‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 81 sur 185 · JO · texte numérisé non relu

JO

GEN (lac de).

DISTANCES

Tolochenaz Lavigny Aubonne Féchy

Mont-Dessous Bursin

Loins Vie

Prangins ftfyôn (61. 1/8 de

Morges )

De Nyon à Copet, on compte à peu près une lieue et demie. La route laisse successivement à droite les villages de Crans et de Cél;g:iy , placés à peu de distance l'un de l'autre sur les hauteurs qui hordent le chemin.

Copet, la i lus petite des villes vaudoises de la vallée du Léman, est située au bord du lac , et peuplée de cinq à six cents habit ans. Elle se compose d'une seule rue courte et étroite 3 formée de maisons de peu d'apparence. La frontière du canton de Vaud est à une petite demi-lieue de Copet. Quelques minutes avant d'y arriver , on rencontre la dernière pierre miliaire vaudoise, marquant neuf lieues de Lausanne et deux de Genève. Peu d'instans après avoir passé la frontière , on voit les premières maisons de Versoix , commune ci-devant française, réunie au canton de Genève depuis l'année 1816. La partie appelée Versoix«Ja-Ville , qui se présente la première quand on vient de Copet, a un port, une grande place publique, et des rues tirées au cordeau, auxquelles il ne manque que des maisons. Cette plaisanterie de Voltaire est encore aussi fondée aujourd'hui que de son temps.

Versoix-le- Village est situé à dix minutes de Versoix-la- Ville. En quittant Versoix , on passe la petite rivière du même nom, qui se jette dans le lac à deux cents pas du chemin, et Ton entre presque immédiatement après dans la commune de Genthod , qui formait anciennement une enclave genevoise , cernée par le territoire de France. Le village est sur une hauteur à quelque distance de la route. De Genthod à Genève , la route , sans traverser aucun village, présente un coup d'ceil aussi riant qu'animé.

La Pierrière et Sécher on ne sont que des réunions de maisons qui ne méritent pas même le nom de hameaux. Le bâtiment le plus apparent de Sécheron est l'hôtel d'Angleterre, une des meilleures auberges de la Suisse. De Sécheron à Genève, les glaciers de la Savoie se montrent encore pendant quelques instans avec beaucoup d'éclat.

GEN (lac de). 271

Différentes manières de faire la course. — On peut faire le tour du lac soit à pied , soit à cheval , soit en voiture , soit en partie à pied, en partie en voiture, en profitant à volonté des voitures publiques qui desservent les deux routes, soit enfin par la voie des bateaux à vapeur.

Les calèches et les chars à la polonaise, appelés chars en face, bien suspendus et garnis d'un couvert avec des rideaux, sont préférables à toute autre espèce de voiture. Les chars de côté ont l'inconvénient de faire tourner le dos au lac , suivant la manière dont 011 y est assis , et la direction selon laquelle on chemine. Le prix d'un bon cheval de louage attelé varie de 6 à 9 francs de France par jour , le salaire du cocher non compris. Si l'on se sert de la poste, dont le service est aujourd'hui établi sur les deux grandes routes de Genève à St. -Maurice , le prix est partout de 1 fr. 50 cent, (argent de France) par poste pour chaque cheval, et 75 c. pour le postillon.

TABLEAU DES F05T23

Rive gauche. Rive droite.

De Genève à Copet

De Genève à Dou-

Nyon

vaine

Rolle

Thonon

Morges

Evian

Lausanne

St.-Gingolph

Vevey

Vionnaz

Aigle

St. -Maurice

Bex

St. -Maurice

Total.

Total.1

Hôtels. — Genève { aux Sécherons , les Bergues, i'Écu-de- Genève ). Douvaines (le Lion-d'Or , la Ville de Genève). Thonon (la Balance). Évian ( la Poste , l'Hôtel-du-Nord ). Saint- Gingolph-Valaisan (la Poste). Monthey (le Grand-Cerf). St.- Maurice (l'Union). Bex (l'Union). Aigle (la Croix-Blanche). Villeneuve (le Lion-d'Or). Vevey (les Trois - Couronnes , l'Hôtel de Londres). Lutry (le Lion-d'Or). Ouchy (l'Ancre). Lausanne (le Lion-d'Or , le Faucon, d'Angleterre.) Morges (la Couronne). Aubonne (la Couronne). Allaman (la Charrue). Piolle (la Tête-Noire, la Couronne). Nyon (la Fleurde-Lis , la Couronne ). Copet (l'Ange , la Croix-Blanche, les Quatre-Cantons). Versoix (le Lion-d'Or ). Sécheron (l'Hôtel d'Angleterre).

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A Genève, à Rolle, à Lausanne, à Vevey, à Bex et à Saint- Maurice , le prix ordinaire d'un dîner à table d'hôte dans les meilleures auberges est de 3 f. de France par tête ; celui d'un souper à table d'hôte, avec la couchée, est de Ix fr. à h f. 50 c; celui d'un déjeuner composé de café ou de thé, de pain et de beurre, est de 25 à 30 sous de France par personne. Dans les auberges d'un ordre inférieur et sur le reste de la route, les prix sont en général plus bas; mais ils varient trop pour qu'il soit possible de rien indiquer à cet égard, et de fixer même approximativement cette partie delà dépense du voyage.

FiHi DU VOYAGE AUTOUR DU LAC DE GEKEVE.

