèche. On opérera ensuite coinme on l'a enseigné , et le couvercle se tnuivera couvert d'uiM infinité de moik cfaes ou de cercles concentriques/ Souvent la forme des boîtes s'opposç à. ce qu'on puisse £icilement les soqmettre à ce diviseur. .Qn fera alors la division sur du papier qu'on collera ensuite sur la boite.

l^fig. i5 est une gri£fe, à l'aide d« laquelle on &ece diviseur sur uzie table ou sur un établi

SECTION III

Scie à rejitndre 4 l'arc oadla perche.

On a sans cesse , dans ^un laboratoire , besoin de refendre du bois , soit en- petites lames , soit dctoutes autres dimensions. Il o'est-pas un Amateur qui n'ait éprouvé combten il est fatigant, quand 'on n'y est pas habitMé, de refendre uo moirceiu de bois, n'eût-il que deux pieda<de long. Pour remédier, en très-gnnde partie, à cet inconvénient, voici iedétaild'uoe scie qu'on Sait m9uv(iiii terticalemeAt au moyen d'une marche ou pédale

— ...1 nftmme e^e d'un Tom. Cette scie', trè8-<x>mtDode par eile-même pour Pi. 57. refendre, s«ns se fetiguer, des Umeti pour le placage et toutes autres pièces k tontes épaisseurs, se moDte sur l'établi du Tour, ou sur ud établi particulier placé dans le laboratoire. Cette dernière nuntère est plus avantageute, 'eti ce qu'elle dispense de démonter sans cesse les poupées du Tour ; mai* elte exige plus d'emplacement ; nous allons supposer d'abord qu'Ole est montée sur l'établi du Tour.

^, ^, fîg- 10, sont deux montans sur la face intérieure desquels est une rainure dans laquelle glisse la scie. Ces montans sont retenus par le haut au moyen d'une douMe traverse , pOHT donner passage à la monture de la scie : récartement du bas est retenu par une pièce qui sert en même temps k un autre usage. Cette pièce, qui a la faculté d'être portée à telle hauteur qu'on vent , en même temps qu'elle maintient l'écartement des montans , sert de conducteur k ta lame de la scie pour qu'elle ne gauchisse point dans le travail ; et on la fixe à la hauteur qu'on désire , au moyen de deux vis a, a, qui pressent extérieurement sur les deux montans du bèri : ainsi cette pièce on conducteur reçoit chaque montant un peu juste, et donne ensuite passage aux montans de la scie. Sur son'milieu est une fente qui donne passage juste à la Mme ; et pour qne cette lame ne puisse pas gauchir, elle est plus reontée que le bord de la pièce qui la dirige; et cependant , afin qtl'on puisse voir le trait qu'on tcut suivre , on feit , sur le devant du conducteur , une entaille demi-circolatie qui ne laisse excéder que la denture.

La scie elle-m^e est montée ootnme nnescie & refendre ordinaire, si ce n'est que comme l'effort qu'elle suj^rte se fiiit sur les deux bratf*, ils doivent être solidement attachés ank montans. La lame est tendue par le moyen d'une vis b , qui presse contre le bras si^rieur. On voit, à la seule inspection , que la scie a la feculté de se mouvoir de haut en bas , et que si la lame est bien égale, bien mince et bien affûtée, elle doit aller par&itement Au bas des deux montans du châssis sont des socles ornés de moulures à volonté, et qui reposent iur {'.établi, tandis que des tenons , qui ont pour épaisseur toute la largeur de la rainure de t'établi , sont percés de deux mortaises oarrtes «onune les qiMues de quelques poupées , et se fixent sur l'établi an moyen de cle& à vis , oonumc on les voit dans la ^. i5, pi a3. Vers les extrémités du bcaa supérieur de la scie sont denx crocheta dans lequel passe une corde doaft les boub sont retenus par des boudes nouées : oa forme V oc*** corde une bdode qu'on attache à la corde qui tient  la perche. Aubms inférieur est une

CHAP. I. Sect. IT. Réfiettiotts mr différ. numièrea de Tourner. 439 pareille corde qui tient à la marche du Tour : ainsi , l'on voit qoe le {ùed wsie^aM Élit descendre la scie, et que la percbe Ou l'arc la £nt monter. On met ^*" ^7* sur rétabli ime piancfae , sur laquelle pose la pièce qu'on vent refendre ; et l'on Toit que dans cette opération on a les deux mains libres y pour diriger la pièce qu'on refend, soiTant le trait qui est toujours verft l'artiste, puisque la denture est en devant, et que fe sàe mord en descendant.

Il est certain, que si la pièce qu'on refend est un peu ^Miase, il Ênit que b résistance de la pert^ ou de l'arc soit un peu considérable, sans quoi la scie éprouvant beaucoup de frottement n'dtféiroit qn'à l'impulsioil de la marche , et remoatereic docilement Un peu d'usage en apprendra bient6t, à cet ^»d, plus que nous ne pcRirrioos en dire ici : il su£firtf de &ire faire nn ou deox tours de plus au barillet, ou de prendre la cordé de la perche d^in peu plus haut.

