‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 124 sur 251 · LUPUS VRAI · texte numérisé non relu

LUPUS VRAI

En dehors de ces deux formes, très distinctes, la main, comme les autres régious découvertes, est assez fréquemment atteinte de lupus

vrai. 11 y existe sous ses trois formes : iiitra-cutaué non exubérant, exubérant et fongueux, ulcéreux et destructeur. II y garde ses caractères, ses mœurs, son évolution identiques à ce que nous les avons vus au visage (p. 21).

Il comporte les mêmes conclusions pronostiques aussi, et les mêmes

Fie. 141. — Lupus mutilant. (Malade de E. Besnier. Musée de l'iiopitil Saïut-Louis, n° 945.)

indications thérapeutiques. Comme au visage, mais pour d'autres raisons, rintervention doit être hâtive, car Timpotence de la main prise arrive vite, et quelquefois même les ulcères destructeurs et les mutilations (lig. 141).

ANGIOKÉRATOME DE MIBELLI

C'est une affection qu'on a tendance à rattacher de plus ou moins près aux tuberculides. Objectivement on dirait des multitudes de petits nsevi vasculaires, en étoile, occupant de petites verrucosités disséminées. Toujours plus fréquents au dos des doigts qu'au dos des mains, ils seront étudiées page il'!.

TUBERCULIDES ÉRUPTIVES

L'état d'infection tuberculeuse d'un sujet peut ne se traduire que par une éruption plus ou moins généralisée de tuberculides papuleuses bénignes. L'imprégnation tuberculeuse du sujet le conduit à un état cachectique général, à l'émaciation, avec une éruption généralisée de

DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIOUE.

tuberciilides papiileiises, analogues à celles que nous avons étudiées au poignet. Je n"insiste pas sur les transformations totales des extré-

FiG. Ii2. — Mains difformes et criblées de tuberculides papiilo-nécrotiques chez une enfant de 15 ans. (Malade de Sabouraud. Photographie de Noire (').

mités, que la photographie ci-contre traduit si hien, mais qui, à ce degré, sont rares.

Cet état ne comporte point de traitement local et, comme traitement général, celui de la scrofule d'autrefois : de l'air, du sel et de l'iode.

LEPRE

Bien que ce livre écarte presque conqjlètement létude des maladies exotiques, la lè])re joue un rôle trop considérable dans la pathologie générale et cutanée pour que ses lésions caractéristiques ne soient pas au moins mentionnées ici.

(M La radioscopie a montre les os normaux ou très peu augmentés de volume. Toutes les lésions sont donc des lésions de parties molles.

De ce nombre sont les lésions tendineuses, arthiopathiques el osseuses des extrémités, dont la figure ci-contre fournit une image qui se passe de longs commentaires. Ces lésions peuvent être seulement déformantes, ou à la fois défoimantes et ulcéreuses. De toutes façons,

Fii;. •) iô. — Mains dans la lèjue mutilante. (Malade de Jeanselme. Pliotographie de Noire.)

quand cette période est survenue, le diagnostic est fait depuis longtemps par les éruptions cutanées, les troubles nerveux, les lésions faciales (p. 24), qui seront présentées plus loin dans un tableau d'ensemble de la maladie (p. 751).

SCLERODACTYLIE

La sclérodactylie commence par les doigts et la main, mais ne s'y localise nullement, aussi trouvera-t-on son histoire avec celle des dermatoses généralisées (p. 690). Elle commence, chez la femme, ordinairement, vers la quarantaine, par un épaississement dur de la peau des doigts, quelque chose comme un œdème dur ou mieux une pachydermic, la peau apparaissant d'un jaune de cire, avec la couleur et la demi transparence d'un vieux cierge. Cet état, avec l'impolencc dont il s'accompagne, fait place ensuite à une rétraction comme scié-

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DERMATOLOlill'] TOPOGRAPIIIQUE.

reuse du dorme, et alors, tandis que la main en est encore au premier

stade de la maladie et apparaît ronde et potelée, les doigts, pointus du bout, sont comme des fuseaux.

Cette maladie, même quand elle marche le plus vite, est très lente. Localement elle aboutit à l'atrophie des phalangettes et à la perle successive des bouts de doigts. Souvent demeure en place l'os à demi résorbé de phalanges disparues et autour de lui existe, comme un champignon, un cercle de fongosités molles (fig. 165).

