FOUR. NET
nous aider à excuser l’imprévoyance |
+ pauvre. Supposons qu’un -homme immo tel vint à vivre parmi nous; s’il voy£ comme nous aimons la vie, comme no craignons la mort, pourrait-il comprend que nous ayons un moment de vraie joi sachant en même temps que nos jours so:
- comptés ? Chaque instant nous rapproc} de cette tombe tant tredoutée; l'enfance la jeunesse passent: nous voilà vieux, | mort est là, là à deux pas de nous, et nou ne la voyons pas, et nous continuons ga ment notre voyage. Les pauvres ne pen sent pas à la vieillesse. Et nous, pertons nous à la mort ?
: De plus, pour que la prévoyance chez 1 Pauvre ait quelque résultat, elle devrai être » .ompagnée d’une série non inter ro” ,uc de privations, et probablement e:
les. exigeant nous n’avons pas calculé 1:
force qu’elles demandent ; nous ne nou:
sommes pas demandé si ce que nous im.
posons est en harmonie avec la nature humaine. Difficilement pouvons-nous juger en cette matière, parce que rous ne pouvons en avoir l’expérience. Nous ignorons combien il serait dur de souffrir de la faim, tous les jours d’une semaine, d’un mois, d’un an, pour éviter d’en mourir, l’année, le mois, le jou: suivant; nous ignorons ce que c’est qu'être matérialisés par les occupations et les habitudes de toute une vie,
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chez le devrait interlent en culé 1:
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et renoncer au fait d'une jouissance maté rielle présente, par l'idée d'éviter un mal futur, Nous ne pensons pes que l’homme est, avant tout, faible; qu’il a plus d’aptitude pour souffrir le mal que pour l’éviter, et que, pour mille qui résistent à la douleur, à peine en trouverait-on un qui résistât à la tentation.
Si nous considérons ces choses, nous serons plus indulgents avec le pauvre, comprenant qu’il est bien difficile de se priver des plaisirs matériels quand on n’en connaît point d’autres, et qu’il est presque impossible de réserver chaque jour une partie Ge ce qu’on gagne, quand le tout ne suffit pas à satisfaire ses besoins.
Ses besoins... entendons-le bien, car le pauvre a toujours faim; et encore ne
parlons-nous pas des mendiants, mais de
ceux qui peuvent travailler et qui le font.
Voyez, en un jour solennel, quand le hasard ou la conpassion donnent au pauvre tout ce qu’il peut consommer, ne mange-t-il pas quatre, six, huit fois plus qu’à l’ordinaire ? Soyons done circonspects avant de jeter sur le pauvre une nouvelle accusation et au lieu de le dire imprévoyant, pensons que la prévoyance en lui est sauvent d’une utilité très problématique, et en tous cas très difficile,
4° Le pauvre est vicieux.
L'homme est vicieux en général; lcs vices
grossiers, plus visi hles, et leurs conséquences, sinon plus fa tales, du moins plus ostensibles. - Voil:
Pourquoi on accuse le Pauvre plus sévère ment. Certainement le vice est odieux quelque part qu’il soit, mais il paraît moin: excusable où il répugne davantage.
- Le vice dérive de la prépondérance de la matière sur l'esprit. Eh! que faisonsnous pour spiritualiser le pauvre, pour faire briller en lui la lumière de la religion et de la science, pour faire pénétrer la vérité sous toutes ses formes à travers cette rude écorce qui couvre ses plus nobles facultés ? Que faisons-nous pour l’arracher de la taverne, du jeu, de l’orgie ?
Pouquoi la loi donne-t-elle un tuteur à l'enfant, au jeune homme ? Est-ce. varce que Son corps est débile? Non. C’est parce que Sa raison est faible. Celle du pauvre l’est toujours. Le pauvre est un enfant mineur pendant toute sa vie et personne ne se charge de sa tutelle. Enfant, jeune, adulte, qui lui enseigne les grandes vérités ? Qui lui inspire des idées élevées ?