On ne peut se dissimuler que c'est un emlNuras que d*6ter sans cesse cette monture de desaas t'étaîdi du Tour, et qu'il est inânimenf plus commode de f avoir toujom^ monllée sor un étaMi particulier , pour servir S tout moment ^

Nous nous sommes oocupés de perfectionner la scie dont nous venons de parler ; et par des essais réitérés nous sommes enfin parvenus à en construire une nowellc < qui réuuit plusieurs avantages que n'a pas la précédente.

Avec cet instrument , on peut scier wn morceoM de bois par&itemeQt droit sur telle épaisseur- qne ce soit a»n% être obHgé de tracer : on peut scier à onglets à tous degrés , enfin scier cirealatrcment à tous' diamètres.

Cette scie n'éj^'ouve, en a^Kint, que très-peu defÎEOttement, de manière que reâertdv pied aur la pédale est employé presque entièrement à vaincre la résistance que la denture éprouve en coupant le bois.

Comme nous nous sommes imposé la loi de- ne parler dans le premier Volume que des maehines simples , nous renvoyons la description de ceHeei au second Volume, où nous traiterons des machines composées.

SECTION rv.

Réflexion» générales. aarJes différênteê mtxmère$ de tourner,

LoRSQv'oif tourne entre' deux poinltes et au pied défi pièces de bois tfun petit diamètre, tel qu'un ou deux pouces, il est k propos que la

44o MANIJEL DU TOURHEDR.

«■saa^ .corde soit sur un, cylindre , d'un diamètre plus petit , ou au moios égal à Pl. 37. celui qu'on tourne. S'il en est autrement, la pièce u'a pas en tournant assez de vitesse , et l'on n'est pa» aussi assuré de tourner rond. Supposons, en effet, quelamarchedescende.de 10 à la pouces, le. cylindre étant de a pouces de diamètre , il fera un peu moins de deux tours , et ce n'est pas assez. On peut même dire qu'il. ne fera pas ces deux tours ; car il est assez ordinaire, lorsqu'on tourne, que l'attention se porte tout entière sur l'ouvrage , qu'on ne fasiïe plus aller la marche que machinalement , et qu'on n'élève pasJe.pied aussi haut que cela seroit nécessaire; et dans ce cas ,' la marche ne descendra pas de dix pouces ; et par une seconde conséquence, le cylindre ne fera .guère plus d'un tour et demL Or, si sur ce cendre i\ se trouve quelque partie mal ronde, le ciseau suivra naturelle^ ment le défaut ; au lieu que si la pièce faisoit plus de révolutions, on seroit plus sur d'emporter ce qui est hors de rond. Il ne faut .pas croire qu'on puisse faire faire plus de tours au cylindre en baiissant la marche avec précipitation : le cylindre ,iie peut faire qu'un, certain nombre de tours à chaque fois que la'marche dies<:end; ^u lieu que.sj la corde.est sur un petit cylindre , il fera , dans un même temps donné , un plus grand nombre de tours, etpar conséquent on aura plus de rapidité. Il suit de tout cela que qqand op veut tourner uu morceau d'un, diamètre un peu fort il faut réserver sur ce morceau un endroit qqi oç doive pas servir , qu'on réduit à un diamètre beaucoup moindre que celui que doit avoir la pièce On verra que pour peu qu'on donne de vivacité au coup de marche, les inégalités de rondeur seront emportées par le ciseau.

Il ne &ut cependant pas porter ce raisonnement à l!extnéme Si la pièce n'avoit que deux pouces et demi de diamètre, et qu'op réduisît la bobine f u cinquième , la corde s'enveloppant avec tr^p de rapidité sur un aussi petit cylindre se brûleroit et seroit bieptôt hors de service. . C'iest d'après le principe établi plus haut , , que quand qn tourne un plateau ou autre pièce sur un mandrin à vis , i griffes ou Ufuse , quel qu'en soit le diamètre, la bobine ne peut cependant pasavpirplus.de dçux pouces; il est vrai qu'alors le levier de puissance étant de beaucoup moins long que celui de la résistsnce, qui est l'ouvrage, , il, fejit faire un effort considérable sur la marche , pour pouvoir entamer la matière , et en peu de temps on serait très-fatigué si on n'avoit pas le soin de prendre très-peu de bois à la fois , et de faire faire trois tours à la corde sur la bobine ; car sans cette précaution elle pourroit glisser. C'est encore cette considération qui a Sait adopter |^mar(dios,qqi ne sont pfisfix^ à l'étal^ï» çt 4"' ont 4 ouçi^q^

CHAP. I. Sect. IV. Réflexiona sur diffir- maniSfes de Tourner. 44r pieds de longueur. On las met où l'on veut , on les.pa&ie à droite ou à assesss . gauche selon le besoin ; et comme le levier est'fort long , on a beaucoup ^'" ^t' . moins d'efToïts À ùire pour, tourner une pièce un peu grosse. Il; ûtut cependant convenir. qu'uAf] marche de cette espèce: gêne un peu dans un laboratoire à cause de sa longueur ; «t conutae elle est'suspendue par la corde du Tour seqiement , riçti ne détenniqe sa direction I de haut en has , ce qui rend son usage incommode pour les commençiuis, qui se ' heurtent souvent la cheville dif pied' qi^i fist en repos.. Cependant si. l'on prend l'habitude de ranger, pette marche contre l'établi , quand on ne tourne plus, et .de diriger le piM qui la iait mouvoir, elle reprend alors tous ses avantages.