Geaten-Thal , vallée du canton de Berne , dans le pays de Hasli. On la traverse pour aller sur l'Engstlen-Alpe, et de là, par le mont Joch, dans la vallée d'Engclberg. (Y. Meyringen. )

Gersau , lieu situé sur le lac des Waldstetten , au pied du Rigi, dans un angle entre la montagne de Gersau et le Rothe- Schuch. Le mont Murli, au-dessus de Gersau, est de 3,963 p. plus élevé que le lac. Pop. 900 h.

Gesseaai (le). Y. Saanen.

Gestïaea ou Gœschenen, village du canton d'Un* , situé à l'entrée delà gorge des Schœllenen. C'est là que commence le chemin de Saint-Gothard , nouvellement construit. Auberge : le Petit-Cheval (Rœssli). V. Amsteg.

Ghemmi, Gheatelthal, Ghersau, Ghestiaea. (Y. Gemmi, Genteltlial s Gersau, et Gestinen. )

Ghescheaev ( vallée de ) , située dans le canton d'Uri. { Y. Amsteg. )

Gia'GOULph (St.-) , ou Gingolph , village situé sur l'extrême frontière du Yalais , du côté de l'ouest, sur le lac de Genève et au pied d'une montagne escarpée , dont on distingue très- Men les environs de Genève , qui en est à 10 lieues , les deux sommités les plus élevées connues sous le nom de Dentsd'Oche (5,655 pieds au-dessus du lac). Ce village est divisé en deux parties par un torrent qui sort de la vallée d'Oche , et forme la frontière entre la Savoie et le Valais. Le gouverne-

GLA. 273 ment français fit tailler dans le roc une magnifique chaussée, et depuis le 6 décembre 1805 on y passe avec des cha- . riots de marchandises. (V Evian. ) De St.-Gingoulph cette route mène à St. -Maurice , et de là sur le Simplon. Hôtel : la Poste.

GiORMCO ( en allemand Irnis) , grand village du canton du Tessin , situé à l'entrée de la Val-Lévantine-Inférieure , à 1,098 pieds au-dessus de la mer , et à Ziô2 pieds au-dessus du lac Majeur. (V. Faiclo , Dazio ,Airolo.) Auberge : le Grand- Péage. — Le village qu'entourent de superbes châtaigniers , est divisé en deux parties par le Tessin. Du côté de l'ouest de la vallée on voit quelques cascades ; du côté de l'est on observe les ruines d'une tour construite en 940, ainsi que plusieurs cantines, ou caves froides, pratiquées dans les rochers. (V. Chiavenna et Lagano.) P. 600 h.

Ce lieu est connu dans l'histoire par la bataille qui s'y donna en 1478.

Chemins. — Au-delà de Giornico, la vallée s'élargit et s'étend jusqu'à Bellinzone , en formant une vaste plaine. APoleggio , à l'extrémité de la Yal-Lévantine , 2 lieues. On passe pour s'y rendre par Bodio , que l'on trouve à moitié chemin. Xon loin de Pcleggio est situé à l'ouest Personico. Des chemins dangereux mènent de Giornico au Val-Blégno. Pour les chemins de Faido , de Dazio et d'Airolo. (V. ces articles.)

Plantes.. — C'est à Bodio qu'on rencontre, à la descente du St.-Gothard, pour la première fois, des mûriers et des figuiers.

Glaciers. Tel est le nom qu'on donne à ces champs de glaces qui, pour l'ordinaire, commencent au-dessus de la limite des neiges, et qui souvent descendent dans les vallées, auxquelles ils ne cessent de fournir de l'eau , sans cependant se fondre jamais en entier.

Les neiges, poussées par la violence des vents ou par la chute de quelque avalanche s'accumulent souvent dans des enfoncemens où les hauteurs voisines empêchent aux rayons du soleil de pénétrer et de s'arrêter long temps pendant l'été; telle est communément l'origine des glaciers. Ce phénomène est fort rare dans les ravins , qui courent de TE. à l'O. , parce que les chaleurs de la belle saison fondent entièrement les neiges que l'hiver y amasse. Dissoute pendant le jour par l'action du soleil sur la surfaee , et ramollie latéralement et en sa partie inférieure par la chaleur de la terre, la masse de neige exposée à l'action du froid de la nuit, se congèle et de-

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rient toujours plus dure, L'hiver suivant . les neiges augmentent ; la vieille masse refroidit et convertit en glace une bonne partie de ces neiges, et le glacier prend un nouvel accroissement. C'est pour l'ordinaire au printemps que s'opère sa marche progressive. Il faut pour cela qu'il repose sur un plan incliné: pour lors la fonte devenue plus considérable au bas du glacier, et détruisant les bases sur lesquelles il s'appuyait , la pression continuelle des parties supérieures agit sur toute la masse ; l'on entend un bruit épouvantable du fond des crevasses ; l'eau s'écoule à une haute m- prodigieuse : les vieilles fentes se ferment, il s'en ouvre de nouvelles : des blocs de rcchers sont entraînés , des pierres énormes brisées et dans un petit nombre de secondes, le4 glacier à dépassé ses anciennes limites. Cet accroissement a souvent lieu à la suite d'un hiver long et très-neigeux, lorsque Vébé qui lui succède au lieu de fondre les masses, ne fait que les augmenter. Le cas contraire, celui de la retraite d'un glacier , est beaucoup plus rare ; du reste, tout dépend des circonstances locales.

