‹ Manuel du visiteur du pauvre [microforme]Chapitre 12 sur 28 · ER TE · texte numérisé non relu

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salutaire impression, Ce serait une erreur de croire que le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, le murmure de l’eau, ne produisent rien sur les natures grossières,

Passez avec un bouquet de fleurs dans une de ces rues où se trouvent à toute heure des enfants de tout âge, exposés à l’inclémence de l’air et surtout au mauvais exemple et aux tentations de toute sorte; passez, et vous verrez ces pauvres êtres, qui manquent de pain, regarder d’un oeil d'envie votre bouquet, s'approcher et chercher dans vos yeux quelque marque de sympathie. S'ils l’y rencontrent, le plus hardi vous dira à demi-voix : “Donnez-moi une rose. Donnez-moi un oeillet,” et si vous l’'accordez, d’autres demandes suivront celle-là, et vos fleurs passeront aux mains de ces pauvres créatures qui les contemplent, les respirent, les portent en triomphe, et oublient un moment qu’elles ont faim.

Si vous vous mêlez à la foule du peuple qui va, un jour de fête, se promener aux champs, vous serez surpris de l’enthousiasme que manifestent, à la vue du spectacle de la nature, ces êtres que vous me jugiez susceptibles que de jouissances grossières.

En visitant le pauvre, vous verrez quelquefo:s, dans son logement ténébreux, dégoûtant, un pot de fleurs odorantes, bien soignées, et qui sourit dans ce cadre sombre,

comme un rayon d'espérance dans une vie de douleurs. Ces observations et bien d'autres vous prouveront, qu’au fond de ces coeurs durcis parla misère et par le vice, il est ‘une fibre palpitante qui vibre constamment et produit un hymne de louange devant les oeuvres du Seigneur.

Le spectacle de plusieurs personnes qui élèvent en commun leur prière vers Dieu, est encore bien propre à impressionner l’âme; tout ce que sentent et expriment à la fois un grand nombre de personnes, soit en bien soit en mal, acquiert une énergie qui semble dépasser les limites de notre nature ; c'est comme une influence magnétique, même pour le spectateur indifférent.

Si nous observons séparément, chez chaque citoyen, sa prédilection pour telle ou telle forme de gouvernement, sa sympathie où antipathie pour telle institution ou telle personne, nous ne pourrons comprendre que ce soit là les éléments de cette ardeur fébrile qu’on nomme lenthousiasme d’un peuple, moins encore de ce monstre connu sous le nom de fureur populaire. Une différence analogue se remarque dans l'effet produit par la prière individuelle et la prière collective; ce n’est pas la raison, ce n’est pas l'exemple; c’est quelque chose qui se sent et ne s'explique pas, qui impressionne, qui émeut, qui entraîne, qui fait ouvrir machinalement des lèvres qui ne sa-

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vent prier, qui remplit de larmes des yeux qui ne se tournent point vers Dieu, qui re- . mue les coeurs insensibles à la crainte de l'enfer et à l” espérance du ciel. Dans cet ensemble de voix qui montent vers Dieu, lui offrant ce qu’il y a de bon dans l’homme; demandant pardon pour ce qu’il y a de misérable ; dans ce choeur dont les notes harmonieuses signifient le néant de la vie, la.

crainte de la mort, l’aveu de notre faiblesse, l’humiliation de notre intelligence, le sentiment de notre misère, les aspirations de notre grandeur, dans ce choeur où se confondeni l'enfance et la vieillesse, l'ignorance et ka science, le pouvoir et la faiblesse, la richesse et la misère, l’innocence et le repen- …«f; dans ces paroles que tous prononcent, dans ces yeux qui s'élèvent au ciel, dans ces âmes qui sentent Dieu, dans ce tableau hétérogène et harmonique où une main in- ’isible écrit avec des larmes et du feu :

Faute, douleur, espérance ; en tout cela il y a quelque. chose de tendre, de pathétique, de grave, de sublime qui ne peut qu’émouvoir l’impie.