Par une suite de ce que nous venons de dire, sur le rapport des diamètres du cylindre qu'enveloppe la corde du Tour avec celui de la pièce qu'on tourne, il est aifié de sentir que quand on tourne du bois à la grande roue il ne faut presque jamais se servir de la rainure pratiquée sui sa circonférence ; la raison en est simple : le rapport du grand diamètre avec un ouvrage de deux pieds, par exemple^ et c'est le plus grand qu'on tourne communément, est. conune de a à 6.; ainsi l'ouvrage fera trois tours par chaque tour de roue. Pour peu que celui qui tourne la roue aille un peu vite, on voit que l'ouvrage va beaucoup trop rapidement Ce sera encore bien pis, si la pièce a un moindre diamètre, commç c'est 1q plus ordinaire.

Si la pièce est de fer , et qu'elle n'excède pas trois pouces de diamètre , le rapport entre l'un et l'autre diamètre seroit immense, et la vitesse infinie. Il est vrai que, dans ce cas, on met la corde sur une poulie fixée sur l'ouvrage avec des vis ; mais cette poulie n'a guère plus de douze pouces de diamètre, et c'est encore beaucoup trop peu.

U ne faut pas croire qu'on en soit quitte pour dire à celui qui tourne d'aller tout doucement;' car il faudroit qu'il fît un effort continu , toujours égal , .et il ne tireroit aucun avantage de la volée- ou vitesse acquise qu'on a voulu gagner par la roue d'un grand diamètre. La preuve, qu'il ne seroi^ pas possible, à celui qui tourne la roue, d'aller aussi doucement qu'il le faudroit, c'est qu'on ne peut .entamer la matière avant que la roue ne soit en train; et, en effet, quand elle commence à tourner, il isuxt vaincre l'inertie de mouvement, et la peine seroit bien, plus, grande s'il falloit encore surmonter la résistance de l'outil.

' En vain mettrolt-on ^u carré de l'arbre de la roue une grande manivelle , oe serqit fatiguer l'ouvrier en pure p^te. La4hécanique nous apprend qu'un T. I. 56

44i MANUEL DU TOURNEUR.

. homme appliqué à une manivelte ne peut décrire, sans se fatiguer , un

Fl. 3^■ cercle de plus de deux pieds de diamètre.

Si la pi^ toumoit trop vite, l'outil n'anroit pas le temps d'entamer la matière; il se poliroit, et en un io&tant ne oou|)eT6it plus. Le ]^us sur, enpareil cas, est de mettre la corde siir le plus grand des deux cercles rapportés sur la roue, si l'on tourne du bois, et sur le plus petit, si l'on tourne du fer.

Enfin , quand on tourne de la icnte, il faut encore diminuer la vitesse; et pour cela , on place sur la roue Une poulie d'un diamètre inférieur à celui de la poulie placée sur la pièce. Cette tnatiére est dure, et sans cette précaution , il seroit impossible de l'entamer.

Si la pièce étoit d'un tel volume qu'un homme ne suffît pas pour la làire tourner, on pourroit en employer deux, chacun sur une manivelle , puisque l'arbre est su{^K>5é avoir un carré k chacun de ses bouts; mais il faut placer ces manivelles en sens contraire, et la ralïon en est simple. L'homme qui tourne la roue est dans la plus grande force dans tout le demi-oercle opposé à lui, à partir du plus haut point d'élévation de la manivelle; dès qu'elle est arrivée au plus bas, jusqu'à ce qu'il regagne ce même point d'élévation , il n'est presque paà en force , parce qu'il faut qu'il remonte : si donc on oj^se les manivelles l'une à l'autre , il est clair que les . deux tourneurs seront alternativement en force , et que le peu d'effort qu'ils pourront faircj quand ils n'y seront plus , sera toujours à la décharge l'un de l'autre; par ce moyen, le mouvement de rotation sera uniforme.

Si l'on tournoit quelque grande roue, il Ëiudroit appliquer sur sa surface un cercle de bois portant une rainure à sa circonférence pour recevoir la corde , et plus le diamètre de ce cercle excéderoit celui de la pièce qu'on tourne, plus on gagneroît de force.

S'il étoit imposable d'augmenter le diamètre du cercle, il faudroit diminuer celui de la poulie placée sur la roue dans la même proportion, cl on obtiendroit le même résultat.

SECTION V

Faire dts Fia au Tour en Voir à roue.

PouB foire une vis sur une pièce qui est dans un mandrin au Tour en l'air, il faut nécessairement que l'ouvrage avance et recule. Il parolt di£fi>-

CHAP. I. Sbct. TL Moyen de tourner d'un Mouv- continu , etc. 445 cilé d'obtenir oe mouTcment autrement qu'en tournant à l« perche ou k aacsas! l'arc, puisque la roue ne donne qu'un mouvement continu. H est cepen- ^'" *'' daot possible qoe , soit parce qu'on n'a pas suffisamment d« place , soit par goût , on se soit dAerminé à n'avoir qu'un Tour à roue. On a mis i profit le naonvement de la manivelle de la roue , lorsque cette roue est placée en dessus de i'étibli, coinme nous le décrirons dans le second Volume, et même quand elle est en dessous.