Les glaciers sont du nombre des phénomènes les plus remarquables qu'offre le monde des Alpes. Souvent on les touche d'une main , tandis que l'autre cueille des fleurs sur un maguiiique tapis de verdure. S'ils nuisent en envahissant un terrain utile, et eu augmentant le froid des hautes vallées, ils sont les sources inépuisables des fleuves qui fertilisent la terre. Leurs glaces très-fermes et compactes , souvent azurées , quelquefois aussi d'un vert glauque , ou de couleur d'émeraude , présentent les formes les plus variées. Ici la surface est horizontale ou légèrement inclinée et sillonnée de fentes : là les glaces s'élèvent en pyramides irrégulières et tout hérissée.-* de pointes : ailleurs elles forment des colonnes surmontées d'énormes pierres. De grands blocs de rochers reposent fréquemment sur ces surfaces glacées, et Ton y remarque toujours des rangées régulières de sable et de petites pierres qui sont connues de l'habitant des Alpes sous le nom de gouffre lignes . et qui peut-être désignent les limites des neiges qui pendant l'hiver sont tombées sur les glaciers. Les monceaux de débris dont ils sont bordés en leur partie inférieure, sont ce que les Savoyards appellent les malsaines du glacier : dans la Suisse allemande on leur donne le nom de gandeken. Le bas d'un glacier, d'où s'échappent les eaux qui en sortent , ne conservent pas long-temps la même forme \ souvent au commencement de l'été ce n'est qu'une Oirverture basse et obscure* mais qui bientôt est remplacée

GLA 27 5

par un immense portique semblable à l'entrée d'un palais de cristal. Des eaux d'un blanc bleuâtre s'élancent quelquefois avec le mugissement du tonnerre du sein de ces voûtes magnifiques, et y forment de belles cascades; d'autres fois elles sortent lentement du milieu des glaciers , ou se font jour en luttant impétueusement contre les glaçons.

Il existe dans les Alpes depuis le Mont-Blanc jusqu'au Tyrol, environ 400 glaciers dont la plupart ont au moins une lieue , et dont un grand nombre en ont 6 ou 7 de longueur. J'estime que leur surface réunie formerait une mer de glace de près de 50 milles carrés.

Glarïs ou Glarus, sur la Linth , chef -lieu du canton du même nom. — Auberges : l'Aigle-d'Or et le Corbeau. Popul. 4,000 hab.

Curiosités. — Les fabriques d'indiennes, de draps, etc.? les fouleriesde draps et de mousselines, l'Hôtel-de- Ville, la bibliothèque de M. le chanoine Blumer ; les moulins dans lesquels on prépare le fameux fromage vert, connu sous le nom de Schabziegher : une promenade agréable qui mène à Enneda. La plupart des habitans de ce village sont des marchands qui parcourent toute l'Europe, depuis l'Espagne jusqu'à Moscou. Le pont qu'on rencontre en chemin a été construit en 1764, par le fameux Grubemann (V. Sckaffnouse) • — Du sommet de la colline nommée die Burg , on découvre toute la vallée ; on y voit aussi une chapelle consacrée à saint Félix et Régula. — La vallée est étroite, et la situation de Glaris mélancolique. — Au-dessus des montagnes de PEimetberg s'élèvent les parois du rocher duSchilt, à la hauteur de 7,375 pieds au-dessus de la mer; au IV., les sommités chenues de l'âpre et sauvage Glaernisch (8,900 pieds), et le Wiggis (6,920 pieds). On jouit , du haut du mont Schilt, d'une belle vue sur les vallées du canton de Glaris. On en atteint la cime en lx heures de marche , par les montagnes de l'Eunetberg. du Heuboden et de la Frohnalpe. De là au Mûrtschenstock par la Chaaren , 1 lieue 1/2 ; puis à Kirenzen , 3 lieues. C'est entre le Glaernisch et le Wiggis que passe le chemin delà vallée du CIcenthal et du canton de Schwytz, et c'est aussi de là que se précipite le torrent de la Lœntseh.

Vallée et lac de Clœntlial. Monument de Gessner. — Au bout de 2 heures de montée, on arrive au pied du Glaernisch; le chemin est assez raide: cependant on peut le faire â cheval. Après avoir traversé le hameau romantique de Fdedern et un pont couvert, on recommence à monter à peu de dis-

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tance de la Lœntseh (1), qu'on entend inagir au fond d'une gorge d'une profondeur effrayante , et tout d'un coup on aperçoit une des vallées les plus gracieuses qu'il y ait dans les Alpes. Elle est située entre le Wiggis à l'E.. et les cimes menaçantes du GIternisch à l'O. : au sud de ce vallon l'œil découvre le joli lac de Clcenthal. dont les rives couvertes de prairies sont ornées de cabanes et de bouquets d'érables et de hêtres. Les contrastes des scènes les plus sauvages et des paysage- les plus rians donnent à l'ensemble de cette vallée un caractère unique . et en font une des plus attrayantes que l'on rencontre dans les Alpes. Un sentier qui va du côté de j'O. traverse la Lœntseh. et mène au milieu des prairies de Teufeii-Wiiikel . qu'arrosent des sources délicieuses, jusqu'au pied du Glaernisch. Là le voyageur lit une inscription en l'honneur de l'immortel Gessner, gravée par deux de ses compatriotes ( MAI. Zwicki. de Glaris. et BÏeuler, de Rappersehwyl ) sur un immense bloc de rocher. T. is jeunes arbres ombragent cette énorme masse : la mousse < : le. buissons tapissent le chaos des autres débris delà montagne. Aon loin de cet asile, les eaux d'une cascade, vont en murmurant, se jeter dans le lac. Le long de la rive orientale du lac, le chemin suit de près le pied du mont Wiggis, et mène au Séerùti, où l'on voit d'excellentes prairies et de superbes chalets.Le lac a une lieue de longueur sur une demi-lieue de largeur : il ^ y jette plusieurs ruisseaux.