Qui veille sur ses jeux pour que la nécessi é de la distraction ne devienne pas une source de corruption ? La distraction du pauvre ! ah! voilà son plus terrible ennemi, Après une semaine de travail et de privations, le samedi soir arrive, et il n’a pas à se préoccuper de se lever avant
- 8n-pauvre sont plus g:
Pin ds l'aurore; de plus il possède quelque peu d'argent. Quelle tentation ! Là, tont près est la taverne où entrent ses amis pour y savourer les seules joies qu’il comprenne.
On boit d’abord,-on parle, on nt; puis on jure, on blasphème, on se bat ; puis encore... Ah ! Dieu pardonne au pauvre qui pèche, au riche qui ne l'empêche pas de pécher !
Que de vices, que de crimes on éviterait, seulement en payant l’ouvrier le lundi matin au moment du travail, au lieu de le faire le samedi quand il quitte l'ouvrage !
Comme on moraliserait le pauvre en s’occupant de ce jour de relâche si fatal pour lui, et-en tâchant qu'il le partage entre ses devoirs de chrétien et les divertissements d’un homme raisonnable ! Le pauvre, comme l'enfant, s'amuse de si peu de chose !
Nous ne pouvons pas, il est vrai, en visitant le pauvre, le tirer entièrement de l'abandon moral dans lequel il vit; mais nous devons nous le rappeler afin d’être tolérants pour ses vices, puisqu'il a moins de moyens que nous de leur résister.
L’ivrogneri, ou du moins Pabus des vins et des liqueurs, est une des plus puissantes causes du désordre moral du pauvre.
Nous voyons ou nous savons que celui qui na pas de pain pour la journée, emploie
les quelques sous dont il dispose pour 2
“acheter de l'ean-de. x: cela nons indig et nous inspire peut-être la pensée de
retirer un secours qu’il Dr” puisqu'il emploie si mal, R’. 41880!
un peu ayant de le condamner sar : app.
L'abus des boissons spiritueuses ti son origine parfois de la taverne, uniqr distraction du Pauvre, mais parfois auss Souvenons-nous-en, d’une loi physiolog:
que. Nous nous scandalisons que celui qi manque de pain, boive de l’eau-de-vie, € la physiologie nous dit que c’est une chos toute naturelle et très conforme aux loi de notre organisation. Les boissons al
Cooliques raniment le corps abattu par |:
misère ; donnent de la vigueur à toute l’éco. nomie, étouffent le sentiment de la faim procurent un bien-être physique et quelque fois moral, que le pauvre ne trouverait pas autrement. (Cette vigueur artificielle n’a pas de durée, la réaction arrive et le malheureux cherche une nouvelle force dans un nouveau stimulant, Ce moyen violent est terrible pour la santé qui ne tarde pas à s'en ressentir; de l’usage on en vient à l’abus; l'habitude contractée par la misère se Conserve même dans une position meilleure, et l’infirmité jointe au vice dégrade le corps et perd l’âme du malheureux qui s'est donné à la boisson. :
Mais dans bien des cas, ne l’oublions pas, l’origine de ce malheur est dans la
: p?s .1880ns ‘ appel.
ses tire unique 3 aussi, siologielui qui -vie, et e chose ux lois ms alpar la > l’écofaim, wlque it pas le n’a > maldans iolent le pas lent à nisère meilgrade X qui
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indigne je de lui
gique qui veut avant tout la réparation des forces et exige un aliment à la combustion qui donne la chaleur à nos membres, quoique à la longue cet aliment nous soit fatal,
Soyons donc tolérants, très tolérants avec les vices dont l’origine est un malheur.
5° Le pauvre est ingrat.
Le pauvre est ingrat ! Disons mieux :
l’homme en général n’est pas très reconnaissant. Est-il rame de trouver des exemples d’ingratitude parmi les gens haut placés ? Ah ! malheureusement ceux qui reconnaissent profondément les bienfaits sont plus rares que ceux qui les oubhent.
Le pauvre, disons-nous, s’accoutume au bienfait comme à une chose due. Et nous, que pensons-nous des égards et des faveurs que nous recevons ? Sommes-nous scrupuleux pour croire qu’il appartiennent à notre mérite ?