Si la roue^est en dessus de l'établt, ouôterala corde de dessus la poulie; on prendra la corde de la marche, on la passera sur l'atlire, en lui Élisant &ire trois tours , et oa l'accrochera , au moyen, d'une boucle , dans la petite t^;e ou dans la manivelle au moyen de laquelle on met la roue en mouvement. Pour peu que cette tige soit un peu éloignée du centre, oU que la manivelle soijt un peu grande, cela suffit pour donner à. l'arbre du Tour le même mouvement que celui de l'arc

Si la roue est en dessous , on attachera de même la confe , soit k la maoiTelle,.*oit au doi^le coude de Tarbrede la roue; delà on lui fera &ire trois tours sur Tarbre, et on la i«ra >rtde8cendre en dessous de l'établi pour rattacher ii If marche, et l'on obtiendra le oMuvement désiré : c'est, comme ou le voit, tirer tout le parti possible des moyens qu'on a A sa disposition.

Certains ouvriers -font faire un demi^tour à leur roue , et par là se proeurent un mouvement de va-et-vient lyastres pcenuent les vis au mouvement continu , ce que nous appelons faire des vis à la ' oonrae ; mais pour les &ire ainsi , il faut avoir une grande habitude de tvavailler.

SECTION VI

Moytn de tourner é^an mouvement continu ,d la Perche ou d ^Aro.

Ce moyen ne peut être mis en usage que sur un Tour disposé à cet effet ; il nous a cependant paril mériter de trouver place ici. Au lieu de deux bourrelets qui sont à la bobine de l'arbre du Tour eu l'air , il ne doit y «1 avoir qu'un & demeure ; Tautrc se rapporte à vis , au moyen d'un écrou pratiqué dans son intérieur. Sur le premier, on pratique une petite portée carrée pour recevoir une nnm à rochet ( ou noaiifte- ainsi <%ll«s doat les dents sont inclinées d'uit ou d'autre dtM, pour que la «/i{r'**'>'p)i'P'^<'"^dessas,iait la facaltë^ivaa4er:du.c6téde l'inclinaisoai et de be pouvoir reculer de l'autre; c'cbt an moyen d'an rochet qu'on

-s^si^ss remonte une mODtre, une pendule.) On fait entrer, sur là partie ïkse Pr„ 37. q„f. ggt entre les Û&ix bourrelets , une bobine mobile en fer ou en cuivre, qui y tourne librement. Sur un rebord en retour d'équerre , pratiqué à cette bobine , est un cliquet qui, prend dans le rocbet dont nons venons de parler. Quand cette bobiné est en place, on visse l'autre bourrelet, et par ce moyen la bobine'qui a deux rebords, dont l'un porte 1« cliquet, contient la corde du Tour comme la bobine d'un autre arbre. Au bout du Tour, à gaucbe, est une roue du plus grand diamètre que la hauleor des poupées puisse permettre, etgarnie de beaucoup de plomb à sa circonférence pour lut donner de la volée, ou beaucoup plus grande S) , en poussant les poupées tout au bout dé l'établi , éette roue pouvait st trouver en dehors.

Les choses étant ainsi disposées , on mettra la corde comme k l'ordinaire; et en baissant la marche, la fauisse bobine'emmènera l'arbre et la roue^ puisque les dents du cliquet, inclinées de ce c6té, ne permettent pas à l'un de tourner sans l'autre; mais quand la marebé' sera ea bas,-et'4]ue Tarbréaura acquis un moiiTement de rotation que lui conserv^a la roué de volée , on relèvera la marche; le cliquet glissera sur les dents il cause de leur inclinaison , quoique par l'impulsion déjà donnée l'ariire ne cesse de tourner du même sens, et un nouveau coup de pied ranimai de nouveau la rotation. On voît'que par ce moyen l'ailtre tournera toujours , quoique mu par line perc^ ou; par un arc.

Pour que ce Tour serve également aux usages ordinaires, on pouira disposer la bobine de manière qu'au moyen d'un cliquet à dent, et non pas à rocfaet, mis à Topposite du premier, et qu'on fixera quand on voudra, on puisse l'arrêter, et l'empêcher de tourner sur l'arbre. Il faudra cependant avoir attention de faire les dents du cliquet un peu petites , tant pour' que la reprUe se fesse également, que pour que' le bruif soit moindre.

SECTION VIL

Moyen de tourner de* Pièces et des Moulures parfaitement, semblables. .

Il est très-difficile de tourner avec les outils ordinaires une certaine quantité de pièces parfaitement semblables, uirtout quand elles sont d'une médiocre grandeur. Le plus sâr en pareil cas, est de les tourner au moyen d'un outil d'acier bien fait et bien tmnpé, quiifait^ toute k pièce