Chemin pour sortir du Ctônthal. — Du Séerùti . qui forme l'extrémité de la vallée du côté du \. 0., on va en 3 heures sur le mont Pragel . d'où l'on descend en 2 heures et demie dans le Ifultathal . et de là à Schwyiz en 3 heures. Un autre chemin qui traverse les montagnes de Sass conduit à Einsiedeln et à Rothenthurm. Du Séerùti on peut aussi monter sur le Glaemuch ( Y. cet article ) et sur le mont Wiggis.

Vue du mont IJ "iggis. — Pour se rendre sur cette montagne, on va d'abord, par la Dheien-Alpe, sur les hauteurs du Stock j que l'on trouve à l'extrémité de l'Oberlangenecke- Àlpe. 3 lieues et demie. On peut faire à cheval la moitié de ce trajet . et passer la nuit dans les chalets de ces hauteurs ; le lendemain matin, on atteint, au bout d'une demi-heure de montée , la plus haute cime du Wiggis, connue sous le nom

(i) Les travaux entrepris pour enfermer le lit de la Linth ou Lœntseh sont assurément dignes de l'examen des voyageurs. Ils témoignent du génie et de la philantropie de celui qui les entreprit.

(Richard.)

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de Scheye, ou Scbiên (hauteur absolue, 6,950 pieds ; au-dessus du lac des Waklstetten, 5,600 pieds). Un chemin plus court, mais moins commode, part du village du A'ettstall , et mène en à heures de marche, par l'Aueren-Alpe et la Gaumen, sur le sommet du Wiggis : on y découvre une vue extrêmement étendue à l'E. et au N*\ plusieurs lacs, entre autres ceux de Constance , de Zurich et de Gryfensée; les montagnes de l'Appenzell , de la Rhétie , du Tyrol et des cantons de Glaris et le Schwytz; des vallées de glace du sauvage Glaernisch : tels sont les objets qui se présentent aux regards du spectateur.

Chemin du Linththal. Cascades. — La vallée de la Linth n'est pas moins remarquable aux yeux de l'ami d'une nature extraordinaire. De Glaris on peut aller en petit char jusqu'au village de Linththal. 5-6 lieues. Le chemin passe par Mitlœdi ( où il y a une brasserie ), entre le Glaernisch à droite, et les monts Schilt et Faessis à gauche ; par Sehwanden, où l'on voit la Sernft s'avancer avec fracas pour aller grossir les eaux de la Linth, après avoir formé un contour au pied d'une haute montagne sur laquelle est située le village de Sool. Sehwanden est l'endroit le plus peuplé de tout le canton. Au S.-E. 011 voit l'entrée de la vallée de Sernft ou Kleinthaî, et au N.-E. les montagnes de Guppen. Au-delà de Sehwanden, on trouve une montée par où l'on entre dans le Grossthal (la grande vallée ), qui s'étend à l'O. On passe d'abord par le Xidfouhren et par Leughelbach , où l'on traverse le ruisseau du même nom, dans lequel il y a beaucoup de truites. A l'opposite, on voit les villages de Zufingen , Halsen et Lew. De là on traverse Luchsingen, où l'on observe des bains d'eau soufrée. Puis , après avoir passé la Linth, on va à Hatzingen , à Diesbach et à Dornhauss. A droite, on a la montagne de Braunwald, au pied de laquelle on voit un torrent sortir du fond d'une gorge , et à gauche le Diesthaler-Alpe, d'où descend le ruisseau de Dornhauss ou de Diesthal, qui, après avoir traversé plusieurs petits lacs, forme trois cascades pittoresques. ïïon loin du Braunbach, au-dessous de Braunwald, on observe une source minérale. — De là on arrive à Betschwanden et à Rùti , où l'on voit s'avancer, du côté du S., Durnaghelbach , torrent quelquefois impétueux.

Vue de ce dernier village. — Les montagnes qui forment l'enceinte du Grossthall offrent les plus beaux groupes. On distingue entre autres le Selbstsanft et le Kammerstock, au milieu desquels s'élève le Dœdi , à 11,037 pieds au-dessus de la mer: ce dernier supporte plusieurs glaciers ; à gauche, les

278 GLA.

montagnes sauvages du Freyberg , ainsi nommées, dit-on, parce que les chamois y trouvent un asile ( asile se dit en allemand Frœystœtte); à droite les pics des Alpes Clarides, le Fissmmatt , le Baumgarten et l'Altenohren. Au - delà de Hûti on trouve Linththal . dernier village de la Grande- Vallée.