I y a, d’ailleurs, deux causes qui font paraître le pauvre moins reconnaissant qu’il ne l’est en réalité. La première, c’est la brusquerie de son langage, la difficulté qu’il a à s’exprimer, le peu d’habitnde de s’épancher avec bonheur, lui si rarement l’objet des affections tendres ; la gratitude a, elle aussi, besoin d’éducation. La seconde cause, c’est que parfois ce que nous
propension naturelle, dans la loi physiolo-
OR mn,
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appelons faveur n’est autre chose que justice, et que nous croyons de bonne nous être montrés bons et géaéreux qua nous n’avons été que justes.
Il fant en convenir pourtant ; tout en”:
duisant le plus possible le nombre des :
gras, il en restéra encore beaucoup par les pauvres; cetite ingmatitude nous aff gera; c'est naturel, mais elle ne doit pr duire en nous ni colère, ni découragemer S'il n’y avait que des malheureux reco:
raissants, résignés, prompts à se repenti où serait le mérite du visiteur du pauvre Que serait sa vertu? Quelle récompense a ciel et quel respect sur la terre méritera celui qui poursuivrait tranquillement s marche par un chemin sans ronces, san précipices, et qui répandrait des bienfait sans efforts et sans peine ? L’ingratitud est une épreuve, souffrons-la; heureux ce.
lui qui ne l’a point méritée ! - -
Mais si devant Dieu l’ingratitude est ur grand péché, ne pouvons-nous pas, nous la considérer comme un malleur extrême ?
Si nous avons souffert, et qu’une pieuse main ait essuyé nos pleurs, ou plutôt les ait changés en Suaves larmes de reconnaissance, bien céleste des affligés, ah !
nous Compatirons à l’ingrat, comme à celui qui perdit un de ses membres, et nous dirons en le quittant : Pauvre être ! il ne sait pas être reconnaissant !..
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Ces réflexions sur les fautes du pauvre ne signifient pas que nous devions les approuver; non, il faut,
calme et pieuse, la tolérance est néce ssaire
» et doit être jointe à une vraie connaissance
de l’origine et de l'étendue du mal que nous voulons guérir; c’est là lesprit de charité.
Nous ne corrigerons pas le pauvre en Ini reprochant ses vices et en lui disant faussement que l’amendement est facile ; cela, au contraire, l’exaspérera et le découragera. Nous avons tous une certaine propension à reconnaître nos fautes; mais si on les exagère, l'amour-propre s'appuyant de l'esprit de justice prend l'initiative et après avoir défendu ses droits, finit par ses torts.
Méditons la part de responsabilité qui revient au pauvre, diminuons-la même un peu par charité; plus nous lui ferons grâce, plus il se fera justice. Quand nous lui proposons des remèdes, n’allons pas rêver une facilité qui n’existe pas et qui nous conduirait à trop exiger de la faiblesse humaine. Pour qu’une chose diffic''e devienne impossible, il n’y a qu’à la peindre comme très facile.
Quand le pauvre a dévié, il lui faut toute sa force pour rentrer dans le bon chemin; si nous lui peignons ce netour comme n’exigeant qu’un léger effort, il le fait, et le
voyant inutile, il se défie de-nous et de LL même, se décourage et s’exaspère ; car pense alors, ou que nous le trompons p.
rapport aux difficultés qu’il doit vaincr où que nous ue rendons pas justice :
» mérite qu’il a de les avoir vaincnes. Bot vent il ne sait pas exprimer clairemer cette pensée, mais il la sent trop bien et r pète une phrase qui formule notre erreur Les riches ne savent Das ce que c’est qu souffrir !
Oh ! qu’ils ne disent vämais cela, no pauvres ! Tâchons, au contraire, que 1 malheureux répète ces paroles comme un bénédiction : Ne dirait-on pas qu’ils on été pauvres ? Voyez comme ils nous com - Prennent, nous excusent et nous consolent
Vaincre, Hice au 8. Souirement n et ré- »rreur :
est que
la, nos que le me une 3 ont s comsolent !
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