Mais ce tableau, ni celui de la nature, ni les sons de la musique ne doivent être présentés à notre pauvre comme venant de nous; il faut qu’ils semblent venus au hasard ; si nous lui disons : “Ecoute cette harmonie, entre dans cette église, parcours ces Champs, «et la musique, la prière collec-

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tive, ie pré fleuri te prépareront à des vérités que tu ne peux comprendre ;” ah ! prévenu ainsi, le pauvre se ‘tient en garde, car il sait bien que changer ‘de sentiments amène à changer de vie, ce qu’il ne veut poiut faire parce que cela lui semble pénible, par:œ que l’amour-propre veut suivre le chemin déjà pris, vu que k quitter c’est avouer qu’on s’est trompé.

HN ne faut pas non plus employer ce:

moyens pour impressionner le pauvre, si nous n'avons pas quelque probabilité qu’il est en état d'en profiter; si nous l’amenon:

‘trop vite ou aux champs ou au temple, nous aurons simplement rendu ces moyens inutiles ; il faut donc attendre que déjà que!que changement ait paru dans son moral, ce qui paraîtra dans quelque légère modification dans sa conduite, dans sa manière de nous écouter, dans quelque signe de reconnaissance. Lorsque celui qui ne parlait qu’un langage obscène, emploie quelques paroles décentes, que celui qui raltraitait sa famille, la traite moins durement, que l’ivrogne va un peu moins souvent à la taverne, que la colère mous écoute avec moins d’impatience, ces signes, et d’autres analogues. peuvent nous servir de preuve, ou au moins d'indice, qu’il y a dans cet homme une modification profonde, et qu’il est en voie de se corriger.

Un autre signe bien important parce

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owil ne peut être feïnt, et que nous pouvons nous en assurer sans rechercher la conduite du pauvre (ce qui n'est pas toujours facile), comme aussi parce qu’il révèle un changement profond, c'est la manière dont nous sommes compris par notre protégé. C’est avec le coeur que le pauvre comprend la vérité: quand mous commencons à l'expliquer, pour si courts et si simples que soient nos raisonnements, si le coeur est yâté, ils ne sont point saisis; mais quand vient la gratitude, quand nous commençons à être aïmés, alors la conduïte commence également à chagner et l'esprit à comprendre. Cette intelligence, obscurcie par l'ignorance, égarée par le péché, n’a conservé le sacré privilège de méfléter le Dieu d'amour que ‘dans la partie qui tient au coeur. Ne donnons pas à nos raisonnements une importance qu’ils n’ont pas, et que la vanité n’aille pas nous persuader que le pauvre devient meilleur pour nous avoir compris ; au contraire, il nous comprend parce qu’il devient meilleur; nous pouvons mesurer les progrès de sa régénération par ceux de son intelligence, et cette connaïssance est précieuse. Ne comparons pas un pauvre avec un autre pauvre ; mais chaeun avec lui-même, établissant pour terme de comparais non ce que fait un autre dans des circonsiuuces analogues, mais ce que faisait celui-ci quand nous avons commen-

Lorsque nous serons sûrs que le pauvre a fait le premier pas vers le bien, accélé- : Tous Sa marche en cherchant les moyens de limpressicnner; choisissons avec soin le lieu et le moment de Jui parler de Dieu pour la première fois. Comme preuve de lPimportance de ceci, qu’on nous permette de citer un fait.

Dans la ville de. .…., habitait une malheu- - reuse dont on avait perverti l'intelligence - &vant de corrompre le coeur. Le temps avait mis fin À la plupart de ses vices et de ses joies, et à peine restait-il en -elle anire chose que la douleur et l’impiété. Se sentant méprisable, elle ne 3-8 quelqu'un pût l’ difficulté qu’eut à vaimere qui la” visitait fut ’était pour Dieu, faisait du bien : Île, on me ilice, pour Mais le Ction, il personne, re qu’il y qui prenait qui voulait la ce. 1s0ler, La première eenséquence c'est de se sentir moins

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