DERMITE PROFESSIONNELLE DUE AUX RAYONS X
C'est un accident maintenant bien connu et qui a atteint tous les premiers opérateurs qui se sont occupés de radiothérapie. On n'observe plus ces accidents depuis qu'on a compris la nécessité d'envelopper l'ampoule productrice de rayons X dans une chape métallique isolante.
C'était une dermite atrophique et télangiectasique des mains et des doigts. La peau trop fine, trop lisse, trop blanche, semble trop serrée sur la main ou le doigt qu'elle recouvre. Les plis ont disparu. Des varicosités se dessinent dans cette peau atrophique comme il advient dans la peau des visages couperosés, mais par places seulement.
Enfin de ci, de là nait un état verruqueux plus ou moins accusé de la peau, épithélioina ordinairement torpide, mais qui a pu obliger à une intervention chirurgicale, et à l'ablation d'un ou plusieurs doigts.
Eviter l'action des rayons X et appliquer chaque nuit :
Ctilorate de potasse 0,50 centigrammes.
Oxyde de zinc 5 grammes.
Vaseline . . . - 50 —
La paume de la main, région dont Thistoire dermatologique est vraiment particulière, présente à considérer d'abord deux troubles congénitaux :
L'un, l'éphidrose, est un trouble tonc- ) ^phidrose p. 397.
tionnel qui est l'hypersécrétion sudorale . ) L'autre, anatomique, l'hyperkératose sy- \
métrique des extrémités, que son caractère J „, ^ ,
, . .,.^ . ^ ■ -/t ^-j^i^. ■ ^ ' Keratodermie pal-
hereditaire et congénital différencie des , ^^^.^^ symétrique, p. 398.
diverses hyperkératoses palmaires dont ]
nous verrons plus loin le tableau /
J'étudierai ensuite les lésions palnaaires ) „ . onn
, , , . , , ^ ; Gale p. 399.
de la gale simple et pustuleuse )
... les pustules stapliylococciques simples ) Pustules (staphylodes épidermes cornés épais S cocciques) . ... p. 399.
... et les bulles ou phlyctènes streptococ- ) Phlyctènes (streptociques de même localisation S cocciques) .... p. ÂOi.
La trichophytie, qui revêt à la paume de , „ . , . , . ^ , : ^ . , , .•,•.»' Trichophytie pal-
la main une physionomie très particulière, . . ^ ,-r\A
^ "^ ^ ' \ maire p. ^.01.
nous occupera ensuite ^
La syphilis fait à la paume de la main ] . . , .,.
, ,. , 1 ■ u ( Eruptions sypnili-
une éruption papuleuse secondaire hyper- , ^. f . -nn
, , . ^ ^ ^j- 1 tiques secondaires, p. 402. keratosique !
... et des lésions tertiaires d'un diaqnoS' ) „ , .,.j x x- • r«o
,, , , . , ,.^^. ., Syphilide tertiaire. . p. 403.
tic souvent très épineux et difficile . . . ) -"^
Il existe une keratodermie palmaire et plantaire des adultes cliniquement et étio-
logiquement mal différenciée, ayant les { Keratodermie palapparences delà keratodermie symétrique ( maire des adultes, p. 404. congénitale, mais n'en ayant pas la persistance
L'arsenicisme chronique crée une kéra- \ todermie palmaire que son étiologie sur- ( Keratodermie arse-
tout et quelques caractères objectifs diffé- ( nicale p. 404.
rendent de toute autre ]
Le psoriasis palmaire, malgré ses sym ptûmes propres un peu spéciaux, est dia
^. , ^ ^ , Psoriasis palmaire . p. 405.
gnostique surtout par la concomitance '
d'un psoriasis typique en d'autres régions.
Eczéma palmaire . . p. 406.
Botryomycose. ... p. 407.
L'eczéma chronique palmaire, très hyperkératosique lui aussi, s' accompagne toujours d'eczéma des doigts et de la région périunguéale )
Certaines professions manuelles déter- )
minent des kératodermies locales, sujettes > Calus p. 407.
à quelques complications )
Je terminerai par quelques mots brefs sur les affections locales qui sont des raretés, par exemple sur la tumeur pédiculée charnue qui est la hotryoïaycose . . .
... sur la localisation palmaire de la ma- ),,,,. , „ , ,• ^ ri ■ i Maladie de Daner. . p. 408.
ladie de Daner ) ^
... et sur la rétraction de l'aponévrose pal- ]
maire qu'un examen superficiel pourrait ( Rétraction de l'apo-
faire prendre pour une maladie dermato- ( névrose palmaire, p. 409.
logique ]
ÉPHIDROSE
L'éphidrose ou hyperhidrose est l'exagération de la fonction sudorale. Ce phénomène, localisé à la face palmaire des mains et à la face plantaire des pieds, n'est pas rare. Ses degrés sont très divers, depuis celui qui fait la main moite jusqu'à celui qui fait la main ruisselante. A ce dernier degré cette infirmité est des plus pénibles pour le rnalade.
