PHIMOSIS SYPHILITIQUE
Le phimosis syphilitique secondaii'e est tout autre. Le membre est beaucoup moins gros, indolore; le prépuce, augmenté de volume et quelquefois d'une forme visiblement irrégulière, est d'un rouge violacé. A la palpatiou il est d'une de dureté de caoutchouc.
On essaie de découvrir le gland, c'est impossible; le prépuce fait un anneau scléreux infranchissable. La palpation révèle autour du gland une série de bosselures qui sont l'indui'ation très grosse du ou des chancres initiaux et de papules secondaires. La palpation inguinale fait trouver le ganglion satellite, la pléiade. L'examen du corps montre la roséole ou une éruption papuleuse secondaire, etc. Rien que le prépuce de bois avec sou indolence, ses lymphangites ou ses phlébites
(') Prendre une trace de pus, l'étaler sur une lame, sécher, fixer en passant deux fois très vite dans la flamme, colorer trois minutes au bleu polychrome d'tlnna, laver à l'eau jusqu'à ce ([ue l'eau ne soit plus bleutée, sécher, y déposer une goutte d'huile de cèdre et examiner à l'immersion.
GLA^D ET PRÉPUCE. 467
du foiiiTeau, dures et indolentes, font faire le diagnostic à un médecin exercé. Aucune affection locale n'est comparable. Chose étrange, ce prépuce qui semble impossible à dilater jamais, retrouve sa souplesse presque totale en 5 à 5 mois de traitement bien pratiqué (p. 726).
PHItViOSIS DES BALANITES
Toutes balanites (p. 468) peuvent donner lieu à un phimosis secondaire. On peut observer un phimosis inflammatoire, après la balanite herpétique (p. 477). Dans ce cas, l'ouverture préputiale ne laisse pas échapper du pus, mais un suintement léger, strié de sang, ou roussâtre. Ce phimosis n'est pas absolu. Le gland pourrait être découvert, mais Topération serait douloureuse, et le malade en a peur. Le diagnostic ne peut être quhypolhétique. Traiter par les lavages à l'eau chaude boriquée, ou sulfatée au 1/200 (sulfate de zinc) projetée sous le prépuce à Taide d'une poire à lavement.
Dans la balanite vulgaire, le phimosis indique un haut degré d'état inflammatoire; même traitement et pansements humides, chauds, externes.
Le phimosis de la halanite diabétique est à connaître. On l'observe chez l'homme déjà mûr, obèse; le prépuce assez dur et peu gonflé présente souvent des fissures radiées douloureuses. Les efforts de l'examen font sortir, par Forihce préputial, un liquide gommeux, demi-purulent, en petite quantité. La palpation révèle une couronne de points douloureux au niveau du sillon balano-préputial où se trouvent les ulcérations diabétiques. L'examen de l'urine révèle le sucre. (Traitement, diabétides, p. 478.)
Vn phimosis peut accompagner les végétations (p. 471), soit parce que les végétations ont augmenté le volume du gland, assez pour que Lorifice préputial se trouve insufhsant, soit parce que les végétations ont causé une balano-posthite aiguë et un phimosis inflammatoire. On a même vu une inflammation sphacélique survenir et donner passage au gland lui-même. Dans ce cas, compléter la circoncision peut être le parti le plus simple; dans le premier cas, traitement du phiinosis inflammatoire pour pouvoir pratiquer ensuite celui des végétations (p. 472).
Enfin des obstacles accidentels : un épithélioma, une gomme chancriforme de la région peuvent causer un phimosis. Je ne puis insister sur ces cas exceptionnels.
41)8 DERMATOLOGIE TOPOGRAPllIQUE.
PARAPHIMOSIS
Lorsque le pi-épuce est serré et qu'il existe un léger degré de })liimosis, si le sujel découvre le gland, et rétracte le fourreau de la verge, il [teut ne plus pouvoir recouvrir le gland. Le phimosis est devenu un paraphiniosis. Peu à peu la sti'icture (pi'il produit goidle le gland, qui s'oppose de [»lus en plus au retour du pré[)nce à sa [)lace normale. Le prépuce d'autre part a sa circulation gênée par sa stricture sur la verge. 11 s'œdématie quelquefois énormémeid.
Cet état parait au premier aspect beaucoup plus sérieux qu'il n'est. Si on le laisse à lui-même, il peut provoquer évidemment du sphacèle, etc.; mais le malade vient consulter ordinairement le plus vile qu'il peut.
