‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 82 sur 185 · GOT · texte numérisé non relu

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tance, le pape Jean XXIII et Jean Huss furent détenus pri^

sonniers au château de Gottliehen.

Goscheivneïv { vallée de ) V. Gestinen et Amsteg.

Gossau. Ce grand village est chef-lieu du district de même nom au C. de St.-Gall. Il est situé à 2 lieues de la ville de St.- Gall , et à 1 lieue de Hérisau au C. d'Appenzell.

Gothard (le mont St.-) est un des passages les plus fréquentés entre la Suisse et l'Italie.

Chemin du St.-Gothard jusqu'à l'hospice. (1) —Le chemin, qui n'a nulle part moins de 10 p. ni plus de 15 p. de largeur , est pavé de larges plaques de granit Sa longueur depuis Amsteg jusqu'à Airolo est de 10 lieues. En hiver les neiges s'y accumulent à la hauteur de 20 à 30 p. Du reste, l'on emploie constamment les bœufs d' Airolo et d'Ursern à frayer la route, et il est bien rare qu'etle demeure fermée pendant huit jours. Des chevaux de somme transportent sur leur dos les marchandises ; leur charge qui est de 3 quintaux, se nomme un saura [soma , somme ) ; delà les noms de saumrosse et de saunier qu'on donne à ces animaux et à ceux qui les mènent, Le chemin qu'ils ont à faire va de Flùelen à Bellinzone (30 lieues ) ; ils le franchissent en h jours. C'est en hiver qu'il passe le plus de marchandises : pendant cette saison , les

(i) La portion la plus remarquable de la nouvelle route est celle qui traverse les Schœlleuen dans le canton. d'Uri. La pente de cette nouvelle route ne dépasse jamais huit sur cent. Tous les tournans sont presque sans pente et spacieux. Les ponts sont superbes; celui qui traverse le Gischeneubach a 86 pieds de hauteur, 59 pieds de longueur et 18 de largeur. Le nouveau pont du Diable est plus élevé' que l'ancien de 27 pieds. La galerie appelée Urnerloch est élargie de 18 pieds, et la route achevée jusqu'à Andermatt. A quelques centaines de pas du village de l'Hospilal commence la portion de route entreprise par l'ingénieur Colombrano de Mendrisio, et qui s'étend jusqu'à la frontière du canton d'Uri, au haut du Saint-Gothard. A l'entrée du village, on traverse la Reuss sur un beau pont ; on atteint au bout d'une lieue la frontière du Tessin , sans quitter la Reuss. Du côté du précipice, s'élèvent de 9 en 9 pieds des piliers de granit. On va refaire la route de Flùelen à Amsteg ; il est même question de la continuer le long du lac des Quatre-Gantons, de Flùelen à Brunnen % on éviterait ainsi la traversée d'un lac souvent dangereux, et on lierait la route du Saint-Gothard à celle qui conduit de Schwylz à Lucerne par Kùssnacht, ou à celle qui mené de Schwytz à Zug, à laquelle on travaille maintenant.

(Richard.)

GOT 287 transports se font sur des traîneaux attelés de 2 bœufs e chargés de 12 quintaux. Il passe sur le St.-Gothard 300 chevaux de somme par semaine -, et 15,000 voyageurs par an. — Consultez les articles Amsteg et Andermatt pour le trajet d'Amsteg àHospital. Depuis ce lieu jusqu'à l'hospice , 21. l/2« Le chemin suit une gorge solitaire , sauvage et très-en pente , creusée au milieu des rochers le long de la Reuss , et dominée à l'ouest par la montagne Hûnereck, et à l'est par le Gams et le Guspis, autrement nommé te Gothardshorn. A 1 lieue d'Hospital on quitte ta vallée d'Ursern pour entrer sur le territoire de la commune d'Airolo dans laVal-Lévantine au C. du Tessin. Au bout de deux heures de marche on arrive dans un lieu où la Reuss forme une belle cascade , et où le rapprochement de deux parois de rochers semble fermer entièrement le chemin. Tout près de là ou passe la Reuss sur le pont deRudunt. et l'on entre dans l'Alpe de même nom, d'où l'on découvre le Blauberg et îe Prosa à l'est, et le Luzendro et POrsino auS.-O. On continue démonter pendant quelques momens , et l'on aperçoit une partie du lac de Luzendro, d'où la Reuss tire son origine : le grand lac est à droite, tout à côté du grand chemin; on en plusieurs autres plus petits, entre lesquels on passe poui se rendre à. Phospice. On peut passer le St.-Gothard en carrosse. Il faut Ù chevaux aidés de 6 ou 8 hommes pour cette expédition. On se rend ainsi depuis Altorf à Magadino , sur le lac Majeur , en 7 journées, tandis qu'on n'en met que II en faisant la route à pied ou à cheval.

L'hospice de St.-Gothard. — 11 a été remplacé par une mauvaise auberge.

