‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 107 sur 251 · ECZÉMA · texte numérisé non relu

ECZÉMA

l/eczénui vrai des jambes est rare. Ou le voit survenir par extension ()assagère d'un foyer eczématique chronique, poplité ou malléolaire.

De ces deux lypes d'eczéma, le |)remier comme l'eczéma poplité dont il procède est une maladie [dus commune chez l'adolescent; il est concomitant aux eczémas impétigineux des |)lis et du visage et doit taire re(du^rcher rhy[)oacidité urinaire et l'alhuminuru' oi'lhostatique (p. 15). On voit l'eczéma (hi creux ]i(q)lit('', pres([ue toujours impétigiuisé et stre})tococcique, s'étendre sur le mollet eu larges placards sons l'inllneuce du grattage. Cela survient par poussées passagères, suivies (h' rémittences, durant lesquelles l'eczéma se cantonne de nouveau dans le creux poplité ou disparait môme tout à l'ait.

he traitement à l'aire est celui de cet eczéma en tous sièges : lotions an niîrah' d'argent au I "liV ou au l/ÔO''; alterner avec la pâte de zinc. Lois([ue la l'émission sin'vienl on peut adjoiiulre aux pommades uii tpiart ou lui tiers d'huile de ca(h'.

L'eczéma ([ui moide des pieds aux jambes, an conliaire du précédent,est. en général, un eczéma de l'âge adulte ou de l'âge miir. Il peut devenir suiidant mais il commence ordinairement comme uit prurigo pai' des placards de [tapules à peine vésiculenses et que le grattage excorie.

Dans les p(mssées aiguës ((edème, chaleur locale, suiidement), les pansements humides à l'eau bouillie non (inliseptique sont les seules applications qu'on puisse faire» utilement. Je n'insiste pas sur le décubitus horizontal avec les pieds surélevés qui est de l'igueur. Dans l'intervalle des poussées aiguës il faut les applications quotidiennes de nitrate d'argent, depuis 1/50' jusqu'à ip*^ pour amener la réduction des lésions dernières.

J'ai vu cet eczéma comme beaucoup d'autres co'incider avec de la

flêmdrilion et de Yamaigrisseineni el ne céder qu'à la siiraliinenlalioii, après reprise intégrale du poids normal, y compris même une demi-obésité antérieure (p. 655).

STASE VEINEUSE — VARICES — PHLÉBITE VARIQUEUSE

De par sa situation déclive et son travail quasi-permanent, la jambe se trouve exposée, plus qu'aucune autre région du corps, à la congestion passive, à la stase veineuse, aux dilatations variqueuses et aux troubles qui en résultent.

Cette prédisposition se trouve exagérée par tout état inflammatoire, il en est aggravé et il laggrave. C'est là un cei'cle vicieux qne démontrent presque toutes les altéctions cutanées de la jambe.

Les varices ne sont pas seulement le résultat mécanique de la stase veineuse. Elles résultent de beaucoup de causes, quelques-unes mal connues, héréditaires, et aussi d'un travail inflammatoire chronique ([ui s'ajoute à la stase mécanique. Par intervalles et par places ce travail inflammatoire s'accuse et c'est la phlébite variqueuse, ordinailement limitée à un point et à un rameau veineux très secondaire, et caractérisée par tous les phénomènes inflammatoires : « caloi', rubor, tumor, doloi'. »

La phlébite variqueuse survient ainsi par crises, plus ou moins rapprochées et pénibles, qui se terminent par résorption et disparition des phénomènes inflammatoires, ou plus souvent par induration indolore ou peu douleureuse. Ces altérations peuvent survenir à tout âge chez ladulte. Elles sont plus fréquentes à partir de l'âge mûr; les troubles cardiaques, l'adipose, et, chez la femme, les grossesses, prédisposent à cet état et tendent à l'exagérer.

Bien que ces troubles n'appartiennent pas proprement à la dermatologie, ils sous-tendent un si grand nombre de dermatoses locales, et gouvernent tellement leur pronostic que le médecin doit les très bien connaître, et, dans chaque cas donné, mesurer leur importance.

Leur traitement propre est très limité. Il n'existe aucun traitement de l'état général supposé qui crée les variqueux et aucun traitement interne des varices. On remédie à l'absence de tonicité des parois veineuses, à la stase et aux œdèmes qui en résultent, par les bas élastiques, aux phénomènes inflammatoires, par la station couchée, et, ({uand il est nécessaire, par les décongestifs et antiphlogistiques

locaux : pansements humides simples pendant les crises de phlébite. La cure de Bagnoles de rOrne semble avoir une inlïuence sur les phlébites variqueuses ou autres, non sur les varices. On a préconisé empiriquement, contre les dilatations veineuses, un grand nombre de médicaments : belladone, hamamélis, etc.; leur valeur qui parait discutable à beaucoup ne saurait être comparée en tout cas à celle d'un simple bas à varices.

DERMITES ARTIFICIELLES

La plupart des eczémas des jambes sont provoqués par un traumatisme qu'on peut retrouver, ce sont des dermites artiticielles.

Une dermite peut naître autour d'un point traumatisé; elle naît bien plus souvent des applications médicamenteuses auxquelles ce traumatisme a donné lieu : arnica, acide phénique, salol, iodoforme, essence de térébenthine, etc. Ces topiques sont les auteurs le plus souvent responsables des dermites artificielles des jambes, qui sont de vrais eczémas, provoqués. Ce sont des épidermites rouges, plus ou moins finement vésiculeuses et suintantes, souvent infectées (pustules et furonculose) et impétiginisées, avec une couenne fibrineuse lilas pâle sous la croûte ambrée (streptocoques).

J'ai dit combien vite survenait aux jambes l'œdème inflammatoire et la stase veineuse, ces phénomènes se produisent toujours dans ce cas et ils empêchent toute guérison, aussi longtemps que l'exercice physique les fait durer et les exagère.

Traitement. — Suppression de la cause traumatisante et de tout médicament ; repos au lit, jambes surélevées, pansement humide à l'eau bouillie jusqu'à sédation de tous symptômes inflammatoires. Ensuite pâte de zinc.

Oxyde de zinc L-Ta P E

Axonge fraictie j '

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