Chemin du BisisthaL Vallée du canton de Schnyiz. — De Fiûti, en suivant un sentier par la Braunwald-Alpe jusque sur rareté de la montagne , h lieues; de là on passe par la Chaaren- Alpe. montagne de Schwylz, et l'on se rend sur le Milchberg. 1 lieue 1/2, d'où l'on descend dans le Bisîsthal en une heure. De là à Muotta , 1 lieue ; à Schwytz , 2 lieues.

Chemin de Linththal pour aller par les Alpes Clarides dans le canton d'Uri. — Le chemin offre d'abord une montée pénible. Aon loin du Fetschbach on passe par les montagnes de Frutt , dans les pâturages d'Unter-Freiteren et d'Ober- Freiteren, laissant à droite les montagnes de Glaten et de Schem , et à gauche celles du Fissmatt. De là, par l'Urner-Alpe, on se rend sur le Claussenberg (à lx lieues de Linththal ). où l'on trouve une chapelle , et d'où l'on aperçoit dans le lointain les Alpes-Snrènes. Puis , en suivant le Balmwand. on descend à Speirringen dans la vallée de Schéchen. 2 lieues.

Cascade du ruisseau de Schéchen. — Au pied du Balmwand le ruisseau de Schéchen. autrement nommé le Stùbi. fait une chute de plusieurs centaines de pieds de hauteur ; un peu plus loin, on aperçoit tout d'un coup plusieurs hautes' montagnes, et le glacier de Rauchi (7.600 pieds au-dessus de la n>er ). De Speirrigen à Altorf. 1 lieue 1 2.

Le Linththal. Cascades. Le Pantenbriicke. — Du village de Linththal. par les prairies nommées Auguster-Wiesen, au Pantenbriicke . 1 lieue 1/2. A une demi-lieue au-delà du village , on aperçoit la superbe cascade du Fetschbach, torrent dont la source est sur le Clausen. Cette chute d'eau mérite d'être vue de près. Au bout d'une autre demi-lieue , on se trouve en face d'une seconde cascade non moins belle que la première ; elle est formée par le ruisseau de Fissmatt ou de Schreieren , qui descend des glaciers de rAitenohren , et que l'on aperçoit de très-loin , semblable à une écharpe blanche et mouvante. Les montagnes colossales du Selbstsanft, de l'Altenohren et du Baumgarten, terminent cette délicieuse vallée, en formant une enceinte semi - circulaire d'un aspect mélancolique. De là il reste encore une montée d'une demi-lieue par une pente très-rai de jusqu'au Pan-

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tenbrûke. C'est un pont construit sur la Linth que l'on voit bouillonner au-dessous de soi à la profondeur effrayante de 196 pieds. Ensuite on passe sur les Alpes de Limmern, de San cl et le Baumgarten. Le pont de Panten n'a tout au plus que douze pas de longueur, et n'offre d'ailleurs rien de plus curieux ; mais la profondeur de l'abîme au-dessus duquel il est suspendu , la solitude affreuse qui y règne, et les déehiremens épouvantables des rochers énormes dont il est entouré , rendent ce lieu fort remarquable.

Sources de la Linth, — Le ruisseau d'Oberstaffel , par lequel s'écoule le glacier du Gemsistock sur la Sand-Alpe supérieure, forme, en passant sur la Sand-Alpe moyenne, une des plus hautes cascades qu'il y ait dans le canton de Glaris ; il va se réunir sur la Sand-Alpe inférieure au Sandbach. autre ruisseau qui sert d'écoulement aux glaciers de Dœdi \ après quoi il coule au pied du Selbstsanft dans un lit d'une largeur considérable; à une demi -lieue au-dessus de Pantenbriicke il reçoit les eaux du ruisseau de Limmern, qui sort des glaciers du Kistenberg , et qui forme une belle cascade. Ces trois ruisseaux réunis prennent le nom de Linth.

Chemin de Disentis. — Du Pantenbrùcke jusqu'à la Sand- Alpe supérieure, k lieues de montée , en partie assez raide ; les pâturages sont au pied du prodigieux Dœdi , du Gemsistock, du Treibstock et du Gaisbutzstock, entre lesquels s'étendent des glaciers considérables. Un chaos de débris de rocher? couvre les divers gradins de la Sand-A^pe , et le voyageur se voit entouré des scènes les plus sauvages que la nature déploie dans les hautes montagnes ; il trouve toutes sortes de laitages dans les chalets. De la Sand-Alpe supérieure on peut se rendre en trois heures à Disentis, dans le pays des Grisons : en chemin l'on traverse le glacier situé entre le Dœdi et le Gaitsbutzstock. Des bords du Muttensée on va en une heure et demie à Brigels , dans la vallée du Rhin antérieur. De la Sand-Alpe on gagne en quatre heures le Muttensée , situé sur la Limmern-Alpe ; mais le chemin qui y mène est très-sauvage , fatigant et dangereux. ( V. Disent is. ) — Un sentier de chasseur qui mène sur des glaciers entre le Treibstock et le Gaisbutzstock aboutit dans la vallée de Kerstlen, au canton d'Uri.