Vallon du St.-Got/iaro'. »— Le vallon nu et sauvage où se trouvait l'hospice, forme un bassin d'une lieue de long, et s'étend dans la direction du nord au sud ; il est entouré de toutes parts de pics d'une grande hauteur. A l'est , on voit s'élever le Prosa, le Sella, le Schipsius et le Sorescia ; au S.-O , le Fibia , le Fieudo, le Pic Luzendro (haut. abs. : 9,730 pieds) et POrsino ou Urserspitz (9,944 pieds). Selon M. de Saussure, le Fieudo est à 8,268 pieds au-dessus de la mer. La hauteur du Prosa est de 8,268 pieds , et celle du Fibia de 9,720 pieds. Au bout de deux ou trois heures on peut atteindre, sans beaucoup de fatigue, les sommités des monts Fieudo et Prosa ; cependant ce dernier est beaucoup plus escarpé que l'autre, Rien de plus étonnant que la vue dont on jouit du haut de ces pics sur les abîmes épouvanta-

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bles et sur les montagnes sans nombre dont ils sont environnés.

Lacs du Saint-Gothard. Sources du Tessin et de la Reuss. — Dans le vallon de rochers qui occupe le haut du passage de la montagne , on trouve huit ou dix petits lacs. Celui de Luzendro est situé au pied du pic de même nom et de TOrsino , et à 3 'h de lieue de l'hospice, du côté du A'.-O. ; il est encaissé dans des rochers d'un aspect affreux, et sert d'écoulement au glacier de Luzendro. C'est de ce lac que sort la Reuss. Cette rivière reçoit deux torrens considérables dans la vallée d'Ursen : le premier à Hospital , venant de la Fourche, est grossi des eaux de 13 autres ruisseaux; le second à Andermatt : celui-ci, qu'on peut envisager comme un troisième bras de la Reuss . descend de l'Ober-Alpe et de l'Unter-Alpe. La Reuss se jette à Seedorf dans le lac des Waldstetten , et va tomber dans le Rhin près de Coblentz, après avoir mêlé ses ondes à celles de la Limmat et de i'Aar , non loin de Bruck. Le Tessin a ses sources dans un petit lac situé en avant de l'hospice, aupied du mont Prosa, et danslc lac de Sella, que l'on trouve sur l'Alpe de même nom, entre les monts Prosa , Sella et Schipsius ( V. Tessin). Les quatre petits lacs situés en avant de l'hospice communiquent entre eux , et donnent uaissance à plusieurs petits ruisseaux qui vont se jeter dans la Reuss et dans le Tessin. Pour juger de la hauteur d'où descend le Tessin , il faut savoir que l'hospice est situé A76 toises plus haut qu'Airolo , Airolo A06 toises plus haut que Giornico, et ce dernier 77 toises plus haut que le lac Majeur, dont il est séparé par une vallée qui n'#ffre qu'une pente insensible. Hauteur totale : 950 toises.

Climat. Passage dangereux. — L'hiver dure pendant 9 mois, et les neiges s'accumulent en divers endroits à la hauteur de 20 jusqu'à 40 pieds. Cependant . lorsque les vents du sud soufflent pendant long-temps, il y tombe de la pluie, même au mois de janvier. Il est rare de voir le thermomètre de Béaumur descendre au-dessous de — 19°. Les passages que les lavanges rendent dangereux en hiver et au printemps sont celui qu'on nomme le Feld, situé au nord de l'hospice . le Chemin-Neuf , appuyé contre les rochers , au sud , et tout le trajet depuis l'hospice jusqu'à Airolo, mais surtout à la Piota, à Sant'-Antonio , à San-Giuseppe , dans toute la Val- Tremola et à Madonna ai lict. Les tourbillons accompagnés de nuées de neige en poussière , connus sur la montagne sous le nom de Gougseten , sont très- dangereux depuis l'Alpe de Rudunt jusqu'à l'hospice. Ceux qui font cette route pen-

GOT 289 dant la mauvaise saison, doivent s'attacher à suivre scrupuleusement les conseils des gens de la montagne, lesquels savent au juste quand le danger des lavanges et des tourbillons de neige est passé. Si des circonstances impérieuses forcent le voyageur à continuer sa route dans un moment dangereux, la seule précaution qu'il puisse prendre , c'est tTôter aux chevaux leurs clochettes et tout ce qui pourrait faire quelque bruit, et de se hâter de traverser les mauvais pas sans dire un mot; car il ne faut souvent qu'un son trèsfaible pour détacher les masses de neige dont on est menacé. (V. Lavanges. ) Dans tout le vallon du Saint-Gothard , il n'y a que les Alpes de Rudunt , de Sella et de Luzendro où les vaches et les chevaux puissent pâturer , et où l'on trouve des chalets.

