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pour arriver, par eux, au coeur, Peu de discours.
Peu d’abstnactions et jamais d’objections |
même qu’on pourrait les combattre de manière la plus concluante.
Nous pourrons trouver des pauvris qui, ayant été dans une position plus florissante ou ayant véou avec des personnes plus .
instruites, voudront raisonner leurs impiétés ; en ce cas, si nous ne sommes pas suffi. : samment instruits, il faut céder cette visite à quelqu'un qui le soït plus que nous : sans cela la vérité mal présentée par nous ne :
brillerait pas dans tout son jour, et nous savons que du côté de l'erreur vont toujours se jeter les passions, les mauvaises habitudes et l'amour-propre pour faire pencher la balance.
Les pauvres irréligieux peuvent se diviser en trois catégories :
Rarement vous trouverez un pauvre qui, Sans £ynisme, sans hypocrisie et sans tinidité, vous dise : “Je me crois pas en Dieu.” | L’impie fanfaron qui épouvante à pre- |
miène vue est le moins à craindre de tons.
Derr‘ère cette os’ ntation, il y a une grande faiblesse, et celui qui vocifère ses erreurs n’y est pas souvent le plus ferme.
On « dit que, dans les hautes classes, LS paroles sont plus que les actes; chez les pauvres, c’est le contraire; les faits sont tout et il ne faut pas un grand talent d’observation pour s’en convaincre. Le blasphème et l’obscénité des paroles du pauvre sont presque toujours une simple habitude:
c'est À son orthographe, ses points et virgules, ses points d’admiration, en un mot les moyens qu’il emploie pour donner force à ses discours. Les paroles qui nous scandalisent ne renferment pour lui aucune idée; il les dit par coutume, il ne pense ni à Dieu, ni à la très Sainte Vierge quand ik blasphème de la Vierge et de Dieu. Gi vous le repreniez @t lui dites qu’il ne saît ce qu’il dit, il vous assurera que si, non pas qu'il le sac. ni qu’il croie le savoir, maïs par amour-propre ; il aime mieux vous paraître pervers que passer pour un Soi, > même au’il préférerait passer pour un .cuel que pour un poltron. La faiblesse est la derrière chose qu’un homme veuille avouer, précisément parce que c’est la première qui li appartienne.
Armons-nous de toute notre force pour écouter impassibles. en apparence, le 2yn°que langage du fanfaron. Pour l’homme
timoré, pour la femme modeste, c'est une tenrile épreuve : souffrons-la en pensant à ln réponse que fit le divin Maître aux hyrocrites murmures que faisaient entendre les Pharisiens le voyant à table avec des publicains. “Ce ne sont pas les saints, mais les malades qui ont besoin de. médecime.”
Nous devons considérer l’impiété comme ‘ane maladie et puisqu'il nous paraîtrait -cruel d'abandonner un pauvre malade parce que ses plaies nous dégoûtent, comprenons ‘qu’Ü n’est pas plus humains de s'éloigner ‘de l’impie parce que son langage répugne.
Quand nous voulons corriger le fanfaron, ne commençons pas par vouloir corriger son langage; c’est la dernière chose qu'il changera, car il sera bon au fond avant d’oser le paraître. Si vous pouvez l’airracher du logement, du quartier qu’il habite, ce sera un £rand pas, Car i: n’aurs pas honte de paraître bon devant ceux qui ne savent pas qu’il se faisait gloire d'être mauvaïñs, ni rien ne l’obligera à paraître se repentir, chose qui lui répugnerait extrémement parce qu’il est faible et très vain.
Cette faiblesse et cette vanité qui sont un grand obstacle, peuvent se :.Aanisfommer en puissant auxilraire; Cur le vain a besoin d'approbation et quand il est avec des personmes estimables, il la cherche en faisant le bien, comme il le cherchait en faisant le
ron, riger
qu'il ;
mal quand :l se trouvait parmi les méchants.
