‹ Manuel élémentaire d'archéologie nationaleChapitre 28 sur 73 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

grande importance monumentale. Nous ne devons nous occuper ici que des basiliques chrétiennes proprement dites, c’est-à-dire des églises primitives qui succédèrent aux catacombes et aux cryptes : mais il est nécessaire de faire connaître préalablement les basiliques civiles, puisqu’elles furent le type des basiliques religieuses.

Basiliques civiles. — Ces monuments, d’origine grecque, furent nommés basiliques, c’est - à - dire maisons royales , probablement parce qu’elles attenaient ordinairement aux palais des rois, ou bien parce qu’on y rendait la justice en leur nom. On en comptait dix-huit à Rome ; la première paraît- avoir été érigée vers l’an 204 avant Jésus-Christ. Les basiliques avaient la forme d’un carré oblong terminé par un hémicycle. Elles n’étaient point toujours fermées de tous côtés par un mur, afin de laisser la circulation plus libre. L’extérieur n’offrait que des murs lisses, n’ayant pour toute ornementation que des fenêtres semi-circulaires entourées d’un simple filet, et quelques modifions que terminaient les chevrons de la charpente du toit. Deux rangs parallèles de colonnes divisaient l’intérieur en trois parties, dans le sens de la longueur. Ces

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Basilique de Pompéï.

colonnades supportaient quelquefois unegalerie supérieure qui régnait dans tout le pourtour, excepté du côté de l’hémicycle. Le tribunal était au fond de la basilique dans le renfoncement demi-circulaire, nommé abside: (apsis) ; c’était la place du préteur, des centumvirs et des autres officiers de justice. Plus bas se trouvaient les places assignées aux notaires et aux avocats. Les plaideurs se te-

MOYEN AGE ET RENAISSANCE

naient devant dans un endroit nommé transsept ( transseptum), qui était séparé du tribunal par une barrière ou cancel (< cancellum ). Les curieux et les marchands circulaient dans les nefs.

Basiliques chrétiennes. — Quand les chrétiens purent produire leur foi au grand jour, ils choisirent les basiliques pour y professer leur culte. Ils durent les préférer aux temples abandonnés par les Païens ; ces derniers étaient trop étroits pour les exigences liturgiques; et d’ailleurs les basiliques, n’ayant été consacrées qu’à des usages civils, étaient libres des souvenirs qui rendaient les temples païens odieux aux fidèles. Le plan des basiliques se prêtait facilement à cette nouvelle destination. L’abside exhaussée devint le tribunal de l’évêque; un autel s’éleva à la place qu’occupaient les avocats. Ce sanctuaire resta séparé par le cancel de l’espace occupé jadis par les plaideurs et qui fut réservé au clergé. Les fidèles occupèrent les nefs ; une portion de la galerie centrale fut réservée pour les catéchumènes, et les tribunes furent affectées aux vierges et aux veuves qui consacraient leur vie à la prière.

Les premières églises bâties par les Chrétiens se modelèrent presque toujours sur ce type primitif. Leur plus grande modification architecturale fut l’adoption des arcades reposant sur les colonnes. Cette innovation passa plus tard dans l’art byzantin, fut adoptée par l’architecture romane et ogivale, et conservée par la Renaissance. Les nécessités du culte modifièrent successivement le plan primitif des basiliques.

Plan des basiliques. — Les basiliques les plus complètes se composent : 1° d’un porche d’entrée, 2° d’un atrium, 3° d’un grand porche, 4° d’un narthex, 5° de nefs, comprenant le chœur, 6° des transsepts et du sanctuaire, 7° d’une ou plusieurs absides. Les deux plus notables innovations furent l’apparition des transsepts ou nef transversale, qui donna à l’ensemble de l’église la forme d’une

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