CHAPITRE XH
Des prisonniers. *
Notre pauvre pourra bien quelque jour :
… : être conduit à la prison, soit par la calom- ‘nie, soit par la justice, et dans les deux cas nous ne devons pas l’y abandonner. | - S’i est innocent, ne craignoné pas de le : 7 dire à ses gardiens ceux qui peuvent l’ap- * - puyer, à tous, excepté aux maïfaiteurs avec qui on la confondu «et pour lesquels cette :
innocence. serait un motif de persécution. 1 Qu’elles pèsent une à une sur notre coeur, 4 ces heures, pendant lesquelles . l’homme honnête gît confondu dans la compagnie des pervers, obligé à cacher ses vertus, comme si elles étaient des crimes pour n'étre point moqué et maltmaité. La prison | c'est une torture pour l'innocence, un écueil pour la vertu, et, dans certains pays, une école pratique du vice. Voyons-y notre pauvre le plus souvent possible; que notre Sollicitude, notre zèle, notre amour forment autour de lui une atmosphère de charité qui neutralise celle du vice qui l'entoure.
Là, ta perversité est ai répugnante qu'elle
Se donne elle-même des armes pour la combattre. Parlons de ces hommes avec peine,
. avec horreur; faisons sentir à notre pau- À
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; mais qu'il ne puisse deviner que ions craignons pour Mi un pareil voisinage ; au contraire ayons l'air de le eroire à une telle distance de ces malfaiteurs que rien ne lui soit plus impossible que de les imiter. Quant à ces mai-
-faiteurs eux-mêmes, comme ils sont hom-
mes, quoique pervers, servons-nous des
quelques sentiments qu’ils conservent en- “
core, pour diminuer la prévention instinetive qu’ils ont contre l’innocent. Un salut
-sracieux, an petit service peuvent nous dt-
tirer leur bienveillance, et cette bienveil.
lance retombera sur notre protégé. Ne craignons pas en cela de trop descendre : la charité sait s'incliner sans e’abaisser.
Si nous parvenons à prouver l'innocence de notre pauvre et à le préserver de la prison, aCcompagnons-le ‘'ez lui avec des marques de considération et même de respect. Disons à ses amis, à ses voisins, à tous ceux qui peuvent de connaître qu’il était innocent, que la justice humaine est imparfäite et limitée comme l’homme, que le soupçon est une production de limpuissance et de la perversité humaine, que Dieu
« seul voit les coeurs, que ne jugeant que
sur l'extérieur, un juge, si bon qu'il soit, est exposé à confondre, au moins pour un moment, le crime avec l'innocence, +
One un d'entre eux. Oh ! tâchons qu'ils ®’y parviennent pas. Asmachons notre pro- :"tégé de cette maison, de ce faubourg, de Ce pays même, si nous à jons à craindre que 2 le désespoir me lui fasse accepter des quali- fications qu'on lui donne; on voit souvent
les hommes devenir ce qu’on les croit.
Si nôtre pauvre est coupable, s’il doit æestér longtemps en prison, être condamné aux galères, ramassons toutes nos forces,
toute notre constance, tout notre zèle, et imvoquons de secours de Dieu; nous en au- -”.rons bien besoin pour ne pas perdre cou- . vage. Ce malheureux, qui a fait un si : grand pas dans la route du erime, est sur
ne pente bien rapide, et de plus tout le y pags à s’y risser Fqse En certains - pays, l'organisa .on prisons et des £2-
“lènes y fait ressembler le vice à ces courants qu'on trouve dans la mer, qui atii-
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+ 2. is-dinènée +7 tout ce qui entre dans la sphère de leur épouvantable action.
Le mal est grave; mais le désespoir est.
un crime et une lâcheté; ni dans le séjour , de la misère, ni dans celui du crime, ni nulle part, n'allons écrire l’horrible légende
“qui n’& aux portes de l'enfer :
Hors pi l’e
’espérance ! cette douce soeur de ia
Far: doit nous accompagner partout ;
soit que le monde l'appelle héroïne, soit | qu'il la qualifie de folle, que lui importe ?
Qu’allons-nous faire dans la cour de cette prison, au milieu de blasphèmes et d'obscénités, avec lesquels le cynisme étouffe lt voiz de la conscience ? dans cette école normale de la perversion, dans ce gvmnase du crime, où tant d’Hercules aux inains ensanglantées écrivent sur les colonnes : H n’y.a rien au delà? Irons-nous 7 réciter des prières, parler de Dieu et de la * vertu ? Non, un homme charitable n’est - pas un insensé, il est un homme plein de bonté, qui aime les hommes, espère en Dieu .
et n’abjure pas sa raison.
Nous irons donc à la prison, non pour pêcher, mais pour voir notre pauvre, et Jui, quel qu’il soit, nous en sera reconmaissant ; et voilà que déjà nous avons fait an bien !
nous avons fait germer un bon sontiment de gratitude dans cet antre d'abomination : la
ie)
reprendre impr :demren peut-
< Ques-uns de ce: malheumers s’approcheront-ils de noms; peut-être pourrons-nous leur rendre quelq mer un noyau d
ront comme mence des
jar
que Een ‘qui serve à faire passer le temps toujours si long dans La prison. Et quelle sarte de livre porterons-nous là ? Ni un livre de dévotion, ni an roman impie; un livre qui distrait sans pervertir. lors même qu'i n’enseignerait guère. Ne soyons pas trop serupuleux: un livre inutile aïlleurs, à peut être utile; il vaudra toujours mieux que os que £ont et disent ces misérables réunis dans ces lieux, non pour se réformer, mais pour être gardés de manière à ne pas g’évader.
Si notre pauvre est conduit aux galèrés, :
voyons 6i nous ae pouvons lui trouver un protecseur, un guide ; s’il saît lire, écrivonslai. Et pourquoi pas ?.., Nous avons vu des lettres de galériens, dans lesquelles ils manifestaient une profonde gratitude pour leurs bienfaiteurs et un grand désir de sortir de là pour aller les remercier. Un homme remarquable par sa science et plus encore par sa vertu, était chargé d’un travail publie où on employait des galriens ; jamais àäl n’usa de rigueuns on de menaces. Les outils nécessaires à la construction de l'édifice furent fabriqués par ces malheureux et furent dignes d’être présentés À uneexposition de Msärid. On travaillait beaucoup et on travaillait bien.
Si l’on était pressé, on eût cru voir à ces gens-là qu’ils étaient puissamment intéres.
sés à la conclusion de l’édifice, et pourtant F
Pour cela son cheval ; k remis avec fidélité le plus grand soin.
| c'est.qu’à la tête