‹ Manuel élémentaire d'archéologie nationaleChapitre 26 sur 73 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

creusés clans les parois. Un pilier enduit de sluc soutient parfois la voûte, qui ne laisse pénétrer aucun jour. C’était seulement à la lueur des lampes que s’accomplissaient les agapes et les sacrés mystères. La grandeur primitive des catacombes a été considérablement réduite par de fréquents éboulemenls. Une louable prudence en fait actuellement interdire l’entrée: mais l’antiquaire peut étudier au musée sacré du Vatican les tombeaux, les peintures murales, et les autres décorations vénérées des catacombes, qu’on y a pieusement recueillies.

Peintures murales. — Ces peintures ne sont remarquables ni par la correction du dessin ni par l’habileté de l’exécution. La plupart des détails sont empruntés à l’art païen: mais les Chrétiens sanctifiaient les symboles dérivés de l’idolâtrie en leur donnant une signification mystique. Les peintures les plus anciennes sont relatives à l’Ancien Testament : elles représentent la tentation d’Eve, le sacrifice d’ Abraham, Moïse recevant les tables de la loi, Elie enlevé au ciel, Daniel dans la fosse aux lions, etc. Parmi les sujets tirés de l’Évangile, le plus ordinaire est le bon pasteur portant sur ses épaules la brebis égarée, et tenant à la main 1 epedum ou bâton pastoral. On voit figurer Orphée dans une de ces peintures; c’est probablement parre qu’on lui attribuait des vers où est annoncée la venue du Messie.

Tombeaux. — Outre les tombeaux des martyrs ornés de bas-reliefs, il y avait dans les catacombes un grand nombre d’autres sarcophages moins importants, mais chargés également de symboles et d’inscriptions. Les Chrétiens imitèrent les Païens en ensevelissant avec les défunts des bijoux, des meubles, des armes, des ustensiles, des vases, des cassolettes, etc.; comme eux aussi, ils sculptaient sur les tombeaux des fleurs et les instruments de la profession du défunt. c( Si l’examen des peintures chrétiennes des catacombes, dél M. Raoul Rochette, nous a prouvé que la disposition générale de ces peintures et un assez grand nom-

bre de leurs motifs avaient été puisés dans les traditions antiques, la même observation s’applique aux sarcophages ornés de sculptures où les Chrétiens, à l’exemple des Romains de cet âge, déposaient les restes de leurs frères. Dans les circonstances où se trouvaient à la fois l’Empire et l’Eglise, il est évident qu’il n’en pouvait être autrement. Il y avait même, pour qu’il en fût ainsi, un motif de plus dans la facilité d’un emprunt matériel des monuments profanes, qui n’avait pu avoir lieu pour les peintures, et qui s’offrait de lui-même pour les sarcophages. C’est, effectivement, une notion qui résulte d’une foule d’exemples, appartenant à toutes les époques du Christianisme, et sur presque tous les points de son domaine, que l’usage qui se fit des sarcophages et des urnes cinéraires antiques dans presque tous les besoins du culte, mais principalement pour les sépultures chrétiennes. Sans sortir de Rome, où ces exemples, plus nombreux que partout ailleurs, sont aussi plus significatifs, comme produits dans le siège même de l’unité catholique, on y trouve des sarcophages, des urnes, et jusqu’à des autels et descippes funéraires, employés dansles églises et dans les sacristies, en guise de fonts baptismaux, de bénitiers, de vases à laver les mains, de troncs pour les aumônes. Si la plupart des vieilles basiliques de Rome n’avaient pas perdu, sous leur forme actuelle, presque tous les éléments de leur ancienne décoration, on y retrouverait encore aujourd’hui, employés de cette manière, une foule de monuments antiques, et principalement d’urnes et de sarcophages, qui n’en ont disparu qu’à partir des temps de la Renaissance (1). » Iconographie. — La plus ancienne représentation du Christ se trouve dans les catacombes de Saint-Calixte. La mère du Sauveur s’y montre presque toujours voilée et assise avec l’Enfant-Dieusur ses genoux. On a trouvé sur des

(1) Tableau des Catacombes de Rome, p. 195.

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