Chemin d'Airolo. — De l'hospice à Airolo, 2 lieues de descente très-raide. On longe pendant une heurela Val-Trémola, ou Val-Tremblant, et l'on passe le Pont- Tremblant [Ponte- Trémolo ). Là , les neiges s'accumulent en hiver à 50 pieds de hauteur , et même au cœur de l'été on voit souvent sur le Tessin, des voûtes de neige en état de supporter des fardeaux d'une pesanteur considérable. Il y a deux chemins dans la Vallée tremblante : l'un usité en hiver et l'autre en été- Au-dessus du second pont , le chemin traverse un vert pâturage, passe à côté de la chapelle de Sainte-Anne, et descend par la forêt de Piotella dans la vallée, d'où l'on a encore de lieue jusqu'à Airolo. Au-dessus du bois de Piotella et dans le bois même, on découvre des échappées de vue sur la riante Val-Levantine supérieure , que termine au sud le Platifer. Au sud-ouest on aperçoit la vallée de Bédretto.

Le SU-Gothard , l'an 1799, a été le théâtre de plusieurs combats entre les Français et les Autri chiens. En descendant le Saint-Gothard. du côté d'Airolo, on remarque à droite une pierre de rocher où est une inscription russe , tracée par un des soldats de l'expédition de Suwarow.

Situation remarquable du St. - Gcthard. — Le St.-Gotharcl est extrêmement remarquable à cause de sa situation centrale entre le Mont-Blanc et le Mont-Rose , au S.-O. . et l'Orteler , le Wildspitz et le Fermunt , sur la frontière du Tyrol, à l'est , principalement quand on l'envisage moins sous le rapport de la hauteur de ses sommités , que sons celui de l'étendue qu'il occupe comme groupe de montagnes. De tous ces pics , le Galenstock, qui , selon M. Millier, a 11,250 pieds au-dessus de la mer, est le plus élevé. Dans cette enceinte sont situées les deux grandes vallées d'Ursern et de la Val*

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Levantine supérieure, ainsi que les vallons de Canari* , et Piora, de Termini, Codélina, Cornéro , Magis, Gamer, de l'Ober-Alpeet de l'Unter-Alpe, outre la gorge de rochers que l'on trouve au haut du passage. On y voit en second lieu 28-30 petits lacs , dont le plus long a une lieue et les plus petits seulement quelques centaines de toises de longueur. Troisièmement, huit glaciers; savoir, ceux du Furca , de Biel , deMatt, du Crispait, deSte.-Anna, de Weitenwasser , de Luzendro et de Pisciora. Enfin les sources du Tessin , de la Reuss , du Rhône , et du Rhin antérieur et du milieu. Il a été la question de celles des deux premières rivières ; le Rhône prend sa source au pied du mon t Furca ( V. Furca ) ; le Rhin antérieur a les siennes sur le Crispait , sur le Badus et dans la vallée de Gurneren. ( V. Tavetsch) , et le Rhin du milieu , dans la vallée de Cadélina (V. Médels , vallée de ).

Fossiles du St.-Gothard. — Il n'existe aucun lieu dans toute la chaîne des Alpes , et peut-être dans tout le reste du monde, où l'on trouve dans un espace tellement resserré un nombre aussi prodigieux de fossiles que sur le St.-Gothard. Le naturaliste qui prend successivement ses stations à l'Hospice , à Airolo , à Médels et à Tavetsch , pour parcourir toutes les parties de ce grand foyer avec de bons guides , peut y recueillir dans l'espace d'un petit nombre de semaines les fossiles les plus curieux et en choisir lui-même les échantillons les plus instructifs.

Golgghisberg , Golrsichel. [V. Gugghisberg et Gurnigel. )

Graadsos , petite ville du canton de Vaud , située sur la rive occidentale du lac de Neuchâtel , au pied du mont Jura, qui dans cette contrée porte le nom de Thévenon , sa position est admirable ;mais ce qui la rend particulièrement intéressante , c'est le souvenir de la mémorable victoire que les Suisses y ont remportée. Pop. 900 h.

Guerre de Bourgogne, Bataille de Grandson. — Lorsque les Confédérés et l'archiduc Sigismond d'Autriche eurent déclaré la guerre à Charles-le-Téméraire , le duc de Bourgogne, l'armée des Suisses , commandée par Nicolas de Scharnachthal, Pétermann de Wabern, Félix Relier et Hans Waldmann , entra, le 25 octobre \lxllx , dans la Franche- Comté , par Porentruy et Montbéliard.

Chemins. — De Grandson à Yverdun, 1 lieue. A Neuchâtel, 6 lieues.

Grabs , paroisse du canton de St.-Gall , élevée de 1500 pieds au-dessus de la mer et divisée en deux parties.

GRI 291 G rats , montagne située dans la chaîne des Alpes primitives qui séparent le Haut -Valais du Piémont.