Ainsi, tout en appliquant à l’impie fanfaron les règles générales déjà connues, il faut, de plus, tâcher de le placer sur un théâtre où le bien lui soit avantageux; car pour changer son rôle, il suffit de changer son auditoire et de lui faire trouver une humiliation où il cherchait un applaudissement.
Mais cette humiliation doit lui arrive” par d’œutres, non paf noûs, qui ne devou:, jamais mortifier son amour-propre; premons- y garde, car il nous pardonneraït tout, plutôt qu’une offense à sa vanité; pas une de nos paroles ne doit lui donner à entendre, quand il se corrige, que nous y sommes pour quelque chose; laïissons-Aui-en la gloire, à lui seul, et n’y faisons jamais la moindre allusion.
Nous avons dit que l’impie fanfaron paraît pire qu’il n’est réellement ; nous devons donc étudier ses actions, tâcher de surprendre ses véritables sentiments; c’est 1à le seul moyen de se former une idée juste, soit de la gravité de son mal, soit des progrès qu’il fait dans le bien.
Il protestera contre notre sollicitude, affirmera qu'il ne veut pas changer; ne faisors pas le moindre cas de ses protestations, de ses affirmations. L'homme qui affirme qu’il n’y @ rien de bon en lui, comme
et
celui qui soutient qu’il n’y a rien de mal, “est trompé ou trompeur.
L’impie hypocrite est plus difficile à cor-
riger et il faut prendre garde de ne pas le confondre avec le timide. Souvenons-nous pour cela que l’hypocrite exagère toujours la vertu opposée au vice qu’il veut cacher.
Le timide mniera tout simplement qu’il a :
manqué la messe; l’hypocrite dit qu’il en a ! entendu deux, trois; il donne des preuves que vous ne li demandez pas: c'était tel ou tel prêtre qui ia disait dans telle ou telle : église. L’hypocrisie, surto.…, parmi les pauvres, se dénobe par ses exagérations, et | il re faut pas une longue pratique ni un :
grand esprit d’observation pour la découvrir. Ï y a bien quelques cas où un homme grossier est assez adroit pour feindre !
: la vertu et le repentir jusqu’à tromper le plus instruit, mais c’est rare; la majeure partie des erreurs en ce point vient de mousmême, de notre bonne volonté, de notre imagination qui réalise cé qu’elle désire, de notre amour-propre qui ne veut pas douter de l’efficacité de ses moyens.
Avec l’hypocrite soyons bons et affectueux, car il est notre frère et notre frère égaré, mais soyons mexorables avec l’hypocrisie; la tolérance serait coupable et les égards qui nous empêcheraient de la dém:squer seraïent une lâcheté; ne crañgnons :
donc pas de dire dans l’occasion avec dou- !
ceur, mais avec force : “Mon ami, cela est faux, vous voulez tromper, et la tromperie est bassé et sotite ; basse, parce que la mensonge l’est toujours; et plus encore envers une personne qui vous veut du bien et ne vous trompe pas; sotte, parce qu’elle u’cbtient pas ce qu’elle cherche et se tourue contre celui qui l'emploie.”
Comme pour guérir une vieille blessure, la première chose à faire, c’est de la 'aver pour en Ôtr les corps étrangers, ainsi, p ur guérir l’hypocrite, il faut le dépouiller de son hypocrisie, et pour cela le moyen le plus simple €’est de lui prouver qu’elle est inutile. ‘Lui veut nous tromper, montronslui qu’il n’y réussit pas; il cessera d’y t::dre : la fiction est un travail qu’il n’emploiera pas sans but, et pour le convainere d'imposture, il ne suffira pas d’être perspicace, il faudra encore employer quelqne moyen matériel, parce que l’hypocrite gressier a besoin de faits pour s’avouer vain :u. S'il vous dit, par exemple : “Je n'ai pas été à tel endroit,” il sera heureux de pouvoir lui dire : “C’est faux, je t’v ai vu.” Si l’hypocrite, voyant ses mensonges inutiles, finit par y renoncer, il rentre dans la catégorie des pauvres ordinaires; mais nous devons toujours être en garde avec lui, car cette maladie de l’hypocrisie laïsse ‘towjours une tendance au mensonge, qu’on efface difficilement.