Le Sernfthal, ou Kleintlial (petite vallée). — De Schwanden on va à Eîm en 3 heures. Le chemin qui traverse cette vallée n'est praticable que pour les gens à pied ou à cheval. Au sortir d'un défile' d'une lieue de longueur, on arrive à Engi,

a8o GLA

puis à Matt, 2 lieues de Sclrwanden. C'est à Matt que s'ouvre la gorge du Kranchthal, d'où l'on voit sortir l'impétueux torrent du Krauchbach. Entre Engi et Matt on voit en face le Plattenberg , montagne qui produit ces belles ardoises dont les Glarnois font un commerce si étendu, et dans laquelle on trouve tant d'empreintes de poissons. (V. Glaris. canton de.) Au-delà de Matt on découvre les montagnes limitrophes des cantons de Glaris et des Grisons. Le Falzhiiber domine sur l'Alpe de Camperdon, au pays de Sargans. Elm, dernier village de cette vallée, est à 1 lieue de Matt. On n'y voit pas le soleil pendant six semaines de l'hiver. A Test d'Elm on aperçoit dans le Tschingelspitz, ou aiguille de Segnes ( à 8,870 pieds au-dessus de la mer , nommé le Martis-Loch ; le 3 , le à et le 5 de mars, et le 14 et le i5 septembre, les rayons du soleil traversent la montagne au moyen de ce trou , et delà vont éclairer le clocher d'Elm. Au-dessus de ce village la vallée se prolonge encore à 1 lieue 1/2 de distance , en formant plusieurs sinuosités.

Chemin des Grisons et du pays de Sargans. — Ce chemin . très-praticable même pour les chc\ aux. passe au-delà d'Elm par les pâturages d'Erbs et de Wiehlen. et mène parla gorge de Jaeiz. en 3 heures de marche, sur le Rinkenkopf , montagne située près du Hausstock. On descend en 5 heures à Panix. Ce col est connu dans les Grisons sous le nom de al quolm de Pejnu (le col de Panix). L'n autre chemin plus dangereux conduit par le Segnes-Pass à Flims. Un sentier de chasseurs s'élève en 2 heures et demie d'Elm par Rûchi jusque sur l'arète de la montagne; on laisse à gauche le Martis-Loch , et l'on descend à la Flimser-Alpe, et de là à Flims, 2 lieues. De Matt on peut se rendre dans le pays de Sargans, Ie en allant par la Krauch-Alpe, la Fans-Alpe et la Gros- Alpe, à Mels et à Sargans, 7 lieues 1/2; et 2° par la montagne de Fûseten, le Siezkamm, ou Siezboden , à la Dils-Alpe et à la Klosîer-Alpe , 5 lieues , d'où l'on arrive dans la vallée de Weistannen au bout d'une demi-lieue de descente, delà à Sargans, 2 lieues . ou bien en remontant par les montagnes à Valenz, près de PfefTers, Il lieues.

Source d'eau soufrée. — On observe sur la Wiehlen- Alpe, à 1 lieue d'Elm, une source d'eau soufrée dont on a fait usage pour des bains jusqu'à l'an 1764 ; mais depuis ce temps, elle s'est presque entièrement perdue.

Chemin de Glaris à Kirenzen et à Wallenstadt. — De Glaris à Kirenzen, situé sur le Kirenzerberg , au-dessus du lac de Wallenstadt et dans une contrée riche en belles vues de mon-

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tagnes, 3 lieues. Le chemin est praticable pour les chevaux : il entre dans la montagne au-delà de Mollis , village intéressant par la beauté de sa situation : il traverse la forêt nommée Britterwald . et abonde en beaux points de vue. De Kirensen on descend en une demi-heure à Mùlli-Hom , d'où l'on se rend à Wallenstadt , le long des bords du lac , 2 heures 1/2.

Poste de Saint-Gall. — Il part de Glaris une voiture de poste qui va à Saint-Gallpar leTockenburg. On va aisément à Coire , 13 1. 1/2.

Guide, Henri Tschudi, très-bon.

DISTANCES

De Coire à Arau

35 l.St-Gall

Altorf

Leuck

Como

Sarnen

Hérisau

Sion

Meyringen

Bàle

Appenzell

Gothard

Fribourg

Lucerne

Lausanne

Schaffhouse

Sargans

Soleure

Schwitz

Zurich

Berne

Zug

Chemin de Glaris à Xœfels.—De Glaris au sortir de la vallée, par le Xettstall , où la Lœntsch va se jeter dans la Linth, à Xa>fels , en suivant le pied de l'énorme Wiggis , 2 lieues. La vallée se rétrécit si promptement au-dessus de Xaefels , du côté de Glaris , que le mont Wiggis s'offre aux yeux du voyageur qui veut pénétrer plus avant dans la vallée , sous un aspect véritablement effrayant. Xaefels est le chef-lieu de la partie catholique du canton. Les habitans de ce village s'occupent principalement de l'éducation des bestiaux; on n'y fait aucun commerce. On y voit une superbe cascade formée par le Piautibach, ou Piùtich, ruisseau qui sert d'écoulement à l'Obersée et au Xiedersée , petits lacs situés sur de hautes montagnes. Ce torrent exerce souvent de grands ravages.

De yœfels à Mollis, dans le Wiggistlial , à Wésen et à Bilteiu — Vis-à-vis de Xaefels est situé Mollis, village que la beauté de sa situation, ses jolies maisons , la forêt d'arbres fruitiers dont ses superbes prairies sont couvertes, et ses belles eaux, contribuent également à rendre charmant; on y voit de la vigne. On y remarque des moulins de Schabziger, ainsi que des fabriques d'indiennes et de draps. — Beau point de vue au Xeuenkamm, au-dessous de Mollis. En 1765, on trouva au Bodenwald 2Ô0 médailles de divers empereurs.

