‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 13 sur 251 · MUGUET · texte numérisé non relu

MUGUET

J'ai décrit le muguet plus haut (p. il): celui de la langue ne présente aucune particulai'ité digne d'attention.

LEUCOPLASIE SIMPLE

La leuc(qdasie simple a été également décrite avec les maladies (pi'on obs(M've en toutes régions de la bouche (p. i'2). La leucoplasie simple de la langue n'est qu'un épiphénomène de la leucoplasie buccale. Lune n'existe presque jamais sans l'autre. Et ce caractère peut s'opposer ordinairement au caractère inverse de la leucoplasie syphiliti(iue laquelle oilre pour la langue comme la syphilis tertiaire en général une élection spéciale (p. 55).

La leucoplasie simple garde à la langue les caractères que nous lui avons déci'its en tous sièges, sou même pronostic et son traitement.

CHANCRE SYPHILITIQUE

Le chancre syphilitique de la langue siège toujours à sa pointe ou siii' h^ 1)01(1 de son segmeid antérieur. Il est moven de dimen-

sion, et ordinairement cai-acléristique par sa forme ronde ou ovale, sa surface exulcérée, non ulcéreuse, non suintante, déprimée en sou- <'oupe, sa dureté cartilagineuse, son ganglion satellite sus-hyoïdien (p.282),sonindolence, son évolution calme en quatre à cinq semaines et sa régression et guérison spontanées.

Pas de traitement local. Traitement ordinaire de la sy[)hilis. Les chancres extra-génitaux ne font pas une syphilis (U^ pronostic particulièrement sva\Q 'A. Fournier).

PLAQUES MUQUEUSES

Les plaques muqueuses de la langue se présentent sous trois formes qu'on peut distinguer cliniquement entre elles, très nettement : hi forme exulcéreuse normale, la forme hypertrophique pseudo-papillomateuse et la plaque lisse dépapillée.

1" La plaque muqueuse lype est une exulcéralion plate, à peine déprimée en cupule, à hord cerné d'un liséré rouge, à fond gris, non suintante, non suppurante, rarement entourée d'un anneau gris ({ui rend ses dimensions plus fortes. La plaque muqueuse de cet aspect siège autour de la langue, ou au dessous d'elle, et aussi à la face interne des joues, des lèvres et dans le vestibule de la bouche. Les plaques muqueuses de la langue coexistent aussi presque toujours avec une série de plaques semblables bordant les piliei's et le bord libre du voile du palais (p. 74).

Les deux autres tvpes de plaques secondaires ne sont pas pro|)i ement des plaques muqueuses vraies, mais des lésions homologues, sur le dos de la langue, aux papules secondaires de la peau vague.

2" Plaques Jiypertrophiques pseudo-jjapillomateuses. — Elles sont disposées une, deux ou trois, sur le dos de la langue, assez près du V lingual; ce sont des éminences, des bosses régulières, un peu dures, hérissées de papilles villeuses très développées et que le relief de la lésion écarte en éventail.

Enfin, les plaques dépapillées figurent assez bien sur la langue, ce que font des pas lourds sur un gazon très fin. En une, deux ou trois places d'un ovale allongé, les papilles semblent man({uer, semblent avoir été rasées au rasoir, ou aplaties de façon qu'on ne les voit })Ius, alors qu'autour des mêmes plaques les papilles ont gardé leur iiombie et leur disposition normale.

52 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

Ces lésions diverses sont de simples épiphénomènes d'une maladie générale dont le traitement général importe seul. L'usage fait cautériser les plaques muqueuses vraies au nitrate d'argent, comme il permet de ne pas cautériser les plaques hypertrophiques ou dépapillées!... Notion thérapeutique vraie ou préjugé (?)...

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