Cu
* L'impie timide est le plus facile à corri-
- ger, maïs on le devine difficilement ; sa réeerve ressemble à la piété, et si nous 1e eommes pas bien tolérants, bien doux, bien amis du pauvre, nous le visiberons des années entières sans même soupçonner ses égamemientis. Si, au contraire, il y a entre le timide et nous cette cordialité qui engendre la confiance sans exclure le respect, luimême nons révèlera ses fautes, après nous avoir mis à même de les deviner.
” L'homme timide l’est par caractère ; mais cette disposition naturelle peut encore être augmentée par la crainte de nous affliger en nous disant ses torts que nous ne scupconnons pas, par la frayeur de perdre notre protection, par la honte de paraître coupable devant une personne qui le croyait vertueux.
Quant à notre protection, assurons-le que nous la rendrons plus efficace où elle sera plus nécessaire et que, par conséquent, elle he jui manquera pas, tant qu’il nous donnera quelque espoir d'amendement. .
La crainte de nous affliger est un sentiment noble qui parfois empêche le pauvre de nous avouer ses fautes; quand nous le soupçonnons, assurons-le que le doute nous . est plus pénible encore que la vérité quelle
au’elle soit, et que l'espérance d’un retour sincère nous consobera de la douleur de
son égarement.
La honte, ce sentiment si amer de se sentir déchu dans l'esprit de ceux qu’on aime, est un terrible motif pour empêcher le pauvre de nous ouvrir son coeur. Si nous soupcçonnons sa présence, parlons du repentir avec toute l’effusion de notre âme:
disons à notre protégé que nous aussi nous sommes tombés, une, deux .et cent fois ; que la vertu est une blanche robe que‘tous nous avons tachée; que quand un pécheur se convertit, les justes répandent des larmes de joie; que l'innocence, comme un ange exilé, après avoir souffert de rudes épreuves sur la terre, retourne à Dieu, sainte, purifiée, sous le nom de repentir; que la charité garde son plus doux embrassement pour le front sillonné par la fatigue du retour. = 5
Le timide aïnsi encouragé nous ouvrira son coeur, et nous y ferons pénétrer la lumière de la vérité avec la consolation de l'amour.
Quel que soit le caractère du pauvre égaré, soit qu’il faille le traiter comme cynique, comme timide ou comme hypocrite, obser-.
vons avec soin si, au milieu de ses erreurs, il n’est pas resté quelque noble sentiment, quelque affection pure qui puisse être pour lui une ancre de salut. L’amour de la patri, l'enthousiasme pour un art ou une science, la tendresse pour une épouse, une mène, un enfant, une amitié véritable peu-
avi éprouve il est possible d'en amener :
d'a tres; car le monde moral a, lui aussi, sa grevitation et ses affinités, qui, quoique moins faciles à démontrer que celles du monde physique, n’en sont pas moins positives.
Souvenons-nous aussi que l’homme, pauvré ou riche, est toujours faïble et par suite inconséquent ; que la logique de ses discours passe rarement jusqu'à ses oeuvres; ainsi nous le verrons dédsigner certaines pratiques religieuses et en conserver d’autres, ou parce qu’elles lui sont plus commodes, ou parce qu’elles sont unies à quelque cher souvenir, ou parce qu’il s’est identifié avec elles par l’habitude; n’allons pas lui présenter la religion en forme de dilemme et croire que, pour le convertir, il suffit de lui montrer son inconséquence; n’allons pas, par zèle intolérant et peu éclairé, lui dire que certaimes pratiques sont inutiles s’il dédaigne ou oublie les autres; le bien peut être incomplet, maïs jamais inutile, et ce que nous appelons pompeusement supersti-
tion, inconséquence ridicule, peut nous ser-
vir vi d'enxihane, peut-être même de base
. pour ame conversion complète. Dans les ténèbres mêmes du péché, une aspiration
vers Dieu est toujours un point lumineux qui révèle le feu sacré.