CHAP. I. Sect. Vni Conttruction et Utage de la Plale-fomte. 445 d'un seul coup. Ces outils soat très-difficiles à bien faire, pour que les ,

moulures soient bien dégagées, et sortent bien nettes. Mais aussi quand "'" '7' ils sont bien faits et qu'ils coupent bien franc, l'ouvrage en sort terminé du premier coup , et à peine , s'il est en bols , a-t-on à y donner un léger poli, surtout si l'on a pris peu de matière à la fois. Le sieur Hamelin-Bergçron est assorti de ces e^>èces de calibres, pour des balustres de différentes hauteurs et moulures, et pour les chapiteaux et bases de différens ordres , comme nous l'avons dit en parlant de l'architecture. Si l'on en vouloit dans des proportions et dans des formes particulières, il suffîroit' de lui envoyer un dessin ou un calibre fait avec une lame de tôle ou de cuivre, sur lequel on en eût le profil seulement, et l'on seroit assuré d'avoir un outil parfaitement exact. Ces espèces d'outils ne servent pas seulement à &ire des pièces semblables, ou les emploie pour répéter la même moulure sur la même pièce ou sur dès pièces difTérentes. Ainsi , Icvsqu'en tournant un cadre, on veut y Ëiire un bouvement simple ou à baguettes un quart-de-rood , un rond entre deux carrés ,.un congés dégagement ttu toute autre moulure , il suffit de déterminer le genre de la moulure qu'on ▼eut se procurer, ainsi que la laideur qu'on veut lui donner. Et même dans les moulures composées, on peut se servir d'autant d'outils qu'il y a de parties qu'on peut &ire séparément. Ces espèces d'outils abrègent beaucoup la besogne, et procurent une égalité de profib que la main ne peut ^mais atteindre.

C'est encore au moyen d'outils de ce genre qu'oji peut exécuter des petits ouvrages fort agréables, tels par exemple que des vases dont le corps et les moulures de la base représentent le profil, d'ufie figure.

Si un.an>ateur désiroit se procurer des outils propres à donner de.cette manière up portrait quelconque , . il suffiroit d'envoyer une sîU^ouette ej^u^ de la figui^ qu'on SjÇ.propose d'exécuter. , . ' - -,

, SECTION VIII

Construction et Uaage. de la Pktte'forme à diviser, sur If Tour. :

II, est une infinité de circonstances oiî l'oo a besoin de diviser sur le Tour même une pièce «ju'on y travaille. Faire cette division au compas esit infiniment loiig, et nou^ allon? indiquer un instrument très-commode pour diviser , prompteDieEft.etd^DStpi^ksn.on^bres^une pièce qui

en est^unceptible.. ..,;,. , ■. ,

446 MANUEL DU TOUHNEUR.

t L-ï Four faire cet iastniment, <fa'oD spp^le plate-for/na pu diviseur , oa

Pi~ 39. coramencera par forger une platine de cuivre jaune d'environ quatre lignes , qu'on réduira k trois lignes d'épaisseur, et que Ton arrondira à la scie, et ensuite à la lime, an diamètre de dix à douze pouces. On adièv^a de ta mettre au rond en la mettant dans nu mandrin sur le Tour en Tair, «t ou ouvrira au centre un Irou d'environ un pouce de diamètre. Apris avoir tourné l'une des surËices , on fera la même Opération sur Tautre et sur celle qui présentera le moins de dléfâuts , on tracera au Tour plusieurs cercles concentriques, que l'on divisera chacun en un certain nomlme de parties égales.

Le nombre 36o étant celui par lequel on divise le plus communément le cercle, parce quHl a un très-grand nombre de diviseurs iitciles à trouver, ou placera cette division sur le plus grand cercle. Sur le suivant, on tracera la division décimale du quart-dc-cercle adoptée anjonrdTiui par les astronomes et les mathématiciens , et pu- laquelle la circonférence se trouve partage en quatre Cents degrés. On en mettra d'autres aux autres cercles, selon le besoin qu'on ■prévoira en avoir, pour les occupations auxqudles on désire se livrer, soit horlogerie , soit mécanique. Les horlogers ont souvent besoin de nombres bixarres, comme 365 et 366 , k cause du nombre des jours de l'année et de la bissextile. "Vtùci \a manière de hin c^ difi6ârente»diviâions.

On se munit de plusieurs compas à verge , ou simplement d'acier , k ressort; ceux k verge sont infiniment plus sûW. On maftfueia sur le plus grand Cercle le nombre de divisions ou degrés dont nous sommes convenus ; c'est-à-dire trois cent soixante ; ef pour j parvenir, il fcul commencer par le diviser en hait parties égalés , dont'rftacuue contiendra quarante-cinq degrés. Chacune de ces huit parties sent divisée en cinq qui en contiendront neuf; celles-ci seront divisées k leur tour, en trois, et ces dernières encore en trois, ce qui terminera l'opération.

Il est essentiel que le cercle sur lequel on inscrit ces divisions soit tracé le plus fin possible, afin que la pointe du compas ne puisse éprou* ver lainotridrè variation. Et sï ona bien "opéf é , la preftrière (S la dernière division doivent se rapporter par&itement. Pour plus d'exactitude , on se servira d\me bonne loupé pour faire lés detnièn^ subdivisions, qn'tl seroit trop difficile d'exécuter i l'œil nu; ;

Lorsque tous les pottits de division soAt marqués,' 'à font les pointer^ pour pouvoity fixér'la pointé de l'afidadc, dont nous allons parler. Mai* cette opération est encore très-délicate ; car si l'on ne tient poibt ie poiife~

CHAP. I. Sbct. VIIL Construciuat f^t Usage dt la Plaie-forme. 44? teau parfeitement perpendiculaire à la platine, il est érident que le | ■

point, quoique bien placé dans l'origine, aéra jeté d'un ou d'autre côté; ^- ^7et qu'ainsi la division ne sera plus exacte. U est encore important que tons \tA trous soient ég^ement profonds.

