CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
croix latine, et l’adjonction de Y atrium, esplanade à ciel ouvert, entourée de portiques.
Sainte-Agnès, près de Rome, peut être considérée comme le type le plus général de la basilique chrétienne. Une porte principale et deux autres plus petites donnent accès dans la nef majeure et dans les deux nefs collatérales ; elles sont toutes trois terminées par une abside semi-circulaire. On s’écarta peu dé ce plan, dans l’Occident, du ive au xie siècle. Les églises circulaires, comme Saint-Étienne-le-Rond, à Rome, ne furent que des exceptions à la pratique commune. Il est à remarquer qu’il n’y avait primitivement aucune règle d’orientation pour le plan des églises.
Atrium. — Un porche d’entrée donnait accès dans l’atrium, espace découvert, entouré de portiques et ordinairement planté d’arbres. Les profanes pouvaient pénétrer dans cette enceinte; c’est là que les indigents venaient solliciter la charité, et que les pénitents publics du premier degré imploraient les prières des fidèles. C’est là aussi qu’on enterrait les personnes de distinction, usage qui s’est perpétué dans le Moyen càge, et qu’on retrouve encore aujourd’hui dans nos campagnes, où le cimetière avoisine souvent l’église. 11 y avait dans l’atrium un ou plusieurs bassins, où les fidèles se lavaient les mains avant d’entrer dans le temple; nos bénitiers actuels, placés à l’entrée de l’église, sont un souvenir de Æs lustrations. Ce n’est guère qu’au vie siècle qu’on plaça dans l’intérieur de l’atrium le baptistère, réservoir d’eau, protégé par un toit que soutenaient plusieurs colonnes, et où les néophytes recevaient le baptême. (Y. l’article Fonts baptismaux, au chap. II.)
Porche. — La porte de l’atrium qui s’ouvre dans l’axe de la basilique, et qu’on nommait porta speciosa, était encadrée dans un chambranle de marbre au pied duquel on voit parfois deux lions. C’est là qu’on prononçait les arrêts judiciaires, et c’est de cet usage qu’est venue l’ex-
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
pression reddere juslitiarh inler leones. A partir du ve siècle, cette porte principale fut précédée d’un porche ou corps’ de bâtiment en saillie, dont la charpente est soutenue par des colonnes. Ces colonnes sont imitées de l’antique, et leurs chapiteaux sont liés deux à deux par des architraves. Le fond du porche est souvent décoré de peintures.
Narthex. — Avant l’usage des porches, c’est-à-dire antérieurement au ve siècle (1), on entrait par un vestibule intérieur nommé narthex qui occupait la première travée de la net. C’était alors la place réservée aux catéchumènes et aux pénitents de la classe des écoulants.
Porche de Saint-Clément, Saint-Laurent-hors-les-Murs.
à Rome.
Façades. — Le sommet de la façade principale est occupé par un fronton, au centre duquel on voit une ouverture circulaire, nommée oculus , qui fut l’origine des ma gnifiques rosaces du Moyei? âge. Plus tard cet oculus fut percé dans la façade lisse qui s’étend au-dessous du fronton et où s’ouvrent trois fenêtres cintrées. Il a été quelquefois remplacé par une croix grecque, comme dans la basilique de Saint-Alexandre, à Lucques. La partie inférieure de la façade est percée de trois portes. C’est surtout entre ces portes que se déployait le luxe des mosaïques. Les faces
(4 ) Voyez, sur cette question, un article de M. A. Lenoir, dans le iome I de la Revue générale de V Architecture.