Ordinairement ces mains sont froides et accusent des troubles circulatoires ou vaso-moteurs évidents. Le sujet a souvent d'autres tares locales, la subluxation spontanée du pouce, l'excès d'extension des doigts qui peuvent se recourber excessivement vers le dos de la main, etc —
Ce vice est à peu près sans remède. Tous ceux qu'on indique sont des palliatifs. Poudrages avec : poudre de tannin; poudre de farine d'avoine; poudre d'oxyde de zinc; poudre de talc, etc., emplovés ensemble ou séparément; ce ne sont que des absorbants ou des isolants. L'action des courants de haute fréquence n'est pas prouvée ou tout au moins n'est pas constante.
On voit l'éphidrose exister dès l'enfance, mais s'exagérer avec l'âge. Il semble qu'elle régresse avec la vieillesse. Elle n'en demeure pas moins, pendant presque toute la vie, une gène constante pour le malade.
Il est à remarquer que beaucoup d'affections cutanées des mains coexistent fréquemment avec de l'éphidrose (eczémas, etc.).
KÉRATODERMIE PALWAIRE ET PLANTAIRE
11 s'agit d'une difformité congénitale, familiale héréditaire. Elle est plus fréquente en certains pays et villages où les mariages entre consanguins la perpétue. Cette afl'cclion congénitale, quand elle doit être très prononcée, se remarque dès les premières semaines ou les premiers mois; moins marquée, elle semble débuter vers 4 ou 5 ans.
La face palmaire des mains et des doigts est couverte d'une carapace cornée plus ou moins épaisse, mais qui peut dans les cas les plus marqués, atteindre à un centimètre d'épaisseur. Elle semble faite
FiG. 151. — Kératodermie symétrique congénitale des extrémités. (Malade de E. Besnier Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° 1173.)
d'une seule pièce, ou bien les mille plicaturesde la peau normale sont devenues des fissures profondes découpant la masse hyperkératosique comme une mosaïque.
Cet état, avec des variantes individuelles, s'améliore l'été, augmente l'hiver. Pondant l'hiver, les fissures peuvent pénétrer dans l'épiderme, profondément, devenir sensibles et môme saignantes.
Le pronostic doit être réservé toujours, malgré de rares cas d'amélioration lente qu'on a signalés. La gène et l'impotence fonctionnelle, moins grandes que dans les eczémas palmaires kératodermiques, peuvent être cependant très marquées.
Comme dans l'ichtyose, le traitement doit être permanent, et n'amène qu'une amélioration, objective et fonctionnelle, passagère. Le ponçage, après ramollissement de la corne sus-épidermique, reste à peu près la seule ressource; le pansement humide étant l'un des meilleurs moyens de ramollissement préalable. Môme aux mains, les tissures, avec la macération des déchets épidermiques dans leur profondeui', exhalent souvent une odeur repoussante. Le cas échéant je traiterais cet inconvénient comme les éphidroses plantaires (p. 449).
GALE SmPLE — GALE PUSTULEUSE
La gale est l'une des rares maladies qui sèment la face palmaire de lésions disséminées; et dans une gale un peu développée, il est bien rare que les lésions galeuses palmaires fassent défaut. Ce sont le plus souvent des sillons tout à fait typiques, parce que étant creusés dans un épidémie corné épais, ils ne sont pas déformés par l'adjonction de lésions accessoires. Ces sillons, étroits comme un trait de plume, irréguliers comme un tracé de ver dans du bois, sont longs de 4 à 6 millimètres, quelquefois plus. Près d'une de leurs extrémités se voit souvent une vésicule acuminée.
Jamais ces lésions palmaires ne s'observent sans lésions concomitantes plus marquées et plus polymorphes, du poignet, des espaces interdigitaux des doigts et du dos de la main.
La gale pustuleuse, lorsqu'elle est floride (hg. 148), s'accompagne très souvent de pustulation palmaire. C'est la vésicule, créée par le sarcopte, qui s'infecte et devient une plus grosse pustule à staphylocoque. Une pustule de la paume de la main peut être purement staphyldcoccique (fig. 152), et encore le fait est rare, mais plusieurs pustules signifient toujours gale et s'accompagnent des lésions dorsales que la ligure 148 représente si bien.
Je dirai (p. (505) le traitement de la gale et n'y insisterai pas ici.