‹ Manuel élémentaire d'archéologie nationaleChapitre 27 sur 73 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

verres peints les portraits de saint Pierre et. de saint Paul : ces figures sont devenues les types consacrés que l'art a traditionnellement perpétués jusqu'à nos jours.

Les figures symboliques qu’on trouve dans les peintures et les sculptures des catacombes sont la plupart empruntées au Paganisme . mais les Chrétiens leur donnaient souvent un tout autre sens. Voici l’interprétation mystique des symboles qui furent le plus généralement admis :

Arbres — Paradis.

Agneau. — - Le Sauveur.

Douze Agneaux. — Les douze Apôtres.

Cerf. — Le baptême.

Coq. — La vigilance.

Colombe. — Pureté de l’âme.

Phénix. — La résurrection.

Ancre. — Le salut ou le port de la vie humaine.

Navire. — La vie.

Cheval en course. — Le Chrétien travaillant à son salut.

Cheval avec une palme. — Chrétien triomphant.

Lyre, palme et couronne. — Victoire remportée.

Poisson. — Le Sauveur. Ce dernier symbole est emprunté à une espèce d’anagramme; le mot poisson, en grec IX0Y2, offre les cinq lettres initiales du nom de Jésus- Christ : Ljcjouç Xptaroç 0sou Ytoç 2om]p (Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. (Voyez le chapitre Iconographie )

Article 2.

Cryptes.

Les Romains, ayant découvert l’existence des réunions chrétiennes dans les catacombes , les interdirent sous des peines sévères ; les fidèles durent alors se réfugier dans des endroits moinsconnus. Ils creusèrent des retraites dans le roc

MOYEN AGE ET RENAISSANCE

et dans l’argile, quand ils ne purent point trouver de grottes naturelles à leur convenance. Ce sont ces temples primitifs que l’on nomme cryptes (de Kpuicxoç, caché). Ils n’avaient pour tout ornement qu’un autel, derrière lequel s’étendait un espace circulaire, un bassin servant de baptistère, et parfois quelques peintures à fresques. La Gaule chrétienne eut ses cryptes comme la Home des martyrs. Nous citerons, entre autres exemples de cryptes primitives, celles de Saint-Nizier, à Lyon; de Saint-Laurent, à Grenoble; de Saint-Victor, à Marseille, etc. Plus tard, les églises romanes et ogivales consacrèrent ce souvenir des premiers âges chrétiens par des chapelles souterraines, auxquelleson a conservé le nom de cryptes ou de confessions. Ce dernier nom vient de ce que, dans les cryptes comme dans les catacombes, on célébrait toujours les saints mystères sur le tombeau d’un confesseur de la foi. C’est à cause de cet usage primitif que les autels ont longtemps conservé la forme de sarcophage; c’est pour la même raison qu on dépose encore actuellement des reliques sous les autels, et qu’à Rome on donne le nom de confessio au principal autel des basiliques. Nous parlerons, dans le chapitre suivant, des cryptes du Moyen âge, dont on trouve des exemples jusqu’au milieu du xive siècle.

Basiliques.

On donne le nom de basiliques 1° à des monuments civils qui, chez les Romains, servirent tout à la fois de tribunal, de bourse et de bazar; 2° à ces mêmes monuments appropriés aux besoins du culte par les premiers Chrétiens; 3° aux églises primitives qui conservèrent le type de la basilique civile; 4° aux églises impériales, royales et ducales; 5° et enfin, par extension, aux églises d’une

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