Il ne faut pas non plus épouvanter par trop d’exigences celui qui veut rentrer dans le bon chemin, l’obligeant à marcker d’un
pas ferme, sans broncher, sans tomber ; Minsois de aller comme il pourra, s'arrêter même; mais ne nous désistons pas, profitant des occasions opportunes pour lui faire rednnter ce qui n’est pas bien.
Il y a des hommes qui, comme l'ange rebelle, tombent dans un seul jour : il en est aussi qui, comme saint Paul, se relèvent dans un instant, radieux de vertu et de foi; mais le commun des hommes descend par degrés dans le fond de l’abîme et par degrés sæ relève et remonte à la grâce : ne l’oublions pas et nous n’exigerons jamais que celui qui fut impie, hier, aujourd’hui soit dévot.
La lecture est un excellent moyen de régénération, maïs le choix du livre est une chose bien importante. Ce seraït une bien grave erreur que de donner à un impie un livre ascétique : il ne pourrait ni ne voudrait le comprendre et le rejetterait comme ircompréhensible et fatigant.
Le pauvre étant matériel, il faut d’abord le spiritnaliser, et si la lecture est un bon moyen pour cela, c’est à condition d’être à la portée de celui qui lécoute, afin qu’elle l'imtéresse ou même le divertisse : dans la-
brutissement qui ions la mère c'est un excellent symptôme que d'écouter avec intérêt ou seulement sans impatience, ‘an divre quelconque. Quand nous disons , On comprend que nous ne parlons pas d’un livre immoral.
Commençons donc par procurer au pau- 1 re, matérialisé par tant d causes, une # jouissance non. matérielle : les livres de iles inspirent d'ordinaire beaucoup d'intérêt aux gens du commun; la relation | des grandes catastrophes de la nature comme d’une inondation, d’un ‘tremblement de terre, de l'éruption d'un volcan, parle éga- Jement à leur i Comme les livres d'histoire sont malheureusement des livres de guerre, ils pourront : memplir notre but en inspirant de l'intérêt : «u pauvre. C’est à nous de choisir celui :
qui sera le mieux à sa portée «et dans lequel se trouve une leçon «utile, soit qu’elle soit déjà formulée par l’historien, ou que nous puissions nous-mêmes l’en faire ressortir.
L'histoire d’un grand cataclysme peut aussi nous servir à modifier les moeurs du pauvre; la partie me: veilleuse frappe son imaginmation et la fixe, ce qu’elle contient de terrible lui inspire une certaime gravité, et: à la pensée de cette île balayée par la vague furieuse qui n’y laisse pas an être vivant.
ou de la terre qui s’entr’ouvre et engloutit des cités entières, ou de la montagne qui
tremble et vomit un torrent de feu, naturellement et sans s’en douter, il formera deux réflexions : le néant de l’hommé, la toute-prrissance de Dieu.
Nous trouverons une difficulté dans le défaut de livres, car on en écrit peu comme il nous les faut : pour cela, au lieu de laisser de livre au pauvre (lorsqu'il saït lire), il vaudrait mieux lui lire nous-mêmes quelques pages, supprimant et ajoutant au besoin pour qu’elles lui soïent utiles.
La lecture doit être, dans le principe, un divertissement qui distraie le pauvre de ceux qui offensent Dieu ou amènent sa ruine; puis une gymnastique pour son intelligence; plus tard et par degrés elle pourra se transformer en leçons, en préceptes, en les pour plus tard. Avant d'enseigner la doctrine, présentez l'exemple de ceux qui la pratiquèrent et moururent pour elle; la vie des saints d’abord, le catéchisme ensuite. Si cette méthode nous semble étrange, souvenons-nous que le pauvre irréligieux, perverti par le vice et abruti par la misère, a perdu la docilité de l’enfant sans avoir acquis la raison de l’homme fait; c’est une créature tombée qui e erdu la force et même la volonté de se relever; c'est l’âme triste que les ténèbres tuent et que la Inmiène incommode ; c'est un livre sali sur lequel il faut bien effacer avant de pouvoir rien écrire.