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De ÎVaefels on va le long d'un sentier par les Alpes d'Obersée et de Niedersée dans la Wiggisthal , lx lieues 1/2. Un autre chemin qui traverse un marais, le long d'une digue, mène à Wésen; enfin on se rend , par une route praticable pour les voitures, par Ober-Urnen et Unter-Urnen, à Bilten et au Ziegelbrùcke.

Chute de montagne. — On voit encore entre Naefels et Ober-Urnen, les traces de la chute arrivée en 1762 d'une des parois de rochers du Sonnenberg , montagne qui s'élève au-dessus de Niederberg . et qui fait partie du Wiggis. Au - dessus d'Ober-Urnen , les ruines du château de Seckingen , qui couronnent une rampe couverte de forêts offrent un aspect romantique. Meder-Urnen est situé au pied du Rothenberg; on y trouve des bains et des tanneries; on voit sur la montagne un petit pavillon situé sur le sol de l'ancien château d'Ober - Windeck; on y jouit d'une belle vue sur le lac de Wallenstadt. Le chemin du Ziegelbrùcke , pont près duquel la Mag tombe dans la Linth au sortir du lac de Wallenstadt , passe en prenant à droite par Schennis , d'où il va dans le pays de Gaster et dans le Tockenburg, ou bien à Utznach et Rapperschwyl. Celui qu'on trouve à gauche mène à Bilten, et de là à Lachen. ( V. Laclien et Wésen. ) Le Hirzli , qui s'élève au-dessus de Bilten et du Biltnerberg , a 5,070 pieds de hauteur au-dessus de la mer.

Glaris ( le canton de } , le septième en rang dans la confédération , est composé d'une grande vallée et de trois vallées latérales , toutes renfermées entre des montagnes dont la hauteur absolue va de 5,000 jusqu'à 11,037 pieds, et qui entourent ce pays de tous côtés , excepté au nord-est où l'on y entre de plein-pied. Depuis le Nussbùhel , près de Bilten , jusqu'au Dœdi , ce canton a 15 lieues de long sur 7 lieues de large : la largeur du terre-plain de la vallée n'est guère que de 1/4 ou tout au plus d'une 1/2 lieue. Toute sa surface comprend 21 1/4 milles géographiques en carré ; mais il n'y en a que 2 de terres arables. On y compte 2,700 âmes. Les religions catholique et protestante sont toutes deux professées dans ce canton : cependant la plupart des habitans sont réformés, Ce canton, purement démocratique , se divise en 15 districts ou tagwen.

Les vallées de Glaris sont arrosées par la Linth , la Sernft et la Lœntsch , qui reçoivent les eaux d'un grand nombre de torrens. Indépendamment d'une petite partie du lac de Wallenstadt , on y remarque celui du Klaenthal , et sur

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les hautes montagnes les petits lacs nommés Obersee , Niedersee , Oberblegisee , Diesthalersee , Muttensee , et les deux lacs de la Elatten - Alpe. Les montagnes du canton renferment quantité de glaciers, qui cependant ne descendent nulle part dans les vallées. L'escarpement extraordinaire des montagnes est cause que les eaux qui y tombent par les pluies d'orage se précipitent souvent avec une vitesse inconcevable jusqu'au fond des vallées. De là d'horribles inondations-, surtout dans les vallons les plus étroits ; on cite celles des années 1762 et 1764. — Le pays est particulièrement propre à la culture des prairies et à l'économie alpestre. Il y croît beaucoup de fruits et quelque peu de grain et de vin. Le climat est assez doux au fond des vallées, où les pêchers réussissent fort bien; on voit des châtaigniers sur le Nussbùhel et au bord du lac de Wallenstadt. Le vent du sud amène le printemps de fort bonne heure , et l'on y mange souvent des fraises au milieu d'avril , et des cerises vers la fin de mai. Pendant l'été, 7 ou 8,000 vaches paissent sur les Alpes : mais on ne peut en nourrir l'hiver que h ou 5,000. L'on emploie principalement le lait à iaire du beurre. L'on estime beaucoup le fromage vert connu sous le nom de Schabziger , que l'on fabrique presque exclusivement dans ce canton , et qui offre une branche considérable d'exportation. Les habitans cultivent assez en grand le mélilot bleu , qui fait un des principaux ingrédiens nécessaires à la préparation de ces fromages. Le nombre des chèvres est extraordinairement grand , et il n'y a pas de commune qui n'en ait de 100 à 400. On y élève aussi beaucoup de chevaux. — Le gouvernement est purement démocratique , et les Landsgemeinden annuelles se tiennent soil à Glaris , soit à Schwanden. — Les habitans se distinguent d'une manière remarquable par leur industrie et leur activité. Enneda qui , en 1780 , n'était composé que d'un petit nombre de maisons , est aujourd'hui un très-beau bourg fort commerçant.

Plantes. — Les montagnes de ce canton offrent une grande variété de plantes.

Pétrifications, —Elles sont pour la plupart contenues dans les montagnes calcaires. C'est ainsi que l'on trouve sur le Glaernisch des cornes d'Ammon, sur le mont Guppen des cornes d'Ammon , des gryphites , des ostracites et des térébratulites ; sur le mont Freyberg s au-dessous des plus hautes cimes, de grands bancs pleins de porphytes, de pectinites, etc.