Chemins. Cascades cïEgine et de la Tosa. — On traverse le Griès par un chemin de montagne qui mène d'Ohergestelen en Valais, à Domo d'Ossola, dans la Val-Maggia , et à Locarno. D'Ohergestelen à Formazza, au pied méridional du Griès , 7 1. 3/Zi. Au sortir d'Ohergestelen on se rend d'abord à Zum-Loch, dans ia vallée d'Sgine , où la rivière du même nom forme une jolie cascade. A l'extrémité de cette vallée on trouve à l'est un sentier pour aller à Airolo par le mont Luvino. Le chemin du Griès s'élève jusqu'à la hauteur de 7,336 pieds au-dessus de la mer, et traverse un glacier de 1/4 de lieue de largeur , auquel la poussière des schistes micacés en décomposition dont il est couvert, donne une teinte grisâtre; le bruit sourd que l'on entend quand on frappe la glace , semble annoncer que ce glacier repose sur de grandes excavations. Le revers méridional du Griès offre quatre gradins aplanis en forme dévalions. Le premier, où l'on entre du côté du midi , est connu sous le nom de Bettelmate , les chalets qu'on y voit sont situés à 3/4 de lieue au-dessous du col. On y prépare des fromages très-estimés , et on y remarque un petit lac qui abonde en truites et d'où sort la Toccia. Le second vallon porte le nom de Morast ; on y voit le hameau de Kehrhaechi , composé de chalets qui sont habités toute l'année. On descend par une pente très-raide dans le troisième vallon qu'occupe le hameau d'auf der Frut , au bout duquel il y a une chapelle. C'est là que s'ouvre la vallée de Toccia, ou de Dolgia, par laquelle on se rend en 5 heures à Airolo. Enfin une nouvelle pente très-escarpée aboutit à un quatrième vallon nommé le Frutval ; le chemin suit depuis le haut jusqu'en bas la magnifique cataracte de la Tosa, ou Toccia, dont ia hauteur totale est de 3 ou 400 pieds, et dans laquelle on distingue trois gradins. Comme à l'exception de la chute du Rhin , il n'y a pas de cascade en Suisse dont la masse d'eau soit aussi considérable , celle de la Tosa est sans contredit une des plus belles et des plus remarquables qu'il y ait dans ce pays-là. Elle forme une espèce de pyramide dont la base est extrêmement large , et dont le sommet a tout au plus 4 à 5 pieds. L'inclinaison du rocher fait un angle d'environ 140 à l5o degrés vers l'horizon. Vue du bas en haut , du haut en bas, et de côté , cette cataracte offre de toutes parts des accidens variés du plus grand effet. Au pied du rocher , la largeur du terre-plain de la vallée est à peine de 1/4 de 1. De tous côtés on est entouré de rocs menacans, couronnés de bois de mélèzes. Du bas de

la chute, on va en 3/4 de lieu au village de Frutval, où il y a une auberge. De là à Pommât , ou zum Steg ( al Ponte , ou Formazza, en italien ), 1/2 1. Ce voyage, quoique fatigant, n'offre aucun danger , et peut se faire à cheval. (V. Pommât) Le revers méridional du Griès est habité par des Allemands jusqu'au village de Foppiano, situé à 1 1. 1/2 au-dessous de Pommât. (V. Arona, )

Plantes. — On trouve douze espèces de petits saules sur le Griès ; la végétation y est d'une beauté surprenante.

Grifensée [Greifensee) , village du canton de Zurich, situé à 3 lieues de la capitale , sur la rive orientale du lac de Grifensée , dont les bords fertiles et rians présentent une chaîne de coteaux du haut desquels on découvre de fort beaux points de vue et une partie de la chaîne des Alpes. Sur la rive du S.-O. s'élèvent les montagnes cultivées de Geiss , de la Forche et de Mur ; sur celle du N.-E. sont situés les villages de Mur et de Faelenden. A l'est on observe Je château et le village d'Uster , qui pendant le XIIIe siècle a appartenu à l'illustre famille de Bonstetten , qui existe encore à Berne. Uster est devenu fameux par les grandes assemblées de peuple en 1830, le 22 novembre, dans laquelle environ 8000 âmes du canton s'unirent pour proposer au grand conseil les nouvelles bases de la constitution qu'ils demandaient au nom du peuple, et en 1832, le même jour où une assemblée plus grande encore , convoquée pour célébrer l'anniversaire de cette journée, fut interrompue par une bande de quelques centaines d'hommes , et la populace la plus aveuglée qui incendia un grand bâtiment du voisinage, où l'on avait organisé- une grande machine à tisser du coton, dans l'opinion que de telles fabriques ruineraient leur gagne-pain. Le ruisseau de l'Aa sort du lac dePfeffikon, et se jette dans celui de Grifensée , d'où sort la Glatt , dont les paisibles eaux tombent au-dessous de Glatlfelden dans le Rhin. Le lac nourrit quantité de grosses anguilles qui sont fort estimées. — jiuberge : l'Ours. Pop. 300 h.

Grimsel , haute montagne sur laquelle est unpassagepour aller du canton de Berne dans le Valais. La nature déploie dans tout ce trajet un grand nombre de scènes d'une magnificence sauvage et singulière. De Meyringen , dans le Haslithal , jusqu'à l'Hôpital du Grimsel, 7 lieues. D'Obergestelen , dans le Haut-Valais, jusqu'à l'Hôpital , 5 lieues. Les voyageurs qui passent la montagne à cheval feront bien de faire à pied les plus mauvais pas de cette route , bordée en divers endroits de précipices épouvantables , et où Ton e*t ébligé de passer sur des ponts très-effrayans.