Traitement : vaseliner avec soin, le gland, le prépuce et toute la région, envelopper le tout d'une compresse, puis prendre la verge à pleine main, d'abord doucement, puis serrer lentement, de plus en plus fort pendant 2 ou 5 minutes. On déplace ainsi le plus possible de l'œdème. Aussitôt, on ramène en avant tout le fourreau de la verge; avec quelque eilort et douleur, le prépuce reprend sa place si la pression préalable a été assez prolongée.
BALANITES PRIIVIITIVES
Les balanites ou balano-postliites, inllammation du gland, du sillon balano-préputial et du prépuce, sont fort nombreuses; et les cas en sont assez banals. On les distingue en deux groupes : balanites primitives et secondaires.
BALANITE TR AU M ATIQUE
Elle consiste en une su|)puralion plus ou moins abondante dont le maximum est dans le sillon balano-préputial. Très abondante elle s'accompagne de douleurs vives et d'œdème. Elle a pour cause ou la stagnation du smegma, ou des savonnages répétés par un homme peureux après un coït suspect.
Lavages répétés à l'eau bouillie, à l'eau bouillie de fleur de sureau, de camomille, pansement à la pommade à l'oxyde de zinc. Pas de coït.
GLAiM) ET PRÉPUCE. 46'.»
BALANITE H YDR ARGYR laU E
On a vu do l'hydrargyrie aiguë locale, érylhémateuse et suppurée après Tapplication de calomel en poudre sur des végétations, ou de pommades mercurielles sur des chancres. Supprimer la cause. Lavages répétés, bains cmoUients, pommades couvrantes.
BALANITE lODO-POTASS IQU E
Elle fait partie des accidents d'intoxication iodo-potassique. Elle est rare, et peut revêtir la forme néoplasique ou ulcéreuse, comme les accidents cutanés de celte origine. Suppression de la cause, pansements humides, pommades couvrantes.
BALANITE PUSTULO-ULCÉREUSE
Les ulcérations ont la dimension, la forme, la topographie de l'herpès vrai, mais elles sont suppurées d'emblée: les ulcérations sont plus creuses; l'éruption est composée de poussées subintrantes, et ne récidive pas, an moins comme l'herpès. Du Castcl la croit contagieuse. Cause inconnue. Traitement, comme les précédentes.
BALANITE ËROSIVE CIRCINÉE
Décrite par Berdal et Hataille, contagieuse, inoculable, cette balanoposthite se traduit d'aljord par un point blanc d'accumulation épithéhale qui s'agrandit, le centre prend alors la couleur de l'épiderme cxulcéré, pendant que la lésion, à bords nets, est limitée par un liséré de déchets épithéliaux blancs accumulés. Le centre de la lésion guérit, pendant que le pourtour de la lésion s'élargit. Dans ces déchets, le microscope montre des spirilles. Coloration par l'éosine ou la fuchsine au i/ôOO en préparations extemporanées. Culture impossible.
Les cas bénins guérissent seuls en 4 ou 5 jours. On traite les autres par des badigeons de nitrate d'argent au 1/20 et les pommades au tannin et calomel au 1/100.
i7(t DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.
BALANITES SECONDAIRES
Les balanites secondaires coexistent avec des végétations, avec de Therpès, avec un chancre on des papules syphilitiques; j'en dirai quelques mots avec chacune fie ces lésions. Il est facile d'imaginer ce
qu'elles sont et de calquer leur traitement sur celui des balanites primitives.
La balanite diabétique est résumée sous le nom de diabétidcs
GALE
Les sillons de gale sur le gland sont fréquents et pathognomoniques.
Beaucoup de lésions que le médecin n'osait déclarer encore galeuses au premier aspect, ont leur diagnostic certifié par la lésion sarcoptique du gland ou du fourreau de la verge (p. 481).
Au gland, ce sont, quand la lésion est déjà vieille, des taches rondes rouges, plates, presque papideuses, à la surface desquelles les plis très FiG. 180. - Gale du pénis. (Malade de A. fms de la pcau du gland sout cffacés.
Fournie.-. Musée de rhôpilal Saint-Louis. q^^^^^^ ]^ i^gj^,^ gg^ pj^^^ j^^^^^g^
c'est une vésicule, ordinairement excoriée, ou un sillon. Le sillon peut être admirablement net, le plus souvent, c'est une saillie longue de 5 millimètres, irrégulière, rouge. Ainsi la lésion galeuse du gland est polymorphe et sa forme est peu caractéristique. Sa localisation l'est beaucoup plus. Des papules syphilitiques, des lésions psoriasiques du gland sont des raretés, la surface du gland ne présente, on peut dire jamais, rien de comparable aux lésions galeuses, vésiculeuses ou érosives. C'est pourquoi, par leur situation môme, elles imposent le diagnostic de gale, certilié encore
GLAND ET PREPUCE.
par de semblables lésions du fourreau de la verge. (Traitement,