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Glaermsch ou Glaernis , montagne également remarquable par sa hauteur et sa forme, situe'e dans le canton de Glaris parles hl° 0' 12" de lat. , et 26° IxV 4" de longit. On distingue dans le groupe dont elle est compose'e , le Glaerniscb antérieur , le Glaernisch du milieu et le Glaernisch postérieur : sa plus haute sommité se nomme le Feuerberg ; elle a 7.621 pjeds au-dessus du lac de Zurich , et 8,900 pieds au-dessus de la mer, c'est-à-dire qu'elle est à peu près de la même hauteur que les pics du Saint^Gothard. Il y a sur le revers de la montagne , du côté du nord et de l'ouest, un glacier de trois lieues de longueur que l'on distingue trèsbien, à l'aide de la lunette d'approche , en divers endroits de la Suisse septentrionale. On peut gravir le Glaernisch, soit en passant par la Guppen-Alpe, ou en franchissant un glacier qui s'étend du côté de Rùchistock , 3 lieues , et de là, par un chemin très-pénible , et où l'on a encore des glaciers à traverser , jusque sur le sommet du Feuerberg , 4 lieues. Un autre chemin part du Clœnthal , et mène par la Schlatt- Alpe au Gleitter, au Glaernisch-Blangen , et de là sur le sommet du Glaernisch antérieur , 3 lieues 1/2. Enfin , de la Schlatt-Alpe antérieure par le Kammthaeli et le Hochthorstock , en 5 heures , sur le Glaernisch du milieu, et ensuite par le Feuerberg, en traversant des glaciers. Ce chemin est dangereux.

Glatt (la), petite rivière du canton de Zurich, remarquable par la tranquillité de son cours. Elle prend sa source près de JBceretschwyl, au pied du mont Allmann , et en sortant du Greifensee. elle prend le nom de Glatt : formant un grand nombre de sinuosités , elle coule avec peu de pente vers le HL-O.j et tombe dans le Rhin à une lieue dcGJattfenden. La rectification de son cours , nécessaire à cause des inondations dans plusieurs endroits, a parfaitement réussi, quoique l'ouvrage ne soit pas encore fini. Un canal droit s'étend d'Oberglatt à Rumlang. A Rheinfelden on a percé un rocher pour donner à l'embouchure du fleuve une meilleure direction , et pour sauver le hameau, qui risquait de tomber dans le précipice , si la rivière continuait de faire des ravages au pied de la colline , sur laquelle les maisons se trouvent. A présent par ce canal souterrain , long d'environ 200 pieds, les eaux coulent tout doucement, et se réunissent avec le Rhin.

Goldau , nom d'un village et d'une riante vallée qu'on voyait autrefois au canton de Schwitz entre le Rigi et le Rossberg ou Roufliberg à l'E.

GOT 285 Goldau est devenu tristement célèbre par l'horrible catastrophe du 2 septembre ;i806. Après de longues pluies, une des sommités du Rouffiberg, qu'on appelait le Gnipenspitz, se détacha de la montagne vers les 5 heures du soir, se précipita avec un fracas épouvantable jusqu'au fond de la vallée , ensevelit sous ses énormes débris les villages de Goldau, de Bousingen et de Rothen, ainsi que plusieurs maisons de Lowertz, et combla une partie du lac de même nom, dont les eaux, refluant avec un bruit horrible, s'élevèrent à une grande hauteur , et portèrent la désolation jusqu'à Seewen. Telle était l'impétuosité de la chute de ces débris , qu'il s'en détacha plusieurs quartiers de roc qui allèrent tomber pardessus les plus grands sapins du Fallenboden sur la rampe du Rigi. Quatre cent cinquante-sept personnes perdirent la vie : de trois cent cinquante qui survécurent, soixante-quatorze durent leur salut à une prompte fuite ; on en retira quatorze de dessous les ruines de la montagne : plusieurs étaient blessées , et toutes se virent réduites à la misère. Il périt 423 pièces de bétail , et l'on estima le dommage à deux millions et demi de francs de Suisse.

Ouvrages à consulter, — Goldau et ses environs tels qu'ils étaient et tels qu'ils sont devenus , par Ch. Zay ( en allemand ).

Goldi\gex (la vallée de), au pays d'Utznach , canton de Saint-Gall. Elle est située dans les montagnes derAllemann, et monte dans la direction du S.-O. au N.-E. le long d'un torrent fougueux. Sa longueur est de trois à quatre lieues , et elle n'offre que des terrains en pente entièrement cultivés et couverts de maisons. Elle est fort peuplée , et renferme deux paroisses , dont chacune occupe un des revers de la vallée.

Au mois de juillet 1816, cette vallée éprouva une catastrophe semblable à celle de Goldau : la chute d'une montagne détruisit l'église paroissiale de la pente du S.TE., ainsi que quelques maisons ; neuf personnes perdirent la vie , et le cours du ruisseau fut interrompu. La masse de rochers descendus dans la vallée avait 5,000 pieds de long et 500 de large sur 50 pieds d'épaisseur.

Gottliebea , petit bourg de 48 maisons et de 260 habitans, au canton de Thurgovie. Il est très-avantageusement situé sur le Rhin, à l'extrémité inférieure de l'Untersee. Le dépôt et l'expédition des marchandises qui de Lindau passent dans les parties du N. et du centre de la Suisse , font de ce bourg une place assez commerçante. Du temps du concile de Cons-

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