Chemin de Meyringen sur le Grimsel, Superbes chutes de l'Aar près de Handeck et de Guttannen. — De Meyringen, au travers des forêts du mont Kirchet, par l'agréable vallée d'Im Grund, où l'on voit déboucher à gauche le Mûhiithal (on y trouve des chemijis pour aller par le mont Sùsten dans le canton d'Uri , et par le mont Joch dans la vallée d'Engelberg. ( V. Meyringen) , et un peu plus loin à droite la petite vallée d'Urbach. dans laquelle descend legrand glacier d'Urbach, ou de Gauli; après avoir ensuite passé l'Aar sur un pont , un chemin âpre et solitaire , pratiqué dans les rochers conduit le voyageur entre les montagnes d'Urbach , Ritzli , Gauli et Guttan , aux cabanes d'im Boden , et de là au village de Guttannen , 3 lieues , situé à 3,198 pieds au-dessus de la mer. On y trouve une auberge passable et de U-ès-bonnes gens. A 1/4 de lieue, en avant (Vint Boden , le chemin est taillé dans le roc et protégé par une barrière du côté de l'Aar ; il y tombe des avalanches au printemps. A 1/2 lieue de Gutannen , l'Aar forme à côté du chemin une cascade dont on peut approcher de tout près. Entre 10 heures du matin et 2 heures après midi on y observe un bel iris quand il fait du soleil. Au-delà de ce village , on passe le mont Stampf, on traverse deux fois l'Aar , et l'on gagne le chalet de Handeck au bout de deux heures de marche. Sur cette montagne , on voit à l'est le glacier et le lac de Gelmer , d'où sort le torrent du môme nom ; au S.-O. les glaciers d'Erlen et de Rizli ; au sud le Handeckhorn. A une assez grande distance au-dessus du chalet, l'Aar forme une des plus magnifiques et des plus grandes cascades qu'il y ait en Suisse. Il faut la voir lorsqu'il fait du soleil entre 9 heures 1/2 et 11 heures du matin , et pour cet effet , descendre au-dessous de Handeck , dans le lit de la rivière , en ayant soin de s'approcher , en suivant les bords , le plus près que possible de la cascade ; c'est un spectacle d'une beauté extraordinaire , la rivière semble tomber du haut des cieux. — De Handeck à l'Hôpital , 2 lieues. Cette partie du chemin est la plus raide et la plus horrible ; trois fois en est obligé de traverser des ponts véritablement effrayans, quoique très-solides. A une demi-lieue au-dessus de Handeck on passe sur de grandes surfaces arrondies de granit dans lesquelles l'on a été obligé de tailler des pas pour les chevaux et les gens à pied. La pre? mière se nomme Hœllenplatte , ou Pierre d'enfer, et l'autre Stockstaege, ou bien die bôse und letze Seite. Une demi-heurs plus haut on traverse un pâturage alpestre nommé le Roderischboden d'où il reste encore une lieue de montée

très-rapide jusqu'à l'Hôpital du dernier pont, que l'on trouve non loin de l'Hôpital , PAar fait encore une chute remarquable.

L'Hôpital du Grimsel. — Il est situé dans une contrée entourée d'épouvantables rochers, à une demi-lieue au-dessous du point le plus élevé du passage , et à 5,028 pieds au-dessus de la mer. A côté de l'habitation est situé un petit lac , nommé le Kleinsée , dont la profondeur va de 32 à 62 pieds ; il y a au fond beaucoup de morceaux de granit en forme de cube et de prisme : ce lac nourrit aussi quelques brochets. Le Sassbach forme une jolie cascade avant de tomber dans ce lac.

Les glaciers de l'Aar. — Des glaciers et des vallées de glace, d'une grande étendue , sont situés sur toutes les montagnes voisines. Les longues vallées de glaces de Gelme , sont situées au N.-E. , et les énormes glaciers de l'Aar au S.-O. Si le temps se trouve favorable , les voyageurs feront bien de consacrer une journée entière à visiter ces derniers. On trouve de bons guides à l'hôpital , et l'on peut sans aucun danger pénétrer jusqu'au milieu de ces rochers et de ces glaces éternelles , où tout semble porter l'empreinte d'une création nouvelle et inconnue. De l'hôpital au Zinkenstock , une lieue. C'est jusque-là que s'étend l'extrémité du glacier de Vorderaar ou Lauteraar , qui se termine par une paroi de glace. Pendant toute une lieue , on trouve la surface du glacier couverte de débris ; la montée en est pénible , mais elle ne dure pas plus d'un quart d'heure. La glace est unie et n'a point de fentes, et le glacier a 6 lieues de longueur sur une demi-lieue de large. On y voit en divers endroits des enfoncemens , du milieu desquels s'élèvent des colonnes de glace surmontées d'un quartier de rocher , et des pyramides de glace transparente de 18 pieds de hauteur. (V. l'art. Glaciers. ) Au sud, on aperçoit le Zinkenstock antérieur et postérieur, le Lauteraarhorn, le Finsteraarhorn , le Viescherhœrner : au nord, les pics de Gauli , Ritzli é Triffli et Branderlamm ; a l'ouest , les Schrekhœrner. Une ramification du glacier de Lauteraar s'étend au nord du côté de Gaulihorn, et forme le glacier de Gauli , qui a û lieues de long , et qui, se dirigeant à l'ouest vers les Burghœrner, y prend le nom de glacier de Rosenlaui, et fait l'admiration des voyageurs qui passent la Scheideck en allant de Meyringen au Grindelwald. Au-dessus du glacier de Lauteraar est située la seconde vallée de glace ; elle est connue sous le nom de Finsteraar et à 7 lieues de longueur. Plus haut s'élève le gigantesque Finsteraarhorn, à la hauteur 4e 13,234 pieds au-dessus de la mer. Cette superbe pyramide