Pour parer à la première difficulté, on se sert chez les artistes qui font leur eut de diviser ces plates-formes ^ d'espèces de petits moutons tombant sur un pointeau qui est sui^le-cbarap relevé par un ressort. Ce mouton glisse le long d'un plan perpendiculaire, et tombant toujours d'une même hauteur , ne peut manquer d'enfoncer le pointeau également.

Lés ingénieurs en instrumens de mathématiques emploient une méthode dont le résultat est aussi très-exact. Sur la verge de leur compas est une poupée qu'on fixe à tel point qu'on désire. Cette poupée porte, à charnière, la tige d'un petit marteau qu'on peut allonger et raooourctr à volonté. Ce marteau a la feculté de s'élever au degré qu'on croit nécessaire; mais ce degré d'élévation une fois détominé , on ne sauroit le d^a&ser : ainsi l'artiste uniquement occupé de placer les pointes du compas dans les divisions , n'a plus qu'à élever le marteau avec l'index de la main droite , et i le laisser tomber. Le marteau tombant toujours d'une égale hauteur, frappe des coups toujours égaux sur la pointe qui marque.

Voilà les règles et teâ moyens que les artistes empifùent ; mais ces moyens ne sont pas à la disposition de tous les Amateurs , qui se résoudroient dif* ficilement à se pourvoir d'outils aussi compliqués et aussi coûteux pour une seule pièce. Il faut donc se résoudre à frapper de la main droite , sur un pointeau qu'on tiendra de la gauche, leplus perpendiculairement possible. Toutes les opérations que nous venons de décrire sont fort diffidles ; et si un amateur craignoit de n'y pas réussir, il peut s'adresser au sieur Hamelin-Bergeron qui se chaînera de fournir des plates-formes de toutes dimensions et divisions. Il peut d'autant mieux en -garantir l'exactitude, qu'il est en possession d'une des plus grandes machines à diviser que l'on connoisse en Europe.

Cette machine a été &ite par le sieur Hulot , qui s'en est toujours SCTvi avec succès pour diviser les plates^cvmes employées par les mécaniciens qui construisent les machines à filer le cotons, et d'autres qui exigeoient la plus rigoureuse exactitude.

On concevra l'importance dé cette exactitude , que nous avons tant recommandée, si l'on réfléchit que c'est à l'aide de ces plates-formes que l'on fond les roues des horlogers ; et qu'ainsi la justesse d'une montre ou d'une pendule, dépend de la justesse des divisims des roues.

yGoogle.

'■ " Après avoir enseigné à iaire la plate-forme à diviser, nous allons main-

tenant faire connoitre la manière de les fixer sur le Tour, pour en foire usage.

On montera à vis, sur le pas à gauche de l'arbre du Tour^ un cylindre de cuivre portant une embase. Ce cylindre doit être tourné à l'extérteur juste au diamètre du trou percé au centre de la plate-forme, qui se fixe sur l'embase à l'aide de trois vis.

On peut aussi placer la plate-ibrme sur le milieu de l'arbre du Tour à la place qu'occupe ordinairement la poulie , et l'y fixer comme la pcnilie à l'aide d'un écrou. Dans ce cas le trou percé au centre doit être plus large et proportionné à la grosseur de l'arbre.

Il fautensuitemettre la pointe de l'alidade a, ^. 7 et H, PI 36, vis-à-vis de la division dont on a besoin. La vei^e j4 se fixe par une cbamière B , sur le lien du Tour, si le diviseur est à la place de la poulie. S'il est monté sur le pas à gauche, on la met sur le derrière de la poupée du Tour; et dans ce cas la verge doit être coudée pour lui donner l'écartement nécessaire.

L'instrument étant monté de l'une de ces deux manières, on mettra la pièce qu'on se propose de diviser sur le nez de l'arbre , et on eu approchera le support dont la cale doit être garnie d'une règle de cuivre parfaitement dressée.

On fera entrer l'alidade dans un des points dû cercle portant la divi* sion dont on a besoin , et on tirera la première ligne sur la pièce avec un crayon , ou une pointe dirigée le long de la règle du support. On fera marcher le diviseur avec la main gauche en retenant l'alidade avec la main droite , et on comptera le nombre de points nécessaires. Quand l'ali» dade se trouvera en face du dernier de ces points , on l'y laissera retomber , et on marquera la seconde ligne sur la pièce. On continuera ainsi jusqu'à la fin; et' si on a bien opéré, la dernière ligne doit couvrir exactetement la première.

Si on veut éititer la dépense d'une plate-forme à diviser, on peut se contenter de placer sur la pQuIie même un limbe de cuivre portant un certain nombre d£ divisions , et dont l'usage est absolument le même. CetlB méthode n'est pas aussi bonne , parce que le bois de la poulie travaille' toU' jouts un peu , et altère par là l'exactitude des divisions ; mais elfe est suffisante pour les opérations qui n'exigent pas une précision' aussi' ri* gouceuse.

L'usage de la plate-forme ne se borne pas à celui que nous venons d'in-

CHAP. I. Sect. IX. Mtmtàre de Tailler le» Peignes de Tour, etc. 449 diqucT. Nous donnerons les autres à mesure que l'occasion s'en présen- — .- ■■ tera en parlant des différentes machines que nous nous proposons de dé- ^^- ^7crire dans le second Volume.

