‹ Manuel du visiteur du pauvre [microforme]Chapitre 27 sur 28 · NES · texte numérisé non relu

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l’abandonmer parce au'élle mous inspire cette répulsion; il ne : serait pas bien d'abandonner un blessé par- L ce qu’il tous dégoûte. Quand nous voyons -. nm coupable, pensons combien il est difficile — d'apprécier le degré de culpabilité d’un au tre. Qui a pu faire choix de son tempéra-

ment, de son éducation, de la moralité de

ses parents, de ses amis, de l’époque où il vit, de sa position sociale, des circonstances qui l’entourent ? Et tout cela pourtant influe sur ses idées et sur ses actes ! Que d’imfluences reçoivent l'enfant et le i

homme avant d’avoir Pénergie efficace pour |

y vésister ! Que d'obstacles parfois s’opposent au meïlleur désir ! Que de combinaisons fatales enveloppent, comme un labyrinthe, celui qui voudrait peut-être en sortir sans péché ! Dans le malheureux couvable, il y a une chose certaine, la souffrance. Quant au crime, qui sait s’il l’est aux yeux de Dieu ? Et, en tout cas, qui est capable de l’apprécier exactement ? Si nous avons médité sur l'imperfection de 508 .

moyens d'observation, nous comprendrons qu’il n’est guère moins qu’impossible de juger-la cuipabilité d’un acte; et puisqu’i y

* finies, L'avare qui ne peut se résigner à

ur Perte de‘son trésor, l’envieux qui souffre

-Gubonheur d’un être abhorré, le sensuel qui #oupire pour des joies qu’il ne peut obtenir

donner de l’expan-

t rétréci, de ui montrer

un autre l’égoïisme dans sa difformité - et dans ses amertumes ; l’assurant (ce qui -. €8t vrai) que celni qui n’aime que Soi n’est ‘ #imé de persotne, et que celui qui n’est Personne est toujours mañheureux.

© Montrons-lui le tablegu du bonheur dans

jours. quelque chose de sombre et d'agité; il

est toujours incomplet ; en un mot, il n’est pas le bonheur.

Nous avons dit que la raison et la logique luttent mal avec l'habitude et les pas- ” sionss cependant, dans le cas qui nous 9ecupe, fl faut maisonner jusqu’au point où l'intelligence du malheureux veut nous :

suivre, et ceci pour deux raisons : La pre.

mière, c'est que l’égoïsme pèse, mesure, cal- | cule;et naturellement il porte cette habitude de calcul sur la douleur qu’il cause, et pent comprenüre le pour et de contre d’une résolution, les avantages ou les inconvénients

‘ane digne de conduite; la seconde, c’est - “que les natures égoïstes sont des natures È

pauvres, qu'on nous permette l'expression; elles.ont peu de ressoufces, peu de res:

soulager à celles qui le rendent u-

terrible le mystère qui fait jaïlir la douleur d’une âme généreuse, d’un coeur aimant | En présenée de | cette amertume profonde, immense, nous eommes anéantis. Que sont nos pauvres forces pour s'opposer à l'irrésistible: pouvoir d'un chagrin sans remède ? Qu'est notre raison devant cette «affliction ?

:… Qu'est notre — parole devant de tels :<. 'Sémissements ? Aussi nous, chrétiens, nous Avons sanctifié la douleur, nous la -yénérons sur les autels, personnifiée dans la femme bénie entre toutes les femmes, dans 4 l'âme triste entre toutes des tristes? “ans ! : cette divine Mère que vous nous repré |

4 3 chwttieus, 1e créature qui s'affili.

| Je pu réaliser une grande pen-

jours quelque chose de sacré chez ceux qui:

sont marqués du sceau de la souffrance;

consolons-les ; quoi que nous fassions, ils

Les: grandes douleurs qui s'emparent de toutes Îles puissances de l’âme, qui peuvent s'avouer sans rougir et se raisonner de sane-froïd, fasciment comme tout ce cui est:

grand; devant elles notre premier sendi-

ment, c’est celui de notre impuissance, mais

les natures capables d’éprouver de telles, - :

doses sont ordmaïrement pee

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facultés, et cette même impressionnabilité qui les prédispose à l’affliction. les rend également sensibles à la consolation. Comment un coeur aimant et généreux serait:il insensible à notre sollicitude, à notre constance, à notre désir de lui faire du bien, à mos larmes ? Il sera reconnaissant de n0tre tendresse, et la gratitude est le premier symptôme du soulagement, la première forme de la résiemation. Nous parlons de larmes et de tendresse, car le coeur qui n'aime pas ne peut consoler, Maïs qui doûe n’aimera pas, qui ne compatira ÿpas en voyant une noble créature broyée par une Sainte et profonde douleur 9:

Ne prononçons jamais le mot consolation devant une profonde peine; ce mot paraît une insuîte, le véritable affligé s’identifie avec sa douleur, il l'aime, il la caresse.

Exagérez avec lui l'excellence de ce qu’il Pleure; convenez que c’est une perte irréparable, montrez-vous convaincu qu’il n’y a plus pour lui de bonheur possible eur la terre. Cette grande pensée non réalisée, . Cette espérance frustrée, cette tombe chérie ont pour jamais enseveli la joie de notre affligé; pleurons avec lui, ne le contrarions en rien et s’il fañt quelque chose qui nuise à sa vie ou à sa santé, n’interposons nas n0tre raison, mais notre peine; il fera pour nous ce qu’ me ferait pas pour lui-même :

celui qui par sentiment, s’est éloigné de la

es

égal ti Qt ut MN US vole OR EE ee ;

im —

FaÏSONn x y reviendra par sentiment.