Cette maladie aboutit toujours à la cachexie et à la mort dans le marasme, à moins qu'une maladie intercurrente n'en abrège

l'évolution. Elle ne comporte aucun traitement connu valable.

FiG. lii. — Sclérodactylie. (Mnlade de Quinqiiaud. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° 1195.;

VITILIGO

Je placerai à côté de la sclérodactylie un autre type morbide peut s'observer sur tout le corps , mais qui présente, aux mains comme au visage, une (le ses localisations électives principales : c'est le vitiligo. 11 aura son histoire générale plus loin (p. 688). Je • me contenterai de rappeler qu'il est car&ctérisé par de grandes plaques

qui

Vitiligo des membres supérieurs chez un tique. (Malade de Darier.)

yiihili-

u're-

giilières où la peau est blanche, décolorée, laiteuse; chaque plaque entourée d'une zone d'hyperchroinie excentriquenient décroissante, maladie lente d'évolution torpide, à rapprocher des dyschromies et mélanodermies. Il est souvent impossible de trouver une cause au vitiligo, mais on peut le voir suivre de grandes infections clironiques, la syphilis ou des traumatismes.

Traitement à peu près nul (p. '29).

MÉLANODERMIES

J'étudierai les mélanodermies au chapitre des DijscJiromies, parmi les dermatoses généralisées, bien que la plupart cependant aient une élection topographique pour la tète, le cou et les mains : ainsi la mélanodermie addisonienne, qui est le type princeps, et le mieux connu de cette classe.

XÉRODERMA PIGMENTOSUM

Ce lentigo malin, familial, héréditaire, occupe surtout le visage et le dos des mains. Je l'ai décrit assez longuement au visage pour n'avoir pas à y insister.

Cette dermatose consiste en une série de taches hyperchromiques innombrables qui augmentent de nombre et d'importance d'année en année.

De ces taches, les unes s'atrophient et sont remplacées par une cicatrice, les autres donnent lieu à des dégénérescences épithéliales ou sarcomateuses, dont quelques-unes graves finalement (p. 7

Fir.. U(). -- -\i''iodcnii (Malade do Qiiin([iiaiid.

tal Saint-Louis. n"li6i.

384 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

ECZÉMAS TRAUMATiaUES

Dermites traumatiques manouvrières.

Une foule de professions manuelles exposent les ouvriers à des dermites traumatiques, qui ont, pour caractère principal, d'avoir leur maxima aux mains et aux poignets et de diminuer progressivement à mesure qu'on examine un point plus élevé de l'avant-bras. Les victimes sont les cuisinières, les laveuses, les photographes, les imprimeurs, les maçons, etc., etc.; le traumatisme pouvant être l'immersion ti'op répétée dans l'eau simple, sale ou savonneuse, ou résulter du contact de tous les agents chimiques possibles : la chaux, l'essence de térébenthine, l'acide pyrogallique, la colle de pâte fermentée, l'eau de Javel, etc., etc., etc.

Les lésions, toujours élémentairement polymorphes, comprennent tous les éléments de l'eczéma; vésicules miliaires ouvertes, suintement de surface de l'épiderme privé de sa couche cornée superticielle, croûtes séreuses minces, parcheminées ; elles comprennent aussi des pustules miliaires staphylococciques qui peuvent faire la majeure partie de l'éruption (p. 204) ou au contraire y apparaître comme rares, secondaires, négligeables. Enfin, sous les croûtes, quand les lésions de surface sont très suintantes, on voit souvent le mince exsudât fdjrineux humide, lilas-pâle, caractéristique de la présence du streptocoque, ce que la culture spéciale prouve facilement (p. 10).

Le traitement consiste dans la cessation du métier traumatisant ou la suppression de la cause traumatique ; ensuite les pansements hinnides permanents ont ordinairement vite fait d'éteindre les lésions actives. Après quelques jours, couvrir les lésions atténuées de pâte de zinc jusqu'à guérison complète.

Bien remarquer que les mêmes traumatismes ne créent pas les mêmes dermites chez tout le monde, mais les reproduisent à peu près constamment sur les mêmes sujets : ces sujets ont une peau originellement médiocre ou, pour toute cauvse inconnue, sont aptes à faire de Teczéma, là où une cause provocatrice le localisera. En général, les dermites manouvrières sont anatomiquement des eczémas vrais, artihciellement provoqués, fréquemment couverts d'infections secondaires.

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