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granitique n'a point encore été gravie. L'arête des rochers qui règne entre les glaciers de Finsteraar et de Lauteraar a , selon M. de Saussure, 7,586 pieds au-dessus de la mer. La Finsteraar sort de ces glaciers en roulant ses ondes par-dessous les glaces de celui de Lauteraar , au sortir duquel elle forme déjà une rivière considérable. Elle reçoit bientôt après les eaux de l'Oberaar , qui sort du glacier du même nom. Ce dernier présente une longue vallée de glace , située vers le S. , entre les Zinkenstœcke et les Seidelhœrner. Personne n'a encore tenté de visiter ces immenses champs de glace. Toutes ces vallées sont dans la direction de l'E. , à l'O. Elles ne communiquent pas directement avec les glaciers de Grindelwald, car elles en sont séparées par des arêtes de rochers. On n'a pénétré sur le glacier de Lauteraar que jusqu'au pied des Schreckhœrner , pics dont la hauteur est de 12,566 pieds. Toutes les hautes vallées , situées tant au IV. qu'au S. , depuis le Grimsel jusqu'aux environs delà Gemmi, sont tellement remplies de glaciers que les montagnes que l'on y voit ressemblent aux iles qui s'élèvent du sein de la mer glaciale.

Hauteur du passage du Grimsel. — De l'hôpital au point le plus élevé de ce passage, 1/2 lieue à 3/4 de lieue. Ce cola 6,570 pieds au-dessus de la mer , et le Seidelhorn, qui forme la plus haute sommité de cette montagne , en a 8,580. Môme en été on trouve toujours de la neige sur la hauteur dupassage. Deux ruisseaux sortent du Finstersee ; l'un va se jeter dans l'Aar et l'autre dans le Rhône. Des perches plantées le long du chemin en indiquent la direction lorsque la montagne est entièrement couverte de neige. Du haut du col on jouit d'une très-belle vue sur le Furca , sur le Galenstock , et quelques-uns des pics du St.-Gothard , sur le Griès , et sur les montagnes de la chaîne méridionale du Valais jusqu'au Mont-Blanc. On descend à Obergesteln en une ou deux heures de marche.

Chemin de Mayenwand. — Pour descendre du Grimsel au glacier du Rhône par le Mayenwand , on prend à gauche du côté de Hauseck, d'où l'on gagne le Mayenwand, 1/U de lieue. De là au glacier du Rhône , 1 1. 1/2. Ce trajet sera dangereux tant qu'on ne fraiera pas un sentier le long du Mayenwand. C'est pourquoi les voyageurs qui se proposent de faire ce chemin ne peuvent se dispenser de prendre un bon guide à l'hôpital. Ceux qui du Grimsel veulent aller en droiture dans la vallée d'Ursern , gagnent près de 3 lieues en passant par le Mayenwand.

Histoire militaire des derniers temps. — Les glaces éternelles du Grinisel et ses affreux rochers ont été témoins des combats des Autrichiens et des Français.

Riches mines de cristal. —Les rochers sont traversés par de larges filons de quartz , lesquels contiennent des mines de cristal. On en a exploité plusieurs sur le mont Jochli. Il existe sur le Zinkenstock quelques grottes remplies de cris^ taux, et clans lesquels on peut pénétrer. Il en est une , entre autres , dans une gangue de quartz de trois pieds d'épaisseur.

