PUSTULES STAPHYLOCOCCIQUES DES ÉPIDERMES CORNES ÉPAIS
La pustule staphylococcique de la paume de la main est rare ; cette région étant doublement protégée, contre le staphylocoque, par son épiderme corné épais, et par l'absence de follicules pilaires. Quand une telle pustule survient, on peut l'observer aux doigts et aux mains.
C'est d'abord une phlyctène ronde, surbaissée, plate, d'un 1/2 à 1 centimètre de large, remplie de pus jaune, visible par transparence. Cette lésion, quelquefois spontanée en apparence, est souvent consécutive à un traumatisme, à une piqûre seplique, à l'introduction d'une écharde, etc —
Elle peut évoluer de deux façons : ou bien la phlyctène, une fois constituée, meurt, sèche et est expulsée par la rénovation de l'épiderme corné au-dessous d'elle. Ou bien, au milieu de son plancher, se creuse un pertuis profond; un abcès en bouton de chemise se forme;
FiG. 152. — Pustule staphylococcique des épidémies cornés épais consécutive à une piqûre septique. (Malade de Sabouraud. l'hotograpliie de ÎS'oiré.)
les symptômes réactionnels locaux surviennent, et même quelquefois des symptômes généraux notables. Le pus de l'abcès profond a envahi une gaine synoviale, c'est le panaris. Il y en a de bénins et d'autres graves.
Si l'on intervient tardivement en ouvrant et réclinant l'épiderme corné de la pustule superficielle, on voit au centre de son plancher du pus comme un bourbillon. Si l'on comprime la région, ce pus s' écon\e, il peut en sortir par cette cheminée étroite beaucoup plus qu'on ne s'y attendait; dans ce cas l'intervention doit être vraiment chirurgicale, large, hâtive.
Celle puslule staphylococcique des épidermcs cornés épais, à son début, n'esl que riiomologue, en une région dépourvue de follicules pilaires, de la puslule d'impéligo de Bockhardt (voir p. 204) dont la fusée profonde, et le panari consécutif, représentent, modifié par la structure anatomique de la région, Tabcès périfuronculeux secondaire (p. 206).
BULLES STREPTOCOCCIQUES DES ÉPmERS¥]ES CORNÉS ÉPAIS
Je les décrirai aux doigts où elles sont plus frécfuenles (p. 417). Aux mains elles atfeclent le même aspect : bulles ou plilyclènes solides, résistantes, remplies de sérosité louche, un peu sensibles au touchei'.
Elles peuvent être primitives ou secondaires, (et dans ce cas elles compliquent une gale préalable), mais ne déterminent pas de symptômes fonctionnels bien marqués.
Ouverture et détersion à l'eau d ' xl 1 i b o u r , comme il est dit page
TRICHOPHYTIE PALI^AIRE
La trichopliylie palmaire peut s'observer dans deux cas; ou bien par suite de T extension d'une Irichophytie de la face dorsale, ou bien par inoculation d'emblée in situ.
Elle peut afï^cler deux formes, une bénigne, une plus sérieuse. Bénigne, elle provient de l'un des trichophytons habituels au cuir chevelu de l'enfant. On l'observe chez les médecins, les infirmiers et
FiG. 153. — Trichophytie palmaire. (Malade de A. Foiirnier. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° 1650.)
i02 DERMATOLOGIE TOPOGMPHIQUE.
épileurs. C'est une desquamation géographique de la paume de la main, ordinairement localisée au centre, ayant des bords blanchâtres, et causant un prurit assez accentué. Cette trichophytie se guérit sans application de teinture d'iode mitigée ou non, par le seul décapage de la région malade à Teau savonneuse et à la pierre ponce. La deuxième forme, plus sévère, est la première amplifiée de tous points. La lésion, plus régulièrement orbiculaire, a son centre desquamé lisse, fait de peau jeune, où l'épiderme corné est moins épais. Le bord de la lésion est fait d'épiderme corné décollé, soulevé, demi-déhiscent.
Enfin au delà, et tout autour de la lésion, existent sous l'épiderme corné du voisinage, des vésicules closes, visibles par transparence, rondes, non saillantes, (parce qu'elles ne peuvent soulever l'éfiiderme corné épais de la région), très prurigineuses, et qui signalent l'accroissement périphérique de la lésion.
Ici encore le décapage est plus utile que l'antisepsie. 11 faut pendant une semaine et davantage décaper minutieusement la région malade à la pierre ponce, jusqu'à ouvrir toutes les vésicules de la lésion. Des pansements humides de quelques heures facilitent le ponçage. Lorsque la lésion est ainsi ramenée à fleur de peau, des applications iodées faibles :
Iode métallique 1 gramme.
Alcool à 60 degrés 100 grammes.
la guérissent sans difficulté. Lorsque le décapage est incomplet les récidives sont de règle; y prendre garde.
La durée des trichophyties palmaires livrées à elles-mêmes est sans limite. J'en ai vu durer une plus de trois ans.