SECTION IX

Manière de Tailler les Peignes de Tour au moyen des Pas-de-vis gui sont sur l'arbre.

Il n'y a pu d'Amateur qui n'ait éprouvé quelquefois le besoin de rem- b ■ ■ '■placer sur-le-champ un peigne qui se sera cassé en travaillant. Il est très- *"*■■ ^^* difficile de le faire à )a main , et nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en leur donnant le moyen suivant de l'exécuter sur le Tour , qui nous a été transmis par un amateur distingué, et qui , exécuté dans nos ateUers , a par&itement réussi.

On fera une excède support,^. 4t PI- 38. ^ est la semelle seinblable à ceUe de tous les supports , qui s'arrête comme les autres , à l'aide d'un boulon. B,B, sontdeuxmoutans^ux,assembléssur la semelle à tenons «t à mortaises. Aux extrémilés supérieures de chacun de ces deux montans est pratiquée' une rainure C,fig. 5 , qui descend jusqu'au centre du Tour, et dont la largeur est déterminée par l'épaisseur du dossier , dont nous allons parler.

On montera une bonne lime trois-quarts L,fig. 4i sur un dossier E, un peu plus épaifiqueja largeur de la lime, et'd'àpeu près trois pouces de haut. On l'y fixera par deux brides en cuivre H, H , qui entrent dans le dossier à enfourchement , et qui y sont maintenues par une vis placée sur la queue de chacune. ,

A la partie supérieure de ce dossier, est une joue mobile F, arrêtée par deux vis placées dans les rainures g, g^ qui donnent la Ëicilité de la monter et de la descendre k volonté. Le dossier se termine par la poignée A*, qui sert à le faire mouvoir. On montera sur le nez de l'arhre un mandrin de bois ou de cuivre, k la face duquel on pratiquera une entaille 6, d'une profondeur égale à la largeur du plus grand peigne; la joue supérieure de cette rainure sera percée d'un trou pour recevoir la vis rf, destinée à fixer le peigne pendant l'opératioa. Ija joue ioférieure ne doit pas être parallèle à l'autre , mais leur prcJongement doit former un angle un peu moins ouvert que quarante-cinq degrés; ce qui donne ia Êicilité d'incliner plus ou moins le peigne pour augmenter ou diminuer la penle

45o MANUEL DU TOURNEUB..

^.— -■-,■, c)«i tlente. ï>eux vis , c , c ^ dont placées nir oen« joae , et l'une d'elles vient *'■'• •*'*■ aboutir eu feotr^e la vis d.

Après avoir ainsi préparé ces trois instrumens, et avant de les mettre en action , il faut s'assurer d'un moyen de déterminer une révolution exacte de l'arbre. Le plus simple de tous , c'est d'employer à cet usage la plate-forme à diviser et l'alidade. Mais si on n'en avoit pas, on peut aisément y suppléer en perçant un trou à la poulie du Tour ocHrespondant à un autre trou pratiqué à la poupée de derrière. On met dans ces deux trous une broche qui maintient l'arbre dans la situation ' qu'où veut lui donner, et qui doit être telle que la joue fupérieare de l'entaille pratiquée sur le mandHn fesse avec l'établi un angle de quarante-cinq degrés ; et quand on veut feire foira une révolution à l'arbre , on ète la broche, et on tourne la poulie jusqu'à ce que les deux trous se retrouvent vis-à-vis l'un de l'autre.

Tou t étant ainsi disposé , on place le morceau d'aciw sur Itqnd on Tent tailler le peigne e , dans la rainure t. On lui donne fbl» ou moins d'inclinaison , suivant l'usage auquel on le destine. Pour les métaux , les dents doivent avoir moins de pente que pour le- bois. Le bout à tailler doit dé* border la circonférence du mandrin plus ou moins , suivant la profondeur des dents qu'on veut y pratiquer.

Ob place le support dans une position exactement parallèle à la 6tce du Tour Myfig. 5 , et de manière que le dossier étant placé dans les laiuures, ta lime vienne affleurer le bord extérieur du peigne. On fixe la joue à la hauteur nécessaire pour donner à la dent la profondeur désirée. On taillera, d'abord k biseau qui doit former la moitié de Ift première dent^ en laisaat marcher le dossier dans la ftUtiure, de la même manière qu'un* lime, ^ en appuyant légèrement.

On abaissera auparavant la clef d'arrêt , et ou lèvera celle <i«i OMt«5)Ond au pas de vis qu'on veut tracer, en plaint le coin desaotts pour la naMtenir.

On fa<a lairfe une révolution à l'afère^ et te tiquât de netivcMi, on taUlera la seconde dent, et on continuera ainsi jusqu'à la dernière.

Tjc peigne que nous venons d'enseigner à ïaire^ est celui i^Via tNnane le peigne droit^f . 6 , ^ dottt Pusage «st de tracer des pas de vis «ar la partie extérieure d'un «ylîndre. Le peigne xle coté)!^. 7 , V[«i «ert à fartuaier lïnfeérienvseteiHedelaméineitta'ni^, ieixcepté<qu^uiieHd'étTepla«ésurk ËMe demandrfn , il est placé sur sa circ*nférence. Pour *e fixer, on prolonge i'entaille bf stir la circonférence d'environ un pouce, et «n denne à ce pro-

CHAP. I. Sgct. X. Moyen de faire une Carde sans fin. 4^1 lon^enuDt la màm^^cùaiàwir qu'à fenteille. La vis placée à k pirtie in- '^ férieure de l'eateille nuiatient dans cette position le peigne dont le mjuiche se prolonge à droite , et n'embârraase aucunfinieDt Tartiste.