Grixdelyvald , village du canton de Berne. — Auberge : L'Aigle Noir. On y trouve de bons chevaux de selle, des voitures ; et on y jouit de vues magnifiques. Ce village est situé à 3,150 pieds au-dessus de la mer , dans une vallée alpine riche enpàtiuvges et très-peuplée ; la vallée est dans la direction du A\-E. au S.-O. ; elle est entourée de montagnes d'une hauteur extraordinaire. Le Faulhorn, sommité située dans la chaîne du nord , s'élève à 8,020 pieds , et les monts reftputables de la chaîne méridionale ont leurs bases ensevelies dans de vastes vallées de glace , et portent leurs têtes menaçantes jusqu'aux cieux. La hauteur du AVetterhorn est de 3.1452 pieds , celle de l'Eiger , de 12,268 pieds ; les Schreckliœrner et les Vieschœrner ont encore quelques centaines de pieds déplus. La vallée est fermée au N.-E. par le Scheideck, qui a 6,045 pieds de hauteur; l'issue en est étroite et située au S.-O. Les habit ans vivent dans l'aisance , et forment un peuple de montagnes, remarquable parla vivacité de son caractère. Les fraises et les cerises croissent dans ce pays-là jusqu'au mois de septembre. Cette vallée est une des plus connues et des plus fréquentées qu'il y ait en Suisse ; les étrangers ne trouvent nulle part l'occasion d'observer les merveilles qu'offrent les glaciers d'une manière aussi commode et aussi exempte de tout danger qu'au Grindelwald. On s'y rend de Berne en un jour et demi , en faisant une partie de la route en voiture et le reste en bateau.

Ceux qui viennent élu côté d'Unterséen sur le lac de Thun, doivent, au sortir de l'auberge de Zweylùtschinen, prendre le chemin de la gauche qui mène du côté de l'est; ils traverseront la Lïitschine-blancbe, qui descend de Lauterbrunn, et bientôt après la Lûtschine-noire : après quoi on entre dans r étroite vallée de Lùtschen, où le ruisseau du Fallbach forme mie chute très-haute et va se perdre au pied du mont Schauerberg : de Zweylùtschinen jusqu'à l'auberge du Grindelwald , 2 ou 3 lieues.

Glaciers du Grindelwald. — Les deux glaciers sont situés

presque parallèlement l'un à l'autre, le petit entre l'Eiger et îe Mettenberg . et le grand entre Mettenberg et le Wetter* horn. Au-dessus de l'extrémité supérieure du petit glacier . on voit s'élever au sud les Viescherhœrner,'que l'on reconnaît au blanc pur qui caractérise les neiges éternelles dont iU sont couverts. De ces montagnes part une longue arête d'un aspect bizarre qui descend du côté de l'Eiger intérieur. Le petit glacier forme im des bras de l'immense vallée de glace située entre les Schreckhœrner , les Vieschoemer et les deux Eiger. Le grand glacier est entièrement séparé du petit par les rochers des Schreckœrner , il forme des écoulemens de la vallée de glace qui s'étend entre les Schreckœrner , les Wetterhœrner et le Mettenberg. Ces deux glaciers ne communiquent pas immédiatement avec ceux de Lauteraar , de Gauli et de la Jungfrau; ils en sont séparés par des arêtes de rochers. Au milieu du petit glacier s'élève un rocher vertical «ur lequel la neige ne peut pas s'arrêter : et que l'on nomme die heisse (le roc chaud }. Depuis l'auberge au grand glacier (ou glacier supérieur ), 1 lieue : pour s'y rendre, on passe la montagne de Bergelbach. dont le terreau est entièrement noirci par la décomposition des schistes argileux. Le torrent qui en sort se nomme la Lùtsrhine-noirc, parce que ses eaux prennent une teinte noirâtre après leur réunion à celles du Bergelbach. I) faut aussi une heure pour atteindre le petit glacier (ou glacier inférieur ), Il est moins large que le premier; mais sa surface, beaucoup plus inégale, offre des tours et des pyramides de glace bien plus grandes. Un sentier pénible et dangereux conduit le long de ce glacier et de la base du Mettenberg au Ba?niseck. et plus au sud , au Zesenberg , où l'on trouve des pâturages pour les moutons. On y jouit à merveille de l'aspect de la grande vallée de glace , ainsi que des cimes menaçantes du Schreckhorn ; mais pour faire ce trajet , il faut n'être point sujet aux vertiges , et être fort habitué à gravir les sentiers périlleux des montagnes. Près du glacier inférieur est unpetit bois d'aunes, où l'on peut cueillir d'excellentes fraises tout à côté des glaces. Le voyageur a souvent l'occasion dans cette vallée d'entendre le tonnerre des glaciers , et de juger par lui-même de la violence des vents qui sortent de leurs crevasses (V. Glaciers).

Monts Wetterlwrn et Eiger. — Le premier a sa. tête presque constamment voilée de nuages; il sert de baromètre aux habitans. On observe une ouverture vers le sommet de l'Eiger-Breithorn ou Eiger extérieur ; cette ouverture est connue sous le nom de Heiterloch ; à certaines époques de l'a*-

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née les rayons du soleil la traversent pendant quelques minutes à midi. La forme et la physionomie de ces montagnes sont excessivement sauvages, et font un contraste romantique avec la verdure qui couvre cette riante vallée.

