PALÉOGRAPHIE
pre. Cet art baissa de plus en plus à partir du îxe siècle.
Ecritures lomrardiqüe, gothique ancienne, saxonne,
MÉROVINGIENNE, CAROLINE et GOTHIQUE MODERNE. — CeS noms
indiquent suffisamment l’origine vraie ou supposée de ces diverses écritures. La lombardique date du vie siècle et dure jusqu’au milieu du xme. La gothique ancienne fut inventée, dit-on, par Ulphilas, évêque arien etGoth de nation. On l’employa assez longtemps encore après la mort de Charlemagne. Elle diffère peu de la romaine , employée i pendant les premiers siècles du Christianisme : mais elle | offre beaucoup d’angles et de tortuosités dans les jambages.
La saxonne ne remonte pas au delà du vne siècle et ne ! descend pas plus bas que vers la moitié du xme. La mérovingienne commence vers le vie siècle et cesse au ixe. La Caroline date du vme; elle se soutient sous les premiers Capétiens et finit au xue siècle. La gothique moderne dure depuis le milieu du xuc siècle jusqu’au xvie. Elle coïncide pour l’époque et pour le type avec l’architecture de même nom. Les formes composées (polygonales, elliptiques, pyramidales) remplacent les formes simples et élémentaires (le cercle, la ligne horizontale et verticale), dans l’architecture comme dans l’écriture. Pour faciliter l’étude de la paléographie, on peut diviser toutes les lettres en quatre classes : 1° capitales; 2° onciales; 3° minuscules; 4° cursives.
Capitales. — Ce sont les lettres capitales romaines, modifiées successivement selon le goût de chaque siècle; elles isont hautes ou écrasées, droites ou inclinées, simples ou ornées. Les manuscrits totalement écrits en capitales ne i sont pas postérieurs au vme siècle ; mais jusqu’au xe siècle on voit des titres de pages écrits en capitales. Quelques chartes du xie siècle sont encore écrites en capitales. Les capitales sont extrêmement rares dans l’écriture gothique des xuie, xive et xve siècles. Elles commencent à s’enjoliver au vme siècle. Ces lettres ornées, auxquelles on donne, selon
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MOYEN AGE ET RENAISSANCE
leur accompagnement, le nom de fleuronnées, marquetées, anthropomorphiques, zoomorphiques , ichthyoïdes , ornithoïdes , n’étaient pas ordinairement exécutées par la même main qui écrivait le texte.
Onciales. — Ce sont de petites capitales arrondies, pour rendre l’écriture plus expéditive. Il n’y en a que neuf qui diffèrent tout à fait des capitales romaines, ce sont les lettres ADEGHMQTV. Cette écriture fut d’un usage général dans les premiers siècles de l’Eglise, et surtout du vie au vme siècle. Un livre entièrement écrit en onciales est antérieur à la fin du xe siècle. Plus tard, on ne les emploie plus dans les manuscrits que pour les titres et les lettres initiales.
Minuscules. — Elles diffèrent des capitales non-seulement par la dimension, mais aussi par la forme. On la distingue de la cursive en ce qu’elle est plus posée, disjointe et non liée. Les minuscules mérovingiennes sont une dégénérescence de la romaine. Les minuscules carolines qui leur succèdent se rapprochent plus du type romain. La minuscule apparaît dans les diplômes, au vme siècle. Aux xie et xnc, elle y règne concurremment avec la cursive. Les minuscules gothiques durent depuis la tin du xne jusqu’au xvie siècle.
Cursives. — C’est l’écriture liée, coulée, expéditive et usuelle. Les lettres sont conjointes par des traits et des liaisons qui rendent leur lecture difficile, surtout du xive au xvie siècle. On voit se succéder dans nos manuscrits la cursive mérovingienne, la cursive Caroline, la cursive capétienne et la cursive gothique.
Abréviations. — Les scribes du Moyen âge employaient un grand nombre d’abréviations. On peut en distinguer cinq espèces : 1° par sigles, c’est-à-dire par des lettres simples ou doubles : O pour ohitus , R pour Rohertus , R F pour Rex Francorum , SS pour Sancli ; 2° par contraction, c’est-à-dire par la suppression des lettres mé-