D'après cette deecription, un Amateur pourra ûcitemeot coiutruire cet instrument qui donne avec lapins grande régularité des peignes conftmnes aux pas de l'arbre, ce qu'il est très-diflBeiled'obtenir en les fitUaat à la nuûo,

SECTIOM X,

Moyv^ d* réunir iês d»ax bouts d'une tord* pour former une Corde eana fin.

Li. corde sans 6n, placée sur la roue d'un Tour et snr la poulie de son arbre, s'use assez proo^tement Nou6 croyons donc &ice plaisir à uoff lecteurs en leur enseignant les moyens de s'en Ëûre une.

On fKwàrm nne corde de kagueur «onrenublc, .tt o« en réunira les 'deux bouts , soit pu- une épiisvre , soit au moyen de.deuK crochets. Cette dernière méthode est jHéCérable pour les cordes i boyau, l'autre s'eipploû quand on se wsri des oxxles de chanvre. C'est cette opération que nous alloos décrire.

Après avoir <^Mrisi une corde a^sez longue, pour qu'après avoir enve> loppé la roue et la poulie du Tour, il en reste eocore 6 à 8 pouces, ou «B B^Kure les tcoons à chaque boat , après avoir marqué de chaque côté 3' tl 4 pouces pour T^issure. On effiloche «haque toron , et on l'éefaarpit avec un eouteau , de manière que traque toron, «ans perdre de sa Ion* guenr, se tumine à presque rien. Ensuite, on tord la corde vers le milieu, te p)us qu*on le peut, et jusqu'à ce qu'elle vrille sur e4te-ménie. Après cette opération on réunit les deux bouts, en faisant croiser les torons, qui entrent les uns daos tes autres , jusqu'au point où ofi a commencé à les détordre. On les arrête dans cette position au m(^en d'un fil , qui &ît pluisieurs tours sur le point de réunicm. La fig. 36, PI. 6, doDOé une idée de cette préparation.

En cet état on fixe l'un des bouts dans un étau , sous un valet, ou de toute autre manière, et on détord l'autre de la longueur des torons effilochés; ensuite on roule chacun de oestoroos effilochés autour de celui qui lui correspond dans la portion qu'on vient de détordre , et poiir cela on l'humecte légèrement en le t(»dant sur lui-même à chaque révolution qu'on lui Êùt £ûre autour du toron correspondant.

s^sss On place ensnite le côté termine dans l'étau, et on en hit autant à pL. 3b. l'autre bout, après quoi on détord la portion tordue vers le milieu, et cette torsion se répartissant sur toute la longueur de la corde , et en particulier sur l'épissure, lui donne toute la solidité qu'on peut désirer. Si l'épissure a été tiiite avec les précautions que nous venons de détailler, la partie épissée ne sera guère plus grosse que le reste de la corde j enosre cet excédant disparoit-il à mesure qu'on en fait usage.

L'opération que nous venons de décrire peut servir également à joindre les deux bouts d'une corde à boyau ; toutefois nous ne conseillons pas d'en faire usage, car il Ëiut préalablement les amollir dan&.l'eau , et il s'en exhale alors une odeur infiniment désagréabla II faut donc , comme nous l'avons dit, se servir de préférence des crochets d'acier représentés Ji^. 6, PI. 36 , T- IL Ces crochets sont percés et taraudés dans la longueur de leur partie cylindrique. L'un , A,esl entièremrait ferm^ , et l'autre , B-, iest ouvert pour recevoir le premier et réunir ainsi les deux bouts de la corde, qu'on coupera juste à la mesure nécessaizé. On diminue un p«u de grosseur chaque bout de la corde à trois ou quatre lignes avec une lime bâtarde , et on Élit entrer chaque bout dans un crochet en l'y vissant avec un peu de force. Quand le bout excède en dedans de l'anneau, on £iit chauffer un morceau d'acier rond ou de gros fil-de-fer; et rintroduuant dans l'anneau , on chauffe chaque bout, qui , comme toutes les matières animaies , se grille et se gonfle , et par ce moyen remplit avec forœ l'ûnténeur de la partie taraudée , et forme au bout une espèce de rivure très-solide. Quand on veut tourner ,- il suffit de passer la corde sur la poulie du Tour^ de la croiser/quand elle doit l'être, en la passant dans l'arbre de, la roue, d'agrafer les crochets de côté, et.de mettre la corde sur-l«s poulies coire» pondantes , après quoi on la tend convenablement, au mpyen du châ^is sur lequel est toujours montée la roue motrice.

On ' peut -aussi ajuster de semUables crodiets aux deux bouts d'tme corde de chanvre ; maïs alors il faut que le trou des crochets soit taïaud^ à gauche , parce que ces cordes sont tordues de droite ik gauche , au lieu que les cordes à boyau sont tordues dans le sens opposé.

CHAP. 11. SicT. I. X»« rÉcaiUe. 453

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