Particularités de la route de Grindelvvald à Meyringen par le Sclieideck (1). — C'est aussi un chemin riche en scènes admirables et en grands phénomènes que celui qui va dans la vallée de Hasli, par le Scheideck du Grindelwald, 7 lieues. Il n'est nullement dangereux et peut même se faire à cheval. JDu côté du Grindelwald, on n'a pas autant à monter que de celui de Meyringen. D'abord on entre dans la Bach-Alpe , d'où descend le Bergelbach; puis dans la Ross-Alpe. Nulle part on ne voit le Wetterhorn de si près. Les formes imposantes, et le jeu des nuages et des brouillards qui flottent autour de ses sommités, enchaînent l'attention du voyageur. Delà on gagne les hauteurs du Scheideck, lesquelles forment une longue arête nommée le Dos-d'Ane (Eselsrûcken), et élevé de 6,045 pieds au-dessus de la mer. On s'y rend en 2 heures 1/2 , en partant de Grindelwald. A l'ouest on aperçoit le Faulhorn, au nord-ouest le Schwarzhorn et diverses autres cimes, qui font partie des montagnes sauvages situées entre le Scheideck et le lac de Brienz ; au sud le Wetterhorn. Du haut de ces hauteurs on descend au travers de i'Alpigeln-Alpe dans la Schwarzhorn-Alpe, 1 lieue et demie. C'est là qu'on voit le chalet le mieux construit qu'il y ait sur toute la route; le voyageur y trouve des laitages exquis. Il découvre vis-à-vis de lui, du côté du sud-est, le glacier du Schwarzwald, qui s'étend entre le Wetterhorn et le Wellhorn. De là, par la Bruch-Alpe, à l'Alpe de Rosenlaui et aux bains de même nom, 1 lieue. Du haut du pont, on jouit de l'aspect magnifique du glacier de Rosenlaui, situé entre le Wellhorn et le Nellihorn au sud, et PEngelhorn et le Kamlihorn à l'est. C'est une des ramifications de la vallée de glace de Gauli (V. Grimsel) ; la plupart des eaux du Reichenbach sortent de ce glacier. Du pont jusqu'au moulin à scie , et à la hauteur de Zwirgi, 1 lieue lj2. En chemin on voit à l'est la masse imposante des montagnes de Burg, de même que l'Engelhorn, le Mittaghorn et le Burghorn. Au nord, au-delà de la gorge que parcourt le Reichenbach, une

(i ) Il faut avoir soin dans le passage de cette montagne, comme dans tous les autres, de se munir de quelques provisions de bouche. Sur le plateau du Scheideck, l'air est vif, et on a besoin de réparer ses forces.

jolie cascade formée par le Saeulibach. Du haut duZwirgi, on aperçoit tout à coup la partie inférieure de la vallée de. Hasli, dont l'aspect imprévu est des plus frappans. On descend à Meyringen en o/li heure. Dans ce cours trajet, on passe fort près de la magnifique cascade du Reichenbach; arrivé à Schw endi, le voyageur s'y rend en se détournant un peu sur la gauche. (V. Meyringen.)

En passant le Scheideck , on a souvent l'occasion de jouir du spectacle que présente le phénomène des îavanges d'été, connues dans les Alpes de la Suisse allemande sous le nom de Staub-Lauinen (V. l'article Lavanges ). Il est rare que les voyageurs qui font ce chemin n'entendent le bruit qu'elles occasionent, et ne soient témoins de leurs effets. Ils se voient d'ailleurs entourés des plus riches pâturages, et à portée d'examiner dans le plus grand détail l'économie de l'intérieur des chalets. A peu de distance du chemin est située , du côté du nord-ouest, la Breitenboden-Alpe, la plus grande et la plus belle de toutes les Alpes de la vallée de Hasli. On y nourrit plus de cent vaches , et l'on y découvre une trèsbelle vue.

Pour aller de Grindelwald à Lauterbrunn on suit une route pratiquée par Zweylùtschinen, 3 lieues, d'où il n'y a plus qu'une lieue (V. Unterséen ). Quant au chemin par le Scheideck de Lauterbrunn et la Wenger-Alpe, chemin qui est assez pénible , mais très-riches en vues de montagnes , V. l'article Lauterbrunn. AuFaulhorn, 5 lieues.

GRISOUS (pays ou canton des). — Ce canton, le quatorzième, en rang dans la confédération suisse , l'un des plus grands de la Suisse , contient 140 milles géographiques en carré ^ l'an 1806 on y comptait 73,862 habitans, dont /14,982 protestans, 28,380 catholiques, 27,000 allemands, 36,563 habitans parlant l'ancien thétien , et 9,797 italiens. Ce pays renferme une soixantaine de vallées tant principales que latérales.

Ce n'est qu'à la suite de la révolution de 1798 que les Grisons ont accédé comme canton à la Confédération des Suisses,. Leur pays, dont la Coire est la capitale, se divise en trois ligues , ou petites républiques fédératives , savoir : la ligue Grise ou Supérieure, la ligue de la Maison-Dieu, et celle des X Droitures ou des X juridictions. On les subdivise en hautes juridictions et en juridictions. La constitution n'admet aucun genre de privilèges.

Les écoles , surtout celles des catholiques , auraient grand besoin d'être améliorées; cependant l'école cantonale qui a, été établie à Coire mérite d'ôtre mise à côté de ce que la

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