Peu à peu, avec notre affligé, il faudra

‘arriver à parler d'autre chose que de sa

péine; que nos premiers .uots en ce sens saïent la relation de quelque grand désastre, le commentaire de quelque grand malheure, c’est l'unique chose qu’il soit en état d'écouter. Dans l’exaltation de la douleur, on éprouve quelquefois une horrible complaisance à apprendre le malheur d’autrui. ‘Je n'ai pu réaliser une généreuse pensée, qu'aucun n’en réalise jamais ; la société est injuste pour moi, qu’elle le soit pour tous! J’ai perdu ce que j'aimais, périsse le genre humain.” Quand une personne affectueuse a de telles pensées, ne la croyons pas dépravée, excusons-la, compatissons-lui, son exaltation nous donne la triste, mais exacte mesure de sa douleur.

Par nos entretiens sur des sujets donloureux, nous parviendrons à distraire de luimême notre pauvre affligé; nous commercerons à rompre sa fatale habitude de penser sans cesse à ce qui l’afflige. Cette période d’aïgreur et d’amertume, de cruelle complaisance devant le spectacle des peines d'autrui dure plus ou moins, selon les ci-:consbances, maïs elle a une fin° ah ! malheur à l’affligé s’il en était autrement, il deviendraït complètement fou ! il n’y a pas de tête qui puisse supporter longtemps la tension que suppose un tel état. Mais cette

+ fin arrive; ’affligé ne peut s’oceuper que de choses tristes, mais il y compatit et eette compassion pour autrui est un second sylntôme de soulagement. La douleur suprême ne CoLiptait pas. Mais quand il entre dans la se phase de la douleur, la compas- -… sion, on peut déjà étudier son caractère, ses sentiments, ses facultés. Voyons alors quel nouveau cours il faut donner à cette existence à qui désormais il est impossible de suivre son ancienne pente; cherchons . vers quel -objet il faut tourner ses affec. «. tions, quelle direction on peut donner à ses facultés, mais me proposons rien en forme de conseïl, ni comme pour son bien, faisons- - de en forme de prière et pour le bien d’un ” stre; la peine a sa pudeur qu’il faut res- - , pécter; après une grande douleur retrouver :- la me de l’âme, c’est une espèce de résurreaction douloureuse. Chaque pas fait hors de cette enceinte où l'on souffrit les premiers accès de dou- : leur, produit une secousse terrible. La première sortie de la chambre, le premier pas dans la rue, la première entrée dans une

églis 1 première promehade aux champs

où en voiture, la première mélodie, chaque objet qu'on revoit, ehaque sensation non éprouvée depuis le malheur, sont des derds «qui viennent déchirer le coeur. Et ce monde Qui poursuit indifférent son cours ordinaire, —. Progressant et brillant, et cette nature jn-

passible qui se revêt de verdure et de fleurs

comme si lui, pauvre affligé, n'avait rien pendu, oh! tout cela porte à l’âme des amer tumes sans nombre et sans nom.

Prévenons ces sensations, non pour les éviter, c’est impossible, mais pour les neutraliser un peu; les avoir prévues, c’est beaucoup; celui qui devine, console; notre malheureux, habitué à vivre identifié avec une pensée où une créature aimée, doit faire. un (douloureux apprentissage pour vivre seul, pour mettre en soi le centre de ses pensées et de ses actions, qu’il avait placé autre part. Adoutissons l’amertume de re calice ;. arrachons le malheureux à soi-même, en lui montrant l'importance de quelque bonne résolution: cette importance n’est pas imaginaire, ear celui qui sent avec. ue telle violence, quelle que soit «1 position, peut faire un bien immense, s’il est bien dirigé. Ne nous affligeons pas, ne nous déeourageons pas en voyant retomber plusieurs fois ce coeur convalescent; da douleur baisse comme la marée, quoique les vagues montent sans cesse.

: Nous n'avons pas besoin de redire que:

les malheureux dont nous parlons, ne sont pas ces affligés vulgaires dont les éphémères douleurs sont bientôt apaisées par le.

temps. On sait aussi qu’en parlant de solitude, nous entendons celle du coeur; car :

y a des malades d'esprit bien entourées -.

: matéricllement éricller et qui n'en’sont ‘pas moins ap ‘Seuls. .

Nous n’avons

nous voyons qu’il pas de l’y conduire

douleur

mons tâchons de le

Scènes qui émeuve

vers Dieu.

Quant au malheureux irréligieux, ce n’est

Pas dans la première douleur qu’il faut es-

sayer de le Convertir; et son défaut de foi

n’est pas non plus une raison de le laisser

souffrir, Quelle serait notre charité gi - - ous abandonnions un malheureux, préci- Sément parce qu’il a un immense malheur

-de plus. !

Pour secourir un malade d'esprit, il fau.

:. beaucoup de bonté, de travail et de persé.

vérance, Qui ne s’arrêterait devant la pers- - bective de tant d'efforts dont le succès, fort douteux, ne sera toujours pas brillant ?

MS aomsi quid doit être doux dans nos

. moments d’amertume le souvenir d’un malbenreux arraché au désespoir ! Au grand Jour des justices, la balance du suprême Juge ne s’inclinera-t-elle pas en faveur de.

celui qui pourra dire avec vérité : Seigneur, J'ai consolé un affligé.

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