CHAPITRE XIV
. Du respect pour la douleur.
Celui qui va à la recherche de son frère : malheureux n’insultera certainement pas à ea souffrance. À quoi bon li récommén- | der le respect pour la douleur ? Et cependant tous nous avons oui dire, nous avons dit peut-être : Ces gens-là ne sentent pas | comme nous, les pauvres n’ont pas les sentiments délicats. ;
Sans doute de genre de vie des pauvres et l'habitude de souffrir les rend moins sus-+ centibles et plus durs pour la souffrance; mais si nous retirions de notre sensibilité, l'hypocrisie que les pauvres n’ont pas, et les convenances sociales qu’ils ne respectent pas, la distance entre eux et nous, nous paraîtraït beaucoup moins grande. Quelle différence essentielle y æ-t-il entre le pauvre qui, après avoir perdu une personne chérie, Sans consulter antne chose que son, coeur. s'en va à da taverne, et le riche qui, consultant son calendrier, attend avec impatience le moment de changer de costume et d'aller an théâtre ?
Maïs supposons qu’en général es pauvres sentent beaucoup moins. Admettons-le comme règle. Croyons-nous, au moins, que
“ad ma pauvre Marie ? Tes dou.
Non, à:
— Pourquoi done parais-tu ei triste ?
— d’hui äl y a sept ans que j'ai dit
: adieu à ma pauvre fille qui est morte à
ma Soeur Ÿ
lhôpital. Il me semble l'entendre; elle me
- dit : Adieu, ma mère, nous ne nous rever-
ons plus ! Et nous ne nous sommes pas revues. L'heure arriva, ä fallut sortir et je n’"i pu savoir comment elle était morte,
ni entendre es dernières par
AQu'avez-vous ‘eu, Antonia ?
— Vous me trouvez changée, a’est-ce pas,
. Âvez-vous été malade ?
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Sauf dé troiér mn né j'étais dans cette maison; vous savez, des
Li Ent MN bons? Le petit tomba mala-
de et À mourut en quelques heures, avant - | d’être inscrit à la commune; on me dit qu’on re pouvait l’enterrer, qu'on ee compromébtait, que moi-même je m'exposais beaucoup... que faire ? Je de pris, moi, sa mère, j'étais souffrante, je le portai mort dans Ÿe tue. dans toutes les sues jusqu'au
| tour... et je le laïssai R... Puis je me mis
. à courir folle de chagrin, puis je ne sais pas ce qui m'arriva jusqu’à ce que je me réveillai malade à l'hôpital . . . . . . . ..
Les pauvres aussi sentent ! et quand l’un d'eux sent-avec délicatesse, avec force, oh ! il doit trouver que c’est une chose horrible d’être pauvre. Manrrwr de moyens péceuniaires ét de considération ! que de tortures ajoubées à la peine venue de Dieu | Une pauvre mère voit son enfant se mourir lentement; prendre les eaux, changer de cli- . mat, le sauverait peut-être; elle ne peut pas. Changer au moins. son lement pour un autre moins humide, elle me peut pas. - Lui donner des aliments plus solides, elle ne .
veut pas; vuis il tombe et il meurt ! et pen-
Se
règle
; las ! fort triste, avouer :
oémbrènses. Si done !
‘preuves nombreuses et
us en euSSIONS Man qué, que nous eussions ainsi ajouté une douleur facile à ‘éviter à üne. douleur inévitable !
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| me son pas aptes à le faire. La vremière | difficulté consiste à les rencontrer; les au-. : tres nralheureux nous cherchent, pour ceux- | Rà il faut les chercher. Un geste, une pa-.. F role, une larme, ün visage qui rougit ou | nâlit, révèlent quelquefois une douleur ca- | chée que nul ae devine et ne console. Règle’ sénérale, dans ces personnes que le monde # nomme extravagantes, excentriques ou #ol- ‘ : les, il y & toujours une grande faute où ui - : sraude douleur, souvent les deux ensemblé, ” Æ Aoprochons-aons de ces pauvres êtres que .
H l: monde relègue moralement loin de lui par : . un dédaigneux soufire ; approchons-nous et. : W ‘ “7700 avec étonnement de erandes + ‘ur, de grandes vertus et de grands … Mmatheuns dans ces mystérieuses exisbences, Æ Sortes de Gavernes où jamais nulle main apporta la lumière. es